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Pierre Lellouche, ancien ministre et spécialiste des questions internationales, nous éclaire sur l’actualité de la semaine dans #FaceAPierreLellouche, tous les jeudis à 16h30, présenté par Nelly Daynac.

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Transcription
00:00Et le regard de Pierre Lelouch est important, cette crise de violence urbaine.
00:04Bonjour Pierre.
00:05Bonjour Pierre.
00:06Merci d'être avec nous et de nous apporter votre regard d'ancien ministre, d'ancien responsable politique
00:11sur ce qui commence à devenir extrêmement grave.
00:15Ça touche, regardez la mosaïque que l'on vous met, regardez ces images très très fortes.
00:22C'est aux quatre coins de la France, 200 établissements touchés par ces blocages de lycéens
00:30qui sont en réalité des violences urbaines.
00:33C'est le gouvernement qui a fait part du fait que ce ne sont pas du tout des blocages de
00:39lycéens
00:40mais ce sont des violences urbaines avec effectivement toute la France, ou presque,
00:45qui est touchée, 200 établissements encore une fois qui sont touchés par cette violence
00:53qui n'arrête pas de progresser.
00:56Si vous le voulez bien, partons d'abord.
00:59Place Beauvau, rejoindre Maxime Leguay qui a assisté ou qui a eu les informations
01:05concernant la cellule interminitiale de crise qui a eu lieu il y a une petite heure maintenant.
01:11Maxime, quelles sont les dernières informations dont vous disposez ?
01:17Oui, effectivement, Pierre.
01:19La première information, c'est celle que vous rappeliez en préambule.
01:22C'est ce changement sémantique, ce changement de braquet du côté de Matignon
01:26exite les blocages lycéens.
01:28Il s'agit désormais de violences urbaines.
01:31Matignon qui surtout pointe du doigt les responsabilités
01:36exprimant sous avis unanime des services de renseignement
01:40que ce serait la France insoumise qui est à la manœuvre et ses proxys d'ultra-gauche.
01:47Accusations et terminologies très fortes utilisées donc par Matignon
01:52durant cette cellule interministérielle de crise.
01:54Nouvelle doctrine qui est également mise en place au sein de l'éducation nationale
01:58pour pas qu'il n'y ait de démission au sein de l'éducation nationale.
02:02Les cours dans les lycées qui sont bloqués seront maintenus à distanciel.
02:06C'est ce que propose Edouard Geffrey, le ministre qui sera l'invité du 20h
02:11et qui reviendra amplement sur ce sujet.
02:14Il s'est engagé d'aller à la rencontre des organisations représentatives des lycéens.
02:19Ça, c'est pour la réponse politique.
02:21Et puis, il y a aussi une réponse pénale qui va devoir se mettre en œuvre.
02:24Gérald de Darmanin convoque à 17h30 les procureurs généraux
02:28pour leur donner des consignes de faire preuve d'une grande fermeté
02:32dans la réponse pénale, dans les interpellations qui ont lieu sur ces mouvements
02:37qui, vous l'aurez compris, ne sont plus des mouvements de blocage
02:40mais des violences urbaines selon Matignon.
02:43Merci beaucoup Maxime Leguay.
02:45Place Beauvau pour OC News.
02:47Pierre Lelouch, quel enseignement de ces violences urbaines
02:50et de la réponse du gouvernement ?
02:52Bon, pour une fois, je serais assez d'accord avec M. Lecornu.
02:56Ça n'a plus grand-chose à voir avec le point de départ.
02:58C'est-à-dire les lycées.
03:00C'est pour ça qu'il faut, je crois, distinguer trois choses.
03:03D'abord, les lycéens eux-mêmes et faire le tri.
03:06Ce serait utile de savoir qui sont les lycéens qui ont été arrêtés,
03:10s'ils sont des lycéens ou bien des personnes extérieures,
03:14de quelle ville ils viennent.
03:16Enfin, tout ça, ça a une importance pour comprendre ce qui est en train de se passer.
03:21D'autant qu'il y a eu des attaques extrêmement violentes
03:23aussi contre les professeurs, les enseignants,
03:26et des choses qui sont complètement invraisemblables.
03:29Si c'est des élèves, et c'est des élèves qui sont pris en train de faire des violences,
03:34alors il faut que la responsabilité des parents soit mise en cause.
03:37Et j'espère que là aussi, M. Darmanin soulèvera ce point auprès des magistrats.
03:43Il faut que les parents soient responsabilisés.
03:44On ne peut pas laisser, c'est dans le code civil et dans le code pénal,
03:48il y a une responsabilité directe des parents.
03:51Ils ne sont pas supposés laisser leurs enfants devenir des hooligans,
03:55des violents de ce genre.
03:57Surtout que les violences sont très fortes.
03:59Et puis après, il y a la partie politique.
04:00Ce qui est frappant quand même, c'est que M. Mélenchon a décidé
04:04de commencer la campagne présidentielle en activant un mouvement de violence,
04:08au départ, semble-t-il, avec les jeunes,
04:11mais enfin qui est en train de prendre une toute autre proportion,
04:14puisque là, on est quand même dans la violence urbaine.
04:17Ça a commencé dans des quartiers plus ou moins sensibles.
04:21Ils jouent à fond la carte du racisme, etc.
04:23Donc on est très très loin des problèmes de fond.
04:26C'est pour ça que je crois qu'il faut envoyer des signaux très forts.
04:29D'une part, du côté de l'éducation, il y a des problèmes, c'est clair.
04:34On dépense énormément d'argent en France pour l'éducation,
04:38presque 7 points du PIB.
04:40Alors il y a 30 ans, c'était plus encore.
04:42Il y a moins d'enfants aujourd'hui, moins d'élèves.
04:45Mais quand même, 7 points de PIB, c'est pas rien.
04:47Mais il y a quand même des problèmes de vétusté de certains établissements,
04:50de salaire insuffisant pour les professeurs,
04:54de conditions de travail qui sont plus ou moins agréables pour les étudiants.
04:59Simplement, on a tous été élèves.
05:01On a aussi vu des établissements qui n'étaient pas toujours flambants.
05:04On a connu les classes à 34-35.
05:08Dans les classes, on n'est pas morts.
05:09Au contraire, on a réussi notre parcours de lycéen.
05:13Et ensuite, parce qu'on apprenait, parce qu'on travaillait,
05:15il y avait l'éthique du travail.
05:17Tout ça est balayé.
05:20Mais bon, ça mériterait qu'on regarde ce qui ne va pas.
05:23Il y a beaucoup de choses qui ne vont pas,
05:24y compris cette histoire de collège unique,
05:26qui fait que tout le monde va au bac,
05:28et tout le monde est chômeur à la sortie, ou quasiment.
05:30Et ça, c'est une catastrophe pour le pays,
05:33d'avoir dévalorisé les filières techniques.
05:35Vous savez qu'en Suisse, par exemple,
05:36la moitié des jeunes vont dans des filières techniques,
05:39et on devient comme ça, maître d'ouvrage, ingénieur.
05:43Et il n'y a pas de déshonneur à cela.
05:44Au contraire, on gagne extrêmement bien sa vie.
05:47Bon, ça, ça a été chanté en France
05:49pour des raisons philosophiques de la gauche,
05:52de même que M. Jack Lang, on lui doit le bac pour tous,
05:55ce qui est une véritable tragédie,
05:57parce que le bac ne vaut plus rien.
05:58Et c'est vrai qu'aujourd'hui, si vous êtes lycéen en France,
06:01et que vous êtes condamné au chômage à la sortie de l'université
06:03via Parcoursup, c'est pas génial.
06:06Donc là, il y a une responsabilité des gouvernants
06:08qui ont laissé le système se dégrader sous leurs yeux,
06:12avec le risque que les enfants, les élèves soient malheureux,
06:16qu'ils n'aient pas de carrière, de perspective solide à la sortie.
06:19Et c'est une tragédie, parce que cette jeunesse-là,
06:21c'est la France de demain.
06:23Mais j'insiste, en dehors de cette affaire-là,
06:25il y a la responsabilité politique de Mélenchon et de ses amis,
06:30il y a l'article 433-10 du Code pénal,
06:34qui punit très fortement les incitations,
06:38les appels à la révolte.
06:39Vous voulez que je vous lise ?
06:42Vous pouvez le lire, et pendant ce temps,
06:43je vais vous lire ce qu'écrit Jean-Luc Mélenchon sur Twitter.
06:45Le gouvernement provoque la jeunesse étudiante.
06:48Il veut instaurer une taxe pour pouvoir s'inscrire en BTS et en prépa.
06:51Le Cornu choisit le moment de la mobilisation des jeunes des lycées
06:54et des universités pour agrafer l'injustice sociale dans les études.
06:57Cette provocation montre bien qui est responsable de la révolte des jeunes.
07:00Enfin, c'est une...
07:02L'injustice sociale n'a rien à voir.
07:04C'est-à-dire que la matrice pour encourager les jeunes à être devant les lycées,
07:12elle est là, et on verra dans un instant, effectivement,
07:15que les lieutenants de Jean-Luc Mélenchon sont également là pour attiser les brèves.
07:20Attiser et même un appel à la violence par des actes ou par des mots.
07:24La provocation directe à la rébellion,
07:26manifestée soit par des cris ou des discours publics,
07:30soit par des écrits affichés ou distribués,
07:33soit par tout autre moyen de transmission de l'écrit,
07:36de la parole ou de l'image,
07:38est punie de deux mois d'enclisonnement et 7500 euros d'amende.
07:42Si déjà on mettait ça en oeuvre immédiatement,
07:45peut-être que ça calmerait un certain nombre de soi-disant élus
07:49qui sont en train de faire, en réalité, le jeu de la chienlit dans le pays.
07:52Regardez Pierre Lelouch, Emmerich Caron devant un lycée parisien à Ranguer les foules.
07:59Bravo de vous mobiliser comme vous le faites ce matin.
08:02Et comme beaucoup d'autres jeunes, beaucoup d'autres lycéens, lycéens le font actuellement en France,
08:07c'est extrêmement important que vous vous fassiez entendre votre voix.
08:12Effectivement, ce que vous vivez n'est absolument pas normal,
08:14que ce soit le monde de moyens,
08:16que ce soit le monde de professeurs,
08:18que ce soit Parcoursup,
08:19bien évidemment que votre sort aujourd'hui indiffère absolument ceux qui nous gouvernent.
08:24Et vous avez raison de leur envoyer ce message.
08:26et nous sommes avec vous.
08:38L'avenir de ce pays, c'est vous.
08:44Voilà, et donc ça,
08:46C'est de l'incitation à la rébellion.
08:48Donc c'est passible de l'article que vous nous avez lu.
08:51433.10 du Code pénal, oui.
08:53Et donc,
08:55on va regarder...
08:55Je m'étonne d'ailleurs que le procureur de la République n'ait pas déjà été saisi par l'un
09:00de mes anciens collègues, par exemple.
09:01Peut-être.
09:02J'espère.
09:03Peut-être qu'il a été saisi,
09:04et on verra le résultat.
09:05Et en tout cas,
09:06les procureurs vont être réunis par Gérald Darmanin,
09:09le garde des Sceaux,
09:09d'ici une heure maintenant.
09:11Ce n'est pas son rôle d'être devant des enfants
09:14à faire semblant de comprendre qu'ils souffrent.
09:16Enfin, c'est une blague.
09:18Ces enfants, ils sont là pour étudier.
09:19Et lui, il n'est pas là pour faire la résolution, entre guillemets,
09:23en utilisant ses enfants.
09:26Enfin, ce sont des gosses, quoi.
09:27Ils ne sont pas là pour faire la révolution.
09:28Alors, l'un des épicentres aujourd'hui,
09:31ça a été Saint-Denis,
09:33et ensuite Aubervilliers,
09:34où se trouvent nos équipes.
09:36Comment ça se passe à l'heure où l'on parle,
09:38à Aubervilliers ?
09:44Oui, bonjour.
09:45Ici, le calme revient peu à peu.
09:47Après quelques altercations et un tir de mortier,
09:50les manifestants se sont dispersés aux alentours de 16 heures.
09:54Alors, les CRS n'ont pas chargé pour l'évacuation.
09:57Ils étaient environ une centaine dans la rue.
10:00Je vous précise également que beaucoup d'individus
10:01présents sur place étaient mineurs.
10:03Parmi les manifestants, nous avons également vu
10:05certains individus cagoulés et masqués.
10:08Plus tôt dans l'après-midi,
10:09les pompiers sont intervenus devant le lycée Le Corbusier,
10:12où initialement,
10:13le rassemblement,
10:15les manifestants ont incendié plusieurs poubelles et vélos,
10:17ce qui était dangereux.
10:18Il faut le souligner,
10:19car il y avait de la foule
10:20et plusieurs véhicules garés à proximité.
10:23Certains ont d'ailleurs été endommagés.
10:25Il y a eu également des affrontements.
10:27Des manifestants ont attaqué physiquement
10:29et ont insulté à plusieurs reprises
10:31les forces de l'ordre qui sont restées mobilisées toute la journée.
10:35Je vous le rappelle également que le rassemblement a démarré ce matin
10:38dès 10 heures à Saint-Denis,
10:40où des altercations avec les forces de l'ordre ont également eu lieu.
10:44Merci beaucoup pour ces précisions, Pierre Lelouch.
10:48Quand on a vu le maire de Saint-Denis
10:50danser autour des flammes d'une poubelle
10:53et considérer que la violence pouvait être légitime,
10:56voilà, il ne faut pas s'étonner que ça continue.
10:59Là, il faut vraiment que le gouvernement arrête de faire semblant.
11:04Son rôle, c'est de ramener l'ordre public
11:08et de ne pas le voyer.
11:10Il doit être extrêmement ferme sur ceux qui exploitent cette situation,
11:14qui l'encouragent, qui organisent cette rébellion à travers tout le pays.
11:18Donc, ça veut dire qu'il y a, selon vous, un levier,
11:21qui est celui que vous nous avez lu, le levier judiciaire,
11:25où l'on peut effectivement, il n'y a plus besoin de...
11:29Il y a carrément un prétexte pour effectivement condamner
11:33pour incitation à la rébellion.
11:37Et quand on regarde...
11:38Il y a engagé la responsabilité pénale et financière
11:41des élus qui s'amusent à ça.
11:43De ces élus.
11:43Et Mathilde Panot, qui est députée LFI
11:46et qui est la chef des députés LFI,
11:48elle aussi, regardez bien,
11:50elle était avec les lycéens tout à l'heure du côté de Vitry.
11:56Thomas Ankama, qui était le président du Pihantina Faso,
12:00le pays des hommes en tête,
12:03disait, une jeunesse mobilisée est dangereuse.
12:06Elle est plus dangereuse qu'une bombe à Doric.
12:15Alors, le pouvoir à faire debout,
12:18ne lâchez rien,
12:19restez dignes,
12:20restez disciplinés,
12:21et c'est comme ça qu'on va gagner.
12:28Ne lâchez rien, quoi ?
12:29Ne lâchez rien, c'est comme ça qu'on va gagner.
12:31C'est électoral.
12:32Mais c'est quoi la revendication ?
12:33Il n'y en a pas.
12:34Il n'y a pas de revendication,
12:36clair, il y a sans doute des éléments locaux
12:38d'un lycée à l'autre à travers tout le pays,
12:40mais il n'y a pas de revendication.
12:42Ne lâchez rien, quoi ?
12:43N'arrêtez pas la rébellion.
12:45C'est ça, de continuer à étendre
12:47la chanlie à travers tout le pays,
12:49parce que ça, c'est utile pour nous,
12:50nous, les politiques.
12:51Elle devrait être à l'Assemblée
12:52en train de travailler sur le budget,
12:54cette dame.
12:55Si mes informations sont correctes,
12:57le Parlement est en train de siéger.
12:59Effectivement,
13:00et d'autres députés sont là-bas.
13:02En tout cas, elle,
13:03elle était ce matin du côté...
13:05Écoutons ce que disaient
13:08certains lycéens du côté de Lille.
13:10On va regarder ça attentivement
13:12puisque, effectivement,
13:13les lycéens étaient mobilisés,
13:15je vous le disais,
13:15dans toute la France.
13:16Et également,
13:18ces lycéens du côté de Lille.
13:19On regarde, on écoute.
13:21Je pense que la raison
13:23de ce mouvement
13:23est très intéressante.
13:25C'est une bonne raison,
13:26mais cela ne justifie pas
13:28de tout casser,
13:29de tout brûler,
13:30car ça ne va pas résoudre
13:33tous ces problèmes.
13:33C'est vraiment dommage
13:34que ces gens-là,
13:36ces individus,
13:36commencent à tout casser
13:37et vouloir faire des blocus
13:39aussi intenses,
13:40à brûler des choses,
13:41des voitures, des poubelles.
13:42C'est vraiment très dommage.
13:43On peut totalement faire un blocus
13:45sans casser ni brûler.
13:47On peut juste se manifester
13:49et montrer ce que l'on veut.
13:51Voilà.
13:52Et il y a des lycéens
13:53qui voudraient travailler
13:54accessoirement
13:54et qui voudraient,
13:55qui voudraient,
13:56voilà, continuer.
13:57Il y en a toutes
13:57qui se plaignaient
13:58de travailler trop.
13:59Voilà.
14:00Et qui considèrent
14:01que ça,
14:01c'est une cause de rébellion
14:04que de dire
14:04qu'on travaille trop.
14:05Il y a trop de devoirs,
14:06trop d'heures de cours.
14:08Voilà.
14:08Ce que je veux dire,
14:09c'est que c'est un vaste foutoir
14:10dans lequel il n'y a
14:12aucune espèce de,
14:13comment dire,
14:15de raison d'être
14:17à quelque chose de...
14:19L'objectif,
14:20il n'y a pas d'objectif
14:21qui concerne
14:22les lycées proprement dit.
14:24Encore une fois,
14:24il y a une situation
14:25qu'on a laissée pourrir
14:27dans ce pays
14:27depuis 20 ou 30 ans
14:28qui fait que
14:30beaucoup de...
14:31Quand on est au lycée
14:32et qu'on a devant soi
14:33parcours sup
14:34un bac qui ne vaut rien
14:36et une université
14:37où on ne va pas
14:39prospérer,
14:39ça fait des générations
14:40de gens extrêmement frustrés.
14:42C'est très malheureux
14:43ce qui a été fait.
14:44On dit souvent
14:44on a atteint le fond,
14:45c'est irréformable.
14:47Vous,
14:48vous seriez aujourd'hui
14:48aux affaires.
14:49Il y a une façon
14:50de remettre
14:51la France à niveau
14:52au classement PISA.
14:53Il y a une façon
14:53de refaire
14:55de la sélection
14:57au bac.
14:58Certains candidats
14:59à la présidentielle
15:00proposent
15:01un examen d'entrée
15:02dès la sixième
15:04comme il y avait
15:04à l'époque
15:05le certificat d'études.
15:07Ce qu'on appelait
15:07à l'époque
15:08le BEPC,
15:08le brevet des collèges.
15:09Aujourd'hui,
15:10ça n'a plus
15:11aucune valeur non plus.
15:12Est-ce qu'on peut
15:12remettre ces échelons
15:13pour finalement
15:14gagner en valeur ?
15:16Il faudra le faire.
15:18C'est très compliqué
15:19à faire
15:19parce que le niveau
15:20général a baissé.
15:21Y compris celui
15:22d'ailleurs des enseignants.
15:24Je le dis
15:24parce que c'est la vérité.
15:25Quand vous avez
15:26un système
15:26qui produit des gens
15:28le niveau...
15:29Aujourd'hui,
15:30si on regarde...
15:31Aussi à cause du salaire
15:32parce qu'on ne les paye pas
15:32à l'époque.
15:32Bien sûr.
15:33Mais si on regarde
15:34le niveau qu'on avait
15:35nous de notre génération
15:36avec un certificat d'études,
15:39c'est le niveau
15:40en gros du bac aujourd'hui.
15:42Donc il y a une chute
15:44radicale du niveau
15:44de tout le monde.
15:45Des instituteurs
15:46comme des élèves.
15:48Donc il faut
15:48rehausser tout ça.
15:50Mieux payer,
15:51mieux former
15:51les élèves.
15:53Donner une responsabilité
15:54beaucoup plus forte
15:55aux chefs d'établissement.
15:56Ne les pas les laisser
15:57seuls
15:57quand il y a des tensions
15:59ethniques ou religieuses
16:00à l'intérieur.
16:00Il faut arrêter
16:01de reculer,
16:02de lâcher
16:03ce que les gouvernements
16:04ont fait.
16:04Le nombre de ministres
16:05d'éducation,
16:06c'est impressionnant.
16:08Impressionnant.
16:09Oui.
16:09J'ai regardé
16:10sur 197 années
16:12de ministère
16:12de l'éducation,
16:13il y a eu 189 ministres.
16:15Voilà.
16:16Et ça,
16:16c'est pas bon.
16:17Il ne peut pas y avoir
16:17de continuité.
16:18Mais pourquoi est-ce
16:19que c'est comme ça,
16:19Pierre Lelouch ?
16:20Parce que vous
16:20qui avez été
16:21dans un gouvernement...
16:22Pourquoi ?
16:23De droite ou de gauche ?
16:25Ça ne marche pas ?
16:26Quelle que soit
16:27l'étiquette politique ?
16:28Ils ont peur...
16:29En réalité,
16:31à l'éducation nationale,
16:33ce sont les syndicats
16:34qui gouvernent.
16:35Et les ministres
16:36passent ces syndicats...
16:37De tout temps ?
16:38Pratiquement.
16:38De ce que j'ai vu,
16:39moi,
16:40de 20...
16:41Les années où j'ai été
16:43actif en politique,
16:44depuis 20 ou 23 ans,
16:45je me souviens de Bérou,
16:46ministre de l'éducation.
16:48Sous Bérou,
16:49c'était l'administration
16:50qui gouvernait.
16:51Et lui,
16:51il se gardait bien
16:53de les prendre billes en tête
16:54pour...
16:55Si vous voulez réinstaurer,
16:56il y a des choses
16:57assez simples à faire.
16:58Un truc qu'on a supprimé
17:00en mai 68,
17:01les enfants criaient
17:02non à la sélection.
17:04Mais la sélection,
17:04c'est tout.
17:06S'il n'y a pas de sélection,
17:08le diplôme
17:08ne vaut absolument rien.
17:10C'est le cas aujourd'hui
17:11du bac.
17:11Le diplôme ne vaut rien.
17:13Après,
17:13il ne faut pas s'étonner
17:14si la France chute
17:15de façon vertigineuse
17:17dans les classements internationaux.
17:19Mais là où c'est grave,
17:20c'est quand on va
17:22en Asie
17:23et qu'on regarde
17:24nos compétiteurs,
17:25c'est-à-dire
17:26les Chinois,
17:26les Coréens
17:27et les autres
17:27et qu'on voit
17:28les efforts
17:29que les parents
17:30et les enfants
17:32pour aller dans
17:33les meilleures écoles
17:34pour être
17:34le plus compétitif possible,
17:36on se dit
17:37comment on va faire ?
17:38On est sur la même planète.
17:40Et tout ça,
17:41c'est quand même
17:41la même chose.
17:42Quand vous regardez
17:43ensuite les résultats
17:44sur le commerce extérieur,
17:46sur notre industrie,
17:47sur notre capacité...
17:48Bien sûr !
17:48Sur la compétitivité !
17:50Et même l'attractivité
17:52dont M. Macron
17:54s'en orgueille
17:55puisque s'il y a bien
17:55une chose
17:56qu'il a réussi à faire,
17:57c'est l'attractivité de la France.
17:58Mais c'est moche
17:58parce que quand on voit
17:59les niveaux baissés
18:01dans les classements PISA,
18:02c'est-à-dire
18:03dans les pays de l'OCDE
18:04et qu'on est en train
18:05de chuter,
18:06l'excellence française
18:07est en train de disparaître.
18:08Donc c'est vrai
18:09que c'est urgent
18:10de reprendre ce dossier en main
18:11et pour ça,
18:12il faut d'abord
18:14remettre de l'ordre,
18:15c'est-à-dire
18:15être absolument intraitable
18:16sur ce que l'on voit,
18:18mettre en cause
18:19la responsabilité
18:20des politiques
18:21qui utilisent le mouvement
18:22et puis ensuite
18:23remettre de l'ordre
18:23dans l'éducation.
18:24Merci beaucoup Pierre Lelouch
18:25pour votre regard
18:26sur cette crise.
18:27On continue bien sûr
18:28à travers toute la France
18:30et merci beaucoup
18:31à nos équipes sur place
18:33qui sont courageuses
18:34et qui nous font vivre
18:36l'événement
18:36de ces violences urbaines.
18:38Merci à toutes les équipes
18:39de l'Info de Villeneuve.
18:40Punchline dans un instant.
18:42Restez sur ces news.

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