- il y a 5 jours
Tous les jours, les informés débattent de l'actualité autour d'Agathe Lambret et de Renaud Dély.
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00:01Générique
00:06Bonjour et bienvenue si vous nous rejoignez dans les informés, votre rendez-vous de décryptage de l'actualité.
00:12Bonjour Renaud Délé.
00:13Bonjour Agathe.
00:13Au sommaire aujourd'hui, le G7, un succès vraiment ?
00:16Était-ce le G7 de Trump ou le G7 de Macron ?
00:20Et puis Gabriel Attal, invité ce matin du 8h30 France Info, est-il un Macron bis en vue de 2027
00:27ou un affranchi ?
00:29Pour nous éclairer ce matin, nos informés, Sylvain Courage, directeur adjoint de la rédaction du Nouvel Obs.
00:33Bonjour Sylvain.
00:34Et Hélène Terzian, journaliste au service politique de France Info.
00:38Bonjour Hélène.
00:38Bonjour, bonjour à tous.
00:39On commence donc Renaud avec le sommet du G7.
00:42Emmanuel Macron parle d'un succès objectif.
00:46Objectivement, c'est un succès dit Emmanuel Macron.
00:48Objectivement, c'est lui qui le dit quand même.
00:50Emmanuel Macron, c'était le dernier sommet du G7, le deuxième qu'il accueillait en France depuis qu'il est
00:56à l'Elysée.
00:56Avec un ultime coup de théâtre d'ailleurs en marche du G7, hier soir au château de Versailles.
01:01Lors de la réception que le chef de l'État offrait à Donald Trump, le président américain,
01:07en a profité pour mettre en scène la signature de l'accord qu'il a conclu avec l'Iran au
01:11cours de ce dîner au château de Versailles.
01:14Emmanuel Macron qui s'est donc félicité de ce sommet du G7,
01:17qu'il a qualifié de succès, on le disait, de moment d'unité entre ses dirigeants dit-il.
01:23Et il a d'ailleurs particulièrement loué Donald Trump, son hôte américain qu'il a justement choyé tout au long
01:32de ce sommet.
01:33Emmanuel Macron, hier, lors de la conférence finale de ce G7, s'est réjoui de son lien avec Donald Trump.
01:41J'ai toujours eu confiance pour ma part dans le président Trump, parce que je lui ai toujours dit les
01:45choses,
01:46quand nous avons des désaccords, nous les assumons, mais quand il s'est engagé vis-à-vis de nous,
01:50il l'a toujours fait, ce à quoi il s'engagait.
01:52Et cette discussion nous a permis d'acter qu'il y avait un travail conjoint à mener
01:56sur l'ensemble des relations tarifaires pour continuer d'améliorer la copie.
02:00Mais en aucun cas entre partenaires, on ne doit s'imposer des tarifs ou s'imposer de l'instabilité.
02:06– Alors sur la guerre commerciale, les menaces de guerre tarifaire, sur l'Ukraine aussi,
02:11Emmanuel Macron s'est réjoui de ce rapprochement avec Donald Trump.
02:14Il a aussi pris soin de répéter que l'accord conclu avec l'Iran était à ses yeux excellent
02:19et qu'il le soutenait, et que la France d'ailleurs, si Donald Trump le souhaitait,
02:23pouvait participer à la sécurisation du détroit d'Ormous.
02:26Bref, est-ce que c'est vraiment une lune de miel ?
02:28On se souvient que l'année dernière, lors du G7 au Canada,
02:31Donald Trump avait reproché à Emmanuel Macron de ne, je cite, jamais rien comprendre.
02:35Là, visiblement, l'ambiance était au beau fixe.
02:37Et puis d'ailleurs, est-ce que c'est finalement un G7 qui était le G7 d'Emmanuel Macron
02:42ou le G7 de Donald Trump qui a tiré la couverture à lui,
02:46en particulier avec l'accord qu'il a conclu avec l'Iran ?
02:49– Sylvain Courage, G7 de Trump ou G7 de Macron ?
02:52– Les deux, mais c'est vrai qu'il ne faudrait pas oublier que Donald Trump
02:55avait besoin de se réinstaller dans le concert international.
02:59Emmanuel Macron profite d'un moment d'euphorie puisqu'il a signé cet accord de paix
03:03qui est en trompe-l'œil, puisqu'aucun des objectifs de guerre
03:07qu'il était censé poursuivre n'est vraiment atteint dans le conflit avec l'Iran.
03:12Mais ça permet à Donald Trump de parader, et on sait à quel point il aime ça.
03:16Vous le placez au milieu de la galerie des glaces, forcément, il est très heureux.
03:20Emmanuel Macron, lui, il a besoin, il a parlé de l'or, on ne sait jamais si c'est du
03:24premier
03:24ou du second degré avec lui, mais Emmanuel Macron, lui, il a aussi besoin de montrer
03:31qu'il a réussi à l'international, qu'il pèse, que la voie de la France compte.
03:36Donc il a aussi besoin d'un partenaire, et on voit ces deux-là qui se mettent en scène
03:40depuis un certain nombre d'années, et ils se connaissent, c'est sûr, et ils jouent un rôle.
03:46Et ça peut se dégrader demain si Trump décide d'imposer des tarifs, par exemple,
03:52ce sera de nouveau la fâcherie.
03:54Pourquoi Emmanuel Macron parle du fait que ce G7 soit objectivement un succès,
03:58et l'interdient, et est-ce qu'il a raison de s'en orgueillir ?
04:01Lui dit même que c'est objectivement réussi.
04:05Je pense que, en tout cas sur la forme, c'est effectivement réussi.
04:08Si on ne peut pas lui enlever ça à Emmanuel Macron, plusieurs choses.
04:11D'abord, il a réussi une chose, c'est d'avoir réussi à faire garder Donald Trump
04:16jusqu'au bout, jusqu'au point d'orgue, on y reviendra très certainement.
04:20Le dîner à Versailles.
04:21Le dîner à Versailles.
04:22Donc il a réussi ça, ce n'était pas gagné l'année dernière.
04:25Donald Trump avait tourné les talons, on se rappelle, au Canada lors du G7.
04:29Première mission accomplie.
04:31Deuxième mission, et ça c'est quand même une des réussites du G7,
04:34et une des réussites d'Emmanuel Macron,
04:35c'est d'avoir mis le dossier ukrainien en haut de la pile de ce G7.
04:41Donald Trump est revenu des Etats-Unis, est arrivé des Etats-Unis,
04:44avec effectivement cette signature de l'accord avec l'Iran.
04:48Mais Emmanuel Macron a voulu et a réussi à mettre l'Ukraine,
04:52et a réussi à obtenir ce revirement de Donald Trump,
04:55plutôt en faveur de l'Ukraine.
04:58Il aurait même vu deux fois Volodymyr Zelensky.
05:01Donald Trump a signé ce communiqué conjoint avec les forces du G7.
05:05C'est un revirement assez impressionnant, et il faut quand même le souligner.
05:08Et puis troisième chose, pourquoi est-ce que c'était un pas réussi pour Emmanuel Macron ?
05:12Parce qu'il connaît le poids des images, il connaît le poids de la communication,
05:15Emmanuel Macron, et les images qui resteront de ce G7,
05:18c'est d'avoir réussi à ramener Donald Trump dans le concert des nations,
05:24sur l'Ukraine en tout cas, et puis ces images avec Versailles,
05:27ce point d'orgue là-dessus.
05:28Pour le coup, le G7 est réussi.
05:30Il faudra voir si ce qui a été signé, ce qui a été dit, sera suivi dans les actions,
05:35mais là-dessus, on ne peut pas lui enlever ça.
05:38Il a été leader en tout cas sur le dossier Ukraine notamment.
05:41– Bruno, vous avez réagi ?
05:43– Les deux étaient affaiblis, Emmanuel Macron et Donald Trump,
05:47donc c'est vrai qu'ils avaient besoin tous les deux de cette mise en scène,
05:49comme ils ont compris ça, tous les deux.
05:50Leur intérêt commun, c'était que ça fonctionne bien.
05:53Donald Trump est arrivé de façon extrêmement affaiblie
05:55à la suite de cette guerre sans but et sans victoire qu'il a conduite contre l'Iran.
06:00Il avait besoin que l'accord qu'il a conclu avec l'Iran soit mis en scène,
06:03applaudi, acclamé quasiment par tous les participants.
06:06Et Emmanuel Macron s'est bien volontiers, lui comme les autres dirigeants du G7,
06:09prêté au jeu, malgré toutes les inconnues, toutes les incertitudes
06:12ou toutes les capitulations américaines dans cet accord.
06:14On découvre peu à peu, d'abord il y a encore 60 jours de négociations
06:19qui vont avoir lieu justement pour discuter, affiner, préciser le contenu de cet accord.
06:24Mais on découvre que la question du uranium enrichi, par exemple,
06:26qui est essentielle et repoussée à plus tard,
06:28que le régime iranien va bénéficier visiblement d'un dégel des avoirs iraniens en sa faveur.
06:33C'est quelque chose que Téhéran souhaitait de longue date
06:36et c'est extrêmement important pour le régime des Molas.
06:39Il y a même un engagement des États-Unis à la reconstruction de l'Iran
06:42à hauteur de 300 milliards d'euros, de dollars, pardon, 300 milliards de dollars, etc.
06:46Donc on voit bien que cet accord, ce n'est pas du tout une victoire de Donald Trump.
06:50Le succès, c'est la réouverture du Détroit d'Ormousse,
06:52laquelle est d'ailleurs encore incertaine sur certains points.
06:54Le succès, même s'il était déjà ouvert avant le dégâts.
06:56Il était ouvert avant, donc c'est pas un gain.
06:58Le succès consiste à réparer les dégâts commis par Donald Trump, je suis d'accord avec vous.
07:01Et là, il y a encore une incertitude, parce que dans la déclaration finale du G7,
07:04il est bien précisé que les dirigeants du G7, dans une déclaration commune,
07:09réaffirment que le droit de passage du Détroit d'Ormousse,
07:12donc en transit sans entrave, sans redevance,
07:15est la pierre angulaire du début de cet accord.
07:17Or, aujourd'hui, le régime iranien continue de dire
07:19non, non, il y aura un droit de passage, un droit de service,
07:22quelle que soit la façon dont on l'appelle.
07:24Donc Donald Trump avait besoin d'être acclamé,
07:26il en a profité jusqu'au bout, jusqu'au bout du dîner hier, en quelque sorte,
07:29pour bien montrer et attirer les caméras, comme il aime le faire justement,
07:33qu'il signait cet accord.
07:34Et Emmanuel Macron avait besoin d'un G7 réussi,
07:37parce que c'est le dernier, parce que, vu son affaiblissement en termes de politique intérieure,
07:40il est obligé de soigner son bilan international avant de quitter l'Elysée.
07:43Et là où il a réussi, je rejoins l'interdiction,
07:47c'est sur le dossier ukrainien, sans aucun doute.
07:49Il a profité de l'affaiblissement de Donald Trump pour, en quelque sorte,
07:52lui remettre, j'allais dire, Volodymyr Zelensky dans les bras,
07:55et ça a bien fonctionné, en tout cas l'engagement américain,
07:57notamment de sanctions sur le pétrole et le gaz russe,
07:59on va voir jusqu'où Donald Trump le tiendra.
08:01Un dernier point, si ce G7 est réussi,
08:04c'est aussi parce qu'il y a un certain nombre de sujets
08:06qui ont été mis à l'écart, sous le tapis,
08:09à commencer par l'enjeu du réchauffement climatique,
08:11dont Donald Trump ne voulait absolument pas en entendre parler.
08:14De ce point de vue-là, personne n'en a parlé.
08:16Un dernier mot, Emmanuel Macron a eu des mots assez sympathiques pour Donald Trump,
08:20disant que quand il disait quelque chose, il le faisait,
08:23disant qu'il pouvait lui faire confiance.
08:25Est-ce qu'il le pense vraiment, Sylvain Courage ?
08:27Je pense qu'il y a une part de diplomatie,
08:30ça fait partie de la manière dont il a mis en valeur Donald Trump,
08:34mais il a aussi besoin, lui, et Emmanuel Macron,
08:36d'apparaître comme un interlocuteur privilégié de la première puissance mondiale.
08:41Encore une fois, ça valorise son rôle de chef d'État,
08:43ça valorise la position de la France,
08:45et puis il a besoin de Trump pour essayer d'avancer sur le dossier ukrainien,
08:49donc tout ça...
08:50Il en a besoin ?
08:51Donc la polémique sur le château de Versailles,
08:54les insoumis, les communistes qui parlaient de flatteries,
08:58de la part du président,
08:59est-ce que c'est de la flatterie,
09:00ou est-ce qu'il a raison d'utiliser cet outil diplomatique ?
09:03C'est une géie polémique qui remonte à François Mitterrand,
09:05qui avait utilisé le château de Versailles
09:08très peu de temps après son arrivée au pouvoir.
09:10Pour la gauche, c'est compliqué de convoquer un symbole
09:13de l'absolutisme monarchique, ça c'est sûr,
09:16mais c'est aussi l'histoire de France,
09:18et c'est aussi un formidable outil.
09:20Personne ne dispose d'un espace réceptif.
09:23C'est un outil très assumé par Emmanuel Macron,
09:26qu'il avait d'ailleurs dit dans sa conférence de presse,
09:29c'est un instrument de diplomatie,
09:31il a même dit qu'il l'avait utilisé avec Vladimir Poutine,
09:34même si ça n'avait pas fonctionné,
09:36mais il assume totalement...
09:38C'est indéniablement un élément de flatterie,
09:39ça faisait partie de cet outil, justement,
09:40de cette panoplie pour séduire Donald Trump, très clairement.
09:43Et il faut juste noter que c'est quand même une particularité française aussi.
09:46Il n'y a aucune autre démocratie occidentale
09:48qui accueille les invités étrangers avec ce faste...
09:52Voilà, ça relève de notre...
09:53Un peu comme si la France continuait de s'excuser
09:55d'avoir coupé la tête du roi.
09:56Donc il faut effectivement déployer le faste de Versailles.
09:59Après, Emmanuel Macron n'a pas du tout inventé ce rituel,
10:01effectivement, il date même du général de Gaulle,
10:03et même bien avant d'ailleurs, sous les républiques précédentes.
10:05Mais John Kennedy avait été invité en 1961
10:08au château de Versailles avec Jackie Kennedy
10:10par le général de Gaulle.
10:12En revanche, ce qui est vrai, c'est qu'Emmanuel Macron
10:13l'a plus utilisé que ses prédécesseurs.
10:15Il a multiplié les événements au château de Versailles,
10:18à commencer par le sommet annuel Choose France
10:21pour l'attractivité du territoire.
10:22Il semble quand même qu'Emmanuel Macron apprécie l'endroit.
10:25Et il aime bien se rendre à la lanterne,
10:27qui est une tendance.
10:29Autre résidence.
10:30Les informer, dans un instant,
10:32on va parler d'un candidat à la présidentielle
10:34qui sait peut-être qu'il l'utilisera Versailles lui aussi.
10:36C'est Gabriel Attal.
10:38Mais pour l'instant, il est 9h17.
10:39Et c'est l'info en une minute avec Marie-Marty Rossian.
10:42Il devait être validé vendredi.
10:44Ça s'est fait finalement plus tôt.
10:46L'accord de paix entre les Etats-Unis et l'Iran
10:48a été signé hier par les présidents américains et iraniens.
10:50Chacun à distance.
10:51Dans ce protocole d'accord,
10:53Téhéran s'engage à diluer son uranium enrichi
10:56en échange de la levée des sanctions américaines.
10:58La chaleur s'installe en France.
11:0026 départements sont en vigilance orange pour canicule
11:02dans le bassin parisien, l'Est et la Bourgogne.
11:05Selon une étude publiée par l'ONG Oxfam,
11:07plus de 5000 personnes meurent chaque année en France
11:09à cause de la chaleur.
11:11Le groupe Iliade, maison mère de l'opérateur Free,
11:14veut rassurer qu'il n'y aura aucun licenciement
11:16dans les deux prochaines années.
11:17Iliade a signé avec Bouygues et Orange
11:19un protocole d'accord avec Altice pour le rachat de SFR.
11:22Le directeur général d'Iliade s'engage
11:24à garantir aux 8000 collaborateurs de SFR
11:26un emploi au moins jusqu'en 2029.
11:28Et puis au Mondial de Football,
11:30un début peu brillant pour le Portugal
11:32qui a fait match nul un partout
11:34contre la République démocratique du Congo.
11:36L'Angleterre, elle, bat la Croatie 4 à 2
11:38avec un doublé inscrit par Harry Kane.
11:46Les informés avec Hélène Terzian,
11:54journaliste au service politique de France Info
11:56et Sylvain Courage,
11:57directeur, agent de la rédaction du Nouvel Ops.
12:00Renaud, Gabriel Attal était l'invité du 8h30.
12:03Ce matin est-il un macrombis ou un affranchi ?
12:06En tout cas, c'est un ancien premier ministre d'Emmanuel Macron,
12:09Gabriel Attal,
12:10qui est en campagne à l'élection présidentielle.
12:13Ce n'est pas le seul.
12:13Il y en a un autre, Édouard Philippe.
12:16Gabriel Attal qui, depuis deux ans, on le sait,
12:18essaye de prendre ses distances
12:20et le marque d'ailleurs de façon parfois assez spectaculaire
12:22vis-à-vis du chef de l'État.
12:23Pourtant, en termes d'image, de communication,
12:26d'énergie, de volontarisme,
12:28on croit parfois retrouver un peu les accents
12:30du candidat Macron de 2017.
12:32Gabriel Attal qui d'ailleurs met l'accent,
12:33il en a parlé abondamment lors de l'interview
12:36qu'il vous a accordé tout à l'heure
12:37sur l'enjeu de l'intelligence artificielle.
12:40Il veut faire de la France le leader européen en la matière
12:42à l'horizon de 10 ans.
12:43Ça rappelle un petit peu les élans du candidat Macron en 2017
12:46pour la Start-up Nation.
12:48Et puis, Gabriel Attal qui aussi dit
12:50qu'il ne veut pas diviser son camp
12:52et que s'il y a une menace de second tour
12:54entre le Rassemblement national d'un côté
12:57et la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon de l'autre,
12:59il faudra trouver un moyen en particulier
13:03avec son rival Édouard Philippe
13:04de s'entendre pour éviter cette menace.
13:06Voici ce qu'on disait Gabriel Attal il y a quelques minutes sur ce plateau.
13:09Le risque de deuxième tour à la fille RN,
13:11il faut qu'il y ait un rassemblement.
13:13Déjà, c'est bien qu'on se retrouve sur cet objectif-là.
13:15Il y a une convergence sur le calendrier
13:16qui est plutôt au début de l'année 2027
13:19pour estimer la réalité de ce risque
13:20et estimer les conditions du rassemblement.
13:23Et ensuite, la question, c'est la méthode et comment on fait.
13:25Et moi, j'ai toujours été constant.
13:26J'ai toujours dit qu'il y avait plusieurs méthodes possibles
13:28et que parmi ces méthodes, il y avait une primaire.
13:30Ce n'est pas le souhait de tout le monde,
13:32mais en tout cas, moi, je considère que ma responsabilité,
13:35c'est de proposer tout ce qui peut l'être
13:36pour garantir à la fin un rassemblement.
13:38Donc, en clair, rien n'est réglé.
13:40Rien n'est réglé puisque la méthode elle-même
13:42est fait encore l'objet de discussions.
13:45On croyait que le fameux comité de liaison,
13:47la discussion, le code de bonne conduite,
13:49en quelque sorte, entre Gabriel Attal et Édouard Philippe
13:52était inscrit dans le marbre.
13:53Pas du tout, visiblement,
13:54puisqu'il y a encore l'hypothèse d'une primaire
13:56que, a priori, les partis en Édouard Philippe
13:58n'ont pas du tout envie de voir émerger.
14:00Donc, comment est-ce que les héritiers du macronisme,
14:03qui, a priori, refusent d'ailleurs de l'être,
14:06vont finir par s'entendre ou pas
14:08pour éviter ce second tour entre le RN et la France insoumise ?
14:11Pourquoi, finalement, Gabriel Attal
14:12exhume-t-il cette idée d'une primaire ?
14:14Est-ce qu'il y a un risque de sang sur les murs,
14:16l'interdient, pour reprendre l'expression de Maude Bréjon,
14:18la porte-parole du gouvernement,
14:19qui disait, attention à cette primaire sauvage,
14:21on prétend qu'on va s'entendre,
14:23mais, en réalité, on fonce droit dans le mur ?
14:25Alors, Maude Bréjon, en l'occurrence,
14:27elle est partisane d'une primaire,
14:30idéalement, du centre et de la droite.
14:32Donc, il faut savoir qu'elle, elle est motrice
14:35pour provoquer cette primaire du centre et de la droite.
14:38Est-ce qu'ils risquent d'avoir du sang sur les murs ?
14:40Ils sont sur une ligne de crête,
14:41Édouard Philippe et Gabriel Attal,
14:43les deux anciens premiers ministres d'Emmanuel Macron.
14:45On sait qu'il y a ce comité de liaison
14:47où l'idée, c'est juste de montrer qu'ils se parlent.
14:51Pour l'instant, c'était un proche de Gabriel Attal
14:53qui me disait la semaine dernière,
14:54pour l'instant, ils arrivent à rester équilibrés
14:57sur la manière dont ils se tapent l'un et l'autre.
15:02C'est-à-dire qu'ils arrivent à affirmer leur différence
15:04sans que ça aille trop loin.
15:06Ils savent très bien que, dans tous les cas,
15:08ils vont devoir se parler.
15:09C'est l'objectif du comité de liaison.
15:11Donc, il ne faut pas trop se taper dessus.
15:12Sinon, ça laissera trop de traces.
15:14C'est également ce que me disait hier,
15:15quelqu'un qui est à droite,
15:17mais qui pourrait, au final, rejoindre Édouard Philippe.
15:19Ils sont sur cette ligne de crête-là.
15:21Mais Gabriel Attal a quand même énervé tout le monde
15:23en parlant d'une primaire,
15:24alors que le comité de liaison avait dit pas de primaire.
15:26Absolument.
15:26Et surtout, Édouard Philippe,
15:27il n'est absolument pas partisan d'une primaire.
15:30Il ne veut pas en entendre parler.
15:31Pourquoi ?
15:32Parce que, pour l'instant,
15:32c'est lui qui est le premier dans les sondages.
15:35Et lui, il espère,
15:36en repoussant d'ailleurs son programme massif,
15:40en repoussant le fait qu'il va dévoiler son programme,
15:42il espère rester haut dans les sondages
15:44et écraser l'idée d'une primaire.
15:46Absolument.
15:46Si vous l'encourage,
15:47vous pensez que ça va se terminer comment ?
15:48Il y aura une sélection naturelle ?
15:51Ce sera celui qui sera le plus haut dans les sondages ?
15:54Apparemment, ça a l'air d'être un processus darwinien,
15:56effectivement, de sélection naturelle.
15:58Mais on sait aussi que la sélection naturelle,
16:00ça peut aboutir à des combats fratricides.
16:02Donc, c'est pour ça qu'ils cherchent un moyen
16:06d'aboutir à une fusion de leur candidature.
16:11Alors, il y a un comité de liaison,
16:14mais pour Gabriel Attal, ce n'est pas suffisant,
16:16parce que pour l'instant, effectivement,
16:17il est en retard dans les sondages.
16:19Donc, il se dit,
16:20si les écarts restent ceux qu'on constate,
16:22en janvier 2027,
16:24je serai derrière,
16:25donc je devrais m'effacer.
16:27Donc, c'est pour ça qu'il maintient l'idée d'une primaire.
16:29Et puis, c'est un problème qui dépasse les héritiers de Macron,
16:32puisque ça va jusqu'à la droite, en vérité,
16:34pour avoir une chance de vraiment figurer au second tour
16:37et de l'emporter.
16:37Il faudrait que l'ensemble de cet espace-là
16:42se réunisse derrière un seul candidat.
16:44Et là, il y a des tiraillements aussi avec LR.
16:46C'est pour ça que peut-être l'idée d'une primaire
16:47est une façon de dire,
16:49finalement, c'est trop compliqué,
16:51il y a plusieurs parties,
16:52organisons une compétition transparente
16:56pour aboutir à un candidat.
16:58Mais ça n'aura pas lieu, évidemment,
17:00car il y a trop d'intérêts divergents
17:03pour qu'ils se mettent même d'accord
17:04sur un processus de désignation.
17:07Réna ?
17:07C'est pour ça que le positionnement d'Edouard Philippe,
17:09à date, à ce stade,
17:10est le plus confortable.
17:13D'abord, parce que c'est celui qui est plus haut
17:15dans les sondages, assez clairement,
17:16y compris par rapport à Gabriel Attal,
17:17même si l'écart n'est pas un gouffre.
17:20Mais parce que, peut-être que c'est LR et Bruno Retailleau
17:23qui vont être le juge de paix.
17:25Edouard Philippe, en gros, en politique,
17:27vous avez la géographie,
17:28et puis vous avez la dynamique.
17:30Il y a deux dimensions, on va dire.
17:32D'un point de vue géographique,
17:33en quelque sorte, Edouard Philippe,
17:34on peut le placer à gros traits
17:35entre Bruno Retailleau et Gabriel Attal.
17:37Si jamais il est en tête dans les sondages,
17:40s'il apparaît comme le mieux placé,
17:42selon évidemment le discours qu'il tiendra en campagne,
17:44il n'est pas impossible que Bruno Retailleau
17:46et LR finalement finissent par se ranger
17:47derrière Edouard Philippe.
17:48On sait que beaucoup à LR, déjà,
17:50plaident en ce sens.
17:52Et on sait que beaucoup de dirigeants de LR,
17:55de Valérie Pécresse à Jean-François Copé,
17:56en passant par Xavier Bertrand et bien d'autres,
17:58ne sont pas vraiment de farouches partisans
18:00loin de là de la candidature de Bruno Retailleau.
18:02En revanche, LR aurait beaucoup plus de mal,
18:05évidemment, et c'est un euphémisme,
18:06à se ranger derrière Gabriel Attal.
18:07C'est pour ça que Gabriel Attal, lui,
18:09essaye de jouer de la dynamique.
18:11C'est-à-dire que lui, il dit,
18:11l'état des lieux à ce stade,
18:13il est tel que je viens de le décrire,
18:15mais pour autant,
18:16ce qui compte, c'est la dynamique.
18:18Donc, je vais monter sur la table,
18:20comme il le dit.
18:20Il lance des idées qui se veulent,
18:25en tout cas, des coiffantes,
18:26avec beaucoup de punchlines aussi.
18:27On voit cet exercice.
18:29Le droit trop brut,
18:30c'est pas facile à dire pour le salaire.
18:32Oui, on s'y perd en tout cas,
18:33mais voilà, il y a une foultitude de punchlines
18:35avec cette communication dont il use et abuse.
18:39Et c'est aussi dans ce sens-là
18:40qu'on croit quand même voir réapparaître parfois
18:42le Macron de 2017,
18:44y compris avec cette volonté de dire,
18:46voilà, moi je, moi je,
18:47moi je vais y arriver,
18:48et moi justement, je vais créer une dynamique
18:50qui va renverser le rapport de force.
18:51C'est un Macron bis,
18:52Hélène Terzien, Gabriel Attal ?
18:54Alors, il fait tout pour s'en détacher,
18:55mais enfin, sur le fond,
18:58Oui et non, parce qu'il s'en inspire aussi.
18:59Oui et non, il est sur une ligne de crête,
19:00Gabriel Attal.
19:01C'est-à-dire qu'il veut conquérir l'espace
19:05qui était l'électorat d'Emmanuel Macron de 2017.
19:08C'est un espace social-démocrate
19:10qui allait jusqu'à la droite.
19:12Il y a plein d'électeurs de droite
19:13qui ont voté pour Emmanuel Macron également en 2017.
19:15Donc, c'est cet électorat-là qu'il veut absolument conquérir.
19:18Il est pro-business,
19:20il est progressiste,
19:22il est également pour l'émancipation par le travail.
19:25En revanche, il y a une chose sur laquelle
19:27il veut se démarquer absolument,
19:29et c'est pour ça qu'il dit
19:30tout va changer,
19:31c'est sur la question du régalien,
19:33où il veut se montrer beaucoup plus ferme.
19:34Et il est contre cette idée
19:36qu'avait érigée Emmanuel Macron en 2017,
19:39qui était de dire
19:40quand l'économie va, tout va.
19:42Ça, c'est le mantra de Gabriel Attal.
19:44Il veut jouer contre ce crédo-là.
19:47Alors, sur le régalien,
19:48il a réussi à imposer sa patte
19:50en interdisant la baïa
19:52lorsqu'il était ministre de l'Éducation nationale.
19:54En tout cas, c'est un marqueur fort.
19:56Ça, il en parle beaucoup.
19:57Il en parle beaucoup.
19:58Il a réussi des slogans,
19:59on parlait des slogans,
20:00le « tu casses, tu réparles, tu nettoies, tu salies ».
20:03Maintenant, il a le « c'est un bébé Macron ».
20:06Et c'est pour ça qu'il est pris en sandwich.
20:07Et sur le fond, effectivement.
20:08Parce que l'autre rival, c'est Raphaël Guzman,
20:09celui qui peut récupérer l'électorat de centre-gauche
20:11et justement la surenchère régalienne de Gabriel Attal
20:14peut pousser aussi cet électorat de centre-gauche
20:16qui avait voté Macron
20:17à finalement rallier Raphaël Guzman.
20:18Macron bis ou pas, c'est-à-dire qu'on compare beaucoup à Macron.
20:21Mais moi, j'entends aussi Sarkozy
20:23dans l'appel au pouvoir
20:25de travailler plus pour gagner plus,
20:27le droit au brut,
20:29le régalien,
20:30la fermeté sur le régalien,
20:31la mise en scène de sa campagne,
20:33l'agitation permanente dans les médias.
20:35Il y a aussi les techniques de Sarkozy.
20:36D'ailleurs, il a des conseillers qui sont des anciens sarkozistes
20:39et donc il faut aussi repenser à ça.
20:41Et on sait qu'il est habile en termes de communication.
20:44Il peut aussi aller chercher ce qu'il estime
20:45être le meilleur de chacun des précédents présidents.
20:49Merci beaucoup les informés.
20:50Sylvain Courage,
20:51directeur adjoint de la rédaction du Nouvelle Obs.
20:52Vous avez la une du Nouvelle Obs ?
20:54Oui, c'est le combat d'Andréa Bescon
20:55pour une loi intégrale sur les violences sexistes et sexuelles.
21:00Merci Sylvain.
21:01Merci Hélène Terzian,
21:02journaliste au service politique de France Info.
21:03Merci à vous.
21:04Merci Agathe.
21:05Sous-titrage Société Radio-Canada
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