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Ce vendredi 2 octobre, Laure Closier a reçu Bertille Bayart, rédactrice en chef du Figaro, Jean-Philippe André, président de D&O (Décider et Obtenir), ex-patron de Haribo, et Anthony Morlet Lavidalie, économiste chez Rexecode, dans l'émission Les Experts sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:03BFM business et la tribune présente débat et controverse les experts leur closier il est 9h30 sur
00:13BFM business bonjour à tous c'est les experts qui commencent évidemment beaucoup de sujets
00:17budgétaires à voir ensemble aujourd'hui avec cette ardoise fiscale qui s'alourdit 17 milliards
00:21d'euros de taxes nouvelles dans cette copie présentée hier par le gouvernement avec des
00:26hausses d'impôts des créations taxes par ci par là pour les entreprises le medef chiffre la facture
00:30globale à 20 milliards d'euros il y aura aussi un gel des allégements de charges récupérer les
00:35employeurs sur les salaires ça évidemment ça inquiète du côté des petites comme des grandes
00:39entreprises on parlera également de des questions de taux on n'y échappera pas est ce qu'on va taper
00:44les 5% est ce que c'est pour aujourd'hui en tout cas on est proche des 4 95
00:48% actuellement on va voir
00:50tout ça avec nos experts que je vous présente on est avec Bertil Bayard bonjour
00:56bonjour Bertil Bayard rédactrice au chef en chef du figaro à côté de vous jean-philippe andré
01:01bonjour président de dno ancien patron d'arribo et de l'agnat anthony moral la vidale bonjour vous
01:06êtes économiste chez rex écone je commence avec vous anthony l'ardoise quand même fiscale elle
01:11elle s'alourdit là oui elle s'alourdit en même temps la complexité la voie de passage pour le
01:16gouvernement elle est extrêmement étroite je vais y revenir moi évidemment je trouve que c'est pas un
01:20très bon budget mais c'est dur de charger la barque du gouvernement dans la situation actuelle et les
01:25marchés sont objectivement très tendus c'est à dire qu'à un moment donné il y a quand même un
01:27petit arbitrage à faire entre on peut faire un budget parfait c'est à dire intelligent mais qui
01:32n'est pas voté voire qui est censuré immédiatement et là les marchés finalement réagissent très mal et
01:36on peut faire un budget pas génial mais qui a peut-être une maigre chance de passer au bout de
01:40débats invraisemblables qui vont probablement avoir lieu mais par ordonnance au bout de 70 jours de
01:46débat non fructueux par ordonnance et finir par avoir au moins quelque chose qui limite le
01:51dérapage parce qu'il faut quand même avoir en tête que dans l'état de stress des marchés si vous
01:54ne
01:55faites rien et qu'on explique au marché qu'à la fin en 2027 on a un défi de à
01:586% on est déjà dans
02:00un début de crise obligataire là c'est la crise probablement totale derrière enfin 6% 2027 vous
02:05êtes inaudible donc forcément c'est pas une bonne copie à fortiori parce qu'en plus ça touche plus les
02:10entreprises nous on a fait le compte hier on se rend compte que il y a en gros un effort
02:15de 20
02:15milliards qui est demandé aux entreprises voilà on en a un peu plus de 16 milliards pour les ménages
02:21et 9 milliards pour les collectivités et autres administrations publiques on aurait aimé par
02:25exemple que les collectivités locales soient davantage mises à contribution je crois qu'il
02:28ya un petit consensus là dessus mais c'est compliqué politiquement ça charge encore trop la barque des
02:33entreprises alors que ça fait déjà deux budgets qu'elle paye plus que la moyenne donc évidemment c'est pas
02:38bon
02:38mais malheureusement voilà la contrainte est là verti il ya un petit côté c'est un budget bof que
02:43personne ne défend vraiment mais on n'a pas le choix parce que la situation est trop grave c'est
02:47à peu près
02:47ça c'est un sujet un qui ne comporte aucune mesure de réforme fondamentale et on comprend bien
02:52dans le contexte politique actuel c'est deux un budget qui a un côté un petit peu artificiel
02:58ou factif parce que un de toute façon il n'est valable que pour six mois jusqu'à l'élection
03:01présidentielle
03:02irréversible et en plus le gouvernement y a mis des on a des articles à option donc on va choisir
03:08pendant le débat ou après comment comment les mesures seront seront appliquées on a à mon avis
03:15plus fondamentalement un sujet qui est quand même les hypothèses sur lesquelles repose ce budget
03:19qui sont trop optimistes hypothèses de croissance à 1% jugé optimiste par le conseil des finances
03:25publiques et c'est le moins qu'on puisse dire dans la situation actuelle donc j'espère que la suite
03:31nous donnera raison au gouvernement mais en tout cas tabler sur 1% de croissance en 2026 c'est un
03:36vrai sujet on a une hypothèse de thèse hypothèse de taux à 4,2% qui est complètement décalé par
03:42la
03:42situation actuelle alors c'est des hypothèses qui ont été faites avant l'été oui pas il ya cinq ans
03:45il n'y a pas il ya deux jours donc on verra quelle sera la moyenne de l'année 2027
03:50mais en tout cas
03:51à 4,2% pour le moment c'est plus optimiste et troisième point sa table sur un baril de
03:57pétrole à 80
03:59dollars qui là aussi est assez décalé par rapport à la situation en tout cas là dessus
04:04objectivement on est dans l'incertitude la plus totale mais en tout cas la combinaison de ces trois
04:08hypothèses rend très fragile les les circonstances dans lesquelles vont se faire le va se comment dire
04:15se dérouler effectivement le budget une fois qu'il sera mis en oeuvre jean-philippe
04:18j'aimerais rebondir ce que dit ma voisine parce que ce qu'elle décrit c'est pas nouveau c'est
04:23simplement pas nouveau c'est à dire en début de cette année on nous a dit à un moment il
04:27y aurait
04:28une croissance de 0,9 on était au milieu de l'été il y avait des débats est-ce qu
04:34'on croit au
04:34cours de 0,9 maintenant on est à 0,4 comment on peut imaginer de remonter à 1 c'est
04:39fortement
04:39improbable je crois que c'est un vrai mal de construction de nos budgets parce que je pense
04:46que lorsque le facteur politique commence à s'occuper d'économie parce que de bonne foi je pense
04:54qu'aujourd'hui quelqu'un a du mal à écrire que l'an prochain il y aura 1% de
04:57croissance mais
04:58politiquement vous êtes obligé de l'écrire sinon vous allez désespérer encore plus tout le monde
05:03donc je pense que comme comme le dit madame le budget il est déjà fait sur des piliers de sable
05:10de sable mais c'est vraiment de sincérité de compte ça quand même c'est non parce que sincérité de
05:16compte
05:16on pourrait dire c'est je le je je je camoufle les comptes je camoufle pas les comptes je cache
05:22la réalité
05:23c'est presque non mais c'est presque pire c'est presque pire je crois que les six prochains mois
05:28c'est pas un budget qu'on a qu'on a devant nous c'est c'est un genre de
05:32de rustine pour faire en sorte qu'un gouvernement et moi je rejoins monsieur on peut le charger de tous
05:38les mots je veux dire être à sa place en ce moment ça doit être une situation inestricable mais ils
05:43sont ils sont ils sont là pour faire ils sont là pour passer les
05:46six prochains mois c'est c'est pas c'est pas un budget ils sont en train de construire quelque
05:50chose pour tenir mais on sait déjà nous que à partir du mois de juin juillet ou octobre quelle que
05:56soit l'issue politique du du scrutin il faudra il faudra il faudra repasser moi c'est un gros problème
06:02c'est la construction des budgets
06:04mais anthony pour rebondir sur ce qui vient d'être dit je suis assez d'accord à deux égards premièrement
06:10effectivement c'est consensuel on a probablement des hypothèses macroéconomiques trop optimistes on a été auditionné devant le haut conseil
06:15des finances publiques
06:16c'est ce qu'on disait au delà des hypothèses retenues même à hypothèses données on trouvait ça trop optimiste
06:20notamment les prévisions d'investissement avec la hausse des taux ça nous paraissait quand même objectivement délirant nous dans nos
06:25modèles on n'a pas du tout ça il y avait un consensus parmi les experts qui ont été auditionnés
06:28donc on l'a mentionné le HFP c'est en effet la voix dans son dans son avis mais plus
06:33généralement on sort quand même de trois ans allez on va dire les excepté 2025 on a eu un dérapage
06:40des finances publiques justement où en cours d'année à chaque fois on s'apercevait qu'on tenait pas la
06:43cible il y avait eu des missions d'enquête parlementaire
06:46pour dire mais comment ça se fait l'argent rentre pas on retombe dans nos travers en 2026 ou en
06:50cours d'année à chaque fois l'automne et 2027 on connaît la fin du film avant d'avoir vu
06:54c'est à dire que là on sait déjà qu'elle était mais c'est politique c'est à dire
06:57qu'il ne faut pas désespérer les gens pour donner des hypothèses qui donnent un tout petit peu d'espoir
07:01on sait qu'il y a un biais légèrement positif de la prévision du gouvernement quand on l'atteste a
07:05posteriori ça c'est documenté et donc je sais bien que Bercy est très réticent à l'idée d'avoir
07:10une prévision un peu prudente parce que son objectif ils nous le disent c'est d'avoir une prévision centrale
07:13ok mais on voit bien que dans l'état de nos finances publiques c'est quand même un peu c
07:18'est imprudent parce qu'à la fin on voit bien qu'il y a des dérapages dans tous les sens
07:21il faudrait qu'on ait des marges de manœuvre on n'en a jamais on est vraiment tout juste et
07:25le moindre dérapage boum c'est dans le fossé
07:27dans une entreprise notre public est aussi fait de beaucoup d'entrepreneurs que ferait-on on aurait l'hypothèse on
07:34dit le gouvernement tel qu'elle a été présentée tel qu'elle a évoqué madame mais immédiatement dans la construction
07:40il y aurait ce qu'on appelle un worst case que se passerait-il si madame au lieu d'avoir
07:451% de croissance je n'ai que 0,7 si au lieu d'avoir des taux à 4,20
07:50je les avais même à 4,70 etc et on verrait et dans ce cas là l'actionnaire le conseil
07:56d'administration
07:56il vous dit si vous êtes dans le worst case sur quoi tu ajustes ? si vous faisiez alors monsieur
08:02est l'expert si vous faisiez le worst case c'est pas 54 milliards que vous allez chercher dans le
08:07worst case ou même pas worst case un scénario dégradé est-ce qu'aujourd'hui essayons de comprendre est-ce
08:14qu'aujourd'hui je pourrais dire ah si le scénario est dégradé c'est pas 54 je sais c'est
08:1875 mais ça c'est illisible c'est ce que faisait le corps avec ces hypothèses on n'y comprenait
08:22rien sinon on savait jamais dans quel scénario on était le gouvernement préfère ça
08:26le côté volontariste sur la présence des prévisions de croissance du gouvernement c'est vieux comme les budgets j'allais
08:32dire c'est logique
08:33on va faire 1 allons-y tous ensemble
08:35et effectivement une part de politique et de phénomène autoréalisateur effectivement
08:40dans la situation actuelle pour ce budget dans les circonstances très particulières qu'on connaît à la fois l'environnement
08:46financier extrêmement difficile
08:47et l'échéance politique qui arrive
08:50voilà j'aurais tendance à penser que celui-là aurait mérité d'être mis plus tôt en bas de
08:56il se serait fait accuser de noircir le tableau
08:58mais c'est un test d'agriculture
09:00mais en tout cas je pense qu'on aurait une base qui aurait été plus saine pour la discussion
09:04voilà
09:05c'est un peu dommage
09:07cette occasion-là n'a pas été saisie de ce point de vue-là
09:10et reste que
09:11effectivement l'enjeu maintenant c'est qu'il soit adopté
09:14et que ça soit adopté dans une
09:17ambiance
09:19vous ne croyez pas au fait que la stratégie c'est que ça ne soit pas adopté
09:22que ça passe par ordonnance pour avoir la copie
09:24c'est qu'à la fin de l'année on ait un texte budgétaire
09:27donc l'ordonnance quoi
09:28voilà qu'il soit valable
09:30allez-y Anthony
09:30je pense qu'il y a deux échéances importantes
09:32il y a le fait qu'à très court terme on limite la casse
09:34donc espérer qu'on rentre en 2027
09:37avec un déficit qui ne parte pas dans le décor tout de suite en début d'année
09:39et ensuite le grand défi
09:41mais pour moi la planche elle est déjà complètement savonnée
09:43c'est le prochain locataire de l'Elysée
09:46qui là va devoir faire
09:47alors on connaît les ordres de grandeur
09:48120 milliards d'euros d'économie
09:50et là il y a un grand débat entre experts
09:51et moi je m'inscris en faux avec probablement les plus grands économistes
09:55ceux qui vous disent
09:55il faut faire un ajustement très long
09:58plan pluriannuel 5-7 ans
09:59on y va petit à petit pour ne pas casser la croissance
10:01moi je n'y crois pas du tout
10:02vous voulez un truc brutal
10:03mais oui on est incapable
10:04non mais dites-moi
10:05est-ce qu'on a déjà réussi à tenir un plan pluriannuel
10:07jamais
10:08donc à chaque fois on passe notre temps à tracer des scénarios
10:10qui nous ramènent sous les 3%
10:12dès l'année N plus 1 on n'y est déjà plus
10:14vous dites quoi ?
10:15vous dites on ne va pas faire un ajustement de 120 milliards sur un an
10:17donc vous dites quoi ?
10:19mais alors c'est très brutal
10:19mais peut-être que sur 3-4 ans maximum
10:22mais ne serait-ce que politiquement
10:23c'est de l'économie politique
10:24quand vous vous faites élire
10:25vous ne pouvez pas promettre pendant 5 ans
10:27de l'austérité ou quelque chose qui s'en approche
10:29il faut promettre un peu de ciel bleu à un moment donné
10:31si vous dites je fais un choc très dur
10:33il y aura de la casse
10:34il ne faut pas se mentir
10:34ça va peser sur l'activité
10:35mais ensuite
10:36l'ajustement est fait
10:37et on repart du bon pied
10:38c'est quand même un petit peu plus porteur
10:40que de vous dire
10:40avec moi vous en prenez pour 5 ans
10:42dans les deux cas c'est pas facile
10:43j'ai tendance à être d'accord
10:44parce que ça fait effectivement des années
10:46qu'on nous présente des projets
10:48d'ajustement pluriannuel etc
10:50cela dit dans la plupart des documents
10:53ou études ou rapports
10:54qui ont pu être faits sur ce thème là
10:56il a toujours été dit
10:57ce serait bien si la première marche
10:59était quand même un peu plus haute
11:00que les suivantes
11:00et que ce serait plus efficace
11:03en profitant de l'élection
11:04même ça on ne l'a pas fait
11:06et on se retrouve effectivement
11:07dans la situation actuelle
11:09dans laquelle on est rentré
11:10et on en reparlera pour les taux
11:12mais on est rentré dans ce phénomène
11:14de boule de neige
11:14ça y est on y est
11:15et ça c'est une particularité française
11:17qui fait que voilà
11:18nos déficits créent de la dette
11:20sauf que quand il y a de l'austérité violente
11:22ça dure 10 ans
11:22c'est rare qu'on se mette
11:24deux ans d'austérité
11:25et qu'on reparte non ?
11:26non
11:27les pays qui y ont connu
11:28c'est ce qu'on est en train de connaître
11:29une crise de la dette
11:30ou une crise obligataire
11:31ils sont obligés d'ajuster très vite
11:32c'était le cas dans les années 90
11:34du Canada
11:34de la Nouvelle-Zélande
11:36de la Suède
11:37et on l'a connue
11:37on peut faire un réajustement en deux ans ?
11:39trois
11:39deux ans c'est très court
11:41il faut le reconnaître
11:42mais trois ans
11:42quatre ans maximum
11:43bien sûr
11:44c'est ce qu'a fait aussi le Portugal
11:45l'Espagne
11:46l'Italie
11:46mais là vous n'avez pas le choix
11:47quand les marchés vous punissent
11:49c'est ça ou vous ne vous financez plus
11:51mais est-ce que c'est très violent ?
11:52oui
11:52mais est-ce qu'ensuite
11:53regardez l'exemple du Portugal
11:54les frappants
11:54derrière ils ont une croissance du PIB
11:56plus forte que la nôtre
11:57jusqu'en 2019
11:58et ils s'en sont très bien remis
11:59avec des comptes publics
12:00parfaitement restaurés
12:01donc c'est possible
12:02il ne faudrait pas non plus croire
12:03que c'est
12:04mais c'est sûr qu'à court terme
12:05ça fait un peu mal
12:05Jean-Philippe
12:06il vaut mieux un bon coup de semence
12:07ou un plan pluriannuel ?
12:09vous citez le portugais
12:11mais je pense que
12:11la psychologie du citoyen français
12:13est très différente
12:13de la psychologie
12:15du citoyen portugais
12:16c'est-à-dire que
12:17dans le débat
12:19qui est en train de s'ouvrir
12:20et par rapport à tout ce qu'on dit
12:22en grand
12:23en lettres majuscules
12:24le citoyen français
12:24écrit protection
12:26protection
12:26et donc
12:28dès qu'on touchera
12:29à son système
12:29qui le protège
12:30mais depuis
12:3170 ans maintenant
12:32ça va être brutal
12:34moi je ne suis pas un partisan
12:35du quinquennat
12:36il a cependant une vertu
12:38par rapport à ce que vous évoquez
12:39c'est qu'il cerne l'horizon
12:40sur 5 ans
12:41je pense que
12:41le futur locataire
12:43de l'Elysée
12:44aura 5 ans
12:47pour mettre en place
12:48ce qu'on dit
12:48et être battu
12:49sévèrement après
12:50parce que
12:51c'est pas possible
12:52de passer à travers
12:53tous les mécontentements
12:55qu'il y aura
12:55du coup il vaut mieux pas y aller
12:57je crois pas
12:59non
12:59parce qu'il y a bien
13:01quelqu'un qui doit y aller
13:02et je crois d'ailleurs
13:02il faut y aller
13:03avec un certain courage
13:04mais on est dans les hypothèses
13:06type Schröder en Allemagne
13:07au début des années 2000
13:08le gars il a fait des choses
13:11incroyablement impopulaires
13:12incroyablement utiles
13:13pour le pays
13:13sanctions
13:15battues
13:15battues à plat
13:18voir et dire attendez
13:19je vous ai dit la retraite
13:20à 60 ans
13:21c'était une blague
13:22en fait pas du tout
13:23on va passer à 65 ans
13:24je vais toucher aux dépenses publiques
13:26faire le contraire
13:27de ce qu'il a dit avant
13:28et c'est là où vous avez raison
13:29c'est à dire qu'on est dans une phase
13:31où celui qui dit la vérité
13:33sera exécuté
13:34c'est une vieille chanson
13:35oui c'est déjà ce que nous a dit
13:37Gaël Slimane hier
13:37à votre place
13:38oui il disait
13:39il n'y a pas de place
13:39pour les gens qui ont de la rationalité
13:41c'était un tout petit peu flippant
13:43vous ne pouvez pas être élu
13:44vous ne pouvez pas gagner les élections
13:46en tenant les propos
13:47qu'on tient là
13:48tous les quatre
13:49donc il faut dire n'importe quoi
13:50non pas n'importe quoi
13:51il ne faut pas tout dire
13:52d'ailleurs
13:53on revient au premier sujet
13:54qu'on avait
13:55il faut dire qu'on va faire
13:561% de croissance
13:57il faut dire que les taux
13:58seront à 4,20
13:59vous n'êtes pas obligés
14:01d'y croire
14:01vous n'y croyez pas complètement
14:03j'arrive
14:03j'arrive à l'Elysée
14:04quelle que soit la personne
14:05je fais le fameux audit
14:06parce que ça va être ça
14:07je dis on m'a menti
14:08sur les finances publiques
14:09c'est ce que fait n'importe quel chef d'entreprise
14:11quand il arrive dans une boîte
14:12il dit
14:13j'ouvre le capot
14:14ah tiens on ne m'avait pas tout dit
14:15je vais faire un petit plan
14:16de restructuration
14:17c'est systématique
14:18sauf que le chef d'entreprise
14:19je le répète
14:20il va se présenter
14:21dans son conseil d'administration
14:22et le conseil d'administration
14:24va dire
14:24vous allez faire maintenant
14:25ce qu'il faut faire
14:26pour sauver l'entreprise
14:27il commence toujours par dire
14:28on ne m'avait pas dit
14:28que les comptes étaient affreux
14:29je pourrais sortir 50 cas
14:32c'est tout le temps comme ça
14:33arrêtez
14:34c'est tout le temps comme ça
14:35non c'est pas vrai
14:36j'ouvre le capot
14:37hop
14:37on ne m'avait pas dit
14:38opération je charge la barque
14:39c'est mon prédécesseur
14:41on ne m'avait pas dit
14:41les comptes
14:41bref Bertille
14:43vous avez fait une piètre image
14:45du chef d'entreprise
14:46mais non
14:46pas moi
14:46vraiment
14:47pas moi
14:48Bertille
14:49simplement un peu d'expérience
14:50oui c'est ça
14:52simplement un peu d'expérience
14:53j'écoute
14:55merci de me trouver aussi bien
14:56voilà
14:58non mais Bertille
14:59il faut avoir un discours
15:01vendeur
15:01et puis après
15:02on verra bien
15:02quand on est élu
15:03c'est super compliqué
15:04ça tombe bien
15:04ici on va parler d'économie
15:06et moins de politique
15:06parce que là vraiment
15:07je ne sais pas
15:08je ne voudrais pas
15:09être dans les états-majors
15:10de campagne
15:11pour savoir
15:11quelle est la bonne stratégie
15:12à adopter
15:13sincèrement
15:13je ne suis pas sûre
15:14que la crise d'aujourd'hui
15:14soit assez aiguë
15:15pour que le discours de vérité
15:17ait une prime
15:19que le sérieux ait une prime
15:20voilà
15:21parce que les taux à 5%
15:22nous ici ça nous affole
15:24ça se diffuse
15:26extrêmement lentement
15:26dans le reste de l'économie
15:28et ça impacte
15:30marginalement
15:30et tardivement
15:31le citoyen
15:32donc sauf à ce qu'on commence
15:33à avoir des phénomènes
15:34un peu de panique financière
15:35qui peuvent ramener
15:36un peu
15:37enfin qui peuvent avoir
15:38une image
15:40assez impactante
15:42ce sera difficile
15:43donc je ne sais pas
15:45si cette situation
15:46qui est extrêmement tendue
15:47donne une
15:48comment dire
15:49va rendre plus démago
15:50ou moins démago
15:52il n'y a plus démago
15:53c'est à dire qu'à partir du moment
15:54où de toute façon
15:54c'est extraordinairement
15:57difficile
15:58d'envisager
15:59un redressement
16:00et bien allons-y
16:01et continuons
16:01à faire les promesses
16:02qu'on a toujours envisagé
16:03de faire
16:03y compris la retraite
16:05à 60 ans
16:06ou est-ce que ça rend
16:07moins démago
16:08en disant
16:08bon là
16:09il faut quand même
16:09faire attention
16:10je trouve intéressant
16:11de voir que
16:12du côté du rassemblement
16:13national
16:13qui est peut-être celui
16:14alors ceux qui n'ont
16:15aucune chance
16:16d'accéder au pouvoir
16:17peuvent rester
16:17dans le plus démago
16:18oui c'est pas grave
16:19voilà
16:19ceux qui n'ont
16:19aucune chance
16:20d'accéder au pouvoir
16:21et qui le savent
16:22en revanche
16:23ceux qui pensent
16:24avoir une chance
16:25et en ont une
16:26typiquement le rassemblement
16:27national
16:27on les voit quand même
16:29faire un ou deux gestes
16:31en direction
16:32des investisseurs
16:33etc
16:33et typiquement
16:34aujourd'hui
16:34on a une tribune
16:35de Marine Le Pen
16:36dans l'opinion
16:37pour expliquer
16:38sa règle d'or
16:39ce qui est une
16:40d'ailleurs
16:41elle l'écrit elle-même
16:42c'est un peu un paradoxe
16:43quand même
16:43de voir le rassemblement
16:44national
16:45vouloir s'autodiscipliner
16:47et autodiscipliner
16:48le pays
16:48par une règle d'or
16:50et il faudra avoir
16:51dans la mise en oeuvre
16:52etc
16:52dans quelle mesure
16:53c'est effectivement
16:54susceptible de participer
16:55au redressement des comptes
16:56parce que
16:57le mécanisme est forcément
16:59un petit peu compliqué
17:00avec plein d'exceptions
17:01tout ça
17:01mais il n'empêche
17:02que c'est clairement
17:02un signal envoyé
17:03en disant
17:04voilà
17:06la valeur du rassemblement
17:07national
17:07c'est évidemment
17:08d'avoir une crise financière
17:09aiguë
17:10avec intervention
17:10possible ou pas
17:11de la BCE
17:12avant les élections
17:13présidentielles
17:13et ce scénario là
17:14il n'est pas totalement
17:16délirant
17:16ou en tout cas
17:17sur les marchés
17:17ça fait partie des choses
17:18qui peuvent circuler
17:19Merci vous dites
17:19l'effet de boule de neige
17:20sur les taux
17:20on y est déjà
17:22Anthony 4,93
17:23pour vous
17:24sur l'OAT
17:24on est déjà
17:26dans une crise
17:26de la dette ?
17:28Oui
17:28alors elle est
17:29évidemment pour l'instant
17:29mineure
17:30mais c'est une crise
17:31obligataire
17:31objectivement
17:32alors après
17:32c'est le degré
17:33qui va varier
17:34mais là on y est
17:34on est rentré dedans
17:36150 points de base
17:37avec nos amis allemands
17:39c'était quand même
17:39objectivement impensable
17:40il y a un an
17:41mais on disait
17:42à 100
17:42la BCE fera quelque chose
17:43là on est à 150
17:44100 c'était un peu
17:46le seuil psychologique
17:46c'est pour ça
17:47que ça s'emballe depuis
17:47c'est que
17:48tonton il y a des bornes
17:49qui sont plus ou moins
17:52comment dire
17:52véridiques
17:53ou en tout cas
17:53qui ont du sens
17:54mais les 100 points de base
17:55c'est un peu le test ultime
17:56on l'a passé
17:57maintenant on a envie de dire
17:58on peut aller très haut
17:59il n'y a plus vraiment
18:00de limite
18:00et les investisseurs
18:01aujourd'hui trouvent
18:02qu'à 150 points de base
18:03le risque n'est pas encore
18:04bien pricé
18:04moi ce qui m'étonne un peu
18:05c'est quand vous regardez
18:07les agences de notation
18:08la note qu'on attribue
18:09aux différents pays
18:10avec le spread
18:11qu'on a actuellement
18:11et quand on va nous comparer
18:12à la zone euro
18:13on devrait noter
18:15en fait
18:16B
18:16B plus
18:17donc en fait
18:17junk bond
18:17donc là ça y est
18:19un peu en creux
18:23vous n'êtes plus du tout
18:24une signature de qualité
18:24en tout cas dans l'état
18:25où vous êtes
18:26vous n'êtes pas réformable
18:27et vous allez devoir payer
18:28une prime de risque
18:29durablement plus élevée
18:29c'est ça que nous dit le marché
18:30adjudication hier
18:31à 10h50
18:32souscrit deux fois
18:33alors c'est moins que d'habitude
18:34mais ça reste
18:35sur le marché primaire
18:36c'est les SVT qu'achète
18:38ensuite il faut revendre
18:38sur le secondaire
18:39il y a un peu de tension
18:40sur le secondaire
18:41selon la profondeur de marché
18:43sur le 10 ans
18:44ça va encore
18:45sur d'autres maturités
18:45ça peut être un peu plus compliqué
18:47et puis surtout
18:47vous devez payer cher
18:48c'est 4,93
18:49sur le 10 ans
18:50pour placer la dette
18:51donc c'est honnêtement
18:52vous payez très cher
18:53et on sent bien
18:54que le risque
18:55n'est pas encore complètement
18:56les investisseurs trouvent
18:57que c'est encore
18:58trop peu cher payé
18:59donc on est dans une situation
19:01moi je rejoins
19:01ce que disait Berthi
19:02c'est politiquement
19:04on voit bien que personne
19:05n'aura le courage
19:05de le faire
19:07on est un vieux pays
19:08on n'a pas fait défaut
19:09depuis les assignats
19:10on ne sait pas
19:10ce que c'est que
19:11la discipline budgétaire
19:12tout le monde pense
19:12qu'on est solvable
19:13ad vitam aeternam
19:14il faudra probablement
19:15en passer par une crise
19:17et d'une sévérité
19:17encore un peu plus élevée
19:19mais vous savez
19:20il y a une règle
19:21qui marche depuis
19:22la nuit des temps
19:23c'est que vous ne gagnez
19:23jamais contre le marché
19:24donc il y a un moment donné
19:25où vous cédez
19:25la question c'est
19:26quel est votre seuil
19:27de résistance à la douleur
19:28mais vous finissez par plier
19:30et donc tant que la France
19:31ne fait pas ce qu'il lui a demandé
19:33et on pourrait ajouter
19:34que le marché
19:34continue à faire souffrir
19:36encore un peu
19:36ah mais peut enfoncer le clou
19:37longtemps
19:38ils ne vont pas casser
19:40parce qu'on est trop important
19:41on n'est pas la graisse
19:42tous les motifs
19:43qu'on répète souvent ici
19:44et je pense que
19:45pour bien sentir la souffrance
19:47les marchés peuvent nous dire
19:48on va encore
19:49c'est un peu le poisson
19:50qu'on ramène très lentement
19:51à la souffrance
19:52c'est assez terrifiant d'ailleurs
19:54le scénario que vous décrivez
19:56parce que ça peut durer
19:57encore quelques mois comme ça
19:58Merci
19:58cette semaine
19:59vous avez parlé dans votre édito
20:00dans le Figaro
20:01de vomi
20:03ça m'a quand même surpris
20:04ce n'est pas moi
20:04je citais un investisseur américain
20:06oui mais un investisseur américain
20:08qui parle des actions françaises
20:09j'ai rencontré un patron
20:10d'une grande entreprise française
20:11qui était traumatisé
20:12parce qu'il sortait d'une conférence
20:13il avait participé à une conférence
20:14d'investisseur
20:15une de ces grandes conférences
20:16d'investisseurs
20:16qu'on voit régulièrement
20:18et qu'il a se passé à Paris
20:19il y a un investisseur américain
20:20qui a dit
20:20non mais pour moi
20:21les actions françaises
20:21c'est de la purée de vomi
20:23voilà
20:23et donc c'était une façon
20:24assez claire
20:26et particulièrement élégante
20:27de bien montrer
20:28ce qui se passe aujourd'hui
20:29qui est qu'effectivement
20:30il y a une décote
20:31sur la France
20:33les actions françaises
20:34ont me disait ce patron
20:35une note de gueule
20:36et cette note de gueule
20:36elle est mauvaise aujourd'hui
20:38et c'est ce qui se passe aussi
20:39sur le marché obligataire
20:40ce matin
20:40c'est intéressant
20:41on voit que l'Allemagne
20:43les tensions obligataires
20:44se sont un peu calmées
20:45sur l'Allemagne
20:45etc. la France a continué
20:47à grimper
20:47le spread augmente
20:48ça veut bien dire
20:49qu'il y a une singularisation
20:50de la France
20:50à l'intérieur
20:51d'une crise obligataire mondiale
20:53voilà
20:53et c'est en ça
20:54que c'est assez compliqué
20:56la crise mondiale
20:56mais nous c'est pire quoi
20:58ouais on a un petit truc
20:59en plus pour tout
21:00la crise politique
21:01elle est un petit peu pareille
21:02on voit les élections
21:03en Allemagne
21:03c'est compliqué
21:03nous on a une crise politique
21:05à un degré supérieur
21:06la crise énergétique
21:08pareil
21:09elle frappe partout
21:10sauf que nous
21:10on a des carburants
21:11qui sont particulièrement chers
21:12avec les taxes
21:13avec zéro marge de manœuvre
21:14pour le traité
21:15on va avoir
21:16un choc commercial
21:17qui arrive
21:17on n'en parle plus
21:18mais on a quand même
21:19un petit sujet
21:20de guerre commerciale
21:22avec la Chine
21:23qui peut déraper aussi
21:24pendant cet automne
21:25là les négociations
21:26elles se passent en ce moment
21:27on a
21:28une crise géopolitique
21:29qui affecte là
21:30tout le monde
21:31mais à l'intérieur
21:32de tout ça
21:33effectivement
21:33du fait de la situation
21:35de nos finances publiques
21:36on est particulièrement
21:38touchés
21:39et pour le marché
21:40pour les hedges
21:42etc.
21:42il y a là
21:43un espace
21:44entre la situation
21:46actuelle
21:46et le seuil d'intervention
21:47de la BCE
21:47dont on est loin
21:48sur lequel
21:49ils ont
21:5150-150 points
21:52ça mouline
21:53c'est le poisson
21:54j'y reviens
21:55c'est terrifiant
21:56la France
21:57c'est le poisson
21:58mais
21:59Anthony
22:00il peut y avoir
22:01une contagion
22:02parce qu'on disait
22:02la BCE
22:03elle peut tarder
22:04à intervenir
22:06et attendre
22:06s'il y a une contagion
22:07par exemple
22:07à l'Italie
22:09et qu'on les emmène
22:10avec nous
22:10c'est peut-être là
22:12c'est le meilleur scénario
22:13au fond
22:13pour nous
22:14d'emmener les autres
22:15pour être plusieurs poissons
22:16sur la ligne
22:17c'est le moment
22:18où la BCE
22:19est légitime
22:20d'intervenir
22:20en disant
22:21je protège l'euro
22:21là pour le coup
22:22il y a du stress financier
22:23quand vous n'avez que la France
22:25qui dérive
22:26c'est compliqué
22:26d'intervenir
22:27pour sauver un pays
22:28qui en plus
22:29s'est gentiment assis
22:30sur toutes les recommandations
22:31depuis 5 ans
22:32n'a strictement rien écouté
22:33n'a pas fait d'effort
22:35là où les Italiens
22:35d'ailleurs
22:35en ont fait beaucoup plus
22:37je ne dis pas
22:37qu'il n'y a pas de miracle italien
22:39mais quand même
22:39on est très indiscipliné
22:41donc oui
22:43malheureusement
22:43il faudrait
22:43qu'il y ait une forme
22:44de contagion
22:45aux autres pays européens
22:46pour espérer
22:47quelque chose
22:48et comme le disait Berti
22:49ce qui est assez amusant
22:50sur le hit parade
22:51de cet été
22:51ça a été la hausse
22:52des taux mondiaux
22:52donc là
22:53on se disait
22:54ok les taux montent
22:54en France
22:55un peu plus vite qu'ailleurs
22:55mais là
22:56depuis quand même
22:57quelques semaines
22:58vous voyez que
22:59c'est vraiment
22:59que du spread
23:00c'est que de l'écart de taux
23:01avec toutes les références
23:02que vous pouvez avoir
23:02pas forcément d'ailleurs
23:03qu'avec le Bund allemand
23:05quand vous prenez
23:05le swap à 10 ans
23:06en zone euro
23:07qui est un peu le taux
23:08sans risque en zone euro
23:08on s'est énormément écarté
23:09on est plus haut qu'en 2012
23:11truc un peu dingue quand même
23:12donc ça montre bien
23:13qu'il y a un stress
23:15du côté des investisseurs
23:16quand vous regardez plein
23:17nous on est en train
23:18un peu de faire l'exercice
23:19il y a plein d'indicateurs
23:20de marché
23:20il y en a de plus en plus
23:21qui virent au rouge
23:22donc il y a un moment
23:23où bon
23:25ça finit par se payer cher
23:26et voilà
23:26vous rentrez en zone
23:27que vous connaissez pas bien
23:28au mois d'août
23:29on était ici
23:30j'étais sans doute
23:31à Mitterrand
23:31on avait des commentaires
23:34affolés
23:35très inquiets
23:36avec un spread à 88
23:37oui oui
23:38vous avez animé
23:39cette émission
23:40vous avez animé
23:41cette émission
23:41et on était tous
23:42à dire
23:4388 c'est énorme
23:44parce que
23:45toutes les implications
23:46et là
23:47c'est assez hallucinant
23:48qu'un mois après
23:50on fasse des commentaires
23:51à 150
23:52donc
23:53il y a une accélération
23:55comme phénomène
23:56français
23:57je suis d'accord
23:57avec madame
23:58français
23:58qui est quand même inquiétant
24:00ce que vous dites est vrai
24:01mais il y a quand même
24:02il y a eu beaucoup de relativisme
24:03je trouve à titre personnel
24:04sur les finances publiques
24:05la dette publique
24:06il n'y a pas si longtemps
24:06et même sur ce plateau
24:07probablement
24:09eu des discours
24:10consistant à dire
24:11que les finances publiques
24:12françaises n'étaient pas
24:12un gros sujet
24:13en tout cas
24:14quand même
24:15on a eu
24:15et ma profession
24:17celle d'économiste
24:17a particulièrement contribué
24:19mais parce que
24:19tant que les taux
24:20ne sont pas très élevés
24:21c'est pas très grave
24:21oui mais en passant
24:23notre temps à dire
24:23qu'au fond
24:24la balance courante
24:25donc nos comptes extérieurs
24:26sont équilibrés
24:27on ne vit pas au-dessus
24:27de nos moyens
24:28pas de sujet
24:28et là on se rend compte
24:29que ce n'est pas si simple
24:30que ça
24:30et qu'à force quand même
24:31de pousser le bouchon
24:32vous finissez par envoyer
24:33des très mauvais signaux
24:34donc je veux dire
24:34je trouve qu'il y a eu
24:35une forme de relativisme
24:36sur les finances publiques
24:37même parmi les experts
24:40malheureusement
24:40que je trouve un peu
24:41qu'il n'a pas fait prendre
24:42complètement la mesure
24:43du problème
24:43Dominique Suy
24:44c'est son édito
24:44ce matin
24:44c'est la honte
24:45de nos finances publiques
24:47comme si on
24:49ne s'était pas rendu compte
24:50ces dernières années
24:51c'est le problème aussi
24:52quand vous dites
24:53au mois d'août
24:54on se disait
24:5488 points de base
24:56c'est très grave
24:57et là on est à commenter
24:58150
24:58et on s'est déjà
24:59presque habitués
25:00c'est le problème aussi
25:01c'est-à-dire de crier au loup
25:03et c'est un procès
25:04qui est souvent fait
25:05sur le sujet
25:06des finances publiques
25:07à ceux qui disent
25:08depuis longtemps
25:08qu'on a un problème
25:10de dette
25:11c'est que
25:12l'accident n'est pas arrivé
25:13et qu'autant que l'accident
25:14n'est pas arrivé
25:14ça donne raison
25:15à ceux qui disent
25:16que ce n'est pas un problème
25:17hier en commission des finances
25:19le président
25:19de la commission des finances
25:20Eric Coquerel
25:21a repris une phrase
25:22d'Amélie de Montchalin
25:22qui venait de dire
25:23on aura
25:25donc
25:26dû au conseil
25:27des finances publiques
25:28qui disait
25:29situation alarmante
25:30effet boule de neige
25:31etc
25:31il a dit
25:32on va avoir un problème
25:33de dette dans l'avenir
25:33et Eric Coquerel
25:35le président
25:35de la commission des finances
25:36de la France insoumise
25:37a dit
25:37ah vous avez dit
25:38dans l'avenir
25:39ça veut bien dire
25:39que quand François Bayrou
25:40a dit que
25:41le FMI était à nos portes
25:43c'était pas vrai
25:44voilà
25:45et donc
25:46j'ai trouvé
25:47cette séquence
25:48assez
25:50symptomatique
25:52tant que le FMI
25:52n'est pas à nos portes
25:53vraiment
25:54c'est-à-dire
25:54tant que le FMI
25:55n'est pas à Paris
25:55à l'hôtel
25:56avec ses équipes
25:57en train de préparer
25:57la restructuration
25:59des finances publiques françaises
26:01ça n'existe pas
26:02parce qu'on avance
26:03que dans les crises
26:04c'est pas
26:04c'est pas nouveau
26:07c'est humain
26:07vous faites pareil
26:08il y a des personnels
26:09vous avez une partie
26:10du monde économique
26:11qui attend la crise
26:12j'allais dire
26:13depuis longtemps
26:13et à qui on dit
26:14oui mais les pendules
26:15ça donne l'heure
26:15une fois par journée
26:17même les pendules
26:18arrêtées
26:18donnent l'heure
26:18une fois par journée
26:19on verra bien plus tard
26:21quand même
26:21moi ce qui m'inquiète
26:22c'est que le patron
26:22de la Bundesbank
26:23il a dit hier
26:23je vous préviens
26:24la BCE
26:25elle n'est pas faite
26:25pour aider les pays
26:26en difficulté
26:27elle est faite
26:27pour stabiliser l'inflation
26:28donc allez bien
26:29vous faire cura neuf
26:30si j'ai bien compris
26:31ce qu'il a dit
26:32hier sur la France
26:33il y a quand même
26:34des voix
26:35à l'intérieur de la BCE
26:36alors je ne sais pas
26:36s'il pourrait y avoir
26:37un consensus
26:37pour aider la France
26:38ils n'ont pas l'air
26:39complètement d'accord
26:40en plus vous avez
26:40une partie de la classe politique
26:41on a passé quand même
26:42tout du 15 août
26:44au 15 septembre
26:45à parler de
26:46est-ce qu'il faut mettre
26:47la dette au feu
26:48et on a fait une discussion
26:49qu'on aurait dû
26:50écarter d'un revers de main
26:51ça je pense que vous l'avez dit
26:52Laure
26:53ça moi je me suis
26:55époumonnée à dire
26:55vous n'avez pas été suffisamment
26:56écoutée à mon avis
26:57mais effectivement
26:57on aurait dû
26:58écarter ça
26:59d'un revers de main
27:00on en a fait un débat
27:02d'experts
27:03extrêmement intéressants
27:05intellectuels
27:05de très bon niveau
27:06de très bon niveau
27:08et il en est resté
27:09quelque chose
27:09dans l'esprit
27:10des investisseurs mondiaux
27:11ça c'est quand même
27:12un premier point
27:12deux vous avez
27:15le secret espoir
27:16et en fait
27:17pas si secret que ça
27:18j'allais dire
27:19de l'ensemble
27:19de la classe politique
27:20que tout ça
27:21se termine par un QI
27:22et que la BCE
27:23nous rouvre les vannes
27:24voilà
27:25l'inflation pour nous
27:27c'est moins une obsession
27:29que pour les Allemands
27:30et
27:32le Rassemblement National
27:33quand Jordan Bardella
27:34a dit
27:34moi je vais engager
27:35le bras de fer
27:36avec la BCE
27:36c'est finalement
27:37pour avoir
27:37un quantitative easing
27:39quand Emmanuel Macron
27:40dit il faut s'occuper
27:41un petit peu moins
27:41de l'inflation
27:42dans le mandat
27:43de la BCE
27:43il y a un peu plus
27:44de croissance
27:45le sous-titre
27:45c'est quand même
27:46le quantitative easing
27:47et si on pouvait en remettre
27:48en plus une petite louche
27:49de dettes communes
27:49ce serait formidable
27:50voilà
27:51donc je veux dire
27:51on est
27:52ça traverse
27:53il n'y a que nous qui voulons ça
27:54il n'y a que les français
27:55pour défendre ça
27:55ils ne sont pas d'accord
27:56les autres
27:57en tout cas
27:58pas les pays du nord
27:59pas les pays frugaux
28:00qui n'ont évidemment
28:02pas les mêmes sujets que nous
28:03bon vous ne bougez pas
28:04on marque une pause
28:05et on verra si
28:05quand on vient dans 3 minutes
28:07on a dépassé la barre des 5%
28:08parce que ça peut aller vite
28:09à tout de suite
28:14BFM Business
28:15et la tribune présente
28:17débat et controverse
28:19les experts
28:21leur closier
28:24on rit parce que
28:24Jean-Philippe André
28:25nous menace de partir
28:26si on parle de la taxe de sucre
28:28mais on va le faire quand même
28:28on attend votre avis
28:30je suis parti
28:30non non non
28:31restez là
28:32on va parler de ça
28:32dans un instant
28:33on est donc avec Jean-Philippe André
28:35président de DNO
28:35et ex-patron de Haribo
28:37et de l'Amia
28:37c'est pour ça qu'on a besoin
28:38de son avis
28:38Berthi Bayard du Figaro
28:39et Anthony Morley
28:40l'avis d'Ali
28:41de Rex & Code
28:43Anthony on parlait de la BCE
28:44il y a quelques instants
28:45est-ce qu'il y a un consensus
28:46aujourd'hui
28:47autour de Christine Lagarde
28:48et au Borde
28:49pour pouvoir
28:50se mettre d'accord
28:51sur des aides potentielles
28:52auprès de la France
28:53du tout
28:54on n'y est pas
28:54et puis je pense que la BCE
28:55n'a surtout pas envie
28:56d'envoyer le message
28:58que ça pourrait arriver
28:58l'objectif c'est de nous faire
29:00quand même
29:00la discipline
29:01ça passe par
29:03d'une part le fait
29:04que vous ayez mal
29:04et dans la durée
29:05faut pas vous couper
29:06la douleur tout de suite
29:07parce que sinon
29:08vous comprenez pas
29:08surtout un pays comme la France
29:09qui est
29:10on le voit bien
29:11historiquement
29:11très puissant
29:12assez influent en Europe
29:13malgré tout
29:13oui mais on sait
29:13qu'ils vont pas nous laisser tomber
29:14quand même
29:15oui mais il faut que le doute
29:17s'installe
29:17c'est qu'à un moment donné
29:18mais oui parce que sinon
29:19vous comprenez pas
29:20c'est le poisson
29:22mais c'est l'idée du poisson
29:23c'est l'histoire du poisson
29:24surtout il faudrait que
29:25il faut qu'on comprenne la leçon
29:26c'est-à-dire
29:26il s'agit pas qu'on recommence
29:27dans deux ans
29:28donc pour ça
29:29il faut quand même
29:30qu'on souffre
29:31assez fortement
29:32et puis que la population
29:32comprenne la situation
29:33dans laquelle on est
29:34parce qu'il y a aussi
29:35un petit îlot français
29:36où entre la vue
29:38des investisseurs internationaux
29:39ou même des institutions
29:40et ce qui est raconté
29:41dans le débat public
29:42on n'est pas dans le même monde
29:43on pense toujours
29:43qu'on a des marges
29:44de manœuvre dingues
29:45on a débloqué encore
29:46de l'argent cet été
29:47qui était non financé
29:48on le voit
29:49c'est le déficit public
29:49qui arrive à 5,4%
29:51au lieu de 5%
29:51donc on a ouvert
29:53des crédits budgétaires
29:54qu'on n'avait pas
29:55bon à la fin
29:56il va falloir nous sanctionner
29:57et je pense que la BCE
29:58fait partie de ces institutions
29:59qui ont la possibilité
30:01de nous faire mal longtemps
30:02je ne sais pas d'ailleurs
30:03si les institutions
30:04de nous faire mal
30:05en faisant rien
30:05en faisant rien
30:06exactement
30:07surtout si on est tout seul
30:08à avoir nos spread augmenter
30:10et je ne sais pas
30:11si c'est vraiment le FMI
30:12concerté avec la BCE
30:13qui pourrait venir en France
30:14par contre ce qui est possible
30:15c'est qu'un gouvernement
30:16qui n'a pas de majorité
30:17qui n'arrive rien à faire passer
30:18fasse de lui-même appel
30:19aux institutions internationales
30:21en disant
30:21honnêtement on ne peut rien faire
30:22et quand vous êtes dans une crise
30:23et que vous ne pouvez pas en sortir
30:25parce qu'il n'y a pas de consensus
30:25là vous pouvez faire appel
30:27justement à ces institutions
30:28en disant prenez la main
30:28parce que nous
30:29on ne peut rien faire
30:30c'est pas impossible
30:33Votre dernière parole
30:34elle est terrible
30:35parce que
30:35moi j'ai ce doute
30:37c'est à dire que
30:38pour faire ce qu'il y a à faire
30:39il faut beaucoup de courage
30:40beaucoup de courage
30:41on a dit au départ
30:43qu'aujourd'hui
30:43si je suis candidat
30:44à l'élection
30:45du mois d'avril
30:46je n'ai aucun intérêt
30:47à vraiment tout dire
30:49et après
30:50quand j'aurais fait
30:52je suis ce qu'a dit Laure
30:54quand j'aurais ouvert le capot
30:57est-ce que
30:57c'est pas plus facile
30:58de dire
30:59on m'impose
31:00de faire
31:02regardez
31:02cher peuple français
31:03cher concitoyen
31:04cher tout le monde
31:05c'est pas moi
31:06c'est la BCE
31:09c'est le FMI
31:10parce que
31:11c'est beaucoup plus facile
31:13il y a un peu
31:14on va rentrer dans un bal des hypocrites
31:16quand même
31:16dans les prochaines semaines
31:17et là la politique
31:19elle ne fait pas
31:19du tout bon ménage
31:20avec l'économie
31:21pas du tout
31:21est-ce que vous partagez
31:24Anthony
31:25l'avis de Berthi
31:26sur le fait
31:26qu'on attend la QE
31:27c'est ça qu'on veut
31:29on l'attend
31:30mais il va falloir prier fort
31:31quand même
31:31parce que là
31:32avec les niveaux d'inflation
31:33qu'on a
31:34le QE
31:34c'était déjà
31:36un peu exotique
31:37à l'époque
31:37on était en inflation zéro
31:38en 2015
31:39c'est passé
31:40mais il fallait vraiment
31:41le justifier
31:41par le fait
31:42qu'il y avait des risques
31:42de déflation
31:43là aujourd'hui
31:44c'est très peu probable
31:46les autres pays européens
31:47en plus
31:47on s'est amusé
31:48à faire un petit calcul
31:49avant le miracle du QE
31:50on prit d'abord
31:51pour un miracle à Hormuz
31:52oui
31:53d'abord le Dieu Hormuz
31:54et ensuite le Dieu QE
31:56si vous voulez
31:57pour rétablir la situation
31:59un miracle à Hormuz
32:00deux
32:01un miracle à Francfort
32:02et trois
32:02on est tranquille
32:03pour s'incliner
32:03c'est ça que les gens
32:04voulaient à Lourdes
32:05la semaine dernière
32:05mais c'est pas faux
32:07un petit calcul amusant
32:08qu'on s'est amusé à faire
32:08c'est qu'on voit
32:09que l'endettement mondial
32:10monte beaucoup
32:11on a essayé de regarder
32:12d'où ça venait
32:13en fait
32:13toutes les dettes publiques
32:14dans le monde
32:14ont beaucoup monté
32:15sauf sur un continent
32:16en Europe
32:17évidemment il y a une exception
32:18qui s'appelle la France
32:18mais sinon l'Europe
32:19est le continent
32:20le plus discipliné
32:21budgétairement parlant
32:22c'est compliqué
32:23pour des voisins
32:24qui ont fait des efforts
32:24considérables
32:25qui ont demandé
32:25des efforts à leur population
32:26de venir dire
32:27alors on est désolé
32:28mais les voisins français
32:29comme ils ont le goût
32:30des vacances
32:31enfin personne n'a intérêt
32:32à l'éclatement de la zone euro
32:33donc
32:34non
32:34mais ils peuvent avoir intérêt
32:36que si on a une vision
32:37un petit peu plus long terme
32:38qui n'est pas court termiste
32:39à ce que la France comprenne
32:40que si vraiment
32:41elle n'accepte pas
32:42d'entamer ces réformes structurelles
32:43ça ne pourra pas durer
32:44il faut faire attention
32:45quand même avec ces raisonnements
32:46sur
32:47il n'y a pas d'intérêt
32:48à ce que la zone euro
32:48j'allais tenir
32:49avec l'AFD qui monte
32:50en Allemagne
32:51avec des gouvernements
32:52anti-européens
32:53on a effectivement
32:54pour l'Allemagne
32:55on a un chancelier allemand
32:56qui est extrêmement fragile
32:57l'AFD qui monte
33:00assez fort
33:00on est dans un contexte
33:03où
33:04le calendrier en plus
33:05est très compliqué
33:05parce qu'il y a
33:06l'élection française
33:07il y a le renouvellement
33:08à la BCE aussi
33:09et dans lequel on va avoir
33:10un bras de fer aussi
33:11pour savoir
33:12qui remplace Christine Lagarde
33:13et à quel moment
33:14par rapport à la séquence
33:15électorale française
33:17donc ça
33:17ça rajoute aussi
33:18aux difficultés
33:19et on a la grande négociation
33:20sur le budget européen
33:21est-ce que c'est stop
33:23ou encore
33:23est-ce qu'on remet de l'argent
33:25dans la machine européenne
33:26ou pas
33:26dans un contexte
33:27où les populistes
33:28sont assez réticents
33:30où les frugaux disent
33:31non on va enlever
33:32des centaines de milliards
33:33à la proposition
33:33de la commission européenne
33:35etc
33:35donc toute cette situation là
33:36elle est quand même
33:37assez compliquée
33:37et vous avez quand même
33:39des bruits
33:39qui viennent d'Allemagne
33:43qu'il ne faut pas négliger
33:44qui disent
33:44non mais ce ne sera pas
33:45un Frexit
33:45c'est nous qui sortirons
33:47s'il y a un problème
33:49et voilà
33:49et cette hypothèse là
33:50qui plane
33:52je pense qu'il ne faut pas
33:53totalement la négliger
33:54en tout cas
33:54ça fait partie
33:55des sujets
33:56qu'on peut entendre
33:58et qui peuvent
33:59devenir un petit peu
34:00plus bruyants
34:00un petit peu plus voyants
34:01si la situation
34:03dérape davantage
34:04ça c'est flippant
34:05quand même
34:06oui mais pour le coup
34:06ce n'est pas délirant
34:07le fait qu'il y ait
34:07des pays d'Europe du Nord
34:09Allemagne y compris
34:10qui finissent par dire
34:11nous on est désolé
34:12mais l'euro
34:13c'est quand même
34:14on s'est mis d'accord
34:14sur des règles communes
34:15alors sur lesquelles
34:16on peut plus ou moins déroger
34:17mais à la fin
34:18il faut quand même
34:18un bout de discipline
34:19que l'on partage
34:20si on est vraiment
34:21aux antipodes
34:22c'est juste intenable
34:23donc ça ne serait pas délirant
34:24qu'ils nous disent
34:25mais nous on ne peut pas
34:26rester dans cette situation
34:27trop longtemps
34:28et puis pour revenir sur le sujet
34:30même les personnes
34:31rationnelles en France
34:34de rationalité économique
34:36tiennent des propos dingues
34:37par exemple
34:37on voit bien
34:38que le modèle social
34:38on a un sujet en France
34:39il est intenable
34:40tel qu'il est calibré aujourd'hui
34:42il coûte beaucoup trop cher
34:43il est inefficace
34:44même les personnes
34:45dites rationnelles
34:46aujourd'hui vous dites
34:46on est très attaché
34:47au modèle social français
34:48si vous ne le réformez pas
34:48vous n'avez aucune chance
34:49que les finances publiques
34:50aillent mieux durablement
34:51donc malheureusement
34:53ça en passera
34:54par probablement
34:55des aides extérieures
34:56mais c'est très difficile
34:57de voir de l'interne
34:58une solution
34:59des injonctions extérieures
35:00ou des injonctions extérieures
35:01l'allemand que vous citiez
35:02les allemands
35:03c'est pas la première fois
35:04qu'ils disent à la France
35:05mettez de l'ordre dans mon compte
35:07mais ça fait 20 ans
35:08ça fait 30 ans
35:09et alors périodiquement
35:10ils le disent
35:11il se trouve que la France
35:12trouve toujours
35:13parce qu'on est assez habile
35:14pour ça
35:15et l'argument
35:16et le momentum
35:16pour dire
35:17laissez nous
35:18on va vous aider
35:18sur d'autres sujets
35:19on mêle la politique
35:20à des choses
35:21qui n'ont rien à voir
35:22avec l'économie
35:22et on passe
35:23sauf que là maintenant
35:24à force de faire ça
35:25tout le monde
35:26commence à se lasser
35:27Berthi
35:28il y a beaucoup de gens
35:29qui ont intérêt
35:29à l'éclatement
35:29de la zone euro
35:30en dehors de l'AFD
35:31il y a la Russie
35:32il y a la Chine
35:33il y a les Etats-Unis
35:34parfois
35:34est-ce que
35:35ça n'arrangerait pas
35:37tout le monde
35:37quand on voit
35:37comment il pousse aujourd'hui
35:38c'est un des éléments
35:39de la cohésion européenne
35:40qui est évidemment
35:41déterminant
35:42et qui fait que
35:44l'Europe de façon générale
35:46peut avoir
35:47une chance
35:48de résister
35:51à la confrontation
35:52qui est en cours
35:54voilà
35:55cela dit
35:58l'addition
35:59des difficultés
36:01est telle
36:02qu'on va laisser de côté
36:04pour le moment
36:04cette hypothèse
36:05mais je pense
36:05qu'il faut l'avoir en tête
36:06pour bien comprendre
36:07jusqu'où vont les raisonnements
36:09aujourd'hui
36:10oui c'est pas un truc
36:10à écarter
36:11en disant c'est impossible
36:12non non voilà
36:12c'est pas des illuminés
36:13qui disent
36:14la fin de l'histoire
36:15ça peut être celle-là
36:16et ça peut aller plus vite
36:18qu'on le pense
36:18vous pourriez aussi
36:19renverser votre raisonnement
36:20il y a aussi des gens
36:21qui ont intérêt
36:21à ce qu'on reste
36:22et notamment la France
36:23et donc nous on a intérêt
36:25la France n'a pas intérêt
36:26à ce que l'Europe
36:26l'Europe casse
36:27donc il y a un moment
36:28on va dire
36:29il faut qu'on prenne
36:30les décisions
36:30mais si vous retrouvez
36:31avec des gouvernements
36:32d'extrême droite
36:33qui eux
36:34font la promotion
36:35d'un Frexit
36:36alors on le dit plus aujourd'hui
36:37c'est plus dit comme ça
36:38mais
36:39c'est là où probablement
36:40vous aurez des institutions
36:41de pays voisins
36:42à ce que la BCE
36:43intervienne
36:43alors concertée
36:44peut-être avec
36:44d'autres institutions
36:45le FMI ne va pas débarquer
36:46en force en France
36:47il n'est pas assez puissant
36:48mais ça serait une discussion
36:49concertée en disant
36:51intervenez
36:51ça c'est quand même
36:52vous dites on pourrait
36:53nous au gouvernement
36:54dire
36:55on a besoin
36:56mais ça existe ça
36:57il y a un programme
36:58qui existe
36:59à la BCE
36:59en disant
37:00je fais la demande
37:02quand on peut tout créer
37:03je pense que tout est envisageable
37:04le plus probable quand même
37:05c'est que peu importe
37:06le nouveau locataire
37:06s'il est mis en minorité
37:08absolue à l'Assemblée nationale
37:09qu'est-ce que vous voulez faire
37:10vous n'avez aucune chance
37:11donc il y a un moment
37:11vous n'allez pas attendre 5 ans
37:14de connaître
37:15j'allais dire
37:15la déliquescence des budgets
37:16comme on l'a vu
37:17ces dernières années
37:19et la chose qui me frappe
37:21moi qui m'amuse beaucoup
37:21c'est qu'il n'y a pas si longtemps
37:23deux ans à peine
37:24on parlait des rapports
37:25Draghi et l'État
37:26l'Europe c'est génial
37:27il faut faire
37:28l'union des marchés de capitaux
37:29budget commun
37:29bon dans la pratique
37:31on se rend compte
37:31c'est impressionnant
37:33de voir à quel point
37:34il y a quand même
37:34une déconnexion
37:35entre des discours
37:35d'experts
37:36et de politiques convaincus
37:38de l'Europe
37:38et après pratiquement
37:39l'hétérogénéité des pays
37:40et le fait que c'est très très dur
37:41de faire société ensemble
37:43quand tout le monde
37:43n'est pas sur les mêmes lignes
37:44à la fois politique et économique
37:45je reviens au budget
37:46et aux mesures d'économie
37:47qu'il va falloir faire passer
37:48alors là avec la crise
37:49dans les lycées
37:50il y a déjà une mesure
37:52qui a fait une journée
37:53c'est celle sur les BTS
37:54et sur les prépas
37:56on voulait faire payer
37:56170 euros sur les BTS
37:58un peu plus sur les prépas
38:00ça a fait la journée
38:01c'est déjà terminé
38:03c'était pas un montant
38:04très élevé
38:05mais alors ça doit être gratuit
38:07Jean-Philippe
38:08ça a duré une journée
38:10au motif qu'il y a
38:11des conflits sociaux
38:13légitimes sans doute
38:14on abandonne immédiatement
38:16une orthodoxie budgétaire
38:19au nom de ces agitations
38:22la prochaine agitation
38:24dans un autre domaine
38:25pourra faire tomber
38:26une autre mesure
38:26la troisième etc
38:27c'est à dire que tout ceci
38:29ne tiendra même pas la route
38:31du débat budgétaire
38:32mais c'est peut-être à ça
38:33que ça sert
38:33à faire tomber
38:34chaque taxe par taxe
38:35les discussions là
38:36qui vont s'entamer
38:37je trouve que l'addition
38:39de ces toutes petites mesures
38:41les taxes partout
38:42qui ont un rendement
38:44négligeable
38:45étant donné le problème
38:46alors effectivement
38:47il faut bien commencer
38:47quelque part
38:48mais bon vous créez
38:49des séries de petits
38:50mécontentements
38:51qui sont vécus
38:52comme des injustices
38:54profondes
38:55voilà pour un
38:56pour un résultat budgétaire
38:58qui est assez négligeable
38:58donc c'est
39:00voilà je suis pas sûr
39:01que
39:01enfin je pense que
39:02le raisonnement
39:03qui était de dire
39:04année blanche
39:05mais oui
39:05mais alors ça je comprends pas
39:06et ensuite on retire
39:07deux trois choses
39:08vraiment qui sont trop douloureuses
39:09et puis basta
39:10mais voilà
39:11mais là
39:11on aurait
39:12vous étiez contre
39:13dans l'année blanche
39:13c'est pas faux
39:14non non mais ça
39:15c'est un moindre mal
39:16mais ça révèle
39:17le problème français majeur
39:18c'est la gratuité
39:19et quand je parle du modèle social
39:20on est au coeur de cette affaire
39:22quand on voit bien
39:23qu'on n'est pas capable
39:23de faire payer
39:24une forme presque
39:25de ticket modérateur
39:26pour l'éducation
39:26mais c'est invraisemblable
39:28on a un système éducatif
39:29et honnêtement
39:30quand vous vous occupez
39:31pas de votre jeunesse
39:31c'est un pays qui a la dérive
39:32la jeunesse c'est tout
39:33dans un pays
39:34vous avez un système
39:35qui d'une part
39:36produit des résultats médiocres
39:38avec des enseignants mal payés
39:39et crée des inégalités
39:40donc le système gratuit
39:41a montré
39:42mais son échec absolu
39:43et on n'est pas capable
39:44aujourd'hui
39:45de mûrir un peu la question
39:46en se disant
39:47mais ça ne peut pas fonctionner
39:48le tout gratuit partout
39:49sans que chacun
39:50personne ne veut payer
39:50on fait toujours payer le voisin
39:51au passage
39:52et là il y a toujours
39:53de la démagogie
39:53mais ça c'est le mal français
39:55c'est d'avoir fait croire
39:56qu'on pouvait tout socialiser
39:57à un moment donné
39:58il faut quand même
39:58que chacun assume
40:00une partie de
40:01oui quand vous faites
40:01des longues études
40:03c'est payé par la société
40:04mais vos gains
40:04vous les privatisez
40:05après c'est votre salaire
40:06il y a un moment donné
40:07ce n'est pas délirant
40:08de rattacher le gain
40:09que vous allez avoir
40:10dans le futur
40:11au coût que vous allez payer
40:12instantanément
40:13après il y a peut-être
40:14des prises en charge
40:14à avoir
40:15mais on est très déformé
40:17dans notre vision
40:18de comment le modèle
40:20doit être construit
40:20social mais éducationnel
40:22également
40:23moi je reviens
40:24à la dictature
40:25de la notion de protection
40:26c'est à dire que
40:27tout le monde
40:28revendique de la protection
40:29et ajouté à cela
40:31je pense qu'on a
40:32complètement fait évoluer
40:34le concept d'égalité
40:35qui au début
40:35a été construit
40:37dans une circonstance
40:38politique bien précise
40:40et on devrait arriver
40:41vers la notion d'équité
40:43c'est à dire que
40:44moi je suis
40:45fondamentalement
40:45je suis contre la gratuité
40:46parce que la gratuité
40:47on l'a déjà évoqué
40:48plusieurs fois ici
40:48tout a un coût
40:50pourquoi une personne
40:52une famille
40:53qui gagne bien sa vie
40:54ferait bénéficier
40:56son enfant
40:56d'un ticket restaurant
40:58à 1 euro
40:59expliquez-moi ça
41:00je n'ai pas compris
41:01pourquoi
41:02j'habite Marseille
41:03en région
41:04j'habite Marseille
41:05pourquoi à Marseille
41:06une personne comme moi
41:07qui gagne confortablement
41:08son enfant
41:09aurait droit
41:09à la gratuité
41:10des transports
41:11on est revenu dessus
41:13sur le truc
41:14pourquoi
41:15je ne peux pas
41:16en partie
41:17financer
41:18les
41:20l'éducation
41:21de mes enfants
41:21à contrario
41:22et c'est la grandeur
41:24de la France
41:24parce qu'on a un pays riche
41:25parce que tout ce qu'on sait
41:26si j'ai de vraies difficultés
41:28à payer
41:29l'éducation
41:30à mes enfants
41:30si j'ai de vraies difficultés
41:32à circuler
41:32parce que je gagne
41:34parce que je gagne
41:35les femmes
41:35mais vous savez
41:35il faut que le modèle fonctionne
41:36et qu'on ait les moyens
41:37de vous aider
41:37non mais ça veut dire
41:38que vous devez
41:39mais vous devez avoir du courage
41:40à dire
41:40écoutez les cadres sur le plateau
41:42je ne vais pas vous donner
41:43tous un euro gratuit
41:44mais au risque
41:46de vous déplaire
41:47madame Closier
41:48vous allez payer
41:49votre
41:49vous allez payer
41:503 euros
41:50votre ticket restaurant
41:51mais je ne vais pas le faire
41:52pourquoi
41:53madame Closier
41:54à un moment
41:54elle va voter
41:54j'ai besoin d'elle
41:55j'ai besoin de son soutien
41:56je ne vais pas le faire
41:58je l'adopte
41:58et c'est adopté
41:59habitable
41:59éternable
42:00on va devoir
42:02revenir là-dessus
42:02et dire
42:03est-ce que l'égalité
42:04peut se gérer
42:05avec de l'équité
42:06moi je suis
42:07pour une société équitable
42:08que tous les gamins
42:09aient la même chance
42:10d'aller à l'université
42:11mais il faut revenir
42:13à ça
42:14mais ça c'est un
42:14reversement de table politique
42:15c'est un changement
42:16de modèle entier
42:17non
42:17oui
42:17mais ça aura
42:18des implications
42:19et des conséquences
42:20économiques majeures
42:21parce que les milliards
42:23que vous essayez de chercher
42:24et madame a raison
42:25en cherchant des taxes
42:26ceux-là
42:26des trucs là
42:28le gars qui a 1200
42:29j'étais en taxi
42:30je suis arrivé
42:31avec le taxi
42:32pour arriver à BFM ce matin
42:34j'étais avec un chauffeur de taxi
42:35il dit
42:35tiens moi dans ma famille
42:36j'ai quelqu'un qui est concerné
42:37par l'histoire des 1260 euros
42:40qui ne seront pas indexés
42:41mais qui va faire croire ici
42:43et je le répète
42:44on a un public
42:45plutôt des gens
42:45qui sont bien plus payés
42:46que les 1260 euros
42:47mais qui va croire
42:48qu'une personne à 1260 euros
42:50vit confortablement en France
42:51c'est insupportable
42:52c'est inaudible
42:53et à force de saupoudrer
42:55le mécontentement
42:56on va avoir
42:57des mécontentements
42:58qui vont s'agréger
43:00aujourd'hui c'est les lycéens
43:02demain ça va être
43:03le gars qui ne veut pas
43:04le ticket restaurant
43:05le troisième ça va être
43:05l'agriculture
43:06etc
43:08et l'alimentaire sur la taxe au sucre
43:09j'y arrive
43:10et avant l'alimentaire sur la taxe au sucre
43:12c'est à dire
43:12si j'ai bien compris
43:13madame a sans doute mieux lit
43:14le projet budget
43:15dans une entreprise
43:17vous auriez une situation comme ça
43:18moi je me rappelle
43:19mais je l'ai fait plusieurs fois
43:20on bloque les recrutements
43:21c'est un truc
43:22un peu basique
43:24c'est pas extrêmement fin
43:25mais on le fait
43:26d'abord ça marque les esprits
43:27et ça rapporte de l'argent tout de suite
43:28est-ce que dans le projet budget
43:30on dit
43:30face à la crise
43:32on bloque
43:32je crois avoir lu
43:33il y aura une hausse
43:34du nombre de fonctionnaires
43:35non non non
43:35je crois avoir lu
43:36qu'il y a 1000 postes
43:37sur les 6 millions d'agents publics
43:39non mais à la fin
43:40le nombre de fonctionnaires
43:41attend au
43:41il est temps
43:42je ne sais plus de combien
43:43j'avoue
43:43j'ai plus de 6 millions
43:44je crois
43:44je crois que c'est 6 millions
43:46et maintenant
43:46revenez aux allemands
43:47dont vous avez parlé tout à l'heure
43:49les allemands vont dire
43:49ils sont dans une situation
43:52j'avais un autre nom
43:53qui m'est arrivé à la bouche
43:54incroyable
43:54et ils continuent à embrucher
43:56la cigale française
43:57continue
43:57ou le coq français
43:58continue à chanter
43:59sur un tas de fumier
44:02c'est quand même ça
44:03Merthi
44:05sur la gratuité
44:06ce qui est frappant
44:07c'est que
44:07non seulement
44:08on va évidemment
44:10beaucoup trop loin
44:11et on l'a installé
44:12comme un mode de fonctionnement
44:13et de raisonnement
44:13dans tous les systèmes
44:15et surtout
44:16on arrive au résultat inverse
44:18de celui qui est recherché
44:19c'est à dire que
44:21l'intention d'égalité
44:22n'atteint pas son objectif
44:24et qu'au contraire
44:25on arrive en particulier
44:26dans l'éducation
44:27et vis-à-vis de la jeunesse
44:28à des situations
44:29de grande inégalité
44:30et donc c'est là
44:31que c'est un petit peu
44:33la double peine
44:33c'est-à-dire que
44:34c'est cher
44:35et on n'arrive pas
44:37à créer
44:38l'égalité des chances
44:40au démarrage
44:41de la vie
44:41qu'on souhaiterait
44:42donc c'est là
44:43qu'effectivement
44:43il faut envisager
44:45entièrement le système
44:45alors faire payer
44:46170 euros
44:47le BTS
44:47ça donne un signal
44:49il est
44:50voilà
44:50je pense qu'il est inaudible
44:51en l'absence
44:52de projets plus globales
44:54ça fait mesurette
44:55par mesurette
44:56et toi tu vas payer ça
44:57et toi tu vas payer ça
44:58sachant que
44:58c'est parce qu'on lui avait dit
44:59j'aime pas le rabot
45:00j'aime pas le rabot
45:01je suis pas Ponce Pilate
45:02là c'est typiquement
45:04quelques rabots
45:05par-ci par-là
45:06sur chacun en fait
45:07ce budget
45:08oui oui oui
45:09enfin bon
45:09c'est de nouveau
45:10je pense que
45:11dans les circonstances politiques
45:14un truc de type
45:15année blanche
45:15était beaucoup plus
45:16était plus efficace
45:18l'année blanche
45:19c'était quand même
45:19plus efficace
45:20c'était quand même
45:22peut-être politiquement
45:23plus simple
45:24c'est-à-dire que
45:24tout le monde
45:25prend son grade
45:25ils essaient de faire
45:27passer le message
45:27que tout le monde
45:28contribue un petit peu
45:28à l'effort
45:29voilà
45:29mais on crée
45:30vous enlèvez juste
45:31le RSA
45:31je sais pas
45:32et puis quelques minima
45:33sociaux
45:33et puis
45:34c'est le problème
45:35des exceptions
45:35c'est que
45:36l'année blanche
45:36on voit bien
45:37que si vous multipliez
45:38les exceptions
45:38à la fin
45:38il n'y a pas
45:39beaucoup d'économie
45:40à la clé
45:41tout sauf
45:42minima sociaux
45:43à force de dire
45:44tout sauf
45:44on sait bien
45:45que le sauf
45:46il devient
45:48non mais c'est un peu
45:49comme sur les retraites
45:49on voit bien
45:49que malheureusement
45:51on aimerait faire
45:51contribuer un petit peu
45:52les retraités
45:52parce que
45:53c'est une population
45:54qui a été davantage
45:55protégée que les actifs
45:56mais fondamentalement
45:56on a un sujet de modèle
45:58et là on revient
45:59à ce qu'on disait
46:00sur la gratuité
46:00il faut des réformes
46:01dures structurelles
46:02il n'y a pas la place
46:03de les faire
46:03donc on est obligé
46:04on n'aime pas
46:05les politiques du rabot
46:06mais que faire
46:06honnêtement
46:07à court terme
46:08vous ne pouvez pas
46:09inciter les actifs
46:09à travailler plus longtemps
46:10parce que ça
46:11il faut engager des réformes
46:12et vous pouvez demander
46:13un peu de
46:14j'allais dire
46:15des désindexations
46:16partielles
46:16et peut-être même prolongées
46:17sur plusieurs années
46:17aux retraités
46:18mais ça s'arrêtera là
46:19on ne peut pas faire
46:19grand chose de plus
46:20en l'absence de réformes
46:21et ça va bien falloir
46:23qu'on comprenne
46:23qu'on est quand même
46:24attipé sur les retraites aussi
46:25il va falloir voir
46:26déjà dans la discussion budgétaire
46:27comment se passe
46:28le sujet des 5 milliards
46:30et qu'il va aller chercher
46:31sur les retraités
46:33ce que je trouvais
46:34assez amusant
46:35c'est qu'ils ont appliqué
46:36le théorème de Pascua
46:37vous savez
46:37quand il y avait
46:38des affaires
46:39des affaires financières
46:41politico-financières
46:42etc
46:42ils disaient
46:42il faut créer une affaire
46:43dans l'affaire
46:43et puis encore une affaire
46:44dans l'affaire
46:44et comme ça à la fin
46:45plus personne n'y comprend rien
46:46donc c'est pour ça
46:47qu'il y a deux scénarios possibles
46:48avec la désindexation
46:49le débat c'est plus
46:50est-ce qu'on fait
46:51contre les retraités
46:52c'est est-ce que vous préférez
46:53le jet, la désindexation
46:55ou le coup de rabot
46:57sur l'abattement
46:58et de quelle façon
46:59et voilà
47:00et donc là on est rentré
47:00dans cette deuxième phase
47:01du débat
47:02donc ça c'est l'affaire dans l'affaire
47:02ça permet de calmer
47:03un petit peu la première partie
47:05mais cela dit
47:06ça va être intéressant de voir
47:07parce que c'est vraiment
47:07sur ce genre de mesure
47:08que les groupes d'opposition
47:11vont devoir se positionner
47:14pour laisser passer le budget
47:16et ne pas censurer
47:16ça va être compliqué
47:17et au passage
47:18juste moi ce qui me frappe
47:18c'est que les français
47:19sur le papier
47:20ils sont toujours d'accord
47:20pour que tout le monde contribue
47:21dans la pratique pas du tout
47:22on finit par dire
47:23ah non pas les retraités
47:24ah non quand même pas les jeunes
47:25pas les modestes
47:26donc à la fin
47:27à la fin
47:27oui mais c'est ça qui est dingue
47:29c'est le côté
47:30quand on dit
47:30on va taper chez tout le monde
47:31en fait c'est chez personne
47:33ou l'épouvantail
47:34le très riche
47:35les riches
47:35on arrive toujours à
47:36mais c'est dingue
47:38c'est à dire que même
47:38et je le sais
47:39que c'est un réflexe
47:40un peu pavlovien
47:40et je n'accuse pas la population
47:42je dis juste qu'on est bloqué
47:43dans quelque chose
47:44où c'est très dur de réformer
47:45parce que personne
47:46ne peut passer à la caisse
47:46et à la fin sur les retraites
47:47qu'est-ce qui est le plus rentable
47:48il vaut mieux faire
47:49un abattement à 10%
47:50je viens dans l'affaire
47:51dans l'affaire
47:51c'est mieux de faire 10%
47:53sur l'arrêté
47:55que l'abattement de 10%
47:56ou c'est mieux
47:56de désindexer
47:58ou un peu des deux
47:58les deux mon capitaine
47:59mais l'abattement
48:01étant probablement préférable
48:03au moins dans un premier temps
48:088% des retraités seulement
48:10touchent plus de 3000
48:11c'est pas non plus
48:12quand on parle des riches retraités
48:14bien sûr
48:14c'est simplement
48:14qu'il y a beaucoup de retraités
48:16on n'a pas assez d'actifs
48:17et comme on a un modèle
48:18par répartition
48:19à la fin
48:19vous avez des pensions de retraite
48:21qui pèsent 14 points de PIB
48:22c'est 2 points de PIB de plus
48:24que la moyenne européenne
48:25c'est pas tenable
48:25c'est 60 milliards d'euros
48:26alors après on peut me dire
48:27mais oui
48:27mais les gens ne sont pas aisés
48:28j'entends
48:28mais soit il faut qu'on soit
48:30plus nombreux
48:30à travailler plus longtemps
48:31soit il faut des pensions plus faibles
48:33mais vous ne pouvez pas avoir
48:34peu d'actifs
48:35qui partent tôt
48:36des pensions très élevées
48:37enfin à un moment donné
48:37ça ne tient pas quoi
48:38c'est vraiment purement comptable
48:39cette affaire
48:40Jean-Philippe
48:42le sujet là
48:44savoir
48:44c'est exactement
48:45j'aime bien l'histoire de Pasqua
48:46c'est regardez-vous
48:48nous-mêmes
48:48on rentre dans le jeu
48:49est-ce que c'est mieux 10%
48:51ou l'autre
48:52non
48:52ils ont une somme à trouver
48:53ils ont une somme à trouver
48:54et donc l'illusion
48:56l'illusion du débat
48:57c'est que je vous fais
48:57ça c'est Noam Chomsky
48:58ça c'est l'illusion du choix
48:59je vous donne l'illusion
49:01de participer un peu au débat
49:02et puis à la fin
49:03vous allez dire
49:03tiens j'ai choisi
49:03j'ai plutôt choisi l'un que l'autre
49:06pour autant que ça rentre
49:07le vrai sujet
49:08effectivement
49:09c'est est-ce qu'on aura
49:11est-ce qu'on arrivera
49:12à une réforme
49:13on voit d'ailleurs
49:14que tous les candidats
49:15quand ils sont obligés
49:16de sortir un peu du bois
49:19ils le font
49:19avec beaucoup de difficultés
49:20certains le font maladroitement
49:22d'autres
49:22ne le font même pas
49:23devant des journalistes
49:24parce qu'ils se filment tellement
49:25chaque mot est pesé
49:26ça c'est Édouard Philippe
49:28qui a fait une vidéo
49:28dans son bureau
49:29oui mais c'est la preuve
49:30ça dure 19 minutes
49:31je pense que je les regarde en entier
49:32je pense que ce monsieur
49:32est fondamentalement compétent
49:35et courageux
49:36mais c'est tellement explosif
49:38qu'à mon avis
49:39il a un prompteur
49:40et chaque mot est posé
49:42parce qu'ils vont être attendus
49:44ils vont attendre
49:57on revient à ma chanson de Béart
49:58celui qui dit la vérité
49:59c'est une grave injustice
50:03de la part des citoyens français
50:04et sur la sortie d'Édouard Philippe
50:05vous en avez pensé quoi
50:06Berti ?
50:08il y a quelque chose
50:08qui était relativement carré
50:09alors effectivement
50:10c'était lui qui devait
50:11donner la borne haute
50:13du débat sur la réforme des retraites
50:14c'est son boulot
50:15vous êtes dans un peloton
50:16chacun a son rôle
50:17lui son rôle
50:18c'était
50:18c'est la borne haute
50:19et c'était pas 67 ans
50:20et la borne haute
50:21il l'a mis pas trop trop haute
50:23par rapport à ce qu'il avait pu évoquer
50:26je note un deuxième point
50:27à ce sable en tout cas
50:28c'est que dans le système
50:30tel qu'il l'a présenté
50:31il n'y a pas de contribution
50:31des retraités actuels
50:35donc il n'est pas rentré
50:37dans le débat d'équité intergénérationnelle
50:39au sens
50:39est-ce qu'il faut
50:40pour alimenter
50:42à la fois
50:45le système par répartition
50:46pour parvenir à l'équilibre
50:48du système par répartition
50:49et alimenter
50:51le début d'une capitalisation
50:52est-ce qu'il faut avoir des
50:54double cotisations
50:55non de la désintextation
50:57de jouer aussi
51:00sur le volet prestation
51:01il touche pas aux actuels
51:02il n'est pas rentré
51:05dans ce débat là
51:05donc il se contente
51:06de dire
51:07je reconstruis un système
51:09avec un petit peu
51:10de capitalisation
51:12à nouveau
51:13c'est ce qu'on disait
51:14tout à l'heure
51:14c'est-à-dire
51:14selon l'acuité
51:16que prendra la crise
51:18ce genre de proposition
51:19peut devenir
51:21plus séduisante
51:22qu'elle ne le sont
51:23aujourd'hui politiquement
51:24peut-être
51:25peut-être
51:25ou radioactif
51:27ou totalement radioactif
51:29et c'est terminé
51:30mais en même temps
51:30je pense que
51:31on est vraiment sur un sujet
51:33qui a mis beaucoup de gens
51:34dans la rue
51:34à de multiples reprises
51:36dont on a débattu
51:37je ne sais pas
51:3815 fois depuis 20 ans
51:40entre les réformes abouties
51:41et les réformes pas abouties
51:43il n'empêche
51:43que la démographie
51:44je pense que les gens
51:46c'est quand même quelque chose
51:47que les français
51:48commencent à intégrer
51:49et à comprendre
51:49là on est sur des ratios
51:51les ratios sont d'une telle évidence
51:55que je ne vois pas
51:56comment on peut continuer
51:57à faire semblant
51:59de l'ignorer
52:00il ne reprend pas
52:01Edouard Philippe
52:02le projet de réforme à point
52:03qu'il avait
52:04il y a quelques années
52:05pourtant
52:06la CFDT
52:07était plutôt pour
52:08ça c'est complètement
52:09hors du champ maintenant
52:10comme son grand échec
52:11il n'a pas été jusqu'au bout
52:13non mais il y avait la place
52:14de trouver
52:15on sait peut-être
52:16quand on regarde la situation
52:17aujourd'hui
52:17et la tension qu'on a
52:18on finit par se dire
52:19qu'il y a un peu moins de 10 ans
52:21on avait la place
52:22d'aller beaucoup plus loin
52:23beaucoup plus vite
52:23et on regrette de ne pas l'avoir fait
52:25c'est un peu toujours comme ça
52:26on s'arrête un peu
52:26en cours de chemin
52:27il aurait fallu aller au bout
52:29de la réforme
52:29même si pour le coup
52:30il y a eu le Covid
52:31je vous parle de la réforme à point
52:32avant le Covid moi
52:33mais même
52:34alors elle était
52:35notamment le calcul du point
52:37qui était mis en cause
52:38par certains experts
52:38de manière légitime
52:39elle n'était pas parfaite
52:40mais il aurait quand même
52:41fallu y aller
52:41donc effectivement
52:42aujourd'hui il joue sur les paramètres
52:44mais c'est très délicat
52:45vous voyez
52:45même nous en tant qu'experts
52:47je croyais qu'une bonne idée
52:48était de proposer un deal
52:49entre actifs et retraités
52:50en disant au fond
52:51il faut que les actifs
52:52acceptent de travailler
52:53un peu plus longtemps
52:53et que les retraités
52:54acceptent aussi de contribuer
52:55en me disant
52:56chacun prend sa part
52:57sur les réseaux sociaux
52:57vous publiez ça
52:58vous faites incendier
52:59parce que c'est au dit
53:00pour personne
53:01les actifs vous disent
53:02pourquoi je paierais
53:03pour des boomers privilégiés
53:05les boomers vous dites
53:06moi j'ai travaillé
53:07beaucoup plus longtemps
53:07et je n'avais pas
53:08mes cinq semaines
53:09donc c'est vraiment
53:11ça cristallise
53:11à un niveau
53:13absolument délirant
53:14et même si le problème
53:15démographique
53:15tout le monde l'a en tête
53:16parce que je pense
53:16que les citoyens
53:17ne sont pas bêtes
53:18faire le lien
53:18avec ce que ça veut dire
53:19en termes de politique publique
53:20alors là
53:21on n'y est pas du tout
53:22Jean-Philippe ?
53:24On est devant
53:26un sujet
53:27je pense que
53:27la démographie est implacable
53:29je crois que c'est en 2030
53:30on aura un actif
53:31pour un retraité
53:33à peu près
53:35dans ces eaux-là
53:36donc on va être rattrapés
53:39on va être rattrapés
53:40par le fait
53:41qu'on ne travaille pas
53:41assez en France
53:42pas à la semaine
53:43parce que là
53:43les vieux débats
53:44à la semaine
53:44je crois là aussi
53:45ça pollue complètement
53:46nos débats
53:47c'est plus les 35, 36, 37 heures
53:49c'est pas ça
53:49c'est de travailler
53:50beaucoup plus longtemps
53:51dans le temps
53:52rentrer plus vite
53:53dans la vie publique
53:54en sortir
53:54moi je me souviens
53:55j'en parlais avant-hier
53:56avec quelqu'un
53:57les premières fois
53:58où j'allais aux Etats-Unis
53:59j'étais très surpris
54:00d'arriver
54:00dans des compagnies
54:03aériennes américaines
54:03où on voyait
54:04les fameuses hôtesses de l'air
54:05qui étaient des dames
54:06qui avaient 50, 55 ans
54:08et on était très très surpris
54:09c'était des dames
54:09non mais
54:10on était surpris
54:12on était surpris
54:12que ça ne corresponde pas
54:15à l'image qu'on se faisait
54:16simplement
54:17parce que les gens
54:17ils travaillaient
54:18je reviens à mon chauffeur
54:19de taxi aujourd'hui
54:20le gars
54:20il est complètement conscient
54:22qu'il n'y arrivera pas
54:23avec sa petite retraite
54:24moyennant quoi
54:25le gars il a trois jobs
54:26le gars il est VTC
54:28c'est un taxi
54:28il a un vrai job
54:30de logistique
54:31pourquoi vous me conduisez aujourd'hui
54:32je suis en RTT aujourd'hui
54:34je fais VTC
54:35et je le voyais bien en forme
54:36je suis coach sportif
54:37donc les gens sont complètement
54:39les gens sont complètement conscients
54:40que ça ne peut pas durer ainsi
54:43mais encore
54:44encore faut-il maintenant
54:45qu'on traite
54:46qu'on traite le problème au fond
54:49aujourd'hui
54:49un gamin
54:50qui décide de faire des études
54:52et qui va jusqu'à 25
54:53avec 26 ans
54:54il doit accepter
54:54qu'il va avoir une retraite correcte
54:57parce que
54:58tout est aussi
54:59à faire de
55:00quel est le niveau d'or
55:01et bien il va travailler jusqu'à 67
55:0368 69 ans
55:04c'est ça la vraie vérité
55:05mais comme on n'est pas des politiques
55:06on peut le dire
55:07un politicien
55:07il vous rappelle qu'il dit ça
55:08il ne passe pas le cas
55:09on a de la chance
55:10je pense qu'on aimerait laisser le choix
55:12aux gens de partir à l'âge
55:13absolument
55:15avec une décote
55:15le seul problème
55:16c'est que quand on leur donne le choix
55:18en leur disant
55:20très souvent
55:21non justement
55:21ils partent trop tôt
55:22sans anticiper les besoins
55:24qui vont être les leurs
55:24et qu'est-ce que doit faire l'Etat derrière
55:25forcément mettre des minimas
55:27dans tous les sens
55:27pour rehausser les pensions
55:28il y a un risque de paupérisation
55:30et puis malgré tout
55:31l'âge a un effet
55:32l'effet horizon de l'âge
55:33c'est à peu près
55:33le seul truc qui marche
55:34et là la capitalisation
55:35c'est des vertus
55:36probablement
55:36mais il faut mettre un cut quand même
55:37on est malheureusement obligés
55:38si je vous oblige tous les mois
55:39à capitaliser un peu
55:40ça existait dans certains pays
55:42je peux le faire
55:43merci beaucoup à tous les trois
55:44d'être venus ce matin
55:45dans Les Experts
55:46dans un instant vous parlez immobilier
55:47avec Marie-Cœur de Roi
55:48Les Experts de Limo
55:49une émission bien sûr
55:51à retrouver en replay
55:52et en podcast
55:52à consommer
55:53vous pouvez faire tous les replays
55:54de la semaine
55:54pendant le week-end
55:55mais on a beaucoup parlé de budget
55:56on est avancé dans les taux
55:58vers le plus difficile
56:00je vous retrouve lundi
56:00bon week-end
56:01bonne journée