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- #faceapierrelellouche
Pierre Lellouche, ancien ministre et spécialiste des questions internationales, nous éclaire sur l’actualité de la semaine dans #FaceAPierreLellouche, tous les jeudis à 16h30, présenté par Nelly Daynac.
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00:00C'est jeudi, c'est face à Pierre Lelouch. Bonjour cher Pierre, merci d'être avec nous ancien ministre spécialiste
00:06de la politique internationale.
00:09Comme tous les jeudis, on a une demi-heure ensemble pour décrypter et entendre vos analyses autour des grandes questions
00:14qui se posent sur la planète.
00:16Bien sûr que nous prenons la direction de ce conflit qui nous tient tristement en haleine depuis plus de deux
00:20mois.
00:21Et les prix du pétrole qui s'envolent de nouveau, en tout cas qui se sont envolés après une légère
00:24baisse aujourd'hui,
00:25après l'évocation par la Maison-Blanche de ce blocus prolongé dans le détroit d'Hormuz.
00:29Le baril de Brent a atteint son niveau le plus haut depuis le début du conflit il y a deux
00:33mois.
00:34Il a même atteint un pic qui n'avait plus été atteint depuis mi-2022.
00:38C'était lorsque l'Ukraine était envahie par l'armée russe qui avait provoqué la flambée des cours.
00:43Les mots de Donald Trump, les derniers, ces dernières heures sur son réseau social.
00:47La tempête arrive.
00:49Pierre, nous atteignons, alors que la propagande et les menaces guerrières sont toujours aussi intenses,
00:55nous atteignons des selles critiques.
00:57Malheureusement, tous les signaux nous indiquent que la guerre va durer et ses conséquences avec.
01:03Oui, on est dans une impasse.
01:04Je rappelle, c'est la troisième guerre du Golfe.
01:07La première, ça s'est déroulée assez vite contre Saddam Hussein au Koweït.
01:11La deuxième, c'était beaucoup moins bien puisqu'elle a en fait donné l'Irak à l'Iran et fait
01:16guérir la puissance dominante.
01:18Ça, c'était 12 ans plus tard.
01:20Et aujourd'hui, en 2025-2026, on est aujourd'hui dans une impasse.
01:25Le gouvernement, l'État islamique n'est pas tombé.
01:28Il a subi des coups extrêmement graves.
01:31Il a pris en échange, en otage, les pays arabes du coin en envoyant des milliers de missiles sur eux.
01:37Il a bloqué le Détroit et les Américains ont rebloqué derrière.
01:41Donc, on est dans une impasse.
01:43Et ce qui rend l'impasse, alors c'est ça qui fait réagir enfin.
01:47Moi, je m'attendais à ce que ça réagisse plus tôt, mais dans la tête des marchés de beaucoup de
01:51gens, ça allait durer peu de temps.
01:53Moi, j'ai plutôt été convaincu qu'il n'y avait pas d'accord possible, en tout cas à vision
01:57humaine.
01:58Et je vais le redire parce qu'il y a des désaccords fondamentaux.
02:01Donc, on est dans une impasse.
02:03Impasse, quand vous bloquez 25% du gaz et du pétrole mondial, ça donne des secousses énormes sur l'économie.
02:10Et on est devant une situation extrêmement grave.
02:14Alors, ce n'est pas la même partout.
02:17Alors, du côté iranien, ils disent qu'ils ont gagné la guerre, qu'ils ont le temps.
02:23Et ils ont fait une proposition aux Américains.
02:26Levez votre blocus, on lève le nôtre et on s'assoit pour parler nucléaire.
02:30Alors, on est parti pour des années.
02:32Et les Américains le savent bien puisque la dernière fois, ça avait pris 13 ans de négociation.
02:36C'est sûr.
02:37Donc, les Américains n'achètent pas ça.
02:39Ils disent non, on continue le blocus.
02:40Alors, qu'est-ce qui pèse maintenant sur les Américains ?
02:43Eh bien, pas l'Asie.
02:45Il s'en moque complètement, Trump.
02:46Pas les problèmes européens.
02:48Il a plutôt tendance à les insulter.
02:50Alors, les insultes sont des deux côtés.
02:51Maintenant, vous avez vu le chancelier.
02:53Oui, les hausses de carburant, ce n'est pas son sujet.
02:56Non, non, non.
02:57Nos problèmes internes de savoir ce qu'on fait de l'argent de Total,
03:00alors là, il s'en fout complètement.
03:03Le seul sujet pour lui, c'est l'inflation aux États-Unis.
03:05Parce que même si les Américains sont eux-mêmes exportateurs de gaz et de pétrole,
03:11la pénurie mondiale de 20% fait que les prix augmentent.
03:15Et donc, la ligne magique des 4 dollars de baril, de galon aux États-Unis a sauté.
03:21Il y a un risque d'inflation qui touche aussi l'alimentaire.
03:23Donc, on a des hausses sur l'énergie de 25-30%, des hausses bientôt sur l'alimentaire,
03:29et les sondages qui baissent.
03:30Et c'est ça le problème de Trump.
03:32Ce n'est pas l'Europe, ce n'est pas l'Asie.
03:34Alors, lui, il pense qu'il peut tenir, et qu'il peut tenir longtemps.
03:38Et donc, il essaye d'étouffer l'Iran, qui ne peut plus exporter son pétrole,
03:43qui ne sait pas où le stocker.
03:44Les façons de l'épacuer, c'est un peu par la Caspienne vers la Russie,
03:48un peu vers le Pakistan.
03:50Enfin, le gros de l'exportation, c'est fait par l'île de Cargue,
03:53qui est bloquée par les Américains.
03:55Donc, il y a le Périn qui sort.
03:56Et donc, pour eux, c'est une perte sèche d'argent.
03:59Et puis, surtout, des problèmes compliqués de maintien de la production.
04:02Parce que, comme on l'a dit ces derniers jours,
04:05si vous fermez un puits de pétrole, pour le réouvrir après, c'est compliqué.
04:09Et il y a une photo que vous m'avez envoyée, que vous vouliez commenter,
04:12où on voit les pompes américaines.
04:15Je ne sais pas si Maxime l'a vendu, la voici.
04:17Sur le côté gauche, on voit Trump qui dit,
04:20« C'est moi qui l'ai fait. »
04:21Donc, je vais monter le baril à 6, le galon à 6,6.
04:25C'est moi qui l'ai fait.
04:26Donc là, les démocrates s'en donnent à cœur joie.
04:28Mais ils n'arrivent quand même pas à casser cette affaire sur le plan constitutionnel,
04:33même s'ils essayent.
04:34On vient de dépasser les 60 jours.
04:36Vous savez que la Constitution américaine,
04:38après 60 jours, il faut aller devant le Parlement.
04:40Pour l'instant, Trump s'en fout, là aussi.
04:43Et donc, fait comme si ça n'existait pas.
04:45Donc, on a une impasse.
04:46Donc, les conséquences économiques vont se faire sentir de plus en plus durement.
04:50Et donc, tous les discours français que j'entends ces jours-ci sur le thème,
04:53« Il n'y a pas de punir, il n'y a pas rien »,
04:54ça me fait un tout petit peu rigoler.
04:56Encore que la situation ne soit pas drôle du tout.
04:58Et d'autant que sur le terrain de la guerre,
05:00encore un ou deux mots sur cette guerre.
05:02Pierre, ces dernières heures, Washington et Téhéran redoublent de provocations.
05:06Il suffit de voir le dernier tweet de Donald Trump,
05:10enfin le dernier post de Donald Trump, la tempête arrive.
05:13Téhéran qui réagit en disant qu'ils ont mis les États-Unis à terre.
05:16Je n'ai plus le mot exact, mais on est dans ces menaces très offensives.
05:20Est-ce qu'on a une idée de là où nous en sommes en termes de négociation aujourd'hui ?
05:24Alors, la négociation, il faut savoir qu'elle est extraordinairement complexe.
05:27Parce qu'il y a maintenant quatre sujets sur la table.
05:30Il y a le Détroit.
05:32Le Détroit ne peut être qu'international.
05:33Ce n'est pas une voie privée.
05:34Donc la prétention iranienne à mettre un péage et à nationaliser le Détroit,
05:39c'est sans précédent.
05:40C'est complètement contraire au droit international.
05:42Donc il faudra s'assurer que ça ne se reproduise pas.
05:45La deuxième chose, c'est le nucléaire.
05:46Et tenez-vous bien, il y a 10 tonnes d'uranium enrichi en Iran.
05:51Pas seulement 450 kilos de 60%,
05:54mais de 2 à 63, il y a 10 tonnes.
05:56De quoi fabriquer un arsenal d'une centaine de bombes atomiques ?
06:00Et c'est là qu'est le problème.
06:02Troisième problème, les missiles.
06:05Trump n'en parle plus des missiles, mais les voisins,
06:08les Émiriens qui en ont reçu 2800 sur la tête,
06:10ils savent ce que c'est que les missiles.
06:12Donc pour eux, ce n'est pas question de laisser les Iraniens
06:14avec des quantités infernales de missiles.
06:17Et quatrième sujet, les proxys, les milices,
06:20les Hezbollahs et autres gazas.
06:21Et là, les Israéliens disent, attendez,
06:23s'il y a un règlement, ça doit inclure vraiment
06:26la mise sous tutelle du Hezbollah,
06:28parce que sinon, on recommence la guerre.
06:30Et donc, vous voyez, c'est pour ça que depuis le début,
06:32je suis extraordinairement pessimiste sur cette histoire,
06:34parce que sur les quatre sujets,
06:36les deux positions sont extrêmement éloignées.
06:38Et il faudrait que la Terre entière s'en mêle,
06:44les Russes, les Chinois, que tout le monde soit d'accord,
06:46comme en 2015, pour dire aux Iraniens,
06:48on calme le jeu, on sort l'uranium.
06:51Mais malheureusement, on n'a plus ces pays avec nous.
06:55La guerre d'Ukraine est passée par là.
06:57Maintenant, il y a une relation de tension avec la Russie.
07:00Trump doit aller en Chine.
07:01On va voir ce que ça va donner.
07:03Mais pour en sortir, il faudra que la communauté internationale entière
07:07se mette d'accord sur le Détroit et sur ce que doit devenir l'Iran.
07:11Si l'Iran émerge de cette guerre avec deux bombes atomiques,
07:14la vraie plus le Détroit d'Hormuz,
07:16deviendra la quatrième superpuissance du monde
07:19à la tête du monde islamique.
07:20Donc, ce n'est pas rien.
07:21Ce qui se joue en ce moment, c'est extrêmement important.
07:24Et nous payons, parce qu'il faut bien voir
07:27que Macron fait tous les discours qu'il veut.
07:30Personne ne contrôle rien, sauf Trump et les Iraniens,
07:33qui sont eux-mêmes divisés au pouvoir à Téhéran.
07:35Ce n'est pas gagné.
07:36Et la morosité ambiante risque de rester d'actualité.
07:39Non, ça va être très dur à supporter cette période.
07:42Pierre Lelouch, l'actualité internationale qui est importante également
07:46du côté de l'Afrique, du Mali précisément.
07:49Il y a beaucoup de choses à dire.
07:50Et c'est important de s'arrêter quelques instants
07:53sur le pouvoir de la junte au Mali,
07:54qui n'a jamais semblé aussi fragile,
07:57offensive fulgurante qui a débuté le week-end passé.
08:00Des groupes de rebelles sur la capitale Bamako,
08:02sur les villes du nord du pays,
08:03qui ont provoqué une sidération totale dans le pays.
08:06Le ministre de la Défense, Sadio Kamara, a été tué, d'ailleurs,
08:09lors de l'attaque de sa résidence près de Bamako.
08:11Rappelons que des djihadistes du Jnim veulent conquérir le pays,
08:15instaurer la loi islamique radicale.
08:17Ils sont associés, pour la circonstance, au FLA,
08:21qui, lui, cherche à obtenir l'indépendance du nord du Mali.
08:24Est-ce que cette entente, elle, surprend ?
08:27Et la situation est extrêmement tendue.
08:29Et c'est là que je veux vous entendre.
08:30Le flou demeure sur la situation,
08:32alors que l'Africa Corps,
08:34qui est l'ancêtre du groupe paramilitaire Wagner,
08:37téléguidé par Moscou...
08:38Non, ce n'est pas l'ancêtre, c'est le successeur.
08:40Oui, non, qui est le successeur.
08:41Oui, l'ancêtre, c'est Wagner, pardonnez-moi.
08:43C'est retiré de certains territoires.
08:45Oui, alors, bon, depuis samedi, comme vous l'avez dit,
08:47c'est la guerre civile.
08:51Les Touaregs au nord ont repris la ville de Kidal
08:54et ont expulsé les forces russes qui étaient sur place.
08:58Et dans les autres villes,
08:59il y a des attaques dans tous les sens.
09:03Et il n'y a pas grand nombre de cités au Mali qui échappent.
09:07Gao, Kidal, Mopti, Bamako,
09:09et même Kati, qui est le quartier général des forces maliennes.
09:13C'est là que le ministre de la Défense a été tué.
09:16C'est là que se réside aussi le président,
09:18qui est le général Goïta, le chef de la junte.
09:22Donc la junte, elle vacille complètement.
09:25Alors, qu'est-ce qui s'est passé ?
09:27Depuis 2001, cette junte a expulsé les Français,
09:31qui l'ont été également du Niger et du Burkina Faso voisins.
09:35Les Russes se sont installés pour les matières premières,
09:39pour protéger le régime,
09:40en échange de plusieurs millions de dollars tous les mois,
09:43payés par le chef des services secrets maliens.
09:45Mais cette protection ne suffit pas.
09:48Et là, ça s'est effondré.
09:50Les Russes, je vais vous montrer une vidéo qui est assez drôle,
09:53d'un traficant d'armes,
09:56qui lui explique que cette affaire,
09:58elle est due aux Français,
10:00qui auraient lancé une offensive pour reprendre le Mali.
10:04Écoutons Victor Gout,
10:05qui est donc un ancien vendeur d'armes,
10:07qui a été condamné, qui est de retour en Russie,
10:10et aujourd'hui qui accuse la France
10:12d'être à l'origine de ce qui se passe au Mali.
10:15Écoutez-le.
10:18La tentative française de semer le chaos
10:21et d'instaurer un changement de régime au Mali
10:23a échoué le 25 avril.
10:28Il s'agissait d'une tentative de coup d'État
10:32très bien préparée,
10:33impliquant entre 10 et 12 000 hommes
10:36prétendument rebelles,
10:37dont la moitié, voire plus,
10:39appartenait à Al-Qaïda.
10:43C'est vrai qu'objectivement,
10:45on a l'impression qu'il y a une vraie défaite
10:47pour la Russie qui est en train de se passer au Mali.
10:50Et de l'autre côté, ce monsieur
10:51qui porte des accusations gravissimes,
10:53absolument complotistes,
10:55c'est de la propagande pour faire de la diversion ?
10:57Bien sûr, la raison pour laquelle j'ai voulu qu'on voit ça,
10:58c'est que c'est comme ça qu'ils ont viré les Français en 2021,
11:01les Russes.
11:02Ils ont utilisé ce genre de blagues
11:03avec des drapeaux russes,
11:05de l'argent distribué dans les rues,
11:06et ça a fait que la jeune a pu s'imposer
11:09contre la France.
11:10Alors maintenant que la Russie est en difficulté,
11:12on a droit à ce genre de message
11:14pour essayer de sauver la situation,
11:16mais en fait, ça ne va pas trop être le cas.
11:18Ce qui est intéressant dans cette affaire,
11:20pour ceux qui s'intéressent aux coïncidences,
11:22c'est de savoir d'où ça vient.
11:24Or, comme vous le savez,
11:26il y a 1300 kilomètres de frontières
11:28entre le Mali et l'Algérie,
11:30et les relations avec l'Algérie
11:31se sont détériorées depuis plusieurs années.
11:34Au grand bénéfice de qui ?
11:36Au grand bénéfice du Maroc.
11:38Or, le ministre des Affaires étrangères marocain
11:40est arrivé à Bamako le 10 avril,
11:4315 jours avant l'offensive djihadiste,
11:45et qu'est-ce qu'il a obtenu,
11:48le ministre marocain ?
11:50Il a obtenu de la junte la reconnaissance
11:53de la marocanité du Sahara occidental,
11:56et donc toute la ceinture sahélienne
11:58jusqu'au Sahara,
11:59c'est-à-dire le Mali,
12:01le Burkina,
12:05la Mauritanie,
12:06tous ces pays reconnaissent désormais
12:09la marocanité du Sahara occidental,
12:11c'est une grande victoire diplomatique pour le Maroc,
12:13et ça reste là, en travers de la gorge des Algériens,
12:17et comme le sud algérien a de tout temps,
12:20y compris du temps des Français,
12:21était plutôt la base arrière
12:23des Touareg et de certains mouvements islamistes,
12:26voilà.
12:27Est-ce qu'Algérie peut profiter de la situation ?
12:29Voilà, moi je pense qu'il n'y a pas vraiment de coïncidence
12:31entre la visite du ministre marocain le 10 avril
12:34et le début des opérations le 25.
12:36En tout cas, une situation particulièrement tendue,
12:38inquiétante au Mali,
12:40un début de la guerre civile qui doit à l'armée,
12:42lui aussi la communauté internationale.
12:44Il y a quand même une leçon à tirer.
12:45Moi je me souviens quand même qu'en 2013,
12:47M. François Hollande avait décidé de l'opération Serval
12:50pour bloquer les djihadistes
12:52qui venaient justement de Kidal vers Bamako.
12:55Il avait, en arrivant à Tambouctou,
12:57déclaré que c'était le plus beau jour de sa vie politique.
13:00Ensuite, il avait transformé cette opération
13:02qui devait être ponctuelle, Serval,
13:05en une opération de longue durée,
13:07Barkhane, sur toute la largeur du Sahel,
13:09c'est-à-dire un territoire plus grand que l'Europe
13:11avec 3500 soldats, des avions, des hélicos, etc.
13:16Bilan, 10 milliards d'euros,
13:19plusieurs dizaines de soldats français tués,
13:21tout ça pour ensuite laisser la place aux Russes
13:23qui aujourd'hui vont laisser la place à quelqu'un d'autre
13:25parce que c'est ingérable,
13:27ces pays sont extrêmement pauvres
13:28avec une démographie invraisemblable,
13:318, 10 enfants par femme,
13:34pas de travail, pas d'avenir,
13:35donc immigration d'un côté,
13:37trafic ou djihadisme.
13:39Pierre Lelouch, autre sujet que vous vouliez évoquer
13:42cet après-midi,
13:43et c'est important d'évoquer ce sujet
13:45parce que je trouve que ça passe pas mal sous les radars,
13:47cette information.
13:49On est de retour en France,
13:50mais on est toujours sur les questions internationales
13:52et les Français qui nous regardent
13:53vont bien comprendre l'intérêt d'évoquer cette thématique.
13:56Le groupe Stellantis,
13:58fleuron de l'automobile,
13:59quand bien même en difficulté ces dernières années,
14:02serait en ce moment en discussion
14:04avec plusieurs industriels,
14:06dont le deuxième constructeur automobile chinois,
14:09Dongfeng Motor Corporation,
14:11pour la cession ou le partage
14:12de quatre usines du groupe en Europe.
14:15Il indique
14:17qu'il s'agirait pour trois d'entre eux
14:19des sites de Madrid,
14:20en Espagne,
14:21de Casino en Italie,
14:22et donc de La Janais,
14:24situé à Chartres de Bretagne,
14:25près de Rennes,
14:26qui emploie 2000 personnes.
14:27En gros,
14:27nous nous apprêtons
14:29à fabriquer chinois
14:30en France.
14:31On comprend l'intérêt pour la Chine,
14:33notamment en termes de droits de douane.
14:35Quel est l'intérêt pour la France
14:36et pour Stellantis ?
14:36Enfin, pour Stellantis,
14:37si j'ai compris,
14:38mais l'intérêt pour la France.
14:39Président Macron trouve ça très bien.
14:41Remettons les choses en perspective.
14:42Allez-y.
14:44La Chine,
14:45c'est 130 marques
14:47de fabricants automobiles.
14:49130 marques.
14:50C'est 70%
14:52des véhicules électriques
14:54dans le monde.
14:55Et c'est 70%
14:57des batteries
14:58dans le monde.
14:59Avec un excédent commercial,
15:01tenez-vous bien,
15:02de 1200 milliards.
15:04Alors,
15:04sur l'automobile,
15:05les Chinois vendent
15:0724 millions de voitures
15:08en Chine,
15:1018 millions
15:11aux Etats-Unis
15:13et 16 millions
15:14en Europe.
15:14Sauf qu'en Europe,
15:16il y a des droits de douane.
15:17Alors,
15:17d'abord,
15:18le marché américain
15:18l'aurait fermé,
15:19sous Trump.
15:20Et en Europe,
15:21il y a maintenant
15:22des droits de douane.
15:22Heureusement,
15:23il était temps de se réveiller
15:24entre 27 et 45%.
15:27Alors,
15:27comment contourner
15:28les droits de douane ?
15:28Vous transformez
15:29une voiture chinoise
15:30en une voiture française,
15:32espagnole ou autre.
15:33Et c'est ce qu'ils font.
15:34Donc,
15:34ils vont utiliser
15:35les sous-capacités.
15:37Les usines,
15:38malheureusement,
15:38l'industrie européenne
15:40se réduit.
15:41Donc,
15:41les usines sont sous-utilisées.
15:43On va mettre
15:43des Chinois à la place.
15:44Ou alors,
15:45ils vont acheter
15:45des usines
15:46ou ils construisent
15:46des usines
15:47comme en Hongrie
15:48ou en Turquie.
15:48Est-ce qu'on peut
15:49pas dire que c'est
15:49un peu un mal
15:51pour un bien
15:52parce que
15:53c'est ce que dirait
15:54des responsables politiques
15:55qui privilégieraient
15:56ce genre de solution ?
15:57Ça préserve des emplois.
16:00mais c'est ce qu'il dit.
16:00Il a dit
16:01dans le fond,
16:02dans le temps,
16:03nous,
16:03les Européens,
16:04on a été investir
16:05en Chine.
16:05Maintenant,
16:05c'est leur tour
16:06de venir investir
16:08chez nous.
16:08L'ennui avec ça,
16:09c'est que l'industrie
16:11automobile européenne,
16:11elle est moribonde.
16:13Que,
16:13le fait d'être inondé
16:14de voitures chinoises,
16:15ça va pas régler le problème.
16:16Et puis,
16:16même en termes d'emploi,
16:18comme vous le savez,
16:18il faut moitié moins
16:19de travailleurs
16:20pour construire
16:21une voiture électrique
16:22qu'une voiture thermique.
16:23Donc,
16:24tout ça,
16:24ça va cyniser
16:26ce qui reste
16:26de l'industrie automobile
16:28en Europe.
16:29Et c'est franchement tragique.
16:30Mais ça va avec le reste.
16:32Non,
16:32mais c'est le signal,
16:33en fait.
16:33C'est le signal
16:34et c'est très contre-intuitif
16:35par rapport
16:36à ces messages
16:37sur l'heure du retour,
16:38à la quête
16:39de la souveraineté nationale.
16:41Oui, quand on parle
16:41de réindustrialisation.
16:41On est totalement
16:42dans l'opposé.
16:43Quand on parle
16:45de réindustrialisation,
16:46là,
16:46on se fait littéralement
16:47coloniser
16:47dans nos propres usines.
16:49Et les syndicalistes
16:50le savent bien.
16:51Enfin,
16:52la situation
16:53est tellement triste
16:54pour l'industrie automobile.
16:56Mais là où c'est grave,
16:57c'est que c'était prévisible
16:58parce que
16:59les Chinois
17:00l'ont monté
17:01cette opération
17:02depuis dix ans.
17:03Véhicules électriques,
17:04les batteries,
17:04tout ça,
17:04c'est stratégie
17:06financée par l'État
17:07et les aides publiques.
17:07Ils sont en train
17:08de devenir leaders
17:08sur ce marché.
17:09Ils sont archi-leaders.
17:11Il nous reste
17:11une petite minute ensemble,
17:13Pierre,
17:13avant de se retrouver
17:14jeudi prochain.
17:15Vous avez un petit biscuit
17:16pour nous
17:16pour cette fin d'émission.
17:19Je ne sais pas
17:20si vous avez l'intention
17:20de changer de nationalité.
17:21En tout cas,
17:22vous avez un passeport
17:23à me proposer.
17:24Dites-moi tout.
17:25Trump,
17:25toujours lui,
17:26il a décidé que
17:27comme on va vers
17:28l'anniversaire,
17:29le 250e anniversaire
17:30des États-Unis,
17:32il a donc décidé
17:32d'émettre des passeports
17:34pour la circonstance.
17:36Vous avez d'un côté
17:37les fédérés
17:38et de l'autre
17:39Trump.
17:40Quand vous êtes
17:41aujourd'hui américain
17:42n'importe quel américain
17:43qui veut faire
17:44une demande de passeport
17:44aujourd'hui
17:45obtient ce passeport-là.
17:46Voilà,
17:46parce que c'est le passeport
17:47de l'anniversaire.
17:49La classe.
17:49On doit pouvoir le refuser
17:51mais sous des conditions
17:51assez complexes.
17:53Moi,
17:53je n'ai pas encore vu Macron
17:55même s'il est Jupiter.
17:57Il est partout
17:58tout le temps.
17:59Nous n'en sommes pas là, Pierre.
17:59Il n'en est pas encore là.
18:01Mais enfin,
18:01je lui suggère
18:02avant de partir
18:04un passeport anniversaire
18:05comme Trump.
18:05C'est tellement beau.
18:06Et en plus,
18:07vous iriez tout de suite
18:08renouveler le vôtre
18:08si c'était le cas.
18:09Je le sais.
18:10Merci Pierre.
18:11Face à Pierre Lelouch,
18:12c'est fini pour aujourd'hui.
18:13Je pensais à acheter
18:14un passeport.
18:15N'est-ce pas ?
18:15Rendez-vous jeudi prochain.
18:17C'est la fin de ce 120 minutes
18:18infos également.
18:19Punchline,
18:20vous voyez en bas de votre écran
18:21Laurence Ferré
18:22qui arrive dans un instant.
18:24Je remercie Maxime Lavandier
18:25et Thomas Goussard
18:25qu'on prépare à cette émission.
18:27Demain, c'est le 1er mai.
18:28Eh bien, je vous dis à demain.
18:291er mai sur CNews.
18:30Pas chômer.
18:31Non.
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