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- #faceapierrelellouche
Pierre Lellouche, ancien ministre et spécialiste des questions internationales, nous éclaire sur l’actualité de la semaine dans #FaceAPierreLellouche, tous les jeudis à 16h30, présenté par Nelly Daynac.
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00:00Bonjour Pierre Lelouch.
00:02Bonjour Nelly.
00:02Vous allez bien ?
00:03Fort bien et vous-même ?
00:04Eh bien écoutez, très bien, on va beaucoup décortiquer l'actualité, l'actualité oblige.
00:08On va revenir au discours de Donald Trump, discours solennel devant les Américains.
00:12C'est le premier, sous ce format-là, depuis le début de la guerre menée contre l'Iran.
00:19Alors il nous a répété ce qu'il avait déjà dit au fond sur les réseaux.
00:22Proche de remplir l'objectif, l'armement iranien est quasiment détruit.
00:26Oui, je vous propose de l'écouter. Je voudrais avoir votre sentiment sur la fourchette, la fenêtre de tir qu
00:31'il a donnée pour les opérations.
00:34Nous allons les frapper extrêmement fort au cours des deux à trois prochaines semaines.
00:39Nous allons les ramener à l'âge de pierre.
00:42S'il n'y a pas d'accord, nous allons frapper chacune de leurs centrales électriques, très durement et probablement
00:49simultanément.
00:51Nous n'avons pas frappé leur pétrole, bien que ce soit la cible la plus facile de toutes, car ça
00:57ne leur laisserait pas la moindre chance de survie ni de reconstruction.
01:02Mais nous pourrions le viser et ils ne pourraient pas s'y opposer.
01:08Ça vous paraît plausible de la trois semaines pour remplir l'objectif américain ?
01:11Alors on va y venir aux trois semaines. D'abord je crois qu'il faut positionner le pourquoi du comment
01:15de ce discours un 1er avril, April's full day comme disent les américains,
01:21qui font aussi le 1er avril.
01:23Mais il faut comprendre que la guerre est entrée dans une phase qui est en fait une impasse.
01:29Contrairement à ce qui était espéré, le gouvernement iranien n'est pas tombé.
01:34Ils ont une stratégie d'escalade horizontale en mettant le feu à toute la région.
01:40Et ils continuent à avoir des missiles qui frappent, y compris des cibles américaines.
01:44Donc il y a un moment où les gens commencent à se poser des questions.
01:49Les sondages, je crois que vous en avez.
01:50Les sondages montrent que les américains ne sont pas favorables à la guerre.
02:01Et que c'est pire encore si on avait un tableau sur l'envoi de force au sol.
02:09Là la proportion c'est 70-75 contre.
02:13Là en général on est plutôt dans 60-30.
02:17Là ils sont quand même opposés, c'est le rouge.
02:20C'est une compilation des sondages ça.
02:22Voilà, et ça ça donne une idée du problème qu'il a.
02:26Il faut voir qu'aux Etats-Unis, vous le savez bien, vous avez vécu là-bas,
02:29le gallon, c'est-à-dire les 4 litres d'essence ne doivent pas dépasser 4 dollars.
02:36En fait avant c'était bien moins que ça.
02:37Mais la limite de 4 dollars c'est la limite symbolique supérieure.
02:42Or on y est, les marchés sont très nerveux.
02:45Donc Donald Trump il avait besoin d'envoyer un signal, de calmer le jeu, de dire qu'il était en
02:52contrôle, que tout ça va se terminer rapidement.
02:56Il a même dit, regardez, on n'en est qu'au 32ème jour par rapport à la guerre du Vietnam
03:01ou par rapport à l'Afghanistan.
03:02Là c'est une guerre rapide.
03:03D'ailleurs on finit dans 2-3 semaines, ce sera fini.
03:06Alors après, votre question, pourquoi 2-3 semaines ?
03:09Et bien parce que le renseignement américain, israélien, enfin ceux qui, tout ce qu'on a vu, enfin ce que
03:16j'ai pu voir sur Source Ouverte,
03:19montre qu'il y a une chute considérable du nombre de tirs de missiles et de drones iraniens,
03:26parfois de 90% sur un certain nombre de pays de la région,
03:30ce qui laisse entendre qu'il ne leur reste plus qu'une centaine de missiles et de lanceurs.
03:35Et donc dans les 2 ou 3 semaines, l'idée c'est de se débarrasser complètement de la menace des
03:40drones et des missiles.
03:41On va voir si ça va être le cas.
03:42Mais cette histoire de 2-3 semaines s'est calée sur, je crois qu'on va voir les chiffres des
03:50frappes sur les pays autour de l'Iran.
03:53C'est assez spectaculaire la proportion des...
03:59Je ne sais pas si on y va.
04:00Les frappes, on va avoir le schéma des frappes effectivement avec l'évolution.
04:04Voilà, ça m'est toujours un peu content de lancer.
04:06On voit au début de la guerre énormément de missiles et progressivement on voit qu'on en a aujourd'hui
04:14assez peu.
04:14Il y a eu des petites résurgences mais enfin bon, on voit quand même le puiste arrière.
04:19Ce qui est nouveau c'est que leurs missiles aujourd'hui envoient des sous-munitions et surtout ils sont mieux
04:24guidés,
04:24ils sont plus précis et on pense que la précision vient de l'aide que leur donnent les Russes dans
04:29le ciblage des objectifs.
04:31Et ça c'est l'Arabie saoudite en danse.
04:32Là c'est l'Arabie saoudite et on voit que là aussi on est en chute libre dans le nombre
04:37de missiles envoyés.
04:38Donc ça laisse entendre que les frappes qui ont été très nombreuses,
04:43il y a eu quelque chose comme 13 000 objectifs frappés par les Américains et les Israéliens
04:48et donc beaucoup de ces missiles ont été détruits.
04:51Les lanceurs qui servent à lancer les missiles aussi.
04:55Donc à la fin de la journée on pense que dans deux ou trois semaines...
04:59Ça devrait être la fin.
05:00La menace missile drone devrait être sous contrôle et permettre la négociation, la fameuse négociation dont il parle.
05:06Alors ceci étant dit donc, une fois que l'objectif, dirons-nous, de l'éradication en armement stricto sensu est
05:14rempli,
05:15quid du détroit d'Hormuz ?
05:17Alors, dans la situation présente, Trump dit qu'il a fini la guerre ou quasiment,
05:23mais il laisse derrière lui une série de problèmes considérables, dont Hormuz.
05:29Mais si vous le permettez, je vais d'abord regarder ce qui se passe sur le nucléaire.
05:33Parce que cette guerre au fond, au début, c'était pour se débarrasser du programme nucléaire iranien.
05:37Or, le programme, il est toujours là, et quelque part, il y a 450 kilos d'uranium militaire qui sont
05:46enfouis quelque part.
05:47Et ça, les Américains n'ont pas mis le lien dessus, et l'idée d'aller les chercher avec un
05:52commando est extrêmement risquée.
05:54Donc la question nucléaire, elle reste ouverte.
05:56Les Iraniens, s'ils restent au pouvoir, continueront à vouloir refaire la bombe.
06:00Donc la question est ouverte.
06:02Pire encore, des porte-parole des gardiens de la révolution ont annoncé que l'Iran pourrait dénoncer le traité de
06:10non-prolifération,
06:11se débarrasser complètement du contrôle de l'agence internationale l'énergie atomique,
06:16et donc démarrerait un cycle de...
06:19Oui, mais ce qui se passera, ce sera un cycle de prolifération,
06:22parce que tous les leaders de la région à qui j'ai pu, moi, personnellement parler,
06:26m'ont tous dit, si jamais l'Iran a la bombe, nous aurons la bombe.
06:28Alors ça, c'est valable aussi bien pour le Saoudien que pour le Turc, que pour les Myriens, et même
06:33pour l'Égyptien.
06:34Aucun pays arabe de la région ou Turc n'acceptera que l'Iran seul ait la bombe atomique dans la
06:40région.
06:41Voilà, donc ça, c'est le premier problème.
06:43C'est ce que j'appelle le premier dommage collatéral post-guerre.
06:47Le deuxième dommage, qui lui aussi est très important,
06:51c'est ce qui se passe au niveau du système de sécurité dans le Golfe.
06:56Comme vous le savez, depuis 1945, cette sécurité était basée sur un contrat très simple
07:02entre les Saouds et l'Amérique, et derrière eux, les Émirats.
07:07Les monarchies du Golfe, c'est, je te donne mon pétrole, tu me donnes ta sécurité.
07:12Et du coup, les Américains ont déployé la cinquième flotte à Bahreïn
07:16et toute une série de bases dans la région.
07:17Sauf que ces bases sont origines, aujourd'hui, attaquées,
07:20que les pays du Golfe eux-mêmes sont attaquées.
07:24Et tout ce luxe que vous connaissez à Dubaï,
07:26que beaucoup de Français connaissent, sont allés en vacances,
07:29tout ça, c'est en réalité un mirage posé sur du sable mouvant,
07:34très, très, très vulnérable.
07:36Et les Iraniens ont démontré la vulnérabilité de leurs voisins,
07:40qui sont très riches, qu'ils méprisent.
07:42D'ailleurs, ils méprisent totalement ces sociétés bédouines.
07:45Ils n'ont qu'une envie, c'est de rafler, naturellement, le pétrole et le gaz,
07:48qui est juste en face, de l'autre côté du Golfe.
07:51Vous avez toutes les richesses du Qatar,
07:53vous avez les richesses des Émirats,
07:56pratiquement sans défense.
07:57À partir du moment où les Américains se retirent aujourd'hui,
08:01ou dans 15 jours, en disant, bon, on a gagné la guerre,
08:05après, ils ont reçu des milliers de drones et de missiles sur la tête.
08:10Donc, on aura un vrai sujet,
08:13ce qui est, comment est-ce qu'on reconstruit un système de sécurité dans la région ?
08:18Ça, c'est le deuxième dommage collatéral.
08:20Vous voulez qu'on parle d'Hormuz tout de suite ?
08:22Si vous voulez.
08:23On a une carte intéressante.
08:25Et après, on parle de l'OTAN, parce que ça aussi, c'est un...
08:28Bien sûr.
08:28Alors, Hormuz, c'est la jugulaire de l'économie mondiale.
08:35Et maintenant, c'est tenu par les Iraniens qui vont faire payer une dîme, en fait.
08:38Voilà.
08:39L'une des conséquences non prévues de la guerre,
08:42c'est que non seulement, ils ferment le détroit,
08:44mais surtout, ils le privatisent.
08:46Ils ont dit, maintenant, à partir de ce moment, c'est à moi,
08:49ce qui est naturellement contraire au droit international.
08:51Ils n'ont que la partie proche de la côte iranienne.
08:55Ils ne possèdent pas le détroit.
08:58Ils disent, non, le détroit, c'est à moi.
09:00On fait un péage.
09:00Tout bateau qui rentre et qui sort doit payer 2 millions de dollars le droit de passage.
09:05Ça fait 80 milliards à la fin de l'année, quand même, vu le nombre de bateaux qui passent.
09:09Mais surtout, ne rentrent que les bateaux amis,
09:12qui acceptent de se soumettre aux règles du gouvernement iranien.
09:16Autrement dit, ils ont pris l'économie mondiale en otage.
09:20Et c'est un phénomène de proportion historique.
09:24Est-ce qu'il y a une parade à ça ?
09:25Est-ce qu'on peut retourner la difficulté, alors, justement ?
09:29Trump, il a décidé de ne pas y aller.
09:30Parce qu'il a compris que, depuis les années 90,
09:33en fait, il y a eu une première bataille des pétroliers dans les années 80.
09:36Et ce qui s'est passé, c'est que, depuis,
09:40les Iraniens ont bourré la côte iranienne sur le Golfe
09:45de grottes, de missiles et de patrouilleurs rapides
09:49qui peuvent intercepter tous les bateaux qui passent par là.
09:52Si vous mettez un bateau de guerre américain en face de ces missiles,
09:56vous risquez de le couler.
09:58Donc, les navires américains restent à l'extérieur, prudemment,
10:02ne passent que des bateaux civils,
10:05avec la permission du gouvernement de terre.
10:08Cette situation, elle est naturellement intenable.
10:11Et quand le président Macron, ses collègues européens disent
10:15« c'est pas notre guerre, on ne veut pas y participer »,
10:18c'est peut-être pas notre guerre, mais c'est nos conséquences.
10:20Parce que l'impact sur l'économie, il est catastrophique.
10:24La fermeture du détroit dans le premier trimestre de cette année,
10:28selon l'OCDE, c'est moins 0,5% de la croissance mondiale.
10:33Pour l'Europe, c'est moins 75%.
10:35Pour l'Asie, c'est encore plus.
10:37C'est presque 1% de croissance en moins.
10:39Pourquoi ? Parce que, sortent de ce détroit du Golfe
10:42qui est extrêmement extroits, les hydrocalbures, le gaz, le pétrole,
10:46mais aussi l'hélium, mais aussi les engrais,
10:49toutes sortes de produits dont on a besoin
10:51pour la chimie, pour l'industrie, pour l'alimentation.
10:55Et ce qui est en train de se créer, c'est une vraie crise économique mondiale
10:58qui est surtout sensible en Asie.
11:00En France, on a plein de problèmes, on le voit bien,
11:02mais en Asie, dans les pays pauvres notamment,
11:04qui ne peuvent pas acheter du pétrole sur les bateaux
11:07qui circulent en ce moment,
11:09la raréfaction du produit est un vrai sujet.
11:12Donc, qu'est-ce qu'on fait avec ça ?
11:14Les Américains ont demandé l'aide des Européens
11:17pour forcer le blocus.
11:20Les Européens ont dit non, on interviendra éventuellement qu'après.
11:24Là-dessus, qu'est-ce qu'il fait Trump ?
11:26Il leur dit, écoutez, allez chercher vous-même le pétrole.
11:28Nous, on n'en a pas besoin.
11:29On a plein de pétrole et plein de gaz aux Etats-Unis,
11:31ce qui est techniquement exact.
11:32Les Américains sont exportateurs nets de pétrole et de gaz.
11:36D'ailleurs, après la guerre d'Ukraine,
11:37nous, on n'achète plus du gaz russe,
11:39on achète du gaz américain et Qataris.
11:41Donc, on est dans une situation où là, il y a un vrai sujet.
11:47Idéalement, il faudrait un accord international
11:51avec toutes les parties, y compris les Russes et les Chinois,
11:54les Européens, les Américains, les Iraniens et les Riverains,
11:59faisant un accord qui ressemblerait à l'accord de Montreux de 1936
12:04sur le Bosphore et les Dardanelles,
12:05où il y a, vous l'avez vu, pendant la guerre d'Ukraine,
12:08les Turcs laissent le trafic civil et libre.
12:12Par contre, les bateaux de guerre russes n'ont pas pu passer le détroit.
12:16Donc, c'est un accord de ce genre international qu'il faudrait faire,
12:19mais on n'en est pas là.
12:20D'ici là, il faudra réouvrir le blocus.
12:22Vous avez vu que les Anglais ont pris l'initiative
12:25de réunir 35 pays européens et autres
12:28pour essayer de faire pression sur l'Iran.
12:31Reste à voir si ça fonctionne.
12:33Pas du tout sûr.
12:34Alors, vous vouliez aussi nous montrer une carte
12:38avec les oléoducs ou les gazoducs alternatifs.
12:42À terme, une des façons de s'en sortir,
12:45c'est de dévier le maximum de pétrole du Golfe Persique,
12:49qui lui est fermé aujourd'hui,
12:51et de le ramener vers la mer Rouge
12:53ou vers la Méditerranée par des tuyaux
12:56qui passeraient par la Turquie
12:58ou qui traversent l'Arabie Saoudite
13:00pour aller en mer Rouge
13:03et ensuite remonter vers la Méditerranée
13:05ou repartir vers le sud, vers l'Asie,
13:07avec cette difficulté que les tuyaux, évidemment,
13:09sont vulnérables si les Iraniens veulent les bombarder.
13:12Et que, deuxièmement, les bateaux qui vont descendre la mer Rouge,
13:14après le canal de Suez,
13:15qui vont descendre pour aller vers le Pacifique,
13:17ils vont passer devant un pays qui s'appelle le Yémen.
13:20Où il y a les Houthis.
13:20Où il y a les Houthis,
13:21qui sont alliés de l'Iran
13:22et qui peuvent donc tirer sur les bateaux également.
13:25Donc, on n'est pas sortis de l'auberge.
13:26Il faut soit renverser définitivement le régime iranien
13:31pour trouver un accord,
13:32soit que celui-ci accepte d'avoir un accord international
13:36de régulation de libre circulation sur le Détroit.
13:39On en est loin,
13:40puisque là, ils sont aujourd'hui dans une optique de péage
13:43et de barrage et d'imposition des règles iraniennes.
13:46C'est-à-dire ne passe le Détroit que des pays alliés,
13:49comme le Pakistan, par exemple,
13:51ou la Chine, qui passe déjà.
13:53Les autres ne passent pas.
13:54Et si vous envoyez un bateau de guerre,
13:55il y a de fortes chances qu'ils prennent des drones marins
13:59ou des missiles,
14:00ce qui rend l'expédition extrêmement risquée.
14:02Un mot sur l'OTAN ?
14:03Et sur ce qu'il a dit sur l'OTAN et la sortie de l'OTAN ?
14:05L'OTAN, c'est aussi un dommage collatéral involontaire
14:09de cette situation,
14:11puisque, à l'unanimité,
14:14derrière l'Espagne,
14:16les Européens ont dit,
14:17c'est pas ma guerre.
14:18Tu ne nous as pas consultés,
14:20tu as fait ta guerre tout seul dans ton coin,
14:21tu as cassé, tu répares.
14:23Nous, on ne veut pas être mêlés à ça.
14:24On le fera éventuellement après la guerre,
14:26mais pas maintenant.
14:27Les Américains, inutiles de dire,
14:28sont foudrages,
14:30mais foudrages.
14:31Trump n'a jamais beaucoup aimé l'Alliance Atlantique.
14:33Il pense depuis très longtemps,
14:35depuis 20 ans,
14:36que l'OTAN est une vaste escroquerie,
14:38comme il dit,
14:39où le peuple américain,
14:40le contribuable américain,
14:41a payé pour la sécurité de l'Europe,
14:43gratuite,
14:44ce qui n'est pas totalement faux,
14:45d'ailleurs,
14:45puisque nous, on est tombés en Europe
14:47à des niveaux de dépenses infimes
14:48en matière de défense,
14:50en s'appuyant sur les États-Unis.
14:53Et aujourd'hui, les Américains disent,
14:55attendez,
14:55quand vous aviez besoin de nous pour l'Ukraine,
14:57on était là,
14:58et là, on a besoin de vous
15:00pour nous aider dans le golfe,
15:01et vous ne venez pas.
15:02Donc, l'OTAN n'a plus aucune raison d'être.
15:05Et même Marco Rubio,
15:06qui était très atlantiste,
15:08dit ce genre de choses.
15:09Et donc, on n'est pas loin
15:11d'une rupture totale,
15:13qui mettrait par terre
15:15le système de sécurité en Europe,
15:17au grand bénéfice de la Russie,
15:18qui déjà engrange
15:20les prix du pétrole très élevés.
15:21Donc, s'il n'y a plus d'Amérique en Europe,
15:24il va falloir que les Européens
15:25se prennent en main.
15:26Ça va coûter énormément d'argent,
15:27parce qu'il va falloir remplacer
15:28les Européens.
15:29On a du retard sur la défense européenne
15:30depuis 20-30 ans, déjà.
15:32Voilà.
15:32Et donc, la défense européenne,
15:34c'est d'abord de l'argent,
15:35une organisation.
15:36Alors, il nous reste quelques minutes.
15:38Je sais qu'il y a deux sujets
15:39qui vous tenez aussi à cœur,
15:40qu'on n'a pas forcément
15:41beaucoup évoqués dans l'actualité,
15:43qui n'ont pas été...
15:44Ils sont importants.
15:44...qui ont été peut-être sous-traités.
15:46C'est Friedrich Merz,
15:48qui s'engage à renvoyer
15:4980% des Syriens réfugiés
15:52en Allemagne,
15:53dans leur pays,
15:53à l'issue d'une rencontre
15:54avec le nouvel effort de Damas.
15:57Alors, il a reçu
15:58le nouveau président syrien,
16:00ancien terroriste.
16:02qui, maintenant,
16:03est à la tête de la Syrie.
16:04Bon, il faut savoir
16:05qu'avec Angela Merkel,
16:08l'Allemagne avait reçu,
16:09rappelez-vous,
16:10un million de réfugiés syriens
16:13en 2015.
16:14Ça avait créé, d'ailleurs,
16:15un émoi considérable.
16:17Donc, ce million-là
16:18est toujours en Syrie,
16:19à quelques dizaines
16:20de millions de personnes près.
16:22Et Merz n'a qu'une idée,
16:23c'est de les renvoyer.
16:25Les Allemands ont durci
16:27leur politique d'immigration,
16:28même avec les socialistes.
16:30Et son idée,
16:31c'est de renvoyer
16:33800 000 Syriens en Syrie.
16:35Et lui a dit OK.
16:36Avec l'accord du président syrien.
16:38Oui.
16:39Sauf que ces 800 000
16:40n'ont pas du tout envie de rentrer.
16:42Beaucoup veulent rester.
16:44Beaucoup de gens de gauche
16:46en Allemagne disent
16:47que c'est un scandale
16:48de vouloir renvoyer ces gens
16:50qui, pour beaucoup d'entre eux,
16:51sont déjà devenus
16:52soit des citoyens allemands,
16:54soit travaillent
16:54dans la société allemande.
16:56Donc, ce que j'essaye de dire,
16:58c'est qu'on a là un exemple
17:00des tensions de l'immigration,
17:02pas seulement en France,
17:04mais partout en Europe,
17:06avec un million de personnes
17:08qui sont accueillies
17:08parce qu'il y a une guerre civile
17:10à l'intérieur de la Syrie
17:11et qui, après, ne partent plus.
17:13On connaît le problème.
17:14Nous, on a...
17:14Comment on accueille
17:15500 000 parents ?
17:17Il y a un vrai sujet
17:18de coordination entre Européens
17:20sur cette affaire.
17:21Et puis, un autre sujet
17:22qui, lui aussi,
17:24est éminemment important
17:25pour nous
17:26à propos du nucléaire
17:26parce que la Commission européenne
17:27a décidé d'ouvrir une enquête
17:29sur les aides de la France
17:30prévues pour EDF.
17:32Oui, alors là,
17:32c'est vraiment l'Europe
17:33qui marche sur la tête.
17:35D'abord, l'Europe
17:35a fait la guerre au nucléaire
17:37pour rendre service aux Allemands.
17:38Tout ça, c'est une politique
17:39qui, au départ,
17:40vient des Verts allemands,
17:42adoptée par la totalité
17:43de la classe politique allemande
17:44au moment de Fukushima.
17:45J'étais...
17:47Donc, je me souviens très bien
17:48de ce qu'Angela Merkel
17:49nous a dit à nous.
17:50Vous allez fermer Fessenheim.
17:52Vous allez fermer Fessenheim.
17:54Moi, j'arrête lundi.
17:56Au final,
17:57ce n'est pas nous
17:57qui allons fermer Fessenheim.
17:59C'est malheureusement
18:00Hollande et Macron.
18:01Mais les Allemands
18:02voulaient arrêter le nucléaire
18:03dans toute l'Europe.
18:04En commençant par chez eux.
18:06Bon.
18:06Donc, qu'est-ce qu'ils ont fait ?
18:07Ils ont fait une politique
18:09au niveau européen
18:10qui, tenez-vous bien,
18:12interdisait le financement
18:13de la construction de centrales.
18:15Oui.
18:16Déjà.
18:16En les mettant
18:17dans une liste noire.
18:18De la même façon
18:18qu'ils avaient ça aussi
18:19pour les dépenses militaires.
18:21Interdits de financer
18:22les dépenses militaires.
18:23Ça, c'était la pression allemande
18:25sur la bureaucratie européenne.
18:28Il n'y a qu'un jour,
18:31eh bien, eh bien,
18:31surprise, surprise,
18:32Ursula von der Leyen
18:34découvre que le nucléaire,
18:35c'est important.
18:36Alors que le détroit d'Hormuz
18:38est fermé,
18:38qu'on a des problèmes
18:39de gaz, de pétrolet,
18:40il faut relancer le nucléaire,
18:42dit-elle.
18:42On a fait une erreur.
18:44Bon.
18:45Les Français,
18:46après des années
18:47où il ne s'est rien passé
18:48depuis, en gros,
18:49depuis Mitterrand,
18:50un peu sous Sarkozy,
18:51mais là, on relance.
18:53Enfin,
18:54une demi-douzaine
18:55de réacteurs EPR
18:56sont prévus.
18:57Ça représente
18:58plusieurs dizaines
19:00de milliards d'euros.
19:01Pour les financer,
19:02il faut de l'argent d'État
19:04et aussi des prêts.
19:06Et que dit
19:06la Commission européenne,
19:08la même de Mme von der Leyen ?
19:10On va faire une enquête
19:11sur l'aide publique française
19:14au nucléaire
19:15parce qu'il est hors de question
19:16qu'il y ait une distorsion
19:17de concurrence.
19:18Donc, on marche sur la tête.
19:19Et j'ajoute,
19:20pour la cerise sur le gâteau,
19:23rappelez-vous,
19:23l'été dernier,
19:25la même von der Leyen
19:26avait rencontré Trump
19:28dans un terrain de golf
19:29en Écosse
19:30qui appartient à Trump
19:31pour se mettre d'accord
19:32sur un accord,
19:33soi-disant,
19:34commercial
19:35où on a accepté
19:36toutes les conditions américaines,
19:37y compris l'achat
19:39de 750 milliards
19:40de gaz et de pétrole
19:41et 600 milliards
19:43d'investissements
19:44aux États-Unis.
19:44Dans les 600 milliards,
19:46il y a le financement
19:47de centrales nucléaires
19:48américaines
19:48à construire en Europe.
19:49Donc, on va essayer
19:51de bloquer les Françaises
19:52pour faire rentrer
19:53les Américaines.
19:54Vive l'Europe !
19:55On s'explique.
19:55Merci beaucoup, Pierre.
19:56Je pense qu'on aura bien compris
19:57ce qui était en jeu.
20:00On se retrouve
20:00la semaine prochaine, bien sûr.
20:02La semaine prochaine...
20:03Ah oui ?
20:03On fera une petite pause.
20:04Pour l'heure,
20:05vous avez rendez-vous
20:06avec la messe
20:07de la Sainte Seine
20:08en cette semaine pascale
20:10et je vous dis
20:10à très vite sur l'antenne.
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