- il y a 2 mois
- #faceapierrelellouche
Pierre Lellouche, ancien ministre et spécialiste des questions internationales, nous éclaire sur l’actualité de la semaine dans #FaceAPierreLellouche, tous les jeudis à 16h30, présenté par Nelly Daynac.
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00:00Et c'est la rentrée sur CNews, c'est aussi la rentrée de Pierre Lelouch.
00:03Bonjour Pierre.
00:04Bonjour Pierre.
00:05Merci de nous accorder cette demi-heure intense de réflexion avec vous.
00:12On va cette année ensemble passer en revue tous les sujets, votre œil, votre analyse.
00:17Ça peut être des sujets internationaux, ça peut être aussi des sujets de politique intérieure.
00:20On est dans une année présidentielle.
00:22Aujourd'hui on va beaucoup parler d'international, mais on certaine dit rien.
00:27Et de toute façon il est interdit d'interdire, comme le disait un certain slogan, à une époque.
00:32Pierre Lelouch, à l'instant avec les correspondants de CNews en Espagne,
00:38on a passé en revue ce qui se passait à Ceuta avec cette grande manifestation.
00:43Le rôle de Pedro Sanchez aussi qui est mis sur le côté par pratiquement toute la population espagnole.
00:49Il n'a pratiquement plus de majorité, etc.
00:51Mais en fait, le cœur du réacteur, c'est qu'il y a Ceuta, il y a l'Espagne et
00:57puis il y a l'Europe.
00:58C'est ça qui est important.
00:58Et puis il y a le Maroc.
00:59Et il y a le Maroc.
01:00Il y a le Maroc.
01:01Bon, d'abord, première réflexion, c'est une illustration de plus de ce qu'on peut appeler une arme migratoire.
01:08C'est-à-dire que les pays du Sud, exportateurs de leur jeunesse qu'ils n'emploient pas,
01:14peuvent utiliser la menace de la vague migratoire pour faire pression sur les pays de l'autre côté.
01:22De façon parfois complètement cynique, les Biélorusses l'ont fait, rappelez-vous, en faisant venir des Syriens.
01:30Il voulait faire passer à travers la frontière polonaise qui a d'ailleurs conduit la Pologne à ériger ce grand
01:34mur
01:35pour lequel la Pologne avait été très très critiquée alors qu'en réalité, il fermait les portes de l'Union
01:41Européenne.
01:42Après, vous avez eu Erdogan, le président turc, que je connais bien,
01:47qui lui a utilisé les Syriens à partir de 2015 pour extorquer une tonne d'argent à l'Union Européenne,
01:56qui paye plusieurs milliards d'euros pour l'entretien des Syriens.
02:00Il ne peut pas les avoir chez nous, il les garde.
02:02Il a quand même 3 millions de Syriens, c'est comme ça.
02:05Et puis des menaces constantes sur la Grèce en utilisant cette masse de gens qu'on peut exporter, si j
02:13'ose dire.
02:15Et là, on a cette illustration dans le cas du Maroc qui s'en sert de façon très subtile parce
02:22qu'il ne revendique pas.
02:23Mais rappelez-vous, en 1975, la marche verte d'Hassane II pour prendre le Sahara occidental,
02:29c'était une marche de gens sans armes, désarmés.
02:33C'était une conquête désarmée.
02:35C'était très bien joué à un moment où l'Espagne n'avait plus de tête puisque c'était la
02:42mort de Franco et l'avènement du roi.
02:45Et il y a eu un flottement à Madrid qui a permis à Hassane II, qui était un sacré politique,
02:51de prendre le Sahara.
02:53Bon, ensuite, suite du Sahara 2021, il y a 5 ans, les Espagnols ont la mauvaise idée d'accueillir chez
03:03eux, pour le soigner,
03:04le chef du mouvement polisario, donc pour l'indépendance du Sahara.
03:08Là, ça n'a pas traîné vague migratoire sur ce état en représailles.
03:14Et là, dans cette affaire, 10 jours avant, ça a eu lieu il y a un mois, 10 jours avant,
03:21Pedro Sánchez était allé à Alger.
03:24Et là, ça s'est très mal passé parce que les Marocains ne voulaient pas de ça.
03:28Donc la sanction a été immédiate, mais naturellement, elle n'est pas revendiquée.
03:33Alors ce qui est très intéressant, personne n'en a parlé, je ne sais pas si vous le savez,
03:37il y a un site qui s'appelle Djabarout.
03:40Djabarout, un mouvement marocain ?
03:42Non, ce n'est pas...
03:43C'est un mouvement...
03:45Ce n'est pas un mouvement, c'est un site internet qui publie, tenez-vous bien,
03:4970 000 noms qui sont les membres des services secrets ou de la police intérieure marocaine.
03:54Donc c'est une fuite majeure et personne ne sait d'où ça vient.
03:58C'est une conséquence de Ceuta, naturellement.
04:00Alors à Ceuta même, il y a donc 100 000 personnes qui rentrent, encore 15 000 qui restent.
04:05Un Premier ministre qui est parti en vacances, qui aujourd'hui est devant le Parlement,
04:11mais devant le Parlement, les deux partis qui le soutiennent n'ont pas l'intention de...
04:15On l'a vu tout à l'heure, effectivement.
04:16Voilà, donc il ne risque pas grand-chose en fait, Pedro Sánchez.
04:19Il a tout largué, il a tout lâché en termes de souveraineté espagnole à ses partis régionalistes ou indépendantistes
04:25dans des façons franchement scandaleuses, parce qu'il ne reste plus grand-chose de la souveraineté espagnole.
04:31Et enfin, donc, il y a une question qui se pose, qui est la question européenne.
04:35C'est ça.
04:35C'est Schengen.
04:36Et là, on se demande, mais où est le gendarme ?
04:38Il n'y a pas.
04:39Il n'y en a pas.
04:39Voilà.
04:40Et il faut que vous sachiez que Frontex, le budget 2025 de Frontex, c'est 1,1 milliard d'euros,
04:46donc pour les frontières totales de l'Union Européenne quand même.
04:49Et ce 1 milliard, ça représente 25 fois moins que ce que les Américains ont dépensé sur le mur avec
04:58le Mexique.
04:58Juste sur cette partie-là, même pas Ice ou le reste, où il y a encore beaucoup plus d'argent.
05:03Donc c'est dire à quel point nous prenons légèrement l'application de cet accord de Schengen
05:08qui organise donc la libre circulation en confort des Européens, mais qui ne gère pas l'extérieur.
05:16Et donc l'extérieur est ouvert et ça donne ce que ça donne, 20 000 il y a tous les
05:21jours,
05:21les gens qui rentrent par l'Espagne.
05:23Les Espagnols, la limite, s'en foutaient puisque l'Espagne était une terre de transit.
05:29Et c'est pour ça qu'il a d'ailleurs naturalisé ou régularisé plus d'un million de migrants il
05:38y a un mois.
05:38Il a fait ça juste avant Séoutin.
05:40Alors il y a beaucoup de Sud-Américains catholiques, pas de problème, mais il y a aussi beaucoup d'Africains.
05:45Il avait ouvert pour 500 000 Sanchez, il y a eu 1,2 million pratiquement de demandes
05:50et ils se sont mis d'accord jusqu'à présent pour plus de 600 000.
05:54Donc ça commence à faire...
05:55Est-ce que, parce que vous parliez de 20 000, ça me donne une idée avec Georgia Meloni,
05:59est-ce qu'elle a raison, elle, de couper avec l'Espagne, de dire, moi du coup je ne fais
06:03plus affaire avec Pedro Sanchez ?
06:05Non seulement elle a raison, mais surtout elle est courageuse.
06:07C'est elle qui a inauguré vraiment une stratégie de retour en s'arrangeant avec l'Albanie pour que l
06:14'Albanie reprenne les clandestins sans papier
06:18en attendant de gérer leur sort ou qu'ils présentent une autre demande.
06:22Mais c'est la seule façon d'en sortir parce que je ne vois pas très bien, une fois que
06:26les gens sont rentrés en Europe, ils y restent.
06:28Et ils attendent la régularisation ou alors ils se marient ou ils font des enfants
06:31et dès que vous avez des enfants dans un pays du droit du sol comme la France, ça y est,
06:35la régularisation, elle arrive.
06:37Donc nous avons un problème majeur de doublement de la population africaine dans les 20 ans qui viennent,
06:43donc c'est demain matin et nous ne sommes pas prêts.
06:46Et cette affaire de Ceuta est l'illustration spectaculaire.
06:49Malgré le règlement retour, malgré les textes qui ont été adoptés et qui demandent encore leur application.
06:55Vous savez, ils ont négocié ces textes pendant 13 années avec des désaccords absolus entre les pays du Nord
07:01qui eux ont une politique très restrictive.
07:03Le Danemark, par exemple, pays de gauche, plus personnellement.
07:08Les pays du Nord, la Pologne, la Hongrie, même sous le nouveau président.
07:14Et puis les pays qui sont très largement en accueil, la France avec son système social extrêmement généreux,
07:20c'est un appel d'air permanent.
07:22Autre sujet, et c'est parce qu'il y a encore deux conflits desquels on parle beaucoup,
07:28il y a bien sûr le Moyen-Orient et il y a l'Ukraine, et vous, vous y voyez une
07:33double escalade.
07:34Oui, on est dans une situation internationale qui est extrêmement périlleuse,
07:39parce qu'il y a deux conflits simultanés qui sont liés en plus,
07:44qui sont liés avec les mêmes parties prenantes.
07:46On y retrouve des Américains, des Russes, des Chinois, les mêmes armes.
07:53Et des risques qu'on est, dans les deux cas, dans une escalade permanente.
08:00Le point commun entre les deux, c'est que, malgré les apparences,
08:03Poutine et Trump sont dans la même situation.
08:06Deux gens qui ont déclenché des guerres,
08:09et qui sont coincés maintenant, et qui ne savent pas comment en sortir.
08:12Et pour en sortir, il faudrait qu'ils s'entendent, mais ils ne s'entendent pas.
08:16Un exemple, les Américains, mais pas que, les Européens aussi, y compris les Français,
08:22aident au ciblage des missiles ukrainiens qui vont en Russie,
08:26et à l'inverse, les Russes aident les Iraniens à frapper des bases américaines,
08:31en leur livrant même des technologies extrêmement sophistiquées,
08:35comme les missiles de croisière avec un statoréacteur,
08:39semblable à ce qu'on a, nous, dans notre force de dissuasion.
08:41C'est des missiles extrêmement sophistiqués, supersoniques, qui volent très bas.
08:45Ça, ça fait très mal.
08:46D'ailleurs, les Iraniens ont fait très mal aux Américains.
08:49C'est l'autre point commun.
08:51Les deux, Trump et Poutine, ont face à eux des gens qui résistent,
08:55contrairement à ce qu'ils croyaient.
08:56Dans les deux cas, ils croyaient régler le problème en 24 heures, ou trois jours.
09:00On y est toujours, presque cinq ans, d'un côté, sept mois de l'autre.
09:04Des gens qui résistent, des gens qui sont intelligents,
09:09qui sont capables d'internationaliser la guerre.
09:13Zelensky, de façon très habile, a réussi à réunir toute l'Europe derrière lui,
09:17et à financer sa guerre comme ça, sinon il serait mort depuis longtemps.
09:21Et l'Iran a internationalisé la guerre, en frappant non seulement les Américains,
09:26mais la totalité des alliés arabes, sauf l'Égypte,
09:29mais tout le monde est tapé, à Jordanie, les Émirats, l'Arabie Saoudite, le Bahreïn, le Qatar même.
09:36Tous ces pays-dits ont été frappés par l'Iran,
09:38avec l'idée que l'Iran prend en otage l'économie mondiale.
09:45Parce que le détroit d'Hormuz, c'est le quart de l'énergie dont l'humanité a besoin chaque jour.
09:51Et si aujourd'hui le diesel, ou la licence qu'on paye, vous et moi, est à 2,30, 2
09:56,50,
09:56c'est parce que plus rien ne passe, ils ont bloqué le Hormuz.
10:02Et dans les deux cas, on est dans une guerre d'usure épouvantable, dans les deux cas.
10:07Dans le cas de l'Ukraine et de la Russie, le front étant bloqué par la guerre des drones,
10:13maintenant on est revenu à une guerre qui ressemble au blitz de la Deuxième Guerre mondiale,
10:18et c'est les populations civiles qui payent, beaucoup en Ukraine, faute de défense antiaérienne,
10:22et même en Russie, où là, la population commence à sentir les effets des bombes,
10:28il n'y a plus d'essence, l'inflation monte, etc.
10:30Donc c'est une guerre d'usure où les peuples sont visés,
10:34et dans le cas du Golfe, c'est pareil, c'est une guerre d'usure,
10:36et tout tourne sur la capacité ou pas du régime iranien à survivre au blitz.
10:41Mais justement, qu'est-ce qui va se passer ?
10:42Parce que, alors, personne n'a de boule de cristal,
10:44mais on va y venir au conflit russo-ukrainien dans un instant.
10:48Je me concentre pour l'instant entre l'Iran, les États-Unis,
10:51bien sûr Israël qui est partie prenante dans cette guerre.
10:55Trump avait dit il y a quelque temps, de toute façon, si ça ne marche pas, je m'en irai.
11:00Vous prenez la parole, si c'était lui, quand ce n'était pas lui,
11:04c'était Piteksek avec le général, le chef d'état-major des armées,
11:08et puis là, finalement, plus rien, depuis quand même pas mal de temps.
11:10Est-ce que ça veut dire qu'il s'est lassé ?
11:12Et on connaît l'attitude de Trump, quand il se lasse, il se lasse, il n'a plus envie,
11:16il a tout un staff derrière lui à la Maison-Blanche qui dit
11:18« Monsieur le Président, il faut quand même prendre la parole. »
11:20« Non, je n'ai pas envie, je ne le ferai pas. »
11:21Ou est-ce qu'il cherche une solution pour en finir et pour en finir rapidement ?
11:27Alors, ces militaires lui ont dit, maintenant, ils avaient essayé de lui dire au début.
11:32Ah ben ça, on sait.
11:33Ils avaient essayé de lui dire « Attention, ils vont bloquer Hormuz. »
11:36Écoutez, attention aux quantités de munitions que ça veut dire.
11:40Ils ont fait plus de 15 000 frappes.
11:43Donc, ils ont mangé plus de la moitié de leurs réserves en missiles sophistiqués.
11:49Voilà.
11:49Donc, les militaires américains disaient « Attention, il y a Taïwan. »
11:52De la réserve totale américaine dans tous les conflits.
11:55Oui.
11:56Du coup, ils sont un peu démunis et inquiets.
12:01S'il y a une guerre demain avec la Chine sur Taïwan, on fait quoi ?
12:05Ou même en Europe.
12:08Donc, ils ont un problème de munitions.
12:10Ils ont un problème de logistique.
12:12Parce que les Iraniens ont détruit la base navale à Bahreïn.
12:15Donc, les bateaux ne peuvent plus s'approvisionner.
12:18Vous avez vu que le porte-avions Lincoln est revenu aux Etats-Unis.
12:22Mais ce qui reste de la flotte américaine, plusieurs dizaines de navires,
12:25ils n'ont pas d'approvisionnement.
12:27Il faut aller à Diego Garcia, 2500 kilomètres plus bas dans l'océan Indien.
12:31Il a un problème militaro-logistique.
12:34Et puis, il a un problème d'efficacité.
12:35Il s'aperçoit que les frappes ne suffisent pas à désarmer les attaques.
12:40C'est beaucoup plus facile.
12:40Pourtant, on a toujours dit que ça ne se réglerait que par des troupes au sol.
12:44Il avait essayé d'ailleurs d'engager des locaux pour faire les troupes au sol.
12:49Mais ça n'a pas fonctionné.
12:50Il ne le fera pas.
12:51Les Kurdes ?
12:52Il reste quoi ?
12:53Il reste le blocus économique.
12:55Donc, il espère, en maintenant le blocus le plus longtemps possible,
12:59que le régime va finalement provoquer une révolution à l'intérieur de l'Iran.
13:04Et ça, ça a des chances d'aboutir ?
13:08C'est un coup de poker ?
13:09C'est complètement théorique pour l'instant.
13:14Parce que, d'abord, il a un régime répressif extrêmement violent.
13:17Mais c'est vrai que le peuple iranien souffre.
13:19Il y a des millions de gens qui sont au chômage.
13:22Il y a une inflation monumentale.
13:24Il n'y a plus rien qui rentre.
13:25Mais bon, il reste quand même des portes d'entrée.
13:28Par la Caspienne, les Russes aident l'Iran.
13:31La Chine continue à acheter du pétrole et à livrer des choses.
13:34Donc, l'Iran n'est pas sur le point de s'effondrer.
13:37Et donc, on est dans une espèce d'étranglement mutuel long.
13:42Et on va voir qui tient le plus longtemps.
13:44Est-ce que les Iraniens continuent à écouter les proxys ?
13:48C'est-à-dire les agents de liaison ?
13:51On a beaucoup parlé du Pakistan entre les Américains.
13:54Ou est-ce que c'est, j'allais dire, un beau concert de flux de traversières ?
13:58Non, le régime iranien est très très dur.
14:01Il est revanchard.
14:02Il a survécu.
14:04C'est des gens qui ne lâcheront jamais le détroit d'Hormuz tant qu'ils sont au pouvoir.
14:08Ils se sont rendus compte qu'avec cette affaire, ils ont plus qu'une bombe atomique.
14:11Ils ont une deuxième bombe atomique.
14:13Plus personne ne parle de la première, qui était l'origine de la guerre.
14:16Donc maintenant, ils ont deux bombes atomiques.
14:17Ils ne sont pas prêts de les lâcher.
14:19Et la difficulté, c'est que les Américains n'y arrivent pas et que les Européens sont absents.
14:22Et on ne parle plus du tout du stock, justement, d'armes nucléaires, de celui qui est enfoui dans les
14:26montagnes.
14:26Un point important, quand on a réussi à faire ce fameux accord sur le nucléaire iranien en 2015,
14:35avant qu'il soit annulé par Trump lui-même en 2018,
14:38cet accord-là, il avait mis 13 ans.
14:40Et il avait été piloté par l'Union Européenne et la France en premier.
14:44Il y avait l'Europe, la Chine, la Russie et les États-Unis.
14:48Tous ensemble pour faire pression sur l'Iran.
14:50Aujourd'hui, l'Iran a deux alliés, la Russie et la Chine,
14:55plus la Corée du Nord qui, pour lui passer des armes, des missiles et autres,
15:00ils ne sont pas sur le point de céder.
15:02Ça va être très, très compliqué.
15:03Ça, c'est le problème numéro un.
15:04Donc avec une escalade qui continue, des conséquences économiques très importantes.
15:09Pour la Chine aussi, puisqu'elle dépend beaucoup du pétrole iranien.
15:12Pour la Chine aussi, pour le monde entier.
15:14Mais enfin bon, l'inflation, menace sur les dettes souveraines,
15:20tout ça contribue à une situation économique internationale qui est déstabilisée.
15:24En Ukraine, c'est l'escalade à nouveau, on l'a dit.
15:29L'attitude de Volodymyr Zelensky est à peu près la même.
15:33C'est-à-dire qu'il continue la tournée avec des associations,
15:37avec l'association des volontaires, des pays volontaires.
15:40Et puis vous l'avez dit, il y a un Poutine enlisé et qui prend peu la parole.
15:45On l'a vu dernièrement, il a dit, ils vont pendre.
15:48Alors qui va le pendre ? On ne sait pas qui.
15:50Mais en tout cas, est-ce qu'il se sent affaibli vraiment ?
15:54En tout cas, il n'en laisse rien paraître.
15:57Alors c'est une situation très paradoxale.
15:59Parce que Zelensky, au niveau intérieur, il est quand même dans la difficulté.
16:02Son ministre de la Défense est parti.
16:04Il y a des affaires de corruption dans tout son entourage.
16:08On sent bien que le régime a quelques problèmes.
16:11Enfin, il survit, la guerre est là, pas d'élection.
16:14Et puis soutien absolu des Européens qui est maintenu.
16:17Malgré tout, malgré la corruption, malgré le fait que des oligarques, on l'a vu,
16:23vivent grand train à Monaco avec des appartements à plusieurs centaines de millions d'euros.
16:27Ce n'est pas très patriotique quand même.
16:29Ça a toujours été leur fonctionnement, tel que je l'avais vu à l'époque ou avant la guerre.
16:34Donc il y a ça.
16:35Et puis en face, vous avez un leader qui commence à subir les conséquences de cette guerre.
16:41Parce que la stratégie de Zelensky, c'est l'escalade internationalisation plus escalade.
16:47Donc il veut taper là où ça fait mal, c'est-à-dire la population russe,
16:52pour que Poutine soit s'arrête, soit tombe.
16:54Voilà. Poutine a parfaitement compris ça et il répond en s'en prenant maintenant à la population civile
17:02qui paye un prix très élevé le mois dernier.
17:04Alors qu'avant, on visait des générateurs, des usines, des usines.
17:07Là, il n'y a eu quand même pas loin de 500 morts le mois dernier.
17:10Il y a des attaques tous les jours, mais ce sont des chiffres énormes.
17:1410 000 drones, dont la moitié maintenant sont des drones à réaction avec des moteurs chinois,
17:19plus des missiles balistiques contre lesquels l'Ukraine n'a plus de moyens de défense
17:23puisqu'il n'y a plus de missiles américains, d'intercepteurs anti-missiles.
17:26Donc les Ukrainiens souffrent énormément et c'est que le début puisque l'hiver va être catastrophique pour eux.
17:33Donc Poutine, il attend que l'Ukraine casse.
17:36– Poutine mise encore sur l'hiver là, qui va arriver, c'est ça, avec le manque d'énergie.
17:41– C'est ça qui est très angoissant dans cette affaire, c'est qu'au départ,
17:45comme j'ai écrit dans mon livre « Engrenage », tout ça tournait autour de deux sujets.
17:54Le statut du Donbass, fédéral ou pas fédéral, à l'intérieur de l'Ukraine.
18:01Et puis la neutralité ou pas de l'Ukraine.
18:03Les Russes demandaient à ce que la population à l'Est, qui était russophone et d'origine russe,
18:08soit respectée dans le cadre d'une fédération.
18:11Les Ukrainiens de l'Ouest n'en ont jamais voulu, les lois n'ont pas été votées.
18:15Et la négociation qui devait prévoir le vote, une élection plus le retrait des Russes,
18:22qui avait été conclue à l'Elysée en 2019, n'a jamais été menée.
18:26Et les Français et les Allemands ont laissé faire sans s'en occuper.
18:29Donc nous portons aussi une part de responsabilité dans le fait qu'on ne s'est pas occupé d'un
18:35conflit qu'on voyait venir.
18:37L'autre chose, c'était l'OTAN.
18:40Neutralité ou pas.
18:43Poutine a toujours dit que l'Ukraine dans l'OTAN, c'était un casus belli.
18:47D'ailleurs, au sommet du caresse où Nicolas Sarkozy était à l'époque président, Merkel, on avait dit pas d
18:54'entrer dans l'OTAN.
18:55Et on avait bloqué les velléités de George Bush de le faire.
18:59On est passé de ces deux sujets à quelque chose de totalement différent aujourd'hui,
19:03puisque aujourd'hui c'est une guerre totale.
19:06Ce n'est plus une question de Donbass.
19:08Je ne vois pas comment ça s'arrête.
19:10Il faut que l'un ou l'autre meure en réalité.
19:13Ça vous fait penser à 1914 ?
19:15Mais oui.
19:16Mais c'est ça qui est dramatique.
19:17C'est qu'en 1914, personne n'avait envie d'une guerre,
19:20ou personne n'imaginait une guerre mondiale à cause de l'archiduc ou d'un indépendantiste serbe.
19:25Alors, je crains fort que le Donbass et la Climée soient nos Balkans d'aujourd'hui.
19:31C'est-à-dire que sans avoir cherché une guerre mondiale, on n'est pas loin.
19:36Quand j'entends le maire de Leipzig, vous avez peut-être vu ce qu'il a dit hier,
19:40nous sommes au bord de la guerre.
19:41Quand j'entends un élu allemand dire qu'on est au bord de la guerre avec les Russes,
19:46c'est très sérieux.
19:47Les services de sécurité allemands sont des gens sérieux.
19:50Ils ont travaillé un mois.
19:52Ils ont des preuves que ça venait de Russie.
19:54Et ça vient de Russie, naturellement.
19:55Mais, encore une fois, dans l'esprit de Poutine, c'est des représailles.
20:00Vous guidez les missiles contre moi.
20:02Moi, je ne m'interdis pas désormais d'attaquer les centres d'approvisionnement.
20:06Si c'est ça la logique, on est dans une escalade qui est potentiellement dévastatrice.
20:11C'est pour ça que, plus que jamais, plus que jamais,
20:14j'en appelle au président de la République,
20:17le moment est venu de trouver une solution diplomatique avant qu'il ne soit trop tard.
20:21Merci beaucoup Pierre.
20:22Pierre Lelouch, tous les jeudis, à la fin de l'Infondation,
20:25de l'Info de Villeneuve, 16h30, 17h.
20:28Merci à tous.
20:29Merci à toutes les équipes techniques de l'Info de Villeneuve.
20:33Et dans un instant, c'est Punchline avec Laurence Ferrari.
20:35Merci à tous.
20:37Merci à tous.