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  • il y a 12 heures
Ce mardi 2 juin, la question de l'attractivité française a été décryptée par Christian Poyau, cofondateur et PDG de Micropole, Hervé Novelli, initiateur du Cercle des Entrepreneurs Engagés et ancien député, et Thomas Grjebine, responsable du programme "Macroéconomie et finance internationales" au CEPII, dans l'émission Les Experts, présentée par Raphaël Legendre sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Et pour parler de tous ces sujets, j'ai le plaisir d'accueillir sur le plateau Christian Pauillot.
00:04Bonjour Christian, co-fondateur et CEO de Micropole, le groupe Talent.
00:09Hervé Novelli, bonjour Hervé, initiateur du Cercle des Entrepreneurs Engagés et Ancien Ministre.
00:16Et puis Thomas Grébine, bonjour Thomas.
00:18Bonjour Raphaël.
00:19Responsable du programme Macroéconomie et Finances Internationales au CEPI.
00:23Alors je vous le disais, je voulais qu'on commence tout de suite par ces questions d'attractivité.
00:27Choose France, le dernier Choose France d'Emmanuel Macron pour sa neuvième édition.
00:33Eh bien le Président de la République a quand même pu annoncer 93 milliards d'euros d'investissements étrangers,
00:40de promesses d'investissement pour l'instant.
00:44D'abord ce chiffre, est-ce qu'il vous paraît crédible ?
00:47Allez Christian, je conseille vous.
00:48Oui, oui, oui.
00:50Parce qu'on a eu tendance à les gonfler à l'hélium un peu à un certain moment.
00:53Je pense que le mieux c'est de regarder ce qui s'est passé sur les dernières années et voir
00:56quel était le pourcentage d'atteinte des chiffres annoncés.
00:59Alors il n'est jamais de 100%, mais ce n'est pas du fait de la France ou d'Emmanuel
01:03Macron.
01:04Les sociétés peuvent dire à un moment, ok, finalement j'investis autrement ou de manière plus décalée, etc.
01:10Mais il me semble que le chiffre d'atteinte des années précédentes est de 70% grosso modo, une moyenne
01:17qui a été faite.
01:18Moi je trouve ça pas mal.
01:19Je crois même qu'on a 95% des projets qui sont mis en place.
01:24Oui, mais moi je parle en montant.
01:25Bon alors après, si c'est 95, super, il y a extraordinaire, il y a de là comme disaient l
01:29'autre.
01:30Donc c'est une réussite, je pense qu'il ne faut pas bouder son plaisir.
01:33On va lister certainement des sujets qui restent complexes, etc.
01:37Mais je veux dire, ne serons pas dans le catastrophisme.
01:40La France a plein d'atouts pour réussir, comme le dit une très belle chaîne de radio.
01:44Donc oui, Toulouse France, c'est une réussite d'Emmanuel Macron et ça l'on l'a, tel qu'il
01:47faut le faire.
01:48Oui, en dépit des normes, en dépit de la fiscalité qu'on critique toujours, Thomas Grébin,
01:53on a quand même ce chiffre-là, c'est une excellente nouvelle.
01:57Oui, c'est une excellente nouvelle.
01:58Sur les chiffres, l'usine nouvelle a fait un décompte intéressant la semaine dernière.
02:03Il disait qu'il y avait eu 178 projets qui avaient été annoncés jusqu'à cette année.
02:10Et sur ces 178 projets, il y avait 39 créations de sites qui avaient été annoncées.
02:17Si ces 39 créations de sites, il y en aurait 15 qui seraient opérationnelles.
02:20Donc on serait plutôt autour de 40% des créations de sites annoncés.
02:29Oui, mais opérationnelles ou en cours d'être opérationnelles ?
02:33Oui, on est dans une frontière.
02:34Un site industriel, ça prend toujours du temps.
02:37Évidemment, ça prend du temps et il y en aurait 7 sur ces 40 qui auraient été abandonnés.
02:41Donc c'est un bilan qui est positif.
02:47Plus largement positif.
02:48Moi, je crois qu'il faut saluer ce type d'initiative.
02:53C'est quand même toujours important de montrer que nous sommes attractifs.
02:57Je mettrai trois remarques.
03:00La première remarque, je le disais en aparté, c'est qu'un seul investissement fait la moitié.
03:06C'est celui de Softbank fait la moitié totale.
03:10C'est la première.
03:12Mais on ne va pas bouder notre plaisir.
03:14C'est quand même le contrat du siècle, pardon.
03:16Le deuxième point sur lequel il faut prêter attention, c'est que d'après les déclarations même d'Emmanuel Macron,
03:23les huit précédents Choose France avaient amené à la création de 50 000 emplois.
03:30Là, on parle de 15 000 emplois pour un chiffre supérieur.
03:35Ça veut dire quoi ?
03:36Ça veut dire que le contenu en emploi décroît et c'est bien naturel puisqu'on est là sur des
03:42data centers.
03:43Oui, ça en va y venir, effectivement.
03:44Et donc la création d'emplois...
03:46C'est une des critiques.
03:47Oui.
03:48Il y a des investissements mais pas assez d'emplois.
03:49Troisième critique peut-être plus forte que je ferais, c'est qu'on ne fera en fin d'année
03:55que le deuxième sommet Choose France en France.
03:59France, oui.
04:00Ça veut dire quoi ?
04:00Ça veut dire que la préoccupation de privilégier nos entreprises françaises,
04:06elle n'est apparue que très récemment par rapport au lancement de Choose France.
04:11Et c'est un sujet, j'ai été très frappé par ce qu'on appelle les stratégies d'évitement.
04:17C'est-à-dire ?
04:18Un concept qui consiste à ne pas investir en France quand on est une entreprise française
04:22et à préférer s'implanter à l'étranger.
04:26Oui, mais on va chercher la croissance là où elle est, Hervé Neuilly.
04:28Oui, on pourrait la chercher en exportant.
04:30Et la rentabilité des capitaux aussi.
04:32Le vrai sujet, c'est qu'il y a des contraintes aujourd'hui qui pèsent sur les entreprises françaises
04:37qui sont un peu plus lourdes.
04:38Quand je dis un peu, c'est parce qu'on est tôt le matin.
04:41C'est une idée.
04:42Qui sont un peu plus lourdes qu'ailleurs.
04:43Et c'est la raison pour laquelle j'ai créé ce cercle des entrepreneurs engagés,
04:47c'est-à-dire de tous les entrepreneurs qui se disent
04:50prenons la parole, montrons que l'entreprise est le vecteur de croissance unique et obligatoire,
04:56signons la charte des entrepreneurs engagés.
04:57C'est cela à quoi je m'emploie.
05:00Ça ne fait pas disparaître les contraintes, mais ça amène à la mobilisation.
05:04Christian ?
05:05Oui, c'est sûr que les projets qui sont annoncés bénéficient aussi d'un certain nombre d'avantages
05:12sur des taxes ou des choses comme ça, ce qui facilite la vie.
05:15Et je ne peux qu'aller dans le sens de ce que vient de dire Hervé, évidemment,
05:18sur le fait que les entreprises françaises, quand elles font finalement le même projet,
05:22elles ont droit à toutes les taxes.
05:23Elles sont peut-être moins subventionnées.
05:25Elles sont moins subventionnées.
05:26Et la bureaucratie, ça n'en occupe plus.
05:28On sait combien, est-ce qu'on a le chiffre des subventions pour tous ces projets ?
05:31Parce qu'en général, ça se chiffre en milliards.
05:34Je pense que ça doit être difficile à déterminer.
05:36On n'est plus discret.
05:37On dit « avoua pas, c'est un Vénovelli d'ailleurs. »
05:40Non mais pardon, mais la guerre des subventions, on va y venir en deuxième partie, en seconde partie des missions,
05:45la Chine subventionne absolument massivement son industrie.
05:48La guerre commerciale se joue là-dessus aussi.
05:50Qu'est-ce que ça met en exergue ?
05:51Ça met en exergue que les entreprises françaises, elles sont toujours fortement pénalisées.
05:55On ne va pas reparler à nouveau des impôts de production, mais enfin bon, je le fais quand même.
05:59Et pourrait faire certainement beaucoup plus si on pouvait bénéficier des mêmes avantages que ces entreprises-là.
06:06Mais encore une fois, je ne critique pas du tout le sujet.
06:07C'est très bien, on fait venir des entreprises.
06:10Oui, les data centers, on en reparlera certainement, créer moins d'emplois.
06:13Mais enfin, en emploi indirect, en dynamisme des régions, surtout que ça s'implante dans les villes, etc.
06:18Donc, c'est quand même des choses qui sont très positives.
06:21Donc, encore une fois, voyons le verre en moitié.
06:22Je voudrais dire un point très important.
06:24Un des plus hauts responsables français, pour ne pas le dire, autour de plus hauts responsables sur l'attractivité,
06:31c'est que ce qui est prévu, les tasks forces qui s'organisent pour attirer les investissements étrangers,
06:37il n'existe pas de task force pour les investissements français en France.
06:42On s'est aperçu de cette grande lacune.
06:44Oui, mais on peut dire à Renovélix, c'est le job des chefs d'entreprise français, d'investir pour développer
06:49leur entreprise.
06:50On n'a peut-être pas besoin de l'État pour s'expliquer.
06:52Alors qu'il déroule le tapis rougi, c'est très bien pour les investissements étrangers que l'État s'en
06:57préoccupe.
06:58Pourquoi pas ? En tout cas, ça n'existait pas jusqu'à aujourd'hui.
07:01Et c'est important.
07:01C'était plutôt un beau succès, mais c'est un exercice de communication politique aussi, tous France en France.
07:08Est-ce que l'IA, Thomas Grébine, est la nouvelle industrie du XXIe siècle ?
07:13Est-ce que les data centers deviennent les hauts fourneaux du XXIe siècle ?
07:18Est-ce que c'est ça qui va permettre de relancer le tissu industriel français ?
07:22En tout cas, c'est fondamental d'un point de vue de souveraineté.
07:26Et ça va devenir fondamental de maîtriser la chaîne de valeur de l'IA d'un point de vue économique.
07:34C'est-à-dire que là, il y a beaucoup de discours.
07:37Est-ce qu'il faut attirer les data centers ?
07:39Est-ce qu'il faut attirer les centres de données, de calcul ?
07:44Est-ce qu'on possède ? Comment on fait pour avoir du cloud ?
07:47Tout ça, en fait, on voit bien qu'on est encore...
07:50Enfin, c'est difficile.
07:51Quand on regarde sur l'IA, il y a des annonces qui sont spectaculaires.
07:56Et c'est en effet une excellente nouvelle.
07:59Donc, si on prend depuis un an...
08:01Oui, l'accélération est quand même absolument dingue.
08:04Elle est dingue.
08:04Ça chiffre en dizaines de milliards à chaque fois.
08:06Donc, on a entre 150 et 190 milliards d'euros qui sont annoncés.
08:13Si on compare avec les Allemands,
08:17les Allemands, on est plutôt autour de 10 ou 20 milliards qui ont été annoncés.
08:20Alors, après, il y a les annonces et il y a les...
08:23Il y a les effets d'annonce et puis il y a le réel aussi.
08:25Il y a les capacités qui sont déjà annoncées.
08:27C'est-à-dire que quand on regarde ce qui est déjà annoncé,
08:30qui est déjà effectif en data center,
08:33la France est plutôt en troisième position au niveau européen,
08:36derrière le Royaume-Uni et l'Allemagne.
08:38Mais en tout cas, en termes de dynamique, c'est une excellente nouvelle.
08:41Donc, c'est une bonne...
08:42Et donc, ça veut dire qu'on va quand même...
08:43Alors, si je compare la France et l'Allemagne,
08:45pardon Thomas Grébine de vous interrompre,
08:46mais ça veut dire qu'on va les dépasser très rapidement quand même.
08:50C'est des investissements.
08:50Peut-être même le UK.
08:51Par exemple, ce qui a été annoncé, c'est jusqu'en 2031.
08:53Donc, il y a une montée en puissance progressive.
08:56C'est demain, 2031.
08:57C'est demain.
08:58Et l'autre point qui me semble important,
09:00c'est que c'est un bond en avant de l'Europe,
09:04mais il y a quand même un retard assez significatif
09:07par rapport aux Etats-Unis.
09:09Aux Etats-Unis, c'est 500 milliards qui ont été annoncés.
09:14Donc, on n'y est pas encore.
09:15On accélère.
09:16Il y avait une grande différence.
09:18C'est qu'il y avait des ouvriers.
09:20Là, dans ce qu'on appelle les hauts fournaux du XXIe siècle,
09:24ça crée peu d'emplois intrinsèquement.
09:26Alors, bien sûr, il y a toute la diffusion.
09:29Le ruissellement, comme on dit aujourd'hui.
09:31Les gains de productivité qui peuvent en résulter.
09:32Mais quand on regarde les créations d'emplois
09:35dans les datacenters ou autres,
09:37ça se chiffre à quelques centaines d'emplois.
09:40Après, il y a des services.
09:41Donc, parler de hauts fournaux, c'est aussi...
09:44Est-ce qu'on sait où va aller cet argent, d'ailleurs ?
09:46Parce qu'on annonce 45 milliards,
09:48mais le matériel informatique,
09:51oui, les murs, le béton qu'on va construire autour...
09:53Vous avez vu Schneider.
09:54Vous êtes français, mais Schneider a passé 5 milliards.
09:57Il a fait un bond, puisque...
09:58Sur cette notion d'IA, qui est une notion complexe,
10:01donc impossible à résumer en quelques mots,
10:03et personne, je pense, peut avoir une vision exhaustive du sujet.
10:06Bon, la chaîne de valeur est très large.
10:08Là, on parle, je ne sais pas, c'est un petit bout,
10:10en tout cas une portion de la chaîne de valeur.
10:12Les datacenters, c'est l'endroit où on va stocker les datas.
10:14Mais ça ne prend pas du tout en compte
10:16la partie traitement, la partie analyse, la partie data.
10:20Et vu de ma fenêtre étant quand même dans ce secteur-là,
10:24la plus forte valeur ajoutée,
10:26elle est quand même sur ce qui est en aval,
10:28si je veux dire, sur vraiment les jeux du ciel d'IA,
10:31et surtout la data, c'est à chaque fois ce que je dis.
10:33Bon, maintenant qu'il y a les datas centers en Europe
10:35et spécifiquement en France, très bien,
10:37c'est une bonne nouvelle.
10:38J'ai les mêmes informations sur le fait
10:40que la France est quand même en retard,
10:41enfin en tout cas n'est pas numéro un en Europe,
10:43elle est derrière l'Angleterre et derrière l'Allemagne.
10:45Bon, OK, on avance bien d'une manière générale.
10:49Donc ça ruisselle, ça ruisselle sur ces sociétés électriques,
10:52et après, c'est un point fort aussi.
10:55Pourquoi ? Parce qu'on a cette énergie décarbonée
10:57avec l'industrie nucléaire.
10:58Il faut expliquer ça, le patron de SOSBank l'a dit,
11:01l'avantage compétitif de la France,
11:03c'est très clairement son énergie disponible.
11:06Mais donc, c'est une bonne nouvelle, oui.
11:08Est-ce que c'est parce qu'on aura ces data centers en France
11:10qui vont monter en puissance,
11:11qu'on règle le problème du pilotage
11:16de la chaîne de valeur de l'IA ?
11:18Non, on en est relativement loin, bien évidemment.
11:19Donc, il y a plein d'endroits où il faut chercher à avancer.
11:22On ne maîtrisera jamais l'intégralité de la chaîne de valeur.
11:24Personne ne la maîtrise, d'ailleurs,
11:26ni les États-Unis, ni les Chinois, ni qui que ce soit.
11:29Détectons les points clés sur lesquels il est significatif
11:33d'avoir un footprint important
11:35et un moyen de pression pour des choses,
11:37ça fait clair, assez significatif.
11:39Les data centers en sont un.
11:40Ce n'est pas non plus le sujet, vu de ma fenêtre,
11:44primordial par rapport à cette fameuse chaîne de valeur.
11:46Bon, il n'y a pas que les data centers.
11:48Alors, c'est vrai que l'annonce spectaculaire de SoftBank
11:51fait que ça éclipse un petit peu tout le reste.
11:54Mais vous avez, par exemple, l'Assyrie,
11:56Marseille-Gaglia,
11:58première ouverture d'Assyrie
12:00depuis 50 ans en France.
12:02Donc, on a un haut fourneau.
12:03On a aussi les hauts fourneaux, voilà.
12:06Exactement.
12:07Pardon, mais est-ce que c'est un changement,
12:09Thomas Grébine, de cycle industriel ?
12:11Est-ce que, plus globalement,
12:13on est en train de changer de regard sur la France ?
12:18Je pense que sur l'IA,
12:19c'est clair que les nouvelles sont excellentes.
12:23Sur le reste, c'est beaucoup plus mitigé.
12:26C'est-à-dire que depuis deux ans,
12:28on est rentré dans une phase
12:29où il y a plus de destruction
12:31de sites industriels que de créations.
12:35On a fermé un peu la parenthèse très, très positive
12:39qui a existé entre 2018 et 2024,
12:41où il y avait eu près de 180 000 emplois industriels
12:44qui avaient été créés.
12:45C'était un peu la plus longue phase
12:46depuis une quarantaine d'années
12:47de création d'emplois industriels.
12:51Donc, malheureusement...
12:51Qu'est-ce qui a cassé cette dynamique ?
12:53Je pense qu'il y a plusieurs choses.
12:54Il y a, d'une part, eu plusieurs chocs
12:56très importants sur l'économie mondiale,
12:59que ce soit la crise Covid,
13:01où il y a eu beaucoup de sites de production
13:03qui ont été arrêtés
13:04et ensuite qui ont peu réouvert.
13:06Il y a eu un choc de demandes négatifs.
13:08La croissance européenne est relativement à tonne.
13:11Vous avez eu le choc énergétique aussi
13:13qui pénalise l'industrie européenne.
13:17Et puis, finalement, et de plus en plus,
13:19vous avez ce rouleau compresseur chinois
13:20qui menace des pans entiers
13:22de l'industrie européenne
13:23et qui, je pense, va rendre très difficiles
13:25des investissements dans la sidérurgie
13:28dans les années qui viennent.
13:28Oui, ça en va en parler.
13:29Vous croyez à un renouveau industriel en France ?
13:31Oui, j'y crois.
13:34À condition que, là aussi,
13:37on utilise ce qui va révolutionner
13:40dans les mois et les années qui viennent.
13:41C'est ce qu'on appelle les agents IA.
13:44Aujourd'hui, il y a des intelligences artificielles
13:48qui peuvent multiplier par 10
13:52la productivité dans l'industrie.
13:54On pense à l'industrie automobile.
13:56Par 10 ?
13:56Oui, et ça redonne un espoir
14:01à un certain nombre d'industries
14:03qui sont très inquiètes.
14:05L'industrie automobile française, par exemple.
14:08Mais là, c'est très intéressant
14:10qu'une aciérie rentre suite
14:13annonce une ouverture.
14:14Pourquoi ?
14:15Ça veut dire qu'on peut réintroduire
14:17de la compétitivité
14:18dans des métiers industriels
14:20qui semblaient voués à disparaître
14:23parce que concurrencés par des pays.
14:24Quand le marché est protégé aussi.
14:26À pas mal.
14:27Ce qui est très important,
14:29c'est l'innovation plus que la protection,
14:30cher Raphaël.
14:31L'innovation, elle est là.
14:34Elle est à l'œuvre.
14:34J'ai vu de manière très concrète
14:37des agents IA dans l'ingénierie,
14:42donc dans tout le monde industriel
14:44qui sont aujourd'hui en voie
14:47d'être finalisés
14:48du côté de la Silicon Valley
14:49et qui arrivent en France.
14:51Bon.
14:52Et encore, faudra-t-il que, oui, Christian,
14:53qu'on arrive à sauvegarder
14:54toutes ces entreprises après ?
14:55On a cité avec raison, bien sûr,
14:56c'est un nombre de chocs.
14:58Sur tous ces chocs,
15:00tous sauf un, en fait,
15:01tous les pays les ont subis.
15:02Voilà.
15:03Le Covid, la crise énergétique, etc.
15:05Ce sont des chocs exogènes,
15:07comme on dit,
15:07qui frappent tout le monde, effectivement.
15:09Et puis, il y en a un,
15:10le dernier,
15:11où là, pour le coup,
15:11on est les neuneus de la classe, quoi.
15:14Je veux dire,
15:15donc c'est le rouleau compresseur chinois,
15:18je reprends l'expression qui a été dit,
15:19donc le fait que l'Europe,
15:20et la France,
15:21enfin l'Europe, disons,
15:22ne sait pas se défendre par rapport à ça.
15:23Donc je pense que c'est quand même
15:24un sujet majeur, moi,
15:25pour avoir aussi,
15:26à travers le MEDEF,
15:27beaucoup de contacts
15:28vis-à-vis des entreprises.
15:30C'est quand même quelque chose
15:30qui ressort très souvent,
15:31de voir, on voit arriver
15:32des produits,
15:34somme toute de bonne qualité,
15:35à des prix totalement,
15:37enfin, déconnectés
15:38des coûts français, etc.
15:40Très subventionnés, oui.
15:41On en parlera dans la seconde partie de l'Union.
15:42Et ce sujet-là,
15:43on va en parler,
15:44mais c'est quelque chose
15:45où on peut faire des choses, voilà.
15:46La crise énergétique,
15:47bon, on l'a contrôlée,
15:48c'est beaucoup plus difficile,
15:49mais lutter contre
15:51cette concurrence
15:52totalement déloyale des Chinois,
15:54on peut faire des choses.
15:54On est, Thomas Grébine,
15:56en deçà de ce qui se pratique
15:57au niveau international
15:58en termes de subventions.
16:00Je me souviens
16:01d'une note passionnante
16:02de Rex et Cote
16:02qui disaient que la guerre,
16:03maintenant, commerciale,
16:04se jouait autour des subventions
16:06en réalité,
16:06et que les États,
16:08c'est aussi un sujet
16:09de souveraineté économique
16:10de défendre ces entreprises,
16:13subventionnés massivement
16:14de plus en plus
16:17leur boîte nationale,
16:18ce que ne faisait pas assez l'Europe.
16:20Partagez cet avis ?
16:21Oui, mais c'est plus difficile,
16:23d'une part,
16:23quand vous avez des réglementations
16:25qui limitent ces subventions
16:26pour ne pas distordre...
16:28La Commission surveille,
16:29et bien, il y a les aides d'État.
16:31Il y a une interdiction
16:33des aides d'État
16:34dans les traités européens.
16:35Ah, pas assouplir,
16:36alors on a monté les quêques,
16:37on essaie de l'assouplir.
16:38Quand vous avez des marges
16:39de manœuvre budgétaire
16:41aussi faibles
16:42dans un pays comme la France...
16:44C'est peut-être ça
16:44le véritable problème, finalement.
16:45Vous voyez, dans les annonces
16:46de restrictions budgétaires
16:48qui ont été annoncées,
16:49il y a des coupes
16:51dans France 2030.
16:53Donc, France 2030,
16:54ce n'est pas forcément
16:56que des subventions,
16:57mais on voit bien
16:58que c'est censé être
16:59des projets
17:00pour favoriser
17:02l'industrie européenne
17:03et on voit bien
17:04que dans une période
17:05de disette budgétaire,
17:06on coupe plus facilement ça
17:08que les pensions
17:09des retraités.
17:10Oui, évidemment.
17:11On vous le demande,
17:12ça, dans votre mouvement,
17:13Hervé Novelli,
17:14plus de subventions,
17:15parce que, bon,
17:16les entreprises
17:17qui critiquent
17:18le trop d'impôts
17:18mais qui viennent chercher
17:19des subventions derrière aussi,
17:20c'est une forme de dissonance
17:23parfois coupable.
17:24Oui, c'est même la raison
17:25de mon engagement
17:26avec les entrepreneurs,
17:28c'est qu'on ne demande
17:29pas d'aide.
17:31Ce qu'on demande,
17:32c'est que la fiscalité
17:35soit favorable
17:37et accompagne
17:38le développement
17:39des entreprises.
17:40Ces aides,
17:41elles viennent souvent,
17:42le plus souvent,
17:43compenser des handicaps
17:44créés par l'État lui-même.
17:45Oui.
17:46Rappelons-nous
17:47des allègements de charges.
17:48Pour faire les allègements
17:49de charges, bien sûr.
17:49Les allègements de charges,
17:51il y a une mobilisation
17:52très forte
17:53du patronat
17:54pour protester.
17:55Moi, je préférerais
17:57qu'aujourd'hui,
17:58on fasse un véritable bilan
17:59de ces allègements de charges,
18:0080 milliards.
18:01Oui.
18:02Ce n'est pas l'épaisseur du trait.
18:04Oui.
18:04Et qu'on fasse ce bilan
18:06parce que c'est un empilement
18:08successif
18:10d'allègements
18:10qui étaient venus compenser
18:13les 35 heures,
18:14le coût du travail
18:15au niveau du SMIC.
18:16Est-ce qu'on a créé
18:17des emplois peu qualifiés
18:18dans ce pays ?
18:19Oui.
18:20Après,
18:20ça a très bien marché
18:21dans les années 90-2000,
18:23quand même.
18:23Regardez le taux de chômage.
18:25Le problème,
18:25c'est la smicardisation
18:26de la société
18:27qui en découle.
18:28Des travailleurs peu qualifiés,
18:30il est supérieur
18:31au taux de chômage
18:32des travailleurs qualifiés.
18:34Vous n'avez pas
18:35une efficacité telle
18:36qu'on puisse dire
18:37que cette politique
18:37a empêché.
18:39Non.
18:39Aujourd'hui,
18:40oui.
18:40Mais elle a amoindri.
18:41Elle a amoindri.
18:42C'est mieux que si c'était Pierre.
18:43Mais aujourd'hui,
18:43ce qu'il s'agit de faire,
18:44c'est de créer
18:45un avantage compétitif.
18:47Ce n'est pas,
18:47comme nous bénéficions
18:49dans l'industrie nucléaire,
18:50ce n'est pas de gommer
18:52un handicap
18:53ou de tenter de le gommer.
18:54Un environnement favorable.
18:55Christian Poyot,
18:56puis Thomas Gabine.
18:57Alors moi,
18:57je ne peux aller
18:58que dans ce que vient
18:59de dire Arvé Novelli.
19:01Et ce n'est pas seulement
19:02une réaction de l'entrepreneur
19:04que je suis,
19:04mais dans tous les cercles
19:05dans lesquels je suis,
19:06Medef, Croissance+, etc.
19:08Le truc,
19:08c'est fichez-nous la paix.
19:09On ne veut pas de subvention.
19:11On demande simplement,
19:12simplement,
19:13allier sur la fiscalité
19:14de nos concurrents européens.
19:16Européens,
19:16on ne parle pas de s'aligner
19:17sur je ne sais pas trop qui.
19:19Allier-nous sur les concurrents européens.
19:21On va parler du temps de travail.
19:23Je suis toujours heureux
19:24d'entendre que les 35 heures
19:26nous coûtent toujours aujourd'hui
19:2715 à 20 milliards
19:28d'allègements de charges
19:29parce que sinon,
19:30de toute façon,
19:30on serait planté.
19:30Donc non,
19:31pas de subvention.
19:32Les chars entreprises
19:33n'ont jamais demandé des subventions.
19:35Ils n'en veulent pas par principe.
19:36Ça peut leur arriver
19:37de temps à autre,
19:38Christian Pouillot,
19:39si on est tout à fait honnête.
19:40Non, non, non, non,
19:41Raphaël Lejean.
19:41Non, non, je suis fermé là-dessus.
19:43Il y a quelques filières spécialistes
19:45de demandes-aides
19:45publiques, nationales, européennes.
19:47la même fiscalité
19:48qu'ont nos petits copains.
19:49Simplement,
19:49qu'on soit alignés sur eux,
19:50ni plus ni moins.
19:51Voilà.
19:52Fichez-nous la paix
19:53pour ne pas être plus vulgaire
19:54dans nos propos.
19:54Thomas Grébine.
19:55Ce qui me semble aussi intéressant
19:56quand on parle de ces annonces
19:58sur l'IA,
19:59c'est le fait qu'il y a eu
20:00une forme,
20:00d'une part,
20:01de déréglementation
20:02avec les espèces
20:03de fast-tracks
20:04qui ont été faits sur l'IA
20:05qui permettent
20:06à ces investisseurs
20:08d'avoir un accès
20:08beaucoup plus rapide
20:10au réseau électrique
20:12et que, d'autre part,
20:13il y a eu une forme
20:14de planification
20:16sur le réseau électrique.
20:19Ce qui fait, en partie,
20:21le succès, aujourd'hui,
20:22de Dunkerque,
20:23c'est qu'on a planifié
20:25le fait qu'il y aurait
20:26des besoins électriques
20:27plus importants
20:29dans cette région
20:30et donc qu'on a essayé
20:31de densifier
20:33ce réseau électrique.
20:34Et donc, ça, je pense
20:35que ça aussi,
20:36il faut le souligner
20:37au-delà de la question
20:38purement financière,
20:40il y a eu une partie
20:41d'anticipation
20:42et c'est ceux
20:43dont profitent...
20:43C'est assez rare
20:44pour qu'on le souligne,
20:45effectivement,
20:46et on voit que ça fonctionne
20:47surtout,
20:48c'est quand même
20:48l'argument principal
20:49aujourd'hui,
20:50c'est notre électricité
20:51qu'on va pouvoir dégager
20:52de manière massive,
20:53décarbonée
20:54et compétitive.
20:56Je rappelle qu'une partie,
20:58enfin, certains partis
20:58politiques,
20:59que je ne citerai pas,
21:00évidemment,
21:00sont toujours contre
21:01l'énergie nucléaire.
21:02Enfin bon,
21:02on ne va peut-être pas
21:03rentrer dans ce débat.
21:04Oui, mais de moins en moins.
21:05Enfin, quand même,
21:05on le voit,
21:06y compris chez les partis
21:07écologistes européens.
21:09Il était temps
21:09de virer sur l'aile.
21:11Après,
21:12un avantage aussi
21:13qu'ont nos amis américains
21:15par rapport à ça,
21:15c'est le fait que l'État
21:17sait se désengager
21:18et laisser
21:19les entreprises privées
21:20développer
21:21leur activité.
21:23On en parle
21:23tous les jours quasiment,
21:24on regarde les SpaceX,
21:25Blue Origin, etc.
21:26La NASA a dit
21:27OK, moi,
21:28je ne vais pas finalement
21:29avoir la capacité
21:30ou la fluidité
21:33d'être très performant
21:34là-dessus.
21:35Donc,
21:36je subventionne
21:36pour le coup.
21:37Enfin,
21:37je subventionne,
21:38je ne sais pas
21:38si subvention
21:39ou si c'est acheter
21:40des services.
21:40Les deux se rejoignent peut-être.
21:42Mais en disant OK,
21:43on laisse des entreprises privées
21:45développer le secteur
21:46du spatial.
21:47Ce qui, encore,
21:47il y a peu de temps,
21:48semblait complètement aberrant.
21:49Le spatial,
21:50c'était l'État,
21:51ça devait être contrôlé,
21:52etc.
21:52Et on voit la réussite
21:53quand même de tout ça.
21:54et pareil,
21:55derrière ce que ça génère
21:56comme retombée
21:57sur toutes les technologies
21:58qui sont adjacentes
21:59par rapport à ça.
22:00Donc,
22:00ce qui manque aussi
22:00en France,
22:02en Europe,
22:02mais spécialement en France,
22:03c'est que l'État
22:04dise OK,
22:04sur tel ou tel sujet,
22:06non pas je me déjengage
22:07dans le sens,
22:07je ne m'en occupe plus,
22:08mais en tout cas,
22:08je laisse les entreprises
22:10prendre le point
22:11et les développer.
22:12Et on a pour le coup
22:13des tas d'entrepreneurs,
22:15des tas d'entreprises
22:16en France
22:16qui ne demandent que ça.
22:17Donc,
22:17on a les capacités
22:18d'avancer.
22:19Donc,
22:19ayons aussi cette logique-là
22:20dans le développement
22:21de notre pays.
22:22Je voulais un dernier mot
22:22avec vous,
22:23Christian Poyot,
22:24sur l'actualité de l'IA.
22:26C'est aussi les levées
22:26de fonds gigantesques
22:28qui arrivent.
22:29Anthropique a déposé
22:30sa demande d'IPO
22:31à la SEC cette nuit.
22:32On parle de,
22:33enfin à chaque fois,
22:34tout comme SpaceX,
22:35etc.
22:35C'est 1000 milliards,
22:36je veux dire,
22:37à chaque fois,
22:39les valorisations avancées.
22:43Google qui va lever
22:45sur le marché actions
22:4780 milliards de dollars
22:49il y a quelques jours.
22:52C'est OpenAI
22:53qui est levé 65 milliards aussi.
22:55En dette privée, oui.
22:56En dette privée.
22:59Est-ce qu'on est encore
23:00dans la course, nous,
23:01européens ?
23:01On attire les capitaux étrangers,
23:03super.
23:03Est-ce qu'on est encore
23:04dans la course
23:04face à ces massos de l'IA ?
23:06Sur cette chaîne
23:06de la valeur de l'IA
23:07que j'évoquais tout à l'heure,
23:09il y a des sujets
23:10où je ne dis pas
23:11que le jeu est faible
23:12que le cellulaire des technologies
23:13s'est évolue,
23:13qu'est-ce que ça sera
23:14dans 10 ans, etc.
23:15Mais bon, il y a des points
23:16où on ne va pas recréer
23:18un Google,
23:19des choses comme ça.
23:21Par contre, d'autres,
23:22on a la capacité d'eux,
23:23on ne va pas citer
23:24tout le temps Mistral,
23:25mais c'est vrai
23:25que c'est une réalité.
23:26Et puis encore une fois,
23:27la data,
23:28la data qui est le moteur
23:29de tout ça,
23:29l'essence de tout ça.
23:30On peut avoir le moteur
23:31si on n'a pas l'essence,
23:32ça sert strictement à rien.
23:32Le marché des capitaux européens
23:34est une ardente obligation.
23:36Oui, il nous faut des capitaux.
23:38On attend toujours.
23:39Qu'est-ce qu'il faudrait-il
23:39pouvoir le faire en Europe ?
23:40La profondeur,
23:41comme on dit,
23:42du marché des capitaux
23:44est éclatée en Europe
23:45par rapport aux États-Unis.
23:46Par rapport à ce que font
23:47les très grands,
23:47les big tech,
23:49c'est sûr qu'eux-mêmes
23:50qui ont des capacités
23:50financières énormes
23:51se retrouvent par ça
23:52des besoins d'investissement
23:53absolument monstrueux.
23:54Donc ça y est,
23:54ils font appel à la dette privée
23:56ou la dette publique
23:57avec les IPO qui arrivent.
23:58Bon, certains s'en inquiètent.
24:00Maintenant, encore une fois,
24:00faire le comparatif
24:01par rapport à l'an 2000,
24:02ce qui est fait souvent
24:03à ce qui se passe
24:03à l'heure actuelle,
24:04pour moi,
24:04n'est pas le bon.
24:05On a quand même
24:05des industries
24:06qui ont quand même
24:07un chiffre d'affaires.
24:08J'ai plus en tête
24:09le chiffre d'affaires en tropique,
24:10mais c'est des dizaines
24:11de milliards.
24:12Donc bon,
24:14on est à un moment
24:15de bascule très fort
24:17sur toutes ces nouvelles technologies
24:18et c'est sûr
24:19que ceux qui n'investissent pas
24:20à un moment donné
24:21vont se retrouver
24:21le bec dans l'eau.
24:22Donc choisissons nos combats.
24:24On a des choses à faire,
24:25on ne peut pas se battre partout,
24:27mais on a des points forts
24:28sur lesquels il faut appuyer.
24:30On a des choses à faire,
24:31on a des atouts,
24:32on a fait un formidable
24:33Choose France
24:33et en plus,
24:34la croissance française
24:35a été bien meilleure
24:36que prévue ces dernières années,
24:38figurez-vous.
24:38Eh bien oui,
24:39et personne n'en parle pourtant.
24:40C'est bien dommage.
24:41On va le faire
24:41dans la seconde partie de l'émission.
24:43On se retrouve dans une minute
24:44et puis on va parler aussi
24:45des voies et moyens
24:46pour contrer
24:47les surcapacités chinoises.
24:48Il se passe des choses à Bruxelles,
24:50mais aura-t-on le courage
24:52d'affronter les empires ?
24:54Ne quittez pas,
24:54on se retrouve tout de suite.
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