- il y a 2 jours
Tous les jours, les informés débattent de l'actualité autour d'Agathe Lambret et Renaud Dély.
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00:01Générique
00:06Bonjour et bienvenue, si vous nous rejoignez dans les informés, c'est parti pour votre rendez-vous de décryptage de
00:12l'actualité.
00:12Bonjour Renaud.
00:13Bonjour Agathe.
00:14A la une ce matin, c'est l'homme qui ne devait jamais manquer à Nicolas Sarkozy, mais mis en
00:20cause par l'ancien président, son ex-fidèle Claude Guéant se lâche.
00:24Il n'a pas digéré ce qui est plus qu'une trahison, déclare ce matin son avocat.
00:30Pourquoi Claude Guéant fait-il cela aujourd'hui ? Nicolas Sarkozy peut-il s'en sortir ?
00:36Et puis l'Europe a cumulé les événements climatiques extrêmes l'année dernière, selon un rapport.
00:42Pourquoi n'entend-on pas davantage les politiques sur cet enjeu pourtant crucial ?
00:47Pour nous éclairer ce matin, nos informés, Stéphanie Despierres, journaliste à LCP.
00:52Bonjour Stéphanie.
00:53Bonjour.
00:53Et Adrien Brachet, grand reporter au Point. Bonjour Adrien.
00:56Bonjour Agathe.
00:57On commence donc, Renaud, avec ce qui ressemble à un roman, le procès du financement libyen, et une histoire de
01:03trahison.
01:05Pourquoi Claude Guéant se met-il à table aujourd'hui ?
01:07Il se met à table dans une lettre de trois pages qui sera lue aujourd'hui à l'audience, au
01:12tribunal,
01:13donc lors de ce procès en appel de l'affaire du financement libyen de la campagne présidentielle de 2007.
01:17Dans ce texte, l'ancien ministre de l'Intérieur, qui est absent, rappelons-le, de ce procès pour raisons de
01:20santé,
01:21accuse notamment Nicolas Sarkozy de l'avoir fait venir à la table d'un dîner officiel à Tripoli en juillet
01:292007
01:30pour qu'il puisse entendre de la voix du colonel Kadhafi.
01:33Donc le colonel Kadhafi, à l'époque, s'inquiétait du sort d'Abdallah Senoussi,
01:38qui était son beau-frère, chef des renseignements libyens,
01:41condamné à la détention à perpétuité par Comte Humas
01:43pour avoir organisé l'attentat du décès d'État de 1989,
01:48et donc qui était condamné et qui était visé par un mandat d'arrêt.
01:52Et là, Nicolas Sarkozy aurait formulé cette consigne à Claude Guéant, je cite,
01:56« Voyez cela, Claude ».
01:58Évidemment, l'accusation est terrible, puisqu'elle met à bas la défense de Nicolas Sarkozy,
02:03lequel n'avait pas attaqué Claude Guéant en première instance,
02:06mais il a mis en cause la probité de son ancien collaborateur
02:11lors de ce procès en appel, lors d'audience au début de ce mois.
02:14Il a évoqué, à demi-mot, un possible enrichissement personnel,
02:17des cadeaux reçus de personnages douteux,
02:19et puis il a aussi accusé, je cite Nicolas Sarkozy,
02:21Claude Guéant d'avoir franchi la ligne jaune.
02:24Est-ce que ce serait par hasard la cause, justement,
02:26de cette deuxième lettre accusatoire de Claude Guéant,
02:30qui en avait déjà envoyé une première le 11 avril dernier ?
02:33Il semble bien que ce soit le motif qui a déclenché sa colère.
02:37C'est en tout cas ce que confirme l'avocat de Claude Guéant,
02:39Philippe Bouches-Elgozy, qui était l'invité de France Inter ce matin.
02:44Il a été effectivement son plus fidèle collaborateur,
02:46et je peux vous dire qu'il n'a pas digéré.
02:48Et je me demande même s'il digérera jusqu'à la fin de sa vie,
02:51ce qui est véritablement plus qu'une trahison,
02:53qui est, je l'ai dit sur d'autres médias,
02:56un véritable coup de poing dans l'estomac,
02:57quelque chose que Claude Guéant n'apprécie pas, ne digère pas,
03:01et j'allais dire qu'il est encore toujours extrêmement choqué
03:03de ces déclarations de Nicolas Sarkozy à son endroit.
03:06Vous entendez l'avocat de Claude Guéant qui dit
03:08« je me demande même s'il digérera avant la fin de sa vie
03:12ce que lui a fait Nicolas Sarkozy ».
03:14C'est une histoire de trahison que personne n'avait vu venir, Adrien Brachet ?
03:19Alors clairement, par rapport au procès en première instance,
03:22c'est un tournant.
03:24C'est-à-dire que cette prise de distance de Claude Guéant,
03:27quoi même plus qu'une prise de distance vis-à-vis de Nicolas Sarkozy,
03:29qui fait suite elle-même au propos de Nicolas Sarkozy,
03:33qu'a rappelé Renaud Dely tout à l'heure,
03:35c'est une rupture majeure, c'est un tournant majeur.
03:38Il faut quand même se remettre d'un point de vue politique
03:40dans l'ambiance de ce qu'était le quinquennat Sarkozy.
03:43Claude Guéant, c'était le serviteur de l'État par excellence de Nicolas Sarkozy.
03:48On le surnommait le cardinal, le vice-président,
03:51l'homme le plus puissant de France.
03:52Donc, au-delà même de ce qui est en train de se passer dans ce prétoire,
03:57c'est aussi une page de l'histoire politique française qui est en train de se jouer.
04:02Et donc, bien évidemment, ça place ce procès en appel
04:07dans une tonalité bien différente du premier.
04:10C'est une histoire d'une fidélité presque indéfectible entre deux hommes
04:15qui aujourd'hui se déchirent publiquement.
04:17Claude Guéant avait toujours refusé de lâcher Nicolas Sarkozy.
04:22Il l'avait même protégé.
04:23En premier instant, il avait dit que ses rencontres en Libye,
04:28Nicolas Sarkozy les ignorait.
04:30Pourquoi, aujourd'hui, il balance tout Stéphanie Despierre ?
04:34Parce que jusque-là, dans l'autre sens, il n'y avait pas eu de lâchage.
04:37Nicolas Sarkozy, Claude Guéant, Brice Hortefeux étaient assez unis
04:39dans leur manière de se défendre.
04:40Mais au début de ce procès, en appel, Nicolas Sarkozy,
04:45lui, lors d'un interrogatoire serré par le président du tribunal,
04:48a lâché Claude Guéant.
04:50Il a, comme le rappelait Renaud Delis,
04:53mis en doute sa probité.
04:55Il a dit qu'il avait franchi la ligne jaune, etc.
04:57C'est Nicolas Sarkozy qui a commencé ?
04:59Qui a, semble-t-il, qui a commencé.
05:01Parce que Nicolas Sarkozy, je vous le rappelle,
05:03il y avait quatre chefs d'accusation.
05:04En première instance, il a été condamné pour association de malfaiteurs.
05:07Et la caractérisation de l'association de malfaiteurs,
05:10c'est est-ce qu'il était au courant des rencontres de Claude Guéant
05:14avec les Libyens ou pas ?
05:15Et c'est ça qui caractérise.
05:16Donc là, en appel, il s'est dit,
05:18peut-être qu'il s'est fait coincer un peu par le président du tribunal,
05:21mais c'est aussi une manière de dire
05:23qu'il n'y ait plus d'éléments pour caractériser l'association de malfaiteurs.
05:26Et là, Claude Guéant se sent trahi
05:28et envoie une lettre,
05:30mais il en avait déjà envoyé une le 11 avril,
05:32donc ça en fait deux,
05:33dans laquelle il dit, non, je ne confonds pas les dates.
05:35Nicolas Sarkozy lui expliquait qu'il confondait
05:37les rencontres de 2005 et de 2007.
05:39Il dit, non, je ne confonds pas.
05:40Voilà, c'est très offensif
05:42et c'est vrai que c'est très surprenant
05:43pour ces deux hommes
05:44qui ont un long, très long parcours politique côte à côte
05:48et qui n'avaient jamais été émaillés de trahison
05:51comme c'est le cas souvent en politique.
05:54Nicolas Sarkozy ne devait pas s'attendre à ce retour de Boomerang.
05:57Renaud Dédit, parce qu'à la base,
05:59s'il lâche Claude Guéant, c'est pour se sauver lui.
06:01Il change de stratégie.
06:02En première instance, Nicolas Sarkozy a totalement épargné Claude Guéant.
06:05Il ne l'a jamais mis en accusation.
06:08Et Claude Guéant lui-même, absent de l'audience,
06:11n'avait jamais répliqué de la sorte à Nicolas Sarkozy.
06:14C'est peut-être dû à un interrogatoire particulièrement habile
06:16du président en appel, justement,
06:17qui a conduit Nicolas Sarkozy à lui-même
06:19franchir en quelque sorte la ligne jaune
06:21en proférant ses accusations,
06:23ses soupçons d'enrichissement personnel
06:25et autres à l'endroit de Claude Guéant
06:27que visiblement Claude Guéant a très très mal vécu.
06:29Et le problème d'un point de vue purement juridique,
06:31c'est que Claude Guéant appuie vraiment là où ça fait mal,
06:33comme vient de nous dire Stéphanie Despierre.
06:34C'est-à-dire que l'association de malfaiteurs consiste à avoir envisagé
06:38à plusieurs de commettre un délit,
06:40même si celui-ci n'a pas, et finalement,
06:42ne s'est pas concrétisé.
06:44C'est ce qui a suscité la condamnation de Nicolas Sarkozy en première instance.
06:47Claude Guéant ne confirme pas
06:50l'existence d'un financement libyen
06:52de la campagne présidentielle.
06:53Mais en revanche, sur deux points cruciaux,
06:54ce fameux dîner de juillet 2007 à Tripoli
06:57en présence du colonel Kadhafi,
06:59donc d'après Claude Guéant, le colonel Kadhafi lui répète
07:01devant Nicolas Sarkozy, en gros,
07:03« Occupez-vous du mandat d'arrêt qui vise mon beau-frère ».
07:06Et Nicolas Sarkozy lui aurait donc dit
07:08« Voyez cela, Claude ».
07:09Et puis, il contredit aussi une autre version de Nicolas Sarkozy
07:13sur un autre événement très important
07:14qui est antérieur à l'automne 2005,
07:16un voyage à Tripoli
07:18où Claude Guéant aurait rencontré
07:20de façon quasi fortuite
07:22selon ce qu'il avait avancé
07:25le susdit Abdellah Sanoussi,
07:28et Claude Guéant avait dit
07:29qu'il n'en avait pas rendu compte immédiatement
07:31à Nicolas Sarkozy.
07:32Et maintenant, il souligne le immédiatement
07:33en précisant dans le courrier
07:35qui est extrêmement cruel,
07:36les termes du courrier sont cruels,
07:38qu'il n'a pas pu ne pas l'évoquer
07:41dans d'autres circonstances plus tardivement.
07:43Donc, Nicolas Sarkozy était au courant,
07:45on le comprend à la lecture des accusations
07:47de Claude Guéant,
07:47du fait que Claude Guéant avait rencontré
07:49cet Abdellah Sanoussi
07:51visé par un mandat d'art international
07:52pour des faits extrêmement graves.
07:54Donc là, c'est une déflagration
07:55et comme le disait Adrien Brachet,
07:57ce qui est fascinant,
07:59c'est que d'abord,
08:00c'est les liens de proximité,
08:01donc entre Nicolas Sarkozy et Claude Guéant
08:03pendant plus de dix ans,
08:05proximité politique,
08:07fidèle serviteur, collaborateur du chef de l'État
08:09et même, j'allais dire, de son intimité,
08:11presque de sa vie privée.
08:13On se souvient, les plus anciens se souviennent
08:15que lorsque Cécilia Sarkozy,
08:17la précédente épouse de Nicolas Sarkozy,
08:19l'avait quittée pendant quelques mois
08:20avant de revenir à l'Élysée,
08:22puis finalement de rompre définitivement,
08:23mais quand elle est revenue à l'Élysée,
08:26Claude Guéant se vantait,
08:28il lui avait dit à Cécilia Sarkozy,
08:30« Vous savez, en votre absence, madame,
08:31j'ai changé l'eau des fleurs tous les jours. »
08:33Cette anecdote illustre la proximité
08:35entre Claude Guéant et Nicolas Sarkozy.
08:38C'était vraiment un intime.
08:40Et puis, ça ne ressemble pas au personnage lui-même
08:41qui a toujours été mutique, silencieux,
08:44à l'instar de ces grands commis de l'État
08:46qui, en général, en savent beaucoup, beaucoup,
08:48mais ne disent rien.
08:49Là, ils parlent.
08:50Oui, c'est ça.
08:51Et d'ailleurs, la fille de Claude Guéant,
08:52les proches de Claude Guéant,
08:53lui avaient dit,
08:54« Certains, balance,
08:57dis tout ce que tu sais. »
08:58Jusqu'à présent,
08:59il s'y était toujours refusé.
09:01Aujourd'hui, il le fait,
09:02Adrien Brachet.
09:03C'est vrai qu'on n'a pas trop l'habitude,
09:05dans l'histoire de la République,
09:06que les bras droits,
09:08que les fusibles lâchent le patron.
09:12Et pourtant, comme le disait Renaud,
09:14ils savent beaucoup de choses.
09:15Souvent, ce sont des gens
09:16qui sont au cœur du pouvoir,
09:18mais qui ont souvent, en effet,
09:20cette forme de fidélité, d'abnégation.
09:23Mais là, en effet,
09:24visiblement, Claude Guéant a été heurté
09:25par les mots de Nicolas Sarkozy
09:28à l'audience.
09:29Et on n'est pas, d'ailleurs,
09:30à l'abri de nouveaux rebondissements.
09:33L'avocat de Claude Guéant
09:34a eu des mots très forts.
09:35Il a dit
09:35« Il ne faut pas trop chercher Claude Guéant. »
09:38Donc, en fonction de ce qui se passe
09:40aujourd'hui à l'audience,
09:41on peut aussi avoir des rebondissements.
09:43Il a sous-entendu
09:44qu'il en avait encore sous le pied.
09:46En tout cas,
09:46qu'il ne fallait pas le chercher.
09:47Voilà les mots qu'il a employés.
09:49Tous les soirs,
09:51Claude Guéant,
09:51qui est absent du procès
09:53pour raison de santé,
09:54reçoit une transcription
09:56des audiences
09:57que lui transmet une collaboratrice
09:58de son avocat.
09:59Donc, il suit ça,
10:00malgré son état de santé,
10:01il suit ça de très près.
10:05Donc, on n'est peut-être qu'au début
10:08des bouleversements
10:09qu'il peut y avoir.
10:10Et il sera très intéressant,
10:12bien sûr, tout à l'heure,
10:12de voir comment Nicolas Sarkozy
10:15se défend.
10:16Sachant qu'en plus,
10:17on est face à un dossier
10:18qui est extrêmement complexe.
10:20Mon confrère Nicolas Bastuc,
10:21qui suit ça pour le point,
10:23parle d'un dossier tentaculaire.
10:25Donc, il y a énormément
10:26d'implications à comprendre,
10:28à suivre.
10:28Les audiences sont très longues,
10:30les débats sont très longs.
10:30Je crois qu'il a fallu 7 heures
10:32en ouverture du procès
10:34en appel au président de la Cour
10:35pour résumer les éléments du dossier.
10:37Donc, on est face à quelque chose
10:39d'extrêmement complexe.
10:40Et d'ailleurs,
10:41les avocats de Nicolas Sarkozy
10:42ont répété,
10:44à juste titre,
10:45qu'il n'y avait pas de preuves
10:47d'argent libyen
10:48qui aurait financé la campagne
10:50de Nicolas Sarkozy.
10:51Donc, il parlait d'une affaire
10:52qui était fondée
10:53sur peu d'éléments tangibles.
10:54Aujourd'hui,
10:55ces accusations
10:56de Claude Guéant,
10:58quelles conséquences
10:59elles pourraient avoir,
11:00notamment sur le fait
11:01que Nicolas Sarkozy
11:02lui a dit
11:02« occupez-vous du cas de Sénoussi »,
11:04donc condamné quand même
11:05pour un attentat
11:06avec des victimes en France.
11:08Nicolas Sarkozy
11:09qui était au courant
11:09de ces rencontres.
11:10Quelle peut être la suite,
11:12Stéphanie Despierres ?
11:12Alors,
11:13Claude Guéant ne reconnaît pas
11:14qu'il y a eu un pacte de corruption.
11:15Il ne va pas aussi loin,
11:16évidemment.
11:17Il ne dit pas
11:17« oui, on a reçu de l'argent »,
11:18etc.
11:19Mais c'est toute une foule
11:20de détails
11:21qui montrent
11:21que Nicolas Sarkozy
11:23peut-être était au courant.
11:24Ce qui est intéressant
11:25dans la lettre de Claude Guéant,
11:26c'est le degré de description.
11:28C'est-à-dire que
11:28quand il parle du dîner
11:30en 2007 à Tripoli,
11:31il explique,
11:32il raconte comment
11:33Mouammar Kadhafi
11:34était habillé,
11:35comment était disposé
11:35l'État, etc.
11:36Donc, il va vraiment
11:37dans le détail
11:37pour porter la contradiction
11:39à Nicolas Sarkozy.
11:41Et l'enjeu,
11:42c'est aussi un enjeu
11:44moral.
11:45C'est-à-dire qu'Abdallah
11:45Sarkozy a été condamné
11:47par Contumas
11:47pour l'attentat
11:49contre le décès d'ISDUTH.
11:50Je vous rappelle
11:50qu'il y a eu 170 morts
11:51dont 54 Français.
11:52Que les familles
11:53attendent aussi beaucoup
11:54de ce procès-là
11:55parce que ce n'est pas
11:56le procès de l'attentat
11:58qui a déjà eu lieu.
11:59Abdallah Sarkozy
11:59avait été condamné.
12:01Mais elle regarde
12:02avec un oeil
12:03très attentif
12:03ce qui est dit
12:04durant ce procès
12:05parce qu'il y a
12:05cette accusation morale
12:08d'un président
12:10de la République,
12:11d'un commis de l'État
12:12qui serait peut-être,
12:14c'est ce qu'essaye
12:15de savoir la justice
12:16qui aurait tenté
12:17peut-être d'intercéder
12:18en faveur d'Abdallah Sarkozy
12:20qui était le gendre
12:21de Muammar Kadhafi
12:22qui était clairement
12:23impliqué,
12:23la justice l'a dit,
12:24dans cet attentat.
12:26Voilà.
12:26Et ça c'est infamant
12:27pour un ancien président
12:28d'être intervenu
12:30pour blanchir.
12:31Parce que c'était quand même
12:32Abdallah Sarkozy
12:33il faut se dire
12:33c'était à cette époque-là
12:36le terroriste numéro un.
12:37C'était l'incarnation
12:38du mal
12:39pour beaucoup de Français
12:40parce qu'il avait été
12:42impliqué directement
12:43dans cet attentat.
12:44il avait, je crois,
12:45acheté les explosifs,
12:46procuré les explosifs.
12:48Il faut bien comprendre
12:48que même s'il n'y a pas eu
12:49d'intervention finale,
12:50c'est ce que dit Claude Guéant
12:50d'ailleurs,
12:51il dit que,
12:51en gros,
12:52c'est le sens de son témoignage,
12:53sur consigne de Nicolas Sarkozy,
12:54il a vérifié
12:55de voir s'il y avait moyen
12:56de lever d'une façon
12:57ou d'une autre
12:58le mandat d'arrêt
12:58ou de faire annuler
12:59la condamnation
13:01à la réclusion
13:02à perpétuité
13:03par compte humasse,
13:03etc.
13:04donc même si,
13:06et il a constaté
13:06selon sa célévation
13:07de Claude Guéant
13:08que c'était impossible
13:09dès lors qu'il a pris
13:10un certain nombre
13:10d'informations
13:11et donc il n'y a pas eu
13:12de changement
13:13du statut judiciaire
13:15d'Abdelha Sarkozy.
13:16Mais le simple fait
13:16que Nicolas Sarkozy,
13:18à l'époque,
13:18en juillet 2007,
13:19président de la République,
13:20demande à celui
13:21qui était à l'époque
13:22son secrétaire général
13:23de l'Elysée
13:24de voir s'il pouvait
13:26régler en quelque sorte,
13:27améliorer la situation
13:28judiciaire d'Abdelha Sarkozy,
13:30c'est un tremblement de terre
13:31comme accusation,
13:32c'est extrêmement lourd.
13:33Même chose sur l'argent,
13:35d'ailleurs sur le financement
13:36libyen de la campagne,
13:37il faut bien comprendre
13:37que l'incrimination
13:38d'association de malfaiteurs
13:40pour laquelle Nicolas Sarkozy
13:41a été condamné
13:42en première instance
13:43n'implique pas forcément
13:44qu'il y ait eu de l'argent
13:45qui a été effectivement versé.
13:47Il peut y avoir
13:48l'intention,
13:50la préparation
13:51donc d'un délit...
13:52Mais c'est vrai que ça,
13:53c'est pas simple à comprendre.
13:54Nicolas Sarkozy,
13:55je vous le rappelle,
13:55a été condamné définitivement
13:57dans l'affaire
13:57dite des écoutes.
13:59Un coup de main
14:00qu'il avait envisagé
14:01donné à un magistrat
14:03Aziber
14:04qui ne s'est pas concrétisé,
14:06qui cherchait une promotion
14:07à Monaco,
14:07mais la simple intention
14:08d'avoir envisagé
14:12justement cet échange
14:13de services,
14:13en quelque sorte,
14:14lui a valu une condamnation.
14:16Même si le délit,
14:18au final,
14:18c'est-à-dire que la promotion
14:20de ce magistrat
14:21ne s'était pas concrétisé.
14:22C'était le mode de défense
14:23de Nicolas Sarkozy
14:23qui disait,
14:24regardez,
14:24il n'a pas eu le poste,
14:25c'est bien que j'ai rien fait.
14:26Sauf qu'il avait eu l'intention
14:27de le faire,
14:28en tout cas d'après la justice.
14:30D'après la justice.
14:32Merci les informés.
14:34Pour cette affaire
14:35dont on va reparler,
14:36je n'en doute pas,
14:37dans les jours qui viennent,
14:38dans un instant,
14:39on parle du réchauffement climatique
14:412025
14:42et tel l'année
14:42de tous les records.
14:44Mais pour l'instant,
14:45il est 9h20
14:46et c'est l'Info en une minute
14:47avec Sarah Ders.
14:49Au côté du roi Charles III,
14:51devant le Congrès américain,
14:52Donald Trump a affirmé
14:53une nouvelle fois
14:54avoir vaincu
14:55militairement l'Iran.
14:56Le souverain britannique
14:58appelle quant à lui
14:58les Etats-Unis
14:59à rester fidèles
15:00à leurs alliés occidentaux.
15:02Au Mali,
15:03le chef de la junte au pouvoir,
15:04Hassini Goïta,
15:05est sorti du silence
15:06dans la soirée,
15:07plusieurs jours
15:08après le début
15:09des attaques sans précédent.
15:10Des djihadistes
15:11et des rebelles
15:12la situation est maîtrisée,
15:14assure-t-il,
15:15mais reconnaît des faits
15:16d'une extrême gravité.
15:18Le parquet de Paris
15:19requiert un procès
15:20pour un meurtre
15:21contre l'automobiliste
15:22soupçonné d'avoir
15:23volontairement écrasé
15:25le cycliste Paul Vary.
15:26C'était en octobre 2024.
15:28Le ministère public
15:29retient l'intention homicide,
15:32ce que conteste l'automobiliste.
15:34La proposition de loi
15:36yadant contre les nouvelles formes
15:38de l'antisémitisme,
15:39bientôt de retour
15:40à l'Assemblée nationale,
15:41mais sous une autre forme,
15:42élargie à toutes
15:44les discriminations racistes.
15:46Aucun train ne circulera
15:48à Paris dans les gares
15:48de Lyon et de Bercy
15:50à partir de demain.
15:51La SNCF a choisi
15:51le week-end prolongé
15:52du 1er mai
15:53pour réaliser
15:54des travaux importants.
15:58France Info
16:02Les informés
16:03Renaud Delis
16:04Agathe Lambret
16:08Les informés
16:09Cadrien Brach
16:09C'est rédacteur en chef
16:10adjoint au Point
16:11et Stéphanie Despierres
16:12journaliste à LCP.
16:14Renaud, on se penche
16:15sur notre deuxième débat
16:17tandis que la planète brûle.
16:19On se demande
16:19sur les politiques.
16:20Regarde ailleurs.
16:21Et oui, encore un record battu
16:23Agathe,
16:23mais alors celui-ci
16:23n'a vraiment rien,
16:25rien de réjouissant.
16:26Mais au contraire,
16:27il est alarmant
16:28selon le dernier bilan
16:29de l'Institut Copernicus,
16:31le programme européen
16:31d'observation de la Terre
16:32qui a donc été rendu public
16:33ce matin.
16:34Le réchauffement climatique
16:35s'accélère
16:35et l'année 2025
16:36a battu tous les records
16:37en Europe.
16:38Notre continent
16:39se réchauffe
16:40deux fois plus vite
16:41que la moyenne mondiale
16:42selon cette vastitude.
16:44Ça se traduit
16:44par une fonte accélérée
16:45des glaciers,
16:46des feux de forêt
16:47géants,
16:48des sécheresses terribles,
16:49etc.
16:50Rappelons que
16:51l'Union européenne
16:52s'est fixée comme objectif
16:53la neutralité carbone
16:54à l'horizon 2050
16:55pour essayer d'atteindre,
16:58de respecter
16:59les objectifs
16:59de l'accord de Paris
17:00de 2015
17:01de limiter
17:01le réchauffement climatique
17:02à 1,5 degré
17:03d'ici la fin du siècle
17:04mais cet objectif
17:05semble d'ores et déjà
17:06hors d'atteinte.
17:07Celui de la neutralité carbone
17:09l'est peut-être aussi.
17:11Pourquoi ?
17:11Voici la réponse
17:12ce matin
17:12de Françoise Vimeux,
17:14climatologue,
17:15directrice de recherche
17:15à l'Institut de recherche
17:16pour le développement
17:17qui était l'invité
17:18de France Info.
17:19Tant qu'on n'a pas atteint
17:20cette neutralité carbone,
17:21la température continue
17:23à augmenter
17:23et les impacts
17:25grandissent
17:25un peu partout
17:26dans le monde.
17:27Et il faut qu'en fait
17:28on réduise énormément
17:29nos émissions
17:30et qu'on sorte
17:30de cette dépendance
17:31aux énergies fossiles.
17:33Mais voilà,
17:33c'est vraiment
17:34un problème collectif
17:35qui doit être pris
17:36à bras de gauche.
17:38Et sur le plan politique,
17:39en effet,
17:40les dirigeants
17:41semblent aujourd'hui
17:42reléguer cette urgence
17:44derrière d'autres préoccupations
17:45liées aux incertitudes
17:46géopolitiques,
17:47aux guerres
17:47ou aussi aux questions économiques.
17:49La crise économique
17:49née justement
17:50de ces incertitudes géopolitiques.
17:51Pourquoi est-ce que
17:53l'agenda des politiques,
17:55que ce soit au niveau national
17:56ou au niveau européen
17:57d'ailleurs,
17:57a été marqué
17:58ces dernières mois
17:59par un certain nombre
18:00de reculs
18:01qui semblent au contraire
18:02continuer d'alimenter
18:04notre dépendance
18:05aux énergies fossiles
18:06qu'évoquait à l'instant
18:07Françoise Vimeux,
18:08laquelle est responsable
18:09en grande partie
18:10de ce réchauffement climatique
18:12qui s'accélère ?
18:12Pourquoi ce sujet
18:13n'est-il pas
18:14plus mis en avant
18:15par la classe politique,
18:17Stéphanie Despierre ?
18:18Je pense qu'il y a
18:18un certain recul.
18:19Elle avait été très mise en avant
18:21en 2010-2020.
18:22Ce n'est pas forcément simple
18:24d'expliquer aux Français
18:25qu'ils doivent faire des efforts.
18:26Nos politiques
18:29ne gagnent pas grand-chose
18:30à promettre du sang
18:31et des larmes.
18:32Donc généralement,
18:32ils essayent de porter
18:33des sujets un peu plus positifs.
18:35Et c'est vrai que
18:35le réchauffement climatique,
18:36c'est compliqué,
18:37c'est un sujet global.
18:38Même si vous faites
18:39des petits efforts,
18:40vous ne verrez pas forcément
18:41dans l'immédiat
18:41ou à court terme
18:43la récompense
18:44de ces efforts-là.
18:45Donc c'est un discours
18:45qui est difficile à porter
18:47pour un politique.
18:48Et c'est vrai que la période
18:49est assez intéressante.
18:50Par exemple,
18:50la semaine dernière,
18:51le gouvernement a présenté
18:52son plan d'électrification
18:53de l'économie française.
18:55Ce qui est intéressant,
18:56c'est qu'on parle
18:56souveraineté,
18:57dépendance,
18:58pouvoir d'achat,
18:58mais qu'on parle
18:59un peu de développement durable,
19:02d'économie durable,
19:03mais on ne parle pas beaucoup,
19:04on ne met pas en avant
19:06cette lutte
19:07contre le réchauffement climatique,
19:08cette volonté
19:08de réduire les émissions
19:10de gaz à effet de serre,
19:12alors que c'est ça
19:12le sujet quand même.
19:13Mais on voit
19:14que le politique
19:15cherche d'autres arguments,
19:16d'autres moyens
19:17pour convaincre les Français
19:18du bien-fondé de sa politique
19:19et du fait qu'il faut
19:21électrifier l'économie du pays
19:23pour être souverain,
19:24indépendant,
19:25mais qu'on n'est plus
19:26dans des discours
19:27globaux
19:27sur le réchauffement climatique.
19:29Malgré tout,
19:30ce plan d'électrification,
19:32Adrien Brachet,
19:33qui vise aussi
19:34à faire en sorte
19:34qu'on soit moins
19:36dépendant du pétrole
19:37dans un moment
19:38où les prix augmentent
19:39à cause de la guerre
19:40au Moyen-Orient,
19:42ça n'a pas été
19:44vraiment salué
19:45par les oppositions.
19:46On est resté
19:46dans des débats
19:47très immédiats
19:48de pouvoir d'achat,
19:50à réclamer
19:50de nouvelles baisses
19:51de taxes.
19:52Il n'y a que ça
19:53qui est audible
19:53en fait en ce moment ?
19:55Alors bon,
19:55déjà c'est que
19:56ça arrive peut-être
19:57un peu tard
19:58et qu'on est à la fin
19:59du mandat
20:00d'Emmanuel Macron
20:01et que tous les différents
20:02responsables politiques
20:02sont déjà en train
20:03de penser à l'après,
20:05qu'Emmanuel Macron
20:06lui-même
20:06a opéré
20:08au cours de son mandat
20:09plusieurs revirements,
20:10notamment sur la question
20:11du nucléaire.
20:12Il n'était pas du tout
20:12sur la même position
20:13au début de son mandat
20:14qu'après où il a fait
20:15un tournant
20:15beaucoup plus pro-nucléaire.
20:17Donc c'est aussi
20:17qu'il y a eu
20:18au cours du mandat
20:19d'Emmanuel Macron
20:20des problèmes de lisibilité
20:21sur cette question-là.
20:22Après,
20:23ce qui est vrai
20:23et je rejoins
20:25tout ce qu'on a dit,
20:26c'est qu'aujourd'hui
20:27ces questions
20:27d'écologie
20:28et d'environnement
20:29sont davantage abordées
20:31sous l'angle
20:31de l'indépendance
20:32énergétique,
20:33de la souveraineté.
20:34C'est l'effet
20:35du contexte géopolitique,
20:36de ce qui s'est passé
20:37en Ukraine,
20:37de ce qui se passe
20:39désormais en Iran.
20:40Donc c'est vrai
20:41que la façon
20:41dont elles sont abordées
20:43a muté
20:44et qu'en revanche
20:46le problème
20:46est en effet
20:47qu'on a aujourd'hui
20:48une vie politique
20:49qui est assaillie
20:51par le besoin permanent
20:52d'immédiateté
20:53et l'action
20:54sur les questions
20:55environnementales,
20:55sur la lutte
20:56contre le dérèglement
20:57climatique.
20:57C'est l'inverse même
20:58de ça,
20:58c'est quelque chose
20:59dont vous ne,
21:00en tant que politique,
21:01vous ne récoltez pas
21:02les fruits
21:03au cours de votre mandat.
21:04C'est bien plus tard
21:05que ça arrive
21:06et donc ça,
21:06ça va à l'encontre
21:07de la façon
21:08dont beaucoup de politiques
21:08font aujourd'hui
21:09de la politique.
21:10Un tout petit mot
21:10pour conclure
21:11qui illustre
21:12me semble-t-il
21:12cette contradiction
21:14totale
21:14entre les priorités
21:15des responsables politiques
21:16et la situation
21:17et en particulier
21:17l'urgence climatique,
21:18c'est la position
21:19du Rassemblement national
21:20par exemple.
21:20C'est le grand
21:21favori de l'élection présidentielle
21:21et c'est le parti
21:22aujourd'hui
21:22le plus puissant
21:23dans les sondages
21:24d'intention de vote
21:24qu'elle l'est
21:25jour après jour
21:26depuis deux mois
21:27que la guerre
21:27a commencé,
21:29la guerre visant
21:30l'urand
21:30et le blocage
21:30du 3-3-dormous,
21:31la revendication
21:32essentielle du Rennes,
21:33c'est une baisse massive
21:34des taxes sur les carburants.
21:36C'est-à-dire
21:36exactement l'inverse
21:38de ce qu'il faudrait faire
21:38pour justement
21:39tenir compte
21:40de cet objectif climatique.
21:42Qu'il y ait
21:43des accompagnements sociaux,
21:45des dispositifs d'aide
21:47aux plus précaires
21:48qui ont besoin
21:49de recourir
21:49à l'automobile,
21:50à la voiture,
21:50évidemment que ça
21:51c'est un impératif social
21:53mais une baisse massive
21:54des carburants
21:55c'est quoi ?
21:55C'est un encouragement
21:56à consommer
21:57beaucoup plus
21:58de carburant.
21:59D'ailleurs,
21:59il y a au moins
22:00une bonne nouvelle
22:00aujourd'hui,
22:00c'est qu'elle a baissé
22:01cette consommation
22:02de carburant
22:03évidemment à cause
22:04de l'envoi des prix
22:04au cours du mois dernier
22:05et donc ça,
22:06ça participe justement
22:07de continuer
22:08à perpétuer
22:09notre dépendance
22:10aux énergies fossiles.
22:12Merci beaucoup
22:12les informés.
22:14Merci Adrien Braché,
22:15rédacteur en chef
22:16adjoint au Point.
22:17Vous avez la une
22:17de votre magazine.
22:18La France qui nous laisse
22:20le vrai bilan
22:21d'Emmanuel Macron.
22:23Avec une photo
22:23d'Emmanuel Macron
22:24sur le perron
22:25de l'Elysée.
22:25Merci Stéphanie Despierres,
22:27journaliste à LCP.
22:28Merci Renaud.
22:29Merci à vous.
22:29On se retrouve demain
22:30et vous retrouvez
22:31les informés
22:32ce soir à 20h
22:33avec Renaud Blanc.
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