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Pierre Lellouche, ancien ministre et spécialiste des questions internationales, nous éclaire sur l’actualité de la semaine dans #FaceAPierreLellouche, tous les jeudis à 16h30, présenté par Nelly Daynac.

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00:01Bonjour à tous, bonjour Pierre Lelouch, je suis ravie de vous retrouver dans un tout nouvel exercice parce que chaque jeudi désormais vous allez nous éclairer avec votre regard, avec votre expérience de la politique et des relations internationales aussi sur l'actualité de la semaine et Dieu sait déjà qu'elle a été dense en ce jeudi, ça tombe bien, convenez-en quand même pour notre première.
00:24Ça tombe bien, il faut être à la hauteur donc je suis un peu spassé. Mais vous le serez, je n'en ai aucun doute. Alors commençons avec le blocage attendu du 10 septembre, ça n'a pas pris, tout le monde en convient, pourquoi c'est un échec et d'ailleurs de qui est-ce l'échec ou le succès selon vous ?
00:41Moi je pense qu'il y a trois facteurs dans cette affaire. La première chose c'est que ceux qui ont lancé le mouvement c'était plutôt des gens qui travaillent, c'était les ex-gilets jaunes, on voit bien que c'était l'oral-bol de ceux qui travaillent.
00:54Ceux-là ne sont pas venus parce que Mélenchon a en fait capturé cette journée, donc ceux-là ne sont pas venus. L'électorat créolisé de Mélenchon n'est pas venu non plus, donc il lui restait les jeunes, les bobos et plus les black box et ça, ça fait peur à tout le monde.
01:15Qui eux se réclame du mélenchonisme néanmoins ?
01:17Donc le grand perdant à mon avis c'est lui. Et enfin il y a un troisième facteur qui est que la police a mieux travaillé et que, instruite par les périodes précédentes, je dirais que le dispositif a été à la hauteur et ils ont contrôlé la situation sans dommage.
01:29Donc au final c'est plutôt mauvais pour Mélenchon, plutôt bon pour Retailleau et bon, quant à la colère du pays, elle reste là, donc elle va peut-être s'exprimer de toute façon le 18 autour des syndicats, mais je pense que la colère elle est très profonde et le ras-le-bol est très profond.
01:46Vous y croyez d'un mot à cette ambition justement de l'extrême gauche, de tenter de faire la jonction et de créer comme ça des mouvements disruptifs jusqu'au 18 septembre, de manière à créer une espèce d'effet boule de neige ou pas du tout ?
01:59Jusqu'au 18 septembre et au-delà.
02:00Et au-delà même.
02:01Parce que leur stratégie c'est vraiment ça, c'est de prendre le pouvoir par la rue et accessoirement de préparer Mélenchon pour la présidentielle.
02:10Ils ne jouent pas autre chose que ça, ils jouent la bordalisation de l'Assemblée nationale, tout le monde l'a compris et ils jouent les réflexes d'opposants.
02:18Mais encore une fois, l'électorat de Mélenchon c'est la France créolisée, qu'ils l'appellent créolisée.
02:24Parce que là ils ne sont pas venus hier.
02:25Mais ça l'est, ils ne se déplacent pas traditionnellement ?
02:27Non, parce que vous l'avez vu pendant les Gilets jaunes, ils ne se sont pas déplacés pour une bonne raison, c'est que leur mode de vie ne changeait pas.
02:34Les prestations sociales arrivaient et ceux qui font du deal, ils continuent à dealer.
02:39Donc en réalité, les Gilets jaunes c'était les Français qui travaillent dur ou qui sont pauvres, les retraités, gens comme ça, surtout en province.
02:49Ceux-là ils n'étaient pas dans la rue hier.
02:50Alors parlons aussi de politique.
02:53Évidemment ça a été une semaine éminemment politique avec des cartes qui sont complètement rebattues.
02:57François Bayrou, c'est fini.
02:58On se retrouve donc avec un cinquième Premier ministre dans le deuxième mandat d'Emmanuel Macron.
03:04Regardez cette photo qu'on a préparée, où on a mis face à face, ou côte à côte on va dire plutôt,
03:10Emmanuel Macron et son poulain, si je puis dire, Sébastien Lecornu,
03:15à la fois ministre depuis les débuts mais relativement inconnu du grand public.
03:21Lecornu, péché d'orgueil pour le Président ou choix pragmatique ?
03:27Comment vous définiriez la chose ?
03:29Non, Lecornu, il faut bien comprendre que c'est l'homme qui a sauvé le Président au moment des Gilets jaunes.
03:36Moi j'ai connu le quartier de l'Elysée, de la Concorde, complètement barricadé.
03:41Ils ont eu peur à ce moment-là, ils n'étaient plus grand-chose.
03:44Celui qui a sorti Macron de cette énorme difficulté, c'est Lecornu,
03:49qui a eu l'idée du grand débat, des cahiers de doléances,
03:55et surtout de jouer le maire qui parlait à d'autres maires.
03:58Et ça a marché.
03:59Et je pense que Macron depuis ce moment-là est devenu très proche.
04:02Il lui en doit une d'une certaine manière.
04:04Et comment ?
04:05Et donc ce jeune-là que j'ai connu il y a fort longtemps, comme un très jeune élu local qui était au cabinet de Le Maire à l'époque,
04:15qui est arrivé grâce à Le Maire et à Édouard Philippe.
04:19Et c'est comme ça qu'au moment où ces deux-là sont passés chez Macron, il était dans le wagon, si j'ose dire.
04:25Et ensuite, il a fait une carrière très discrète où, très honnêtement, c'est très contrasté ce résultat.
04:31En Calédonie, ce n'est pas franchement terrible.
04:34Sur le nucléaire, il a fermé Fessenheim tout en disant après coup qu'il faut que la France refasse du nucléaire.
04:41C'est un gâchis monstrueux.
04:45Et puis bon, à la défense, il s'est bien débrouillé en faisant voter une loi de programmation militaire.
04:50Mais malheureusement, il n'a toujours pas assez d'argent.
04:52Et lui-même le reconnaît. Sur la défense, il a été honnête parce qu'il est très attaché à la défense nationale.
04:58Et il a raison. Et c'est un sujet que je connais un petit peu.
05:01Donc il a fait au max, si j'ose dire, par rapport à un pays totalement désargenté.
05:06Aujourd'hui, si vous voulez, dans le réarmement de la France, péniblement, Bayrou prévoyait 3 milliards de plus,
05:11qui n'ont pas encore été votés.
05:13Les Allemands, à côté de nous, ils ont prévu 500 milliards.
05:17100 milliards par an.
05:18On ne fait pas le figure.
05:19C'est-à-dire que ça va changer les rapports de force.
05:22Dans quelques années, l'armée allemande sera la première armée d'Europe.
05:25Puis nous, on aura regardé les trains parce qu'on n'a plus un rond.
05:28C'est ça, l'histoire.
05:29Oui. Alors on va reparler de l'équation impossible qui est la sienne aujourd'hui.
05:32Il nous promet, et d'ailleurs, ça ne vous a pas échappé,
05:34il a fait une allocution très très courte sur le perron de Matignon hier au moment de la passation.
05:37Oui, ce n'était pas très amical leur affaire.
05:38Oui, on sentait quand même la froideur dans les relations.
05:41Il nous promet la rupture.
05:42Mais de quelle rupture on parle ?
05:44Est-ce seulement possible, de votre point de vue ?
05:46Le mot rupture dans cette équation est complètement surréaliste parce que c'est l'homme de Macron.
05:52Et ça va permettre à Macron de reprendre le contrôle de Matignon alors qu'il l'avait perdu.
05:57Il avait perdu l'éjection législative.
05:59Donc en fait, le président était hors-jeu.
06:01Oui.
06:01Et sous Barnier comme sous Beyrou, le gouvernement vivait à peu près sa vie.
06:08Là, il va pouvoir, via Lecornu, reprendre le contrôle.
06:12Je ne vois pas où est la rupture.
06:13Au contraire, c'est une très grande continuité.
06:16Après, Lecornu, il est très malin et assez doué pour naviguer entre les différents courants.
06:22Donc peut-être qu'il va réussir à réconcilier deux ou trois personnes autour d'un texte ou d'autres textes.
06:28Mais enfin, je ne vois pas très bien comment parce que ce qu'il va gagner à gauche, il va le perdre à droite et inversement.
06:34Donc je ne sais pas comment il va faire un budget avec ça ou peut-être qu'il ne va pas faire de budget du tout.
06:37Donc c'est une situation extrêmement instable.
06:40Et puis à côté de cette situation instable et difficile pour lui.
06:43Moi, encore une fois, je ne dis pas ça parce que je souhaite son échec.
06:46Je suis un Français donc je souhaite que mon pays s'en sorte.
06:49Que voulez-vous ?
06:50On est dans une situation inextricable et dramatique sur le plan financier.
06:53Il vaut mieux en sortir.
06:56On rappelle qu'il y a une échéance importante demain en outre.
06:58– Ah bah oui, il y a Fitch demain qui me donne la notation.
07:01L'Europe entière a les yeux fixés sur la France, je peux vous le dire,
07:04parce que tout le monde est inquiet sur l'avenir de la zone euro et sur l'Union Européenne.
07:07La France n'est pas la Grèce.
07:09Si la France se casse la figure, c'est l'ensemble du système de la zone euro qui s'effondre.
07:13Donc Madame Lagarde, la BCE, les Allemands, tout ça, regarde la France avec une grande inquiétude.
07:18La difficulté, c'est qu'il arrive ou il n'arrive pas avec son socle commun, etc.
07:26S'il n'y arrive pas, normalement, la parole doit revenir au peuple sous la forme d'une dissolution.
07:33– Alors oui, justement.
07:34– Et alors, sur la dissolution, j'ai beau regarder, je ne vois pas qui a intérêt à la dissolution.
07:38Certainement pas LR et les socialistes, ils ne sont pas prêts.
07:42Le RN n'a pas envie de gouverner, et Mélenchon non plus.
07:46Mélenchon, il veut la présidentielle.
07:48Donc, s'il n'y a pas de solution par des élections anticipées,
07:53je ne sais pas, honnêtement, je ne sais pas comment on tient deux ans comme ça.
07:56– Alors pourquoi tout le monde fait mine d'appeler ou de réclamer la dissolution de ses voeux,
08:01à commencer par le RN ?
08:03C'est une posture, sachant qu'elle n'interviendra pas dans un premier temps ?
08:05Moi, je pense que c'est une posture, et qu'ils ne sont pas assez fous
08:08pour vouloir gouverner la France d'une situation pareille.
08:11– Parce qu'ils ont dit que s'ils n'avaient pas de majorité, ils n'iraient pas.
08:13Jordan Bardella a été plus ou moins clair là-dessus déjà la dernière fois.
08:16– Mais même, c'est extrêmement risqué, à un an des présidentielles,
08:18de prendre le pays dans un État pareil.
08:21Pour eux, ce sera à supposer qu'ils soient prêts, ce que je ne sais pas.
08:25Ce sera très risqué.
08:26Mélenchon ne veut pas passer par la case législative directement à la présidentielle,
08:30parce qu'il espère être contre Marine Le Pen ou Bardella.
08:34Et les deux autres, les partis de gouvernement,
08:36ne sont pas en État de fabriquer aujourd'hui une majorité,
08:40d'un côté ou de l'autre.
08:42Et donc le pays, il est encalaminé dans une situation politique
08:45sans précédent depuis le début de la cinquième.
08:47C'est-à-dire que ces institutions qui étaient très solides,
08:50elles sont solides à condition qu'il y ait des partis au centre,
08:54à droite comme à gauche,
08:55qui puissent servir de majorité au président,
08:58ou bien d'alternance au président.
09:00Les deux cohabitations ont fonctionné,
09:02moi je les ai vécues comme député,
09:04tout simplement parce qu'en face du président,
09:06il y avait une majorité cohérente, de droite ou de gauche.
09:09Là, il n'y a plus rien.
09:10Et ce n'est pas le socle commun qui est minoritaire.
09:13Il va nous donner une majorité.
09:15– Est-ce qu'on est dans un essoufflement
09:16de la cinquième et de nos institutions,
09:19telles que ça avait été conçu par le général de Gaulle
09:22et Michel Debray ?
09:24– C'est bien plus grave que ça.
09:26Ce n'est pas seulement un problème institutionnel,
09:28c'est un problème de société.
09:30La France a un modèle social
09:31qui est en train de prendre l'eau de tous les côtés.
09:34Nous sommes incapables d'avoir un budget en équilibre
09:37depuis 51 ans.
09:38Et là-dessus, le seul mérite que je reconnais à Beyrouth,
09:40c'est d'avoir au moins fait cette pédagogie de la dette.
09:44Mais cette pédagogie montre que le pays ne fonctionne plus.
09:48c'est-à-dire que les urgences à l'hôpital,
09:52tous ceux qui ont eu à voir avec les services publics
09:54voient qu'il y a des problèmes majeurs.
09:56À l'école, cette histoire de tout le monde va à l'université,
10:00personne n'a de boulot à la sortie.
10:01Tout un tas de secteurs de notre pays
10:04doivent être repensés.
10:05De l'agriculture, la France était un pays agricole,
10:08on est déficitaire.
10:10En matière industrielle,
10:11on est en dessous de 10% de production industrielle.
10:14Donc le pays s'est délité.
10:15Et les Français, quand je parle aux gens,
10:18quand ils me parlent,
10:19c'est qui va nettoyer les écuries ?
10:21Qui va faire le ménage ?
10:23Ce n'est pas seulement un problème institutionnel,
10:25c'est un problème d'autorité,
10:26de recomposition de la fierté nationale.
10:29Et puis il y a aussi un problème
10:30qui est que nous sommes dépossédés
10:32de beaucoup de nos décisions
10:33par quelque chose qui s'appelle l'Europe.
10:35On en parlait tout à l'heure
10:36quand on a parlé des arrêts maladie
10:38qui pouvaient intervenir pendant les congés.
10:40Ça, ça fait partie des choses
10:40sur lesquelles on doit se mettre en conformité.
10:42C'est magnifique.
10:42Dans un pays qui se retrouve
10:45avec des déficits considérables
10:46en matière sociale,
10:47on va en rajouter juste pour le plaisir.
10:49Idem pour la politique d'immigration
10:50qui est quand même majeure dans notre pays.
10:52On reçoit 500 000 personnes par an.
10:55Eh bien, on n'est pas en contrôle
10:56de cette politique-là.
10:57C'est l'Europe plus les tribunaux qui décident.
10:59Mélodie s'en sort plutôt bien à cet égard.
11:01Mélodie, elle a fermé.
11:02Regardez, Mélodie s'en sort bien.
11:04Trump s'en sort bien.
11:05Il y a des partis de gauche au pouvoir en Europe,
11:08au Danemark par exemple,
11:10où le résultat se fait sentir.
11:12En France, il n'y a pas eu de consensus.
11:14On continue à se disputer entre nous,
11:16entre les bonnes âmes et les bons esprits
11:18et les autres.
11:18Et du coup, aucune décision n'est prise.
11:20Et ça, les Français, au bout d'un moment,
11:22voient bien que ceux qui étaient chargés
11:25de faire fonctionner le pays,
11:26les ont trahis.
11:27C'est pour ça qu'ils détestent la classe politique.
11:28C'est pour ça que ça ne les intéresse pas.
11:30Le fond du sujet, c'est qu'aujourd'hui,
11:32on est à Paris, on parle de Le Cornu,
11:34on parle de politique, de pologe, comme ils disent.
11:39Mais le gros des Français, ça ne les intéresse pas.
11:41Est-ce que ça résout leur problème de fin de mois ?
11:42Non.
11:43Ce qu'ils voient, c'est que le 10,
11:44ils ne peuvent plus payer les tracts.
11:44Leur problème de sécurité, quand ils sortent de chez eux,
11:47non.
11:48Et c'est ça qui est l'angoisse, en ce moment, du pays.
11:50Donc, il y a un vrai travail de faire le ménage.
11:56Quelqu'un doit venir faire le ménage
11:58et remettre le pays sur ses rails.
12:00Et il pourra, à ce moment-là, retrouver sa force,
12:04sa grandeur, parce que c'est un pays formidable,
12:06avec immensément de talent, mais tout ça est perdu.
12:08Donc, rendez-vous dans un an et demi, pas avant.
12:11Ça dépend, parce que si la situation s'englue
12:15et il n'y a pas d'issue,
12:17à un moment, les gens vont se tourner vers le président
12:19en lui disant, c'est toi le responsable.
12:20Enfin, il a quand même été clair à plusieurs reprises.
12:22Il a dit, moi, on m'a confié un mandat,
12:24je n'y renoncerai pas jusqu'au bout.
12:25Il y a eu aussi des précédents dans l'histoire de France
12:28où le président se soumet ou se démet.
12:31Donc, je ne le souhaite pas nécessairement,
12:34parce que ça créera un précédent dans la vie constitutionnelle
12:37qui n'est pas souhaitable.
12:38Vous êtes en train de dire qu'une destitution
12:40n'est pas complètement exclue ?
12:41Non, destitution, c'est une autre procédure.
12:43J'en avais lancé une contre M. Hollande,
12:45parce qu'il avait montré les secrets militaires d'attaque en Syrie
12:48à des journalistes.
12:49Donc, j'avais commencé une procédure de destitution,
12:51c'est très difficile à faire.
12:53Elle avait été retoquée.
12:54Ce n'est pas par la destitution,
12:55mais cette situation politique peut rendre la gestion du pays impossible.
12:59À ce moment-là, il faut revenir devant le peuple.
13:00Il est forcé de partir.
13:02Donc, pour l'instant, Emmanuel Macron qui reprend la main sur Matignon,
13:06il essaie aussi de travailler sa posture internationale.
13:09Dans dix jours, on le rappelle,
13:10il sera à la tribune de l'ONU
13:11pour déclarer la reconnaissance de la Palestine.
13:14C'est une erreur, de votre point de vue ?
13:17Alors, d'abord, un mot sur son activisme diplomatique.
13:20Son activisme diplomatique est inversement proportionnel à l'état du pays.
13:24Plus il s'agite à l'international, plus le pays, en fait, va mal.
13:27Et c'est un effet de diversion auprès des Français.
13:31Simplement, à l'extérieur, ses collègues sont très polis,
13:34ils ne lui disent pas,
13:34mais tout le monde sait que le pays est bloqué,
13:37que le pays est en faillite financière.
13:39Enfin, lui, il court les sommets,
13:40et il s'est emparé,
13:42alors qu'on a été expulsé d'Afrique,
13:45que les relations avec l'Algérie sont épouvantables,
13:46j'en passe, c'est des meilleurs,
13:48et qu'on a un énorme problème en Calédonie non réglé,
13:50et que tout le monde a compris ça aussi,
13:52sans parler de Mayotte.
13:54Lui s'est emparé de deux dossiers clés
13:56en se donnant le rôle de faiseur de paix.
13:59Faiseur de paix en Ukraine,
14:00faiseur de paix à Gaza.
14:02Alors, sur Gaza, il a changé d'avis
14:04au moins deux ou trois fois,
14:06puisqu'au début, il soutenait à fond Netanyahou.
14:08Maintenant, il est celui qui veut reconnaître la Palestine
14:11et il n'arrête pas de critiquer très fortement Netanyahou.
14:16La question qui se pose sur cette question palestinienne,
14:18c'est, est-ce que cette prise de position de M. Macron
14:22sert ou pas la cause de la paix ?
14:26Est-ce que ça va permettre la paix
14:28que de reconnaître la Palestine
14:31en gardant le Hamas en contrôle de Gaza
14:34et en gardant des otages dans les tunnels de Gaza ?
14:36Vous avez déjà la réponse à cette question.
14:38Est-ce que ça, ça sert à la paix ?
14:39Est-ce que ça va, par exemple, convaincre les Israéliens
14:41de s'y mettre ?
14:42Parce qu'il y a aussi des gens en Israël,
14:44heureusement, qui veulent la paix.
14:45Mais dans des conditions pareilles,
14:46où l'autorité palestinienne est par terre,
14:49où Gaza est encore entre les mains du Hamas,
14:52qu'on l'aime, qu'on veuille ou pas,
14:53est-ce que cette posture diplomatique
14:55qui a réussi à entraîner l'Angleterre,
14:59l'Australie, deux ou trois pays,
15:01est-ce que ça, ça sert à quelque chose ?
15:03Franchement, j'ai un gros doute...
15:05Il s'achète plutôt une paix sociale dans son pays ?
15:07Voilà, je pense qu'il y a un effet aussi
15:08de signal donné à la très importante
15:12communauté musulmane en France,
15:13dont beaucoup se sont...
15:15Ça peut se comprendre.
15:16polarisé sur cette question-là.
15:18Polarisé, associé avec le peuple de Gaza
15:21qui souffre.
15:22Mais enfin, si le peuple de Gaza souffre,
15:24il faut quand même rappeler
15:25que le mouvement terroriste Hamas
15:29continue de gouverner ce territoire
15:31et continue de garder des otages.
15:33Si ces gens partaient,
15:34comme jadis Arafat était parti du Liban,
15:37la guerre s'arrête.
15:38Or, elle ne s'arrête pas.
15:39Pourquoi ?
15:39Parce que le Hamas peut rester en charge.
15:41Après, et c'est ça qui négocie,
15:43je te donne quelques corps
15:45ou quelques étages
15:46en échange d'un retrait des forces israéliennes
15:49et je reste au pouvoir.
15:51Ce qui n'est pas le meilleur service
15:52à rendre à la cause palestinienne
15:53parce que, quand une fois,
15:54le Hamas, ce n'est pas un mouvement
15:55nationaliste palestinien,
15:56c'est un mouvement terroriste islamiste.
15:58Il n'y a pas grand-chose à voir.
15:59Ça ne les libérera pas de ce jour.
16:00Un mot quand même
16:01sur ce qui s'est passé en Pologne.
16:03L'autre sujet, c'est l'Ukraine.
16:06Vous suivez beaucoup ça.
16:07On va rappeler le contexte,
16:09le survol de 19 drones russes.
16:11Volodymyr Zelensky a déploré
16:12la mollesse des Occidentaux.
16:14On sent que Volodymyr Poutine
16:15est en train de changer de braquet.
16:17C'est un premier test
16:17pour les pays de l'OTAN ?
16:18Oui, c'est très grave ce qui se passe
16:20parce que, dans mon livre,
16:21l'an dernier, j'avais écrit
16:22que plus cette guerre continuait,
16:24plus elle risquait de déraper.
16:26Et il y a toujours un risque d'escalage.
16:27Là, ce qui se passe,
16:28c'est que Poutine vient d'engranger
16:30beaucoup de succès.
16:31Il vient d'obtenir de Trump
16:34à Anchorage
16:35une sorte de réhabilitation internationale.
16:38Il revient d'un sommet en Chine
16:39à Tianjin,
16:40où il fait partie des dirigeants
16:41de l'autre monde,
16:43c'est-à-dire avec les Indiens,
16:44les Chinois,
16:45ce qu'ils appellent
16:46la majorité mondiale,
16:47c'est-à-dire la moitié de l'humanité.
16:48La moitié de l'humanité.
16:50Le tiers du PIB mondial.
16:51Et au-dessus, il y a qui ?
16:52Il y a Poutine,
16:53Xi Jinping
16:54et Modi l'Indien.
16:56Donc, il est soutenu
16:57par ces gens-là
16:58qui lui achètent son pétrole,
16:59qui lui donnent de la technologie.
17:01Il est soutenu à l'intérieur
17:02par une opinion publique
17:03qui, elle,
17:05soit résignée,
17:06soit considère
17:07que Poutine a raison.
17:08acquise à sa cause.
17:09Et ces généraux lui disent
17:10on va gagner
17:11parce qu'ils sont épuisés
17:12de l'autre côté.
17:12Donc, il pousse,
17:14il attaque de plus en plus
17:15violemment les villes ukrainiennes,
17:17il attaque la capitale
17:18et il vise les Européens.
17:20Puisque les Européens
17:21envisagent éventuellement
17:22de rentrer en Ukraine,
17:23dixit M. Macron,
17:25la force de réassurance.
17:27Alors, qu'est-ce qu'il fait ?
17:27Il va frapper une usine américaine
17:30et il va frapper
17:31les centres diplomatiques européens
17:32à Kiev.
17:33Donc, vous considérez
17:34qu'on est dans une escalade
17:35la dangereuse ?
17:35Écoutez, 19 drones
17:37au-dessus de la Pologne,
17:38ce n'est pas l'effet du hasard.
17:39Il n'y en aurait un ou deux
17:40à la limite,
17:41on veut bien que ça ne marche pas.
17:42Mais 19 drones,
17:44c'est un signal politique
17:45de Poutine
17:46qui consiste à dire
17:48voilà, moi je suis prêt
17:49à escalader la guerre,
17:50arrêtez-la à mes conditions,
17:51sinon je continue.
17:52Et ça, c'est,
17:53comment dire,
17:54un changement grave
17:55dans ce qui est en train
17:56de se passer,
17:57qui montre aussi
17:58que la défense aérienne
17:59en Europe,
18:00elle est inexistante.
18:01On a des trous monstrueux.
18:03On a tout à faire
18:05en matière de défense
18:06anti-aérienne en Europe.
18:07On n'est pas prêt.
18:08L'OTAN n'est pas prêt non plus.
18:10C'est ça que ça montre.
18:10Vous n'êtes pas prêt,
18:11donc je peux vous menacer.
18:13Donc, il est urgent.
18:15Et c'est là qu'on retombe
18:16sur notre problème budgétaire
18:17et notre paralysie interne.
18:18L'urgence,
18:19c'est d'organiser
18:20un réarmement
18:21coordonné
18:22entre nous,
18:23les Allemands,
18:24les Anglais,
18:24les Polonais,
18:25de façon à dissuader
18:26la Russie à terme.
18:27Et trouver aussi
18:29le moyen
18:29d'arriver à un compromis
18:31sur cette guerre
18:32parce qu'encore une fois,
18:34plus ça continue,
18:35plus les gens meurent.
18:35On en est à un million et demi.
18:37Un million et demi de victimes.
18:38On est en train
18:38d'envisager l'après
18:39alors qu'on n'a même pas
18:40signé la trêve.
18:41On va rentrer
18:42en quatrième année de guerre.
18:44C'est juste épouvantable
18:45sur le plan humain
18:46et c'est très dangereux
18:48pour la suite.
18:49Pour la première fois
18:50depuis le début
18:51de cette affaire
18:52que je suis vraiment attentivement,
18:54je suis inquiet
18:56de risque d'escalade.
18:57Il nous reste quelques minutes.
18:58J'aimerais quand même
18:58qu'on évoque cette actualité
19:00qui nous a un peu saisie
19:00hier soir.
19:01C'est l'assassinat
19:02de Charlie Kirk,
19:03cet influenceur
19:03très proche de Donald Trump.
19:05Est-ce que pour vous, Pierre,
19:06c'est un marqueur fort
19:07supplémentaire
19:08dans la fracture
19:09sociétale américaine
19:10aujourd'hui ?
19:11Il y a eu deux tentatives
19:13d'assassinat de Trump
19:15pendant la campagne électorale.
19:16Là, ils ont tué
19:17quelqu'un qui avait
19:18un suivi
19:20de 10 millions de personnes
19:21aux Etats-Unis
19:22qui était un très proche
19:23de Trump
19:23donc la violence politique
19:25aux Etats-Unis.
19:26Vous savez,
19:27dans l'histoire américaine,
19:28il y a eu 4 présidents
19:29assassinés
19:30et 16 tentatives
19:32d'assassinat
19:33de présidents américains.
19:34La violence américaine,
19:35elle existe.
19:35On a eu deux, nous,
19:36assassinés
19:37et c'était par des étrangers,
19:39des terroristes,
19:40des anarchistes,
19:40un italien, un russe
19:41qui ont tué
19:42nos deux présidents
19:44Sadie Carnot
19:45et Paul Doumer.
19:46Mais ça,
19:46c'était il y a longtemps.
19:49Aujourd'hui,
19:49on a quand même
19:50moins de violence politique
19:51en France, heureusement.
19:52Mais aux Etats-Unis,
19:53la question
19:53de la race
19:55et la question
19:56du wokisme
19:57est centrale.
19:58Vous le savez bien,
19:59je crois que vous avez vécu
20:00aux Etats-Unis.
20:00Une douzaine d'années,
20:01oui, en effet.
20:02C'était une question...
20:03Ce n'était pas aussi marqué,
20:04bien évidemment,
20:04à cette époque.
20:05même à l'époque...
20:06Ça a un petit peu changé.
20:08Vous vous souvenez
20:08du mouvement des années 60,
20:0970.
20:10Ils n'ont toujours pas
20:11surmonté cette histoire
20:13qui est une histoire
20:13très violente.
20:14D'abord,
20:15l'éradication des Indiens,
20:17épuration ethnique totale
20:18des gens qui habitaient
20:20sur ce continent,
20:21qui n'avaient rien demandé
20:22mais qui ont été massacrés.
20:24Ensuite,
20:24importation massive d'esclaves
20:26qu'il a bien fallu libérer après.
20:28Les droits civiques,
20:29le combat,
20:29les droits civiques...
20:30Voilà,
20:30et ça,
20:30ça continue.
20:31Et Trump,
20:32lui,
20:32il est en train de livrer
20:33une bataille
20:33pour changer l'Amérique
20:34encore plus fort,
20:36c'est-à-dire casser
20:37toutes les idées progressistes.
20:39Il s'en prend aux universités,
20:40il s'en prend à la justice.
20:42Ils sont en train
20:43de rafler des gens
20:44dans la rue,
20:44dans les villes américaines.
20:46Et c'est la garde nationale
20:47qui le fait.
20:49Les gens sont expulsés
20:50sans...
20:52Manu militarié,
20:53sans procédure judiciaire.
20:56Donc,
20:57le système dérive
20:58vers une forme
21:00d'autoritarisme,
21:01les démocrates en face
21:02ne savent pas répondre
21:03et ça donne
21:05ce genre de geste
21:06ultra-violent
21:07de la part d'opposants.
21:08Donc, oui,
21:09on est dans une situation
21:11assez complexe.
21:12La convergence de tout ça,
21:14si vous voulez,
21:14de ces changements du monde,
21:16de la fragilité
21:17de nos sociétés,
21:17on a parlé de la France,
21:18mais l'Angleterre
21:19va guère mieux,
21:20franchement,
21:21et l'Allemagne aussi,
21:23la convergence de tout ça
21:24est assez inquiétante.
21:25Merci beaucoup, Pierre.
21:26C'était vraiment
21:27un plaisir pour moi
21:28de vous avoir pensé de première
21:29et on remet ça
21:30la semaine prochaine.
21:31J'espère que ce rendez-vous
21:31vous a plu,
21:33qu'on a réussi à vous fidéliser
21:34et on vous retrouve
21:34avec d'autres actualités.
21:35Excellente semaine à vous.
21:37Dans un instant,
21:37on vous laisse avec Punchline.
21:38et on vous laissez-vous
21:39et on vous laissez-vous
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