- il y a 11 heures
Ce mardi 2 juin, Raphaël Legendre a reçu Christian Poyau, cofondateur et PDG de Micropole, Hervé Novelli, initiateur du Cercle des Entrepreneurs Engagés et ancien député, et Thomas Grjebine, responsable du programme "Macroéconomie et finance internationales" au CEPII, dans l'émission Les Experts sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:05BFM Business et la Tribune présente
00:09Les Experts
00:10Raphaël Legendre
00:11Bonjour à tous, il est 9h passé de 31 minutes, vous êtes en direct sur BFM Business et les Experts.
00:16On est ensemble pour une heure de débat et de controverse sur l'actualité économique du jour.
00:20Avec cette question ce matin, l'économie française est-elle en train de nous surprendre ?
00:25D'abord avec Choose France et ce nouveau record, 93 milliards d'euros d'investissement annoncés à Versailles hier et
00:35derrière.
00:35Mais derrière les annonces, y a-t-il une véritable réindustrialisation du pays ?
00:40Les data centers et l'intelligence artificielle sont-ils les hauts fourneaux du 21e siècle ?
00:46Et puis surtout, surtout, la confiance des investisseurs étrangers est-elle de retour durablement ?
00:52Ce sera le premier thème des débats avec mes experts aujourd'hui.
00:56Et puis cette autre surprise, c'est les chiffres de l'INSEE.
01:00L'INSEE qui a révisé la croissance en 2023.
01:04Elle a quasiment doublé en réalité.
01:07Et désormais, l'industrie pèse plus lourd que prévu dans le PIB.
01:11L'investissement des entreprises aussi.
01:13Qui a mieux résisté ?
01:15Et finalement, si l'économie française allait beaucoup mieux que le récit dominant ne le dit ?
01:22Ce sera le deuxième débat aujourd'hui.
01:24Et puis enfin, face à la Chine qui subventionne massivement son industrie et impose progressivement ses normes,
01:32comment l'Europe peut-elle encore défendre son modèle économique ?
01:37Faut-il changer de doctrine commerciale ?
01:39Un séminaire s'est tenu vendredi dernier à Bruxelles avec les commissaires.
01:43On verra ce qu'il en est ressorti.
01:45Et ce qu'en pensent mes experts autour de la table ?
01:48Voilà pour le programme du jour.
01:49Il est 9h passé de 33 minutes.
01:51Vous êtes en direct sur BFM Business et vous y êtes bien.
01:54C'est les experts.
01:55Allez, c'est parti.
01:59Et pour parler de tous ces sujets, j'ai le plaisir d'accueillir sur le plateau Christian Pauillot.
02:03Bonjour Christian.
02:04Bonjour Raphaël Augean.
02:05Co-fondateur et CEO de Micropole, le groupe Talent.
02:09Hervé Novelli.
02:10Bonjour Hervé.
02:11Initiateur du Cercle des entrepreneurs engagés et ancien ministre.
02:16Et puis Thomas Grébine.
02:17Bonjour Thomas.
02:18Bonjour Raphaël.
02:18Responsable du programme Macroéconomie et Finances Internationales au CEPI.
02:23Alors je vous le disais, je voulais qu'on commence tout de suite par ces questions d'attractivité.
02:27Choose France, le dernier.
02:29Choose France d'Emmanuel Macron pour sa 9ème édition.
02:33Eh bien le Président de la République a quand même pu annoncer 93 milliards d'euros d'investissements étrangers.
02:39De promesses d'investissement pour l'instant.
02:43D'abord ce chiffre, est-ce qu'il vous paraît crédible ?
02:47Allez Christian, je conseille vous.
02:48Oui, oui, oui.
02:49Parce qu'on a eu tendance à les gonfler à l'hélium un peu.
02:53Je pense que le mieux c'est de regarder ce qui s'est passé sur les dernières années
02:56et voir quel était le pourcentage d'atteinte des chiffres annoncés.
02:59Alors il n'est jamais de 100%.
03:00Mais ce n'est pas du fait de la France ou d'Emmanuel Macron.
03:04Les sociétés peuvent dire à un moment, ok, finalement j'investis autrement ou de manière plus décalée, etc.
03:10Mais il me semble que le chiffre d'atteinte des années précédentes est de 70% grosso modo.
03:16Une moyenne qui a été faite.
03:18Moi je trouve ça pas mal.
03:19Je crois même qu'on a 95% des projets qui sont mis en place.
03:23Oui, mais moi je parle en montant.
03:24Bon alors après, si c'est 95, super, extraordinaire.
03:28Il y a de là, comme disaient d'autres.
03:29Donc c'est une réussite, je pense qu'il ne faut pas bouder son plaisir.
03:33On va lister certainement des sujets qui restent complexes, etc.
03:36Mais je veux dire, ne serons pas dans le catastrophisme.
03:39La France a plein d'atouts pour réussir, comme le dit une très belle chaîne de radio.
03:43Donc oui, Toulouse France, c'est une réussite d'Emmanuel Macron.
03:46Et salutons-la, tel qu'il faut le faire.
03:47Oui, en dépit des normes, en dépit de la fiscalité qu'on critique, toujours, Thomas Grébin.
03:53On a quand même ce chiffre-là, c'est une excellente nouvelle.
03:56Oui, c'est une excellente nouvelle.
03:58Alors sur les chiffres, l'usine Nouvelle a fait un décompte intéressant la semaine dernière.
04:02Il disait qu'il y avait eu 178 projets qui avaient été annoncés jusqu'à cette année.
04:09Et sur ces 178 projets, il y avait 39 créations de sites qui avaient été annoncées.
04:16Si c'est 39 créations de sites, il y en aurait 15 qui seraient opérationnelles.
04:20Donc on serait plutôt autour de 40% des créations de sites annoncés.
04:29Mais opérationnelles ou en cours d'être opérationnelles ?
04:32Oui, on est dans une frontière en tout cas.
04:36Évidemment, ça prend du temps.
04:38Et il y en aurait 7 sur ces 40 qui auraient été abandonnées.
04:41Donc c'est un bilan qui est positif.
04:46Plus largement positif.
04:48Moi, je crois qu'il faut saluer ce type d'initiative.
04:53C'est quand même toujours important de montrer que nous sommes attractifs.
04:57Je mettrai trois remarques.
05:00La première remarque, je le disais en aparté, c'est qu'un seul investissement fait la moitié.
05:06C'est celui de Softbank fait la moitié du total.
05:10C'est la première.
05:11Mais on ne va pas bouder notre plaisir.
05:14C'est quand même le contrat du siècle.
05:15Le deuxième point sur lequel il faut prêter attention, c'est que d'après les déclarations même d'Emmanuel Macron,
05:23les huit précédents Choose France avaient mené à la création de 50 000 emplois.
05:29Là, on parle de 15 000 emplois pour un chiffre supérieur.
05:35Ça veut dire quoi ?
05:36Ça veut dire que le contenu en emploi décroît.
05:39Et c'est bien naturel, puisqu'on est là sur des data centers.
05:43Oui, ça en va y venir, effectivement.
05:44Et donc, la création d'emplois...
05:46C'est une des critiques.
05:47Oui.
05:48Et qu'il y a des investissements, mais pas assez d'emplois.
05:49Troisième critique, peut-être plus forte que je ferais,
05:52c'est qu'on ne fera en fin d'année que le deuxième sommet Choose France en France.
05:59France, oui.
05:59Ça veut dire quoi ?
06:00Ça veut dire que la préoccupation de privilégier nos entreprises françaises,
06:06elle n'est apparue que très récemment par rapport au lancement de Choose France.
06:11Et c'est un sujet.
06:12C'est un sujet, j'ai été très frappé par ce qu'on appelle les stratégies d'évitement.
06:17C'est-à-dire ?
06:17Un concept qui consiste à ne pas investir en France quand on est une entreprise française
06:22et à préférer s'implanter à l'étranger.
06:25Oui, mais on va chercher la croissance là où elle est, Hervé Neuilly.
06:28Oui, on pourrait la chercher en exportant.
06:30Et la rentabilité des capitaux aussi.
06:31Le vrai sujet, c'est qu'il y a des contraintes aujourd'hui qui pèsent sur les entreprises françaises
06:37qui sont un peu plus lourdes.
06:38Quand je dis un peu, c'est parce qu'on est tôt le matin.
06:41C'est une anecdote.
06:41Qui sont un peu plus lourdes qu'ailleurs.
06:43Et c'est la raison pour laquelle j'ai créé ce cercle des entrepreneurs engagés,
06:47c'est-à-dire de tous les entrepreneurs qui se disent
06:49« Prenons la parole, montrons que l'entreprise est le vecteur de croissance unique et obligatoire,
06:55signons la charme des entrepreneurs engagés. »
06:57C'est cela à quoi je m'emploie.
07:00Ça ne fait pas disparaître les contraintes, mais ça amène à la mobilisation.
07:04Christian.
07:06Oui, c'est sûr que les projets qui sont annoncés bénéficient aussi d'un certain nombre d'avantages
07:12sur des taxes ou des choses comme ça, ce qui facilite la vie.
07:15Et je ne peux qu'aller dans le sens de ce que vient de dire Hervé,
07:17évidemment sur le fait que les entreprises françaises,
07:19quand elles font finalement le même projet,
07:21elles ont droit à toutes les taxes.
07:23Elles sont peut-être moins subventionnées.
07:24Elles sont moins subventionnées.
07:26Et la bureaucratie, ça n'occupe plus.
07:28On sait combien.
07:29Est-ce qu'on a le chiffre des subventions pour tous ces projets ?
07:31Parce qu'en général, ça se chiffre en milliards.
07:34La France doit être difficile à déterminer.
07:36On n'est plus discret.
07:37Dis, avoua pas, c'est un Vénovelli d'ailleurs.
07:40Non mais pardon, mais la guerre des subventions,
07:42on va y venir en deuxième partie, en seconde partie des missions,
07:44la Chine subventionne absolument massivement son industrie.
07:48La guerre commerciale se joue là-dessus aussi.
07:50Est-ce que ça met en exergue ?
07:51Ça met en exergue que les entreprises françaises,
07:53elles sont toujours fortement pénalisées.
07:55On ne va pas reparler à nouveau des impôts de production,
07:56mais enfin bon, je le fais quand même.
07:59Et pourrait faire certainement beaucoup plus
08:01si on pouvait bénéficier des mêmes avantages que ces entreprises-là.
08:05Mais encore une fois, je ne critique pas du tout le sujet.
08:07C'est très bien, on fait venir des entreprises.
08:09Oui, les data centers, on en reparlera certainement,
08:12créent moins d'emplois.
08:13Mais enfin, en emploi indirect, en dynamisme des régions,
08:16surtout que ça s'implante là pour le faire dans les villes, etc.
08:18Donc, c'est quand même des choses qui sont très positives.
08:20Donc, encore une fois, voyons le verre en moitié.
08:22Je voudrais dire un point très important.
08:23Un des plus hauts responsables français,
08:26pour ne pas le dire, autour de plus hauts responsables sur l'attractivité,
08:30c'est que ce qui est prévu,
08:32les tasks forces qui s'organisent pour attirer les investissements étrangers,
08:36il n'existe pas de task force pour les investissements français en France.
08:42On s'est aperçu de cette grande lacune.
08:44Oui, mais on peut dire à Renovélix,
08:45c'est le job des chefs d'entreprise français,
08:47d'investir pour développer leur entreprise.
08:50On n'a peut-être pas besoin de l'État pour s'expliquer.
08:52Alors qu'il déroule le tapis rouge,
08:54c'est très bien pour les investissements étrangers,
08:56que l'État s'en préoccupe, pourquoi pas ?
08:58En tout cas, ça n'existait pas jusqu'à aujourd'hui.
09:01Et c'est important.
09:01C'était plutôt un beau succès,
09:02mais c'est un exercice de communication politique aussi,
09:05le TousFrance en France.
09:07Est-ce que l'IA, Thomas Grébine,
09:09est la nouvelle industrie du XXIe siècle ?
09:13Est-ce que les data centers deviennent les hauts fourneaux du XXIe siècle ?
09:18Est-ce que c'est ça qui va permettre de relancer le tissu industriel français ?
09:22En tout cas, c'est fondamental d'un point de vue de souveraineté
09:26et ça va devenir fondamental de maîtriser la chaîne de valeur de l'IA
09:32d'un point de vue économique.
09:34C'est-à-dire que là, il y a beaucoup de discours.
09:36Est-ce qu'il faut attirer les data centers ?
09:38Est-ce qu'il faut attirer les centres de données, de calculs ?
09:44Est-ce qu'on possède ?
09:45Comment on fait pour avoir du cloud ?
09:47Tout ça, en fait, on voit bien qu'on est encore...
09:50Enfin, c'est difficile.
09:51Quand on regarde sur l'IA,
09:54alors il y a des annonces qui sont spectaculaires
09:56et c'est en effet une excellente nouvelle.
09:58Donc, si on prend depuis un an...
10:01Oui, l'accélération est quand même absolument dingue.
10:03Elle est dingue.
10:04Ça se chiffre en dizaines de milliards à chaque fois.
10:06On est même entre 150 et 190 milliards d'euros qui sont annoncés.
10:12Si on compare avec les Allemands,
10:16les Allemands, on est plutôt autour de 10 ou 20 milliards qui ont été annoncés.
10:20Alors après, il y a les annonces et il y a les...
10:23Il y a les effets d'annonce et puis il y a le réel aussi.
10:25Il y a les capacités qui sont déjà annoncées.
10:27C'est-à-dire que quand on regarde ce qui est déjà annoncé,
10:30qui est déjà effectif en data center,
10:32la France est plutôt en troisième position au niveau européen,
10:35derrière le Royaume-Uni et l'Allemagne.
10:38Mais en tout cas, en termes de dynamique,
10:39c'est une excellente nouvelle.
10:42Et donc, ça veut dire qu'on va quand même...
10:43Alors, si je compare la France et l'Allemagne,
10:44pardon Thomas Grébine de vous interrompre,
10:46mais ça veut dire qu'on va les dépasser très rapidement quand même.
10:50C'est des investissements.
10:51Par exemple, ce qui a été annoncé,
10:52c'est jusqu'en 2031.
10:53Donc, il y a une montée en puissance progressive.
10:56C'est demain, 2031.
10:57C'est demain.
10:58Et l'autre point qui me semble important,
11:00c'est que c'est un bond en avant de l'Europe,
11:04mais il y a quand même un retard assez significatif
11:07par rapport aux États-Unis.
11:09Aux États-Unis, c'est 500 milliards qui ont été annoncés.
11:13Donc, on n'y est pas encore.
11:15Max Lherme, Hervé Novéli, puis Christian Poyot.
11:17Il y avait une grande différence.
11:18C'est qu'il y avait des ouvriers.
11:20Oui.
11:20Là, dans ce qu'on appelle les hauts fourneaux du XXIe siècle,
11:24ça crée peu d'emplois intrinsèquement.
11:26Alors, bien sûr, il y a toute la diffusion.
11:29Le ruissellement, comme on dit aujourd'hui.
11:30Les quantités qui peuvent en résulter.
11:32Mais quand on regarde les créations d'emplois dans les data centers ou autres,
11:37ça se chiffre à quelques centaines d'emplois.
11:39Après, il y a des services.
11:41Donc, parler de hauts fourneaux, c'est aussi...
11:44Oui.
11:44Est-ce qu'on sait où va aller cet argent, d'ailleurs ?
11:46Parce que, bon, on annonce 45 milliards, mais le matériel informatique,
11:50oui, les murs, le béton qu'on va construire autour, OK.
11:53Vous avez vu Schneider.
11:55Ça fait un bon, plus que...
11:58Alors, sur cette notion d'IA, qui est une notion complexe,
12:01donc impossible à résumer en quelques mots,
12:03et personne, je pense, peut avoir une vision exhaustive du sujet.
12:06Bon.
12:06La chaîne de valeur est très large.
12:08Là, on parle d'un...
12:09Je ne sais pas, c'est un petit bout, en tout cas une portion de la chaîne de valeur.
12:11Les data centers, OK, c'est l'endroit où on va stocker les datas.
12:14Mais ça ne prend pas du tout en compte la partie traitement,
12:17la partie analyse, la partie data.
12:19Enfin, il y a...
12:20Et vu de ma fenêtre étant quand même dans ce secteur-là,
12:23la plus forte valeur ajoutée, elle est quand même sur ce qui est en aval,
12:28si je veux dire, sur vraiment les jeux du ciel d'IA,
12:30et surtout la data.
12:31C'est à chaque fois ce que je dis.
12:33Bon.
12:33Maintenant, qu'il y a les data centers en Europe,
12:35et spécifiquement en France, très bien, c'est une bonne nouvelle.
12:38J'ai les mêmes informations sur le fait que la France est quand même en retard.
12:41Enfin, en tout cas, n'est pas numéro 1 en Europe.
12:43Elle est derrière l'Angleterre et derrière l'Allemagne.
12:45Bon.
12:46OK.
12:46Bon.
12:46On avance bien d'une manière générale.
12:49Donc, ça ruisselle.
12:50Ça ruisselle sur ces sociétés électriques.
12:52Et après, il faut...
12:53C'est un point fort aussi.
12:54Pourquoi ?
12:55Parce qu'on a cette énergie décarbonée avec l'industrie nucléaire.
12:58Il faut expliquer ça.
12:59Le patron de Sosbank l'a dit.
13:01L'avantage complétitif de la France, c'est très clairement...
13:04Donc, profitons-en.
13:04On a une énergie disponible.
13:05Mais donc, c'est une bonne nouvelle, oui.
13:07Est-ce que c'est parce qu'on aura ces data centers en France
13:10qui vont monter en puissance,
13:11qu'on règle le problème de la...
13:14Comment dire ?
13:16Du pilotage de la chaîne de valeur de l'ALIA.
13:17Non, on en est relativement loin, bien évidemment.
13:19Donc, il y a plein d'endroits où il faut chercher à avancer.
13:22On ne maîtrisera jamais l'intégralité de la chaîne de valeur.
13:24Personne ne la maîtrise.
13:25D'ailleurs, ni les États-Unis, ni les Chinois, ni qui que ce soit.
13:29Détectons les points clés sur lesquels il est significatif
13:32d'avoir un footprint important et un moyen de pression
13:36pour des choses, ça fait clair, assez significatif.
13:38Les data centers en sont un.
13:40Ce n'est pas non plus le sujet, vu de ma fenêtre,
13:44primordial par rapport à cette fameuse chaîne de valeur.
13:46Bon, il n'y a pas que les data centers.
13:48Alors, c'est vrai que l'annonce spectaculaire de Softbank
13:50fait que ça éclipse un petit peu tout le reste.
13:54Mais vous avez, par exemple, l'Assyrie, Marseille-Gaglia.
13:58Première ouverture d'Assyrie depuis 50 ans en France.
14:02Donc, on a un haut fourneau.
14:03On a aussi les hauts fourneaux, voilà.
14:06Exactement.
14:07Pardon, mais est-ce que c'est un changement, Thomas Grébine,
14:09de cycle industriel ?
14:11Est-ce que, plus globalement, on est en train de changer
14:14de regard sur la France ?
14:17Je pense que sur l'IA, c'est clair que les nouvelles sont excellentes.
14:23Sur le reste, c'est beaucoup plus mitigé.
14:26C'est-à-dire que depuis deux ans, on est rentré dans une phase
14:29où il y a plus de destruction de sites industriels que de créations.
14:35On a fermé un peu la parenthèse très, très positive
14:38qui a existé entre 2018 et 2024,
14:41où il y avait eu près de 180 000 emplois industriels
14:44qui avaient été créés.
14:44C'était un peu la plus longue phase depuis une quarantaine d'années
14:47de création d'emplois industriels.
14:50Donc, malheureusement...
14:51Qu'est-ce qui a cassé cette dynamique ?
14:52Je pense qu'il y a plusieurs choses.
14:54Il y a, d'une part, eu plusieurs chocs très importants
14:57sur l'économie mondiale, que ce soit la crise Covid,
15:01où il y a eu beaucoup de sites de production qui ont été arrêtés
15:03et ensuite qui ont peu réouvert.
15:06Il y a eu un choc de demandes négatifs.
15:08La croissance européenne est relativement à tonne.
15:10Vous avez eu le choc énergétique aussi qui pénalise...
15:13Il pénalise fortement l'industrie européenne.
15:17Et puis, finalement, et de plus en plus,
15:18vous avez ce rouleau compresseur chinois
15:21qui menace des pans entiers de l'industrie européenne
15:23et qui, je pense, va rendre très difficiles
15:25des investissements dans la sidérurgie dans les années qui viennent.
15:28Oui, ça en va en parler.
15:29Vous croyez à un renouveau industriel en France ?
15:31Oui, j'y crois, à condition que là aussi,
15:35on utilise ce qui va révolutionner dans les mois et les années qui viennent,
15:41c'est ce qu'on appelle les agents IA.
15:43Aujourd'hui, il y a des intelligences artificielles
15:48qui peuvent multiplier par dix la productivité dans l'industrie.
15:54Je pense à l'industrie automobile.
15:55Par dix ?
15:56Oui, et ça leur redonne un espoir,
15:59ça redonne un espoir à un certain nombre d'industries
16:03qui sont très inquiètes,
16:05l'industrie automobile française, par exemple.
16:08Mais là, c'est très intéressant qu'une aciérie rentre,
16:11je suis annonce une ouverture.
16:14Pourquoi ?
16:14Ça veut dire qu'on peut réintroduire de la compétitivité
16:18dans des métiers industriels qui semblaient voués à disparaître
16:22parce que concurrencés...
16:24Quand le marché est protégé aussi.
16:27Ce qui est très important, c'est l'innovation
16:29plus que la protection, cher Raphaël.
16:31L'innovation, elle est là, elle est à l'œuvre.
16:34J'ai vu de manière très concrète des agents IA dans l'ingénierie,
16:42donc dans tout le monde industriel
16:43qui sont aujourd'hui en voie d'être finalisés
16:48du côté de la Silicon Valley,
16:49qui arrivent tant, et qui arrivent en France.
16:51Bon, et encore faudra-t-il que, oui, Christian,
16:53qu'on arrive à sauvegarder toutes ces entreprises après ?
16:55On a cité avec raison, bien sûr, le choc.
16:58Sur tous ces chocs, tous sauf un, en fait,
17:01tous les pays les ont subis.
17:02Voilà, le Covid, la crise énergétique, etc.
17:05Ce sont des chocs exogènes, comme on dit,
17:07qui frappent tout le monde, effectivement.
17:08Et puis il y en a un, le dernier,
17:10où là, pour le coup, on est les neuneus
17:13de la classe, quoi, je veux dire.
17:14Donc c'est le rouleau compresseur chinois,
17:17je reprends l'expression qui a été dite,
17:19donc le fait que l'Europe, et la France,
17:21enfin l'Europe, disons, ne sait pas se défendre
17:22par rapport à ça.
17:23Donc je pense que c'est quand même un sujet majeur,
17:25moi, pour avoir aussi, à travers le MEDEF,
17:27beaucoup de contacts vis-à-vis des entreprises.
17:29C'est quand même quelque chose qui ressort très souvent,
17:31de voir, on voit arriver des produits,
17:34somme toute de bonne qualité,
17:35à des prix totalement déconnectés des coûts français, etc.
17:40Très subventionnés, oui.
17:41On en parlera dans la seconde partie de l'émission.
17:42C'est ce sujet-là, on va en parler,
17:44mais c'est quelque chose où on peut faire des choses, voilà.
17:46La crise énergétique, bon, on l'a contrôlée,
17:48c'est beaucoup plus difficile,
17:49mais lutter contre cette concurrence
17:52totalement déloyale des Chinois,
17:53on peut faire des choses.
17:54On est, Thomas Grébine, en deçà
17:56de ce qui se pratique au niveau international,
17:58en termes de subventions.
18:00Je me souviens d'une note passionnante de Rexécotte
18:02qui disait que la guerre, maintenant, commerciale,
18:04se jouait autour des subventions, en réalité,
18:06et que les États,
18:07c'est aussi un sujet de souveraineté économique,
18:10de défendre ces entreprises,
18:13subventionner massivement,
18:14de plus en plus,
18:17leur boîte nationale,
18:18ce que ne faisait pas assez l'Europe.
18:20Partagez cet avis ?
18:21Oui, mais c'est plus difficile,
18:23d'une part, quand vous avez des réglementations
18:25qui limitent ces subventions
18:26pour ne pas distordre...
18:28La Commission surveille,
18:29et bien, il y a les aides d'État.
18:31Il y a une interdiction des aides d'État
18:34dans les traités européens.
18:35Ah, pas assouplir,
18:36alors on a monté les pièces qui ont essayé de l'assouplir.
18:38Quand vous avez des marges de manœuvre budgétaire
18:40aussi faibles dans un pays comme la France,
18:43c'est peut-être ça le véritable problème, finalement.
18:45Vous voyez que dans les annonces
18:46de restrictions budgétaires
18:48qui ont été annoncées,
18:49il y a des coupes dans France 2030.
18:53Donc, France 2030,
18:54ce n'est pas forcément que des subventions,
18:57mais on voit bien que c'est censé être des projets
19:00pour favoriser l'industrie européenne
19:03et on voit bien que dans une période
19:04de disette budgétaire,
19:06on coupe plus facilement ça
19:08que les pensions des retraités.
19:10Oui, évidemment.
19:11On vous le demande, ça,
19:12dans votre mouvement,
19:13Hervé Novelli,
19:14plus de subventions,
19:15parce que, bon,
19:16les entreprises qui critiquent
19:17le trop d'impôts
19:18mais qui viennent chercher
19:19des subventions derrière aussi,
19:20c'est une forme de dissonance
19:23parfois coupable.
19:24Oui, c'est même la raison
19:24de mon engagement
19:26avec les entrepreneurs.
19:28C'est qu'on ne demande pas d'aide.
19:31Ce qu'on demande,
19:32c'est que la fiscalité
19:35soit favorable
19:37et accompagne
19:38le développement des entreprises.
19:40Ces aides,
19:41elles viennent souvent,
19:42le plus souvent,
19:43compenser des handicaps
19:44créés par l'État lui-même.
19:45Oui.
19:46Rappelons-nous des allègements de charges.
19:48Pour faire les allègements de charges,
19:49bien sûr.
19:49Les allègements de charges,
19:50il y a une mobilisation
19:51très forte
19:53du patronat
19:54pour protester.
19:55Moi, je préférerais
19:57qu'aujourd'hui,
19:58on fasse un véritable bilan
19:59de ces allègements de charges,
20:0080 milliards.
20:01Oui.
20:02Ce n'est pas l'épaisseur du trait.
20:03Oui.
20:04Et qu'on fasse ce bilan
20:06parce que c'est un empilement
20:08successif
20:09d'allègements
20:10qui étaient venus compenser
20:13les 35 heures,
20:14le coût du travail
20:15au niveau du SMIC.
20:16Est-ce qu'on a créé
20:17des emplois peu qualifiés
20:18dans ce pays ?
20:19Oui.
20:20Après,
20:20ça a très bien marché
20:21dans les années 90-2000 quand même.
20:23Regardez le taux de chômage.
20:25Le problème,
20:25c'est la smicardisation
20:26de la société
20:26qui en découle.
20:28Des travailleurs peu qualifiés,
20:30il est supérieur
20:31au taux de chômage
20:32des travailleurs qualifiés.
20:33Vous n'avez pas
20:34une efficacité telle
20:36qu'on puisse dire
20:36que cette politique
20:37a empêché.
20:39Aujourd'hui,
20:40oui.
20:40Mais elle a amoindri.
20:41Elle a amoindri.
20:42Mais aujourd'hui,
20:43ce qu'il s'agit de faire,
20:44c'est de créer
20:45un avantage compétitif.
20:46Ce n'est pas
20:47comme nous bénéficions
20:48dans l'industrie nucléaire.
20:50Ce n'est pas
20:51de gommer
20:52un handicap
20:53ou de tenter
20:53de le gommer.
20:54Un environnement
20:55favorable.
20:55Christian Poyot
20:56puis Thomas Galine.
20:56Alors moi,
20:57je ne peux aller
20:58que dans ce que vient
20:59de dire Arvé Novelli.
21:00Et ce n'est pas seulement
21:02une réaction
21:03de l'entrepreneur
21:03que je suis,
21:04mais dans tous les cercles
21:05dans lesquels je suis,
21:06Medef,
21:06Croissance Plus,
21:07etc.
21:08Le truc,
21:08c'est fichez-nous la paix.
21:09On ne veut pas
21:10de subvention.
21:10On demande simplement
21:12à être aligné
21:13sur la fiscalité
21:14de nos concurrents européens.
21:15Européens,
21:16on ne parle pas
21:16de s'aligner sur
21:17je ne sais pas trop qui.
21:18Alliez-nous sur
21:19le concurrent européen.
21:21On pourrait parler
21:21du temps de travail.
21:22Je suis heureux
21:24d'entendre
21:24que les 35 heures
21:26nous coûtent toujours
21:27aujourd'hui 15 à 20 milliards
21:28d'allègements de charges
21:29parce que sinon,
21:29de toute façon,
21:30on serait planté.
21:30Donc non,
21:31pas de subvention.
21:32Les chers entreprises
21:33n'ont jamais demandé
21:34des subventions.
21:34Ils n'en veulent pas
21:35par principe.
21:36Ça peut leur arriver
21:37de temps à autre,
21:38Christian Pouillot,
21:38si on est tout à fait honnête.
21:40Non, non, non, non,
21:40Raphaël Lejean,
21:41je suis fermé là-dessus.
21:45Mais parce qu'on n'a pas
21:47du tout la même fiscalité
21:47qu'ont nos petits copains.
21:48Simplement qu'on soit
21:49aligné sur eux,
21:50ni plus ni moins.
21:51Voilà.
21:52Fichez-nous la paix
21:52pour ne pas être plus vulgaire
21:53dans nos propos.
21:54Thomas Grébine.
21:55Ce qui me semble aussi intéressant
21:56quand on parle
21:57de ces annonces sur l'IA,
21:58c'est le fait
21:59qu'il y a eu une forme,
22:00d'une part,
22:00de déréglementation
22:02avec les espèces
22:03de fast-track
22:03qui ont été faits
22:04sur l'IA
22:05qui permettent
22:06à ces investisseurs
22:07d'avoir un accès
22:08beaucoup plus rapide
22:09aux réseaux électriques
22:11et que d'autre part,
22:13il y a eu une forme
22:14de planification
22:16sur le réseau électrique.
22:19Ce qui fait en partie
22:21le succès aujourd'hui
22:22de Dunkerque,
22:23c'est qu'on a planifié
22:25le fait qu'il y aurait
22:26des besoins électriques
22:27plus importants
22:29dans cette région
22:30et donc qu'on a essayé
22:31de densifier
22:33ce réseau électrique.
22:34Et donc ça,
22:34je pense que ça aussi,
22:36il faut le souligner
22:36au-delà de la question
22:37purement financière,
22:39il y a eu une partie
22:41d'anticipation
22:42et c'est ceux
22:43dont profitent...
22:43C'est assez rare
22:44pour qu'on le souligne
22:45effectivement
22:45et on voit que ça
22:46fonctionne sur tout.
22:47C'est quand même
22:48l'argument principal
22:49aujourd'hui,
22:49c'est notre électricité
22:51qu'on va pouvoir dégager
22:52de manière massive,
22:53décarbonée
22:53et compétitionnelle.
22:56Je rappelle
22:56qu'une partie,
22:57enfin certains partis
22:58politiques que je ne citerai pas
22:59évidemment sont toujours
23:01contre l'énergie nucléaire.
23:02Enfin bon,
23:02on ne va peut-être pas
23:03rentrer dans ce débat.
23:04Oui mais de moins en moins.
23:05Enfin quand même,
23:05on le voit,
23:06il complique
23:07des partis écologistes européens.
23:09Il était temps de virer sur l'aile.
23:11Après un avantage aussi
23:13qu'on nous a mis américain
23:14par rapport à ça,
23:15c'est le fait que l'État
23:16sait se désengager
23:18et laisser des entreprises privées
23:20développer leur activité.
23:22On en parle tous les jours quasiment,
23:24regardez Space X,
23:25Blue Origin, etc.
23:26La NASA a dit
23:27OK, moi je ne vais pas
23:28finalement avoir
23:29la capacité
23:30ou la fluidité
23:33d'être très performant
23:34là-dessus.
23:35Donc je subventionne
23:36pour le coup,
23:37enfin je subventionne,
23:37je passe les subventions
23:39ou si c'est acheter des services.
23:40Les deux se rejoignent peut-être.
23:42Mais en disant
23:43OK,
23:43on laisse des entreprises privées
23:45développer le secteur du spatial.
23:46Ce qui encore
23:47il y a peu de temps
23:48semblait complètement aberrant.
23:49Le spatial,
23:49c'était l'État,
23:51ça devait être contrôlé,
23:51etc.
23:52Et on voit la réussite
23:53quand même de tout ça.
23:54Et pareil,
23:54derrière ce que ça génère
23:56comme retombée
23:57sur toutes les technologies
23:58qui sont adjacentes
23:59par rapport à ça.
23:59Donc ce qui manque aussi
24:00en France,
24:01en Europe,
24:02mais spécialement en France,
24:03c'est que l'État dise
24:04OK, sur tel ou tel sujet,
24:05non pas je me déjengage
24:06dans le sens,
24:07je ne m'en occupe plus,
24:08mais en tout cas
24:08je laisse les entreprises
24:10prendre le point
24:11et les développer.
24:12Et on a pour le coup
24:13des tas d'entrepreneurs,
24:15des tas d'entreprises
24:15en France
24:16qui ne demandent que ça.
24:17Donc on a les capacités
24:18d'avancer.
24:19Donc ayons aussi
24:19cette logique-là
24:20dans le développement
24:21de notre pays.
24:21Je voulais un dernier mot
24:22avec vous Christian Poyot
24:24sur l'actualité de l'IA.
24:25C'est aussi les levées
24:26de fonds gigantesques
24:27qui arrivent.
24:28Anthropique a déposé
24:29sa demande d'IPO
24:31à la SEC
24:31cette nuit.
24:32On parle de,
24:32enfin à chaque fois,
24:34tout comme SpaceX,
24:35etc.
24:35C'est 1000 milliards,
24:36je veux dire,
24:36à chaque fois,
24:39les valorisations avancées.
24:43Google,
24:43qui là,
24:45va lever
24:45sur le marché actions
24:4680 milliards
24:48de dollars
24:49il y a quelques jours.
24:51C'est OpenAI
24:52qui est levé
24:5365 milliards aussi.
24:55En dette privée,
24:55oui.
24:56En dette privée,
24:57bon,
24:58est-ce qu'on est encore
24:59dans la course,
25:00nous,
25:00européens ?
25:01On attire les capitaux
25:02étrangers,
25:03super.
25:03Est-ce qu'on est encore
25:04dans la course
25:04face à ces mastodontes
25:05de l'IA ?
25:05sur cette chaîne
25:06de la valeur de l'IA
25:07que j'évoquais tout à l'heure,
25:09il y a des sujets
25:10où,
25:10je ne dis pas
25:11que le jeu est faible
25:11parce que le salut
25:12des technologies,
25:13ça évolue,
25:13qu'est-ce que ça sera
25:14dans 10 ans,
25:14etc.
25:15Mais bon,
25:15il y a des points
25:15où on ne va pas
25:17recréer un Google,
25:19des choses comme ça.
25:21Par contre,
25:21d'autres,
25:22on a la capacité d'eux,
25:23on ne va pas citer
25:24tout le temps Mistral,
25:25mais c'est vrai
25:25que c'est une réalité.
25:26Et puis encore une fois,
25:27la data,
25:27la data qui est
25:28l'essence de tout ça.
25:30On peut avoir le moteur
25:30si on n'a pas l'essence,
25:31ça sert strictement à rien.
25:32Le marché des capitaux
25:33européens
25:34est une ardente obligation.
25:35Oui,
25:36il traîne.
25:37On parle de lever
25:37de l'argent,
25:38encore faudrait-il
25:39pouvoir le faire en Europe.
25:40La profondeur,
25:44par rapport aux Etats-Unis.
25:46Par rapport à ce que font
25:46les très grands,
25:47les big tech,
25:48c'est sûr qu'eux-mêmes
25:49qui ont des capacités
25:50financières énormes
25:51se retrouvent
25:51parce qu'ils ont des besoins
25:52d'investissement
25:52absolument monstrueux.
25:53Donc ça y est,
25:54ils font appel
25:55à la dette privée
25:56ou la dette publique
25:57avec les IPO qui arrivent.
25:58Bon, certains s'en inquiètent.
25:59Maintenant,
26:00encore une fois,
26:00faire le comparatif
26:01par rapport à l'an 2000,
26:02ce qui est fait souvent
26:03à ce qui se passe
26:03à l'heure actuelle,
26:04pour moi,
26:04n'est pas le bon.
26:05On a quand même
26:05des industries
26:06qui ont quand même
26:07un chiffre d'affaires.
26:14On est à un moment
26:14de bascule très fort
26:16sur toute cette nouvelle technologie
26:18et c'est sûr
26:19que ceux qui n'investissent pas,
26:20à un moment donné,
26:21vont se retrouver
26:21le bec dans l'eau.
26:22Donc, choisissons nos combats.
26:24On a des choses à faire.
26:25On ne peut pas se battre partout,
26:26mais on a des points forts
26:28sur lesquels il faut appuyer.
26:30On a des choses à faire,
26:31on a des atouts,
26:32on a fait un formidable
26:32Choose France
26:33et en plus,
26:34la croissance française
26:35a été bien meilleure
26:36que prévue
26:36ces dernières années,
26:38figurez-vous.
26:38Eh bien oui,
26:39et personne n'en parle pourtant.
26:40C'est bien dommage.
26:41On va le faire
26:41dans la seconde partie
26:42de l'émission.
26:43On se retrouve dans une minute
26:44et puis on va parler aussi
26:45des voies et moyens
26:46pour contrer
26:47les surcapacités chinoises.
26:48Il se passe des choses
26:49à Bruxelles,
26:50mais aura-t-on le courage
26:51d'affronter les empires ?
26:53Ne quittez pas,
26:54on se retrouve tout de suite.
27:01BFM Business
27:01et La Tribune
27:03présentent
27:04Les Experts
27:05Raphaël Legendre.
27:06Allez, on est de retour
27:07pour la seconde partie
27:08de l'émission.
27:08Il est dix heures passées
27:09de une minute.
27:10Vous êtes toujours
27:11en direct
27:11sur BFM Business
27:13avec mes trois experts
27:15du jour,
27:15Christian Pollo,
27:16Hervé Novelli
27:17et Thomas Grébine
27:18pour parler croissance.
27:19C'est plutôt
27:20une émission
27:21bonne nouvelle ce matin
27:23et ça fait plaisir
27:23parce que ce n'est pas
27:24tous les jours quand même.
27:2593 milliards
27:26de promesses
27:27d'investissement,
27:28on l'a dit,
27:29recensées hier
27:30à Chousse France.
27:31La France attire
27:32les capitaux étrangers
27:33et c'est tant mieux.
27:34L'autre bonne nouvelle
27:35du jour
27:36qui est passée
27:36totalement inaperçue,
27:39c'est la révision
27:40de la croissance
27:41par l'INSEE
27:42des années passées.
27:43C'était vendredi dernier,
27:44on a simplement retenu
27:46que l'INSEE
27:47avait révisé à la baisse
27:48la croissance
27:49du premier trimestre.
27:50On croyait que c'était zéro.
27:52L'INSEE a révisé
27:52à moins 0,1.
27:53On est dans l'épiceur
27:54du trait,
27:55mais quand même
27:56l'économie
27:57se contracte.
27:59Ce qu'a vu
28:00Anthony Morley-Lavidali,
28:02je veux le citer,
28:03économiste
28:04chez Rex & Code
28:05et invité régulier,
28:06il sera là en fin de semaine,
28:07invité régulier
28:08des experts,
28:09c'est que l'INSEE
28:10a massivement
28:12révisé
28:13la croissance française
28:15de 2023
28:17et 2024.
28:18Thomas Grébine,
28:18la bonne nouvelle,
28:19c'est qu'on a fait
28:20beaucoup mieux
28:21que prévu.
28:22Oui,
28:22on a fait mieux
28:23que prévu.
28:25La mauvaise nouvelle,
28:26c'est que c'est très difficile.
28:27Mais ne gâchez pas
28:28avec une mauvaise nouvelle
28:29tout de suite, Thomas.
28:30Non, ce n'est pas
28:30une mauvaise nouvelle.
28:31Allez, commençons par les bonnes.
28:32J'ai une bonne
28:33et une mauvaise nouvelle.
28:34Ça montre la difficulté
28:35d'être statisticien.
28:37Alors, qu'est-ce qui s'est passé ?
28:38La plus grosse révision,
28:39c'est en 2023,
28:41donc on est en pleine
28:41période inflationniste.
28:44Or, quand l'INSEE
28:45mesure la valeur ajoutée,
28:47le PIB,
28:47elle le fait en valeur.
28:49Et ensuite...
28:50C'est-à-dire avec l'inflation.
28:52Et ensuite,
28:53il faut corriger,
28:54justement,
28:55il faut corriger
28:57de cette inflation
28:57pour obtenir
28:59des volumes.
29:00Et c'est très compliqué
29:01parce qu'en période
29:02inflationniste,
29:02où les prix évoluent
29:04différemment
29:05selon les secteurs
29:06et donc,
29:07c'est compliqué
29:07de faire cette correction.
29:09Une autre difficulté,
29:11c'est,
29:11donc la valeur ajoutée,
29:13il faut prendre en compte
29:13les consommations
29:14intermédiaires.
29:15Et là aussi,
29:16lorsque vous êtes
29:16dans une période
29:17inflationniste
29:17où il y a beaucoup
29:18de choses qui bougent
29:19et qui bougent différemment
29:20selon les secteurs,
29:22là aussi...
29:23Y compris des ruptures
29:23de supply chain,
29:24etc.
29:25C'était une période
29:26très compliquée.
29:26Ces consommations
29:27intermédiaires
29:28sont aussi très difficiles
29:30à mesurer,
29:30à bien prendre en compte.
29:32Et la majeure révision
29:33qui a eu lieu,
29:34donc c'est sur le PIB
29:35et plus spécifiquement,
29:36c'est sur la valeur ajoutée
29:37du secteur manufacturier.
29:39Donc c'est là
29:40où ça a été...
29:41C'est ça la bonne nouvelle.
29:42Expost,
29:43une bonne nouvelle,
29:44c'est que par rapport
29:45aux prévisions,
29:46enfin,
29:47aux premiers chiffres
29:48de l'INSEE,
29:49il y a presque plus...
29:49Il y a 5 points
29:51de différences
29:52sur la valeur ajoutée
29:53du secteur manufacturier,
29:55en particulier
29:56parce qu'on avait
29:58un peu sous-estimé
29:59les chiffres
29:59dans l'aéronautique.
30:02C'est encore une fois,
30:03c'est aussi ça
30:04qui plombe le résultat
30:04du premier trimestre d'ailleurs,
30:05c'est les retards
30:06de livraison d'un bus.
30:07L'aéronautique
30:08pèse très loin.
30:09Donc oui,
30:10c'est une mauvaise nouvelle.
30:11Après, aujourd'hui,
30:12quelques années après,
30:13bon, c'est pas ça
30:14qui change fondamentalement
30:15la réalité
30:16de l'économie française.
30:18On allait mieux
30:19que ce qu'on pensait
30:20à l'époque.
30:20L'autre bonne nouvelle,
30:21c'est ce que nous dit aussi
30:23Anthony Morley,
30:24la vie d'Ali,
30:24d'Orex et Code,
30:25c'est que la part
30:26de l'industrie dans le PIB
30:27repasse au-dessus
30:28des 10%.
30:29Alors je rappelle
30:30qu'en un quart de siècle,
30:31on est passé
30:32grosso modo
30:32de quasiment 20%
30:34à moins de 10%.
30:35C'est le résultat
30:36de la désindustrialisation.
30:38Là, on repasse
30:39juste au-dessus
30:40une barre symbolique.
30:42On continue
30:42dans l'esprit
30:43des hauts fourneaux.
30:44Carvé Novelli,
30:45plutôt une bonne nouvelle, non ?
30:46Il n'y a pas de quoi
30:47on était à 9,5,
30:49on passe à 10,5.
30:51Compte tenu
30:51des marges d'erreur,
30:53ce que je veux quand même
30:53à l'INSEE,
30:55est un institut
30:58extraordinairement réputé.
30:59On a parmi les meilleurs
31:00statisticiens du monde,
31:01il faut saluer leur travail.
31:02Exactement.
31:02Et qu'il y ait
31:03des erreurs
31:04à ce niveau
31:05montre que,
31:06comme l'a dit notre ami,
31:07la chose est difficile.
31:09Donc il faut relativiser
31:11aussi cette remontée,
31:12ne pas en faire
31:13une remontée symbolique
31:15sur le thème
31:15c'est fini,
31:16on réindustrialise,
31:17c'est bien parti.
31:19Non.
31:19Non mais pardon,
31:20on passe de 1 à 2%
31:22de croissance en 2023,
31:23c'est plutôt
31:24une bonne nouvelle.
31:25Oui, c'est une bonne nouvelle.
31:27Effectivement.
31:28Vous avez raison.
31:29Christian Poyola,
31:30mais il faut...
31:30La volonté,
31:31c'est l'optimisme
31:32de la volonté.
31:34Comme disait l'autre.
31:35Non mais pardon,
31:36en fait,
31:36le sujet de fond,
31:38les amis,
31:38c'est quand même
31:39depuis 2024
31:40la dissolution.
31:41On n'arrête pas de dire
31:42que la croissance
31:42va être catastrophique.
31:44On a fait mieux
31:44que prévu l'année dernière.
31:45On a dit
31:46que la crise inflationniste
31:47avait été catastrophique.
31:48Les Français
31:49ont été massivement protégés.
31:50Et on voit
31:51que l'économie française
31:52a fait deux fois mieux
31:53que prévu.
31:53C'est pas rien quand même.
31:55Et aujourd'hui,
31:55on voit d'excellents résultats
31:57sur l'attractivité.
31:58On est en train d'expliquer
32:00qu'on va probablement
32:01vers une récession technique.
32:02Je trouve qu'à chaque fois,
32:03on se fait un peu
32:05les porteurs,
32:05les messages de malheur
32:07et que les entreprises
32:08sont hyper résilientes
32:10en réalité.
32:11Oui, alors,
32:12avant de revenir là-dessus,
32:13je t'en marque sur l'industrie.
32:14Bon, c'est vrai
32:14que l'industrie
32:15a fortement baissé
32:16pendant ces 10,
32:1720 dernières années.
32:18N'oublions pas aussi
32:19qu'il y a eu
32:19beaucoup d'externalisation.
32:20Donc, comparer
32:21les deux chiffres
32:21de 20 et de 10,
32:22c'est un petit peu faux.
32:23Maintenant,
32:24l'industrie a fortement baissé
32:25et c'est dramatique
32:26en France.
32:27Après,
32:27est-ce que les entreprises
32:28sont de plus résilientes ?
32:29Oui, c'est indiscutable.
32:31Entre le Covid,
32:33l'Ukraine,
32:33je ne parle même pas
32:34des gilets jaunes avant,
32:35l'énergie,
32:36là maintenant,
32:37l'Iran et compagnie,
32:38elles se sont mitridatisées,
32:39comme on dit souvent.
32:40Voilà,
32:40à force d'avètes du poison,
32:42elles se sont un petit peu...
32:43Elles se sont renforcées.
32:45La permacrise
32:45les rend plus résilients,
32:47plus agiles.
32:48D'être plus agiles,
32:48d'être plus souples,
32:49d'être...
32:50Alors,
32:50des fois,
32:51c'est au détriment
32:52de l'investissement
32:52parce qu'effectivement,
32:56on a un investissement
32:57de très long terme
32:58et des choses comme ça.
32:59Mais c'est quand même
32:59quelque chose de positif.
33:01Mais où est la surprise ?
33:02Est-ce que le tissu économique
33:03français est de grande valeur ?
33:05Est-ce qu'il y a beaucoup
33:07d'entrepreneurs en France ?
33:08Il y a une volonté
33:09de se développer
33:10et on a des secteurs
33:12dans lesquels
33:12on est très performant.
33:13On a des grandes entreprises,
33:15le CAC 40,
33:16malgré le fait
33:16que certains passent leur temps
33:17à taper dessus,
33:18qui sont vraiment
33:19au niveau mondial
33:20très bien implantés.
33:21Donc voilà,
33:22on a plein d'atouts,
33:23encore une fois.
33:23Donc je suis,
33:24moi aussi,
33:25tout à fait d'accord
33:26pour dire,
33:26regardons le verre
33:27à moitié plein,
33:28on est dans une période
33:28compliquée,
33:29la politique française
33:30pour le coup n'aide pas,
33:31ça c'est évident
33:32et on verra
33:32ce qui se passe en 2027,
33:34mais on a les capacités
33:35de...
33:35Mais peut-être
33:36la conclusion de tout ça,
33:37c'est aidons les entreprises,
33:39enfin aidons les entreprises
33:39ou libérons-les
33:41et c'est elles
33:41qui créent de valeur.
33:43On va dire un mot
33:44là-dessus,
33:45c'est qu'il y a aujourd'hui
33:47une fibre entrepreneuriale
33:49en France.
33:50Ça n'a pas toujours été le cas.
33:51On n'a jamais créé
33:52autant d'entreprises.
33:52Quand on interrogeait
33:53les Français,
33:54la majorité,
33:56les jeunes étudiants
33:56qui voulaient être fonctionnaires.
33:58Aujourd'hui,
33:59ceci s'est inversé.
34:01On souhaite créer
34:03son entreprise.
34:04Donc la diffusion
34:07de l'entrepreneuriat
34:08dans la société française
34:10est une chose acquise.
34:12Et avec ça,
34:14l'opinion change
34:15son regard
34:16sur l'entrepreneur.
34:17Avant,
34:18c'était l'accapareur,
34:19pour faire simple
34:20ou caricatural.
34:21Aujourd'hui,
34:22ça devient
34:22une sorte de héros.
34:23On n'est pas encore
34:24totalement
34:26parvenu,
34:26mais il est parmi
34:27l'entrepreneur
34:28et vu par l'opinion publique
34:29comme une des personnalités
34:31les plus sympathiques
34:33ou porteurs
34:35de positifs.
34:36Et c'est une très bonne chose.
34:38Il faut continuer.
34:38Et c'est pour ça
34:39que je me bats aussi.
34:40Vous parliez de l'opinion publique.
34:42Moi, c'est un article
34:43de l'opinion
34:44signé Marc Vigneault
34:44qui m'a alerté
34:46sur ce sujet.
34:47Vous pouvez aller le lire.
34:49C'est aujourd'hui
34:50dans le journal.
34:51Je souligne un dernier point.
34:52On a aussi fortement
34:54révisé la dynamique
34:55d'investissement
34:55des entreprises
34:57et la baisse
34:57de la productivité
34:58qui est moins grave
34:59que prévu.
34:59Donc finalement,
35:00c'est quand même
35:01vachement mieux
35:01et c'est tant mieux.
35:02Je voulais qu'on en parle
35:03ce matin.
35:03Thomas Grébine,
35:04je me tourne vers vous
35:04pour le dernier sujet.
35:06Il est 10h09.
35:07On est toujours ensemble
35:08pour une petite vingtaine
35:10de minutes
35:10sur un débat
35:11absolument majeur.
35:13Vous avez commis
35:15avec deux autres économistes
35:17un rapport
35:18pour le Haut-Commissariat
35:19au plan
35:19sur le sujet
35:20qui a fait beaucoup de bruit.
35:21Donc on continue
35:22de parler aujourd'hui
35:24sur les moyens
35:25de se défendre
35:27commercialement
35:28face à la vague chinoise.
35:30Aujourd'hui,
35:30c'est l'OCDE
35:31qui tient la sonnette d'alarme
35:32sur, je cite,
35:34une concurrence
35:35très déloyale
35:36des entreprises chinoises
35:39face au pays
35:40de l'OCDE.
35:41On voit bien
35:41que le ton monte.
35:43Qu'est-ce qu'il nous dit
35:43d'abord ?
35:44Est-ce que vous pouvez
35:44nous dresser
35:45les principaux enseignements
35:47de ce rapport ?
35:49Bon, ce rapport,
35:49il est sans surprise
35:51mais c'est intéressant
35:52que...
35:52Il donne des chiffres
35:53intéressants quand même
35:53sur les subventions chinoises.
35:55Il donne des chiffres intéressants
35:55mais c'est intéressant
35:55que l'OCDE
35:56qui était une institution
35:58très prudente...
35:59Porteur de libre-échange
36:00et de la concorde
36:01internationale.
36:02Il donne des chiffres
36:04sur, en effet,
36:05les aides massives
36:07accordées par les autorités
36:08chinoises
36:09à leurs industries
36:09presque six fois
36:11supérieures
36:11à ce que font
36:12les pays
36:14de l'OCDE.
36:15Ils ont aussi
36:15un autre chiffre intéressant
36:16c'est que
36:16quand on regarde
36:17les gains
36:18de parts de marché
36:19à l'international
36:20des industries chinoises,
36:2260% selon eux
36:23s'expliqueraient
36:25par ces aides
36:27massives.
36:28Donc c'est quand même
36:29c'est quand même
36:31spectaculaire.
36:31Moi ce que je trouve
36:32très intéressant
36:33c'est la rapidité
36:35du changement
36:36de logiciel.
36:36C'est-à-dire que ce soit
36:37les institutions
36:39internationales
36:40qui mettaient un voile
36:40pudique sur ces questions
36:42pendant des années.
36:43Vous avez évoqué aussi
36:44Bruxelles.
36:45C'était quand même
36:45assez extraordinaire
36:46qu'à Bruxelles
36:48vendredi...
36:48Vendredi dernier
36:50on discute quand même
36:51des moyens très forts
36:53pour contrer
36:54le rouleau
36:55compresseur chinois.
36:56Le président de la république
36:58Emmanuel Macron
36:59il y a une dizaine
37:00de jours
37:00a proposé
37:02par exemple
37:03l'instauration
37:03au niveau
37:05européen
37:06d'une section
37:06301
37:07à l'américaine.
37:08Inspirer
37:09les modèles américains.
37:10Le fait que vous
37:11puissiez prendre
37:11des représailles
37:12non plus seulement
37:13sur un bien particulier
37:15mais pour défendre
37:16des secteurs entiers.
37:18Et donc là
37:19véritablement
37:19alors on peut dire
37:20pour l'instant
37:21ça n'est pas opérationnel
37:23mais on voit en tout cas
37:24dans le débat européen
37:25dans le débat international
37:26les choses évoluent
37:28quand même assez rapidement.
37:29Les commissaires
37:29ont été mandatés
37:31vendredi
37:31à la suite de séminaires
37:32pour faire des propositions
37:33pour le prochain conseil
37:35fin juin
37:35des chefs d'État
37:36et de gouvernement.
37:37Ce qu'ils proposent
37:38c'est d'abord
37:40de fermer le marché
37:41dès qu'il y a une menace
37:42de dumping
37:43et ensuite de mener enquête
37:44plutôt que d'abord
37:45faire une enquête
37:46et de fermer
37:46au bout de neuf mois.
37:48Et de traiter
37:48de filière entière
37:49plutôt que d'entreprise
37:51par entreprise.
37:52Christian Poyot.
37:53Moi j'avoue
37:54que je découvre
37:54que la Chine
37:55faisait la concurrence
37:56de l'OIA.
37:56Je ne savais pas du tout.
37:57Je n'étais pas au courant.
37:58C'est vraiment surprenant.
37:59Non mais de qui se moque-t-on ?
38:00Je suis d'accord
38:02avec votre analyse.
38:02On prend la mesure
38:03de l'ampleur.
38:047 fois plus d'aides publiques
38:06que les entreprises européennes.
38:08Évidemment mais quand on dit
38:09ou je suis en désaccord
38:10avec ce qui vient d'être dit
38:11la rapidité de réaction
38:12mais de qui se moque-t-on ?
38:15Ça fait 20 ans
38:16qu'on le sait.
38:16Ça fait 20 ans.
38:17Le fait que les Chinois
38:19se comportent
38:20de manière déloyale
38:21profitent d'être rentrés
38:23dans l'ONC
38:23mais parler à n'importe
38:25quelle entreprise
38:26ils le savent
38:27depuis très longtemps.
38:28Donc les institutions européennes
38:30se réveillent.
38:31On est le 2 juin 2026.
38:34Ah !
38:34Quelle surprise !
38:35Est-ce que la différence
38:36c'est qu'ils n'ont pas monté en gamme
38:38et que maintenant
38:38ils sont plus innovants que nous
38:39et viennent nous tailler
38:40des croupières
38:41sur les voitures
38:41sur les panneaux solaires
38:42sur les batteries etc.
38:43Les panneaux solaires
38:44ça ne date pas d'il y a 5 minutes
38:45quand même les panneaux solaires.
38:46Et avant
38:47alors peut-être que maintenant
38:47ils attaquent sur toutes
38:48les industries.
38:50Avant il y avait des secteurs entiers
38:51qui étaient déjà attaqués
38:52d'une manière générale.
38:53Le grand changement
38:54c'est ce que vient de dire Raphaël
38:55c'est l'innovation.
38:56Pendant des années
38:57on avait été sur l'idée
38:58d'une Chine
38:59qui copiait
39:00et qui n'innoverait pas.
39:01Oui et puis des fois
39:02une mauvaise idée.
39:03Ça ne date pas d'il y a 5 minutes.
39:04Non bien sûr que non.
39:06Mais c'est quand même
39:06un changement
39:07qui s'est passé
39:08et puis il y a surtout
39:10comme l'a dit Christian
39:12il y a aujourd'hui
39:13un problème avec l'OMC.
39:16La Chine est rentrée
39:16dans l'OMC.
39:17L'OMC
39:18c'est aussi
39:19une somme de règlements.
39:20C'est aussi
39:21le règlement
39:22de conflits commerciaux
39:23et d'atteindre.
39:25Et la Chine a été
39:25condamnée l'été dernier
39:27sur de la propriété
39:28Oui sauf que l'OMC
39:28aujourd'hui
39:29est rendue
39:30dans l'incapacité
39:31d'agir.
39:32Elle a été
39:34profondément affaiblie
39:34par la position
39:35américaine
39:37qui a consisté
39:39à bloquer
39:39un certain nombre
39:40de choses à l'OMC.
39:41Il faut des règlements
39:42internationaux
39:43si on veut.
39:45On ne peut pas
39:45uniquement...
39:46Mais est-ce que c'est fini
39:47ce temps-là ?
39:48Non ?
39:48On est du temps
39:48des environs maintenant.
39:50Est-ce qu'il y a encore
39:50des règles internationales ?
39:51Il faut faire comme les Chinois.
39:52Vous ne vous rappelez pas
39:53cette intervention
39:53de Xi Jinping
39:54à Davos
39:54il y a quelques années
39:55qui disait
39:55qu'il avait fait
39:56un plaidoyer
39:57pour le libre-échange.
39:58Il y a la main gauche
39:59qui vous dit
40:00on va suivre l'OMC
40:01on fait du libre-échange
40:02tout est bien
40:03et puis la main gauche
40:04Il joue la contre-programmation
40:05de Donald Trump
40:06qui fait complètement
40:07le contraire.
40:08Donc faisons la même chose
40:09c'est-à-dire
40:10continuons à agir
40:12au niveau de l'OMC
40:13à porter plainte.
40:13Les plaintes
40:14prennent des années.
40:15Les répercussions
40:16des condamnations
40:16je serais curieux
40:17de les connaître
40:17ça ne doit être rien
40:19à mon avis
40:20et à côté de ça
40:21agissons fortement
40:23agissons fortement
40:24donc sortons de cette naïveté
40:25il ne s'agit pas de dire
40:26qu'on va sortir
40:27du droit international
40:28parce qu'effectivement
40:28la position de Trump
40:29sur certains sujets
40:30est totalement condamnable
40:32ridicule
40:32tout ce que vous voulez
40:33mais en même temps
40:34ne soyons pas naïfs
40:35donc oui
40:35ça y est
40:36l'OCDE et d'autres
40:37se saisissent du problème
40:38enfin il était temps
40:39maintenant
40:41quelles vont être
40:42les mesures pratiques
40:43concrètes
40:43qui vont être prises
40:44rapidement
40:45moi c'est ça
40:45que j'attends de voir.
40:46On a été trop naïfs
40:47face aux Chinois
40:47Thomas Grébine ?
40:49Oui je suis d'accord
40:50malheureusement
40:51cette vague chinoise
40:53il y a eu deux vagues
40:53il y a eu la première vague
40:54dans les années 2000
40:56où on n'a pas réagi
40:58ou de façon
40:59très insuffisante
41:00alors l'argument
41:01invoqué à l'époque
41:02c'était que c'était
41:03des secteurs
41:04à faible valeur ajoutée
41:05comme le textile
41:06et donc que l'Europe
41:07avait vocation
41:08à créer
41:09à être dans des secteurs
41:10Oui et puis pardon
41:11c'était du gain
41:11de pouvoir d'achat
41:12pour le consommateur aussi
41:14mais aujourd'hui
41:15c'est plus du tout ça
41:16enfin c'est ça
41:17plus nos secteurs
41:19de pointe
41:19qui ont fait
41:20le cœur
41:21de notre création
41:22de richesse
41:22c'est-à-dire
41:23aujourd'hui
41:23c'est l'automobile
41:24c'est la machine outil
41:25c'est la chimie
41:26c'est la pharmacie
41:28le nucléaire
41:29tous ces secteurs
41:30qui ont de nouveau
41:31qui ont fait le cœur
41:32de la puissance européenne
41:34sont menacés
41:35par le rouleau
41:36compresseur chinois
41:37et c'est vrai que
41:38alors moi
41:39quand je parlais
41:40d'un réveil
41:41c'est relativement
41:42à l'Europe
41:43je suis tout à fait d'accord
41:44que cette montée
41:45en puissance
41:46on aurait pu réagir
41:47beaucoup plus tôt
41:49notamment dans l'acier
41:50où on voit
41:51les très très grandes
41:52difficultés
41:53depuis des années
41:53du secteur sidérurgique
41:55et on attend
41:55en fait
41:56qu'il soit
41:57on a enfin réagi
41:58non sur l'acier
41:59quand même
42:00on a enfin réagi
42:01on a enfin réagi
42:02mais dans un moment
42:04où l'acier
42:04est très très très
42:05fortement affaibli
42:07donc en fait
42:08c'est mieux de réagir
42:09quand les industries
42:10sont suffisamment fortes
42:12pour affronter
42:13la concurrence internationale
42:15mais il y a quand même
42:16un changement
42:17même en Allemagne
42:17vous voyez dans la presse
42:18allemande
42:19vous voyez que quand même
42:20le logiciel
42:21est en train de changer
42:22et moi le risque que je vois
42:23c'est que ça change
42:24trop longuement
42:25parce qu'il y a une divergence
42:26d'intérêt
42:26qui est très importante
42:28en Allemagne
42:28entre les grands groupes
42:29notamment automobiles
42:31qui sont très puissantes
42:32au coeur du patronat
42:32il faut qu'on explique ça
42:33chimiques aussi
42:34chimiques
42:34qui ont beaucoup investi
42:36en Chine
42:37et qui continuent
42:38d'investir en Chine
42:39et qui comptent
42:40sur les ventes
42:41sur le marché chinois
42:43mais le problème
42:44c'est que c'est
42:44par exemple Volkswagen
42:45qui maintenant annonce
42:46qu'elle va produire
42:48des modèles en Chine
42:49donc avec des ouvriers chinois
42:51des ingénieurs chinois
42:52des sous-traitants chinois
42:53et les produire
42:54pour les exporter
42:57vers le reste du monde
42:58donc ce qui est quand même
42:59hallucinant
43:00et c'est là
43:00où il y a une déconnexion
43:02de plus en plus forte
43:02que nous on avait connu
43:03en France
43:04dans les années 2000
43:05entre les intérêts
43:07de ces grands groupes
43:08internationaux
43:09qui peuvent avoir intérêt
43:10de produire en Chine
43:11parce que c'est là
43:12où ça se passe
43:12notamment en termes
43:13d'innovation
43:14c'est là où les coûts
43:14de production
43:15sont 30 à 40%
43:16plus faibles
43:17que chez nous en Europe
43:18c'est ce pour quoi plaider
43:19Serge Turuc
43:20à la fin des années 90
43:21mais la grosse difficulté
43:24c'est qu'est-ce que sera
43:25demain en Europe
43:26la création de valeur
43:27qu'est-ce que seront
43:28les emplois de qualité
43:29sur le sol européen
43:30c'est là que les politiques
43:32doivent intervenir
43:33c'est-à-dire que
43:33moi je comprends
43:34la position
43:35des grands industriels allemands
43:36parce qu'effectivement
43:37pour eux
43:37je ne dis pas
43:38que c'est une question
43:39de vie ou de normes
43:39mais s'ils se coupent
43:40du marché chinois
43:41ils se coupent un bras
43:42ou plus
43:42je crois que Porsche
43:43a diminué
43:44ses ventes en Chine
43:46de 40%
43:46enfin c'est complètement colossal
43:48je veux dire
43:48maintenant
43:48on voit aujourd'hui
43:49il y a un débat
43:50pour créer le Made in Europe
43:51là
43:51et effectivement
43:52ce qui freine aujourd'hui
43:53c'est BASF
43:54le débat sur la préférence européenne
43:55la préférence européenne
43:56qui fait qu'on a un quota
43:57de matériaux européens
43:58maintenant c'est une vision
43:59qui est
43:59enfin la vision politique
44:00pour le coup
44:00est de plus long terme
44:02une remarque quand même
44:03je veux dire
44:03donc ok
44:04le constat semble être là
44:05à l'OCDE
44:06ou même à la Commission
44:07mais encore une fois
44:08quelles sont les réponses
44:09et quelles sont les mesures
44:10qui sont prises
44:10est-ce que la Commission
44:11a complètement laissé tomber
44:13son sujet
44:13de préférer systématiquement
44:15la concurrence
44:16et donc le prix faible
44:17pour les consommateurs
44:18vous avez la bataille
44:19entre la DG Trade
44:20qui est toujours
44:21sur un logiciel
44:22libre-échangiste
44:23et puis
44:23la direction générale
44:25de l'industrie par exemple
44:26ou du marché intérieur
44:27qui est un peu
44:28plus protectionnel
44:29politique d'arbitrer
44:30c'est de politique
44:31ça va être le sujet
44:32du Conseil
44:32fin juin
44:33effectivement
44:34le grand problème
44:35vous soulignez
44:36le sujet
44:37de l'industrie automobile
44:38allemande
44:38c'est que l'état allemand
44:39suit ce que dit
44:41BMW
44:42et Mercedes
44:43et qu'on est en train
44:44de développer
44:45au niveau de la Commission
44:46des outils de rétorsion
44:47pour l'industrie
44:49un paquet
44:49va sortir
44:50d'ici le mois de juillet
44:51sur la tech
44:52et le numérique aussi
44:53mais tous les états
44:54ont peur
44:55à la fois
44:55de la rétorsion chinoise
44:57et de la rétorsion américaine
44:58sur le numérique
44:59vous avez raison
44:59citer numérique
45:00parce que c'est la même chose
45:01c'est peut-être un sujet
45:02un peu pointu
45:03mais il y a le SecNumCloud
45:04qui a été créé en France
45:05pour créer
45:05la sécurité numérique
45:07sur le cloud
45:07pour préserver
45:09pour l'avoir suivi
45:10de manière extrêmement proche
45:11quand je m'occupais de ça
45:12au MEDEF
45:13nos amis allemands
45:14étaient quand même
45:15mitigés sur le sujet
45:16les Hollandais
45:17étaient totalement contre
45:18bon mais là
45:18ils changent aussi
45:19bon voilà
45:19donc ça avance quand même
45:21petit à petit
45:21ce que j'allais dire
45:23Raphaël
45:23c'est que restons positifs
45:24ça avance
45:25mais il faudrait qu'on passe
45:26la seconde
45:27ça y est
45:27on a fait le constat
45:28ah oui dis donc
45:29il faut peut-être
45:29qu'on allume les phares
45:30et qu'on passe en seconde
45:31bon mais allons-y
45:32allons-y
45:33bon on sait qu'on va pouvoir
45:34oui Thomas
45:34passer à la seconde
45:36est-ce qu'on y arrive ou pas
45:38est tétanisée et a peur
45:40et qu'on n'ose pas
45:41s'affirmer
45:42face aux puissances
45:43et aux empires
45:44non je pense que c'est
45:45c'est le cas
45:46on a peur
45:47et le risque
45:48c'est qu'on se fasse manger
45:49que ce soit sur la tech
45:51ou sur l'industrie
45:51ce qu'il faut bien voir
45:52c'est que sur la tech
45:53dans les années 2000
45:54on s'est fait manger
45:55il y avait la stratégie
45:56de Lisbonne
45:57qui avait été annoncée
45:58on devait être
45:59la première économie
46:00de la connaissance
46:00en 2020
46:0125 ans après
46:02on en est malheureusement
46:03très loin
46:04et on a plutôt décroché
46:06et puis sur l'industrie
46:07on a quand même
46:08dominé l'industrie mondiale
46:10pendant plus de 50 ans
46:11et dans tous les secteurs
46:13où on a dominé
46:13maintenant on est en retard
46:14sur l'automobile
46:15mais l'automobile
46:16c'est 14 millions
46:17de salariés
46:18d'emplois directs
46:19et indirects
46:20au niveau européen
46:21et 14 millions
46:21d'automobiles produites
46:22et là on a aujourd'hui
46:23presque 10 ans de retard
46:25sur les chinois
46:25c'est quand même
46:26extrêmement spectaculaire
46:27sur la machine outil
46:28aussi
46:28la machine outil allemande
46:30commence à être en retard
46:31sur ce que font les chinois
46:32sur les TGV
46:33les trains à grande vitesse
46:34les chinois savent faire
46:35des trains à une vitesse
46:38400 km heure
46:39que nous on ne sait pas faire
46:40donc tout ça
46:41c'est quand même
46:41très spectaculaire
46:42et donc il y a
46:43un début de réaction européenne
46:45mais c'est encore
46:46très faible
46:46donc il faut à la fois
46:47de la protection
46:48et il faut surtout
46:49de l'innovation
46:50de l'investissement
46:51pour rattraper
46:54pour rattraper
46:54notre retard
46:55il y a quand même
46:55un sujet
46:57c'est que dans un jeu à trois
46:58parce que c'est un jeu à trois
47:00on parle de se défendre
47:02contre les chinois
47:02il y a les américains
47:04puis il y a l'Europe
47:05et Bismarck
47:06dans un jeu à trois
47:07disait
47:07il faut être deux
47:08il y a aussi des alliances
47:09intelligentes
47:10qui peuvent être faites
47:11pour contrer
47:11par exemple
47:12l'IA chinoise
47:14avec ce dont je parlais
47:16tout à l'heure
47:18des agents IA
47:19et de l'intelligence artificielle
47:21qui nous vient
47:21de la Silicon Valley
47:22et qui progresse
47:24vraiment de manière
47:25très forte
47:25y compris
47:26pour aider l'industrie
47:28donc je pense
47:28qu'il faut
47:29avoir une vision
47:31dans laquelle
47:32on peut nouer
47:35des alliances
47:36ponctuelles
47:36sur des sujets précis
47:39parce que
47:40face aux deux
47:42on ne pourra pas
47:43avoir une réponse
47:44sur la forteresse Europe
47:46quand on voit
47:47tous les attermoiements
47:48qui ont eu lieu
47:49vous savez
47:49mon premier job
47:50c'était dans la sidéologie française
47:52dans la sidéologie française
47:54je me souviens
47:54on rédigeait
47:55déjà des notes
47:56à l'Europe
47:57pour se plaindre
47:59de la concurrence
48:00déloyale chinoise
48:01et on demandait
48:02que les droits
48:02anti-dumping européens
48:03soient appliqués
48:04et il fallait
48:05des mois
48:05et des mois
48:06et la sidéologie française
48:07a disparu
48:10progressivement
48:11parce que
48:12le droit
48:13anti-dumping européen
48:15était inadapté
48:16il y avait une vision
48:17qui était surannée
48:19il faut bien le reconnaître
48:20où
48:20on se méfiait
48:22du gigantisme
48:24d'une entreprise
48:25européenne
48:25on ne voulait pas
48:26d'une grande
48:27entreprise européenne
48:28et
48:29il y avait
48:30donc
48:31une incapacité
48:32à faire grandir
48:33nos entreprises
48:34au regard
48:35d'un droit
48:35de la concurrence
48:36qui ne prenait pas
48:37en compte
48:38le monde
48:39parce qu'en 58
48:40quand on a fait
48:41le traité de Rome
48:42la mondialisation
48:43elle n'en était pas
48:45elle était dans les limbes
48:47ça vous fait réagir
48:47sur Twitter
48:48sur mon compte
48:49arrobase
48:49le genre
48:50alternance
48:51qui nous dit
48:51les chinois
48:51nous dépassent
48:52partout
48:52sauf l'aéronautique
48:54vous allez me dire
48:55peut-être que ça va
48:55pas tarder
48:56Thomas Grébine
48:57le luxe italien
48:58est fait par des chinois
48:59les tracteurs
49:00les voitures
49:00matériel de construction
49:01chinois
49:02sont plus innovants
49:03et moins chers
49:04ils nous dominent
49:05dans l'électronique
49:06et le numérique
49:06c'est fini
49:08il va falloir nourrir un peu
49:09il ne domine pas
49:10dans le numérique
49:11il ne faut pas exagérer
49:13sur ce sujet
49:13il ne domine pas
49:14dans le numérique
49:14d'une manière générale
49:15là c'est les américains
49:16qui nous dominent
49:17pour le coup
49:17oui c'est les américains
49:18mais il faut arrêter
49:20de dire qu'on peut
49:20encore une fois
49:21maîtriser l'ensemble
49:22de quelque chose
49:23je reprends le mot
49:23forteresse
49:24où on domine tout
49:25il faut être souple
49:28adaptable
49:28on va prendre tel point
49:29effectivement on va faire
49:30des accords
49:30avec certains
49:31etc
49:32et arrêtons d'avoir
49:33cette vision
49:34très théorique
49:35parce que vous dites
49:36l'Europe a peur
49:37maintenant
49:38moi je pense
49:39qu'il y a un sujet
49:39on le cite souvent
49:41à cette antenne aussi
49:42qui est cette folie normative
49:43alors normative
49:44sur 50 000 choses
49:45sur laquelle la Chine
49:46travaille beaucoup
49:47le pouvoir des normes
49:48c'est aussi
49:48un véritable sujet
49:50il y a la réalité
49:51des normes
49:52ah oui
49:52enfin il y a deux choses
49:52la réalité des normes
49:53pour imposer des normes
49:54je ne sais pas pourquoi
49:54les prises électriques
49:55moi je parlais
49:56de normes environnementales
49:57ou des normes du travail
49:58ou des choses comme ça
49:59bon
49:59non pas qu'il faille les rayer
50:00et l'exemple américain
50:02certains parlent
50:02bon à suivre
50:03mais encore une fois
50:04sachons raison
50:05elles ont gardé
50:06et trouvons le bon équilibre
50:08au-delà du fait
50:09qu'on a peur
50:11mais moi je ne pense pas
50:12c'est nous
50:13nous européens
50:14qui nous tirons
50:14des balles dans le pied
50:15qui nous mettons des freins
50:16sur des kilomètres de choses
50:17il ne faut pas faire ci
50:18il ne faut pas faire ça
50:19regardez là
50:19sur les terres rares
50:20ça y est
50:21on commence à bouger
50:22ben oui
50:22on réouvre des mines
50:24ou des extractions de lithium
50:25ou d'autres choses
50:26etc
50:27alors faisons-le
50:28en étant attentifs
50:30à un certain niveau
50:31raisonnable
50:31de protection de l'environnement
50:32évidemment
50:33l'urgence climatique
50:34est un sujet
50:34qu'il ne faut pas mettre
50:35de côté
50:35on n'en veut plus
50:36de tous ces process industriels
50:38qui polluent en Europe
50:38oui mais
50:39qu'est-ce qu'on veut
50:41c'est le fameux truc
50:42sur les noisettes
50:43où on interdit
50:44comment dire
50:45la production de noisettes
50:46en France
50:47là il y a la loi
50:48je n'ai pas vu le détail
50:49qui est passé je crois
50:50à la chambre
50:51oui aujourd'hui
50:52elle doit être votée
50:52aujourd'hui la loi
50:54qui va faire bouger les choses
50:55au-delà de dire
50:56c'est les autres qui
50:57non regardons-nous
50:58c'est nous-mêmes
50:59qui nous tirons les balles
50:59dans le pied
51:00et qui ne sommes pas
51:00assez réactifs
51:01et assez volontaristes
51:02sur le développement
51:03de notre économie
51:04Thomas Grémin
51:04d'accord je pense
51:05qu'il y a un gros problème
51:07de priorisation
51:08en Europe
51:09la semaine dernière
51:10on a publié
51:11avec Mathéo Torres
51:11un article
51:12sur les plans
51:13quinquennaux chinois
51:14et ce qui est intéressant
51:15de voir
51:16c'est la priorisation
51:17quasi absolue
51:18qui est donnée
51:19à l'industrie
51:20et à la souveraineté
51:22technologique
51:23et tous les autres objectifs
51:25sont plus ou moins
51:26soumis
51:26c'est-à-dire
51:27on parle souvent
51:27la Chine va réorienter
51:28son marché antérieur
51:29on voit bien
51:30que dans le document
51:31c'est complètement secondaire
51:33par rapport
51:33à la priorité industrielle
51:35et sur l'environnement
51:36c'est très clairement
51:37on développe
51:38une industrie verte
51:40et c'est ça
51:40qui va permettre
51:42de faire
51:43la transition écologique
51:44mais la priorité
51:45c'est d'abord
51:45l'industrie
51:46c'est d'abord
51:46la souveraineté technologique
51:49ils arrivent toujours
51:49à réaliser leur plan
51:50oui c'est vrai
51:51parce qu'il n'y a pas
51:51de démocratie
51:52oui
51:53on n'a pas
51:54les chines
51:54sur le plan non plus
51:55mais aussi parce qu'ils ont
51:57une des priorités
51:58qui sont clairement définies
51:59nous en Europe
51:59on a une année
52:00où on priorise
52:01la transition écologique
52:03où on va faire
52:03par exemple
52:04des dispositifs
52:05type la ZAN
52:06et l'année d'après
52:07on va se rendre compte
52:08ah ben mince
52:08on ne peut pas construire
52:10de gigafactory
52:11donc on va revenir
52:13sur les textes
52:13et en fait
52:14on modifie chaque année
52:16les objectifs
52:16parce qu'en fait
52:17on ne sait pas ce qu'on veut
52:18et quand on ne sait pas
52:19ce qu'on veut
52:19c'est très difficile
52:20d'être capable
52:22de penser
52:22les politiques
52:23qui viennent modifier
52:24les priorités
52:24vous parlez de priorité
52:25leur grand avantage
52:26entre guillemets
52:27parce que ça n'en est pas
52:28de mon point de vue
52:29leur grand avantage
52:30c'est que les plans
52:31je le disais
52:31ils les réalisent
52:32parce qu'il n'y a pas
52:33d'alternance
52:34et donc ça permet
52:35les bienfaits de la démocrature
52:37voilà
52:37une maison tenue
52:38un pouvoir fort
52:40c'est aussi ça
52:41qu'il faut prendre en compte
52:43on ne peut pas toujours dire
52:44les chinois
52:45vous vous rendez compte
52:46ils réalisent ça
52:47bien sûr
52:47il n'y a jamais
52:48aucune contradiction
52:50dans leur système
52:51et nous
52:51nous avons
52:53des grosses difficultés
52:55dans nos contradictions
52:56parce que
52:57l'effet de la démocratie
52:58ce sera le mot de la fin
52:59merci
53:00merci à tous les trois
53:01c'est terminé
53:02on pourrait en débattre
53:02pendant des heures
53:03on le refera
53:04à Christian Poyot
53:04ne vous inquiétez pas
53:05merci Christian Poyot
53:07merci Hervé Novelli
53:08et Thomas Grébine
53:09pour cette émission
53:10passionnante
53:10disponible en podcast
53:11et replay
53:12tout de suite
53:13c'est R&Défense
53:13animé par Jean-Baptiste Huet
53:15quant à moi
53:15je vous retrouve demain
53:17même heure
53:18même endroit
53:199h30
53:20en direct
53:20sur BFM Business
53:21très bonne journée
53:23à tous
53:26les experts
53:27débat et controverse
53:29sur BFM Business
53:30Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires