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Pierre Lellouche, ancien ministre et spécialiste des questions internationales, nous éclaire sur l’actualité de la semaine dans #FaceAPierreLellouche, tous les jeudis à 16h30, présenté par Nelly Daynac.

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Transcription
00:00Nous sommes jeudi, il est 16h30, c'est évidemment l'heure de face à Pierre Lelouch.
00:05Bonjour cher Pierre, alors que j'ai créé un dégât des eaux sur le plateau en direct.
00:09Bonjour cher Pierre, notre ancien ministre spécialiste de politique internationale.
00:15Ça me coule dessus, mais c'est pas grave, on va y aller quand même dans la joie et la
00:18bonne humeur.
00:18On décrypte, comme chaque jeudi, l'actu internationale ensemble,
00:21avant de parler de la circulation dans l'étroit d'Hormuz,
00:24qui crée beaucoup, beaucoup de tergiversations et de problématiques,
00:28le conflit russo-ukrainien, parce que c'est l'actualité des dernières heures.
00:31Vladimir Poutine et le Kremlin qui accentuent un peu plus la pression,
00:34malgré les difficultés des dernières semaines.
00:36Attaque sur Kiev la nuit dernière, 21 morts pour un bilan provisoire.
00:40On est en train de vivre un tournant qui est extrêmement grave,
00:44parce que Zelensky a essayé ces dernières semaines de reprendre l'initiative,
00:49grâce à ces drones à longue portée qui ont créé de grosses difficultés à l'intérieur de la Russie.
00:54Il n'y a plus de pétrole, en Crimée en particulier, mais ailleurs aussi.
00:58Ils ont cassé énormément de raffineries et d'installations stratégiques.
01:02Une escalade pour convaincre Poutine d'arrêter les frais et de s'asseoir à table de négociation,
01:06ça a conduit exactement au résultat inverse, à l'escalade d'un côté,
01:11répondre l'escalade russe.
01:13Et comme il n'avance pas sur le front qui est gelé,
01:16il tape les populations civiles d'une façon extrêmement dure, sauvage, j'allais dire.
01:23Et tout ça n'est pas bon du tout.
01:25Cette guerre est en train de tourner dans un mélange que j'appellerais blitz et verdun.
01:31Verdun parce que tout est bloqué, et le blitz parce que les populations civiles sont en train de payer la
01:35note.
01:36On a dépassé depuis longtemps le million de morts, d'ailleurs autant de blessés.
01:41Il faut vraiment que cette situation s'arrête, mais ni d'un côté ni de l'autre.
01:46On ne voit pas du tout le bout de cette...
01:47On ne voit pas le bout, et d'ailleurs c'est tellement le cas que c'est plus long que
01:51la Première Guerre mondiale,
01:52et plus long que la Deuxième Guerre mondiale, cette guerre.
01:54C'est une catastrophe.
01:55Et elle risque en plus de dégénérer à tout moment,
01:58parce qu'on voit bien qu'on est dans une logique d'escalade.
02:02Et franchement c'est assez inquiétant.
02:03Et ces images encore terribles, et un bilan provisoire de 21 morts
02:07sur ces toutes dernières frappes russes sur la capitale ukrainienne.
02:10Le Moyen-Orient à présent, et un fil majeur également.
02:14Je pose le contexte sur le détroit d'Hormuz.
02:16Toujours extrêmement problématique, malgré cet accord négocié.
02:20La circulation des bateaux n'est décidément pas aussi simple qu'on aurait pu l'imaginer,
02:23malgré cet accord en 14 points qui a été signé.
02:26Alors qu'emprunter la route maritime,
02:28et on peut peut-être voir cette carte pour bien comprendre les axes de navigation,
02:32alors qu'emprunter la route maritime qui longe les côtes d'Omane est souvent présentée,
02:36et on va le voir comme la voie de contournement face au risque de mines dans le détroit d'Hormuz.
02:41Les voici, c'est celle qui va en rouge vers la gauche.
02:44Non c'est l'inverse, c'est l'inverse, c'est celle qui va vers l'Omane.
02:46Rouge c'est l'Iran.
02:48Cette stratégie elle est remise en question, avec des attaques de cargo aujourd'hui.
02:52C'est dire la complexité et le bras de fer qui se poursuit sur ce sujet.
02:56Décryptage avec vous Pierre.
02:57Décryptage est simple, on est dans une drôle de paix,
03:00où on ne parle plus du tout de nucléaire.
03:01Vous noterez que les négociations maintenant sont centrées sur le cadeau de Trump à l'Iran.
03:07Il a fait cadeau du détroit d'Hormuz en réalité,
03:09parce que le détroit il était ouvert avant le 28 février.
03:12Là maintenant on a une situation où l'Iran a mis la main dessus et ne va pas lâcher.
03:17Donc de quoi il s'agit ?
03:19Les Iraniens veulent conserver le contrôle du détroit,
03:23prendre de l'argent au passage, il y en a quand même pour 10 milliards sans doute par an.
03:27Mais surtout c'est un levier, c'est un moyen de chantage sur l'économie mondiale,
03:31à tout moment ils peuvent fermer.
03:33Bon alors qu'est-ce qui se passe ?
03:34Il se passe que certains bateaux ont voulu suivre la côte Omanès,
03:38qui est plus sûre et soi-disant protégée par les Américains,
03:41ils se sont fait attaquer par les Iraniens.
03:44Mais en même temps se déroulent, alors c'est tout le jeu,
03:47en même temps se déroulent des négociations à Doha,
03:50sous médiation du Qatar,
03:54avec Trump qui a envoyé Duitkov et son beau-fils Kushner.
03:59Et en face, les Iraniens n'ont envoyé qu'une équipe technique
04:02dirigée par un vice-ministre des Affaires étrangères.
04:06Ça n'avance pas.
04:07Les Iraniens savent que ce qu'ils sont en train de faire est parfaitement illégal.
04:11Donc qu'est-ce qu'ils font ?
04:12Ils ont coopté le voisin de l'autre côté de la rive Loman,
04:15qui est un petit émirat pacifique, modéré, très beau pays par ailleurs.
04:22Ils ont coopté dans l'idée de faire payer une redevance pour les services.
04:26En fait c'est du chantage, c'est totalement mafieux,
04:29c'est leur acquête, vous passez et vous payez.
04:31Les Omanais disent oui, mais peut-être que si c'est volontaire,
04:34ils n'ont pas vraiment les moyens de s'opposer aux Iraniens,
04:36ils essayent de trouver des solutions.
04:38Il était à Paris, sachant qu'Emmanuel Macron a dit fort justement pour une fois
04:43qu'il ne fallait pas payer.
04:45Et les Iraniens disent quoi aux Français ?
04:48Mêlez-vous de vos affaires et partez.
04:51En langage assez peu diplomatique, n'ajoutez pas à la confusion.
04:55Donc on est dans une situation qui n'est pas bonne,
04:58mais qui était parfaitement prévisible et que j'avais annoncé ici même.
05:01Les Iraniens ne sont pas prêts de renoncer à cette arme absolue
05:05qu'ils détiennent sur l'économie mondiale.
05:07Il y a 25% de l'énergie quotidienne dont le monde a besoin.
05:10Donc ils ferment, tout s'arrête.
05:12Deux points que vous venez d'évoquer sur lesquels on peut peut-être s'attarder
05:1430 secondes, Oman, et le message des Iraniens aux Français.
05:19Oman, parce que le sultan, Haïtam Ben Tariq, qui a été reçu,
05:24on a l'image, à l'Elysée par Emmanuel Macron cette semaine,
05:27qu'a obtenu la France de cette visite d'un pays, d'Oman,
05:30qui, donc l'impression, c'est qu'Oman est coincé entre Téhéran et l'Occident,
05:35et Paris en l'occurrence.
05:36À mon avis, je pense que le président a dû clarifier la position de la France,
05:40mais enfin, c'est très très compliqué d'obtenir quoi que ce soit de torgible.
05:45Oman est coincé, il ne peut faire rien d'autre que de calmer un peu le jeu des Iraniens
05:52sans trop se désolidariser, parce qu'ils n'ont pas les moyens de résister à la pression de l'Iran.
05:57Donc c'est très compliqué pour eux.
06:00Et je l'ai plaint parce que, encore une fois, c'est un sultanat extrêmement modéré,
06:05un beau pays qui est pris dans cette guerre, dans cet engrenage.
06:09Le président de la République, lui, maintenant il est coincé,
06:12parce qu'il a envoyé l'armada à l'essentiel de la marine française et là-bas.
06:15Et le char de Gaulle.
06:16Ça coûte une blinde, comme il dirait.
06:19Un pognon de dingue.
06:20Un pognon de dingue.
06:22Théoriquement, c'était pour amener les Européens à s'occuper du déminage et de la sécurité après l'accord de
06:27paix.
06:28Mais il n'y a pas d'accord, puisque les Iraniens veulent garder la main sur le Détroit
06:31et que les Iraniens disent aux Européens, un peu comme Poutine, d'ailleurs, disent aux Européens,
06:35« Mêlez-vous de vos affaires, laissez-nous régler ce problème. »
06:38Et donc là, on est au pied du mur, une fois encore.
06:42Qu'est-ce qu'on va faire ?
06:43Le président, maintenant, il va avoir un problème.
06:45Combien de temps on reste là-bas ?
06:47Pour faire quoi ?
06:48Sachant que les négociations n'avancent pas vraiment.
06:51Il se parle, mais s'il y a un accord, il y aura un accord pour 60 jours.
06:56Après les 60 jours, il est prévu dans l'accord que les Iraniens ont le...
07:00C'est ça qui est catastrophique.
07:02C'est que, d'ores et déjà, ça a été négocié dans le mauvais sens.
07:05Pourquoi ? Parce que ça a été fait par des amateurs.
07:08Et il y a cette initiative française également, d'Emmanuel Macron,
07:11qui avait proposé d'éminer conjointement le Détroit d'Ormuz.
07:15L'Iran rejette toute intervention et, en effet, met en garde la France contre de nouvelles provocations.
07:20Je cite, selon le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, en gros,
07:25Téhéran avertit Paris.
07:26Mêlez-vous de vos affaires.
07:28Oui, enfin, ce sont les nôtres quand même, puisque, comme le reste de la communauté internationale,
07:33on dépend du Détroit d'Ormuz.
07:34Et il est impensable de laisser privatiser le Détroit au seul profit des Iraniens.
07:40Mais Paris n'a pas réagi à ces menaces à peine volées ?
07:43Je n'ai pas vu.
07:45On se laisse marcher dessus.
07:46On a l'habitude.
07:46Ben, j'espère que non.
07:48Mais, en fait, la riposte va être très, très compliquée.
07:51Il faut savoir que la côte iranienne, elle est truffée de grottes et d'endroits
07:56pour planquer des missiles et des petits patrouilleurs.
07:59Il suffit d'un missile sur un bateau pour que tout s'arrête.
08:03Tout le monde, les assureurs, les compagnies de navigation n'aiment pas trop l'insécurité.
08:09Situation toujours extrêmement sensible et fragile.
08:13On avance dans notre décryptage.
08:14Ce qui n'est pas bon non plus, c'est ce sommet de l'OTAN qui arrive dans cinq jours
08:20à Ankara, en Turquie.
08:22Sommet marqué par un quasi-divorce entre les États-Unis et l'organisation du traité de l'Atlantique Nord.
08:27Alors, Pierre, Washington qui a déjà acté le retrait de trois commandements.
08:31L'un aux États-Unis à Norfolk, un en Italie à Naples, un autre aux Pays-Bas.
08:36L'Europe qui se retrouve en fait progressivement obligée de résoudre l'équation du désengagement américain dans l'organisation.
08:43Voilà, et un désengagement unilatéral et pas du tout préparé avec les Européens.
08:48C'est ça qu'on peut dire.
08:49Pour l'instant, la géniflexion ne paye pas beaucoup.
08:52J'avais rappelé ici même, il y a une quinzaine de jours, la visite de Rutte, le secrétaire général de
08:57l'OTAN,
08:57avec ses tableaux dans le bureau de Trump pour lui dire
09:00« Grâce à vous, on a le milliard de milliards de dollars d'augmentation des dépenses militaires en Europe.
09:07Vous avez eu votre impact. »
09:08Il l'appelle « Papa Trump ».
09:10Donc c'est dire à quel point c'est pathétique.
09:14Le problème, c'est que Trump n'a pas avalé du tout l'attitude des Européens pendant la guerre du
09:18Golfe,
09:19la fermeture des espaces aériens ou des bases.
09:22Donc il considère qu'il a été trahi et il est à deux doigts de dire « je m'en
09:26vais ».
09:26Alors il n'en est pas totalement là encore.
09:29Simplement, le Pentagone prépare le transfert.
09:32Et là, trois commandements très importants dans le dispositif de l'OTAN,
09:36vous les avez rappelés, Norfolk, Naples et Brunson pour le théâtre central,
09:41ont été donnés à des commandants européens.
09:45Alors, en Virginie, Norfolk parce qu'un amiral anglais.
09:50À Naples, c'est un italien.
09:52À Brunson, ça mélange d'allemand et de polonais.
09:54Donc théoriquement, ils vont être chargés des forces sur ces trois théâtres qui sont très importants.
10:00Le premier, c'est l'acheminement des renforts par l'Atlantique Nord.
10:03Le deuxième, c'est le théâtre de Naples, toute l'Europe du Sud, le flanc sud.
10:07Et puis Brunson, Hollande, c'est la bataille centrale contre éventuellement la Russie.
10:12Donc ces commandements sont transmis, mais pas le commandement suprême qu'on appelle le « shaker ».
10:17Voilà, c'est ce que j'allais vous demander.
10:18Est-ce que ça, ça doit nous rassurer ?
10:20En nous disant que les Américains gardent une...
10:22Voilà, ça, ça doit nous rassurer parce que...
10:24Enfin, rassurer ceux qui y croient encore, mais peu importe.
10:27C'est le commandant suprême de l'OTAN qui reste américain.
10:31Comme restent américains, des commandants à plus bas niveau, mais qui contrôlent les forces américaines.
10:37Donc l'Américain en haut, il reste.
10:39Les commandants américains continuent à contrôler les forces américaines en Europe.
10:43Et il y a environ quand même 60 000, à peu près, 60-70 000 hommes.
10:47Mais alors, l'autre nouvelle, dont peu de gens parlent,
10:50c'est que le nombre d'armements qui vont être coupés est considérable.
10:55Exemple, 5 000 soldats en Allemagne vont partir.
10:59Soldats américains ?
11:00Oui.
11:00Le tiers des avions de combat F-16 et F-15.
11:03La moitié des bombardiers stratégiques et des ravitailleurs.
11:07Un sous-marin nucléaire lanceur d'engin va disparaître.
11:10Donc tout ça, ça va être réaffecté sur le front asiatique,
11:13quitte aux Européens maintenant à s'occuper du reste.
11:16Le problème, c'est que les Européens ont des trous capacitaires, comme on dit chez les militaires,
11:20notamment en matière de renseignement et de défense antiaérienne.
11:24Et c'est là qu'on a un problème.
11:26Parce que tout ça est encore béant.
11:28Manque d'argent, manque de coordination.
11:31On n'a pas la solution de remplacement.
11:34Et surtout, ces décisions sont prises unilatéralement.
11:37Le Pentagone avait promis de faire, comme ils appellent ça, un OTAN 3-0
11:42avec une négociation avec les Européens.
11:44Mais ce n'est pas ça qui se passe.
11:45Les Américains se barrent.
11:46On a un OTAN en mode survie, plutôt.
11:47Ils se barrent, plus ou moins sur la pointe des pieds.
11:50Et puis, ils laissent les Européens se débrouiller avec le reste.
11:53On avance, mais on continue de parler de Donald Trump.
11:55La Cour suprême américaine a annulé, il y a deux jours,
11:59un décret signé en 2025 par Donald Trump.
12:02Au premier jour.
12:02Au premier jour de son mandat.
12:04Qui supprimait le droit du sol.
12:06C'était quelque chose de très engageant pour le président américain.
12:09Un vrai dossier.
12:10Qui supprimait le droit du sol pour les enfants d'immigrés en situation irrégulière.
12:13Le président américain considérait le droit du sol comme une invitation à l'immigration clandestine.
12:18Toutes les juridictions saisies, d'ailleurs, avaient déclaré ce décret inconstitutionnel.
12:21Est-ce qu'on peut dire que c'est une défaite cuisante, un camouflet pour Donald Trump ?
12:26C'est la deuxième défaite lourde.
12:28La première, c'était qu'il a été retoqué sur ses droits de douane.
12:32Il est à tout haut.
12:33Il n'a pas le droit de faire ça.
12:34En gros, c'est le Congrès qui gère le commerce extérieur.
12:37Pas vous.
12:37En tout cas, pas les droits de douane.
12:39Et le deuxième échec, c'était cette idée que les sans-papiers, les mamans sans-papiers qui accouchent à l
12:46'État-Unis ne font pas des Américains.
12:48Restera sans-papiers.
12:49Et ça, c'est contraire au 14e amendement, en tout cas de la lecture du 14e amendement par la Cour
12:56suprême,
12:56dont je rappelle qu'elle est au deux tiers favorable à Trump.
13:00C'est Trump qui les a nommés.
13:01Ces juges, 6 sur 9, se sont élevés contre l'ordonnance signée par Trump au premier jour de son mandat.
13:11Ils voulaient supprimer le droit du sol.
13:14Or, le droit du sol, c'est consubstantiel.
13:17En France aussi, d'ailleurs, quand Retailleau dit « je veux supprimer le droit du sol »,
13:21c'est un sujet absolument cardinal dans l'histoire et l'imaginaire collectif aux États-Unis.
13:26Donc, la justice a retoqué.
13:28Mais je voudrais vous parler quand même de deux opinions dissidentes,
13:31et notamment de celle de Clarence Thomas, qui est un juge noir,
13:36et qui explique, à juste raison, que le 14e amendement, à l'époque,
13:41avait été adopté pour les Noirs américains qui sortaient d'esclavage.
13:45Donc, c'était en fait pour qu'ils aient les mêmes droits que les Blancs.
13:48Or, depuis, c'est dévoyé, dit Clarence, et puis l'autre juge minoritaire,
13:53qui parle de tourisme de naissance.
13:56Et les chiffres sont quand même considérables.
13:58Entre 2006 et 2023, plus de 5 millions de jeunes Américains sont nés
14:04sur le sol américain, de mer, sans papier.
14:08Ce n'est pas rien.
14:08Ils sont de fait américains, par le droit du sol.
14:11Et ils deviennent immédiatement américains.
14:12C'est le même système en France, d'ailleurs.
14:13On rappelle quand même qu'il a 6 juges sur 9,
14:16qu'il a nommé lui-même et qu'ils sont partisans républicains, conservateurs,
14:19en tout cas, Donald Trump.
14:20En théorie, mais là, ils ont buté sur une jurisprudence qui est vieille de 150 ans.
14:25Il nous reste 3 minutes 30 ensemble pour aller au bout de nos sujets, cher Pierre.
14:30Une enquête du New York Times, très intéressante,
14:33qui explique comment un accord minier entre les Etats-Unis et le Kazakhstan
14:37profite directement à la famille de Donald Trump.
14:40Selon cette enquête, le contrat signé autour d'un vaste gisement de tungsten,
14:44c'est surnommé le métal de la guerre,
14:45ça sert à fabriquer des ogives, des puces électroniques, très important.
14:48Ce contrat signé pourrait profiter au fils du président américain, Eric Trump,
14:54ainsi qu'à la famille d'Howard Lutnik, son ministre du commerce.
14:58Oui, alors, on a beaucoup parlé, y compris dans la presse française,
15:01du triplement de la fortune de Trump à cause des crypto-monnaies.
15:03Ce qu'on n'a pas vu, c'est qu'il gagne de l'argent dans plein de domaines,
15:06y compris en vendant des bibles, par exemple.
15:08Mais là, au Kazakhstan, c'est grandiose,
15:10puisque un accord a été passé d'État à État entre le Kazakhstan et les Etats-Unis
15:15pour mettre la main sur ces terres rares.
15:18Parce qu'il y a la Chine aussi qui voulait mettre la main dessus.
15:20Donc, a priori, l'État américain met énormément d'argent sur la table.
15:25Et puis, il y a une société qui s'appelle Caz,
15:29qui est formée des deux fils de Trump et des deux fils de Lutnik,
15:33son ministre du commerce.
15:34Dans cette société Caz, ils ont mis de l'argent, c'est à eux.
15:38Et que croyez-vous qu'il se passe ?
15:40Ils sont bénéficiaires de 1,8 milliard d'argent public américain
15:45pour mettre la main sur le tungstène du Kazakhstan.
15:48Alors, la répartition se fera à 70% pour les Américains,
15:5230% pour les Kazakhs.
15:54C'est une magnifique affaire.
15:55Mais ce n'est pas la seule.
15:56Il y a plein d'autres...
15:57C'est presque du délit d'initier.
16:00Un minima.
16:01En France, un minima.
16:03Non, le plus fort, c'est qu'il y a plein d'autres...
16:06Il y a 14 autres sociétés dirigées par les mêmes
16:08et qui s'occupent de métaux rares,
16:10puisque les métaux rares, c'est stratégique.
16:11L'État américain va mettre, tenez-vous bien,
16:1420 milliards d'euros à peu près sur la table.
16:17Et qui est-ce qu'il y a à l'autre bout pour récolter tout ça ?
16:20Il y a les enfants, des responsables américains.
16:23On est dans une oligarchie intéressante.
16:26Il nous reste une minute trente.
16:27Est-ce qu'on essaie de faire très vite la taxe sur les petits colis ?
16:29Ça, c'est très drôle.
16:30Très vite.
16:30Alors, depuis le 1er mars 2026, la France taxait à hauteur de 2 euros
16:34les petits colis contenant des articles d'une valeur inférieure à 150 euros
16:38achetés à l'étranger dans un pays situé hors UE,
16:40notamment depuis la Chine, puis livrés ensemble en France.
16:44Ça a été suspendu au 1er juillet.
16:46Pourquoi ?
16:47Parce qu'une nouvelle version européenne, cette fois, va entrer en vigueur.
16:50Pour vous, c'est une nouvelle débâcle.
16:51En 30 secondes, si vous y arrivez.
16:53D'abord, il faut comprendre que l'Union européenne, dans sa grande stupidité,
16:59a fait cadeau de tout droit de douane sur tout ce qui est inférieur à 150 euros.
17:04Alors, les Chinois se sont engouffrés dans l'histoire des 150 euros.
17:08Et Chine, Temu et tous les autres, Alibaba, hop, on va vous filer des colis à moins de 150.
17:15Devant la concurrence déloyale massive, il a fallu décider quelque chose.
17:19L'Union européenne avait décidé de mettre un droit de douane à partir du 1er juillet,
17:23c'est-à-dire hier, n'est-ce pas ?
17:25Pour calibrer en fonction du colis, si c'était juste un colis fichet ou bien un jean, etc.,
17:32de 3 à 9 euros, voilà.
17:34Les Français qui manquent d'argent et qui sont très intelligents dans le gouvernement actuel
17:39ont dit non, non, ça c'est trop loin, on va commencer tout de suite.
17:42Ils ont fait voter dans le dernier budget, alors non, je suis obligé de vous lire quand même,
17:46la phrase d'Amélie de Montchalin, alors ministre du budget, ils ont fait voter ceci.
17:51Ceux qui ce soir ne voteront pas cette taxe n'ont pas choisi la France,
17:56ils n'ont pas choisi nos commerçants, ils ont choisi la Chine et sa subversion.
18:01Cette dame est aujourd'hui présidente de la Cour des comptes.
18:05Bon, il s'avère que cette taxe a évidemment joué en sens inverse.
18:10La Poste, les commerçants avaient prévenu, surtout faites pas ça, il va y avoir une déviation du commerce.
18:16Eh bien, où ils sont allés, les avions chinois, ils sont allés à Bruxelles et après c'est arrivé en
18:20France par camion.
18:22Résulte à des courses, il y avait un aéroport à Vatry dans la Sarthe, dans la Marne, pardon.
18:28Oui, on n'en avait pas eu une semaine de...
18:30Ils avaient travaillé 120 personnes, et bien c'est...
18:32C'est parfait en Belgique.
18:33Voilà, donc l'attaque n'a rien rapporté.
18:37Et donc tout l'argent qu'on attendait, on attendait 600 millions d'euros, rien.
18:41Et l'aéroport de Vatry, il est sur le point de fermer avec 120 emplois à la clé.
18:46Et on dit bravo à ces gouvernants qui sont vraiment très très forts.
18:51Moi je vous dis bravo Pierre Lelouch, et pour vous féliciter, je vous offre le passeport Patriot.
18:55Ah !
18:56Ça vous va ?
18:56Oui, ça c'est merveilleux.
18:57On se quitte sur le passeport Patriot.
18:58Alors je vous donne vraiment 10 secondes, parce que là on a tous les radars qui sont au rouge en
19:02termes de temps.
19:03Le nouveau passeport pour le 250e anniversaire, il est allé figy de Trump, évidemment.
19:08De qui ? De Trump ?
19:09C'est presque dommage de ne pas être américain pour l'avoir en collecteur.
19:13Et franchement il est pas mal.
19:14Il est pas mal, ça c'est le nouveau passeport à l'occasion du 250e anniversaire.
19:20Macron n'a pas encore osé, mais peut-être ça l'inspire pas.
19:25Allez, il faut vraiment qu'on rende l'antenne.
19:26Désolé pour la régie finale et les équipes qui suivent.
19:30Punchline est assuré avec Laurence Ferrat.
19:31Merci mille fois Pierre.
19:33Merci beaucoup.
19:34Je ne sais pas si je vous vois la semaine prochaine, on laisse le suspense pour nos téléspectateurs.
19:37Un jour il faut quand même essayer de partir en vacances, mais on n'y arrive pas.
19:40Bonne fin de journée sur CNews.
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