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Pierre Lellouche, ancien ministre et spécialiste des questions internationales, nous éclaire sur l’actualité de la semaine dans #FaceAPierreLellouche, tous les jeudis à 16h30, présenté par Nelly Daynac.

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00:00La suite de 120 minutes info à presque 16h30, c'est jeudi, qui dit jeudi dit face à Pierre Lelouch,
00:06on décrypte avec vous, cher Pierre, bonjour, l'actualité internationale, ancien ministre bien sûr, spécialiste des questions internationales, beaucoup de
00:14choses à décrypter aujourd'hui.
00:16Le monde est en mouvement, qu'on se le dise, les deux hommes les plus puissants du monde, face à
00:21face, se sont retrouvés hier à Pékin, c'est l'image de la semaine,
00:24Donald Trump accueilli par son homologue chinois Xi Jinping, a priori une montagne de désaccords entre les deux hommes, mais
00:31à l'arrivée des discussions qui semblent, qui semblent constructives.
00:34Pierre, si l'on en croit les deux leaders, au cœur de ce sommet, le business, mais bien sûr aussi
00:38la guerre en Iran, Taïwan, le pouvoir chinois qui est un allié de Téhéran, rappelons-le également.
00:44Écoutons les deux hommes, il y a eu ce banquet ce matin, mais bon ce soir à Pékin, écoutons les
00:49deux hommes, les deux leaders.
00:51La relation entre les peuples américains et chinois remonte à la fondation même des Etats-Unis, et deux siècles et
01:00demi plus tard, la relation est devenue une des relations les plus importantes de la scène internationale.
01:07Nous pensons que les relations chino-américaines sont l'une des relations les plus importantes du monde.
01:15Il faut l'améliorer au lieu de la détériorer. Nous devons coopérer au lieu de nous affronter.
01:24Cher Pierre, avant de remonter, de se recentrer plutôt sur le fond du dossier, moi ces images me parlent beaucoup,
01:29avec ces enfants parfaitement alignés.
01:32On va voir également ce défilé des deux hommes devant des militaires où il n'y a pas une tête
01:36qui dépasse, on connaît.
01:38C'est très bien tenu la Chine, qu'on se le dise, protocole au cordeau, des images qu'on ne
01:42verrait pas en Occident également.
01:44J'ai vécu une fois ça, c'est assez spectaculaire.
01:49C'est un pays qui est, comme disait l'autre, tenu.
01:54C'est sûr. A quel prix ?
01:55Aujourd'hui même, il y a eu une cérémonie du même genre à Londres, enfin du même genre.
02:00Aussi protocolaire à Londres avec le discours de la reine.
02:03On voit le roi, la reine à côté.
02:05C'est très intéressant de voir comment ces vieilles cultures transportent leur image.
02:16C'est très différent et en même temps, la Chine c'est 5000 ans d'histoire.
02:21Comme l'a rappelé Xi Jinping aujourd'hui.
02:22Bien sûr, il rappelle tout le temps.
02:24La vérité c'est que c'est la grande affaire du 20ème ciel.
02:28C'est cette relation entre les deux hommes, les deux pays, les deux nations les plus puissantes au monde.
02:35C'est ceux qui vont dominer le 21ème siècle.
02:38Donc au niveau technologique, économique et militaire, c'est la relation principale.
02:43Comme le dit justement Xi Jinping.
02:47Trump est arrivé avec une délégation incroyable de tout ce qui compte dans le capitalisme américain.
02:54J'ai une partie de la liste sous les yeux.
02:57Le patron de Vindia, qui est lui-même chinois, qui s'appelle Jensen Huang.
03:01Elon Musk était là.
03:02Tim Cook d'Apple.
03:04Larry Fink de BlackRock.
03:06Stephen Svartland de Blackstone.
03:08La patronne de Boeing.
03:10David Solomon de Goldman Sachs.
03:12Jean Pass et des meilleurs.
03:13Toute la tech était là.
03:14Toute l'aéronautique.
03:16Et toute la banque, naturellement.
03:17Donc ça c'est le premier signal d'un Trump qui a besoin de travailler avec la Chine.
03:23Mais qui n'a pas les cartes.
03:25Parce qu'il a essayé de faire le gros bras avec la Chine sur les droits de douane en mettant
03:30tout de suite 100% de droits de douane à son arrivée.
03:33Ça a donné quoi ?
03:34Ça a donné que les Chinois ont simplement fermé le robinet des terres rares.
03:38Et au mois d'octobre dernier, en Corée, il y a eu un armistice.
03:43Les Chinois acceptaient de réouvrir le robinet des terres rares.
03:49Et les Américains baissaient soudainement les droits de douane à 30%.
03:52Là, il va y avoir une sorte de statu quo.
03:55Ce qu'ils veulent c'est vendre du bœuf, vendre du soja et vendre des Boeing.
04:00Sur le high-tech et le IA, en réalité, les deux pays maintenant sont à parité.
04:05Il y a eu un moment où, sous Biden, on mettait l'embargo sur les micropossesseurs les plus modernes.
04:12Aujourd'hui, ils sont prêts à les vendre.
04:13Donc là aussi, on voit le changement de rapport d'équilibre des forces entre les deux pays qui est très
04:19spectaculaire.
04:20– Lequel de ces deux hommes, Pierre, a le plus besoin de l'autre ?
04:23– Je dirais que Trump a besoin, alors c'est là qu'il lui manque une autre carte,
04:28c'est qu'il n'a pas gagné la guerre du Golfe.
04:30Lui, il l'a fait repousser ce sommet jusqu'au mois de mai,
04:32parce qu'il pensait régler la question iranienne.
04:35Il ne la règle pas, y compris parce que les Chinois aident les Iraniens.
04:38Une des conséquences, comme j'ai dit dans mon livre, de la guerre d'Ukraine,
04:41c'est d'avoir soudé une alliance entre la Chine et la Russie,
04:45mais surtout d'avoir agrégé aussi la Corée du Nord et l'Iran.
04:48Or, les Chinois ont donné des informations,
04:52et notamment la localisation précise pour le ciblage des missiles iraniens
04:58qui ont fait beaucoup de mal aux bases américaines dans la région.
05:02Donc là aussi, Trump a besoin du coup de main de la Chine
05:06pour amener l'Iran à un accord,
05:09et apparemment Xi Jinping n'a pas trop envie de lui donner ça.
05:13La seule chose qui compte pour Xi Jinping, c'est quoi ?
05:15C'est d'une part de montrer qu'il est à parité avec les États-Unis,
05:19d'autre part de montrer que face à une Amérique erratique,
05:22il est lui une force de stabilité,
05:24et surtout, il veut Taïwan.
05:26Alors sur Taïwan, il ne va pas céder du tout.
05:31Je me permets juste de dire que la question de Taïwan a été abordée,
05:35la Chine et les États-Unis, je cite le président chinois,
05:38la Chine et les États-Unis risquent d'entrer en conflit sur Taïwan si la question est maltraitée.
05:43C'est exactement ce que j'allais lire.
05:45Si la question de Taïwan est mal gérée,
05:47nos deux pays iront à la coalition mettant en danger la stabilité, etc.
05:52Donc il y a une menace très précise.
05:54Alors qu'est-ce qu'il attend ?
05:55Il attend l'arrêt des ventes d'armes.
05:58Or, Trump a bloqué pour l'instant 14 milliards de dollars de ventes d'armes à Taïwan.
06:05Et il attend encore mieux, si possible, une modification du discours de la loi américaine.
06:12Il y a une loi depuis 1979 qui s'appelle la Taiwan's Relations Act,
06:17qui ne reconnaît pas Taïwan,
06:18mais qui oblige l'Amérique à venir au secours en cas d'interférence militaire
06:23contre le système économique et social de Taïwan.
06:27Donc les Américains sont engagés.
06:30Il y a à Taïwan la plus grande industrie de microprocesseurs au monde, avec TSMC.
06:36Si ça s'est pris, évidemment, ça destinera la destinée de la planète.
06:40Donc les enjeux sont énormes.
06:42Les Chinois...
06:43Alors, il y a une controverse aux Etats-Unis sur les prévisions d'actions militaires chinoises.
06:49L'ancien patron de la CIA, sous Biden, qui s'appelait Nick Burns,
06:53avait dit que l'armée chinoise serait prête en 2027.
06:57Le renseignement américain dit que c'est moins clair que ça aujourd'hui.
07:01Il y a eu, comme vous le savez peut-être,
07:04des dizaines de généraux chinois qui ont été virés pour corruption.
07:07Donc on pense que la Chine va évoluer plutôt vers un blocus, encore un,
07:13mais un blocus gris qui enserrait Taïwan, bloquerait tout le commerce extérieur,
07:20sous prétexte de contrôle douanier et autres.
07:23Et là, les Américains seraient obligés de casser le blocus.
07:25Or, ils ne le peuvent de moins en moins,
07:27puisque l'armée chinoise a développé une stratégie d'occupation de la mer de Chine du Sud
07:33et a bourré la côte chinoise de missiles anti-navirs et notamment anti-porte-avions.
07:38Donc ça passerait par une modification de la loi américaine.
07:41Voilà, donc ils sont en train de faire pression.
07:42Il y a une chose qui est sûre, c'est que Xi Jinping veut Taïwan.
07:47Sur le conflit contre l'Iran, parce que les deals sont liés,
07:50et le détroit d'Hormuz, c'est bien ce que l'on comprend.
07:54Là encore, c'est Pékin qui a l'écart en main, Pierre ?
07:57Sur le Golfe, c'est plus compliqué.
07:59Le problème des Américains, c'est qu'ils ont arrêté la guerre.
08:04Ça fait deux mois qu'il y a une trêve,
08:06qui ressemble un peu à une drôle de guerre,
08:09pour prendre l'expiration de 1939.
08:11De temps en temps, il y a un navire qui est shooté ou kidnappé.
08:15Aujourd'hui, il y a un navire qui a été littéralement piqué devant les Émirats,
08:20au large de Fujaira, qui appartient aux Émirats.
08:23De l'autre côté du Détroit, des gens sont montés dans le bateau
08:26et ils l'ont ramené en Iran.
08:28Mais au milieu de cette confusion,
08:31ce qui est clair, c'est que les Iraniens ont tenu le choc
08:35et plus encore, ils ont découvert qu'avec la domination sur le détroit d'Hormuz,
08:40ils avaient une deuxième bombe atomique en gestation
08:42qui, elle, faisait chanter la totalité de l'humanité.
08:46Donc, s'il manque 25% du pétrole et du gaz mondial,
08:49c'est en train d'amener des conséquences gravissimes,
08:52y compris au niveau alimentaire dans les pays du Sud.
08:55Aux États-Unis, la pression est très forte.
08:57L'inflation atteint 4%.
08:59Les bons du trésor américain, aujourd'hui, il faut les vendre à 5%.
09:04C'est très, très, très élevé.
09:07Trump est critiqué, la guerre n'est pas populaire.
09:09Donc, les Iraniens attendent que Trump se fatigue.
09:12Et inversement, Trump explique qu'il n'en a rien à faire de l'économie américaine.
09:16Il attend que l'Iran se fatigue.
09:18Donc, pendant cette période, on est dans une espèce de blocus total, une impasse totale.
09:25Justement, j'avais demandé, où est-ce qu'on en est concrètement ?
09:27Parce que les deux hommes, pour finir sur le sommet Xi-Trump,
09:31s'accordent sur le fait que le détroit doit rester ouvert.
09:34C'est ce qui est ressorti de ce sommet.
09:36Tout le monde veut que le détroit soit ouvert.
09:38Concrètement, où est-ce qu'on en est ?
09:39Concrètement, tout est bloqué.
09:41Et les positions de part et d'autre sont irréconciliables.
09:44Les Iraniens ont fait savoir cette semaine qu'ils attendaient,
09:47tenez-vous bien, de conserver le détroit d'Hormuz,
09:50que les Américains payent des réparations de guerre,
09:53que troisièmement, ils libèrent les sanctions,
09:55et que peut-être il y aurait des négociations après sur le nucléaire.
09:58Tout ça, ça a été rejeté, évidemment, par Trump.
10:01Et retour à la case départ.
10:03Depuis le début, je pense que, politiquement,
10:06je ne vois pas comment les deux côtés peuvent se mettre d'accord.
10:08Quelqu'un doit céder.
10:10Et, à mon avis, les opérations militaires vont inévitablement reprendre.
10:14Alors, peut-être elles seront limitées sur la façade orientale du détroit d'Hormuz,
10:18où les Iraniens ont stocké énormément de missiles,
10:22de grottes, de petits bateaux extrêmement rapides,
10:24qui sont un vrai problème.
10:27Et au milieu de tout ça, vous avez 1 500 navires qui sont bloqués,
10:3020 000 marins, c'est une horreur.
10:31Et j'ajoute, et on terminera peut-être là-dessus,
10:34sur le côté du Moyen-Orient,
10:36la pire chose qui pouvait arriver, en fait,
10:37cette décision de cesser le feu, en fait,
10:40c'est peut-être la pire décision de Donald Trump
10:41depuis le début de cette guerre,
10:43puisqu'on sait que ça a permis aussi à l'Iran
10:45de se renforcer, de déterrer
10:47ses missiles balistiques.
10:50C'est un sacré statu quo.
10:51C'est ce que pense l'ancien conseiller de Trump,
10:54qui s'appelle John Bolton,
10:55qui a sorti un papier incendiaire en disant,
10:57il ne fallait pas faire ça.
10:58Maintenant, vous êtes condamné soit à une guerre générale,
11:00soit à essayer de reprendre par la force le détroit,
11:03mais ça, ce sera coûteux en hommes et en navires,
11:06parce que les Iraniens ne vont pas se laisser faire.
11:08Et après, il faudra trouver un système de gestion
11:12à long terme du détroit,
11:13comme il y a eu, vous savez, il y a eu un précédent dans l'histoire,
11:15c'est le détroit des Dardanelles,
11:17quand les Franco-Anglais se sont cassés les dents sur les Turcs.
11:20Après la Première Guerre mondiale,
11:22il y a eu une convention, la convention de Montreux,
11:24qui régule le passage du post-flore.
11:27Et il faudra une convention de ces gens après la guerre.
11:30J'ai écrit ça, mais personne ne fait attention,
11:32mais enfin, il faudra une convention un jour
11:34pour garantir la liberté de circulation.
11:36Il y a un côté tellement absurde quand même
11:38de cette crise du détroit d'Hormuz,
11:39quand on sait qu'il y a plus de deux mois,
11:41c'était un endroit qui était totalement libre de circulation.
11:45Oui, surtout que personne n'en parlait.
11:46C'est le côté absurde de cette guerre.
11:48Et pour l'instant, un statu quo particulièrement inquiétant.
11:51Et pourtant prévisible, archi prévisible.
11:53Les Iraniens l'avaient dit,
11:54les services de renseignement américains le disaient aussi,
11:56mais personne ne s'en est occupé.
11:58On change de sujet avec vous
11:59dans notre revue internationale, finalement,
12:03des problèmes.
12:03C'est un jour férié aujourd'hui,
12:04mais l'Europe ne chomme pas,
12:06le monde ne chomme pas, de manière générale,
12:08le vieux continent dans tous ses états ces derniers jours.
12:11Continue de plonger.
12:12On va commencer, on va faire un petit tour d'horizon
12:14de nos voisins européens, parce que c'est compliqué,
12:17notamment au Royaume-Uni,
12:18ou plutôt au Royaume des Unis.
12:20Je vous cite, lorsqu'on s'est eu au téléphone
12:22ces derniers jours, cher Pierre,
12:24le Premier ministre britannique,
12:25Kurt Starmer,
12:26qui est resté aujourd'hui confronté
12:28à d'intenses pressions,
12:29qui vise à le convaincre de quitter le pouvoir
12:30en raison des retombées
12:31et de la déroute électorale historique
12:34lors de ces élections locales,
12:35enregistrées par les travaillistes,
12:37le week-end dernier, exactement.
12:39Qu'en est-il ?
12:40Peut-il s'accrocher à son poste ?
12:41Non, il est mort, je crois.
12:43Politiquement ?
12:44Son ministre de la Santé vient de démissionner
12:46cet après-midi même,
12:47en signalant qu'il y a à peu près un quart
12:49des députés travaillistes qui vont le suivre.
12:52Donc, Starmer, c'est une question de temps.
12:54Le plus drôle, c'est que c'était aujourd'hui même
12:56que le roi lisait son discours devant le Parlement.
13:01Non, Starmer, je crois que ses jours sont maintenant comptés.
13:03Il a perdu aussi les élections au Pays de Galles et en Écosse.
13:07Donc, le royaume va être vraiment désuni
13:09parce que là-bas, ils veulent l'indépendance aussi.
13:11Ce qui est intéressant dans ce qui s'est passé en Angleterre,
13:14c'est qu'on voit la fin du bipartisme
13:16qui était ancré depuis des siècles dans l'histoire britannique.
13:20On est maintenant dans un jeu vaporisé.
13:24Comme en France, il n'y a plus de partis de gouvernement.
13:28Il y a un émiettement, 10, 11 partis en Angleterre.
13:31Il y a maintenant la montée d'un parti invraisemblable,
13:34soi-disant écologiste, qui monte et qui fait des voix.
13:37Il y a la montée surtout de Nigel Farage
13:40qui est l'équivalent du Rassemblement national,
13:43si on veut, du côté français pour simplifier.
13:45Donc, vous avez un émiettement des forces politiques,
13:48la fin du bipartisme.
13:50Idem en Allemagne, où là,
13:52Mertz vient là aussi de subir des défaites locales extrêmement fortes.
13:56Il est, tenez-vous bien, 6 points derrière l'AFD,
13:59le parti d'extrême droite allemand,
14:01qui est beaucoup, beaucoup plus à droite
14:02alors que le Rassemblement national.
14:05Donc, émiettement, là aussi,
14:06et probablement condamnation de la coalition allemande
14:11au mois de septembre prochain.
14:13La durée de vie, c'est 3 mois.
14:15Et en Italie, même tout compte...
14:16J'allais venir, on n'a pas parlé de Giorgia Méloni
14:18qui a connu des jours meilleurs.
14:21Méloni, elle était la superstar
14:22jusqu'à ce qu'elle se ramasse,
14:24lors d'un référendum, là aussi,
14:26il y a une quinze, deux jours, trois semaines,
14:28sur la justice.
14:29Donc, on voit bien que l'Europe n'a plus de leader.
14:32Quant au leader français,
14:35lui, il fait la diplomatie de M. Hulot.
14:37C'est M. Hulot qui est en vacances.
14:39Il multiplie les déplacements.
14:41Il va voir le pape.
14:42D'un coup, il va en Arménie chanter à Znavour.
14:45On a les images, vous vouliez l'évoquer,
14:47ce petit tour du monde,
14:49cette tournée d'adieu d'Emmanuel Macron,
14:51alors que l'Europe, on l'a bien compris,
14:53est dans tous ses États,
14:54se cherche un leadership.
14:56Emmanuel Macron, qui est allé chanter la bohème
14:58en Arménie à Erevan ces derniers jours,
15:01qu'on a vu effectuer quelques pas de danse
15:04également au Kenya, à Nairobi,
15:06ces dernières heures.
15:07Il y a une sorte de lâcher prise
15:08du président de la République
15:09que vous vouliez évoquer.
15:14Il y a quelque chose de pathétique
15:17à voir la diplomatie française réduite à ça.
15:21En Arménie, l'Arménie est un pays
15:23qui est sous contrôle russe
15:24et qui essaye de se rapprocher de l'Europe,
15:26qui a été très durement battue par l'Azerbaïdjan.
15:29La France n'a ni les armes,
15:31ni le moyen de tirer l'Arménie vers l'Europe.
15:33De toute façon, l'Europe n'a probablement pas envie
15:36de prendre la Géorgie et l'Arménie.
15:38Bon, problème numéro un.
15:40Deuxième problème, il va au Kenya, en Afrique de l'Est,
15:44pour expliquer que l'Afrique de l'Ouest s'est mort
15:47et que donc on recommence avec l'Afrique de l'Ouest.
15:49Ce qui est quand même assez...
15:50Donc le constat d'essai de 50 ans de politique africaine
15:54de la France, c'est fini, on n'en parle plus.
15:56On passe à l'Afrique de l'Est.
15:57C'est franchement à la fois déplorable et risible
16:02quand on voit qu'on avait quand même engagé
16:063500 hommes il n'y a encore pas longtemps,
16:08des milliards, un milliard d'euros par an
16:11parce que M. Macron voulait continuer la politique de Hollande
16:15et on a vu ce que ça a donné.
16:17Donc tout ça n'a aucune espèce de stratégie.
16:19Donc on a quelqu'un qui fait le voyage de M. Hulot,
16:23les vacances de M. Louis, ils se promènent
16:25et les autres sont morts comme lui.
16:28Et au moment où on a ce sommet américano-chinois
16:32qui est un nom très dominant sur la planète,
16:35au moment où les Russes continuent de bombarder Kiev
16:37sans perspective de sortie,
16:39parce que là aussi, nous, on ne dit rien.
16:41On continue à dire que Zelensky va rentrer en Europe
16:44alors qu'on sait qu'il ne peut pas rentrer en Europe.
16:46Il est en plus cerné par la corruption.
16:48Je veux dire, personne ne dit les choses.
16:50On fait semblant.
16:52L'Europe fait semblant et regarde ailleurs,
16:55ne prend pas les décisions qu'il faut prendre,
16:57y compris sur...
16:57On dit qu'elle les prend, mais elle ne les prend pas.
16:59Et pendant ce temps-là, l'histoire se déroule sans nous.
17:02Et nous, on tourne en rond dans nos propres...
17:04Il reste un personnage fort en Europe pour vous ?
17:07Honnêtement, je n'en vois pas.
17:09Si, il y a le Finlandais.
17:10Le Finlandais est le plus intelligent
17:11et le plus expérimenté.
17:14Et la Finlande a montré pendant la guerre d'hiver
17:15qu'elle savait résister aux Russes.
17:17Parce qu'il y a une défense civile,
17:19parce qu'il y a une mobilisation de l'opinion publique.
17:21Mais vous la retrouvez nulle part.
17:23Peut-être un peu en Pologne.
17:25Donc c'est plutôt du côté de l'Europe du Nord
17:27qu'il faut chercher la stabilité.
17:29Mais bon, l'ancienne Europe,
17:30celle qui a fabriqué la CEE,
17:33puis l'Union Européenne...
17:34Et celle qui résiste aux progressistes, peut-être, aussi.
17:36Oui, bien sûr.
17:37On l'a vu sur l'immigration.
17:38C'est de là-bas que les règles sont les plus solides, bien sûr.
17:41Tandis que sur l'immigration,
17:43l'échec britannique conservateur,
17:46d'abord sous Boris Johnson,
17:47et ensuite sur Stermer, a été total.
17:49Il nous reste trois petites minutes ensemble, Pierre Lelouch.
17:51Le temps, on va essayer de faire une minute par pastille.
17:56Vous nous suggérez trois petites pastilles de fin.
17:59Et on va essayer de les tenir en trois minutes, si vous le pouvez.
18:01D'abord, ce missile turc,
18:03missile turc intercontinental,
18:05présenté ces derniers jours,
18:07capable de frapper les Etats-Unis.
18:08Vous avez 50 secondes.
18:10Oui.
18:11Ça, c'est la première étape avant la bombe turque.
18:14Ils en rêvent.
18:15Erdogan rêve de refaire renaître l'Empire Ottoman.
18:19Et il vient de montrer qu'il était capable de...
18:21Il a fait des drones.
18:23Les fameux drones Kaibar,
18:25qu'il a vendus à l'Ukraine et un peu partout.
18:26Là, ils font maintenant des fusées intercontinentales.
18:29Ça, en dix minutes, depuis la Turquie.
18:32C'est un message aux Américains ?
18:33Bien sûr.
18:35Qui dit quoi ?
18:36Qui dit qu'ils sont autonomes,
18:37même s'ils restent membres de l'OTAN
18:38et qu'ils ont leurs propres objectifs.
18:40Ils l'ont montré, d'ailleurs, en Azerbaïdjan.
18:42Ils le montrent pendant la guerre du Golfe,
18:45où ils parlent aux deux parties.
18:46Ils sont très habiles.
18:48C'est un pays révisionniste,
18:50qui a envie de faire renaître l'Empire Ottoman.
18:53La deuxième pastille...
18:55Alors qu'on me dit que le missile a une portée de 6 000 km,
18:58celui-ci.
18:59Me souffle le ton dans l'oreille.
19:01C'est plus de 10 000, moi, je dirais.
19:02Oui, les Turcs disent que c'est un missile intercontinental.
19:05La deuxième pastille, elle concerne les Nord-Coréens.
19:08Et Kim Jong-un,
19:09qui avertit indirectement Donald Trump.
19:12En gros, je la fais rapide.
19:14Si vous essayez de me faire une Maduro,
19:16ma réponse sera sans précédent.
19:19Oui, alors ça, c'est très intéressant.
19:20Ils ont fait voter, soi-disant, une loi,
19:22qui est une sorte d'assurance automatique.
19:24Si jamais vous nous faites Maduro,
19:26ou, pire encore, ramener un bombardement ciblé,
19:29alors là, la bombe atomique,
19:31elle part directe sur les Etats-Unis.
19:33Eux aussi, ils ont des missiles intercontinentaux,
19:35et ils ont la bombe depuis longtemps.
19:36Niveau de crédibilité ?
19:39Dans le cas du chantage,
19:40c'est un chantage.
19:42Fort.
19:42Parce que le point central de la Corée du Nord,
19:46c'est de conserver la dynastie Kim au pouvoir.
19:48Donc ceux-là, ils ne feront rien d'autre
19:51que protéger et faire chanter le reste du monde
19:53pour garder leur régime.
19:55Et les démonstrations de force nord-coréenne
19:56sont toujours assez impressionnantes.
19:58On le voit sur ces images.
19:59Ils sont plus avancés que les Turcs
20:01en matière de missiles et de nucléaires.
20:04La dernière pastille, elle nous amène à Washington.
20:06La statue en or monumentale de Donald Trump,
20:10bénie par un pasteur.
20:11Cela, vous allez l'aimer.
20:13Il y a un pasteur qui adore Trump depuis longtemps,
20:15et qui dit qu'il le connaît depuis toujours,
20:17et qui dit qu'il a un message de Dieu
20:20pour l'aider et pour construire cette statue,
20:22qui fait quand même pas loin de 20 mètres de haut.
20:25Elle est naturellement dorée.
20:26Je ne sais pas si elle est en or massif.
20:28Et donc l'idée, c'est d'aller se recueillir
20:30et peut-être de toucher la statue.
20:31Il y a une polémique autour du fait
20:33qu'elle a été bénie par ce pasteur.
20:35Oui.
20:36Alors du coup, Trump n'a pas pu aller à l'inauguration.
20:38Il en rêvait, mais il a dû se contraindre à ne pas y aller.
20:42Mais enfin, l'idée, c'est que quand même...
20:44Alors ça, ça se situe sur un club de golf en Floride.
20:48Et tous les amateurs de Trump peuvent aller baiser,
20:51embrasser, toucher la statue.
20:53Et avoir un contact divin.
20:55Eh bien, évidemment.
20:56Statue qui fait 4,60 mètres si vous êtes de passage en Floride.
21:00Je vous la conseille.
21:02Merci Pierre.
21:03C'est la fin de face à Pierre Lourdes.
21:05Je ne pensais pas qu'on arriverait à tout passer en vue
21:07pendant cette 22 minutes.
21:09L'exploit a été réussi.
21:10Bravo.
21:11Félicitations Pierre.
21:12Et bonnes vacances en Floride.
21:13Merci.
21:14Et bon pont de l'ascension à tous nos téléspectateurs.
21:17On se retrouve jeudi prochain, cher Pierre.
21:19Évidemment, pour une nouvelle édition de face à Pierre Lelouch,
21:21ce décryptage, décryptage toujours passionnant
21:23de l'actu internationale.
21:25On vous remercie.
21:26On vous dit à demain.
21:27Punchline, à suivre.
21:28Laurence Ferrari.
21:28Très bonne soirée sur CNews.
21:30Merci Julien.
21:30Merci beaucoup.
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