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Pierre Lellouche, ancien ministre et spécialiste des questions internationales, nous éclaire sur l’actualité de la semaine dans #FaceAPierreLellouche, tous les jeudis à 16h30, présenté par Nelly Daynac.

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Transcription
00:00Et comme tous les jeudis, face à Pierre Lelouch, bonjour Pierre.
00:04Merci de nous rejoindre et de nous éclairer comme tous les jeudis.
00:07Tout à l'heure, des petits coups de gueule, ça c'est aussi la petite touche nouvelle face à Pierre
00:12Lelouch.
00:13D'abord, puisqu'on a beaucoup parlé des carburants, de la difficulté des pêcheurs,
00:18on verra dans un instant que tout est lié, c'est ce que vous expliquiez la semaine dernière,
00:22entre la guerre en Ukraine et le Moyen-Orient.
00:24Alors commençons par le Nord, avec le conflit ukrainien,
00:28surtout qu'il y a bientôt des élections.
00:31Oui, alors ce qui est en train de se passer, ce que je vais dire est assez grave, je le
00:38dis gravement.
00:40Ce n'est pas un Covid, ce n'est pas une maladie, ce n'est pas le Nino et le
00:45climat,
00:46c'est une situation générée par des hommes, par des chefs d'État qui ont fait beaucoup d'erreurs de
00:51calcul,
00:52côté russe, côté américain, côté européen aussi.
00:55Et nous sommes au bout de la chaîne.
00:58Le type qui est devant la pompe, aujourd'hui il est à 2,40 pour le gasoil, 2,70 même
01:03dans Paris.
01:04Jusqu'à 2,90 on a vu.
01:052,90.
01:06Bon, il paye des changements géopolitiques auxquels nous ne poupons rien.
01:12Et je reviendrai là-dessus, et c'est ce que peut ou pas le président Macron.
01:17Donc c'est avec beaucoup de gravité que je dis qu'aujourd'hui la France et l'Europe aussi sont
01:22prises dans une véritable tenaille.
01:26Côté, le haut de la tenaille, c'est ce qui se passe au nord en Ukraine et avec la Russie.
01:30Au sud, c'est ce qui se passe avec l'Iran et les États-Unis.
01:34Au nord, côté Ukraine, les choses ne s'améliorent pas du tout parce que le front est gelé à cause
01:42des drones.
01:42Mais les frappes de missiles russes sont impitoyables sur la population ukrainienne.
01:49En échange de quoi, Zelensky envoie des missiles pour paralyser l'économie russe et notamment les raffineries.
01:55Ce qui ajoute à la pression sur le pétrole.
01:59Au point d'ailleurs que Trump a demandé à Zelensky d'arrêter de taper sur les raffineries.
02:03Oui, on a vu la séquence.
02:05Donc on a une situation assez baroque où nous donnons de l'argent aux Ukrainiens pour se battre contre les
02:10Russes qui les ont envahis.
02:11Ce qui est légitime.
02:13Nous les aidons à frapper, d'accord ?
02:17Ciblage et autres missiles.
02:19Formation aussi.
02:21Nous arraisonnons les bateaux russes qui sont pleins de pétrole et en même temps...
02:25Les flottes fantômes.
02:25Les flottes fantômes.
02:27Tout ça ajoutant à la pénurie de pétrole.
02:29On arrêtait d'acheter du gaz russe robiné de Poutine et puis décision des Européens.
02:35On n'achète plus de gaz russe.
02:36On devait acheter du gaz Qatari.
02:38Il est bloqué.
02:38On va y revenir tout à l'heure.
02:40Donc on est dans une situation un peu folle où on se bat contre le pétrole et le gaz russe.
02:46Mais en même temps les Américains disent arrêtez de toucher aux raffineries.
02:49La situation militaire sur le terrain est très dure pour les Ukrainiens qui vont passer un hiver horrible.
02:56La médiation américaine la semaine dernière de Witkopf et de Kushner, le tandem impérial américain, n'a rien donné.
03:05Et Poutine, lui, il est en train de durcir.
03:08Il est en train de jouer avec l'élargissement du conflit éventuellement au pays de l'OTAN.
03:12La frappe qu'il y a eu sur le train à proximité de la frontière polonaise est très sérieuse.
03:19Parce que dans ce train, il y avait beaucoup de hiérarques et d'officiels de l'OTAN, de l'Union
03:24Européenne, français et autres.
03:26C'est un avertissement.
03:27C'est un avertissement.
03:28De même, des vols de drones au-dessus de différents pays, des fusées d'alarme contre un hélicoptère danois, un
03:41autre drone qui a failli abattre l'avion du président Zelensky.
03:45Tout ça n'est pas bon.
03:46Ça sent l'élargissement du conflit et ça sent en tout cas aucun règlement du côté énergétique.
03:52Et nous, les Européens, on n'est pas du tout dans l'équation politique puisque, comme on s'est mis
03:56du côté de l'Ukraine, les Russes considèrent qu'on ne peut pas être médiateurs.
03:59Donc, on ne pèse en rien sur cette situation et elle est gravissime parce qu'en plus, elle peut dégénérer.
04:05Donc, côté énergie, de ce côté-là, plus rien.
04:09Alors que l'Allemagne, tout le gaz allemand venait de Russie, que le pétrole, le gasoil français venait de Russie
04:16et transitait après la guerre via l'Inde.
04:21Le haut de la tenaille, pas bon du tout.
04:23Le bas de la tenaille...
04:24Attendez, avant le bas de la tenaille, si vous le permettez, à aucun moment, l'Europe ou la France ne
04:30se dit...
04:31Attendez, il y a quelques histoires de corruption en Ukraine.
04:34En plus, il y a une corruption massive sur le plan militaire en Ukraine.
04:38C'est-à-dire où va l'argent ?
04:40Vous le dites très bien dans Valeurs Actuelles cette semaine, vous dites qu'il y a des intermédiaires qui prennent,
04:46avec vos sources, qui prennent 3% sur chaque transaction.
04:52Chaque contrat d'arme.
04:54Là aussi, c'est très moche.
04:56Mais ce sont des faits qui ont été, figurez-vous, 700 pages de documents ont fuité des services ukrainiens au
05:04New York Times.
05:04Le New York Times fait un article extrêmement détaillé sur les abus, les fraudes, qui dépasse le million de dollars
05:12quand même, le milliard de dollars l'an dernier.
05:14Donc il y a un vrai sujet de ce côté-là.
05:16Et naturellement, Omerta complète dans la presse européenne, française et autres, sauf le Financial Times, personne n'en parle.
05:23Parce que tous ceux qui en parleraient seraient du côté de Poutine.
05:27Ce qui est ridicule, mais enfin, ça fait partie du problème.
05:32Zelinsky, l'entourage est poursuivi pour corruption.
05:35Du côté russe, il y a des élections, mais qui sont complètement truquées, puisque le seul parti libéral, Diabloco, a
05:41été interdit.
05:42Donc on va vers une situation où...
05:45On s'est habitué, ça, de toute façon.
05:47Oui, mais enfin bon, ça veut dire que c'est très compliqué, de l'extérieur, d'essayer de calmer le
05:52jeu.
05:52Il y a une... Voilà.
05:53Personne n'ira aujourd'hui dire que les élections sont truquées.
05:57Le problème étant que plus ça traîne, cette affaire, plus elle risque de dégénérer.
06:02Et on n'est pas très loin que ça dégénère en ce moment.
06:05Côté sud, l'autre tenaille, celle du bas.
06:08Alors là, ça s'est accéléré depuis huit jours, mais vraiment dans la mauvaise direction.
06:14Non seulement les Iraniens mettent des conditions invraisemblables à la reprise des négociations.
06:19Ils veulent être dédommagés, ils veulent des dommages de guerre, ils veulent 24 milliards de dollars.
06:24J'en passe, c'est des meilleurs.
06:25Mais surtout, ils viennent d'affliger, via les Yéménites, une défaite majeure aux Saoudiens.
06:32Alors du coup, aujourd'hui, la péninsule arabique est fermée des deux côtés.
06:37On ne peut plus aller vers la mer Rouge et le canal de Suez.
06:40Et on ne peut plus non plus aller vers le Qatar, les Émirats et l'Arabie saoudite.
06:44C'est le blocus total.
06:45Donc c'est le blocus total, plus une goutte de pétrole et de gaz sort de cet endroit,
06:51qui livrait jusqu'à 25% de l'énergie dont le monde a besoin chaque jour.
06:57Donc on est dans des...
06:57C'est pour ça que je disais, je le dis avec beaucoup de gravité,
07:01ça ne s'est jamais produit avant, au fil des guerres, depuis 1973, on a beaucoup joué avec le pétrole,
07:07mais jamais le système n'a été aussi bloqué.
07:11Côté russe, côté arabe et iranien dans le sud, voilà, plus de pétrole, plus de gaz.
07:18Au bout, il y a nous, c'est-à-dire celui qui a besoin de se chauffer,
07:22qui va avoir la note de fuel domestique multipliée par deux,
07:26celui qui met de l'essence dans sa voiture.
07:31Rappelez-vous, les gilets jaunes, c'était à 1,50, là on est presque à 2,60, 2,60.
07:37On va arriver à 3.
07:37On va arriver à 3.
07:39Donc on est dans une situation gravissime sur laquelle on ne peut rien.
07:44Alors moi je lisais tout à l'heure les propos du président de la République,
07:48qui a donc décidé de convier les chefs de parti...
07:54Les chefs de parti pour discuter de la situation sur les carburants.
07:58Après avoir la veille demandé à son gouvernement une mobilisation totale sur les carburants,
08:05sur la question des carburants.
08:06Alors qu'est-ce qu'il dit le président ?
08:07Il dit quand le pétrole est sous pression, les prix à la pompe grimpent, ça c'est intelligent.
08:12Je sais que ce que cela représente pour les Français,
08:16ce qui se passe à des milliers de kilomètres de chez nous,
08:18finit toujours par peser sur notre quotidien.
08:21Alors j'agis pour réduire les tensions sécurisées de nos approvisionnements.
08:25La vérité, c'est qu'il ne peut rigoureusement rien.
08:30Ni en Europe où on ne parle plus aux Russes, il n'y a plus de canaux de communication
08:34pour arrêter cette tragédie.
08:36Il y a quand même 2 millions et demi de morts et de blessés dans la guerre.
08:40Ça fait 5 ans que ça dure.
08:42Donc on ne pèse rien, il n'y a pas de canaux de communication.
08:45Parce que qui dit canaux dit pro-russe, ce qui est une aberration totale.
08:49Parce qu'en diplomatie, il faut bien parler à tout le monde.
08:51Sinon il ne peut jamais y avoir de fin de guerre.
08:53Cette guerre s'éternise.
08:54Et au sud, malgré les rendez-vous avec le roi de Jordanie,
08:58le président du Liban,
09:00la vraie question c'est que le patron de l'Arabie Saoudite,
09:04le prince Mohamed Ben Salman,
09:07vient de perdre le détroit de Baden-Monded.
09:11Il a été battu par les Houthis.
09:13Et quand il a demandé l'aide des Américains,
09:15Trump a refusé.
09:17Pourquoi ?
09:18Il a refusé, alors, pour deux raisons.
09:20D'abord parce qu'il a des mid-term,
09:22il n'a pas envie de s'entraîner à nouveau dans la guerre.
09:25C'est parce que le Pentagone lui-même vient de reconnaître
09:28qu'ils ont dépensé près de 40 milliards en munitions.
09:30Il n'y a plus de munitions.
09:31Il faut en garder pour la Chine.
09:34Ça veut dire qu'il y a encore des bateaux américains sur place ?
09:37Il y a des bateaux américains.
09:38Ils sont en veille.
09:39Ils ont des problèmes de ravitaillement considérables
09:43parce que les Iraniens ont détruit énormément de bases américaines.
09:47Toutes les bases américaines dans la région ont été frappées.
09:49Notamment le QG de Bahreïn.
09:51Ce qui fait que les bateaux américains sont ravitaillés
09:54depuis Diego Garcia.
09:56C'est beaucoup plus loin.
09:583 000 kilomètres plus au sud dans l'océan Indien.
10:01Donc, pas de solution militaire,
10:04pas de solution politique.
10:06Les Américains ne vont pas reprendre les bombardements dans l'immédiat.
10:09Ils attendent que le régime iranien s'étouffe tout seul sous la pression
10:14parce que lui aussi est sous blocus.
10:15Et les Iraniens, eux, ils attendent que l'économie mondiale soit asphyxiée.
10:20Et en attendant, effectivement, le prix à la pompe,
10:23et c'est bien de l'expliquer ainsi,
10:26est très très élevé parce qu'il y a un blocage total de la diplomatie.
10:30Et pendant ce temps-là, le cours du pétrole monte.
10:33Ne peut que monter.
10:34Mais alors, est-ce que ça veut dire qu'un jour, il y aura peut-être une pénurie ?
10:37Est-ce que ça continue de transiter ?
10:39On l'a vu par des routes.
10:40Même si les Iraniens attaquent maintenant les camions.
10:44Ce qui s'est passé aussi, j'ai oublié de vous dire ça il y a un instant,
10:47c'est qu'en plus de la défaite de Baden-Manded,
10:50il y avait un pipe qui passait d'un côté à l'autre de l'Arabie Saoudite,
10:55du côté est, jusqu'à la mer Rouge.
10:57Ce pipe a été bombardé par des missiles tirés depuis l'Irak,
11:04par des milices chiites pro-iraniennes.
11:08Donc les Iraniens sont arrivés à paralyser le transfert du pétrole des deux côtés.
11:15Et donc on est dans une situation épouvantable.
11:17La vérité c'est que, et en plus on ne pèse pas dessus.
11:21Donc, je ne vois pas de solution.
11:23Je vous le dis, comme on pose la question dans la rue des amis,
11:27on en sort comment ?
11:28Je n'en sais rien.
11:30Si on ne peut pas trouver une solution avec les Russes pour arrêter cette affaire en Ukraine,
11:33et il faut que ce soit correct, on n'aura pas de retour de l'énergie de ce côté-là.
11:40Et dans le Sud, je ne vois pas très bien.
11:42Tant que le régime iranien actuel est en manette,
11:46je ne vois pas comment on va arriver à une solution.
11:49Ils contrôlent, ils ont terrorisé et contrôlé la totalité des monarchies arabes autour d'eux.
11:54C'est eux qui tiennent le jeu.
11:56À moins que les Américains réussissent finalement à étouffer l'Iran.
12:01Avec des troupes au sol ? Vous pensez qu'ils vont revenir ?
12:04Vous venez de dire qu'il n'y a plus de munitions ?
12:06On imagine quand même mal les deux escadres revenir en force,
12:10des troupes au sol, et là on rentre dans une guerre mondiale.
12:13Bien sûr, mais ce qu'essayent de faire les Américains,
12:16c'est d'attendre que le régime s'effondre parce que lui-même est sous blocus.
12:20Donc l'économie iranienne, simplement, il se passe que les Chinois et les Russes aident les Iraniens.
12:25Bien sûr.
12:25Parce qu'une des conséquences de la guerre d'Ukraine, j'avais écrit ça il y a au moins deux
12:29ans, trois ans, dans un demi-livre,
12:32c'est qu'on a fabriqué, avec cette guerre en Ukraine, une alliance stratégique entre la Chine et la Russie,
12:38à laquelle s'ajoutent la Corée du Nord et l'Iran.
12:41Donc ils sont alliés.
12:42Ils échangent des armes, les Chinois achètent le pétrole,
12:45envoient de la technologie en Iran comme en Russie pour frapper les Ukrainiens.
12:50On est dans une situation qui est vraiment tordue.
12:52Alors la semaine prochaine, il y a une rencontre entre Trump et Xi Jinping, le Chinois.
12:59Idéalement, c'est le moment où il faut que tout le monde s'assoie autour d'une table et règle
13:04ses problèmes.
13:04Mais je sens mal les choses parce que Trump, il est dans son propre délire, il n'est pas du
13:10tout...
13:11Et puis il a l'échéance des mid-termes, vous l'avez dit en effet, et ça c'est dangereux.
13:15Trois coups de gueule, Pierre Lelouch.
13:16Le premier, le premier, Bacali, le logisticien des 13 novembre, le cerveau des attentats,
13:24la Belgique qui est en passe de lui faire une libération conditionnelle.
13:29Pour celui qui était logisticien, les attentats qui ont tué plusieurs dizaines, centaines de personnes blessées, massacrées...
13:35Et l'attentat du Thalys aussi.
13:39Vous savez, moi je regarde l'Europe, on est dans une Europe où ils sont en train de régler à
13:42peu près tout,
13:43y compris la taille du papier toilette ou la dimension des concombres.
13:46Mais pour harmoniser la peine à des terroristes qui frappent en Belgique et en France, ça c'est pas possible.
13:53C'est absolument surréaliste.
13:55Donc si c'est ça l'Europe qui protège, franchement c'est raté.
13:58Et que ça...
13:59Voilà, moi je suis écœuré par le fait qu'on puisse avoir des terroristes patentés, identifiés comme tels,
14:07libérés de prison et potentiellement...
14:09Qu'est-ce qui manque ? Un gendarme de l'Europe ?
14:11Non, il faut une harmonisation.
14:12Une harmonisation ?
14:13Mais oui, il faut qu'il y ait une vraie lutte entre...
14:14Mais ça, ça peut venir vraiment ?
14:15Ou là encore vous êtes pessimiste, vous vous êtes dit,
14:18ben là finalement, telle qu'elle est construite l'Europe, il n'y a pas vraiment de chance que ça
14:20arrive ?
14:21Ben il y a un soi-disant monsieur antiterrorisme, il y a des gens qui...
14:25Ça pour mettre des gens, il n'y a pas de problème ?
14:27J'étais membre de la commission d'enquête à l'époque de l'attentat du Bataclan et autres.
14:32On s'était rendu compte, figurez-vous, que les types étaient retournés en Belgique pendant la nuit,
14:37ils n'avaient pas été repérés.
14:38Ils ont franchi la frontière, on a arrêté la voiture, on a demandé ce qu'ils faisaient là,
14:43et puis comme il n'y a pas eu de coordination entre la partie française et la partie belge,
14:47ils ont pu repartir tranquillement en Belgique,
14:50et c'est là-bas qu'ils ont été à peu près identifiés.
14:52C'est dire à quel point la coopération policière à l'époque ne fonctionnait pas.
14:56Elle fonctionne un peu mieux, reste la coopération judiciaire.
15:00C'est impensable de voir des terroristes condamnés pour terrorisme être libérés après quelques années
15:05sous prétexte qu'ils se seraient bien conduits en prison.
15:08On est chez les fous.
15:08Il a fait, semble-t-il, une licence de sociologie en prison, ce monsieur Bacalion.
15:13C'est tragique.
15:15Deuxième coup de gueule, Anne Hidalgo devant le Sénat,
15:17qui rejette toute responsabilité individuelle.
15:21Elle parle de responsabilité collective.
15:23Oui, mais ça c'est juste.
15:24J'ai écouté aussi le maire actuel.
15:26Sur le péri-scolaire, je précise, pour ceux qui n'auraient pas su.
15:28Oui, monsieur Grégoire, qui a succédé à sa patronne,
15:31il était à l'époque en charge des recrutements, des ressources humaines.
15:37Il y a Bloch aussi qui était responsable.
15:39Patrick Bloch qui était le responsable de la petite enfance.
15:42Bon, ce qui est scandale de l'affaire, c'est quoi ?
15:44C'est que, un, une mesure prise par le gouvernement de dégager du temps l'après-midi
15:48soit mise en application dans ces conditions-là.
15:52Moi, j'étais membre à l'époque du Conseil de Paris.
15:54Mon collègue Jean-Pierre Lecoq, maire du 6e, avait dit,
15:57attention, vous êtes en train de prendre n'importe qui, vous n'avez aucune garantie,
16:00ils ne sont pas formés, etc.
16:02On dit, non, pas du tout, tout va bien, tout est sous contrôle.
16:05C'est ce qu'il disait à l'époque, les images de l'époque.
16:08Aujourd'hui, elle dit, ce n'est pas moi, c'est un problème systémique.
16:14Il y a des gens qui se font attaquer dans tout le pays.
16:18Moi, je n'y suis pour rien.
16:19C'est une responsabilité collective.
16:21Bon, mais c'est ce qu'on entend dans ce genre de cas.
16:23Ce n'est jamais moi, c'est le système.
16:26Et quant au maire de Paris actuel, il a dit qu'il a fait tout bien,
16:29mais qu'il a fait au mieux.
16:32Vous avez vu le nombre de cas ?
16:35200 enquêtes, 130 animateurs suspendus, et ça continue.
16:39Et les cas continuent apparemment dans le périscolaire parisien, on l'a appris.
16:44On est en des comptes.
16:44Avec les associations qui sont le réceptacle de la douleur,
16:48du traumatisme des familles et des enfants, bien sûr.
16:50Parce qu'on pense à l'enquête.
16:51Un cas isolé puisse exister dans une école, c'est malheureusement possible,
16:56et possible à tout temps de l'histoire.
16:59Mais des centaines de personnes, ça veut dire un réseau.
17:04Ça veut dire que ces gens se parlaient et qu'ils étaient à la chasse
17:07dans une ville qui ne protégeait pas ses enfants.
17:11Donc ces gens sont responsables.
17:13Ils étaient en charge.
17:15Et en charge du plus cher que nous avons, c'est-à-dire des enfants.
17:20– Il nous reste trois minutes, Pierre Lelouch, un dernier coup de gueule.
17:23Le pape arrive, et alors il ne va pas voir,
17:26ou en tout cas il y a eu des mains tendues du président Macron de le voir,
17:30et puis on a l'impression que c'est…
17:30– C'est toujours pareil.
17:32Macron, il aime le kéké.
17:34– Il aime le kéké.
17:35– Il aime faire le kéké.
17:37– Il faut qu'il soit au cœur de la photo.
17:41Il a besoin d'être dans la photo.
17:44Et là, il tombe sur un pape qui lui dit
17:47« Moi je viens en visite pastorale, je ne suis pas le président chinois,
17:52je ne veux pas ça, je ne veux pas la garde républicaine,
17:54il a tout proposé, la garde républicaine,
17:56la visite triomphale de Notre-Dame que lui a refait en cinq ans, etc.
18:00Le pape a dit non à tout,
18:02et il dit « Laissez-moi juste aller à la rencontre des chrétiens ».
18:05Et je pense que ça a été une grosse déconvenue pour M. Macron
18:08qui ne vit que par son image.
18:11C'est ça qu'il aime, son image.
18:13Il s'adore.
18:14– Et donc du coup, il n'ira pas, effectivement…
18:17Il pourra peut-être aller quand même à la baisse.
18:20Il pourra peut-être…
18:21– Parmi les autres.
18:22– Parmi les autres, mais il y a déjà 600 000 inscrits sur les…
18:25– Il ira sans doute, il y a sûrement un petit passage pour lui,
18:28sans qu'il fasse la queue.
18:30– Mais en attendant, entre nous, pour les Parisiens aujourd'hui,
18:34c'est vraiment un enfer,
18:36parce que les autorités, M. Macron et la ville de Paris,
18:40ont décidé de bloquer totalement la ville un mois avant.
18:43– Ah mais c'est le souverain pontife, quand même.
18:45Ça n'arrive pas tous les jours.
18:47Et puis là, on mobilise, vous avez vu.
18:49Les Champs-Élysées, peut-être ça va déborder sur l'étoile,
18:52et peut-être même sur l'avenue de la Grande Armée,
18:55parce qu'on attend une foule…
18:56– 600 000 personnes.
18:57– 600 000 personnes, là ça a été clôturé.
18:59– Plus, évidemment, sans doute, quelques invitations.
19:03Une veillée XXL au Stade de France avec les jeunes.
19:06– C'est bien, tout ça est bien.
19:07Mais est-ce qu'on a besoin de bloquer la ville un mois avant ?
19:10– Enfin, si c'est pour délivrer un message, vous dites,
19:13il n'y a plus rien à faire.
19:14Peut-être qu'on devrait justement compter sur le pas
19:16pour solver les problèmes que vous avez l'air de dire
19:20qu'ils sont insolvables.
19:21– Oui, oui.
19:23– Parce que là, en l'occurrence…
19:24– On va dire insoluble.
19:25– Insoluble.
19:26– Qui est insolvable, c'est le gars qui essaye de mettre de l'étoile.
19:28– Insoluble, vous voyez, le problème d'avoir une double nationalité,
19:31c'est que parfois on mélange les mots.
19:32Mais vous voyez, le problème, c'est que là, ça relève du miracle, en fait.
19:37Il faudrait un miracle.
19:37pour sortir de cette situation.
19:41– Il faudrait surtout des chefs d'État qui décident que ça devient très grave
19:46et que le moment est venu peut-être de mettre tout sur la table
19:50et de faire une sorte de grand congrès de Vienne
19:51et d'essayer de trouver des solutions à tous ces problèmes
19:54qui sont liés les uns avec les autres, avant que les choses dérapent.
19:59– Et là, ça serait un début ?
20:01– Oui, si la France avait une diplomatie, plutôt que de dire qu'on a une diplomatie d'équilibre
20:06et qu'en fait, on ne fait que de la diplomatie hôtelière,
20:10si on avait une diplomatie, imaginez que De Gaulle soit là,
20:16il s'entend l'imminence de choses graves, gravissimes,
20:19qui peuvent se prendre sur le plan économique et sur le plan de la sécurité.
20:23Il faut absolument calmer le jeu, réunir tout le monde et faire baisser la pression.
20:28Sinon, encore une fois, je ne vois pas comment on en sort.
20:31– Merci beaucoup Pierre Lelouch.
20:32– Merci Pierre de Villeneuve.
20:34– Dans un instant, c'est Punchline avec Laurence Ferrari.
20:37Merci à toutes les équipes de l'Info de Villeneuve.
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