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Ce mercredi 24 juin, Raphaël Legendre a reçu Clémentine Gallès, cheffe économiste et stratégiste chez Société Générale Private Banking, Mathieu Plane, directeur adjoint du département Analyse et prévision de l'OFCE, et Gilles Raveaud, maître de conférences à l'Institut d'Études Européennes de l'Université Paris 8 Saint-Denis, dans l'émission Les Experts sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:05BFM Business et la Tribune présente
00:08Les Experts
00:10Raphaël Legendre
00:11Bonjour à tous, il est 9h30, vous êtes en direct sur BFM Business et les Experts.
00:15On est ensemble pour une heure de débat et de controverse sur les sujets d'actualité du jour
00:20avec une thématique globale ce matin, une question globale.
00:25L'État est-il devenu complètement impuissant ?
00:29Face à la canicule, les ministres se réunissent aujourd'hui.
00:33Les syndicats sont convoqués au ministère du Travail, les cellules de crise s'activent
00:37et pourtant la France dispose déjà de lois, de stratégies, de plans, de trajectoires
00:43et même d'un haut conseil pour suivre le climat.
00:46Nous avons les acronymes, mais toujours pas les écoles climatisées,
00:51des transports ou des entreprises adaptées à la chaleur.
00:55Même déni sur les retraites, l'Allemagne prépare une réforme globale
00:59travaillait plus longtemps, épargnait davantage, introduire une capitalisation obligatoire.
01:05Et pendant ce temps-là, la France, elle, suspend ses réformes
01:08et regarde le mur démographique se rapprocher.
01:11Sur l'énergie, tous les candidats promettent des prix plus bas.
01:15C'était un colloque hier à l'UFE avec 9 candidats ou représentants de candidats.
01:20Sortie du marché européen, baisse des taxes, fin des subventions, très bien.
01:24Mais qui financera tout ça ? Qui financera le nucléaire, les réseaux et la transition ?
01:31Pour l'instant, personne n'a la réponse.
01:34Et puis enfin, le logement.
01:36Le gouvernement présente aujourd'hui un projet de loi en Conseil des ministres
01:41qui promet quatre chocs pour relancer un secteur en panne.
01:45Oui, un nouvel projet de loi présenté ce matin.
01:49Mais après des années de normes et de changements de règles,
01:52est-ce qu'on va véritablement avoir un électrochoc ?
01:54Ou finalement, un plan de plus ?
01:57Ce sera le dernier débat aujourd'hui des experts.
01:59Voilà, pour un programme chargé, il est 9h passé de 32 minutes.
02:03Vous êtes en direct sur BFM Business et vous y êtes bien.
02:05Allez, c'est parti.
02:09Et pour parler de cet état empêché,
02:12j'ai le plaisir d'accueillir sur le plateau Clémentine Galès.
02:15Bonjour Clémentine.
02:16Bonjour Raphaël.
02:17Chef économiste et stratégiste chez Société Générale Private Banking.
02:21À vos côtés, Mathieu Plannes.
02:22Bonjour Mathieu.
02:23Bonjour.
02:23Directeur adjoint du département analyse et prévision de l'OFCE.
02:27Et Gilles Raveau, bonjour Gilles.
02:28Bonjour Raphaël.
02:29Maître de conférence à l'Institut d'études européennes de Paris 8 Saint-Denis
02:34est auteur d'un ouvrage qui est sorti ou qui vient de paraître.
02:38Exactement.
02:39Rappelez-nous son titre.
02:39Petit traité d'économie impertinente aux éditions First.
02:44De quoi vous allez nous parler dans ce livre ?
02:46En fait, c'est vraiment un manuel d'économie citoyenne.
02:49Et je reviens aux deux fondamentaux, le commerce et les gains de productivité.
02:55C'est ça qui explique la croissance depuis la révolution industrielle.
02:59Et donc je raconte comment le monde s'est enrichi.
03:02Et avec, j'ai toute une partie sur l'Union européenne.
03:06Et je montre comment l'Union européenne a fait des gagnants et a fait des perdants.
03:12Et j'explique notamment qu'à mon sens, le grand perdant de la construction européenne,
03:17c'est la France.
03:18Ah !
03:19Pour des raisons assez simples, puisqu'on est en concurrence avec des gens qui sont moins chers que nous
03:24et qui maintenant sont aussi productifs, voire qui innovent plus.
03:27Et donc en fait, moi je suis une partie d'une famille, tous les sens du terme, socialiste.
03:32On sait que la construction européenne est un projet du parti socialiste français, François
03:37Mitterrand, Jacques Delors.
03:39Et on nous a vendus, on se rappelle, quand on était jeunes, l'Europe sociale, l'Europe politique.
03:43Et en fait, je me dis...
03:44Avec un local qui n'était pas tout à fait socialiste, en face de François Mitterrand.
03:48Tout à fait.
03:49Et non, mais je parle vraiment de notre pays.
03:51Et je me dis, comment en fait, et c'est un des problèmes de la prétention française,
03:56comment on a fait pour ne pas voir qu'on allait se faire défoncer par nos concurrents successifs ?
04:01Et c'est ce qui s'est passé.
04:02Et l'exemple typique, c'est l'Irlande.
04:04L'Irlande, qui lorsqu'elle rentre dans la communauté économique européenne,
04:07un PIB par habitant très inférieur au nôtre, et qui aujourd'hui, alors on sait,
04:10on a du mal à connaître exactement le vrai PIB par habitant irlandais,
04:13du fait de la très légère optimisation fiscale de ce pays.
04:16Mais en tout cas, toujours est-il que le PIB par habitant de l'Irlande,
04:19aujourd'hui, est très supérieur au nôtre.
04:21Autre exemple que je donne, la Pologne, 5% de croissance par an.
04:24La Pologne, moins chère que nous, plus productive,
04:27qui reçoit, qui est bénéficiaire nette des aides du budget européen.
04:31Nous, on est contributeurs nets.
04:33Et clairement, l'Union européenne aide, en fait, la Pologne à créer des emplois
04:38qui, pour certains d'entre eux, pourraient être en France,
04:41s'il n'y avait pas ces aides et s'il n'y avait pas cette concurrence.
04:43Ce n'est pas ce qui s'appelle un projet de prospérité commun, tous ensemble ?
04:47Est-ce que c'est la faute de l'Europe ou est-ce que c'est la faute de la
04:49France ?
04:50Ça va nous amener au premier débat, parce que l'Allemagne,
04:52pardon, mais première puissance économique européenne,
04:55n'a pas vraiment été affaiblie du fait de l'UE, bien au contraire.
04:59Alors, c'est un autre...
05:00On a plutôt tiré profit.
05:01Donc, est-ce que c'est la faute de l'Europe ou est-ce que c'est la France qui
05:03a été nulle ?
05:03Alors, justement, je fais un petit chapitre pour expliquer.
05:07Ça, c'est un mécanisme un petit peu subtil et après, j'arrête.
05:09C'est qu'avant, il y avait des monnaies nationales qu'on a détruites pour créer une monnaie unique.
05:17Et qui nous protègent de toute dévaluation, ce qui fait qu'on peut dépenser,
05:20avoir des déficits et des dettes qui montent jusqu'au ciel.
05:22J'explique ça.
05:23Merci l'Europe.
05:23J'ai un sous-titre qui s'appelle « La France bien au chaud dans l'euro ».
05:27Donc, tout à fait.
05:28Mais pour revenir au point précédent, avant l'euro, quand l'Allemagne avait des excédents commerciaux,
05:33le Deutsche Mark s'appréciait et le franc français se dépréciait.
05:36Ce qui améliorait la compétitivité des produits français en Allemagne
05:40et ce qui dégradait la compétitivité des produits allemands en France.
05:43Or, avec la monnaie unique, ce mécanisme a été supprimé.
05:47Donc, en fait, la monnaie unique, structurellement, bénéficie au pays exportateur net.
05:52Il y a une forme de dumping monétaire.
05:54Et donc, c'est une des raisons du succès allemand.
05:57On en bénéficie pour nos importations et pour le pétrole, l'énergie, peut-être.
06:00Non, mais là, je parle au sein du dumping monétaire entre pays européens.
06:03Une réaction ?
06:03Membre de la zone euro.
06:04J'ai pas lu, pardon.
06:06Clémentine Gallès.
06:07Oui, juste une réaction de dire que, pour ramener le sujet peut-être sur aujourd'hui spécifiquement,
06:12par contre, l'Europe est la bonne dimension pour faire face à des concurrents
06:18qui sont plutôt hors Europe aujourd'hui, notamment la Chine,
06:21et qui déstabilisent, y compris le modèle chinois en ce moment.
06:25Non, oui, enfin, j'ai pas lu le livre, mais...
06:27Il est sorti ou pas, le livre ?
06:29Est-ce qu'on peut pouvoir l'acheter ?
06:30Bon, on peut pouvoir l'acheter en librairie.
06:31Non, non, enfin, je trouve que c'est une question intéressante.
06:33C'est vrai que la position de la France au sein de l'Europe, elle est assez singulière, en fait.
06:37Elle n'est ni le nord ni le sud dans sa réalité.
06:40Un trait d'union ?
06:40Un espèce de trait d'union.
06:43Bon, elle est quand même extrêmement bien placée au sein de l'Europe.
06:45On voit notamment dans les relations commerciales.
06:49Mais c'est vrai qu'il y a eu cet effet de concurrence plutôt des pays d'Europe du Sud.
06:53Alors, l'Italie a quand même aussi eu des difficultés sur la question européenne.
06:57Enfin, c'est quand même le déclassement italien.
06:58Il est quand même très, très marqué à partir du moment où il y a la création de l'union
07:02monétaire.
07:03Mais l'Allemagne en a tiré quand même largement profit pendant des années,
07:06ce qui est beaucoup moins le cas maintenant, en réalité,
07:08parce qu'il y a quand même eu des revalorisations salariales.
07:10On voit que l'Allemagne aujourd'hui est aussi à la peine parce qu'elle a des stratégies économiques
07:14qui ont été assez profitables à un moment donné, mais qui ne le sont plus.
07:18On va y venir sur les retraites.
07:20Et puis après, la question de la transformation de l'Europe dans un monde qui change.
07:22C'est toujours la difficulté de sa réactivité.
07:25C'est une puissance à la fois qui nous protège, mais en même temps une faiblesse.
07:28C'est-à-dire qu'elle a du mal à bouger.
07:31Ma question, c'était est-ce que c'est l'Europe qui nous a fait du mal
07:33ou est-ce que c'est la France qui est nulle pour gérer ses propres affaires ?
07:36Ça va être un peu le thème aujourd'hui de toute l'émission.
07:39On va y aller franco parce que franchement, entre les canicules, entre les retraites,
07:43quand on voit le déni français, c'était le sujet de mon édito ce matin,
07:47moi, ça me chauffe un tout petit peu et ce n'est pas dû qu'à la température extérieure.
07:51On va commencer, Gilles Raveau, par ces réunions à Matignon.
07:55Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail aujourd'hui,
07:57qui va convoquer les syndicats pour dire
07:59« Ah mon Dieu, il fait chaud, qu'est-ce qu'on peut faire dans les entreprises ? »
08:03On n'a pas manqué de texte, je veux dire, sur le changement climatique.
08:07On n'a pas manqué de vision.
08:09Jacques Chirac, notre maison brûle et nous regardons ailleurs.
08:12C'était en 2002 au sommet de la terre de Rio, il y a près d'un quart de siècle.
08:18Depuis, on a eu plusieurs lois de transition énergétique,
08:21on a une stratégie nationale bas carbone,
08:23on a un plan national d'adaptation au changement climatique,
08:27le PNAC, qui vous délivre une trajectoire de réchauffement,
08:32deux références pour l'adaptation au changement climatique,
08:35avec de beaux tableurs Excel.
08:37On a rempli tant d'objectifs, on est content.
08:40On a un haut conseil pour le climat, bien sûr.
08:42On a même un site internet, réchauffementclimatique.gouv.fr.
08:47On a tout l'attirail d'une réponse technocratique à une crise climatique.
08:54Et le résultat, c'est que 2000 écoles sont fermées aujourd'hui
08:56parce que nos gamins n'ont pas de climatisation.
09:00Quelle conclusion on peut tirer de tout ça, Gilles Ravaud ?
09:02On a un pays qui a du mal avec les êtres humains.
09:06Et donc là, aujourd'hui, effectivement, je suis venu notamment
09:08parce qu'il fait frais ici. Il fait presque un peu trop frais, d'ailleurs, à mon goût.
09:12Et alors qu'on a tous vu les reportages sur ces chambres d'hôpital à 32 g.
09:16Ce qui est vrai pour nos jeunes et est également vrai pour nos seniors, pour nos malades.
09:19Les populations les plus fragiles ne sont pas protégées dans ce pays.
09:23Mais on ne l'a jamais fait. Regardez les transports en commun.
09:25Vous allez dans les pays du nord de l'Europe.
09:27Les bus à plancher bas, ça a juste toujours existé.
09:30Nous, quand on crée un bus à plancher bas, on a une campagne de communication.
09:34C'est dingue ! Tout le monde va pouvoir monter dans le bus.
09:37La France, c'est toujours construit sur la norme, sur la personne qui va bien.
09:43C'est pareil, je suis prof. Le mépris, on a vu les étudiants qui faisaient la queue pour se nourrir.
09:49Et qui passent des examens en ce moment dans des amphithéâtres, surchauffés, eux aussi.
09:53Moi, mon université, une passoire thermique.
09:56Je vais vous dire juste cet exemple qui est totalement anecdotique, mais quand même.
09:58On a des radiateurs dans les couloirs.
10:00N'importe qui peut les tourner à fond.
10:02L'hiver, il suffit que n'importe qui passe dans le couloir, le radiateur va être à fond tout le
10:07week-end.
10:07C'est de l'argent public, c'est de la pollution.
10:10Ça n'intéresse personne.
10:12Ça fait 20 ans que je suis dans mon université.
10:13Je pense que dans 20 ans, ça sera toujours pareil.
10:16Autre chose qu'il faut quand même rappeler, c'est que l'Europe, en tant que continent,
10:21est la partie du globe qui se réchauffe le plus vite.
10:24Juste un chiffre, une ville comme Montpellier, entre 1980 et aujourd'hui, en 45 ans,
10:30la température moyenne relevée au cours de l'année, c'est plus 3 degrés.
10:34Paris, sur la même période, c'est plus 2,5 degrés.
10:37Et là aussi, je pense que, c'est facile de critiquer les autres,
10:40mais dans la communication, je pense qu'on parle beaucoup trop du réchauffement mondial,
10:43le 1,5, etc.
10:45Il faut qu'on sache que la France, en moyenne, s'est déjà réchauffée de plus de 2 degrés.
10:49Et donc, évidemment que les conséquences sont déjà là.
10:51Et on a tous les instruments de mesure, effectivement, et on ne fait rien.
10:54On a beaucoup fait pour lutter contre le réchauffement climatique,
10:57très peu pour s'adapter.
10:59Qu'est-ce qui explique, Clémence Gallès, ce déficit d'action ?
11:04Alors, ce qui explique cet excès peut-être de la norme, comme vous dites,
11:09par rapport à vraiment un plan d'action efficace,
11:12c'est que ça a un coût et qu'il y a toujours un arbitrage entre le coût.
11:17Et donc, c'est plutôt le reflet de la difficulté de l'action publique
11:20face à ces chocs qui peuvent être...
11:22Dans le pays le plus dépensier au monde, je le rappelle.
11:26Voilà, mais dans une contrainte financière effective, quand même,
11:29depuis quelques années, et qui, du coup, limite la capacité d'action.
11:33Après, une façon d'agir, et puis c'est un sujet, globalement,
11:37sur le climat, c'est que l'État devrait plutôt,
11:41plutôt que de vouloir normer et cadrer,
11:43plutôt jouer sur les incitations pour que les acteurs privés,
11:47vont parler des entreprises, soient moteurs eux-mêmes de leur transformation
11:52et puissent mettre en place des stratégies d'adaptation.
11:54Mathieu, on a les chiffres qui sortent là,
11:567% des établissements scolaires seulement équipés de climatisation,
12:01un quart des foyers, quand c'est 50% en Italie, en Espagne,
12:04dans beaucoup de pays européens, 90% au Japon et aux États-Unis.
12:09C'était un peu le symbole du mal, la crise, d'ailleurs, pendant un temps.
12:12Oui, c'était le symbole du mal, je ne sais pas si c'est toujours le symbole du bien non
12:17plus,
12:18ça pose un certain nombre de problèmes, à la fois sur le financement, sur le rejet d'air,
12:21par exemple, si tout le monde est climatisé à Paris,
12:23où vous avez 3 degrés de plus dans la rue.
12:26Il y a quand même des problèmes techniques aussi à résoudre,
12:29au-delà de ça, il y a des problèmes budgétaires qui sont évidents,
12:31c'est-à-dire que c'est des énormes infrastructures,
12:33c'est à des grandes échelles.
12:36Quand c'est donc plus géré ?
12:38C'est plus géré, et après, est-ce qu'on centralise, on décentralise ?
12:41Est-ce que c'est de l'argent public ? Est-ce que c'est de l'argent privé ?
12:43Comment on organise les financements ?
12:44Donc il y a tout ça.
12:46Je crois qu'on était aussi sur un débat qui a été beaucoup,
12:48et qui doit l'être, sur l'atténuation.
12:50Pour rappeler, il y a atténuation, adaptation.
12:54L'atténuation, c'est réduire les émissions de CO2,
12:55avec nos objectifs zéro net carbone pour 2050,
13:00sur lequel il y a quand même un certain nombre d'investissements qui sont réalisés,
13:02peut-être pas assez, mais il y en a quand même beaucoup.
13:04L'adaptation, on voit que c'est un sujet qui monte,
13:08mais qui reste quand même encore assez secondaire, je trouve,
13:11dans le débat public, et on en parle, le jour où il y a des canicules.
13:15Et peut-être que dans un mois, on aura tous oublié,
13:17on sera à la plage, on n'en parlera plus.
13:19Sauf qu'entre-temps, il y aura des morts.
13:20Il y aura des morts, et on le voit, vous parliez de Chirac au sommet de la Terre,
13:25mais en 2003, juste derrière, il y a quand même la plus grande canicule
13:28de l'histoire française, où il y a 15 000 morts.
13:30Bon, on voit qu'il y a eu le discours, et après, il y a les actes.
13:32Et donc, on voit, moi, je pense que la société se transforme,
13:36les pouvoirs publics se transforment quand ils prennent conscience
13:39que, en fait, ce n'est plus des épisodes isolés,
13:41et que ce sont des choses qui sont récurrentes,
13:43et que quand chaque année, on va le vivre, on va se dire,
13:45les grandes agglomérations françaises sont plus vivables.
13:47Comment on fait pour nos étudiants ?
13:51Comment on fait pour nos enfants ?
13:52Comment on fait pour nos personnes âgées ?
13:54Comment on fait pour les transports ?
13:55Comment on fait pour les métiers qui travaillent dehors ?
13:57Comment on fait pour l'agriculture ?
13:58Enfin, vous avez énormément de sujets,
13:59mais la question, c'est que, politiquement,
14:02c'est juste porteur quand ça va mal,
14:05et que c'est des chantiers massifs et énormes,
14:08qu'on doit...
14:09C'est des investissements pour le coup.
14:11Je veux dire, il faut retrouver une notion de long terme,
14:13on est en plein dedans.
14:14C'est-à-dire que ça se construit.
14:15Mais pardon, est-ce que ça n'a pas le rôle des politiques
14:16d'avoir cette vision long terme
14:17et de devoir gérer les problèmes du pays ?
14:19En dehors des aléas politiques et de l'opinion publique.
14:22Gilles Ravaud.
14:23Parce que vraiment, ça nous touche tous,
14:24et vraiment, voilà, la question,
14:25c'est la question, on en est à se poser la question
14:27de est-ce qu'on va survivre ?
14:28Dans mon appartement, il fait 30 degrés.
14:30Je me dis, jusqu'où ça va monter les années suivantes ?
14:33Je ne peux pas l'isoler,
14:34je n'ai ni les moyens techniques, ni financiers.
14:35Bon, il y a eu des élections municipales.
14:37Je n'ai pas eu l'impression que, justement,
14:40le fait que les écoles primaires qui sont gérées
14:42par les communes soient fraîches,
14:44ça a été un sujet majeur à peu près nulle part.
14:46Alors que, depuis des années, je plaide, justement,
14:48puisqu'on a cet actif,
14:50que les écoles soient fraîches pour les élèves
14:53et aussi que ce soit des lieux de refuge.
14:55Il y a des écoles primaires partout.
14:57Si toutes nos écoles étaient fraîches,
14:59ça veut dire que les personnes qui travaillent dur,
15:01les personnes âgées, etc.,
15:02pourraient s'y refugier l'été.
15:03Et en plus, politiquement, ça montrerait aux gens
15:05où va leur impôt en disant,
15:06regardez, la puissance publique vous aide, vous protège.
15:09Bon, pareil pour les départements avec les lycées.
15:12Les régions, pardon, non,
15:14les régions avec les lycées,
15:16les départements avec les collèges.
15:17Je n'ai pas l'impression que ça soit un sujet majeur.
15:19Comment ça se fait que nous, qui avons des enfants,
15:22pourquoi est-ce que nous, les citoyens,
15:23on ne demande pas plus, lors des élections locales,
15:26sur ce genre de choses ?
15:27Ça, je n'ai pas la réponse.
15:27C'est quand même curieux.
15:28C'est le privé qui a pris la suite.
15:29Ces îlots de...
15:30Ça, c'est important, cette notion de refuge climatique
15:33qui risque de monter dans les prochaines années.
15:35Aujourd'hui, c'est le centre commercial.
15:36C'est le début des soldes.
15:37Aujourd'hui, figurez-vous, ça tombe bien.
15:39Ça va probablement profiter aux commerçants.
15:42Mais c'est le privé, aujourd'hui, on est d'accord.
15:44Oui, c'est la voiture.
15:45C'est la voiture, également,
15:47qui permet de se protéger, comme ça,
15:50de la canicule et de la chaleur,
15:51plutôt que la laisse.
15:53Mais là où, effectivement,
15:54tout le monde l'a dit,
15:55mais c'est vrai que ça rend dingue,
15:56parce qu'on ne voit que des problèmes énormes dans notre pays,
15:57c'est qu'on sait qu'effectivement,
15:58le coût économique,
15:59on a déjà des études.
16:01Il y avait un extraordinaire papier dans les échos,
16:03la semaine dernière,
16:04sur le réchauffement climatique,
16:05va-t-il nous rendre idiots ?
16:06C'est-à-dire qu'on sait
16:07que les augmentations de température,
16:08on a déjà des résultats d'études
16:10sur le développement des jeunes enfants,
16:11ça a des gros retards cognitifs.
16:13On sait que quand il fait chaud,
16:14le cerveau est en stress,
16:15on fait tous des bêtises,
16:16on devient plus violent,
16:17il y a plus de violences conjugales,
16:18il y a plus de gens
16:19qui prennent des mauvaises décisions.
16:20Enfin, les coûts de la chaleur
16:22et de la non-adaptation
16:24sont absolument énormes.
16:25Bon, on va passer à un autre déni,
16:28je le mets un petit peu sur le même plan,
16:31après le déni climatique,
16:33le déni démographique.
16:34Pourquoi ?
16:35Parce que l'Allemagne vient de présenter
16:36hier un groupe d'experts
16:37composé d'universitaires,
16:40d'économistes et de politiques.
16:42Déjà, il y a une méthode derrière,
16:44c'est-à-dire qu'en met ceux qui pensent,
16:45avec ceux qui appliquent.
16:46On a rendu un rapport
16:48pour réformer le système allemand des retraites,
16:50je rappelle que l'âge légal
16:51est déjà prévu à 67 ans en Allemagne,
16:56pour révolutionner,
16:57le mot est peut-être un peu fort,
16:59mais enfin quand même,
17:00le programme est assez costaud
17:02pour renforcer la pérennité
17:03du système de retraite en Allemagne.
17:05Peut-être, Mathieu Plannes d'abord,
17:07expliquer ce qu'il y a dans ce plan.
17:10Oui, alors,
17:12merci pour la question.
17:13C'est cadeau, je peux vous aider.
17:16Alors, je n'ai pas tous les détails,
17:18mais ce que j'ai en tête,
17:18les principaux points,
17:20c'est qu'il y a un lien
17:22entre le décalage de l'âge légal
17:25et l'espérance de vie
17:26pour deux tiers à un tiers.
17:27On adosse, effectivement,
17:28aujourd'hui, c'est 67 ans l'âge légal.
17:30Eh bien, si la durée de vie augmente,
17:33l'adossera.
17:33Si elle augmente d'un an,
17:34en gros, vous prenez 8 mois de plus
17:35tous les 10 ans.
17:36Voilà.
17:37Donc, il y a cette indexation
17:39de l'âge légal
17:41sur l'espérance de vie.
17:43Le deuxième point,
17:44c'est une retraite
17:46par capitalisation obligatoire,
17:47avec une montée progressive,
17:49je crois, d'un demi-point de pourcentage
17:51sur la masse de travail.
17:52Effectivement,
17:52alors on va augmenter les cotisations,
17:54du coup,
17:55mais obligatoirement,
17:56qui seraient gérées
17:57par un fonds
18:00de capitalisation.
18:00Alors, c'est la question,
18:01d'ailleurs, de la gouvernance.
18:02Je pense que c'est un point important,
18:02mais voilà,
18:04sur un peu à l'image
18:05du modèle suédois.
18:06Oui.
18:07qui est, je crois,
18:08à près de 2,5%
18:10chaque année, en fait,
18:11de prélèvements
18:12sur cette masse salariale
18:13pour, dans un placement,
18:14en fait, financier.
18:15Alors, ce que j'ai trouvé
18:16d'ailleurs intéressant,
18:18c'est que le placement financier
18:20évolue avec l'âge de la vie.
18:22Et que, par exemple,
18:23vous êtes jusqu'à 55 ans,
18:27par exemple.
18:27En fait,
18:27donc, c'est pas mutualisé
18:28pour tout le monde.
18:29Enfin, c'est mutualisé
18:29pour tout le monde,
18:30mais après, par contre,
18:30vous avez un placement
18:32qui va être différent
18:33si vous avez moins de 55 ans
18:34ou plus de 55 ans.
18:35En moins de 55 ans,
18:35vous êtes essentiellement à action.
18:37Au-delà de 55 ans,
18:38vous sécurisez
18:38plus sur l'obligation
18:39pour être, on va dire,
18:41plus sécurisé
18:41par rapport à la volatilité
18:42et le risque.
18:43Donc, bon, voilà.
18:45Bon, et alors,
18:46dernier point,
18:47et ça, je crois
18:47qu'il y a quand même
18:48cette question
18:49du prélèvement supérieur
18:50parce que je crois
18:50que les entreprises
18:51ne sont quand même
18:51pas très contentes non plus
18:52parce que ça veut dire
18:53que vous avez un prélèvement
18:54de 2% de plus
18:54qui s'ajoute
18:57au prélèvement public
18:58pour la répartition.
19:00Ce n'est pas une substitution.
19:01Ça, c'est quand même
19:01important de le dire.
19:03Et il y a un autre point,
19:04c'est qu'il y a
19:06un coup de,
19:07on va dire,
19:08un coup de frein
19:09sur les retraites anticipées
19:10et ça qui va, à mon avis,
19:11très très mal placer
19:12parce que ça veut dire
19:13que, j'ai vu ça,
19:14c'est qu'en Allemagne,
19:15on peut prendre sa retraite
19:16à 63 ans
19:17si on a plus de 45 ans
19:18de cotisation.
19:19Et vous allez le supprimer.
19:21C'est vrai qu'on se dit
19:2145 ans de cotisation,
19:23c'est beaucoup.
19:24Et que du coup...
19:24On appelle que c'est 42 en...
19:25Voilà, 45 ans
19:26et donc supprimer
19:27et ça fait beaucoup d'économies.
19:29Bon, on voit
19:29qu'il y a sur le papier
19:30beaucoup de mesures.
19:31Pour le moment,
19:32ce n'est pas voté.
19:33Et on voit que la question
19:35du financement
19:36des systèmes de retraite
19:38reste important.
19:39Mais il y a ce volet
19:40capitalisation obligatoire
19:41qui rentre dans les bains.
19:42Voilà, on voit un triptyque.
19:43Travailler plus longtemps,
19:44épargner davantage
19:46et puis compléter
19:48progressivement
19:48la répartition
19:49par un petit bout
19:50de capitalisation.
19:52Et puis encore une fois,
19:53tout ça avec une méthode.
19:55Moi, je suis frappé
19:56de voir les Allemands
19:56avancer sur ce terrain-là
19:58quand nous,
19:58en dépit de l'allongement
20:00de la durée de vie,
20:02on a fait exactement
20:03l'inverse
20:03au moment
20:04où on a eu
20:05la grande bascule démographique
20:07en 2025.
20:08Plus de décès
20:09que de naissances.
20:10Est-ce qu'il faut s'inspirer
20:11du modèle allemand
20:12Clémentine Gallès ?
20:12Alors déjà,
20:13une remarque
20:13sur les propositions
20:14de cette commission.
20:15Pour l'instant,
20:15elles ne sont pas encore
20:16effectives.
20:17Non, c'était une commission
20:18qui a été demandée
20:18par le gouvernement.
20:19Il faut le dire,
20:19le rapport a été remis hier.
20:21Maintenant, il faut que ça passe
20:21encore au Parlement.
20:22Il faut encore que ça passe.
20:23Donc, on n'est pas encore...
20:24Le système n'est pas encore
20:25complètement résolu.
20:27Et on retrouve bien
20:27la difficulté politique
20:29qu'on a en France
20:30et la difficulté même
20:31qu'on rencontre
20:32sur le sujet
20:33d'adaptation
20:34aux crises climatiques.
20:35C'est qu'on a
20:36cette confrontation
20:37entre un coût politique
20:39à court terme
20:40qui peut être très élevé,
20:41mais un coût d'inaction
20:43si on n'agit pas en amont.
20:45Et l'Allemagne
20:45est à peu près
20:45dans la même situation
20:46que nous.
20:47Et là où c'est intéressant,
20:48c'est de rappeler
20:49la réforme systémique
20:51qu'ont mis en place
20:51les Suédois
20:52dans les années 90
20:54et qui se sont attaqués
20:55à l'ensemble du système
20:56plutôt que de poursuivre
20:58ce qu'on fait en France
20:59et en Allemagne,
21:00de jouer sur des paramètres
21:01une année après l'autre
21:02ou tous les trois ans,
21:03etc.
21:04C'est de modifier
21:05complètement le système
21:07pour qu'il s'ajuste
21:10automatiquement
21:10à des chocs
21:11soit démographiques,
21:12soit économiques.
21:13Alors, par contre,
21:14il y a deux bémols
21:15pour l'appliquer à la France.
21:17C'est que, un,
21:17ça a été fait
21:18dans les années 90,
21:19donc en large anticipation
21:21par rapport
21:22au choc démographique
21:23et de deux,
21:26ça a été fait,
21:28comme je l'ai dit,
21:29et ça a eu un coup,
21:30c'est-à-dire que,
21:31par exemple,
21:32le financement
21:33des retraites
21:34par capitalisation
21:34a été impliqué
21:37une réduction
21:37du financement
21:38par répartition
21:39et je ne suis pas sûr
21:40que...
21:40Ça a été en substitution
21:41plutôt qu'en ajout
21:43que...
21:43Ça a eu un coup
21:44massif
21:45sur les retraites
21:46démographiques.
21:46On a anticipé,
21:48on a prévu,
21:49tout comme Lionel Jospin,
21:50il y a plus de 20 ans,
21:51avait mis en place
21:52le fonds de réserve
21:53des retraites
21:53en anticipation
21:54de ce retournement
21:56démographique.
21:56On le savait déjà,
21:58encore une fois,
21:58comme le réchauffement
22:00climatique,
22:00Gilles Raveau.
22:01Qu'est-ce que vous pensez
22:02de cette réforme
22:04allemande ?
22:04Quelle leçon
22:05vous en tirez ?
22:06A-t-on des leçons
22:07à en tirer ?
22:08Déjà, je rappelle juste
22:09les deux chiffres
22:10du système français.
22:11Le déficit des retraites
22:14dont le chiffre
22:15n'apparaît toujours
22:15clairement
22:16dans aucun rapport
22:17officiel.
22:18On le doit
22:18à un seul homme
22:19qui est Jean-Pascal
22:19Beauffray.
22:20Le déficit,
22:21c'est 80 milliards.
22:22Là, il y a un problème
22:23démocratique
22:24complètement dingue.
22:24Il y a un débat
22:25autour de comment
22:26comptabiliser
22:27les retraites
22:27des fonctionnaires.
22:29Effectivement,
22:30Jean-Pascal Beauffray
22:30a éclairé le débat
22:32d'une lumière
22:33qu'on n'entendait pas
22:34avant
22:34et qui serait peut-être
22:35bien plus grave
22:36que les 6 milliards
22:36quand on regarde ses travaux,
22:38quand je les ai rencontrés,
22:39etc.
22:40Il n'y a pas tellement
22:40de ce qu'il explique.
22:41C'est quand même
22:42très très clair
22:42et ce n'est pas tellement
22:43en matière à controverse
22:44pour le coup.
22:45C'est plutôt un refus.
22:46Non mais là,
22:47très clairement,
22:47la controverse
22:48qu'il a vue
22:48avec Pierre Moscovici
22:50quand Pierre Moscovici
22:51était premier président
22:52de la Cour des comptes,
22:53on voyait très très bien
22:54une institution publique
22:55avec des gens
22:56très bien payés
22:57avec nos impôts
22:57qui refusaient
22:58de dire la vérité
23:00et ils se moquaient
23:00de Beauffray.
23:01Donc je veux dire,
23:01là, c'est exactement
23:02le mépris des élites.
23:03Je suis désolé,
23:04c'est très clair.
23:04La deuxième chose,
23:05comme l'explique très bien
23:06Sylvain Catherine,
23:07économiste libertarien
23:09qui est quand même
23:10assez éloigné,
23:11c'est que le premier problème
23:12c'est que...
23:12Libéral, libertarien...
23:13Non, non, il se définit
23:13comme libertarien.
23:14Ah oui, je peux vous dire.
23:16C'est que
23:18c'est l'ampleur du prélèvement.
23:20C'est-à-dire que
23:20notre problème des retraites,
23:21ce n'est pas le déficit
23:22qui est complètement dingue,
23:23c'est qu'un tiers,
23:24en gros,
23:25de la richesse
23:26produite par les gens
23:26qui travaillent
23:27va aux personnes
23:28qui sont retraitées
23:28et les gens
23:28qui travaillent aujourd'hui...
23:30Avec les dépenses de santé,
23:31oui.
23:32C'est 28%
23:34pour les retraites
23:35et si vous ajoutez
23:36les dépenses de santé,
23:37on arrive à 33.
23:37Oui, mais comme le déficit
23:39est caché justement
23:39quand on l'intègre,
23:40etc.
23:41Ah oui.
23:41Eh bien, c'est ça.
23:42Après, le Conseil
23:43pour le financement
23:44de la protection sociale
23:45vient de dire
23:46que les cotisations
23:47n'avaient pas bougé
23:49depuis 95.
23:50Oui, mais là,
23:51je vais faire
23:52mon libertarien de gauche.
23:54Là, ce truc du Conseil,
23:55c'est quasiment
23:55de la fake news
23:56parce qu'effectivement,
23:56comment est-ce qu'on
23:57a stabilisé
23:58la part des cotisations sociales,
24:00c'est par le déficit.
24:01Donc, on arrête
24:02de prendre les gens
24:02pour les imbéciles.
24:03Vous avez dit tout à l'heure,
24:04l'État est impuissant.
24:05Pourquoi est-ce que
24:05l'État est impuissant en France ?
24:06Parce que ce n'est pas l'État.
24:07C'est qu'en fait,
24:07nous sommes prisonniers
24:08d'un truc
24:09et c'est la faute de personne
24:10dans les gens ordinaires,
24:11c'est le système
24:12de protection sociale.
24:13Le système de protection sociale,
24:14en fait,
24:15n'est pas décisionnaire.
24:16C'est-à-dire que nous avons
24:17effectivement des dépenses publiques
24:19très élevées
24:19parce que c'est des retraites
24:20et c'est la santé.
24:21C'est les trucs
24:22les plus importants
24:23dans la vie des gens.
24:24Et le gouvernement,
24:25en fait,
24:25ne maîtrise pas
24:27ni la santé
24:27ni la retraite
24:28parce que ça dépend
24:29de plein de facteurs
24:30et il n'en maîtrise
24:31à peu près aucun.
24:31Et donc là,
24:32on est pris dans un train fou
24:33qui en plus,
24:34on sait très bien,
24:34c'est pour ça que j'en ai marre
24:35qu'on parle des retraites
24:36pour vous dire la vérité.
24:37Il y a un adulte
24:38sur trois en France
24:39qui est retraité.
24:40Ces gens-là
24:40n'accepteront jamais
24:41qu'on baisse leur retraite
24:42et je les comprends.
24:43On leur a dit
24:44toute leur vie,
24:44vous cotisez,
24:46ils bossent dur,
24:46ils respectent les règles
24:47et maintenant,
24:48des personnes
24:48qui ont 65, 70, 80 ans,
24:51on leur tombe dessus
24:52en disant
24:52vous coûtez trop cher.
24:53À la fin de votre vie,
24:54vous vous rendez compte ?
24:55La violence du truc.
24:56En plus,
24:56ils se prennent la canicule,
24:57leurs gamins n'ont pas d'emploi,
24:58etc.
24:59Enfin, je veux dire,
25:00la souffrance mentale
25:01des classes moyennes
25:02dont on voit les résultats politiques
25:04partout dans les pays riches,
25:05elle est dingue.
25:06Elle est dingue.
25:06Et donc,
25:06il n'y a pas de solution
25:08réaliste au problème des retraites,
25:09moi je pense.
25:10Mathieu Plannes,
25:11un système hors de contrôle ?
25:12Alors, hors de contrôle,
25:14moi je serais peut-être moins dur,
25:15c'est-à-dire qu'on sait
25:16qu'il est massif,
25:17enfin je veux dire,
25:17la dépense,
25:18la première dépense publique,
25:19c'est clairement la dépense des retraites,
25:20très loin devant
25:21toute la masse sérieuse des fonctionnaires.
25:22Un quart de la dépense publique ?
25:24Un quart de la dépense publique,
25:25si vous rajoutez effectivement
25:27la santé,
25:27on est à 45%.
25:29Donc voilà,
25:30quand on dit
25:30la France dépense trop,
25:33en fait,
25:33quand vous prenez poste par poste,
25:34qui vraiment différencie
25:35la France du reste des pays,
25:37c'est son système de retraite
25:39qui est,
25:40j'allais dire,
25:40à 98% mutualisé,
25:42effectivement,
25:42on n'a pas de...
25:43Et qui reste quand même
25:44l'un des plus généreux.
25:45Et là,
25:46on parle en ce qui parle plus tôt
25:47avec un taux d'emplacement
25:48et plus élevé.
25:49Effectivement,
25:50il y a ça,
25:50donc c'est un sujet
25:52qui va être récurrent,
25:54on a un double effet,
25:55parce qu'on dit
25:56à l'espérance de vie,
25:57mais il y a un effet générationnel,
25:58surtout,
25:58il y a un effet générationnel
25:59qui est massif,
26:00et donc cette transition,
26:01on a du mal à gérer.
26:02Alors,
26:02il y a quand même
26:03le Conseil d'orientation des retraites
26:04qui fait son boulot
26:05de projection,
26:06chaque année,
26:07on a quand même rapport.
26:08D'ailleurs,
26:08les retraites,
26:09je trouve,
26:10prennent une place
26:11dans le débat public
26:12qui est immense,
26:13immense,
26:13presque par rapport
26:14à d'autres sujets.
26:15C'est un point important,
26:16mais par exemple,
26:16on parle assez peu
26:17des questions de financement
26:18de la santé,
26:18qui sont au moins
26:19tout aussi importantes,
26:20et dont on a des besoins
26:22d'investissement massifs.
26:23On sait qu'une personne
26:23de 80 ans et plus
26:25consomme en général
26:2510 fois plus de santé
26:26qu'une personne de 20 ans.
26:27Je veux dire,
26:27la structure démographique
26:28fait qu'on le sait,
26:29les gains de productivité
26:30nous coûtent cher,
26:30parce que mieux soigner,
26:31ça coûte plus cher.
26:32Il y a des besoins
26:33de protection nouveau
26:33avec les épidémies,
26:34etc.
26:35Donc,
26:35en fait,
26:35c'est un sujet énorme.
26:37Bon,
26:38tout ça pour dire,
26:38c'est qu'on n'en est pas sorti,
26:39l'auberge et la retraite,
26:40et la grande question,
26:41c'est comment ?
26:41On fait même qu'il est rentré,
26:43probablement,
26:43du mur en démographie.
26:44Mais donc,
26:45la question,
26:45c'est pourquoi
26:46on ne sort pas du déni ?
26:48On a suspendu
26:48cette réforme des retraites.
26:50Oui,
26:50il y a réforme et réforme.
26:53Je crois que c'est ça le problème,
26:54c'est que je ne suis pas sûr
26:54que les gens soient
26:55totalement dans le déni.
26:56C'est qu'en fait,
26:57quelles réformes on veut ?
26:58C'est-à-dire,
26:59comment on partage,
26:59j'allais dire le gâteau,
27:00ce n'est pas le gâteau,
27:00mais plutôt le fardeau,
27:02entre les entreprises,
27:03entre les actifs
27:04et les retraités ?
27:05Et est-ce qu'on introduit
27:06la capitalisation ?
27:06Mais la capitalisation,
27:07elle ne résout pas
27:08le problème du financement
27:09des dix prochaines années.
27:10C'est un truc générationnel,
27:12le rendement du capital
27:13est supérieur
27:13au celui du travail,
27:14donc on va en profiter.
27:15Mais à dix ans,
27:16il faut se mettre autour
27:17de la table
27:18et faire une conférence
27:19de consensus.
27:20Et puis moi,
27:20je suis assez d'accord,
27:21c'est qu'en fait,
27:21derrière,
27:22c'est qu'on n'a pas
27:22de vraies réformes structurelles.
27:23C'est-à-dire qu'il faudrait
27:25plutôt passer
27:25sur des régimes
27:26plus universels,
27:27des choses comme ça
27:28qui étaient,
27:28à mon avis,
27:30quelque chose
27:30qui était assez entendable,
27:32en fait,
27:32a été dégommée
27:33par des questions financières.
27:34Mais voilà,
27:35le sujet sera bien sûr...
27:37On va arrêter le paramétrique
27:38pour faire du systémique.
27:39Mais le problème,
27:40et c'est là
27:41où ça va être compliqué,
27:42c'est qu'on a besoin
27:42de trouver des nouveaux financements,
27:44mais quand vous ajoutez ça
27:45à une réforme systémique,
27:46plus personne n'y comprend rien
27:47et plus personne n'en veut.
27:48Voilà.
27:48Et c'est ça, le problème.
27:49On n'est pas sortis de l'auberge,
27:51comme vous dites.
27:52Bon, allez,
27:52on se retrouve après
27:53une très courte pause publicitaire.
27:55On va parler,
27:56après avoir parlé
27:58climat,
28:00canicule
28:01et retraite,
28:02on va parler énergie
28:03et logement,
28:03des sujets
28:04qui vous concernent,
28:05évidemment.
28:05Ne quittez pas,
28:06à tout de suite.
28:12BFM Business
28:13et La Tribune
28:14présentent
28:15Les Experts
28:16Raphaël Legendre
28:18Allez,
28:19il est 10h pile,
28:20vous êtes sur BFM Business,
28:21c'est Les Experts.
28:22On est encore ensemble
28:22pour une demi-heure de débat
28:23et de controverse
28:24sur les sujets
28:25d'actualité économique du jour.
28:27Des sujets légers,
28:28me disait Mathieu Plannes,
28:30effectivement.
28:30Bon,
28:30on a eu la canicule,
28:31on a eu les retraites,
28:32on va parler énergie
28:33et on va parler logement
28:35dorénavant.
28:36C'est les sujets
28:36de la présidentielle
28:37et justement,
28:38hier,
28:39neuf candidats
28:40ou représentants
28:40des candidats
28:41à la présidentielle
28:42étaient réunis
28:43à l'UFE
28:44qui est un peu
28:45le lobby des énergéticiens,
28:47électriciens.
28:47L'Union française
28:48des énergéticiens
28:49pour parler
28:51prix de l'énergie,
28:53évidemment,
28:53des candidats
28:54qui promettent tous,
28:55tous,
28:56des baisses d'énergie,
28:57promis,
28:58chacun,
28:58sa baisse de taxes,
29:00chacun,
29:00j'arrête ci,
29:01j'arrête ça,
29:01je sors du circuit européen.
29:04Bref,
29:05ils ont présenté
29:06leur politique énergétique
29:07à ce colloque.
29:10Alors,
29:10vous n'avez peut-être
29:11pas passé votre soirée
29:13devant le site
29:14de l'UFE
29:14les uns et les autres,
29:15mais vous avez dû voir
29:17les comptes rendus
29:19qui ont pu être faits
29:21aujourd'hui
29:21dans la presse.
29:23D'abord,
29:23cette idée
29:24quand même importante
29:25de la sortie
29:25du marché européen
29:26et je commence avec vous,
29:28Gilles Raveau.
29:29C'est notamment
29:30le Rassemblement National
29:31qui propose
29:32cette sortie
29:33du marché européen.
29:34Alors,
29:34Jean-Philippe Tanguy
29:34qui porte ce sujet
29:36au sein du RN
29:37dit non,
29:37il n'est pas question
29:38de couper les câbles,
29:38c'est juste
29:39qu'on veut redéfinir
29:41le design
29:42du marché européen.
29:43Marine Le Pen,
29:44elle,
29:44elle dit
29:44on sort.
29:45Quand même
29:45très clair et net
29:47avec des baisses
29:48de taxes
29:49et en même temps
29:50on coupe les subventions.
29:51C'est une bonne idée
29:51ça ou pas ?
29:52Moi,
29:53je suis pour la sortie
29:54du marché européen
29:54d'électricité
29:56parce qu'effectivement,
29:58il y avait
29:59des échanges internationaux
30:00avant ce marché
30:01qui en gros
30:01date de 2009.
30:02Oui.
30:03Il y a toujours eu
30:03des interconnexions
30:05et un des trucs
30:06qu'on a le plus raté,
30:07mais encore une fois,
30:07c'est tellement facile
30:08d'arriver une fois
30:09que l'accident a eu lieu,
30:10c'est que nous,
30:11on a un avantage comparatif
30:12qui est même
30:13un avantage absolu
30:14au sens d'Adam Smith
30:16qui est le faible coût
30:17de production
30:18de l'électricité
30:19grâce au nucléaire.
30:20Est-ce que je...
30:21Pour l'instant.
30:22Oui.
30:22Parce qu'on a amorti
30:23nos centrales
30:24mais on doit en construire
30:25des nouvelles,
30:26Gilles Arbeau.
30:27Oui, tout à fait.
30:28100 milliards d'investissements.
30:29Tout à fait.
30:29Mais là aussi,
30:30je rappelle d'ailleurs,
30:31j'avais un peu bossé le sujet
30:33que contrairement
30:33à ce qui est souvent cru,
30:34les centrales
30:35ont été entièrement financées
30:37par nos abonnements
30:38à EDF.
30:38Il n'y a pas eu
30:39un euro
30:40ou un franc à l'époque
30:41de financement public.
30:42Ce n'est pas vrai.
30:42Les centrales ont été
30:43financées par les clients
30:44d'EDF.
30:45Et oui, c'est EDF
30:46qui a tout financé.
30:47Donc, c'est quand même
30:48une réussite extraordinaire
30:49et comme vous réfléchissez bien,
30:50c'est un avantage macroéconomique.
30:51C'est-à-dire qu'un faible
30:52coût de l'énergie,
30:52c'est un avantage compétitif
30:53pour les entreprises.
30:55Ça soutient le niveau de vie
30:56des ménages
30:57et ce qu'on aurait dû faire
30:59et donc je pense
30:59qu'on n'aurait jamais dû rentrer
31:00dans ce marché européen
31:01d'électricité,
31:02c'est vous la vendez
31:03plus cher à l'étranger.
31:05C'est-à-dire que,
31:06de même que, par exemple,
31:07pour prendre mon cher exemple,
31:08les Polonais,
31:09ils ont un coût du travail
31:09plus faible que nous
31:10et donc, ils vendent
31:12leurs produits,
31:13leurs machines à laver
31:14au prix qu'ils veulent
31:15parce qu'ils sont moins chers.
31:16Et donc, je pense
31:17qu'effectivement,
31:18on devrait retrouver
31:18cette souveraineté électrique
31:21et refaire de l'électricité
31:22quelque chose
31:23qui rapporte de l'argent
31:25aux entreprises,
31:25aux ménages
31:26et à l'État français.
31:27Alors, ce que certains
31:27vous répondront, Gilles Raveau,
31:29c'est que, un,
31:29on paie l'électricité
31:30moins chère en France
31:31qu'ailleurs en Europe.
31:31Deux, qu'on a fait
31:325 milliards d'excédents
31:33l'année dernière
31:34parce qu'on a exporté
31:36beaucoup d'énergie électrique
31:38et que, trois,
31:39quand nos centrales
31:40étaient toutes en révision
31:41en 2023-2024,
31:43on aurait eu
31:43trois semaines de blackout
31:44si on était uniquement
31:46sur notre marché national.
31:49Mais le débat est intéressant.
31:50Mathieu Plannes,
31:50quelle est votre position ?
31:52Moi, je suis plus modéré
31:53là-dessus.
31:54Bon, d'abord,
31:55c'est un sujet très technique
31:56en réalité.
31:57Voilà, donc,
31:59on passe des retraites
32:00à l'énergie
32:02on va parler logement.
32:04Voilà, il y a des gens
32:05qui sont très experts
32:05là-dessus.
32:06Non, oui,
32:08c'est vrai que cette
32:10interconnexion européenne
32:11a des faiblesses
32:13que Gilles a soulignées.
32:15Elle a aussi des atouts.
32:16C'est qu'effectivement,
32:17elle permet de redistribuer
32:19les excédents d'électricité
32:20quand il y a des déficits,
32:21ce qui est quand même
32:22un point important.
32:24Ce qui pose des problèmes,
32:25c'est que,
32:26quand vous avez un choc
32:27très négatif
32:28comme on a eu en 2022-2023,
32:29effectivement,
32:30payé au coût marginal
32:31le prix des CTC
32:32et que quand le prix du gaz
32:33est à 340 euros
32:34le mégawatt-heure
32:36et que c'est le prix marginal
32:37qui fait le prix de l'électricité,
32:39bon,
32:39on a exposé la facture.
32:41Et personne n'a rien compris
32:42à ça en se disant
32:43comment ça se fait.
32:44Alors, on était sur un déficit.
32:45On avait,
32:45ce qui est assez rare,
32:46et que,
32:47pas de chance.
32:48On avait plus de la moitié
32:49d'un acteur qui était
32:49sous la vision.
32:50il y a effectivement
32:52des corrosions
32:53sur les nucléaires.
32:54Donc,
32:54notre parc était vraiment
32:56extrêmement réduit.
32:57Donc,
32:57on a dû importer l'électricité
32:58à des coûts pharaoniques.
33:00Là,
33:00aujourd'hui,
33:01on a retrouvé...
33:01C'est une conséquence indirecte
33:02du Covid,
33:03en fait,
33:03parce que les maintenances
33:04ont pris du retard
33:04à cause du Covid.
33:06Et puis,
33:07ils ont trouvé des corrosions
33:07aussi qui n'étaient pas prévues.
33:08Enfin bon,
33:09il y a eu pas mal d'éléments.
33:11Bon,
33:11là,
33:11on a retrouvé
33:12des capacités nucléaires.
33:13Et donc là,
33:14le marché européen
33:14est quand même
33:15un peu sain de sécurité.
33:16Voilà.
33:17Même si le Covid
33:17n'arrive pas non plus
33:18tout les cinq milliards.
33:19Voilà,
33:20c'était 5 milliards.
33:21Je crois que c'est l'équivalent.
33:22On a exporté l'équivalent
33:23de la consommation
33:25d'électricité de la Belgique.
33:27Ce qui n'est pas mal.
33:28Ce qui n'est pas mal.
33:29Bon,
33:29ça,
33:29c'est vrai qu'on est plutôt content
33:30quand on a une balance
33:31commerciale excédentaire.
33:32Mais quand on regarde
33:33par rapport aux US,
33:34par exemple,
33:35on reste quand même
33:35avec des prix
33:35qui sont bien supérieurs.
33:37Deux fois supérieurs.
33:38Les prix de l'énergie,
33:38effectivement,
33:39deux fois supérieurs.
33:40Donc,
33:41je pense que c'est un enjeu majeur
33:42pour plusieurs raisons.
33:43C'est qu'on a besoin,
33:44on va vers
33:45une société d'électrification.
33:47Quand on regarde,
33:48par exemple,
33:48le plan pour 2035,
33:51aujourd'hui,
33:51dans le mix énergétique,
33:52la consommation finale,
33:53c'est 60% du fossile encore.
33:55On doit passer à 30%.
33:56On divise par deux.
33:57Et donc,
33:57ça veut dire
33:58que c'est une montée
33:58très rapide
33:59de la question électrique.
34:01Et donc,
34:01c'est est-ce qu'on le fait
34:02seul ?
34:02On n'a pas fini d'en parler.
34:03Ou est-ce qu'on le fait
34:04avec nos partenaires européens,
34:05sachant qu'on a à peu près
34:06des engagements similaires.
34:07Donc,
34:07il faut développer ses capacités.
34:09Et c'est vrai
34:10qu'avoir des grands réseaux,
34:11alors sauf s'il y a
34:11des gros problèmes,
34:12ça permet effectivement
34:13de rebasculer les excédents
34:14quand d'autres sont déficitaires
34:15à des moments
34:16un peu difficiles.
34:17Après,
34:18il y a aussi cette question
34:19des investissements.
34:20Mais j'allais dire,
34:22voilà,
34:22aujourd'hui,
34:23les choses vraiment
34:23qui vont structurer
34:25la société,
34:25c'est ces questions
34:26de transition,
34:27c'est ces questions
34:27d'énergie.
34:28On voit que
34:29quand Choose France
34:30Softbank décide
34:31de mettre 50 milliards,
34:32ils disent pourquoi
34:33ils vont faire
34:33des data centers en France
34:34parce qu'on a
34:35beaucoup d'énergie,
34:36d'énergie décarbonée.
34:37Donc,
34:37ça va devenir
34:38notre principal
34:38avantage compétitif,
34:39j'allais dire presque.
34:40On vient à la pompe à essence
34:42du...
34:43Oui,
34:43mais sauf qu'on n'a pas de pétrole.
34:44Donc,
34:44c'est le moment
34:44d'aller plein de balles là-dessus.
34:46Mais c'est aussi
34:46une situation géographique.
34:47Par contre,
34:47juste pour revenir
34:48à ce que vous avez dit,
34:48il faut être très clair,
34:49il n'y a aucun débat
34:51non plus là-dessus,
34:51le coût de l'énergie,
34:53au moins dans un premier temps
34:54mais qui va durer
34:54quelques décennies,
34:55va augmenter.
34:56Je pense qu'il faut prévenir
34:57pour ceux qui nous écoutent
34:58effectivement qu'on a bénéficié
35:00d'un prix extrêmement bas.
35:02Il faut se rappeler,
35:03on a bénéficié
35:04quand même
35:04d'un bouclier énergétique.
35:06On a dépensé
35:06par dizaines de milliards
35:08d'euros
35:08en 2022,
35:10en 2023
35:10pour protéger
35:11les Français.
35:12En Angleterre,
35:13c'était le choix
35:14entre to heat,
35:15se chauffer,
35:15et to heat,
35:16manger.
35:18On n'a pas connu ça
35:18en France
35:19mais on l'oublie aussi
35:20très très rapidement
35:21mais il faut le dire
35:22et qu'effectivement
35:22beaucoup d'investissements
35:23vont être nécessaires
35:24et du coup l'électricité
35:25va augmenter,
35:26on est d'accord.
35:26Il n'y a aucun doute là-dessus.
35:28Après pour ramener
35:29la virtualité chaude,
35:31ce qu'on peut quand même
35:32se partager,
35:33c'est qu'avec la réouverture
35:35passagère en tout cas
35:36du détroit d'Orbos,
35:37on a une vraie détente
35:38sur les prix du pétrole.
35:39On ne revient pas
35:40complètement au niveau
35:41de ce qu'on était
35:42en fin d'année dernière.
35:43On est à quoi ?
35:4376 là ce matin
35:44aux alentours de 76 dollars
35:48au moins à court terme
35:49par rapport à ce dernier
35:50choc de prix de l'énergie
35:52mais c'est vrai
35:52qu'il ne faut pas oublier
35:53qu'il y a un vrai besoin
35:54d'investissement
35:55à long terme
35:56sur l'électricité
35:57et je pense que
35:58le marché européen
35:59reste quand même
36:00le bon marché
36:01pour adresser
36:02ces sujets d'électricité
36:03même si on a
36:04un avantage compétitif
36:05au sein de l'Europe
36:06sur lequel il y a
36:07un vrai atout
36:08pour rejoindre
36:08le premier sujet
36:09de la France en Europe.
36:11Il faut quand même
36:11continuer là-dedans
36:13au niveau européen
36:14et ça nous permettra
36:15à la fois
36:15de nous démarquer
36:16en Europe
36:16et de nous démarquer
36:18sur le plan international.
36:19Est-ce que vous faites partie
36:21de ceux
36:22qui voient le prix
36:23du baril
36:23s'effondrer
36:24avec la réouverture
36:25du détroit d'Hermouz
36:26Clémentine Gallès ?
36:28S'effondrer
36:28je n'irai pas
36:28me prononcer jusque-là
36:29mais on parle parfois
36:30de 50-40 dollars
36:32le baril.
36:33On était dans un marché
36:34très détendu quand même
36:35en fin d'année dernière
36:36on était autour
36:37de 60 dollars.
36:38En janvier
36:38on était à 60 dollars
36:39effectivement.
36:40Si on le ramène
36:42avec corriger
36:43des effets d'inflation
36:43cumulés
36:44de ces dernières années
36:45et de l'efficacité énergétique
36:47de la consommation
36:47de pétrole
36:48ça voudrait dire
36:49qu'on a un prix
36:50qui est nettement plus bas
36:51que ce qu'on a connu
36:51sur l'histoire récente
36:52parce que l'offre
36:53est abondante
36:55hormis le choc
36:55du blocage
36:56du détroit d'Hermouz
36:57l'offre est abondante
36:58notamment aux Etats-Unis.
36:59La demande baisse
37:00du fait aussi
37:01de l'électrification
37:02Et des Chinois aussi
37:03qui ont
37:03Et des Chinois
37:04effectivement
37:05qui peuvent pas
37:05substituer
37:06avec le charbon
37:07notamment.
37:08Ils ont eu la capacité
37:09d'amortir le choc
37:10du blocage
37:11du détroit d'Hermouz
37:12en mobilité.
37:13Il va falloir reconstituer
37:13les stocks aussi
37:14à un moment
37:14parce qu'on a beaucoup
37:15consommé
37:15300 millions de barils
37:17constitués.
37:18Il y a quand même
37:18le fait que
37:18l'accord doit être signé
37:20en 60 jours
37:21ça avait pris juste 13 ans
37:22de le négocier
37:24sur le nucléaire iranien.
37:26Donc est-ce qu'il y a
37:26un péage ou pas un péage ?
37:28Il y a quand même
37:28un certain nombre
37:29il y a le déménage
37:29Il y a quelques interrogations
37:30qui demeurent.
37:31Oui donc moi je
37:31voilà
37:32Il reste quand même
37:33pas mal d'incertitude
37:34juste peut-être
37:34pour revenir sur
37:35l'histoire du nucléaire
37:36il y a quand même
37:37et je l'en parlais au début
37:39là sur la question européenne
37:40c'est que
37:41l'Allemagne
37:42a pas supporté
37:43qu'on soit
37:43une puissance nucléaire
37:45en termes énergétiques
37:46par en termes militaires.
37:47Il nous a mis beaucoup
37:47de latons dans les roues
37:48effectivement notamment
37:49surtout que nous ont fait
37:49le choix eux d'en sortir.
37:51Oui.
37:51Et donc nous on s'est adapté
37:53parce qu'on avait un gain
37:54de compétitivité
37:54qui est tel
37:55qu'on a dû négocier
37:56justement un accord
37:56assez particulier
37:57pour vendre notre électricité
38:00à un coût
38:00prix effectivement
38:02sur lequel on faisait
38:02pas de marge
38:03voire extrêmement favorable
38:05pour l'Allemagne
38:05qui reconnaît
38:06qu'il y a eu une erreur
38:06de sortir du nucléaire.
38:07C'est là où on n'a pas
38:07su défendre nos intérêts.
38:09On n'a pas su défendre
38:10nos intérêts.
38:11Un peu comme toujours.
38:12Un peu comme toujours.
38:13Donc je crois que c'est
38:14voilà
38:15ça ça a été une erreur
38:16à mon avis
38:17assez importante.
38:18La photo quand même
38:19de Angela Merkel
38:20avec la fausse valve
38:21avec je crois
38:22c'est François Fillon
38:24qui est quand elle célèbre
38:26c'est une photo incroyable
38:27quand ils ont ouvert
38:30le nouveau gazoduc
38:31et vous avez
38:32Angela Merkel
38:34je crois qu'il y a Poutine
38:36et je crois que
38:36le premier ministre français
38:37de l'époque
38:38et tout le monde est hilare
38:40et ils ont une grosse valve
38:40et tout ça
38:41et c'était génial.
38:41Ah oui oui oui
38:43pour l'inauguration
38:44du gazoduc
38:45ils ont bien planté
38:45les amis allemands
38:46et ils nous ont amené
38:47avec eux dans leur chute
38:48juste pour revenir sur le pétrole
38:49là aussi pour appeler
38:50quelques faits
38:51même si je sais
38:51que c'est impossible
38:52d'entendre pour les gens
38:52effectivement
38:54c'est quand même
38:54déjà on peut quand même noter
38:55moi j'aimerais quand même
38:56qu'on célèbre quand même
38:57les bonnes nouvelles
38:57c'est quand même
38:58les stocks stratégiques
38:59c'est à dire qu'on a quand même
39:00qui ont très bien fonctionné
39:01pour le coup
39:01voilà
39:02donc pour une fois
39:03nos états
39:04nous ont protégés
39:05ont anticipé
39:06c'est vrai qu'on parle toujours
39:07des trains qui arrivent en retard
39:09là pour le coup
39:10bon
39:10bravo
39:11bravo les gens
39:11qui ont pensé à ces stocks
39:13etc
39:13et d'ailleurs
39:14il n'y a pas eu de pénurie
39:15les prix se sont envolés
39:16mais il n'y a pas eu de pénurie
39:16et en fait pour revenir
39:17avec les questions de géopolitique
39:18pourquoi ces stocks existent
39:19c'est qu'en fait
39:20c'est l'héritage de la guerre
39:21c'est à dire qu'en fait
39:22ces stocks
39:22pourquoi est-ce qu'ils existent
39:23dans tous les pays
39:23c'est pour mettre de l'essence
39:25dans les tanks
39:25et dans les camions
39:26pour faire la guerre
39:27c'est à dire que
39:27c'est quand même l'héritage
39:28de quelque chose
39:29on rentre
39:30on re-rentre
39:31dans un monde de guerre
39:32voilà
39:32et c'est bien en fait
39:33des fois d'anticiper
39:34vraiment la guerre
39:35plutôt que
39:36cuit-cuit les petits oiseaux
39:37et vive le libre-échange
39:38je renferme la parenthèse
39:39le pétrole
39:40le prix réel du pétrole
39:42par rapport au niveau de vie
39:42s'effondre
39:43depuis les années 70
39:45et là c'est quand même
39:45sidérant de voir
39:46qu'effectivement
39:47on est déjà redescendu
39:48à moins de 80 euros
39:49ou 80 dollars le baril
39:51pardon
39:51et effectivement
39:52je fais partie
39:52je suis m'expérience
39:53et même qu'on n'ait jamais monté
39:54à plus de 115 dollars le baril
39:55alors que le détroit d'Hormuz
39:56était fermé
39:57c'était l'apocalypse
39:57les prévisionnistes
39:58on était sur du 150
39:59à 250 dollars le baril
40:01alors que le président
40:01de l'agence internationale d'énergie
40:03a dit que c'était
40:03le plus grave choc pétrolier
40:04de l'histoire
40:05de plus de 113
40:06ce qui était un peu surprenant
40:07quand même
40:07exactement
40:07et on anticipait
40:10à 200 dollars
40:12moi je suis un expert de rien
40:13c'est pour ça que je viens
40:13dans cette émission
40:14mais on a quand même
40:15et aussi j'ai une voiture thermique
40:17parce que j'ai pas les moyens
40:18d'acheter une voiture électrique
40:19alors qu'elles sont trop belles
40:20les nouvelles voitures électriques
40:22je rêve de m'acheter
40:22la R5 électrique
40:23donc si Renault m'écoute
40:25le message est passé
40:26qui se n'hésite pas
40:27à me faire une petite réduc
40:28mais je pense aussi
40:30avec ce qui se passe
40:31au Venezuela
40:33avec l'augmentation
40:34de la production
40:36mince ça m'échappe
40:37le pays qui a quitté l'OPEP
40:38justement pour accroître
40:39sa production récemment
40:41pendant la crise
40:41bref
40:42les tendances à long terme
40:44effectivement
40:44il y a d'un côté
40:45un retour de l'offre
40:46Venezuela
40:47c'est la plus grande réserve
40:47mondiale de pétrole du monde
40:49oui
40:49mais de mauvais pétrole
40:51de mauvaise qualité
40:51non mais d'accord
40:52je veux dire en tendance
40:54si ça dure
40:55et la baisse de la demande
40:57voilà on peut anticiper
40:58le peak oil n'est pas atteint
40:59non mais on peut anticiper
41:00à une vraie forte baisse
41:01structurelle
41:02du prix du pétrole
41:03ce qui est d'ailleurs
41:03pas du tout
41:04une bonne nouvelle
41:05pour la planète
41:05en tout cas pour le pouvoir d'achat
41:07le signal prix
41:07est quand même
41:08ce qu'il y a de plus efficace
41:09pour changer les comportements
41:10et qu'on a vu l'effondrement
41:11la consommation des carburants
41:13pendant la crise
41:14au Moyen-Orient
41:14et l'explosion
41:16des ventes de véhicules
41:17de voitures électriques
41:18mais il y a jamais
41:20écoutez Gilles Ravaud
41:20non mais là
41:21moi j'adore ce truc là
41:22depuis toujours le pétrole
41:23parce que ça va jamais
41:24donc moi j'adore
41:25quand ça va pas
41:25parce que si le prix du pétrole
41:27est trop élevé
41:27c'est la crise du pouvoir d'achat
41:28et s'il est trop bas
41:29c'est mauvais pour la planète
41:30donc de toute façon
41:31ça va jamais
41:31donc quoi qu'il se passe
41:32voilà
41:33une vision optimiste de l'avenir
41:35on va parler logement
41:36dorénavant
41:37là aussi
41:37on va parler choc
41:38quatre chocs
41:39c'est ce que promet Vincent Jambrun
41:41le ministre du logement
41:42qui présente aujourd'hui
41:44un projet de loi
41:45sur lequel il a beaucoup travaillé
41:47depuis neuf mois
41:48et qui devrait être examiné
41:50à l'Assemblée nationale
41:51à la rentrée
41:52le plus tôt possible
41:53nous dit-on
41:54du côté du gouvernement
41:57qu'est-ce qui contient
41:58ce projet de loi
41:59Clémentine Gallès
42:00qu'est-ce que
42:01peut-être avant de parler du projet
42:03je trouve que c'est quand même intéressant
42:04de rappeler la conjoncture
42:05du secteur du logement
42:07et de la construction
42:08qui reste vraiment freiné
42:10depuis le Covid
42:11et qui est plus connecté
42:14à des taux d'intérêt
42:15plus élevés
42:16et qui pèse globalement
42:18sur l'activité
42:19et c'est assez atypique
42:20même avec la reprise
42:21qu'on a eue
42:22en 2022-2023
42:24voilà
42:24on a gardé
42:25cette pression
42:26plutôt baissière
42:27en termes d'activité
42:28sur le secteur globalement
42:30pour moi
42:31c'est à connecter vraiment
42:32avec la dynamique
42:33des taux d'intérêt
42:34qui globalement
42:35ont été plus élevés
42:36du fait de plus d'inflation
42:38et puis du fait
42:38de la pression spécifique
42:40sur les finances publiques
42:41françaises
42:42alors aujourd'hui
42:43il me semble
42:44que les taux d'intérêt
42:44sont quand même
42:45en train de se stabiliser
42:46et pourrait permettre
42:47un certain redémarrage
42:48du secteur
42:49mais ce qui pourrait aussi
42:50être boosté
42:51par des changements
42:52de politique
42:53qui est toujours difficile
42:54dans le neuf
42:55on a Miss Immobilier
42:57BFM Business
42:58qui nous rejoint
42:59sur le plateau
42:59salut Marie
43:01viens viens
43:02on ne peut pas parler
43:05immobilier
43:05sans que Marie-Cœur de Roi
43:07blime
43:07apparaît sur le plateau
43:09c'était un effet
43:10circonstance
43:11j'étais en régie
43:11j'ai entendu le sujet
43:12j'ai entendu le nom
43:13de notre chère ministre
43:14du rogement
43:15qu'est-ce qu'il y a
43:16dans ce projet de loi
43:16est-ce qu'il est intéressant
43:17est-ce qu'il est bien
43:17est-ce qu'il va dans le bon sens
43:18il y a des éléments
43:19qui vont dans le bon sens
43:20pour relancer
43:21l'investissement locatif
43:22par exemple le fameux
43:23dispositif jambrain
43:24du nom du ministre
43:24oui il va dans le bon sens
43:25parce qu'il est amélioré
43:27par rapport à sa version initiale
43:28notamment pour l'ancien
43:30parce que je rappelle
43:31au démarrage
43:31son dispositif
43:32pour faire ce dispositif
43:33jambrain
43:34dans l'ancien
43:35il fallait qu'il y ait
43:3530% du prix du bien
43:37qui soit consacré
43:37à des travaux
43:38et surtout qu'on atteigne
43:39la note A ou B
43:40ce qui est techniquement
43:41quasi impossible
43:42sauf si c'est du logement neuf
43:43donc là on abaisse
43:44un petit peu
43:44ces curseurs là
43:45on va descendre
43:46à la note D minimale
43:47donc c'est difficile
43:48on rejoint le plancher du réel
43:49voilà
43:51il y a 20% de travaux
43:52maintenant après
43:53il manque énormément de chance
43:54et puis le concours
43:54de circonstances
43:55par rapport à la canicule
43:56moi je voulais juste
43:57rappeler un truc
43:58on a des députés
43:59une cinquantaine de députés
44:00qui ont déposé
44:01une proposition de loi
44:02contre les bouilloires thermiques
44:04et bah depuis
44:05elle est restée lettre morte
44:07et donc c'est ça
44:08qui manque dans ce texte
44:09et d'ailleurs c'était drôle
44:10parce qu'on a eu un brief
44:11hier de ce texte
44:12du ministre Jean Brun
44:13et il disait qu'effectivement
44:14ils n'allaient pas pouvoir
44:15faire l'impasse
44:15et qu'il y allait avoir
44:16tout un tas d'amendements
44:17qui vont être déposés
44:18dans le cadre de ce texte là
44:19et c'est là que ça va devenir
44:21véritablement intéressant
44:21mais pour le reste
44:22c'est des petites mesurettes
44:23on va pas se mentir
44:24c'est pas ça qui va régler
44:25la crise du logement en France
44:26d'autant qu'en plus
44:27concours de circonstances
44:29ce texte il fait quoi aussi ?
44:30Il donne un sursis supplémentaire
44:32pour les propriétaires bailleurs
44:33pour rénover les passoires thermiques
44:35donc on va laisser 50 plus
44:36dans les appartements loués
44:37Ils sont souvent les mêmes non ?
44:38Mais non
44:39parce que parfois
44:39vous faites les travaux
44:40pour lutter contre l'état
44:41de passoires thermiques
44:41et vous créez des bouilloires thermiques
44:43figurez-vous Raphaël
44:44c'est quand même génial
44:45parce qu'effectivement
44:45on ne communique pas assez
44:46et puis le gouvernement
44:47sous-subventionne aujourd'hui
44:49l'isolation
44:50ce qui est l'alpha et l'oméga
44:51pour bien réchauffer
44:52pour bien refroidir
44:55le gouvernement est à l'os
44:56n'a plus un rond
44:57Mathieu Plannes
44:58vous suivez ça de manière très près
44:59Vous voulez que je confirme
45:00que c'est la pluie d'argent ?
45:03Oui
45:03d'un point de vue macro
45:05c'est un vrai sujet
45:06ou d'énormes en moins
45:07c'est un peu ça
45:08Non mais en fait
45:08vous avez des chocs d'offres
45:09et de demandes
45:10qui vont dans le mauvais sens
45:10de toute façon
45:11on a vu le choc de demandes
45:13avec la hausse des taux
45:14les effets sur le pouvoir d'achat
45:15en gros sur l'investissement
45:16vous prenez l'investissement neuf
45:18vous en avez perdu
45:18quasiment un point de PIB
45:20c'est pareil
45:20un point de PIB
45:21sur quelque chose
45:22qui représente
45:23entre 5 et 6% du PIB
45:2430 milliards
45:25vous avez des emplois derrière
45:27et puis vous avez
45:28les problèmes d'offres
45:28qui sont soulignés
45:29c'est-à-dire qu'avec
45:31ces transformations
45:32ces passeports thermiques
45:33la sortie des F ou des G
45:36la zéro artificialisation nette
45:38des sols aussi
45:39qui est encore un débat
45:40qui va revenir
45:40parce qu'elle permet aussi
45:42c'est quand même aussi
45:43dans les questions
45:44de réchauffement climatique
45:45et d'adaptation
45:46le problème
45:46c'est qu'on ne peut plus construire
45:47mais si vous vous artificialisez
45:48trop
45:49ça réchauffe
45:51ce n'est pas complètement faux
45:52il faut juste construire en hauteur
45:53il faut construire en hauteur
45:54il faut qu'il y ait
45:56une acceptation sociale aussi
45:58et puis c'est des projets
45:59qui se font sur le temps
46:01et moi j'ai l'impression
46:02qu'on a une loi
46:02sur le logement
46:03chaque année
46:04avec des objectifs
46:05qui sont donnés
46:05on va faire 600-700 000 logements
46:07et un choc
46:08et un choc
46:09comme on a des chocs
46:10on a des chocs de logement
46:11on a des chocs de compétitivité
46:12on a des chocs de simplification
46:13en fait
46:14on est habitué à chaque fois
46:15mais c'est un sujet majeur
46:16il y a des projets comme ça
46:16qui sont achés
46:17casse-misère
46:17si vous entendez plus
46:18plus c'est flashy
46:19c'est moins réattomper
46:20est-ce qu'il y a un sujet
46:21quand même important
46:22alors moi je pense
46:23qu'on n'a pas un sujet logement
46:25on a des sujets logements
46:26on voit bien que les choses
46:27sont très différentes
46:28selon les zones d'habitation
46:29les agglomérations
46:32voilà
46:32il y a toute cette réflexion
46:34à avoir
46:35mais clairement
46:36il faut rappeler
46:37que c'est quand même
46:37le premier poste de dépense
46:38des ménages
46:39et qu'en plus
46:40ça peut être très inégalitaire
46:41et que c'est
46:42d'autant plus inégalitaire
46:43maintenant qu'on a
46:44ces questions aussi
46:45climatiques
46:45c'est-à-dire que les questions
46:46de passoires
46:47hiver ou de bouilloires
46:48sont quand même
46:49des problèmes importants
46:50et donc la question
46:50de l'énergie
46:51dont on parlait tout à l'heure
46:52est quand même assez liée
46:52bon
46:53j'ai l'impression
46:54qu'il n'y a pas grand monde
46:54autour de la table
46:55de croire en ce projet de loi
46:56Gilles
46:56est-ce qu'on remonte
46:57le logement d'ici 2027
46:58avec ce nouveau texte
47:00bah non
47:01encore une fois
47:01réponse technocratique
47:02à une crise
47:05bien pragmatique
47:06moi j'avais été
47:07alors j'espère que Marie
47:09ne va pas m'étrangler
47:09ou en tout cas peut-être
47:10j'attendrai
47:12mais toujours avec tendresse
47:13peut-être attendre
47:13la fin de l'émission
47:14moi j'avais été vraiment choqué
47:15par l'histoire effectivement
47:17des passoires thermiques
47:18sorties du marché
47:18c'est-à-dire que là
47:19pour le coup
47:20je trouve qu'il faut
47:20laisser faire le marché
47:21c'est-à-dire que
47:22rien ne va
47:23si on avait des diagnostics
47:24qui tiennent la route
47:25ce qui n'est pas le cas
47:26comment est-ce qu'on peut avoir
47:27alors là je mets ma casquette
47:28de gauchiste
47:29comment est-ce qu'on peut avoir
47:30des diagnostics qui tiennent la route
47:31avec un service public du logement
47:32avec des gens assermentés
47:34et qui vont partout
47:35et qui font un travail
47:37comme l'inspecteur du travail
47:39l'inspecteur des impôts
47:40c'est-à-dire c'est des gens
47:40bah s'ils font des conneries
47:41ils le payent très cher
47:42alors que là on a des gens
47:43qui se gavent
47:43qui arnaquent
47:44des pauvres ménages
47:46et qui en fait
47:46disparaissent avec la caisse
47:47enfin c'est de la folie
47:48et vous êtes pour un service public
47:49d'évaluation
47:50oui
47:51exactement
47:52de certification
47:53si on avait ça
47:54l'isolation des bâtiments
47:54et ensuite effectivement
47:55on a un vrai diagnostic énergétique
47:57sur les logements
47:57je vois aucune raison
47:59de sortir du marché
48:00c'est-à-dire que malheureusement
48:01pour dire les choses
48:02vous avez
48:03vous êtes aide-soignante
48:05vous avez un salaire
48:06extrêmement faible
48:06et bien vous allez vivre
48:08dans
48:10un logement horrible
48:11mais au moins vous avez un logement
48:12et on peut espérer
48:13qu'avec le marché
48:13le loyer soit plus bas
48:14mieux que rien
48:15c'est pas entendable
48:17mieux vaut dormir
48:17sous un toit dégueulasse
48:18que dormir sous les ponts
48:19c'est ça l'idée
48:20et aujourd'hui je peux vous dire
48:20qu'il y a des gens
48:21qui dorment dans les parcs
48:22tellement il vaut mieux pas
48:22dormir sous un toit dégueulasse
48:23que sous les ponts
48:25donc à un moment donné
48:25il faut poser la question
48:26de savoir si effectivement
48:27il faut pas aider
48:28c'est la dépense publique
48:29mais parallèlement à ça
48:30on a ce que rapporte
48:32le logement en France
48:32et à chaque fois
48:33moi je salue la patronne
48:34de Nike City
48:35qu'il avait très bien dit
48:36sortons de nos fichiers Excel
48:37il y a la dépense
48:38et il y a les recettes
48:39le logement au sens large
48:41ça rapporte plus
48:41que ça ne coûte
48:42deux fois plus
48:43que ça ne coûte
48:44bien sûr
48:45et donc à un moment donné
48:46il va falloir savoir
48:47fin du mois
48:48fin du monde
48:48moi je suis désolée
48:49mais en tant que locataire
48:51et les auditeurs
48:51téléspectateurs
48:52de BFM Business
48:53le savent
48:53on commence à le savoir
48:56je n'accepte plus
48:57cet argument
48:57de dire c'est quand même
48:58mieux que rien
48:59pourquoi on n'aide pas
49:00les propriétaires bailleurs
49:01je jette pas la pierre
49:02aux propriétaires bailleurs
49:03j'en ai besoin pour vivre
49:04maintenant la question
49:05c'est comment je les aide
49:06pour pouvoir créer
49:07des logements décents
49:08pas ultra vertueux
49:09on a bien conscience
49:10que ça ne sera pas possible
49:11tout de suite
49:11mais au moins décents
49:13et ça c'est un vrai sujet
49:14et je trouve que l'argument
49:15de dire laissons faire
49:16le marché là-dessus
49:16c'est compliqué
49:17quand on a des locataires
49:18qui aujourd'hui
49:19ne s'en sortent plus
49:19vous regardez en face
49:20de chez vous
49:20tous les habitants de Paris
49:22en ce moment
49:23c'est un truc de dingue
49:24il va falloir regarder
49:26ce qui se passe chez nous
49:27c'est vrai
49:27excusez-moi
49:28c'est très intéressant
49:29et je suis ravi
49:30de vous avoir invité
49:31dans mon émission
49:32mais le problème
49:34c'est que ce que tu dis
49:34là où j'enseigne
49:36il y a un diplôme
49:37sur la culture
49:37et c'est pareil
49:39moi j'ai des collègues
49:40enseignantes qui disent
49:40regardez les festivals
49:41ça rapporte trois fois plus
49:43que ça coûte
49:43sauf qu'aujourd'hui
49:44qu'est-ce qui se passe ?
49:45il y a plein de municipalités
49:46qui ont annulé
49:47les festivals pour les projets
49:48parce qu'elles ne peuvent plus
49:49payer
49:50c'est ce que tu dis
49:50c'est vrai pour la santé
49:52c'est vrai pour l'éducation
49:53et on ne peut pas
49:54c'est vrai sur tous les étudiants
49:56c'est vrai pour la clim
49:57dans les écoles
49:58dans les hôpitaux
49:59sauf que la différence
50:00c'est que le logement
50:00c'est une priorité
50:01mais du logement
50:04dépend aussi
50:04l'éducation de nos enfants
50:05leur capacité à se loger
50:07dans des habitats dignes
50:08avoir leur chambre
50:09avoir un bureau
50:09le vivre ensemble
50:11l'énergie
50:11vous en avez parlé
50:12c'est le logement
50:13le logement c'est tout
50:14c'est l'acceptation des autres
50:15les crises sociales
50:16les crises sociétales
50:17encore une fois
50:18s'il y a bien un poste
50:19sur lequel il faut dépenser
50:19mais non mais c'est pas possible
50:21Marie-Cœur de Roiseau
50:22réchauffe l'ambiance
50:23sur le plateau
50:23heureusement qu'elle la clim
50:24pour calmer tout ça
50:27je ne sais plus quoi
50:28vous poser le sujet
50:28tu nous perds Marie
50:29je suis désolée
50:30merci ton enthousiasme
50:31après pour retrouver
50:32le fil conducteur
50:36de l'émission
50:37il y a un problème
50:38d'intervention
50:38de la politique publique
50:40dans une situation
50:42où les finances publiques
50:43sont contraintes
50:44et donc à ce moment-là
50:45on a peut-être
50:45plutôt intérêt
50:46à mettre en place
50:47des incitations
50:48plutôt que des normes
50:49qui interdisent
50:50l'accès à tel logement
50:51ou des besoins
50:52de subvention
50:53et d'investissement
50:54que l'État
50:55ne peut pas
50:56parce que c'est pas ça
50:56la crise du logement aussi
50:57c'est un excès de fiscalité
50:59un excès de normes
50:59oui mais sur la décentralisation
51:01la décentralisation
51:03c'est hyper intéressant
51:04justement on nous expliquait
51:05qu'avant
51:06le moins de permis de construire
51:07avant la décentralisation
51:08ça remontait au préfet
51:09c'était dingue
51:09qu'est-ce qui se passe
51:10aujourd'hui en Bretagne
51:11par exemple
51:11qui est une région
51:11où je vais de temps en temps
51:12il y a des maires
51:14qui ne construisent plus
51:15parce que sinon
51:16non mais ça c'est hyper intéressant
51:16maire bâtisseur
51:17maire battue
51:17c'est connu Gilles Raveau
51:18et bien oui
51:19les gens ne veulent plus
51:20de nouveaux bâtiments
51:20et donc ça c'est quand même
51:21très compliqué là aussi
51:22parce que en termes de philosophie politique
51:24il y a un argument très fort
51:25sur la décentralisation
51:26c'est plus de démocratie
51:28mais qu'est-ce que se passe
51:28plus de démocratie
51:29et je vais encore retaper
51:31sur nos serres aînés
51:32comme dit Emmanuel Macron
51:33c'est que nous avons
51:34plein d'endroits
51:34où il y a des retraités
51:36qui vivent très bien
51:37qui ont leur résidence principale
51:39qui éventuellement
51:39ont leur résidence secondaire
51:40où ils viennent
51:40deux semaines par an
51:41et qui refusent
51:43qu'on construise des logements
51:44pour les gens
51:45qui littéralement
51:46les servent
51:47et qui travaillent
51:48et on a plein d'exemples
51:49comme ça
51:49qu'est-ce que vous faites
51:50non mais qu'est-ce que vous faites
51:51face à ça
51:53qu'est-ce que vous faites
51:54face à ça
51:54voilà
51:56répondre aux besoins
51:56de la population
51:57avec un peu de courage politique
51:58oui ou alors
51:59on fait comme pour le logement social
52:00on demande au préfet
52:01de se substituer au maire
52:02moi je me souviens
52:03de quelqu'un
52:04qui me disait
52:04un politique
52:05qui me disait
52:05qu'en fait
52:07il était à la commission SRU
52:08et qui disait
52:08qu'il y avait pas mal de maires
52:09qui appelaient
52:10en disant
52:11allez viens faire une opération
52:12coup de poing
52:13pour signer le permis
52:13de construire à ma place
52:15comme ça
52:15moi je sais que je vais faire
52:16quelque chose de bien
52:17pour l'intérêt général
52:18mais politiquement
52:19c'est pas sensible
52:19pour mon électorat
52:20c'est quand même intéressant
52:21de dire ça
52:22oui il faut de la décentralisation
52:23mais à un moment donné
52:24c'est compliqué pour les maires
52:25puis il y a ceux
52:25qui ne construisent pas
52:26et on comprend pourquoi
52:27et puis il y en a d'autres
52:28qui se vantent carrément
52:29de ne pas construire
52:29vous avez des mairies
52:30je ne citerai pas des mairies
52:32qui carrément se font élire
52:33sur la promesse
52:34de ne pas construire
52:35on a vu dans des magazines municipaux
52:36des maires qui disaient
52:37c'est tant de permis
52:38de construire
52:39pas signé
52:39taux de logement
52:40qui sortiront pas de terre
52:41bravo
52:41dans des zones ultra tendues
52:42du 93
52:44bravo
52:44j'ai posé une question
52:45peut-être idiote
52:46mais vu que les naissances baissent
52:48est-ce qu'on va pas être en excès
52:50si on se met à construire de partout
52:52il y a des endroits en France
52:54où il y a déjà un excès de logements
52:55je veux dire
52:56aller dans la creuse
52:56je ne sais rien moi
52:57mais
52:59la démographie
53:00il y a
53:01non mais la démographie
53:01d'abord
53:02il y a cette question
53:03d'abord on a un pays
53:05qui n'est pas complètement homogène
53:07vous remarquerez
53:08avec des territoires
53:09qui sont plutôt déserts
53:10des territoires
53:10qui sont très tendus
53:11oui
53:11donc c'est comment vous faites
53:13pour augmenter le foncier
53:13dans les territoires tendus
53:14ce n'est pas un problématique
53:15d'encreuse
53:17voilà
53:17il y a ça
53:18il y a effectivement
53:19la démographie
53:20dont vous parlez
53:20c'est-à-dire qu'on a une dénatalité
53:22qui est très forte
53:22avec un vieillissement important
53:24et puis on a le prix des actifs
53:26on n'en parle pas
53:27mais il y a une question patrimoniale
53:28et des transmissions
53:29c'est-à-dire qu'on parle
53:30de la grande transmission
53:31des zones
53:31où les prix vont s'effondrer
53:33avec la grande transmission
53:34et les familles
53:34qui vont vouloir liquider
53:35l'héritage
53:36qui ne voudront pas garder
53:37il va se passer certainement
53:38encore beaucoup de choses
53:39avec à la fois
53:39ces valeurs d'actifs
53:40à la fois avec ce qui se passe aussi
53:42sur les marchés
53:43et notamment les taux d'intérêt
53:45mais aussi
53:46effectivement
53:46comment va se réallouer
53:47tout ce capital-là
53:49et est-ce que ce capital
53:50va rester ou pas
53:50dans les grandes villes
53:51ou est-ce qu'on aura
53:52une diversification
53:53donc ce que je veux dire
53:54c'est qu'il peut y avoir
53:54encore des changements importants
53:56structurels
53:56quelles que soient
53:56les décisions prises
53:57par les pouvoirs publics
53:58mais il y a la dénatalité
53:59mais il y a aussi
53:59de plus en plus de familles
54:01monoparentales
54:03en termes de nombre de logements
54:05dont il va falloir avoir besoin
54:07est-ce qu'on va attendre
54:08effectivement
54:08que tous les autres meurent
54:09pour la transmission
54:10c'est à l'horizon de 10 ans
54:1115 ans
54:12il y avait une proposition
54:13qui était aussi très intéressante
54:15d'une députée UDI
54:16je crois
54:16qui voulait filer
54:17un prêt à taux zéro
54:18pour les familles
54:19à partir du moment
54:19où ils avaient un nouvel enfant
54:20politique familiale
54:22parce que c'est peut-être ça le sujet
54:23est-ce qu'on ne peut pas relancer
54:24la natalité par le logement
54:25et pas plutôt réduire
54:26le nombre de logements
54:27parce qu'on est en dénatalité
54:29évidemment
54:29il manque une pièce par famille
54:30peut-être que c'est d'une raison
54:31voire d'une natalité
54:33Marie-Henri
54:34on aurait bien une deuxième
54:34d'ailleurs
54:35c'est pour ça qu'on en fait du
54:36et voilà
54:37merci à tous les quatre
54:38pour cette émission passionnante
54:39disponible en podcast
54:40téléplay
54:41sur l'application BFM Business
54:42Marie-Cœur de Rois
54:44Gilles Raveau
54:45Mathieu Plannes
54:46et Clémentine Gallès
54:48tout de suite
54:48c'est R&D
54:49animé par Jean-Baptiste Thouette
54:50quant à nous
54:50on se retrouve demain
54:51même heure
54:51même endroit
54:529h30
54:53en direct sur BFM Business
54:54très bonne journée à tous
54:58les experts
54:59débat et controverse
55:00sur BFM Business
55:03Marie-Cœur de Rois
55:04Gilles Raveau
55:05Mathieu Plannes
55:07et Clémentine Gallès
55:08tout de suite
55:09c'est R&D
55:09animé par Jean-Baptiste Thouette
55:11quant à nous
55:11on se retrouve demain
55:12même heure
55:12même endroit
55:129h30
55:13en direct sur BFM Business
55:15très bonne journée à tous
55:18les experts
55:20débat et controverse
55:21sur BFM Business
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