- il y a 3 heures
La mode durable peut coûter plus cher au vu de ses conditions de fabrication et des matériaux qu’elle nécessite. Ce qui cause un recul du made in France. Mais un vêtement solide qui dure dans le temps et des pièces de seconde main peuvent finalement être plus rentables et abordables pour l’acheteur que des produits issus de la fast-fashion.
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00:13Thomas, on vient de le voir avec ton édito, transformer la mode c'est possible, mais ça pose une question
00:17très concrète.
00:19Cette transformation peut-elle vraiment concerner tout le monde ou restera-t-elle réservée à une minorité prête à payer
00:25plus cher ?
00:26Alors pour ou contre cette affirmation, la mode durable restera toujours plus chère et donc marginale ?
00:32Yann, d'abord pour ou contre et ensuite chacun pourra développer.
00:35En fait c'est plus simple, c'est que l'affirmation est stupide.
00:38Pour une raison très simple, la première c'est que quand on achète un produit de qualité, comme par exemple
00:43les produits de Charlotte,
00:44on va avoir un produit qui va durer 3 à 5 fois plus de temps.
00:47Le temps utilisé à utiliser ce produit, en fait c'est beaucoup plus de bonheur,
00:51et à la fin c'est beaucoup plus d'économie parce qu'on l'a porté 3 fois plus longtemps,
00:55même s'il a coûté 3 fois plus cher.
00:56Et deuxièmement, complètement stupide parce que dès qu'on va acheter en friperie un produit,
01:01de ce fait, c'est un produit RSE parce que c'est un produit qui a déjà été porté,
01:05c'est un produit qui n'a pas une charge de CO2 importante, et néanmoins il est extrêmement abordable.
01:11Donc on a déjà pour toute la population qu'on ait des moyens justement à la capacité d'acheter un
01:16produit très abordable,
01:17parce qu'on va le garder très longtemps, et dans un certain temps, avec la seconde main,
01:21la capacité d'avoir des produits RSE et qui permettent justement d'épargner la planète.
01:25Donc il n'y a pas de sujet de pouvoir d'achat avec le RSE,
01:27c'est juste qu'on a matrixé notre esprit avec ce point qui est RSE égale cher.
01:33Or ceci est complètement faux.
01:35Les seules personnes qui disent ça, ce sont des personnes comme Shein,
01:38qui nous font croire qu'on va pouvoir acheter de la merde en polyester,
01:41pour un prix justement maudique, comme si seuls les pauvres pouvaient acheter de l'abordable.
01:45Eh bien, c'est faux, on va le démontrer encore plus aujourd'hui.
01:49Très bien. Bon, Yann n'a pas respecté la consigne, il devait juste dire pour ou contre.
01:52On n'a pas bien compris s'il était pour ou contre, mais il est tranché en tout cas.
01:54C'est plutôt contre, c'est stupide quoi.
01:56Il est contre la question.
01:57Il est complètement contre.
01:58C'est complètement contre.
01:59Du coup, personne, enfin voilà, c'est open.
02:02On peut continuer à ne pas respecter l'ordre.
02:04Personne ne respecte la consigne, il n'y a pas de raison.
02:05Du coup, je me lance pour ne pas respecter les consignes.
02:08Et je m'oppose totalement aussi à cette affirmation, même si ça ne va pas être simple.
02:12Je suis complètement en phase.
02:13Alors, je sais que vous aimez les débats un petit peu punchy,
02:16mais je suis quand même d'accord avec Yann.
02:18On a l'habitude sur ForGoogle, ne m'inquiétez pas.
02:21Du coup, tu as abordé deux sujets super importants pour moi.
02:23Le premier, c'est celui du cost-per-wear,
02:25puisque tu ne l'as pas appelé comme ça, mais c'est aussi son nom.
02:28C'est que du coup, on peut diviser un prix par le nombre de fois où on va le porter.
02:32Attention, on ne parle pas que de rationnel,
02:34mais il y a aussi de l'attachement aux vêtements.
02:35Ça, c'est très important.
02:36C'est qu'on porte quelque chose longtemps,
02:39pas seulement parce qu'il est bien fait, c'est fondamental,
02:41pas seulement parce qu'il est en phase avec le sens et avec nos valeurs,
02:45mais aussi parce qu'il a une valeur émotionnelle,
02:48parce qu'on aime la marque qu'on a choisi de porter,
02:51parce qu'on aime son histoire, qu'on aime son équipe ou sa DA.
02:56Donc, en fait, il y a un pouvoir énorme qui est dans les marques aujourd'hui
02:59pour recréer ce récit désirable
03:01qui va être compatible avec nos enjeux environnementaux et sociaux.
03:03Le deuxième point que tu as abordé,
03:05c'est le sujet de la seconde main.
03:07L'étude, la dernière d'IFM, elle date de décembre,
03:09c'est 25% du coup des achats en France cumulés
03:12qui sont soit de la super fast fashion, ça on est contre,
03:14et de la seconde main.
03:15Et seconde main au sens uniquement Vinted,
03:17donc plus de 13% c'est du Vinted.
03:20Ça, moi j'y vois quelque chose,
03:21alors évidemment qu'il y a des abus,
03:23mais j'y vois quelque chose de très positif aussi,
03:24où on a accès, comme tu dis,
03:26à du coup un achat plus responsable,
03:28puisqu'il a déjà été porté,
03:29mais aussi du coup à des produits de meilleure qualité,
03:31à un prix plus bas.
03:33Et c'est vrai que dans les usages,
03:34ça fait qu'aujourd'hui,
03:35le prix n'est plus forcément un indicateur de valeur,
03:38puisqu'on voit qu'aujourd'hui,
03:39tout s'est mélangé.
03:40Au sein d'une marque,
03:41on peut avoir des rapports de prix,
03:43une même marque peut vendre un jeu de cartes à 5 euros
03:45et un sac à 4 000,
03:46donc on voit que tout est possible.
03:48Et aussi, le prix du coup,
03:49le marché n'est plus du tout segmenté
03:51entre du luxe, du milieu de gamme,
03:53du bas de gamme, du ultra bas de gamme.
03:54Le prix n'est plus un facteur de lisibilité.
03:56Donc aujourd'hui,
03:57on peut s'imaginer qu'avec tous ces rapports de force
04:00qui se créent,
04:01la mode responsable peut arriver avec la seconde main
04:04et avec d'autres travaux du coup de cost-per-wear,
04:07d'évolution des mentalités,
04:08à toucher un plus grand nombre de personnes.
04:11Le troisième point qui est intéressant,
04:13c'est ce qui se passe avec le luxe.
04:14Le luxe qui a toujours fait rêver
04:16et qui a été du coup,
04:17on dit,
04:19réservé à une élite en fait.
04:21Aujourd'hui,
04:21c'est le plus cher,
04:23réservé à une petite partie de la population
04:24et pas du tout en ligne du coup forcément
04:26avec les engagements de RSE.
04:27Et on voit qu'il y a une crise aujourd'hui
04:29de sens qui se répercute franchement maintenant
04:31sur les chiffres d'affaires de ces marques
04:33puisque les jeunes générations ne comprennent plus
04:35pourquoi elles vont payer aussi cher des produits.
04:38Donc moi,
04:39j'y vois aussi quelque chose de très positif
04:40qui est une évolution aussi
04:43du comportement des clients
04:45qui du coup remettent de la valeur
04:47à d'autres choses que le prestige uniquement
04:50ou un storytelling pur,
04:52mais la façon intrinsèque dont sont faits les produits,
04:55l'intention qui est derrière de la marque
04:57et les combats qu'elle soutient
04:58et ses composants,
05:00quelles industries elle fait travailler.
05:01Du coup,
05:02je suis très optimiste.
05:03Donc contre ?
05:03Très bien.
05:05Du coup,
05:05je vais un peu trancher.
05:06Moi,
05:06je suis d'accord
05:07qu'aujourd'hui,
05:08pour mon sujet du ministre France,
05:09la boîte durable,
05:10elle coûte plus cher.
05:11Justement,
05:12on doit réinventer le sujet.
05:13Nous,
05:13c'est ce qu'on essaie de faire
05:14humblement avec nos slips.
05:15On prend le coût
05:16qui coûte le plus cher
05:17dans la fabrication d'un vêtement,
05:18c'est le coût du travail.
05:18En France,
05:19c'est 1 700 euros.
05:20Au Portugal,
05:21c'est 700 et 800.
05:22Quand on va de plus en plus loin,
05:22c'est de moins en moins cher.
05:23Donc aujourd'hui,
05:24factuellement,
05:25on a perdu en France 90%
05:26des emplois en textiles.
05:27C'est un peu la cata,
05:28il faut quand même le dire.
05:29Aujourd'hui,
05:29ça se coûte partout.
05:30Je parle du made in France,
05:31je ne parle pas forcément
05:31des autres thématiques,
05:32mais c'est super dur.
05:34Donc nous,
05:35on vendait un produit
05:36fabriqué en France
05:37avec des produits
05:39qui vont durer dans le temps,
05:40tout le discours marketing intellectuel
05:41qu'on peut avoir
05:42à 40 euros
05:43et on a failli aller dans le mur.
05:44On a dû tout réinventer,
05:45monter notre usine,
05:46investir dans des machines,
05:47recruter du personnel formé
05:48pour être capable
05:49de diviser le prix de fabrication
05:50par deux.
05:51Tout ça sans l'aide de personnes,
05:52avec nos petits moyens,
05:53en se disant,
05:54en fait,
05:54on est entrepreneur,
05:54si on continue à vendre
05:55des sous-vêtements à 40 balles,
05:57on va dans le mur.
05:58Donc on change tout,
05:59on se met en risque,
05:59on investit dans des machines
06:00pour être capable
06:01de vendre ce produit-là
06:02plus de deux fois moins cher
06:03parce qu'aujourd'hui,
06:04on le vend 15 euros
06:04et là,
06:05on rentre dans un prix de marché
06:06où on peut entrer
06:06dans un truc de marché,
06:08d'échelle
06:08où les Français,
06:09sans faire un bac plus 12
06:10d'économie gestion,
06:11de se dire en fait,
06:12ok,
06:1215 balles de slip,
06:13je peux l'acheter,
06:1340 je pouvais l'acheter
06:14une fois à Noël
06:14de temps en temps,
06:1515 balles,
06:15ça peut être le sous-vêtement
06:16que j'achète tout le temps.
06:17Et donc,
06:18je fais un peu le poil à gratter,
06:19mais en fait,
06:20je pense que si on veut
06:20avoir les moyens
06:22d'avoir une filière textile française
06:23qui crée de l'emploi
06:24et qui minimise
06:24les émissions de CO2,
06:25il faut des boîtes robustes
06:27et nous,
06:27on a créé une industrie
06:28de fabrication du slip
06:30et je ne prétends pas
06:31sur d'autres produits,
06:31mais du sous-vêtement
06:32où en fait,
06:32on est les plus rapides
06:33à fabriquer des slips en France
06:34et donc,
06:34on arrive à le faire
06:35de qualité à prix compétitif
06:36et je pense que
06:36si on n'est pas dans ce match-là,
06:38on reste plus cher
06:39et mon souhait,
06:40c'est qu'on arrive
06:40à avoir des usines compétitives
06:42mais le sujet,
06:43il est entier.
06:43Oui,
06:43aujourd'hui,
06:44dans l'état
06:45de la filière textile française,
06:46oui,
06:46ça coûte plus cher
06:46de fabriquer en France.
06:48Peut-être en ce sens
06:48qu'on peut apporter
06:49une forme de nuance
06:50à l'offensive de Yann
06:51sur ta question,
06:52mais il a raison de dire
06:54qu'en fait,
06:54cette question,
06:54elle ne devrait pas exister.
06:56Mais la réalité,
06:57et ça,
06:57c'est le mot
06:57qui a été employé,
06:58l'esprit des conso
06:59est matrixé
07:01par un affichage
07:02pris en rayon
07:03qui biaisse
07:04complètement la façon
07:05de consommer
07:05et aujourd'hui,
07:06la réalité
07:06de la façon de penser
07:07de la très grande majorité
07:08du conso,
07:09ce n'est pas le cost-power
07:09qui est d'ailleurs
07:10difficile à anticiper,
07:11on ne sait pas exactement
07:13le coût par usage,
07:15le coût par journée portée
07:17le vêtement
07:18et qu'il soit chine
07:19ou de bien meilleure qualité,
07:21en réalité,
07:21avant de l'acheter,
07:21de l'avoir porté
07:22un certain nombre de fois,
07:22on ne sait pas exactement
07:24Oui, et même s'il n'est pas
07:25appelé par les clients
07:27cost-power,
07:28le fait de dire
07:29ça, je fais un investissement,
07:30je sais que je vais le porter
07:31longtemps
07:31et c'est un pari
07:32parce que quand un client
07:33dit ça,
07:34après nous,
07:34ça nous engage encore plus
07:35en tant que marque,
07:36si on s'est planté,
07:37c'est difficile.
07:37Ils sont d'autant plus
07:38exigeants.
07:38Exactement,
07:39mais en même temps,
07:40le fait de raisonner
07:41comme un investissement,
07:42il me semble que c'est
07:43quelque chose
07:43qui est assez naturel
07:44dans plein de catégories
07:45de produits
07:46et qui revient dans la mode
07:47et qui a été là avant
07:48surtout parce que moi,
07:48les adages aussi
07:49de grand-mère
07:50qui sont,
07:51je ne suis pas assez riche
07:51pour m'acheter un truc
07:52de mauvaise qualité,
07:53ça a toujours existé.
07:55Donc en fait,
07:55c'est le remettre aussi
07:56au goût du jour
07:56et le moderniser,
07:58pas comme un
07:59c'était mieux avant
08:00ou super les amis,
08:02vous êtes contre le progrès
08:02parce que c'est comme le dit Guillaume,
08:04c'est exactement l'inverse.
08:05C'est que pour remettre ça
08:06au cœur du réacteur,
08:07il faut de l'innovation,
08:08il faut de la modernité en fait
08:09et c'est là que ça devient excitant.
08:11C'est quand en fait,
08:12on remet,
08:13on rend sexy à nouveau
08:15le fait d'avoir envie
08:16de remettre les mêmes vêtements
08:17et de les garder longtemps
08:18et ça c'est difficile,
08:19c'est un défi
08:19parce que tout ce qui brille
08:21et qui est nouveau,
08:22forcément c'est excitant.
08:22Mes enfants,
08:23si j'arrive et je dis
08:24il y a un nouveau pyjama,
08:24c'est ouais un nouveau pyjama,
08:25juste il y a le mot nouveau,
08:26c'est Pokémon,
08:27je déballe un laboubou,
08:28on est matrixé aussi pour ça,
08:30pour la nouveauté
08:31et du coup on doit trouver
08:32des nouvelles zones d'excitation.
08:33Pour moi il est là le défi.
08:34En revanche,
08:35que les gens comprennent
08:36qu'un investissement
08:37ça se fait avec ensuite
08:38un rapport de répétition
08:39d'usage dans le temps,
08:41je pense qu'ils en sont capables.
08:42On en est capable.
08:42Reprends le prix,
08:44une robe à Leclerc
08:45il y a maintenant 25 ans,
08:48c'était 200 francs,
08:48c'est-à-dire à peu près 30 euros.
08:50Donc le premier prix à Leclerc
08:51c'était 30 euros.
08:53Désormais dans la tête du consommateur
08:54et c'est l'effet Chine
08:56et le parasitisme de Chine,
08:57c'est qu'une robe c'est 6 euros.
09:00Donc de ce fait,
09:00on ne peut pas avoir
09:02il y a 25 ans des prix à 30 euros
09:04et maintenant à 6 euros
09:04si 1, les gens sont payés correctement,
09:072, avec des matières de qualité,
09:083, avec une planète
09:09qui est sauvegardée.
09:10Ça ne peut marcher justement
09:12ces prix à 6 euros
09:13que si on achète trop,
09:15c'est ce qui se passe sur Chine
09:16ou sur Chine,
09:17les gens consomment
09:18deux fois plus que les autres.
09:20Donc en fait,
09:20les gens s'appauvrissent
09:21en achetant sur Chine
09:21en achetant plus de quantité.
09:24Ils achètent avant tout
09:24du polyester
09:25et donc des vêtements
09:26pour faire très simple
09:27dans lequel on le pue
09:27parce que quand on porte du plastique,
09:29nécessairement on transpire aussi dedans
09:30et donc de ce fait,
09:31on se sent mauvais
09:32à la fin de la journée
09:33et on ne sait pas protéger
09:34à la fois du chaud et du froid.
09:36Et troisièmement,
09:36c'est des personnes
09:37qui sont exploitées.
09:38Guillaume en parlait tout à l'heure
09:42des autres pays.
09:43Plus on baisse le prix du produit,
09:45plus on exploite les gens
09:46qui le fabriquent.
09:47Pour réussir à avoir
09:48un prix honnête
09:49et des salaires honnêtes,
09:50il faut une qualité d'exécution,
09:52un niveau de mécanisation
09:53qui est très important.
09:54C'est complexe à avoir,
09:56d'où le fait de se dire
09:57si on veut se protéger,
09:58c'est en acceptant
09:59d'avoir moins de vêtements,
10:01de les garder plus longtemps,
10:02de meilleure qualité
10:03et évidemment,
10:05en payant les gens
10:05à fortiori en France
10:07et en Europe
10:07pour aussi garder nos emplois.
10:09Merci à tous les quatre.
10:11On passe tout de suite
10:11au retour de terrain.
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