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Ce mercredi 7 octobre, l’adoption de l’intelligence artificielle dans les entreprises et l’éducation pour augmenter la productivité a été abordée par Benoît Serre, co-président du Cercle Humania, Carine Rouvier, PDG d'EuropAmiante et du Domaine LEO, et Florian Ielpo, en charge de la macroéconomie chez Lombard Odier, dans l'émission Les Experts, présentée par Laure Closier sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00On est reparti, les 10h03 sur BFM Business & Experts.
00:03Karine Rouvier est avec nous, PDG d'Europe Amiant et de Domaine L.E.O.
00:07Benoît Cerco, président du Cercle Humania et Fior Laurent Yelpo, responsable macro chez Lombard.
00:12Audi, on était en train de parler de l'impact de l'intelligence artificielle sur la productivité.
00:16Karine Rouvier, quand vous faites face à quelqu'un qui vous dit
00:18« Non, je n'utiliserai pas l'IA », comment vous faites concrètement ?
00:23Par quel chemin vous allez vers lui ?
00:26Alors, les convaincre, c'est difficile, mais je leur explique que l'IA, telle qu'elle est aujourd'hui,
00:34en tout cas, pas celle qu'on code, parce que Claude, avec le codage de Claude, c'est un autre
00:37sujet,
00:37mais l'IA, telle que ChatGPT par exemple, je ne sais pas si j'ai le droit de donner des
00:40noms,
00:40enfin tout le monde l'utilise, je leur explique qu'aujourd'hui, c'est un assistant qu'on a à
00:45côté de nous,
00:45il ne va pas prendre notre place en fait, c'est un assistant qui est très puissant,
00:48qui est face à, d'ailleurs j'ai fait une petite image là-dessus, qui est face à tout un
00:51tas d'écrans.
00:51La question c'est comment est-ce qu'on lui explique d'aller voir dans cet écran, être très spécialisé,
00:54avoir des infos très vite, moi je le prends un peu comme un chef de cabinet en fait,
00:57c'est-à-dire j'ai plusieurs sujets à voir, il y en a un spécifique, j'ai besoin d
01:01'avoir les infos tout de suite,
01:01d'ailleurs ce matin, quand j'ai eu les sujets, qu'est-ce que j'ai fait ?
01:05J'ai regardé l'IA en premier, en plus de l'actualité bien sûr, donc voilà, moi je dis aux
01:08gens, prenez-le juste comme un assistant,
01:09et aujourd'hui c'est magique, je veux dire, un tas de gens qui n'avaient pas le droit à
01:12un assistant,
01:13ont le droit à un assistant, y compris la femme de ménage, y compris tous les gens qui sont autour
01:16de vous, c'est magique en fait.
01:17L'idée c'est pas de dire ça va prendre votre place, de toute façon ça ne prendra pas notre
01:19place,
01:20ce que je trouve bien aussi dans l'IA, ce que j'explique aux gens, je pense qu'il va
01:23y avoir un retour entre le Covid qui nous a obligés à rester chez nous,
01:27je repars sur le Covid, je suis désolé, mais l'IA, je pense que l'association des deux va obliger
01:32les gens à nouveau recréer du collectif,
01:34à aller se voir et se parler, parce qu'aujourd'hui l'IA permet à tout le monde de tricher,
01:37on le voit, vous savez, tous ceux qui ont des faux comptes un peu partout, maintenant ils utilisent l'IA,
01:40là où avant vous aviez des mails qui étaient remplis de fautes d'orthographe, maintenant c'est nickel,
01:44quand vous vous voyez pour de vrai, moi je sais que vous existez pour de vrai et que vous me
01:46parlez pour de vrai,
01:47du coup l'IA je pense qu'elle va recréer du collectif, on l'a par exemple pour la musique,
01:51aujourd'hui il y a de l'IA, 50% des musiques qui sortent aujourd'hui sont créées par des
01:55IA,
01:55celles-ci vous ne les verrez pas en concert, donc si vous voulez avoir de la vraie musique et des
01:58vrais musiciens,
01:59demain il faudra à nouveau créer du collectif et se remettre en concert, je pense que l'IA est une
02:02chance pour l'humanité,
02:03et vraiment je le sens, c'est comme ça que je le sors.
02:06Mais vous commencez par parler de la place ?
02:08Moi je parle de la place de l'IA, c'est-à-dire que chaque humain va pouvoir se reconnecter
02:11à d'autres humains et que l'IA est un insistant pour nous,
02:14peut-être qu'il va devenir plus fort, peut-être qu'il viendra plus intelligent,
02:16mais il ne nous remplacera pas en fait, il ne peut pas nous remplacer,
02:20et nous on deviendra agile et on deviendra sûrement meilleur aussi dans ce qu'on fait,
02:23peut-être qu'on fera carrément autre chose qui nous plaît plus qu'aujourd'hui,
02:25on parlait justement des contraintes des salariés etc,
02:28peut-être que demain grâce à l'IA ça va leur débloquer du temps,
02:30ils vont peut-être faire des choses qui leur plaisent beaucoup plus qu'aujourd'hui,
02:33donc il faut l'intégrer, de toute façon on n'a pas le choix,
02:35l'IA elle est là, on ne peut pas dire j'en veux pas,
02:37c'est comme si on disait je ne veux plus de l'électricité,
02:38et bien éteignez le plateau alors.
02:40On va se faire justement sur cette question du Covid,
02:41quand on regarde les lycéens d'aujourd'hui c'est les collégiens,
02:43en gros ceux qui sont en seconde aujourd'hui c'est ceux qui étaient en sixième
02:46quand il a fallu mettre le masque et parfois ne pas aller à l'école,
02:50des lycéens qui sont aujourd'hui, ils ont du mal à faire classe
02:52parce qu'ils ont beaucoup de spécialités,
02:53donc en fait ils sont très séparés,
02:54et de quoi parlent-ils aujourd'hui dans les manifestations ?
02:57De leur emploi du temps,
02:58on voit des gens qui brandissent les 8h-18h avec des trous ou pas,
03:01en disant c'est trop,
03:02les salariés ils parlent de leur emploi du temps toute la journée aussi.
03:05Oui, de toute façon il y a un rapport au temps qui est extrêmement complexe,
03:09quand on a vu que les gens étaient de plus en plus attachés,
03:12et le Covid a accéléré ça,
03:14à l'équilibre de vie privée professionnelle,
03:16quand je dis qu'il ne faut pas accuser tout du Covid,
03:18il a une seule vertu le Covid,
03:19il a cristallisé des choses qui étaient présentes partout,
03:21et qui sont concentrées en un seul endroit,
03:23et dont on ne peut plus les ignorer aujourd'hui.
03:24C'est vrai que les lycéens parlent beaucoup de leur temps,
03:27elles parlent beaucoup de leur environnement de travail,
03:29c'est amusant d'ailleurs,
03:30leur discours est assez proche des salariés qui sont mécontents dans les entreprises,
03:33ils disent la même chose en fait,
03:34j'arrive pas à faire tout ce que j'ai à faire,
03:36j'ai le sentiment d'être sous pression,
03:38l'organisation du travail me va pas,
03:39mes conditions de travail me vont pas,
03:40c'est intéressant de voir qu'au-delà des casseurs,
03:43des trucs et des machins,
03:44il faut arrêter cette espèce de bouillie,
03:47la réalité c'est qu'il y a quand même un sujet.
03:49Donc je crois qu'effectivement les différentes réformes,
03:52vous savez l'éducation nationale se réforme à chaque,
03:54même pas à chaque quinquennat,
03:55à chaque gouvernement il y a une nouvelle idée,
03:57résultat comme pour le modèle social d'ailleurs.
03:58À chaque ministre même parfois si je puis me permettre,
04:00à chaque ministre on prend le...
04:01Oui chaque ministre,
04:02alors en plus le nombre de ministres on les gronde plus là.
04:03Qui parfois pour se le construire évidemment.
04:05Je pense qu'il y a une espèce de,
04:06c'est un petit peu comme pour le modèle social,
04:08il y a eu tellement de réformes dans tous les coins,
04:09qu'en fait on l'a totalement déséquilibrée l'ensemble.
04:12Chaque réforme prise séparément,
04:13on peut la trouver bien ou pas bien,
04:15mais quand vous les additionnez toutes,
04:16ça fait un truc illisible et incompréhensible.
04:18La multiplication des options fait que oui,
04:20il y a des gens qui vous disent,
04:21même les proviseurs,
04:23vous vous dites moi j'y arrive plus en fait.
04:24Parce que l'absentéisme des profs,
04:27enfin le fait qu'il n'y ait pas de profs en fin de certaine année,
04:29vient aussi de là.
04:30Il y a tellement une multiplication de matières,
04:32qu'évidemment vous augmentez trois fois plus le risque
04:34de ne pas avoir de profs pour des raisons de maladie,
04:36pour des raisons d'absence, etc.
04:37Donc je pense que les lycéens d'aujourd'hui,
04:41il faut, sincèrement,
04:43il faut quand même comprendre
04:45qu'est-ce qu'on leur propose en réalité.
04:46C'est-à-dire, ils ont, il y a les horaires,
04:49c'est comme quand un sérieux vient vous voir
04:51et vous dire moi je vais m'en aller parce que j'en ai marre.
04:52Quand vous creusez, il y a un truc qui le coince,
04:55ça peut être sa rême, ça peut être son patron,
04:57ça peut être n'importe qui,
04:57mais il y a un truc qui le coince.
04:59Les lycéens, on a laissé le truc grossir
05:00en disant bon on va bien s'en sortir,
05:02sauf qu'on ne s'en est pas sortis, d'une part,
05:04et ensuite, je les comprends,
05:06mais vous imaginez,
05:07vous avez 17 ans ou 18 ans aujourd'hui.
05:12Un, on retrouve les années 70-80
05:14quand les gens sont fait virer
05:15après 30 ans de bloquer au service.
05:16Un, chômage de masse.
05:18Deux, très grande difficulté à trouver un emploi.
05:20Trois, un discours politique hallucinant,
05:23une espèce de violence politique,
05:25et je ne mets pas de bons points à l'un ou à l'autre,
05:26total.
05:28Une instabilité sociale absolue.
05:31Le fait que les gens sont de plus en plus persuadés
05:36que personne ne s'occupe d'eux finalement.
05:38Ils n'ont pas d'avenir,
05:39ils ont le sentiment de ne pas en avoir.
05:40Et or l'école, s'il y a bien un endroit
05:42où ils doivent construire l'avenir, c'est celui-là.
05:43Donc les lycéens, c'est curieux de voir
05:45que les lycéens rejoignent
05:49certaines contestations
05:50que les salariés font remonter
05:51quand ils ne vont pas bien.
05:52Ça veut dire qu'il faut les traiter de la même manière.
05:54On ne peut pas rester...
05:55Et oui, mais vous n'allez pas les augmenter
05:57ou leur proposer de télétravailler ?
05:58Non, non, non, bien sûr.
06:00Je pense qu'il faut avoir une forme de courage
06:02consistant à dire...
06:03Je ne suis pas sûr, par exemple,
06:05que les 80% d'une classe d'âge au bac
06:07a été une excellente idée quand même.
06:08Là, il faut remettre le système à plat.
06:11À plat, ça va être très long, mais très compliqué.
06:13Déjà, il faut assumer qu'ils ne fonctionnent pas
06:14comme on voudrait qu'ils fonctionnent
06:15et qu'ils ne produisent pas d'avenir aux gens.
06:17Et sur l'IA, le dernier point,
06:18à vos salariés qui n'y croient pas,
06:20moi, j'ai fait le coup l'autre jour à quelqu'un
06:21qui me disait, moi, l'IA, je n'utilise pas.
06:23Je dis, ça tombe bien, parce que l'IA, tu utilises.
06:25En fait, tu passes ton temps à scroller,
06:26à ton avis, qu'est-ce que tu scrolles ?
06:28C'est l'IA qui te pousse quand tu as envie de voir.
06:29Donc je pense que ça aussi.
06:30Il faut leur expliquer que, vous savez,
06:32si vous n'êtes pas à table, c'est que vous êtes au menu.
06:35Donc, voilà.
06:37Chacun est coincé dans son algorithme,
06:39ce qui n'aide pas non plus aux discussions.
06:41Floriel, pour l'éducation, premier sujet économique quand même.
06:43Ce n'est pas un sujet qu'il faut prendre à la légère.
06:45Les lycéens qui sont là, c'est les salariés de demain.
06:48Le premier essor de la productivité,
06:50c'est l'éducation qu'on reçoit aujourd'hui,
06:52au lycée, au collège, et plus tard à l'université,
06:55si on y voit très clairement.
06:57Il y a un sujet qui est commun, c'est ce sujet-là,
06:58c'est l'IA dans le cadre de la pédagogie.
07:02Aujourd'hui, on patauge un petit peu de ce côté-là,
07:05alors que ça devrait également nous amener
07:07à repenser notre modèle d'enseignement.
07:10J'enseigne à l'université,
07:11donc je peux vous en parler de façon un peu pratique.
07:14La première réaction des étudiants,
07:17c'est très naturellement de l'utiliser pour tricher.
07:19Je ne vais pas avoir à réviser, ce n'est pas la peine.
07:21Il suffit juste de cocher des cases.
07:22Donc si je peux copier-coller la question,
07:24la donner à l'IA et répondre grâce à ça,
07:25eh bien, pas de problème.
07:26Ils sont d'ailleurs assez inventifs,
07:28c'est assez fascinant à voir.
07:30Maintenant, c'est aussi notre responsabilité
07:31du côté du corps enseignant,
07:33de leur apprendre à utiliser cette IA.
07:35Aujourd'hui, personne ne sait utiliser l'IA,
07:37ça existe depuis 4 ans.
07:38C'est une technologie qui est complètement nouvelle,
07:40dont on fait l'expérience.
07:41Pour l'instant, tout ce qu'on sait,
07:42c'est l'expérience qu'on en a ramassée, tout simplement.
07:45Donc on doit être capable, de façon très concrète,
07:48de couper le cours en deux,
07:49de faire une partie de cours où on leur explique un concept,
07:51et après on leur donne un exercice à résoudre avec l'IA.
07:53Pas tout seul, en disant, voilà,
07:55on demande à l'IA, qu'est-ce que l'IA dit,
07:56est-ce qu'elle a raison, est-ce qu'elle n'a pas raison ?
07:57Je vais t'entraîner à détecter les erreurs de l'IA.
08:00Ça, c'est une compétence qu'on a envie d'avoir.
08:01Parce qu'après ça, dans les entreprises,
08:03c'est quelque chose qui va nous servir,
08:04et qui va permettre d'accélérer justement
08:06l'adoption de cette IA.
08:07Ça, c'est une vraie source de productivité.
08:09On a tous un assistant personnel,
08:10mais sauf qu'on est capable de détecter, nous,
08:12les erreurs de nos assistants, si on en a.
08:15Mais pour ça, il faut être formé.
08:16Exactement, pour ça, il faut être formé,
08:17il faut avoir l'expérience.
08:18L'IA, quelque part, c'est le règne des experts.
08:20L'émission porte bien le nom.
08:22C'est-à-dire que si je suis expert,
08:24je suis à même de détecter justement ces erreurs-là,
08:26je suis à même d'instrumentaliser cette myriade.
08:28Ce n'est pas un assistant,
08:29c'est une myriade d'assistants.
08:31Il y a quand même aussi un gros problème
08:32sur l'éducation nationale aujourd'hui,
08:34c'est qu'en dehors de révolutionner la façon d'enseigner,
08:37et là, je vous rejoins complètement,
08:39la vraie problématique aujourd'hui,
08:40c'est que les filières n'ont pas bougé.
08:42Aujourd'hui, on continue d'envoyer des gens,
08:43par exemple, sur le marketing digital.
08:44Enfin, là, la filière est totalement morte, en fait.
08:47Parce qu'il n'y a aucun marketeur aujourd'hui
08:48qui est meilleur que l'IA, en fait.
08:50Vraiment, il fait une analyse
08:51qui est, en quelques secondes, extraordinaire.
08:53Donc, le problème, c'est que là,
08:54il faut révolutionner très, très vite
08:55vers où on envoie nos enfants, en fait.
08:58Là, on les envoie dans des situations
08:59qui sont ubuesques.
09:00Là, on va produire, comme vous disiez tout à l'heure,
09:03des Bac plus 4, Bac plus 5
09:04qui n'ont aucun débauché possible.
09:06Aucun.
09:06Et là, l'IA a pris leur place, là, pour de vrai.
09:08Elle a déjà pris leur place.
09:09Et je ne sais pas comment est-ce que là,
09:10on peut mettre ça en route.
09:11Effectivement, l'IA va plus vite que nous, c'est clair.
09:13Mais là, il faut qu'on ouvre les yeux
09:13et faire un point de situation, se rendre compte.
09:16Et c'est assez étonnant, d'ailleurs,
09:17qu'ils ne revendiquent pas la modification des filières.
09:21Ils revendiquent les horaires, OK.
09:23Les horaires, pourquoi pas ?
09:24Ils revendiquent l'état des lycées.
09:25Alors, moi, qui suis quand même beaucoup dans le BTP,
09:29j'ai une boîte dans le BTP,
09:29je visite beaucoup de lycées.
09:30Je vous assure que les lycées,
09:31c'est comme les commissariats,
09:32ils ont vraiment besoin d'être rénovés.
09:33Ils ont vraiment d'urgence.
09:35Ça, c'est un vrai sujet.
09:35OK, mais ça, ils ont raison là-dessus.
09:37Je ne suis pas sûr qu'il faille les cramer
09:38pour les réparer.
09:3970% des lycées ont plus de 50 ans.
09:4070% des lycées ont plus de 50 ans.
09:42Et encore là, il est moins chaud.
09:44Moi, j'en visite beaucoup
09:45et qui sont vraiment dans un état lamentable.
09:46Les brûlés ne vont pas aller plus vite
09:48parce qu'après, vous savez qu'en France,
09:49le temps qu'on mette un marché en route, etc.,
09:51ça va être long.
09:52Entre 5 et 10 ans,
09:53le temps qu'on refasse un lycée,
09:54c'est un peu dommage, ça aussi.
09:55Mais vraiment, il y a une révolution à faire.
09:56Mais là, ce que vous dites,
09:57c'est qu'il y a des écoles
10:05ou 5 ans, mais là, c'est fini.
10:06La filière, elle n'arrive nulle part, là, maintenant.
10:08Il y a eu une tentative.
10:09Sur les filières professionnelles,
10:10ça rejoint un autre sujet
10:11qui est de rapprocher le monde
10:13de l'enseignement de l'entreprise.
10:14Il est très éloigné, honnêtement.
10:15Moi, je connais bien les deux
10:16parce que j'enseigne aussi à la fois entreprise.
10:18Il est très éloigné.
10:18Il y a eu une tentative qui a été faite
10:20par Carole Grandjean
10:21qui était ministre déléguée
10:23à l'enseignement professionnel, je crois,
10:24il y a quelques années
10:25et qui avait dit
10:26« Moi, je vais fermer les filières
10:27qui ne mènent à rien
10:29pour soutenir mieux les filières
10:36par l'actuel gouvernement
10:37il y a quelques mois. »
10:38Pareil sur l'apprentissage d'alternance.
10:40Moi, j'ai eu pas mal de débats
10:41avec le personnel politique
10:42sur la réforme
10:44qui était très bien.
10:45On est passé de 300 000 à 900 000
10:46à terme d'un processage.
10:46On sait depuis l'Allemagne
10:48que c'est un formidable passeport vers l'emploi.
10:51Ils ont réformé,
10:52ils n'ont plus d'argent.
10:52Très bien.
10:53Mais moi, je me disais
10:53« Mais pourquoi est-ce que vous ne faites pas la même chose ? »
10:56Autrement dit,
10:56vous choisissez des filières
10:57qui ont de l'avenir
10:59dans lesquelles les entreprises
11:00ont besoin d'emplois.
11:01On les connaît.
11:01Mais vous n'arrosez pas tout le monde.
11:03Vous arrêtez d'arroser tout le monde.
11:04Ça ne sert à rien d'abord.
11:05Et pour les jeunes,
11:06c'est important, vous savez,
11:06dans le rapport Montaigne
11:08sur les jeunes et le travail
11:08à laquelle j'ai eu la chance de participer,
11:10il était indiqué que
11:11les services publics d'orientation de l'État
11:13sont ceux que les jeunes écoutent le moins.
11:15Ils écoutent d'abord leurs parents
11:16et notamment leurs mères.
11:18Oui.
11:18C'était intéressant.
11:19Très important, les mères.
11:20Je pense qu'il y a un sujet d'orientation.
11:21Les jeunes qui sont aujourd'hui
11:22les lycéens, les étudiants,
11:24il y a aussi ça.
11:25On leur fait croire,
11:26on leur fait croire,
11:28on leur fait croire
11:28qu'en allant dans cette filière,
11:29en faisant ce qu'ils ont envie de faire,
11:31ils trouveront un job.
11:31Non.
11:32Moi, je peux vous dire
11:32qu'ils n'en trouveront pas
11:33dans certains domaines.
11:34Il faut arrêter.
11:35Il faut arrêter de faire croire aux gens
11:36parce que ça,
11:37ça crée de la désespérance.
11:38Partout.
11:39Partout.
11:40Donc, je pense que l'urgence,
11:43si on prend un des points,
11:45c'est enfin de faire collaborer
11:46le monde de l'entreprise
11:47et le monde de l'enseignement.
11:49La France,
11:49elle est contrairement
11:50à plein d'autres pays
11:50que vous connaissez certainement,
11:51l'Allemagne, le Japon,
11:53le Portugal,
11:54depuis sa réforme d'ailleurs,
11:56ils ont arrêté de séparer en trois
11:58le monde de l'enseignement.
11:59Vous savez, en France,
11:59il y a l'enseignement scolaire,
12:01l'enseignement supérieur professionnel,
12:02l'enseignement de formation continue.
12:04Mais c'est la même chose, en fait.
12:05Donc, je pense que c'est très important.
12:07Certains le font déjà.
12:08D'ailleurs, j'observe
12:09que les entreprises,
12:09les plus grosses,
12:10parce qu'elles ont les moyens de le faire,
12:11qui ont bien compris
12:12qu'avec la démographie,
12:13ils auront moins de candidats,
12:14il s'agit de trouver
12:15un lien avec les gens
12:16le plus tôt possible.
12:17Donc, ils ouvrent
12:17leur catalogue de formation
12:18à qui veut.
12:19C'est très malin.
12:21C'est très malin.
12:22Parce que c'est une manière
12:23de capter les gens.
12:24Et puis, l'apprentissage de l'alternance,
12:25je parle sous votre contrôle,
12:27je ne comprends même pas,
12:28je comprends que ça te coûtait 12 milliards,
12:30enfin, où on en est,
12:31ça ne se voit pas,
12:35de casser ou de prendre le risque
12:36de casser ça.
12:37Oui, mais vous me dites
12:38prendre le risque,
12:39mais en même temps,
12:39vous dites qu'il ne faut pas
12:40arroser le sable
12:40en disant que pas toutes les filières,
12:42pas toutes les boîtes,
12:42c'est maintenir un haut niveau
12:43d'investissement
12:44entreprise alternance-apprentissage
12:46et se concentrer,
12:48surfinancer presque,
12:49les filières qui mènent
12:50à quelque chose.
12:51Mais ça demande,
12:52et là, je me tourne vers Flan,
12:53du courage,
12:54mais surtout des priorités.
12:56Ça demande de dire,
12:57il faut une priorité,
12:58je vois, sur le nucléaire,
12:59sur l'armement,
13:00et ça, on n'arrive pas
13:00à le faire, Flan.
13:01On n'arrive pas à dire
13:02quels sont les...
13:03à planifier
13:04et avoir une vision long terme
13:06sur où va la France
13:07dans les 15, 20 prochaines années.
13:09Oui, puisqu'on est en train
13:10de gérer une urgence
13:10qui est l'urgence de la dette.
13:11Et puis, les marchés,
13:12de ce côté-là,
13:12n'aident pas du tout,
13:13pour revenir sur ce qu'on disait
13:14au tout début.
13:14Je vous crée une urgence
13:15du financement.
13:16Vous devez trouver
13:17une loi de finance
13:18très rapidement.
13:18Vous allez devoir la voter
13:19très prochainement.
13:20Vite, dépêchez-vous
13:21de trouver les 50 milliards
13:22d'économies,
13:22sans quoi les taux
13:23vont continuer à progresser
13:24et vous serez réellement
13:26dans une impasse.
13:27Ça, ça n'aide pas
13:28à penser plan,
13:29à penser planification.
13:31L'autre problème,
13:32c'est que probablement
13:33que la vraie variable
13:34d'ajustement pour la dette,
13:35c'est...
13:36Elle doit se décider
13:37quelque part
13:37entre la jeune génération
13:38et l'ancienne génération,
13:39c'est-à-dire entre
13:40la retraite
13:41et l'éducation.
13:42Aujourd'hui,
13:43vous avez en France
13:4420%, 24% de mémoire
13:45de la population
13:47qui a moins de 20 ans,
13:48mais vous avez également
13:4924% de gens
13:50qui ont plus de 65 ans.
13:51Vous avez vraiment
13:52deux groupes polarisés.
13:54Avec deux pentes différentes.
13:55Avec deux pentes différentes.
13:56Mais qui vote,
13:58déjà,
13:58parmi ces deux populations ?
14:00Très clairement,
14:00plutôt la dernière population.
14:02Et qui va prendre
14:03la décision, justement,
14:04de ce futur ?
14:05C'est plutôt les intérêts
14:06de ce dernier groupe-là.
14:07Donc, on a vraiment
14:08une polarisation aujourd'hui.
14:09entre l'avenir
14:11et le passé,
14:11quelque part.
14:12Et il faut prendre soin
14:12du passé,
14:13mais il faut également
14:14construire l'avenir
14:14et avoir un mécanisme
14:16d'enseignement,
14:17avec un point qui est important,
14:19qui crée un appariement
14:21positif dans l'économie.
14:23L'appariement,
14:23c'est le fait que
14:24les gens qu'on forme
14:25correspondent aux besoins
14:26dont on a besoin
14:27dans l'économie.
14:28On en parle en France
14:29depuis 30 ans,
14:30je pense, globalement.
14:30Marketing digital.
14:31Si vous êtes une mère,
14:32ne conseillez pas
14:33ces filières.
14:34On a sanctifié
14:34les grandes écoles.
14:35On a voulu
14:38donner l'image
14:39qu'avoir du succès
14:40aujourd'hui dans ces études.
14:41C'est faire une classe
14:42préparatoire
14:42et ensuite intégrer
14:43des grandes écoles,
14:44ce qui est formidable.
14:45C'est un modèle
14:45qui aspire vers le haut
14:46ceux qui veulent faire
14:47des études longues.
14:48Mais par contre,
14:49le nombre d'entre eux
14:50doit être relativement limité
14:51parce qu'on a besoin
14:52de plein d'autres métiers
14:53pour lesquels on ne forme
14:56pas d'étudiants
14:56dans ce domaine-là.
14:57Alors prenez le modèle allemand,
14:59prenez le modèle suisse,
15:00prenez le modèle autrichien.
15:02C'est très très différent.
15:03Vous n'avez qu'un tiers
15:04de bacheliers au maximum,
15:05un tiers de bacheliers
15:06et deux tiers de gens
15:07qui vont faire
15:08de la formation professionnelle.
15:09Mais on a aussi
15:10un problème en France,
15:11c'est la valorisation
15:12du travail manuel
15:13parce que vous parlez
15:14en fait de ça.
15:14J'ai un exemple
15:16d'une filière,
15:17vous prenez la couverture.
15:18Il y a de très bonnes
15:19écoles de couverture,
15:20notamment les compagnons
15:21du Tour de France,
15:21etc.
15:22Quand ils ouvrent
15:22une session d'apprentissage,
15:24c'est de l'apprentissage,
15:25ils ont à peine 12 élèves
15:26alors qu'ils pourraient
15:27en recevoir 30.
15:28Donc quand vous voyez ça,
15:29vous dites qu'est-ce qu'on fait ?
15:32Alors que des couvreurs,
15:33c'est un métier qui est très bien.
15:34En plus,
15:34c'est des gens
15:35qui gagnent bien leur vie.
15:36Là, on ne parle même pas
15:37de niveau de vie
15:37parce que je ne vous parle même pas
15:38des gens qui font de l'aide
15:39à domicile,
15:39qui là, pour le coup,
15:40ont un niveau de vie
15:40qui est très bas.
15:42Du coup,
15:42on a un vrai problème
15:43de valorisation
15:44de nos métiers manuels.
15:45Et je pense que l'IA aussi,
15:46elle va nous aider.
15:47Elle va mettre tellement de gens
15:48dans la difficulté,
15:48ceux qui sont assis derrière les bureaux,
15:49la fameuse bureaucratisation.
15:51Je pense qu'il y a tellement de gens
15:52qui vont se retrouver sur le carreau.
15:53On va peut-être remonter un peu
15:54l'idée qu'on a des fonds manuels.
15:56Par la rémunération.
15:57Par la rémunération.
15:57Mais là, je prêche.
15:58Quand vous avez des enfants,
16:00vous vous dites
16:01s'ils pouvaient être médecins
16:02ou ingénieurs.
16:04C'est le premier truc
16:05que vous projetez.
16:05Vous ne vous dites pas
16:06tiens,
16:07faire de la soudure dans le nucléaire.
16:08J'ai eu quatre enfants
16:09et j'en ai une
16:10qui est ingénieure nucléaire
16:11parce que c'était dans sa tête,
16:13elle était capable de le faire.
16:14Et j'en ai deux
16:15qui sont les deux dans le BTP.
16:16Et franchement,
16:17je vous assure,
16:18ils ne gagnent pas mieux
16:18que leur vie que moi
16:19mais ils se débrouillent
16:20plutôt bien.
16:21Ils sont autonomes.
16:22C'est une belle vie aussi.
16:23Je n'en doute pas dans les faits
16:24mais vous avez tout un sujet
16:25sociétal et culturel
16:26à faire évoluer.
16:27On a un problème
16:27avec les métiers manuels
16:28alors qu'en fait,
16:29c'est des métiers qui sont
16:30de respect et reconnaissance.
16:32Vous avez du respect
16:32de la reconnaissance.
16:33Ceux qui font de l'aide à domicile,
16:36ils ont la reconnaissance
16:36tous les jours.
16:37Des gens qui viennent aider
16:38tous les jours
16:38ont de la reconnaissance.
16:39Et pourtant,
16:40en termes de salaire,
16:41ils sont à peine au SMIC.
16:42Et c'est là où l'IA
16:43va peut-être nous aider
16:44à remettre un peu
16:44les bonnes personnes
16:45aux bons endroits.
16:46Il y a 40 ans,
16:47celui qui était en échec
16:48en troisième,
16:49on disait qu'il va
16:50en apprentissage.
16:50La France,
16:51elle a développé
16:52une espèce de sentiment
16:52que l'apprentissage
16:53est la voie de l'échec
16:54quand l'Allemagne
16:54faisait systématiquement
16:55le contraire.
16:56En Allemagne,
16:56l'apprentissage est super développé.
16:59Il y a une autre raison
17:00qui va ajouter
17:02à la nécessité
17:03de trouver des priorités stratégiques
17:04c'est la démographie.
17:0535% des ouvriers
17:06de l'industrie
17:07partent à la retraite
17:07d'ici 2040.
17:09Moi, je veux bien
17:13donc les priorités
17:14elles vont venir aussi
17:14de la pénurie
17:17qui est grave.
17:18Vous avez la pénurie organisée
17:19de nucléaires
17:20qu'on n'a rien fait
17:21pendant 10 ans
17:21les écoles ont fermé
17:22il n'y a plus de filière
17:23c'est en train de se reconstituer
17:24grâce notamment à l'EDF
17:26mais de l'autre côté
17:27il y a une réalité
17:29très forte
17:29sur une démographie
17:30avec des métiers entiers
17:31qui disparaissent
17:32du fait du nombre.
17:33Il va bien falloir
17:33remplacer les gens
17:35et ce n'est pas l'IA
17:35qui va remplacer tout le monde.
17:37Et après,
17:37le dernier point sur l'IA
17:38moi je pensais que l'IA
17:39c'est la revanche
17:39d'écoles bleues.
17:40C'est-à-dire qu'avant
17:41que ce soit l'IA
17:41qui répare votre lavabo
17:42il y a un tout petit peu
17:43de chemin quand même.
17:44Avant que ce soit
17:45des robots qui travaillent
17:46dans les e-pads.
17:47Je ne sais pas si vous avez
17:47vu la petite vidéo
17:48du robot qui plie une chemise
17:50même moi j'arrive
17:50à mieux la plier.
17:52Juste vous parlez
17:53de réindustrialisation
17:54justement Florent et Elpeau
17:55dans le programme
17:56du Rassemblement National
17:57il y a cette idée
17:58il faut réindustrialiser
17:59oui mais il faut
18:00moins d'immigrés
18:01donc qui travaille
18:02dans les usines
18:03il y a toujours
18:03une sorte de déni démographique
18:05duquel on n'arrive
18:06pas à sortir.
18:07Oui ce qu'on décrit
18:09est incompatible
18:09soit vous allez faire venir
18:11je vais vous parler
18:12d'un exemple
18:13d'où je viens
18:14qui est l'économie suisse
18:15qui a le problème
18:16exactement inverse
18:17on ne forme pas
18:18assez de cols blancs
18:20il y a un déni démographique
18:21c'est-à-dire
18:21qu'on n'en forme pas assez
18:22et il n'y a pas spécialement
18:24d'intérêt
18:24parmi la population
18:25à en former davantage
18:26du coup
18:27on a une politique
18:28d'immigration sélective
18:30pour faire venir
18:31juste pour importer
18:32des cols blancs
18:33de nos voisins européens
18:34c'est exactement
18:35le même problème
18:36que vous venez de décrire
18:37simplement
18:37sans former de jugement
18:39c'est simplement
18:39on a des catégories d'emploi
18:41vous définissez
18:43combien de gens
18:43vous avez besoin
18:44pour tel métier précisément
18:45exactement
18:46vous allez avoir
18:46et vous avez
18:48des quotas
18:49pour s'appliquer
18:49par pays
18:50mais sans former
18:52le jugement
18:52le fait qu'on pense
18:54cols bleus et cols blanc
18:54c'est quelque part
18:55implicitement
18:55qu'on est en train
18:56de faire un jeu
18:56de monde de valeur
18:57mais pas du tout
18:57vous devez piloter
18:58vos besoins d'appariement
19:00vous avez des besoins
19:01de dentiste
19:02vous avez des besoins
19:02d'ouvriers
19:03vous avez des besoins
19:03de couvreurs
19:04et vous devez piloter
19:06ces besoins-là
19:07c'est une véritable
19:08politique économique
19:09et si j'ose
19:10là où l'IA peut aider
19:11là-dedans
19:13l'Australie a connu
19:14un boom
19:15des matières premières
19:17le secteur des matières premières
19:18est devenu très très productif
19:19avec une très forte productivité
19:21ça a commencé
19:21à attirer plein de travailleurs
19:23qui se sont dit
19:23je ne veux pas devenir coiffeur
19:24mais par contre
19:25je vais aller travailler
19:26dans ce secteur-là
19:27et du coup
19:27pour garder des coiffeurs
19:28il a fallu faire monter
19:29les salaires des coiffeurs
19:30et la même chose
19:31sur les plombiers
19:32la même chose
19:32sur l'intégralité
19:33des autres métiers
19:34donc il faut penser
19:35que s'il y a un boom de l'IA
19:36si les salaires se mettent
19:37à progresser
19:38ou aussi dans certains secteurs
19:39attirant de la population
19:40on peut avoir un effet d'appel
19:41qui fait monter les salaires
19:42globalement
19:43dans d'autres secteurs
19:44ça s'appelle
19:45vous dites ça
19:45à la restauration
19:46et Karine à un restaurant
19:48est-ce que vous pouvez
19:48faire monter les salaires
19:49pour augmenter ?
19:50ben non
19:51aujourd'hui vous ne pouvez pas
19:53parce qu'on se cogne
19:54quand même au plafond de verre
19:56qui est le pouvoir d'achat
19:57des gens dans les restaurants
19:58enfin là c'est les restaurants
19:59on a un plafond de verre
20:00parce qu'à un moment
20:00ou alors il faut baisser
20:00le nombre de restaurants
20:02oui on peut aussi faire ça
20:03si vous avez une méthode
20:04je veux bien
20:04c'est pas une bonne idée
20:05mais c'est ce qu'on appelle
20:07la Dutch disease
20:08donc la maladie hollandaise
20:09ce que je suis en train de décrire
20:10mais ça vient avec un autre symptôme
20:11c'est qu'on vit dans une économie
20:12qui a plus d'inflation aussi
20:13c'est-à-dire que les prix
20:14aussi sont révisés
20:15à la hausse justement
20:16pour permettre de générer
20:17davantage du chiffre d'affaires
20:18pour payer ses salariés
20:19et ça crée une autre
20:21dynamique économique globale
20:22et ça c'est un scénario
20:23qui n'est pas à écarter
20:24pour les dix prochaines années
20:25très clairement
20:26non pas que la productivité
20:28génère de l'inflation
20:28c'est pas du tout
20:29ce que je suis en train de dire
20:30mais la productivité
20:31peut desserrer
20:31certaines contraintes
20:32faire progresser des salaires
20:34et les prix en parallèle
20:35et ça c'est un modèle
20:36assez enviable
20:37qu'on a déjà fait l'expérience
20:39je voudrais qu'on garde
20:404 minutes
20:40parce qu'il nous reste 4 minutes
20:41pour parler de Pascal Lamy
20:42l'ancien directeur général
20:44de l'OMC
20:44qui a donné une interview hier
20:45dans Le Monde
20:46interview assez étonnante
20:48où il dit
20:48qu'il regrette
20:49face à la Chine
20:50de ne pas avoir été
20:51assez sévère
20:52en gros
20:52et ne pas avoir mis
20:53trop de barils
20:53il ne regrette pas
20:56mais quand même
20:57il dit qu'on n'a pas vu
20:58à quel point la Chine
20:59allait se développer
21:00fortement ces dernières années
21:01vous avez reçu ça
21:02comment Florian Lepo ?
21:03ça me fait penser
21:04à une autre vieille théorie
21:05économique du 19ème siècle
21:08qui dit simplement
21:08qu'en gros
21:09on a intérêt à commercer
21:10ensemble
21:10si on est très différent
21:11donc la Chine à l'époque
21:12avait beaucoup de travailleurs
21:13et pas beaucoup de capital
21:14et puis le reste du monde
21:15notre monde à nous
21:16il avait beaucoup de capital
21:17et moins de travailleurs
21:18donc normalement
21:18ce qui était sympa
21:19c'est que ça a fait baisser
21:20le coût de notre capital
21:21ça a fait monter
21:23le coût du travail en Chine
21:24et tout le monde
21:24était très très content
21:25simplement aujourd'hui
21:27on est revenu sur un pied d'égalité
21:28donc la danse
21:29c'est plus du tout la même
21:30on n'est plus du tout dissemblant
21:32on est très similaire
21:33et quand on est très similaire
21:34il faut changer
21:35de politique commerciale
21:36alors on le fait
21:37du côté des Etats-Unis
21:37c'est décrié
21:38et ça tombe maintenant
21:39de notre côté
21:40parce que vous voyez
21:41les flux sont détournés
21:42les flux chinois
21:43sont détournés
21:43des Etats-Unis
21:44vers l'Europe
21:44donc il faut que l'Europe réagisse
21:46et comprenne
21:47qu'on n'est plus dissemblant
21:48on est similaire
21:49si on est similaire
21:50alors on est compétiteur
21:51et être compétiteur
21:52ça n'a plus rien à voir
21:53à être collaborateur
21:54mais ils reconnaissent
21:54qu'on les a sous-estimés
21:55quand même un peu
21:56ils sont allés très vite
21:57voire mal jugés
21:58eux ils avaient un plan
21:59mais ils ont aussi
22:00plus de 300% de dettes sur PIB
22:01donc simplement
22:02leur dette est contenue
22:03à l'intérieur du pays
22:04n'en sort pas
22:04c'est une autre dynamique
22:05mais ils ont déployé un plan
22:08et ce plan-là
22:08leur a permis d'atteindre
22:09ces objectifs-là
22:10l'enjeu c'est
22:11peut-être qu'après
22:11les présidentielles
22:12c'est de penser plan justement
22:13et de penser politique industrielle
22:15pour aider
22:15pour accompagner les entreprises
22:16Karine ?
22:18Cette déclaration
22:19est effectivement
22:21très intéressante
22:22parce que
22:22qu'est-ce qu'on en fait derrière
22:23on fait du protectionnisme
22:25si on fait du protectionnisme
22:26alors on va protéger
22:27la vente de produits finis
22:28comme nos voitures
22:28certes
22:29mais on ne va pas protéger
22:30tous les intrants
22:31qui sont dans l'industrie
22:32c'est-à-dire qu'aujourd'hui
22:33la plupart des industries françaises
22:34sont dépendantes de la Chine
22:35même si vous pensez
22:36que vous achetez du matériel
22:37en Allemagne
22:37il est fort probable
22:38que le matériel de l'Allemagne
22:39ait une partie
22:39ne serait-ce que les terres rares
22:41déjà
22:4180% des terres rares
22:42viennent de l'Asie
22:43donc déjà
22:43donc il y a un vrai sujet économique
22:45alors là c'est plus
22:45votre boulot que le mien
22:46parce que moi
22:46en tant qu'entrepreneur
22:47la seule chose que je vais voir
22:48c'est le pourcentage augmenté
22:49si on fait du protectionnisme
22:51ça va forcément coûter plus cher
22:52en France
22:52est-ce que derrière
22:53parce qu'il y a un problème
22:54de temporalité là-dedans
22:55la temporalité
22:55c'est le protectionnisme aujourd'hui
22:57mais comment est-ce que demain
22:58on redéveloppe plus
22:59d'industrie en France
23:00pour être beaucoup plus compétitif
23:01alors les deux
23:02c'est-à-dire
23:02on parle d'augmenter le salaire
23:05on parle de diminuer
23:05les heures de travail
23:06et en même temps
23:07il faut être plus productif
23:08pour faire moins cher
23:09et de concurrence à la Chine
23:11moi je ne suis pas économiste
23:11alors là il y a un sujet
23:12qui a l'air d'être bien compliqué
23:13on va peut-être donner ça à une IA
23:14on va peut-être nous trouver
23:15une solution
23:16non mais là elle va vous dire
23:17ça ne fonctionne pas
23:18ça s'appelle la quadrature du cercle
23:19elle va dire arrêtez
23:20sortez de la France
23:21faites autre chose
23:22non mais c'est vrai
23:23non mais en tant qu'entrepreneur
23:25nous la seule chose qu'on peut faire
23:25c'est subir
23:26on n'a pas d'autre solution
23:27que subir
23:27un peu de protectionnisme
23:28je pense que ça ne ferait pas de mal
23:30mais il faut voir
23:30où est-ce que ça se place
23:31et là comme on disait tout à l'heure
23:32comme l'éducation nationale
23:33il faut que ce soit précis
23:34dans des endroits
23:35qui soient clairement identifiés
23:36pour que ça nous protège
23:37parce qu'aujourd'hui
23:38on a encore quelques beaux produits
23:41qui ne sont pas attaquables
23:42mais on ne va pas tarder
23:43à être attaquables
23:43on prend par exemple
23:44l'industrie du champagne
23:46parce que j'ai des amis
23:46qui sont champenoises
23:47je pense que si demain
23:48la Chine se met à inonder
23:49la France de champagne
23:50à la moitié du prix
23:51c'est fini
23:52donc il faut vraiment
23:53qu'on soit précis
23:54dans nos acquis à nous
23:55qu'on fasse gaffe à nos acquis
23:57alors là si on se fait attaquer
23:59par le champagne
23:59c'est que vraiment
24:01c'est la fin quoi
24:05dites pas ça
24:05je fais les vendanges chaque année
24:06je pourrais plus y aller
24:07ce serait dommage
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