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Ce mercredi 7 octobre, Laure Closier a reçu Benoît Serre, co-président du Cercle Humania, Carine Rouvier, PDG d'EuropAmiante et du Domaine LEO, et Florian Ielpo, en charge de la macroéconomie chez Lombard Odier, dans l'émission Les Experts sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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TVTranscription
00:03BFM Business et la Tribune présente
00:06Débat et controverse
00:08Les experts
00:10Leur closier
00:11Les 9h30 sur BFM Business, bonjour à tous
00:14Nouvelle émission des experts
00:15Ce matin on va également, on va beaucoup parler
00:18de la journée d'hier, parce qu'il faut dire quand même
00:19que la journée d'hier, elle était difficile
00:21pour l'économie. On a Jean-Luc Mélenchon qui veut poursuivre
00:24le gouverneur de la Banque de France
00:26ce matin, réponse d'Emmanuel Moulin
00:28sur France Inter, je ne connaissais qu'un seul
00:30pays où on cherchait à intimider le banquier
00:32central, c'est l'Amérique de
00:34Trump, le gouverneur de la Banque de France
00:36qui dit qu'il n'y aura pas besoin d'une intervention
00:38de la Banque Centrale Européenne
00:39sur les taux français. Le Rassemblement
00:42National de son côté qui a présenté son
00:44contre-budget, le Rassemblement National qui prétend
00:46avoir lui-même fait refluer les taux obligataires
00:48grâce à ses annonces et qui donne
00:49des leçons aux spécialistes des marchés
00:52obligataires sur les réseaux sociaux
00:54on va en reparler, le gouvernement de son côté
00:56qui lance un compte de vérification des faits
00:57et reproche au MEDEF de mal calculer
01:00les économies demandées, problème, il utilise
01:01lui-même la même méthode en
01:03intégrant les économies déjà
01:05annoncées. Pendant ce temps-là, dans un monde
01:07parallèle, les députés débattent aujourd'hui d'un
01:09double plafonnement des tickets restaurants
01:1125 euros dans les restaurants
01:13et puis 10 ou 15 dans les supermarchés
01:15ça dépend des amendements
01:17est-ce qu'il faut arrêter avec les tickets restaurants
01:19et rendre l'argent aux salariés ? On va en discuter
01:21avec nos invités, on parlera aussi à des arrêts maladie
01:234% des salariés concentrent à eux seuls
01:2661% de l'absentéisme
01:28c'est le dernier baromètre
01:30WTW
01:31de manière générale, le taux atteint
01:344,95%
01:35on est juste en dessous de la barre des 5%
01:37on est à des niveaux élevés mais on n'a pas retrouvé
01:39quand même les niveaux de 2022
01:41si on a le temps, on parlera également de l'OMC
01:43de Pascal Lamy qui a fait une interview hier
01:45dans Le Monde
01:46une interview dans laquelle il revient sur l'ouverture
01:49à l'OMC aux Chinois
01:51il n'a pas de regrets mais il regrette quand même
01:53de ne pas avoir assez protégé les autres
01:55on garde évidemment un oeil sur les marchés obligataires
01:57et sur l'euro
01:59je vous présente nos experts
02:02Benoît Serre, bonjour
02:03vous êtes coprésident du cercle
02:05Humana
02:06Humania, bien connu évidemment
02:08des antennes de BFM Business
02:09puisque vous êtes ancien de la NDRH
02:11et ancien DRH de L'Oréal
02:13si je ne m'abuse
02:14Karine Rouvier, bonjour
02:15PDG d'Europe Amiante et Domaine L.E.O.
02:18et en face de vous Florent
02:19Yelpo
02:20bonjour, vous êtes responsable
02:21macro chez Lombardi
02:22Investissement Investment Manager
02:25votre dernière note
02:26l'euro pait-il pour la France ?
02:28Comment savez-vous Florent ?
02:29J'en ai compliqué quand même pour l'économie hier
02:31on voit quand même que l'économie
02:34se mue dans des débats politiques
02:37aujourd'hui très polarisés
02:38où on s'envoie des taux obligataires à la figure
02:42moi ça m'a marqué quand même hier
02:43les débats sur Twitter
02:44où il y avait des membres du Rassemblement National
02:46qui expliquaient à des spécialistes obligataires
02:48qu'ils n'y connaissaient strictement rien
02:50parce qu'ils expliquaient que c'était eux
02:52qui avaient fait baisser les taux
02:54comment vous regardez l'ambiance économique actuelle ?
02:57Je ferais une très grosse différence
02:59en fait entre ce qui se passe en France
03:02et le point clé qui est en fait
03:03la croissance française
03:05qu'est-ce qu'on va arriver à générer
03:06en termes de croissance
03:06elle est clé pour tout
03:08elle est clé pour notre bien-être
03:09puis elle est clé aussi pour la trajectoire de la dette
03:11et ce qui se passe à l'extérieur de la France
03:12c'est ça qui est assez frappant
03:13c'est que le reste de l'Europe accélère
03:16le cycle de croissance est assez fort
03:17en fait même il est très surprenant
03:19le cycle américain il est encore plus surprenant
03:21vous le savez aussi bien que moi
03:22et le cycle français aujourd'hui c'est 0,4% de croissance
03:25sur l'année pour l'instant
03:260,5% projeté pour les comptes de la dette
03:29donc on est vraiment sur
03:31une fracture entre cette économie française
03:34et le reste de l'économie mondiale
03:35et on a l'impression qu'elle ne profite pas tellement
03:37de cette formidable accélération
03:39de la productivité
03:40Mais oui mais Florian
03:41j'entends ce que vous dites
03:42je suis d'accord avec vous
03:42mais vous pouvez vous retrouver
03:43cet après-midi sur Twitter
03:45face à Jean-Luc Mélenchon
03:46qui dit que pour avoir dit ça
03:47il va vous traduire en justice
03:48c'est là où on en est aujourd'hui
03:51on n'arrive pas à regarder
03:52les faits économiques
03:54de manière neutre et pacifique
03:56Oui alors
03:56il y a une défiance
03:58quelque part budgétaire
04:01on n'est pas vraiment sur une crise du financement
04:03ce qu'on apprend en premier lieu
04:05quand on gère des portefeuilles
04:06c'est l'humilité face au marché
04:07c'est difficile de lire
04:10les mouvements de marché
04:11de les comprendre
04:11de les raisonner
04:12aujourd'hui on a une progression du coût
04:15du financement
04:16pour tout le monde
04:17que vous soyez une entreprise
04:18ou que vous soyez un état
04:20la France aujourd'hui
04:22paye 1,5% plus cher
04:24sa dette aujourd'hui
04:25qu'en début de l'année
04:25Et les GAFAM
04:26payent plus cher
04:26qu'en janvier aussi
04:27Absolument
04:28Pourquoi ?
04:28Parce que tout le monde
04:29émet de la dette
04:29tout le monde a besoin
04:30d'émettre de la dette
04:31Moi quand j'étais petit
04:32les entreprises
04:33elles étaient triple B
04:34elles étaient notées triple B
04:35c'est la notation rating
04:36comme on l'appelle
04:37des obligations
04:38et les états étaient notés triple A
04:40cette situation
04:41elle a bien changé
04:42les entreprises
04:43se sont très nettement améliorées
04:44elles ont donné du cash
04:45elles ont amélioré leur bilan
04:47alors que les états
04:48eux ont connu vraiment
04:49une dette
04:49globalement
04:50ça n'est pas qu'un problème
04:51cette fois-ci franco-français
04:52il y a une détérioration globale
04:54des perspectives de rating
04:56des perspectives de remboursement
04:57des capacités de remboursement
04:58pardon
04:59des états
04:59et ça
05:00ça fait que
05:00une obligation simple
05:02à aujourd'hui
05:03elle peut très bien venir
05:05d'une entreprise
05:05comme d'un état
05:06et les investisseurs
05:07sont indifférents
05:08à l'origine
05:09de cette obligation
05:11donc on est tous en train
05:12de faire un grand concours
05:13de beauté
05:14pour accéder à la même épargne
05:16manque de chance
05:16on est en train de dire
05:17dans ce cas
05:18si nous on émet
05:19des obligations à 6%
05:20on a peut-être
05:21une chance
05:21puisqu'on propose finalement
05:23un taux
05:23alors on n'est pas encore à 6%
05:25mais on propose
05:26un taux rémunérateur
05:27pour le risque
05:28qu'on représente
05:28alors très rémunérateur
05:30simplement à 6%
05:31on est à 50 points de base
05:32de se retrouver
05:33sur une trajectoire
05:34à la grec
05:34donc il faut garder en tête
05:36que lorsqu'on part
05:37de plus de 100% de dette
05:38au début
05:39de sa trajectoire
05:40et bien chaque point
05:41de pourcentage
05:42va coûter de plus en plus cher
05:43peser sur la dynamique
05:44de la dette elle-même
05:45en ce moment
05:46quand les taux augmentent
05:47de 1%
05:47vous allez rajouter
05:481 à 2% de dette
05:50en plus par année
05:51donc c'est important
05:52de contrôler votre budget
05:54pour convaincre les marchés
05:55qu'il n'y a pas besoin
05:56il n'y a pas besoin
05:56de vous appliquer
05:57un 10-40 une prime
05:58pour votre risque
06:00pour votre risque
06:00d'émission
06:02votre risque
06:02votre crédibilité budgétaire
06:04voilà où est-ce qu'on en est
06:05aujourd'hui
06:05Karine Rouvier
06:06ça vous fait peur
06:07l'état
06:08de nos discussions
06:08économiques
06:09vous avez peur
06:10d'être traîné en justice
06:10par Jean-Luc Mélenchon
06:12parce que vous avez dit
06:13qu'on n'avait pas de croissance
06:13je ne sais pas
06:14ça peut arriver
06:14est-ce que je vais être
06:15traîné en justice
06:16par Jean-Luc Mélenchon
06:17je ne sais pas
06:17ça peut
06:19chacun d'entre nous
06:19se prépare
06:20ce matin quand je me suis levé
06:21je ne me suis pas dit ça
06:22j'ai plutôt pensé
06:23à mes entreprises
06:23savoir comment j'allais
06:25financer les investissements
06:26comment j'allais pouvoir
06:27me mettre sur du long terme
06:29quelles sont les possibilités
06:31qui nous sont offertes
06:31dans les prochaines semaines
06:32et mois en termes fiscales
06:33réglementations
06:34normes etc
06:35donc je dois admettre
06:36que votre discussion
06:37est super intéressante
06:38mais vraiment
06:38elle n'était pas du tout
06:39mais elle est loin de vous
06:40elle est loin des entrepreneurs
06:42aujourd'hui
06:42ce n'est pas de notre priorité
06:44notre priorité
06:45c'est vraiment le business
06:46les marges
06:47il y a des vrais sujets
06:48qui nous intéressent au quotidien
06:49sauf que vous voyez bien
06:50le coup du financement augmenté
06:51donc ce n'est pas si loin de vous
06:52c'est bien ça notre problématique
06:53en fait
06:53c'est que l'ambiance n'y est pas
06:56la certitude que ça ne va pas changer
06:57ça c'est fini
06:58ça n'existe plus
06:59tout le monde se demande
07:00à quelle sauce
07:01on va se faire manger
07:01il faut qu'on se montre agile
07:02tous les matins
07:03si en plus
07:04il faut se faire embarquer
07:05par Jean-Luc Mélenchon
07:06dans un tribunal
07:07écoutez je veux bien
07:08pourquoi pas
07:09lançons cette discussion avec lui
07:10non c'est un peu utopique
07:12il faut arrêter
07:12il faut nous laisser travailler
07:13en fait
07:14le vrai sujet
07:15c'est laisser nous travailler
07:15en fait vraiment
07:16je rappelle quand même
07:17que les entreprises
07:18créent de la richesse en France
07:19et qu'il faut arrêter
07:20de leur taper dessus
07:20en fait
07:20moi je veux bien
07:21continuer de créer de la richesse
07:22au calme en fait
07:23mais Jean-Luc Mélenchon
07:24je prends lui
07:25parce que c'est lui
07:25qui s'est exprimé hier
07:26mais on parlera du RN après
07:27Jean-Luc Mélenchon
07:28lui fait une distinction
07:29entre les petits patrons
07:30et les grands patrons
07:31est-ce que vous vous sentez
07:32dans une catégorie
07:34plus flattée qu'une autre
07:35ils considèrent
07:36que les petits patrons
07:36eux participent
07:37à l'économie française
07:38et que les autres
07:39en fait ils volent l'argent
07:40vous caricature
07:41parce qu'on a peu de temps
07:42moi je pense que dans les deux
07:43on crée de la richesse
07:44que ce soit
07:44quelle que soit la taille
07:45de l'entreprise
07:46bien sûr que la vie
07:47des TPE, PME
07:48n'est pas la même
07:48que celle des ETI
07:49et encore moins la même
07:50que celle du CAC 40
07:51bien entendu
07:52moi je ne suis pas économiste
07:53mais la vie de tous les jours
07:54n'est pas la même
07:54néanmoins on crée tous
07:55de la richesse
07:56après c'est une question
07:56en répartition des impôts
07:57des charges etc
07:58ok néanmoins tout le monde
07:59contribue à la richesse du pays
08:00à travers nos activités
08:02et nos exploitations
08:03donc il n'y a pas
08:04d'un camp les petits
08:04d'un autre camp les grands
08:05c'est encore faire de la politique
08:07politique art
08:08ça ne sert à rien en fait
08:09l'idée c'est
08:09vraiment laissez-nous travailler
08:11laissez-nous
08:12arrêter de nous coller
08:12des contraintes
08:13en plus là l'idée
08:14c'est de nous mener
08:15les uns contre les autres
08:16c'est-à-dire
08:16il y a déjà les salariés
08:17les employeurs
08:18contre les patrons
08:19c'est déjà assez pénible
08:20à gérer
08:20alors que moi
08:21je n'y crois pas du tout
08:22et ensuite
08:22on va se retrouver
08:23donc les petits patrons
08:24contre les grands patrons
08:25mais on n'a pas autre chose
08:25à faire
08:26on ne peut pas tous
08:26se mettre ensemble
08:27et faire avancer la France
08:28alors qu'il y a plein
08:29de belles choses à faire
08:30en fait
08:30Quelle ambiance Benoît Serre
08:31dans les entreprises
08:33est-ce qu'on voit
08:33cette polarisation
08:35des débats
08:36est-ce que le politique
08:37arrive dans l'entreprise
08:39Alors dans l'entreprise
08:41tant côté employé
08:42comme employeur d'ailleurs
08:43vous avez cette espèce
08:44d'énorme ras-le-bol
08:46quand il voit
08:46les débats politiques
08:47qui sont totalement déconnectés
08:48vous l'avez très bien décrit
08:49vous l'avez décrit
08:50aussi la réalité
08:52ça crée dans les entreprises
08:53un vrai problème
08:53qui a un impact direct
08:54sur les gens
08:55c'est-à-dire que tout le monde
08:56attend
08:57savoir à quelle sauce
08:58ils vont être mangés
08:58la seule chose
08:59dont ils sont sûrs
09:00c'est qu'ils vont être mangés
09:00à une sauce
09:01à un moment ou à un autre
09:01par qui, comment, à quel moment
09:03on n'en sait rien
09:03et donc ça c'est très mauvais
09:05on le voit sur l'emploi
09:06l'emploi des jeunes
09:0721% des jeunes
09:08au chômage c'est effarant
09:10moi je croise des jeunes
09:10toute la journée
09:11qui n'arrivent pas
09:12à trouver de boulot
09:12alors qu'ils sont
09:13surdiplômés
09:14je pense qu'il y a
09:15une espèce de ras-le-bol
09:16et une forme d'inquiétude
09:18sourde
09:18devant la déconnexion totale
09:20je lisais hier
09:21un papier dans les échos
09:22je crois que c'était
09:22Bertrand Martineau
09:23qu'on connaît bien ici
09:23qui disait
09:24il y a un truc extraordinaire
09:25c'est que le travail
09:26n'est pas un sujet
09:28de campagne présidentielle
09:29et rappelez-vous
09:30en 2022
09:30non plus
09:31et pourtant on sortait du Covid
09:33donc voilà
09:34je pense que
09:35ce que vous décrivez
09:36est très juste
09:36à savoir que
09:37les entreprises regardent
09:38un débat politique lunaire
09:39vous avez un candidat
09:41à la présidentielle
09:41qui attaque le gouverneur
09:42de la Banque de France
09:43vous avez vu dans quel état
09:43est ce pays ou pas ?
09:45vous avez vu l'inquiétude des gens
09:47on va sans tout en parler
09:48le mouvement des lycéens
09:48il est aussi le reflet de ça
09:50c'est pas que les casseurs
09:51c'est aussi
09:52mais qu'est-ce qu'on devient ?
09:53j'avais vu un petit dessin
09:54vous savez sur la base
09:55du Petit Prince
09:56où on voyait le Petit Prince
09:57devant Marianne
09:58il disait
09:59décide-moi un avenir
10:00quand on entend
10:01je pense qu'il n'y a que
10:02les entreprises
10:03qui décident un avenir
10:03et je finirai par là
10:04parce que c'est un point
10:05très important
10:05ça a été établi
10:07et documenté
10:07le tiers de confiance
10:09principale des gens
10:09aujourd'hui
10:10c'est l'entreprise
10:11petite ou grande
10:12on s'en fout
10:13parce que c'est le seul
10:14moment
10:15endroit de stabilité
10:17partout ailleurs
10:18à l'extérieur
10:19soit tout le monde
10:19se tire dessus
10:20soit les gens sont inquiets
10:21et pourquoi l'absentéisme
10:22monte alors ?
10:23l'absentéisme monte
10:24alors ça c'est encore
10:24d'autres raisons
10:25je pense pas que ce soit
10:26lié directement à l'entreprise
10:28l'absentéisme
10:29d'abord
10:29il y a une chose qui est vraie
10:31moi il y a un chic
10:31qui m'avait beaucoup frappé
10:32on en avait parlé
10:33je crois ici
10:35dans les années 80
10:36le travail est central
10:37pour 70% des gens
10:38aujourd'hui c'est 20%
10:39donc immédiatement
10:40on a dit
10:40ils ne veulent plus travailler
10:41la valeur travail
10:42non non
10:43simplement ils ont repris
10:44ils ont mis le travail
10:45à sa juste place
10:46donc je pense que l'absentéisme
10:47il vient aussi
10:48de plein de choses
10:49ça c'est un peu compliqué
10:50mais la première chose
10:51c'est il vient
10:52je pense qu'il y a un défaut
10:54il y a une dégradation
10:55de l'affection sociétatiste
10:57entre les salariés
10:57et la entreprise
10:58je pense qu'il y a un sujet
10:59autour de ça
11:00le sentiment
11:01vous savez le besoin
11:02de reconnaissance
11:03il est très fort
11:03et je parle pas uniquement
11:04de financière
11:05je vais le vivre
11:07le besoin de perspective
11:08de parcours de carrière
11:09vous savez
11:10la rémunération ça reste
11:11un sujet majeur
11:12quand vous rentrez
11:13ou quand vous quittez
11:13une entreprise
11:14mais le deuxième critère
11:15c'est la perspective
11:16la perspective de carrière
11:18pour moi
11:18comment je travaille
11:19etc
11:19et puis je pense aussi
11:20que le Covid
11:21on va pas tout mettre
11:23sur le dos du Covid
11:23mais quand même
11:25l'exigence
11:26d'équilibre de vie
11:27privée et professionnelle
11:29le fait de pas se cramer
11:30au boulot
11:31ça peut générer
11:32ces choses là
11:32mais le chiffre
11:32que vous avez donné
11:33à savoir que l'absentéisme
11:34se concentre sur très peu
11:35sur 4% des salariés
11:36en fait c'est assez rassurant
11:38parce que ça veut dire
11:39que vous savez
11:40Coluche disait
11:41il y a 15% de cons
11:42en plus en France
11:43tous les ans
11:44et ceux de l'année prochaine
11:45sont peut-être déjà là
11:46ce que je veux dire par là
11:47c'est que
11:47quand vous avez une concentration
11:48aussi forte
11:50des arrêts
11:50sur très peu de personnes
11:51c'est qu'il y a un sujet
11:52pour ces personnes là
11:53et ça veut dire
11:54qu'au global
11:55les salariés sont beaucoup
11:56moins désengagés
11:57qu'on ne le dit
11:57c'est quoi votre point de vue
11:58Karine Rouvier
11:59sur l'absentéisme
12:01vous dites
12:01c'est un problème
12:01chaque entreprise
12:02doit se débrouiller
12:03c'est un problème sociétal
12:05je pense qu'il y a
12:06un problème sociétal
12:06effectivement
12:07je vous rejoins
12:07sur l'analyse
12:09et quand on dit
12:09que 4% détiennent
12:1170% des arrêts maladie
12:12oui je pense que c'est
12:1361 pardon
12:14je pense qu'effectivement
12:15là il y a un sujet
12:16qui est très ciblé
12:17c'est les 4% en question
12:19peut-être qu'effectivement
12:20c'est des gens
12:20qui manquent de reconnaissance
12:21qui cochent toutes les cases
12:22que vous avez précédemment nommées
12:24après je pense que globalement
12:26effectivement le travail
12:27n'a plus la place
12:27qu'il avait avant
12:28néanmoins les gens
12:29continuent d'avoir besoin
12:29de travailler
12:30ne serait-ce que pour vivre
12:31décemment
12:33c'est un problème
12:34pour les entreprises
12:35c'est surtout un problème
12:36de désorganisation
12:36des entreprises
12:37en dehors du coût du travail
12:38et de l'effet
12:39ça pèse sur les autres
12:40ça pèse sur le budget national
12:42bien entendu
12:43mais ça pèse aussi
12:44dans l'entreprise
12:45puisque dans les petites entreprises
12:47souvent on paye le complément
12:48on n'a pas toujours de
12:48voilà il faut payer
12:49il y a pas mal de choses
12:50qu'on doit payer
12:51mais il y a surtout
12:51la désorganisation
12:52que ça représente
12:52donc c'est encore un coût
12:53sur la productivité
12:54des entreprises
12:55et encore un coût
12:56sur la marge
12:56à nouveau on se retrouve
12:58mis à mal
12:58à l'intérieur même
13:00de nos entreprises
13:00donc je pense que l'absentéisme
13:02il y a des sujets à traiter
13:03qui sont plutôt
13:05je dirais branche par branche
13:06parce que l'absentéisme
13:07dans le bâtiment
13:08est sûrement pas le même
13:08que dans la restauration
13:09en tout cas pas avec les mêmes raisons
13:10et pas le même non plus
13:11dans un milieu social
13:12quand vous prenez
13:13il y a des endroits
13:14où c'est plus difficile
13:15de tenir la route
13:16je pense qu'il y a aussi
13:18une politique de prévention
13:19à mettre en route
13:20peut-être de façon
13:20plus transversale
13:22peut-être qu'on le traite
13:22juste par branche
13:23alors qu'il faudrait peut-être
13:23le traiter de façon plus large
13:25c'est peut-être le moment
13:26pour les politiciens
13:27de s'intéresser au travail
13:27vous disiez vous-même
13:28enfin vous disiez
13:29qu'on s'intéresse pas au travail
13:30ben là on a les deux pieds
13:31dans le travail en fait
13:32c'est-à-dire est-ce qu'on met
13:33des mesures de prévention partout
13:34est-ce que par exemple
13:35la médecine du travail
13:36est au bon endroit
13:37est-ce que voir les gens
13:38de moins en moins souvent
13:39était une situation convenable
13:41parce qu'aujourd'hui
13:41on voit les gens
13:42je crois tous les 4 ou 5 ans
13:43il me semble
13:43je sais plus
13:44entre 1 an et 5 ans
13:45moi j'ai des gens
13:45tous les 1 an
13:46et tous les 4 ans
13:46est-ce que c'est raisonnable
13:47d'avoir fait ça
13:48on a voulu faire des économies
13:49mais est-ce que derrière
13:57donc voilà
13:57il y a pas mal de choses
13:58à remettre dans la politique
13:59du travail d'une manière générale
14:00et faire des propositions
14:01Benoît ?
14:01juste un point
14:02pour illustrer ça
14:04pour la 3ème année consécutive
14:05quand vous prenez
14:06les causes d'arrêt maladie
14:08les motifs de détresse
14:09psychologique
14:09santé mentale
14:10burn-out
14:10sont en premier
14:11elles ont dépassé
14:12les problématiques physiques
14:15autrement dit
14:15c'est pas parce que
14:16on va réduire le nombre de jours
14:18créer des jours de carence
14:19on a un sujet
14:20et les entreprises
14:22développent énormément
14:23de prévention
14:23moi je le vois
14:24les petites
14:24les grandes
14:24les moyennes
14:25beaucoup de prévention
14:26et l'autre point
14:27sur la médecine du travail
14:28c'est d'abord
14:28il y a eu une réforme en 2008
14:29qui a détruit
14:30le nombre de réformes
14:30de médecine du travail
14:31aujourd'hui
14:31pour avoir la fameuse
14:32le fameux examen d'embauche
14:35médecine du travail
14:35généralement il est fait
14:36après l'embauche
14:36parce que vous avez
14:37des délais tellement dingues
14:38et c'est pas la faute
14:38des médecines du travail
14:39et puis ça fait seulement
14:40un an qu'on est en train
14:41de se préoccuper
14:41de mettre des psychologues
14:42du travail
14:43dans les centres
14:43de médecine du travail
14:44parce que c'est un sujet
14:45central
14:46on a un vrai sujet
14:47sur ce qu'on appelle
14:48la santé mentale
14:48ça c'est vrai
14:49les causes elles sont multiples
14:50c'est pas que les entreprises
14:51c'est pas que tout ça
14:52mais en attendant
14:53je pense que ça
14:54c'est un changement
14:55de structure du travail
14:56or on n'a pas vraiment
14:57changé notre manière
14:58de le gérer
14:58mais Florent et Elpo
15:00ça nous ramène
15:00au cadre macroéconomique
15:01on dit on n'arrive pas
15:02à parler du travail
15:02mais on n'arrive pas
15:03à parler de productivité
15:04de la croissance
15:06on n'arrive pas
15:06à parler du moteur
15:08en fait
15:08on ne parle que des conséquences
15:09mais on n'arrive pas
15:10à se focaliser sur l'origine
15:12oui c'est ce que je pensais
15:13en vous écoutant
15:14parler de deux éléments
15:15un
15:17tous ces sujets micro
15:18sont en fait
15:19agrégés
15:20deviennent des vrais
15:21sujets macro
15:21le sujet macro du moment
15:23c'est l'incertitude
15:24l'un des énormes problèmes
15:25auxquels l'infranc
15:26s'est confronté aujourd'hui
15:27c'est que
15:28cette élection présidentielle
15:29a l'air bien loin
15:30ce qui crée
15:31une véritable zone
15:32d'incertitude
15:32quelle entreprise
15:34va se dire
15:34c'est vraiment le moment
15:35d'investir dès maintenant
15:36mais attendez
15:37si on commence par
15:38investir dès maintenant
15:38on va renier
15:39sur la croissance de 2027
15:41donc on est en train
15:41d'étaler les problèmes
15:43dans le temps
15:43l'investissement
15:46comment dire
15:48l'incertitude
15:49nuit à l'investissement
15:50c'est documenté
15:51depuis très longtemps
15:51on l'a bien connu
15:53au début du mandat Trump
15:54c'est à dire qu'on a eu
15:54plutôt un affaissement
15:55de la croissance économique
15:56américaine
15:57au tout début du mandat Trump
15:58c'est plus le cas
15:58parce qu'il y a un cycle
15:59d'investissement
16:00qui est en train
16:00de s'enclencher
16:01de leur côté
16:02pour d'autres raisons
16:03l'autre chose
16:04c'est la question
16:04de la productivité
16:05alors effectivement
16:07qu'est-ce que c'est
16:07que la productivité
16:08est-ce que c'est moi
16:09sur mon téléphone portable
16:10qui fait de l'IA
16:10toute la journée
16:11non pas du tout
16:12c'est mon engagement
16:13dans l'entreprise
16:14c'est mon bien-être
16:14dans l'entreprise
16:15c'est mon taux
16:16d'absentéisme personnel
16:17c'est le nombre d'heures
16:18que je vais travailler
16:19et combien je vais générer
16:21à l'intérieur
16:21de ce nombre d'heures
16:22travaillées là
16:23et c'est un véritable enjeu
16:24c'est un enjeu
16:25aux Etats-Unis
16:26très clairement
16:27qui est l'un des pays
16:27les plus productifs au monde
16:28si on prend le PIB réel
16:30par habitant
16:31qui est l'une des mesures
16:31de la productivité
16:32ils sont au sommet
16:33ils sont numéro 1
16:34du monde entier
16:36le numéro 2
16:37c'est la Corée
16:38et le numéro 3
16:38c'est la Suisse
16:40on a vraiment
16:403 pays aujourd'hui
16:43très différents
16:44mais qui ont à coeur
16:45une chose
16:46on ne parle pas
16:47de valeur travail en fait
16:47simplement on parle
16:48d'une productivité
16:50au travail
16:50que chaque travailleur
16:51soit engagé
16:52et récolte les fruits
16:54finalement de son travail
16:55de l'espérance de vie
16:56qu'il investit
16:57mais c'est un terme
16:58même productivité
16:59qui est difficile
16:59à vendre dans l'entreprise
17:00comme s'il était
17:02mal connoté
17:03comme si
17:04productivité
17:05c'est too much
17:06mais pourquoi Karine ?
17:07productivité
17:07je ne sais pas
17:08ça ressemble un peu
17:09à nos grands-parents
17:11qui faisaient la fête
17:12de l'Huma
17:12et qui sortaient
17:13se battre
17:14contre les vilains patrons
17:15la productivité
17:16tout ça c'est dedans
17:17j'ai l'impression
17:17qu'il y a un terme populaire
17:18qui s'est mis dans
17:19la productivité
17:20c'est symbolique
17:22il y a des gens
17:22qui aiment leur travail
17:23qui le font
17:24avec beaucoup d'ardeur
17:25je ne sais pas
17:26si on les appelle
17:26des productifs
17:27si demain on leur disait
17:27attention d'être très productif
17:28peut-être qu'ils arrêteraient
17:29je ne sais pas
17:29je pense qu'il y a
17:30beaucoup
17:30il y a une vraie connotation
17:31très négative
17:32surtout très populaire
17:33alors qu'en fait
17:34être productif
17:35c'est plutôt bien
17:35on devrait être fier
17:36d'être productif
17:37le fait d'être là
17:38d'échanger
17:38on est productif
17:39en fait
17:39donc il faut juste
17:40reprendre les mots
17:41et les remettre
17:41aux bons endroits
17:42c'est plus votre boulot
17:43que le mien
17:44non non absolument
17:47ouvrir une nouvelle note
17:47Florian
17:49effectivement
17:49sur ces sujets
17:51de productivité
17:52aujourd'hui
17:52c'est vraiment
17:53un réel enjeu
17:54pourquoi c'est aussi
17:55parfois connoté
17:56négativement
17:56aussi parce que
17:59souvent la productivité
18:00la progression
18:01de la productivité
18:02n'est pas répercutée
18:04entièrement aux travailleurs
18:05c'est-à-dire que cette productivité
18:06elle est mal partagée
18:07donc où est-ce qu'elle va ?
18:08Elle va généralement
18:09dans la poche du patron
18:10c'est-à-dire qu'elle va devenir
18:12un morceau de dividende
18:13qui sera payé
18:14à un détenteur d'action
18:15sans juger de qui
18:16le détenteur d'action
18:18dans l'absolu
18:19et en plus
18:19elle est très difficile
18:20à imposer
18:20c'est-à-dire que
18:21cet effort de productivité
18:22qu'on peut consentir
18:23il ne va pas nécessairement
18:24générer des recettes fiscales
18:25et aujourd'hui
18:26on a besoin
18:26de recettes fiscales
18:27donc arriver à imposer
18:29à générer du revenu fiscal
18:31et de l'adhésion
18:32dans l'organisation
18:33c'est difficile aussi
18:34dans ces montées
18:35brusques de productivité
18:36Benoît ?
18:37Sur la productivité
18:38il ne faut pas perdre de vue
18:39que la productivité
18:40de la France s'écroule
18:41depuis 7 ans
18:42ce qui n'était pas le cas avant
18:43c'est-à-dire que la France
18:44avait un taux de productivité
18:44très élevé
18:45malgré un nombre d'heures de travail
18:46moins important que les autres
18:47et là maintenant
18:48on a un peu la double peine
18:49mais ce que vous avez dit
18:50et ce que vous avez dit
18:51est très juste
18:51je pense en revanche
18:52aujourd'hui
18:52et ça joue d'ailleurs
18:53sur l'engagement
18:54ou sur le rapport au travail
18:55le rapport à l'employeur
18:56vraiment moi
18:57je l'observe partout
18:58et en plus j'ai eu la chance
18:59d'être des rages d'entreprise
19:00dont tous les salariés
19:00sont actionnaires
19:01donc on voit la différence
19:02je pense que la question
19:03du partage de la valeur
19:04Vous avez l'impression
19:04que ça change vraiment
19:05quelque chose ?
19:06Ah ça change tout
19:06vous savez j'ai été
19:06chez Laure Merlin
19:07pour 10 ans
19:08par principe dans le groupe Mulier
19:09tous les salariés
19:10sont actionnaires du groupe
19:11en fait de l'associé
19:12dans lequel ils travaillent
19:13j'ai même installé
19:14l'actionnariat en Russie
19:15c'est vous dire
19:15ce que je veux dire par là
19:16c'est que vous voyez
19:17la différence
19:17mais pourquoi ?
19:18pour deux raisons
19:19pas parce qu'il y a juste
19:19un retour sur l'investissement
19:20d'une certaine manière
19:22mais aussi parce qu'on leur dit
19:23pourquoi ça monte
19:24pourquoi ça descend
19:25qu'est-ce qui va se passer
19:26autrement dit
19:27on donne du sens
19:28aux efforts qu'on demande
19:29à la productivité qu'on exige
19:30etc
19:31Là-dessus vous voyez bien
19:32la dérive Benoît
19:33c'est qu'aujourd'hui
19:34les managers ne disent plus
19:35la vérité aux salariés
19:36on infantilise tout le monde
19:37on refuse de parler
19:39des problèmes des boîtes
19:40donc là vous me dites
19:41au moins quand ils sont actionnaires
19:42aujourd'hui quand même
19:44on ne dit pas toujours
19:46la vérité aux salariés
19:47alors suivez moi
19:47mais vous verrez bien
19:48Vous savez la France
19:50souffre d'un truc
19:51qui est très français
19:51quand on regarde les autres
19:53organisations d'entreprises
19:54dans le monde
19:54à part quelques-unes
19:55elle est très hiérarchisée
19:56c'est-à-dire qu'il y a des chefs
19:57et des sous-chefs
19:58à tous les états
19:59donc c'est effectivement
20:00le message qui part du haut
20:01se délite au fur et à mesure
20:03et celui qui est tout en bas
20:03il ne sait plus ce qu'il fait
20:04parce qu'il y a tellement de gens
20:05qui regardent ce qu'il fait
20:06qui se demandent
20:06s'il sert à quelque chose
20:07Et ce n'est pas forcément
20:08que la boîte va mal
20:09Non ce n'est pas forcément
20:10que la boîte va mal
20:10Après je crois quand même
20:12que justement
20:13l'intérêt notamment
20:14d'être beaucoup plus pédagogique
20:16sur comment se calcule
20:17l'intéressement
20:18c'est vrai que c'est très compliqué
20:19ou la participation
20:20c'est encore pire
20:21mais ou bien
20:22vous savez
20:22il y a quelques grandes entreprises
20:23qui ont ouvert
20:24leur actionnariat aux salariés
20:26ça a un succès énorme
20:26alors qu'elles n'avaient jamais fait
20:27pendant des années
20:28Je pense que ça
20:29c'est une manière
20:30de parler de l'entreprise
20:31autrement que
20:31salaire, production, marge
20:33mais économie
20:34comment se porte
20:36l'économie d'entreprise
20:36et au lendemain du Covid
20:37on avait observé
20:38un vrai mouvement de management
20:39qui consistait à dire
20:41voilà on vient de traverser
20:42la classe sanitaire
20:42voilà dans quel état est l'entreprise
20:44je pense qu'on ne prend jamais
20:45assez de temps
20:47pour expliquer aux salariés
20:48qui ne sont pas plus bêtes
20:48qu'un autre
20:49comment fonctionne
20:50l'économie de leur entreprise
20:51et comme du coup
20:52on en arrive à des
20:53comme les politiques
20:54se saisissent
20:55en réduisant
20:57les messages
20:57en disant
20:58les actionnaires captent
20:59les dividendes
21:00et la production des gens
21:01vous savez le fameux discours
21:02qu'est-ce qu'on va dire
21:02les actionnaires n'ont pas
21:03le droit aux dividendes
21:04puisque le travail est produit
21:05par les salariés
21:05enfin ça n'a aucun sens
21:06voilà
21:07du coup on simplifie
21:08je pense que les chefs d'entreprise
21:09vous le faites peut-être
21:11ont un intérêt
21:12les DRH aussi
21:13ont un intérêt
21:14à donner
21:15les logiques économiques
21:17d'entreprise
21:17dans lesquelles ils sont
21:18Karine
21:19votre point de vue là-dessus ?
21:20Moi c'est un peu particulier
21:21alors là je vais juste parler pour moi
21:23parce qu'en fait
21:23je suis une grande spécialiste
21:24du business model
21:25que je défends
21:26auprès de plein de gens
21:28autour de moi
21:28de façon bénévole
21:29et j'ai expliqué
21:31le business model
21:31à mes salariés
21:32donc on s'est assis
21:33on a regardé vraiment
21:34quels sont les partenaires clés
21:35quels sont les enjeux
21:35quels sont nos clients
21:36etc
21:37et quand on fait ça
21:38c'est magique
21:38ça sort de méthode
21:39alors ça ne veut pas dire
21:40que c'est la France
21:40vous expliquez un business model
21:42à tous les salariés
21:43y compris ceux
21:44qui sont sur le terrain
21:45alors bien sûr
21:46c'est pas compréhensible
21:48de tout le monde
21:49mais moi je l'explique
21:49avec des mots simples
21:50et effectivement
21:51c'est un sujet
21:52qui éclaire beaucoup
21:54la place de chacun
21:55et le rôle interactif
21:56des uns et des autres
21:57c'est comme ça
21:58qu'on met en route
21:58l'entreprise
21:59d'une façon
21:59beaucoup plus harmonieuse
22:00c'est-à-dire
22:00chacun connaît sa place
22:01mais connaît l'interaction
22:02des autres etc
22:03donc un commercial
22:04qui récupère un dossier
22:06va aller jusqu'au bout
22:07de la chaîne
22:08jusqu'au gars
22:08qui est sur un chantier
22:09et du coup tout le monde
22:10comprend sa place dedans
22:11mais vous avez raison
22:12je me rends compte
22:13que je prêche un peu
22:14dans le désert
22:14mais comment ça se fait
22:16je fais ça assez souvent
22:16je fais souvent des conférences
22:18et des ateliers
22:18de façon très bénévole
22:19en fait depuis pratiquement
22:2010 ans je fais ça
22:21et je me rends compte
22:22qu'effectivement
22:23ça éclaire beaucoup
22:24la vie des entrepreneurs
22:25mais ça reste effectivement
22:26très isolé
22:27mais vous allez Karine
22:28jusqu'à dire
22:29sur tel dossier
22:30on a perdu
22:30je sais pas
22:313 millions
22:32moi je suis très transparent
22:33avec mes salariés
22:34en fait ils ont par exemple
22:35pour vous donner un exemple
22:36chaque fois qu'on a un chantier
22:37100% des gens voient
22:39ce qu'il reste à dépenser
22:40sur le chantier
22:40donc il y a un compteur
22:41qui dit
22:42on a engagé de l'argent
22:43à dépenser sur le chantier
22:44et voilà combien il reste
22:45donc c'est très transparent
22:46et quand on est en négatif
22:47tout le monde appuie
22:47sur le bouton d'alarme
22:48en disant stop
22:48comment est-ce qu'on fait
22:49pour s'organiser autrement
22:50comment est-ce qu'on peut
22:51voir les choses autrement
22:52et aussi je donne aussi
22:53les chiffres à tout le monde
22:54on dit quel est le chiffre d'affaires
22:56le chiffre d'affaires
22:56mais aussi ce qui reste
22:57à la fin du mois
22:57parce que le chiffre d'affaires
22:58c'est quand même un peu
22:59en tant que business
23:00on sait ce que ça veut dire
23:01mais tout le monde
23:01ne fait pas la différence
23:02il y a quelques mois
23:03moi je suis assez transparente
23:06parce que je considère
23:07que mes salariés
23:08sont des adultes responsables
23:09qu'ils ont réussi
23:10à prendre des décisions
23:11tout seuls dans leur vie
23:11et qu'ils sont capables
23:12de prendre des décisions intelligentes
23:13pour l'entreprise
23:14moi j'ai un leitmotiv
23:15c'est de dire que
23:16chaque personne doit prendre
23:17les bonnes décisions
23:18dans l'entreprise
23:19en fonction de ses compétences
23:20donc du coup
23:21moi j'ai beaucoup fait référence
23:23alors c'est un peu
23:23c'est un peu contradictoire
23:25mais j'ai fait référence
23:25au livre que Netflix a sorti
23:27avec les règles
23:28pas de règles
23:28et j'ai trouvé une belle inspiration dedans
23:30où vraiment chaque personne
23:31est responsable
23:32de son avancée
23:33de sa productivité
23:34dans l'entreprise
23:34et je me suis beaucoup inspirée
23:35de ça pour mon modèle
23:36mais là du coup
23:37je prends la parole que pour moi
23:38Mais est-ce que ça brutalise
23:38certains de vos salariés
23:39qui eux n'ont pas forcément
23:40envie de cette transparence
23:42ou parfois se sentent responsables
23:43Quand ils arrivent
23:44oui
23:44quand ils arrivent
23:45d'un autre écosystème
23:47et qu'ils arrivent dans ce système
23:48ils font un temps d'adaptation
23:49mais bon comme on n'a pas
23:50il y a quand même 80 salariés
23:51donc il y a toujours quelqu'un
23:52qui explique à l'autre
23:53t'inquiète pas
23:53ça va bien se passer
23:54les chiffres on les a
23:55c'est pas catastrophique etc
23:56mais oui oui
23:57je me rends compte
23:57quand les gens viennent de l'autre côté
23:58je viens d'ouvrir un restaurant
23:59là j'ai 10 salariés
24:01les 10 sont tout neufs
24:02ils connaissent pas ma méthode
24:03je vous assure que là
24:04je rame un peu quand même
24:06je parle de chiffre d'affaires
24:08c'est compliqué
24:09Oui mais à la fin
24:09vous allez pouvoir faire le bilan
24:10de savoir si vous avez réussi
24:11à recruter
24:12dans un secteur qui est compliqué
24:14Cet après-midi
24:14j'ai rendez-vous justement
24:15pour transparence sur les chiffres
24:16alors qu'est-ce qu'on a fait
24:17combien
24:17où est-ce qu'on va
24:18Mais vous dites que vous faites pas des mules
24:19enfin c'est-à-dire que c'est pas
24:21Dans les autres chefs d'entreprise
24:23autour de moi
24:23c'est plus compliqué
24:24c'est vraiment plus compliqué
24:25Mais c'est quoi la barrière ?
24:27La barrière je pense
24:28qu'on a un vrai problème
24:28alors c'est plus vous
24:29qui êtes expert
24:30mais mon ressenti
24:31c'est qu'on a un vrai sujet
24:32sur le positionnement
24:34entre l'entrepreneur
24:35et son salarié
24:36je pense qu'en France
24:37on a un vrai sujet là-dessus
24:38et comme on est tout le temps
24:38les uns contre les autres
24:39on n'a pas compris
24:40qu'on a besoin les uns des autres
24:41moi je ne suis rien
24:41sans mes salariés
24:42mais ils ne sont rien
24:43sans moi aussi
24:44c'est moi qui ai mis le capital
24:45c'est moi qui fais avancer la boîte
24:46mais je ne fais rien sans eux
24:47je ne produis rien sans eux
24:48il faut juste comprendre
24:49qu'on a affaire
24:50en face de nous
24:51à des adultes responsables
24:52qui sont capables
24:53de prendre des bonnes décisions
24:54pour l'entreprise
24:55ils en prennent des bonnes
24:56pour chez eux
24:56ils savent faire des enfants sans moi
24:58ils savent acheter des maisons sans moi
24:59ils savent prendre des décisions sans moi
25:01ça c'est vraiment un état d'esprit
25:02que je défends depuis très longtemps
25:04mais j'ai du mal à contaminer
25:05mes autres chefs d'entreprise
25:07Benoît ça fait 15 ans
25:09qu'on se côtoie sur le plateau
25:09de BFM Business
25:11ça fait 15 ans qu'on dit
25:12qu'il va y avoir
25:12une révolution culturelle
25:13du côté des managers
25:14qu'il va y avoir un avant à l'après
25:15bon
25:18pour prendre nos débats
25:19d'il y a 15 ans
25:19on n'a pas avancé tant que ça
25:20on n'a pas suffisamment avancé
25:22alors il y a plein de raisons exogènes
25:24je pense que l'hyper processisation
25:27la multiplication des systèmes de contrôle
25:30vous savez c'était des rages dans l'assurance
25:31c'est effarant quoi
25:33les fameux accords Solvency
25:34vous connaissez
25:36vous tombent dessus
25:37comment vous voulez donner du sens au travail
25:38quand les gens passent leur temps
25:39à être contrôlés
25:40à remplir les tableaux Excel
25:40d'ailleurs il y a un truc intéressant
25:42avec l'IA
25:42j'ai vu une étude de Gallup
25:43qui dit que 26% des tâches
25:45de contrôle de management
25:46pourraient être remplacées par l'IA
25:47c'est une super occasion
25:49de redonner du temps de management
25:50aux gens
25:50parce que je pense que les managers
25:51n'ont plus de temps de management
25:53au sens humain
25:54la deuxième chose
25:55et vous l'avez évoqué
25:55alors heureusement
25:56il y a d'autres gens
25:57que je connais
25:58qui font un peu comme vous
25:59en termes de troncs
25:59il y a un groupe
25:59à partir de deux
26:00on est un groupe
26:02donc ça c'est bien
26:03c'est exactement
26:04je crois que dans notre pays
26:08alors pour plein de raisons
26:09sur lesquelles il va être long de revenir
26:10mais on parle plus de la qualité du travail
26:13d'ailleurs les débats portent sur la quantité
26:15on parle tout le temps
26:17travailler plus longtemps
26:18moins longtemps
26:20plus fort
26:20moins fort
26:21peu importe
26:21mais la qualité elle-même
26:22la qualité du travail
26:23elle est définie
26:24elle est trois choses
26:25elle est un
26:26la personne sait ce qu'elle fait
26:28ce que vous venez de dire
26:29la deuxième
26:29la personne sait où elle est
26:31dans la chaîne de valeur de l'entreprise
26:32ça c'est fondamental
26:33et ça existe dans certaines entreprises
26:34pas encore assez
26:35et ça réduirait l'absentéisme
26:37quand vous ne savez pas
26:39si quand vous n'êtes pas là
26:40ce qui se passe
26:41vous n'êtes pas là
26:42par contre quand vous savez
26:43que ça a un impact
26:44sur votre collègue d'un côté
26:45et votre collègue de l'autre
26:46vous faites un peu plus attention
26:47à l'absentéisme
26:47et la troisième raison
26:48c'est que l'entreprise
26:49ça c'est la responsabilité
26:50de cette entreprise
26:50surtout en ce moment
26:51c'est elle garantit à son salarié
26:53qu'elle s'assurera toujours
26:55qu'il ait les bonnes compétences
26:56pour survivre dans l'entreprise
26:58autrement dit
26:58garde son employabilité
27:00ça c'est la qualité du travail
27:02or les débats
27:03portent constamment
27:04sur la quantité
27:05les conditions
27:06la souffrance de ceci
27:07la souffrance de cela
27:08je ne sais pas ce que vous en pensez
27:09comme économiste
27:10en termes d'ambiance macro
27:11mais je suis frappé
27:12par le discours négatif
27:14que la personnelle politique
27:15a sur le travail
27:16depuis 30 ans
27:18on ne parle que RPS
27:19souffrance
27:20on ne donne jamais
27:21que le travail émancipe
27:22que le travail libère
27:23dans le sens
27:23me donne les moyens
27:25de construire ma vie
27:26vous savez l'entreprise
27:27c'est le dernier endroit
27:28où vous avez encore
27:29un espoir d'ascenseur social
27:32il faut 6 générations
27:33pour changer de classe
27:34aujourd'hui
27:35il en fallait 3
27:36il y a 50 ans
27:37alors Florian
27:38oui et puis
27:38ça vient également
27:39en fait
27:40ça c'est l'aspect
27:40quelque part carotte
27:42mais il y a quelque chose
27:43qui va avec ça
27:44c'est dans quel type
27:45d'économie vous vivez
27:47est-ce que vous vivez
27:47dans une économie
27:48qui va avoir tendance
27:48à vous protéger
27:49en tant que travailleur
27:50à créer justement
27:51cette dissension
27:52entre le chef d'entreprise
27:54et le salarié
27:54et à protéger
27:55le salarié
27:56de son chef d'entreprise
27:57ou est-ce qu'au contraire
27:58vous vivez dans une économie
27:59un peu plus débridée
28:01où le droit social
28:02est plus léger
28:03la perception
28:04de sa propre probabilité
28:06de licenciement
28:08a une incidence
28:09sur votre productivité
28:11c'est une chose terrible
28:12à dire
28:12mais c'est quelque chose
28:13qu'on doit à Stiglitz
28:14qui a reçu le prix Nobel
28:15pour ses travaux
28:16à ce sujet-là
28:16cette probabilité
28:17cette perception
28:18de la probabilité
28:18qui n'a pas besoin
28:19d'être la véritable probabilité
28:21mais vous poussez
28:22à penser
28:23que cette probabilité
28:24est plus élevée
28:24qu'elle n'est réellement
28:25vous incite naturellement
28:26à vous responsabiliser
28:28à aller discuter
28:29avec vos collègues
28:29à former des groupes
28:30à créer des alliances
28:31et à faire avancer
28:32votre propre entreprise
28:33au travers de votre contribution
28:34Et Florent juste avant
28:35qu'on marque une pause
28:36l'IA c'est notre chance
28:38pour augmenter la productivité ?
28:40Alors c'est un outil
28:41assez formidable
28:42c'est la première révolution
28:43technologique que l'on connaît
28:44où les gains de productivité
28:46sont déjà palpables
28:47historiquement il faut
28:48plus d'une dizaine d'années
28:49pour commencer à réellement
28:51capturer dans les chiffres
28:53une progression de cette productivité
28:54On cap 10, 20, 30 points de base
28:57donc 0,1, 0,2, 0,3%
28:59de croissance économique
29:00aujourd'hui
29:00que l'on pourrait être tenté
29:02d'attribuer à la productivité
29:04c'est même pas moi qui le dis
29:05c'est un économiste assez connu
29:06de la réserve fédérale américaine
29:07qui s'appelle Assemoglou
29:08J'estime d'ailleurs
29:09que la moyenne de productivité
29:11gagnée par l'IA
29:12dès maintenant est de 4
29:13c'est vrai qu'on avait annoncé 30
29:15mais 4
29:15c'est vrai que c'est un truc
29:17assez étonnant
29:18juste un petit point là-dessus
29:19c'est que
29:20oui la productivité de l'IA
29:21c'est une évidence
29:22sous réserve de deux choses
29:23que font les entreprises
29:24en ce moment
29:25c'est modifier leurs organisations
29:27et intégrer ça
29:28dans les modèles de management
29:29parce que la productivité
29:31c'est un produit
29:32management fois organisation
29:33égale productivité
29:34or avec l'IA
29:35on est démarré par la productivité
29:36donc là il y a beaucoup de travaux
29:38peut-être chez vous aussi
29:38qui sont faits
29:39sur l'impact sur l'organisation
29:40Karine ?
29:41Aujourd'hui
29:42l'intelligence artificielle
29:43elle est en train de
29:44elle est en train de fourmiller
29:45un peu partout
29:46alors il y a les contres
29:47ceux qui sont totalement contre
29:48moi j'essaie de les convaincre
29:49qu'il ne faut pas laisser passer le train
29:50parce que
29:50vous en avez des complètement contre
29:52dans votre entreprise
29:53beaucoup
29:53il y a beaucoup de gens partout
29:54qui sont très
29:55moi j'ai beaucoup de jeunes
29:56que j'entends
29:57qui disent
29:57ah l'IA ça va tout casser
29:58oui bah mets toi dans le train
29:59parce que sinon c'est fini
30:00j'ai même envie de vous dire
30:01alors je ne sais pas quel âge vous avez
30:02mais on ne doit pas être loin des mêmes âges
30:03je défends un peu
30:04les gens qui ont plus de 50 ans
30:06emparez-vous de l'IA en fait
30:07parce que si nous on ne le fait pas
30:08si nous on est contre l'IA
30:09que vont en penser les jeunes
30:10même si on n'est plus
30:11comme avant
30:12ce n'est pas nous qui avions
30:13toujours la bonne parole
30:13je pense qu'il faut
30:14qu'on s'empare vraiment de l'IA
30:16et qu'on explique aux jeunes
30:17que ce n'est pas grave en fait
30:18on a déjà eu des modifications
30:19dans notre façon de fonctionner
30:20depuis longtemps
30:21vous disiez avant
30:2270% des gens pensaient
30:23que le travail était central
30:24maintenant c'est 20%
30:25bah ok
30:26mettons l'IA dedans
30:27et prenons le chemin
30:28prenons le train en route
30:29il ne faut pas le laisser passer
30:30en fait
30:30c'est une vraie révolution
30:31il ne faut pas la laisser passer
30:32il ne faut pas qu'on la laisse aux autres
30:33et on n'a pas fini d'en parler
30:34on marque une pause
30:35les experts
30:35on revient
30:40BFM Business et la Tribune présente
30:43débat et controverse
30:46les experts
30:47leur closier
30:48on est reparti
30:49les 10h03
30:50sur BFM Business
30:51les experts
30:51Karine Roubier
30:52est avec nous
30:53PDG d'Europe Amiante
30:54et le domaine
30:54est le haut
30:55Benoît Serc
30:56au président du cercle
30:56l'Humania
30:57et Fior Laurent
30:57et Yelpo
30:58au responsable macro
30:59chez Lombard
31:00Audi
31:00on était en train de parler
31:01de l'impact
31:02de l'intelligence artificielle
31:03sur la productivité
31:04Karine Roubier
31:05quand vous faites face
31:06à quelqu'un qui vous dit
31:07non je n'utiliserai pas l'IA
31:09comment vous faites
31:10concrètement
31:11par quel chemin
31:13vous allez vers lui
31:14alors
31:15les convaincre
31:16c'est difficile
31:17mais je leur explique
31:18que
31:21l'IA
31:21telle qu'elle est aujourd'hui
31:22en tout cas
31:22pas celle qu'on code
31:23parce que Claude
31:24avec le codage de Claude
31:25c'est un autre sujet
31:26mais l'IA
31:26tel que ChatGPT par exemple
31:27je ne sais pas si j'ai le droit
31:28de donner des noms
31:29tout le monde l'utilise
31:31je leur explique
31:32qu'aujourd'hui
31:32c'est un assistant
31:33qu'on a à côté de nous
31:34il ne va pas prendre notre place
31:35c'est un assistant
31:36qui est très puissant
31:36qui est face à
31:37d'ailleurs j'ai fait une petite image
31:38là-dessus
31:38qui est face à tout un tas d'écrans
31:40la question c'est
31:41comment est-ce qu'on lui explique
31:41aller voir dans cet écran
31:42être très spécialisé
31:43avoir des infos très vite
31:44moi je le prends un peu
31:44comme un chef de cabinet
31:45c'est à dire
31:46j'ai plusieurs sujets à voir
31:48il y en a un spécifique
31:49j'ai besoin d'avoir les infos
31:50tout de suite
31:50d'ailleurs ce matin
31:51quand j'ai eu les sujets
31:53qu'est-ce que j'ai fait
31:54j'ai regardé l'IA en premier
31:55en plus de l'actualité bien sûr
31:56donc voilà
31:56moi je dis aux gens
31:57prenez-le juste comme un assistant
31:58et aujourd'hui c'est magique
31:59je veux dire
31:59un tas de gens
32:00qui n'avaient pas le droit
32:00à un assistant
32:01ont le droit à un assistant
32:02y compris la femme de ménage
32:03y compris tous les gens
32:04qui sont autour de vous
32:05c'est magique en fait
32:05l'idée c'est pas de dire
32:07ça va prendre votre place
32:07ça ne prendra pas notre place
32:08ce que je trouve bien aussi
32:09dans l'IA
32:09ce que j'explique aux gens
32:11je pense qu'il va y avoir
32:12un retour entre
32:13le Covid
32:14qui nous a obligés
32:15à rester chez nous
32:15je repars sur le Covid
32:16je suis désolé
32:17mais l'IA
32:17je pense que l'association
32:20des deux
32:20va obliger les gens
32:21à nouveau recréer du collectif
32:22à aller se voir
32:23et se parler
32:23parce qu'aujourd'hui
32:24l'IA permet à tout le monde
32:25de tricher
32:25on le voit
32:26tous ceux qui ont des faux comptes
32:27un peu partout
32:28maintenant ils utilisent l'IA
32:29là où avant vous aviez des mails
32:30qui étaient remplis de fautes d'orthographe
32:31maintenant c'est nickel
32:32quand vous voyez pour de vrai
32:33moi je sais que vous existez pour de vrai
32:35et que vous me parlez pour de vrai
32:35du coup l'IA je pense
32:36elle va recréer du collectif
32:38on l'a par exemple pour la musique
32:39aujourd'hui il y a de l'IA
32:4050% des musiques
32:42qui sortent aujourd'hui
32:43sont créées par des IA
32:44celles-ci vous ne les verrez pas en concert
32:45donc si vous voulez avoir
32:46de la vraie musique
32:47et des vrais musiciens
32:47demain il faudra à nouveau
32:48créer du collectif
32:49et se remettre en concert
32:50je pense que l'IA
32:51est une chance pour l'humanité
32:52et vraiment je le sens
32:53c'est comme ça que je le sors
32:54mais vous commencez par parler
32:55de la place
32:56moi je parle de la place de l'IA
32:57c'est-à-dire que chacun
32:58chaque humain va pouvoir
32:59se reconnecter à d'autres humains
33:00et que l'IA est un insistant pour nous
33:02peut-être qu'il va devenir plus fort
33:03peut-être qu'il viendra plus intelligent
33:05mais il ne nous remplacera pas
33:06en fait
33:06il ne peut pas nous remplacer
33:07et nous on deviendra agiles
33:09et on deviendra sûrement
33:10meilleurs aussi dans ce qu'on fait
33:11ou peut-être qu'on fera
33:12carrément autre chose
33:13qui nous plaît plus qu'aujourd'hui
33:14on parlait justement
33:15des contraintes
33:15des salariés etc
33:16peut-être que demain
33:17grâce à l'IA
33:18ça va leur débloquer du temps
33:19ils vont peut-être faire des choses
33:20qui leur plaisent beaucoup plus
33:21qu'aujourd'hui
33:22de toute façon on n'a pas le choix
33:23l'IA elle est là
33:24on ne peut pas dire
33:25je n'en veux pas
33:25c'est comme si on disait
33:26je ne veux plus de l'électricité
33:27éteignez le plateau alors
33:28Benoît Serre justement
33:29sur cette question du Covid
33:30quand on regarde les lycéens d'aujourd'hui
33:31c'est les collégiens
33:32en gros ceux qui sont en seconde
33:33aujourd'hui c'est ceux qui étaient
33:34en sixième
33:35quand il a fallu mettre le masque
33:36et parfois ne pas aller à l'école
33:38des lycéens qui sont aujourd'hui
33:40ils ont du mal à faire classe
33:40parce qu'ils ont beaucoup de spécialités
33:42donc en fait ils sont très séparés
33:43et de quoi parle-t-il aujourd'hui
33:44dans les manifestations ?
33:45de leur emploi du temps
33:46on voit des gens qui brandissent
33:48les 8h-18h
33:49avec des trous ou pas
33:50en disant c'est trop
33:51les salariés
33:52ils parlent de leur emploi du temps
33:53toute la journée aussi
33:54Oui, de toute façon
33:55il y a un rapport au temps
33:56qui est extrêmement complexe
33:57quand on a vu que
33:58les gens étaient de plus en plus attachés
34:00et le Covid a accéléré ça
34:02à l'équilibre de vie privée professionnelle
34:04quand je dis qu'il ne faut pas
34:05accuser tout du Covid
34:06il a une seule vertu
34:07le Covid
34:07il a cristallisé des choses
34:08qui étaient présentes partout
34:09et qui sont concentrées
34:11en un seul endroit
34:11et dont on ne peut plus
34:12les ignorer aujourd'hui
34:13c'est vrai que les lycéens
34:14parlent beaucoup de leur temps
34:15elles parlent beaucoup
34:16de leur environnement de travail
34:17c'est amusant d'ailleurs
34:18leur discours est assez proche
34:20des salariés qui sont mécontents
34:21dans les entreprises
34:21ils disent la même chose en fait
34:23j'arrive pas à faire tout ce que j'ai à faire
34:24j'ai le sentiment d'être sous pression
34:26l'organisation du travail me va pas
34:28mes conditions de travail me vont pas
34:29c'est intéressant de voir que
34:30au-delà des casseurs
34:32des trucs et des machins
34:32il faut arrêter
34:33cette espèce de bouillie
34:35la réalité c'est qu'il y a quand même un sujet
34:38donc je crois qu'effectivement
34:39les différentes réformes
34:40vous savez l'éducation nationale
34:41se réforme
34:43même pas à chaque quinquennat
34:44à chaque gouvernement
34:44il y a une nouvelle idée
34:46comme pour le modèle social
34:47à chaque ministre même parfois
34:48si je puis me permettre
34:48à chaque ministre on prend le
34:50en plus le nombre de ministres
34:51on les gronde plus là
34:52qui parfois faut se le concerne
34:53je pense qu'il y a une espèce de
34:54c'est un petit peu comme pour le modèle social
34:56il y a eu tellement de réformes
34:57dans tous les coins
34:58qu'en fait on l'a totalement
34:59déséquilibré l'ensemble
35:00chaque réforme prise séparément
35:02on peut la trouver bien
35:03ou pas bien
35:03mais quand vous les additionnez toutes
35:05ça fait un truc illisible
35:06et incompréhensible
35:07la multiplication des options
35:08fait que oui
35:09il y a des gens qui vous disent
35:10même les proviseurs
35:11vous disent
35:12moi j'y arrive plus en fait
35:13parce que l'absentéisme
35:14des profs
35:15enfin le fait qu'il n'y ait pas de profs
35:16en fin de certaine année
35:17vient aussi de là
35:18il y a tellement une multiplication
35:20de matières
35:20qu'évidemment vous augmentez
35:22trois fois plus le risque
35:23de ne pas avoir de profs
35:24pour des raisons de maladie
35:25pour des raisons d'absence
35:25etc etc
35:26donc je pense que
35:28les lycéens d'aujourd'hui
35:30il faut
35:30enfin sincèrement
35:32il faut quand même comprendre
35:33qu'est-ce qu'on leur propose
35:34en réalité
35:35ils ont
35:37il y a les horaires
35:38c'est comme quand un sérieux
35:39vient vous voir
35:40et vous dire
35:40moi je vais m'en aller
35:40parce que j'en ai marre
35:41quand vous creusez
35:42il y a un truc
35:43qui le coince
35:43ça peut être sa rême
35:44ça peut être son patron
35:45ça peut être n'importe qui
35:46mais il y a un truc
35:46qui le coince
35:47les lycéens
35:48on a laissé le truc grossir
35:49en disant
35:49bon on va bien s'en sortir
35:50sauf qu'on ne s'en est pas sorti
35:52d'une part
35:53et ensuite
35:53je les comprends
35:55mais vous imaginez
35:56vous avez 17 ans
35:57ou 18 ans aujourd'hui
35:59un
36:01on retrouve les années 70-80
36:02quand les gens sont fait virer
36:03après 30 ans
36:04de bloquer au service
36:04un
36:06chômage de masse
36:06deux
36:07très grande difficulté
36:08à trouver un emploi
36:09trois
36:09un discours politique
36:11hallucinant
36:11une espèce de violence politique
36:13et je ne mets pas de bon point
36:14à l'un ou à l'autre
36:15totale
36:16une instabilité sociale
36:17absolue
36:19le fait que
36:21les gens sont
36:22sont de plus en plus
36:24persuadés
36:25que personne ne s'occupe d'eux
36:26finalement
36:26ils n'ont pas d'avenir
36:27ils ont le sentiment
36:28de ne pas en avoir
36:29et or l'école
36:30s'il y a bien un endroit
36:31qui doit construire l'avenir
36:31c'est celui-là
36:32donc les lycéens
36:33c'est curieux de voir
36:34que les lycéens rejoignent
36:38certaines contestations
36:39que les salariés font remonter
36:40quand ils ne vont pas bien
36:41ça veut dire qu'il faut les traiter
36:42de la même manière
36:42on ne peut pas rester
36:44et oui mais vous n'allez pas
36:45les augmenter
36:45ou leur proposer de télétravailler
36:47non non
36:48bien sûr
36:48je pense qu'il faut avoir
36:49une forme de courage
36:51consistant à dire
36:52je ne suis pas sûr par exemple
36:53que les 80%
36:54d'une classe d'âge au bac
36:55a été une excellente idée
36:56quand même
36:57il faut remettre le système à plat
36:59à plat ça va être très long
37:00mais très compliqué
37:01déjà il faut assumer
37:02qu'ils ne fonctionnent pas
37:03comme on voudrait qu'ils fonctionnent
37:04et qu'ils ne produisent pas
37:05d'avenir aux gens
37:05et sur l'IA le dernier point
37:06à vos salariés qui n'y croient pas
37:08moi j'ai fait le coup
37:09l'autre jour à quelqu'un
37:10qui me disait
37:10moi l'IA je n'utilise pas
37:11je dis ça tombe bien
37:12parce que l'IA tu utilises
37:14en fait tu passes ton temps
37:14à scroller
37:15à ton avis
37:15qu'est-ce que tu scrolles
37:16c'est l'IA qui te pousse
37:17que tu as envie de voir
37:18donc je pense que ça aussi
37:19il faut leur expliquer
37:19que vous savez
37:20si vous n'êtes pas à table
37:23c'est que vous êtes au menu
37:23donc voilà
37:25chacun est coincé
37:26dans son algorithme
37:27ce qui n'aide pas non plus
37:28aux discussions
37:29Florian Pôle éducation
37:30premier sujet économique
37:32quand même
37:32c'est pas un sujet
37:33qu'il faut prendre à la légère
37:34les lycéens qui sont là
37:35c'est les salariés de demain
37:36le premier essor
37:38de la productivité
37:38c'est l'éducation
37:39qu'on reçoit aujourd'hui
37:41au lycée
37:42au collège
37:42et plus tard à l'université
37:43si on y va très clairement
37:45il y a un sujet
37:46qui est commun
37:46c'est des sujets là
37:47c'est l'IA
37:49dans le cadre
37:50de la pédagogie
37:50aujourd'hui
37:52on patauge un petit peu
37:53de ce côté là
37:53alors que ça devrait également
37:55nous amener
37:55à repenser notre modèle
37:57notre modèle d'enseignement
37:58alors j'enseigne à l'université
37:59donc je peux vous en parler
38:00de façon un peu pratique
38:03la première réaction
38:05des étudiants
38:05c'est très naturellement
38:06de l'utiliser pour tricher
38:08je ne vais pas avoir à réviser
38:09ce n'est pas la peine
38:09il suffit juste
38:10de cocher des cases
38:11donc si je peux copier-coller
38:12la question
38:12la donner à l'IA
38:13et répondre grâce à ça
38:14et bien pas de problème
38:15ils sont d'ailleurs
38:16assez inventifs
38:16c'est assez fascinant
38:17à voir
38:18maintenant c'est aussi
38:19notre responsabilité
38:20du côté du corps enseignant
38:21de leur apprendre
38:22à utiliser cette IA
38:24aujourd'hui personne
38:24ne sait utiliser l'IA
38:25ça existe depuis 4 ans
38:27c'est une technologie
38:28qui est complètement nouvelle
38:28dont on fait l'expérience
38:29pour l'instant
38:30tout ce qu'on sait
38:30c'est l'expérience
38:31qu'on en a ramassée
38:32tout simplement
38:33donc on doit être capable
38:34de façon très concrète
38:36de couper le cours en deux
38:37de faire une partie de cours
38:38où on leur explique un concept
38:39et après on leur donne
38:40un exercice à résoudre
38:41avec l'IA
38:42pas tout seul
38:43en disant
38:43voilà
38:43on demande à l'IA
38:44qu'est-ce que l'IA a dit
38:45est-ce qu'elle a raison
38:45est-ce qu'elle n'a pas raison
38:46je vais t'entraîner
38:47à détecter les erreurs de l'IA
38:48ça c'est une compétence
38:49qu'on a envie d'avoir
38:50parce qu'après ça
38:50dans les entreprises
38:51c'est quelque chose
38:52qui va nous servir
38:53et qui va permettre
38:53d'accélérer justement
38:54l'adoption de cet IA
38:56ça c'est une vraie source
38:57de productivité
38:57on a tous un assistant personnel
38:59mais sauf qu'on est capable
39:00de détecter nous
39:01les erreurs de nos assistants
39:02si on en a
39:03mais pour ça
39:04il faut être formé
39:04exactement pour ça
39:05il faut être formé
39:06il faut avoir l'expérience
39:06l'IA c'est quelque part
39:08c'est le règne des experts
39:09l'émission porte bien le nom
39:10c'est-à-dire que
39:11si je suis expert
39:12je suis à même de détecter
39:13justement ces erreurs-là
39:14je suis à même d'instrumentaliser
39:16cette myriade
39:17c'est pas un assistant
39:18c'est une myriade d'assistants
39:19il y a quand même aussi
39:21un gros problème
39:21sur l'éducation nationale
39:22aujourd'hui
39:23c'est qu'en dehors
39:24de révolutionner
39:25la façon d'enseigner
39:26et là je vous rejoins
39:26complètement
39:27la vraie problématique
39:28aujourd'hui
39:28c'est que les filières
39:29n'ont pas bougé
39:30aujourd'hui on continue
39:31d'envoyer des gens
39:32par exemple sur le marketing
39:32digital
39:33la filière est totalement morte
39:35parce qu'il n'y a aucun
39:36marketeur aujourd'hui
39:37qui est meilleur que l'IA
39:38vraiment il fait une analyse
39:39qui est en quelques secondes
39:40qui est extraordinaire
39:41donc le problème c'est que là
39:42il faut révolutionner
39:43très très vite
39:44vers où on envoie
39:45nos enfants en fait
39:46là on les envoie
39:47dans des situations
39:48qui sont ubuesques
39:51tout à l'heure
39:51des bacs plus 4
39:52bacs plus 5
39:52qui n'ont aucun
39:53débouché possible
39:54et là l'IA a pris leur place
39:56pour de vrai
39:56elle a déjà pris leur place
39:57et je ne sais pas
39:58comment est-ce que là
39:58on peut mettre ça en route
39:59effectivement l'IA
40:00va plus vite que nous
40:01c'est clair
40:01mais là il faut qu'on
40:02ouvre les yeux
40:02et faire un point de situation
40:04et se rendre compte
40:04et c'est assez étonnant
40:05d'ailleurs qu'ils ne revendiquent pas
40:07la modification des filières
40:09ils revendiquent les horaires
40:10ok
40:11les horaires pourquoi pas
40:12ils revendiquent l'état
40:13des lycées
40:14alors moi qui suis
40:15quand même beaucoup
40:16dans le BTP
40:17j'ai une boîte dans le BTP
40:18je visite beaucoup de lycées
40:19je vous assure que les lycées
40:19c'est comme les commissariats
40:20ils ont vraiment besoin
40:21d'être rénovés
40:22vraiment d'urgence
40:23ça c'est un vrai sujet
40:24mais ça ils ont raison là-dessus
40:25je ne suis pas sûr
40:26qu'il faille les cramer
40:26pour les réparer
40:2770% des lycées
40:28en plus de 50 ans
40:2970% des lycées
40:30en plus de 50 ans
40:30et encore l'ail est moins chaud
40:32moi j'en visite beaucoup
40:34et qui sont vraiment
40:34dans un état lamentable
40:35les brûlés ne va pas
40:36aller plus vite
40:36parce qu'après
40:37vous savez qu'en France
40:38le temps qu'on mette
40:38un marché en route
40:39ça va être long
40:40entre 5 et 10 ans
40:41le temps qu'on refasse un lycée
40:42c'est un peu dommage ça aussi
40:43mais vraiment
40:44il y a une révolution à faire
40:45mais là ce que vous dites
40:46c'est qu'il y a des écoles
40:47de marketing digital à fermer
40:48mais là il faut fermer la filière
40:50il faut fermer la filière
40:51ça ne sert à rien
40:51la filière elle ne sert à rien
40:52déjà ils étaient en panne
40:53depuis 4 ou 5 ans
40:54mais là c'est fini
40:55la filière elle arrive nulle part
40:56là maintenant
40:57il y a eu une tentative
40:58sur les filières professionnelles
40:59ça rejoint un autre sujet
41:00qui est de rapprocher
41:01le monde de l'enseignement
41:02de l'entreprise
41:02il est très éloigné honnêtement
41:03moi je connais bien les deux
41:04parce que j'enseigne aussi
41:05à la fois entreprise
41:06il y a eu une tentative
41:07qui a été faite
41:09par Carole Grandjean
41:10qui était ministre déléguée
41:11à l'enseignement professionnel
41:13je crois
41:13il y a quelques années
41:14et qui avait dit
41:15moi je vais fermer les filières
41:16qui ne mènent à rien
41:17pour soutenir mieux
41:18les filières qui mènent à quelque chose
41:19Tollet général vous imaginez
41:21elle l'a fait quand même
41:22c'était hyper courageux
41:23le projet a été abandonné
41:24par l'actuel gouvernement
41:25il y a quelques mois
41:27pareil sur apprentissage d'alternance
41:28moi j'ai eu pas mal de débats
41:29avec le personnel politique
41:30sur la réforme
41:32qui était très bien
41:33on est passé de 300 000
41:34à 900 000
41:34on sait depuis l'Allemagne
41:36que c'est un formidable
41:37passeport vers l'emploi
41:39ils ont réformé
41:40ils n'ont plus d'argent
41:41très bien
41:41mais moi je me disais
41:42mais pourquoi est-ce que
41:43vous ne faites pas la même chose
41:44autrement dit
41:45vous choisissez des filières
41:46qui ont de l'avenir
41:47dans lesquelles les entreprises
41:48ont besoin d'emplois
41:49on les connait
41:50mais vous arrosez pas tout le monde
41:51vous arrêtez d'arroser tout le monde
41:52ça ne sert à rien d'abord
41:53et pour les jeunes
41:54c'est important
41:55vous savez
41:55dans le rapport Montaigne
41:56sur les jeunes et le travail
41:57à quel j'ai eu la chance
41:58de participer
41:58il était indiqué que
42:00les services publics
42:01d'orientation de l'État
42:02sont ceux que
42:02les jeunes écoutent le moins
42:04ils écoutent d'abord leurs parents
42:05et notamment leurs mères
42:07c'était intéressant
42:08très important les mères
42:08je pense qu'il y a un sujet d'orientation
42:10les jeunes
42:10qui sont aujourd'hui
42:11les lycéens
42:11les étudiants
42:12il y a aussi ça
42:14on leur fait croire
42:15on leur fait prendre
42:16des visites
42:16on leur fait croire
42:17qu'en allant dans cette filière
42:18en faisant ce qu'ils ont envie de faire
42:19ils trouveront un job
42:20non
42:20moi je peux vous dire
42:21qu'ils n'en trouveront pas
42:22dans certains domaines
42:23il faut arrêter
42:23il faut arrêter de faire croire aux gens
42:25parce que ça
42:25ça crée de la désespérance
42:26partout
42:28donc je pense que
42:30l'urgence
42:31si on prend un des points
42:33c'est enfin
42:34de faire collaborer
42:35le monde de l'entreprise
42:36et le monde de l'enseignement
42:37la France
42:38elle est contrairement
42:38à plein d'autres pays
42:39vous connaissez certainement
42:40l'Allemagne
42:41le Japon
42:42le Portugal
42:42depuis sa réforme d'ailleurs
42:43elle a
42:44ils ont arrêté de séparer en trois
42:46le monde de l'enseignement
42:47vous savez en France
42:48il y a l'enseignement scolaire
42:49l'enseignement supérieur professionnel
42:51l'enseignement de formation continue
42:52mais c'est la même chose en fait
42:54donc je pense que c'est très important
42:55certains le font déjà
42:57d'ailleurs j'observe
42:57que les entreprises
42:58les plus grosses
42:59parce qu'elles ont les moyens de le faire
42:59qui ont bien compris
43:01qu'avec la démographie
43:01ils auront moins de candidats
43:02il s'agit de trouver
43:03un lien avec les gens
43:05le plus tôt possible
43:05donc ils ouvrent
43:06leur catalogue de formation
43:07à qui veut
43:08c'est très malin
43:09c'est très malin
43:10parce que c'est une manière
43:11de capter les gens
43:12et puis l'apprentissage de l'alternance
43:14je parle sous votre contrôle
43:15je ne comprends même pas
43:17je comprends que ça te coûtait 12 milliards
43:19enfin où on en est
43:20ça se voit pas
43:23de casser
43:24ou de prendre le risque
43:25de casser ça
43:26mais vous me dites
43:27prendre le risque
43:27mais en même temps
43:28vous dites
43:28il ne faut pas arroser le sable
43:29en disant
43:29pas toutes les filières
43:30pas toutes les boîtes
43:31c'est maintenir un haut niveau
43:32d'investissement
43:33entreprise
43:33alternance
43:34apprentissage
43:35et se concentrer
43:36surfinancer presque
43:37les filières
43:38qui mènent à quelque chose
43:39mais ça demande
43:41et là je me tourne vers Flan
43:42du courage
43:43mais surtout
43:44des priorités
43:45ça demande de dire
43:45il faut une priorité
43:47je vois sur le nucléaire
43:48sur l'armement
43:48et ça on n'arrive pas
43:49à le faire Flan
43:50on n'arrive pas à dire
43:51quels sont les
43:52à planifier
43:53et avoir une vision
43:54long terme
43:55sur où va la France
43:56dans les 15
43:5720 prochaines années
43:57parce qu'on est en train
43:58de gérer une urgence
43:59qui est l'urgence de la dette
44:00et puis les marchés de ce côté-là
44:01n'aident pas du tout
44:01pour revenir sur ce qu'on disait
44:02au tout début
44:03je vous crée une urgence
44:04du financement
44:05vous devez trouver
44:06une loi de finance
44:06très rapidement
44:07vous allez devoir la voter
44:08très prochainement
44:08vite dépêchez-vous
44:09de trouver les 50 milliards
44:10d'économies
44:11sans quoi les taux
44:12vont continuer à progresser
44:13et vous serez vraiment
44:14dans une impasse
44:15ça, ça n'aide pas
44:17à penser plan
44:18à penser planification
44:19l'autre problème
44:20c'est que probablement
44:21que la vraie variable
44:22d'ajustement
44:23pour la dette
44:24elle doit se décider
44:25quelque part
44:26entre la jeune génération
44:27et l'ancienne génération
44:28c'est-à-dire
44:28entre la retraite
44:30et l'éducation
44:31aujourd'hui vous avez en France
44:3220%, 24% de mémoire
44:34de la population
44:36qui a moins de 20 ans
44:36mais vous avez également
44:3724% de gens
44:39qui ont plus de 65 ans
44:40vous avez vraiment
44:41deux groupes polarisés
44:42avec deux pentes différentes
44:44avec deux pentes différentes
44:45mais qui vote déjà
44:47parmi ces deux populations
44:48très clairement
44:49plutôt la dernière population
44:51et qui va prendre
44:52la décision justement
44:53de ce futur
44:54c'est plutôt les intérêts
44:55de ce dernier groupe-là
44:56donc on a vraiment
44:57une polarisation aujourd'hui
44:58entre l'avenir
44:59et le passé
45:00quelque part
45:00et il faut prendre soin
45:01du passé
45:02mais il faut également
45:02construire l'avenir
45:03et avoir un mécanisme
45:05d'enseignement
45:06avec un point qui est important
45:07qui crée
45:08un appariement
45:10positif dans l'économie
45:11l'appariement
45:12c'est le fait que
45:12les gens qu'on forme
45:13correspondent aux besoins
45:14dont on a besoin
45:15dans l'économie
45:17on en parle en France
45:18depuis 30 ans
45:18je pense globalement
45:19marketing digital
45:20si vous êtes une mère
45:21ne conseillez pas
45:22ces filières
45:22on a sanctifié
45:23les grandes écoles
45:24on a voulu
45:26donner l'image
45:27qu'avoir du succès
45:28aujourd'hui dans ces études
45:29c'est faire une classe préparatoire
45:31et ensuite intégrer
45:32des grandes écoles
45:33ce qui est formidable
45:33c'est un modèle
45:34qui aspire vers le haut
45:35ceux qui veulent faire
45:36des études longues
45:37mais par contre
45:37le nombre d'entre eux
45:38doit être relativement limité
45:40parce qu'on a besoin
45:41de plein d'autres métiers
45:42pour lesquels
45:44on ne forme pas
45:44d'étudiants
45:45dans ce domaine-là
45:46alors prenez
45:46le modèle allemand
45:47prenez le modèle suisse
45:49prenez le modèle autrichien
45:50c'est très très différent
45:52vous n'avez qu'un tiers
45:52de bacheliers au maximum
45:54un tiers de bacheliers
45:55et deux tiers de gens
45:56qui vont faire
45:56de la formation professionnelle
45:58on a aussi un problème
45:59en France
45:59c'est la valorisation
46:00du travail manuel
46:01parce que vous parlez
46:02en fait de ça
46:03j'ai un exemple
46:05d'une filière
46:06vous prenez la couverture
46:07il y a de très bonnes
46:08écoles de couverture
46:09notamment les compagnons
46:09du Tour de France
46:10etc
46:10quand ils ouvrent
46:11une session d'apprentissage
46:13parce que c'est de l'apprentissage
46:14ils ont à peine 12 élèves
46:15alors qu'ils pourraient
46:16en recevoir 30
46:17donc quand vous voyez ça
46:18vous vous dites
46:19qu'est-ce qu'on fait
46:21alors que découvreurs
46:22c'est un métier
46:22qui est très bien
46:23en plus c'est des gens
46:23qui gagnent bien leur vie
46:24là on ne parle même pas
46:25de niveau de vie
46:26parce que je ne vous parle même pas
46:26des gens qui font de l'aide à domicile
46:28qui là pour le coup
46:28ont un niveau de vie
46:29qui est très bas
46:30du coup
46:31on a un vrai problème
46:32de valorisation
46:32de nos métiers manuels
46:34et je pense que l'IA aussi
46:35elle va nous aider
46:35elle va mettre tellement de gens
46:36dans la difficulté
46:37ceux qui sont assis derrière les bureaux
46:38la fameuse bureaucratisation
46:39je pense qu'il y a tellement de gens
46:40qui vont se retrouver sur le carreau
46:41on va peut-être remonter un peu
46:43l'idée qu'on a des fonds manuels
46:44par la rémunération
46:45par la rémunération
46:46mais là je prêche
46:47quand vous avez des enfants
46:49vous vous dites
46:49bon s'ils pouvaient être médecins
46:51ou je ne sais pas
46:51ou ingénieurs
46:52c'est le premier truc
46:53que vous projetez quoi
46:54vous ne vous dites pas
46:55tiens
46:55j'ai eu 4 enfants
46:57et j'en ai une
46:59qui est ingénieure nucléaire
47:00parce que c'était dans sa tête
47:01elle était capable de le faire
47:03et j'en ai 2
47:03qui sont 1
47:04les 2 dans le BTP
47:05et franchement je vous assure
47:06ils ne gagnent pas mieux
47:07que leur vie que moi
47:08mais ils se débrouillent plutôt bien
47:09ils sont autonomes
47:10enfin voilà
47:11c'est une belle vie aussi
47:12j'en doute pas dans les faits
47:13mais vous avez tout un sujet
47:13sociétal et culturel
47:15à faire évoluer
47:15on a un problème
47:16avec les métiers manuels
47:17alors qu'en fait
47:17c'est des métiers qui sont
47:18on parlait de respect
47:19de reconnaissance
47:20vous avez du respect
47:21de la reconnaissance
47:22ceux qui font de l'aide
47:23à domicile
47:24ils ont la reconnaissance
47:25tous les jours
47:25des gens qu'ils viennent aider
47:26tous les jours
47:27ils ont de la reconnaissance
47:28et pourtant en termes de salaire
47:29ils sont à peine au SMIC
47:30et c'est là où l'IA
47:31va peut-être nous aider
47:33à remettre un peu
47:33les bonnes personnes
47:34aux bons endroits
47:35il y a 40 ans
47:36celui qui était en échec
47:37en troisième
47:37on disait
47:38il va en apprentissage
47:39la France
47:40elle a développé
47:40une espèce de sentiment
47:41que l'apprentissage
47:42est la voie de l'échec
47:42quand l'Allemagne
47:43faisait systématiquement
47:44le contraire
47:44en Allemagne
47:45l'apprentissage
47:45est super développé
47:46etc
47:47il y a une autre raison
47:48qui à mon avis
47:49qui va ajouter
47:51à la nécessité
47:51de trouver des priorités
47:52stratégiques
47:52c'est la démographie
47:5435% des ouvriers
47:55de l'industrie
47:55partent à la retraite
47:56d'ici 2040
47:58moi je veux bien
47:59qu'on foute des usines
47:59partout
48:00mais s'il n'y a personne
48:00à mettre dedans
48:00ça va être compliqué
48:01donc les priorités
48:02elles vont venir aussi
48:03de la pénurie
48:05qui est grave
48:06vous avez la pénurie organisée
48:08le nucléaire
48:09on n'a rien fait
48:09pendant 10 ans
48:10les écoles ont fermé
48:11il n'y a plus de filière
48:12bon c'est en train
48:12de se reconstituer
48:13grâce notamment à EDF
48:15mais de l'autre côté
48:15il y a une réalité
48:17très forte
48:18sur une démographie
48:19avec des métiers entiers
48:20qui disparaissent
48:20du fait du nombre
48:21il va bien falloir
48:22remplacer les gens
48:23et ce n'est pas l'IA
48:24qui va remplacer tout le monde
48:25et après le dernier point
48:26sur l'IA
48:26moi je pensais
48:27que l'IA
48:27c'est la revanche
48:28des cols bleus
48:29c'est-à-dire qu'avant
48:30que ce soit l'IA
48:30qui répare votre lavabo
48:31il y a un tout petit peu
48:32de chemin quand même
48:32avant que ce soit
48:33des robots
48:34qui travaillent
48:35je ne sais pas si vous avez
48:36vu la petite vidéo
48:36du robot qui plie une chemise
48:38même moi j'arrive
48:39à mieux la plier
48:41juste vous parler
48:42de réindustrialisation
48:43justement
48:43Florent et Elpeau
48:44dans le programme
48:45du Rassemblement National
48:46il y a cette idée
48:46il faut réindustrialiser
48:47oui mais il faut
48:49moins d'immigrés
48:49donc qui travaille
48:51dans les usines
48:51il y a toujours
48:52une sorte de déni démographique
48:54duquel on n'arrive
48:55pas à sortir
48:55ce qu'on décrit
48:57est incompatible
48:58soit vous allez faire venir
48:59je vais vous parler
49:00d'un exemple
49:01d'où je viens
49:02qui est l'économie suisse
49:04qui a le problème
49:04exactement inverse
49:05on ne forme pas
49:07assez de cols blancs
49:08il y a un déni démographique
49:09c'est-à-dire qu'on n'en forme
49:10pas assez
49:11et il n'y a pas spécialement
49:12d'intérêt
49:13parmi la population
49:14à en former davantage
49:15du coup
49:16on a une politique
49:17d'immigration sélective
49:19pour faire venir
49:20juste pour importer
49:21des cols blancs
49:21de nos voisins européens
49:23c'est exactement
49:24le même problème
49:25que vous venez de décrire
49:26simplement
49:26sans former de jugement
49:27c'est simplement
49:28on a des catégories
49:30d'emploi
49:30vous définissez
49:31combien de gens
49:32vous avez besoin
49:32pour tel métier précisément
49:34exactement
49:34vous allez avoir
49:35et vous avez
49:36des quotas
49:37pour s'appliquer
49:38par pays
49:39mais sans former
49:41le jugement
49:41le fait qu'on pense
49:42col bleu et col blanc
49:43c'est quelque part
49:43implicitement
49:44qu'on est en train
49:44de faire un jeu
49:45de monde de valeur
49:45mais pas du tout
49:46vous devez piloter
49:47vos besoins d'appariement
49:48vous avez des besoins
49:49de dentiste
49:50vous avez des besoins
49:51d'ouvriers
49:51vous avez des besoins
49:52de couvreurs
49:53et vous devez piloter
49:54ces besoins-là
49:55c'est une véritable
49:57politique économique
49:58et si j'ose
49:59là où il y a
49:59un peu aidé là-dedans
50:01l'Australie a connu
50:02un boom
50:04des matières premières
50:05le secteur des matières premières
50:06est devenu très très productif
50:08avec une très forte productivité
50:09ça a commencé
50:10à attirer plein de travailleurs
50:11qui se sont dit
50:12je ne vais pas devenir coiffeur
50:13mais par contre
50:14je vais aller travailler
50:15dans ce secteur-là
50:15et du coup
50:16pour garder des coiffeurs
50:17il a fallu faire monter
50:18les salaires des coiffeurs
50:18et la même chose
50:19sur les plombiers
50:20la même chose
50:21sur l'intégralité
50:22des autres métiers
50:23donc il faut penser
50:23que s'il y a un boom de l'IA
50:25si les salaires se mettent
50:26à progresser
50:26ou aussi dans certains secteurs
50:28attirant de la population
50:29on peut avoir un effet d'appel
50:30qui fait monter les salaires
50:31globalement
50:31dans d'autres secteurs
50:33ça s'appelle
50:33vous dites ça
50:34à la restauration
50:35et Karine a un restaurant
50:36est-ce que vous pouvez
50:37faire monter les salaires
50:38pour augmenter ?
50:39bah non
50:40aujourd'hui vous ne pouvez pas
50:42parce qu'on se cogne
50:43quand même au plafond de verre
50:44qui est le pouvoir d'achat
50:45des gens dans les restaurants
50:46enfin là c'est les restaurants
50:47on a un plafond de verre
50:48parce qu'à un moment
50:48ou alors il faut baisser le nombre
50:49de restaurants
50:50oui on peut aussi faire ça
50:52si vous avez une méthode
50:52je veux bien
50:53c'est pas une bonne idée
50:54mais c'est ce qu'on appelle
50:56la Dutch disease
50:56donc la maladie hollandaise
50:57ce que je suis en train de décrire
50:58mais ça vit avec un autre symptôme
51:00c'est qu'on vit dans une économie
51:01qui a plus d'inflation aussi
51:01c'est-à-dire que les prix aussi
51:03sont révisés à la hausse
51:04justement
51:04pour permettre de générer
51:06davantage du chiffre d'affaires
51:07pour payer ses salariés
51:08et ça crée une autre
51:09une autre dynamique économique globale
51:11et ça c'est un scénario
51:12qui n'est pas à écarter
51:13pour les dix prochaines années
51:14très clairement
51:15non pas que la productivité
51:16génère de l'inflation
51:17c'est pas du tout
51:18ce que je suis en train de dire
51:18mais la productivité
51:19peut desserrer certaines contraintes
51:21faire progresser des salaires
51:22et les prix en parallèle
51:23et ça c'est un modèle
51:25assez enviable
51:26dont on a déjà fait l'expérience
51:28je voudrais qu'on garde
51:294 minutes
51:29parce qu'il nous reste 4 minutes
51:30pour parler de Pascal Lamy
51:31l'ancien directeur général
51:32de l'OMC
51:33qui a donné une interview hier
51:34dans Le Monde
51:35interview assez étonnante
51:36où il dit
51:37qu'il regrette
51:38face à la Chine
51:39de ne pas avoir été assez sévère
51:41en gros
51:41et ne pas avoir mis trop de barils
51:42il ne regrette pas
51:43d'avoir fait rentrer la Chine
51:43dans l'OMC
51:44c'est pas ça
51:45mais quand même
51:45il dit qu'on n'a pas vu
51:47à quel point la Chine
51:48allait se développer fortement
51:49ces dernières années
51:50vous avez reçu ça comment
51:51Florian Lippaud ?
51:52ça me fait penser
51:52à une autre vieille théorie économique
51:55du 19ème siècle
51:56qui dit simplement
51:57qu'en gros
51:57on a intérêt à commercer ensemble
51:59si on est très différent
52:00donc la Chine à l'époque
52:01avait beaucoup de travailleurs
52:02et pas beaucoup de capital
52:03et puis le reste du monde
52:04notre monde à nous
52:04il avait beaucoup de capital
52:05et moins de travailleurs
52:06donc normalement
52:07ce qui était sympa
52:08c'est que ça a fait baisser
52:09le coût de notre capital
52:10ça a fait monter
52:11le coût du travail en Chine
52:12et tout le monde était très très content
52:14simplement aujourd'hui
52:15on est revenu sur un pied d'égalité
52:17donc la danse
52:18c'est plus du tout la même
52:18on n'est plus du tout dissemblant
52:20on est très similaire
52:21et quand on est très similaire
52:22il faut changer
52:23de politique commerciale
52:24alors on le fait du côté
52:25des Etats-Unis
52:26c'est décrié
52:27et ça tombe maintenant
52:28de notre côté
52:28parce que vous voyez
52:29les flux sont détournés
52:30les flux chinois
52:31sont détournés
52:32des Etats-Unis vers l'Europe
52:33donc il faut que l'Europe réagisse
52:35et comprenne
52:36qu'on n'est plus dissemblant
52:37on est similaire
52:38si on est similaire
52:39alors on est compétiteur
52:40et être compétiteur
52:41ça n'a plus rien à voir
52:42à être collaborateur
52:43mais ils reconnaissent
52:43qu'on les a sous-estimés
52:44quand même un peu
52:45ils sont allés très vite
52:46voire mal jugés
52:47eux ils avaient un plan
52:48mais ils ont aussi
52:48plus de 300% de dettes sur le PIB
52:50donc simplement
52:51leur dette est contenue
52:52à l'intérieur du pays
52:52il n'en sort pas
52:53c'est une autre dynamique
52:54mais ils ont déployé un plan
52:56et ce plan-là
52:57leur a permis d'atteindre
52:58ces objectifs-là
52:59l'enjeu c'est
52:59peut-être qu'après
53:00les présidentielles
53:00c'est de penser plan justement
53:02et de penser politique industrielle
53:03pour aider
53:04pour accompagner les entreprises
53:05Karine
53:07Cette déclaration
53:08est effectivement
53:10très intéressante
53:10parce que
53:11qu'est-ce qu'on en fait derrière
53:12on fait du protectionnisme
53:13si on fait du protectionnisme
53:14alors on va protéger
53:15la vente de produits finis
53:16comme nos voitures
53:17certes
53:17mais on ne va pas protéger
53:18tous les intrants
53:20qui sont dans l'industrie
53:20c'est-à-dire qu'aujourd'hui
53:21la plupart des industries françaises
53:23sont dépendantes de la Chine
53:24même si vous pensez
53:25que vous achetez du matériel
53:25en Allemagne
53:26il est fort probable
53:26que le matériel de l'Allemagne
53:27ait une partie
53:28ne serait-ce que les terres rares
53:29déjà 80% des terres rares
53:31viennent de l'Asie
53:31donc déjà
53:32donc il y a un vrai sujet économique
53:33alors là c'est plus votre boulot
53:34que le mien
53:34parce que moi
53:35en tant qu'entrepreneur
53:36la seule chose que je vais voir
53:37c'est le pourcentage augmenté
53:38si on fait du protectionnisme
53:39ça va forcément coûter plus cher
53:40en France
53:41est-ce que derrière
53:42parce qu'il y a un problème
53:42de temporalité là-dedans
53:43la temporalité
53:44c'est le protectionnisme aujourd'hui
53:45mais comment est-ce que demain
53:46on redéveloppe plus
53:47d'industrie en France
53:49pour être beaucoup plus compétitif
53:50alors les deux
53:51c'est-à-dire
53:51on parle d'augmenter le salaire
53:53on parle de diminuer
53:54les heures de travail
53:55et en même temps
53:55il faut être plus productif
53:56pour faire moins cher
53:58et de concurrence à la Chine
53:59moi je ne suis pas économiste
54:00alors là il y a un sujet
54:01qui a l'air d'être bien compliqué
54:02on va peut-être donner ça à une IA
54:03on va peut-être nous trouver
54:04une solution
54:04non mais là elle va vous dire
54:05ça ne fonctionne pas
54:06ça s'appelle la quadrature du cercle
54:08elle va dire arrêtez
54:09sortez de la France
54:09faites autre chose
54:11non mais c'est vrai
54:11non mais en tant qu'entrepreneur
54:13nous la seule chose
54:14qu'on peut faire
54:14c'est subir
54:15on n'a pas d'autre solution
54:15que subir
54:16un peu de protectionnisme
54:17je pense que ça ne ferait pas de mal
54:18mais il faut voir
54:19où est-ce que ça se place
54:19et là comme on disait tout à l'heure
54:21comme l'éducation nationale
54:22il faut que ce soit précis
54:22dans des endroits
54:23qui soient clairement identifiés
54:25pour que ça nous protège
54:26parce qu'aujourd'hui
54:27on a encore quelques belles
54:28quelques beaux produits
54:30qui ne sont pas attaquables
54:31mais on ne va pas tarder
54:31à être attaquables
54:32on prend par exemple
54:32l'industrie du champagne
54:34parce que j'ai des amis
54:35qui sont champenoises
54:36je pense que si demain
54:37la Chine se met à inonder
54:38la France de champagne
54:39à la moitié du prix
54:40c'est fini
54:41donc il faut vraiment
54:41qu'on soit précis
54:42dans nos acquis à nous
54:44qu'on fasse gaffe
54:45à nos acquis
54:45alors là si on se fait attaquer
54:47par le champagne
54:48c'est que vraiment
54:50c'est la fin
54:53dites pas ça
54:54je fais les vendances
54:55chaque année
54:55je pourrais plus y aller
54:56ce serait dommage
54:57merci beaucoup
54:58à tous les trois
54:58d'être venus ce matin
54:59dans Les Experts
54:59dans l'instant
55:00on parle immobilier
55:00avec Marie Cœur d'Horroy
55:01les experts de Limon
55:02on se retrouve demain
55:03bonne journée