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Tous les jours, Les Informés débattent de l'actualité autour d'Agathe Lambret et de Renaud Dély.

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00:05Bonjour et bienvenue dans les informés, c'est parti pour une demi-heure de décryptage de l'actualité.
00:10Bonjour Renaud Delis.
00:11Bonjour Agathe.
00:12Au sommaire aujourd'hui, la crise du carburant va-t-elle nous contraindre à changer nos habitudes ?
00:17Et puis la gauche, hors LFI, peut-elle s'unir pour dépasser Jean-Luc Mélenchon ?
00:22François Ruffin, président de Debout, candidat et député, déclare ce matin sur France Info qu'il ira,
00:27quoi qu'il arrive, primaire ou pas primaire, pour décrypter tout cela.
00:32Nos informés, Alex Bouillaguet, éditorialiste politique à France Info TV et l'interview politique du lundi au jeudi à 7h40.
00:38Bonjour Alex.
00:39Bonjour Agathe, bonjour à tous.
00:40Et Sylvain Courage, directeur adjoint du Nouvel Obs.
00:42Bonjour Sylvain.
00:43Bonjour.
00:43Renaud, donc on commence avec la crise du carburant qui pourrait être peut-être une opportunité pour changer nos habitudes
00:50et sortir de nos dépendances.
00:51C'est justement le thème de cette journée spéciale aujourd'hui sur France Info, consacré aux usages des Français face
00:56à cette crise des carburants
00:57qui dure et qui promet de durer au regard de la crise au Moyen-Orient.
01:01Les prix du pétrole ont d'ailleurs encore augmenté de 5% hier.
01:05Le baril de pétrole approche des 120 dollars.
01:08Cette crise énergétique d'ailleurs au-delà même des carburants est partie pour durer.
01:11Dans ce contexte, Emmanuel Macron avait réuni il y a quelques jours à l'Elysée ce qu'il appelait l
01:17'équipe de France de l'électrification du pays.
01:19Il veut accentuer les efforts d'électrification de notre économie en multipliant un certain nombre d'initiatives sur lesquelles on
01:26reviendra.
01:27Face à cette crise des carburants aujourd'hui, quel est le défi auquel se heurtent les Français ?
01:32Justement le dilemme qu'ils affrontent pour continuer d'utiliser à la fois leurs véhicules sans justement trop grever leur
01:42pouvoir d'achat.
01:42Voici ce qu'on disait ce matin sur France Info, Anne Bringo qui est la directrice des programmes au sein
01:47du réseau Action Climat
01:49et qui est spécialiste justement de ces enjeux à la fois climatiques et énergétiques.
01:54Pour certains c'est une baisse choisie, c'est-à-dire qu'ils ont effectivement choisi un autre mode de
01:58transport comme le vélo ou les transports en commun
02:01ou ils ont choisi de partir en week-end ou en vacances moins loin ou de faire plus de trilles
02:05de travail.
02:05Là c'est positif, c'est de la sobriété.
02:07Mais parfois cette baisse elle peut être subie pour des personnes pour qui ça coûte trop cher.
02:13On va renoncer à se déplacer pour rendre visite à des proches ou aller au travail ou pour exercer son
02:18métier.
02:18C'est là où il faut des aides ciblées parce que tout le monde n'a pas accès effectivement à
02:22des transports en commun
02:23ou un accès à vélo de manière sécurisée.
02:26On assiste depuis le début de cette crise des carburants d'ailleurs à une baisse globale de la consommation des
02:30carburants
02:31sauf que comme le dit à l'instant Anne Bringo, il y a des cas dans lesquels cette baisse elle
02:34est choisie
02:35parce que d'autres modes de transport sont choisis par les utilisateurs.
02:40Et puis il y a d'autres cas où elle est subie et où elle pourrait l'être aussi d
02:43'ailleurs à l'occasion des vacances d'été.
02:45Est-ce que les Français vont être obligés de renoncer à un certain nombre de déplacements
02:48et donc s'imposer des restrictions en période de vacances ?
02:51Bref, est-ce que ce contexte pèse sur les comportements quotidiens d'une part
02:55et est-ce qu'il peut à plus long terme contribuer à modifier nos usages
03:00et à modifier peut-être le fonctionnement justement de notre économie
03:02à commencer par ce défi de l'électrification ?
03:05Sylvain Courage, on voit déjà que cette crise a modifié les comportements des Français
03:09que ce soit de façon choisie ou subie.
03:12Il y a eu des changements ?
03:13Oui, bien sûr, la consommation de carburant a baissé sensiblement, je crois 14% au mois de mai.
03:18Donc c'est très important, c'est une forme de sobriété aussi qu'on attendait
03:24puisqu'on sait très bien qu'il faut qu'on sorte des carburants et de l'énergie carbonée.
03:30Mais effectivement, ça se fait sous la contrainte.
03:33Donc ce n'est pas forcément très agréable.
03:34Le gouvernement essaye d'aider les catégories les plus exposées, les gros rouleurs,
03:39les gens qui ont besoin surtout de se déplacer pour exercer leur métier.
03:43Mais ça aura des conséquences aussi sur les loisirs, effectivement sur les vacances.
03:46Je crois qu'il y a déjà des études d'opinion qui indiquent que les Français vont essayer d'aller
03:50un peu moins loin.
03:52Alors effectivement, on peut interpréter ça comme une contrainte, comme une difficulté, comme une crise.
03:59C'est vrai et ça touche les gens au portefeuille.
04:00En même temps, cette adaptation, elle était attendue.
04:03Et le rebond de la voiture électrique que les constructeurs avaient mis sur le marché déjà depuis des mois
04:09et que personne ne... en tout cas dont les ventes décevaient aujourd'hui,
04:12se portent très bien. Il y a eu une augmentation de 30% des immatriculations de véhicules électriques.
04:16Et c'est plutôt une bonne chose.
04:18Ça veut dire que cette crise, ça peut être une opportunité, Alex, pour changer...
04:21Exactement. Alors moi, je suis peut-être un peu trop optimiste.
04:24Mais je pense que ça peut être une opportunité.
04:26Parce que si on regarde aujourd'hui, plus de 90% du parc automobile français roule encore soit à l
04:31'essence, soit au diesel.
04:33Effectivement, malgré une progression des véhicules électriques.
04:36Donc oui, cette crise peut accélérer la transition écologique.
04:40Parce qu'on se rend compte qu'à chaque flambée des prix, ça améliore la compétitivité économique du véhicule électrique.
04:46On se rend compte, effectivement, avec les chiffres que vient de donner Sylvain,
04:50que les chiffres des ventes des véhicules électriques augmentent en France, mais aussi partout en Union Européenne.
04:56Que les constructeurs investissent, du coup, de plus en plus des dizaines de milliards d'euros dans l'électrification.
05:02Et qu'il y a aussi peut-être...
05:04Ça, c'était déjà calé depuis un bon paquet de temps.
05:07Mais l'interdiction de la vente des véhicules neufs thermiques d'ici 2035 peut aussi terminer d'inciter les Français
05:15à passer à l'électrique.
05:17Après, il y a aussi des écueils.
05:18Le prix d'achat reste extrêmement élevé.
05:20Donc, il faut penser aux ménages modestes qui n'ont pas aujourd'hui les moyens de passer à l'électrique.
05:25Il faut aussi penser aux ménages ruraux qui restent aussi très dépendants de la voiture.
05:30Donc, d'où une politique d'incitation.
05:32Parce qu'on voit bien ce que fait la Chine.
05:34La Chine qui investit, l'État met des milliards et des milliards pour subventionner, en quelque sorte, l'électrification du
05:42pays.
05:43Donc, nous, je ne dis pas qu'il faut faire pareil.
05:44Mais, en tout cas, il faut aller sur des mesures très fortes.
05:47Et puis, des difficultés encore sur les infrastructures de recharge qui sont encore inégalement réparties.
05:53Donc, ça, il faut aussi simplifier.
05:55Et notamment, dans des régions rurales, de permettre à chaque Français qui a une voiture électrique de pouvoir faire sa
06:01recharge tranquillement.
06:01Et c'est la même chose aussi pour les approvisionnements qui sont très mondialisés, tout ce qui est batterie.
06:07Là encore, il faut accélérer là-dessus.
06:09Renaud ?
06:09Ce qui est très important, c'est de voir si cette crise qui est quand même coûteuse, qui est difficile
06:15pour une grande partie des Français,
06:16et pas seulement d'ailleurs, c'est aussi le cas évidemment des pays voisins, peut se transformer en opportunité.
06:20Ça, ça dépend de la capacité des pouvoirs publics à l'échelle nationale d'une part, mais aussi et surtout
06:24à l'échelle européenne,
06:25justement de saisir cette opportunité pour relancer un certain nombre d'objectifs.
06:29Le fait est que cette crise, elle se heurte, elle entre en contradiction avec un certain nombre de décisions, on
06:35va dire, de recul
06:36qui avaient été enclenchées, y compris à l'échelle européenne, puisque l'interdiction totale des véhicules thermiques en 2035,
06:41l'Union européenne est revenue dessus en accordant encore la possibilité qu'un pourcentage, 10% de véhicules thermiques, puisse
06:49être vendu au-delà.
06:49Donc on voit bien qu'on était dans un mouvement, on l'avait vu ces dernières années,
06:52où même si les objectifs demeuraient fixés, y compris au plan national,
06:57il y avait un certain nombre de décisions, d'assouplissements justement, qui remettaient en cause ces objectifs de transition écologique.
07:04Là, on voit bien, et cette crise le montre, le cap est là, il faut aller dans cette direction-là.
07:10Alors ça explique qu'il y a un effort de pédagogie, d'explication, qui a été d'ailleurs initié par
07:15Emmanuel Macron ces dernières semaines,
07:17ce grand plan d'électrification, le fait de réunir à l'Elysée ce qu'il appelait l'équipe de France
07:21d'électricité,
07:22de refixer un certain nombre d'objectifs extrêmement ambitieux.
07:25Il faut rappeler qu'il a évoqué, pardon, le chef de l'État, le fait qu'à l'horizon 2035,
07:31il faudrait que les énergies thermiques pèsent pour moins de 30% de la consommation finale d'énergie de la
07:36France,
07:36contre à peu près 60% aujourd'hui.
07:38Donc on voit l'effort, et 2035, c'est demain.
07:41Donc il y a cet effort de pédagogie, mais il y a un double problème, qui est d'abord un
07:44problème,
07:45c'est que cette transition écologique, elle est coûteuse, d'abord pour les finances publiques,
07:48évidemment, c'est extrêmement coûteux, et on l'a vu, à l'occasion d'ailleurs de ce grand round-out
07:52organisé à l'Elysée,
07:53Emmanuel Macron s'est beaucoup tourné vers les financements privés, les entreprises, les distributeurs étaient là,
07:58étaient extrêmement présents, et c'est d'abord, évidemment, de ces investissements venant du privé,
08:02que c'est avec ça que ce défi peut être éventuellement relevé,
08:05et puis elle est à très court terme, coûteuse, socialement, évidemment, pour toute une partie des Français,
08:09ce qui explique qu'il faut aussi des mesures d'accompagnement social,
08:12justement, pour aider un certain nombre de Français à basculer vers cette transition.
08:15Effectivement, Jean-Marc Jancovici, spécialiste de l'énergie, invité de France Info l'autre jour à 8h30,
08:21disait, cette transition énergétique ne se fera pas sans sacrifice financier pour les Français,
08:26ça va toucher les Français au portefeuille, c'est ce qu'on constate aujourd'hui, à l'X même,
08:31la transition, elle est inabordable, pour la plupart des Français, c'est beaucoup trop cher.
08:35Elle est inabordable, c'est vrai qu'une voiture électrique, même un scooter électrique, ça a un coût,
08:40et puis encore une fois, il faut qu'il y ait la maintenance, il faut qu'il y ait possibilité
08:43de recharge,
08:43et ça, c'est très compliqué, donc la question centrale, oui, c'est qui paiera l'addition ?
08:47Est-ce que ça va être l'État, mais les finances sont vides ?
08:50Est-ce que ça va être les entreprises, c'est peut-être une bonne piste ?
08:53Ou est-ce que ça va être les ménages ? En tout cas, les ménages, ils en paieront le coût.
08:56Après, la France, elle a une chance, c'est qu'elle a un atout, c'est le nucléaire,
09:00et ça, c'est une énergie décarbonée, et c'est pour ça que cette crise,
09:04elle se passe peut-être mieux que les précédentes,
09:07et puis, on va vers le développement d'énergie renouvelable,
09:12avec, là aussi, quand même, il faut le signaler, quelques écueils.
09:14L'énergie renouvelable, c'est de l'intermittence,
09:17donc ça peut aussi manquer.
09:20Ça nécessite, effectivement, d'importants investissements quasi massifs
09:25dans les réseaux électriques, là aussi, ça coûte des sous,
09:29et puis, ça ne remplace pas, à court terme, le pétrole qui est utilisé,
09:33notamment dans le transport routier, dans le transport aérien,
09:36dans le transport maritime.
09:37Dans un instant, les informés, on va parler de...
09:40Je ne voulais pas vous couper, Renaud, vous voulez dire ?
09:41Je vous en prie, je vous en prie.
09:43On va parler de la gauche.
09:45Or, les filles, peut-elle s'unir pour battre Jean-Luc Mélenchon ?
09:49Mais pour l'instant, il est 9h16, et c'est l'Info en une minute,
09:52avec Maureen Suignard.
09:54Les recherches reprennent ce matin pour tenter de retrouver la petite Liana,
09:5711 ans, disparue dans le Gers, un homme de 41 ans.
10:00Le père d'une amie de Liana a été mis en examen hier soir.
10:03Il a passé une première nuit en prison, il est suspecté d'être impliqué dans sa disparition,
10:08mais il nie les faits devant les enquêteurs.
10:10Plus de 650 drones et 73 missiles lancés contre l'Ukraine pendant la nuit.
10:15La Russie revendique une frappe massive contre des sites militaires du complexe militaro-industriel ukrainien.
10:22Kiev, de son côté, affirme que 9 personnes ont été tuées ces dernières heures.
10:25Les premiers résultats vont tomber dès 19h, précisément.
10:28Ceux de Parcoursup, la plateforme d'inscription dans l'enseignement supérieur.
10:33Plus d'un million 46 000 candidats ont déposé des voeux, c'est un record depuis 2018.
10:38Et puis l'Elysée annonce la tenue d'un hommage national demain pour Edgar Morin.
10:42Cela se déroulera aux Invalides à Paris.
10:45Le philosophe, sociologue, ancien résistant, est mort vendredi à 104 ans.
10:49L'Elysée estime qu'il incarnait pour des millions de Français l'idéal de l'intellectuel humaniste engagé pour la
10:55paix.
10:58France Info
11:01Les informés, Renaud Delis, Agathe Lambret.
11:08Les informés avec Sylvain Courage, directeur adjoint du Nouvelle Ops et Alex Bouillaguet, éditorialiste politique à France Info TV.
11:14On parle de la gauche qui a bien du mal à s'unir, Renaud.
11:18La gauche, ou plutôt les gauches, vous avez raison, il y en a au moins deux grandes.
11:22On va dire qu'il y a une gauche radicale qui fait bloc autour de son chef, Jean-Luc Mélenchon,
11:26qui est d'ores et déjà en campagne, sa quatrième campagne présidentielle consécutive.
11:30Et puis il y a une autre gauche plus modérée, plus réformiste, une gauche dite hors LFI, où là, les
11:35candidats, les prétendants poussent un peu comme les champignons après la pluie.
11:39Il y a une foultitude de candidats déclarés ou putatifs.
11:42Comment les sélectionner ? D'ailleurs, certains envisagent toujours, rêvent toujours d'une primaire, mais qui semble abandonnée par beaucoup.
11:48L'un de ses nombreux candidats, François Ruffin, député de la Somme, était votre invité tout à l'heure.
11:54Il croit encore plus ou moins à la primaire, mais enfin, de toute façon, ça ne changerait pas grand-chose
11:58pour lui.
11:59Je suis partisan de la primaire, pour des raisons à la fois de départage, il y a plusieurs figures à
12:04gauche, pour des raisons de débordement.
12:06Je pense que ça amènera deux à trois millions de personnes aux urnes.
12:09Mais vous y croyez encore ou pas ?
12:11En tout cas, je ne lâche pas l'affaire, d'accord ?
12:13Maintenant, je le dis avec clarté, je l'ai déjà dit, je l'ai répété, s'il n'y a
12:16pas de primaire, j'y vais.
12:18Bon, donc en clair, ça ne changera rien.
12:20De toute façon, ça fait donc un candidat de plus.
12:22Alors, citons, et je vais en oublier qu'il m'excuse par avance, Marine Dandelier, Clémentine Autain, Jérôme Gage,
12:29et puis dans les starting blocks, Olivier Faure, voire François Hollande, Raphaël Glucksmann, bien sûr,
12:33qui sera candidat dans trois mois, s'il réussit d'ici là à rassembler son camp, a-t-il dit
12:37il y a quelques jours.
12:38Bref, une foultitude de prétendants et avec autant de candidats.
12:41D'une part, est-ce que la gauche au RLFI peut réussir à devancer Jean-Luc Mélenchon au premier tour
12:45?
12:45Et puis d'autre part, est-ce que l'un ou l'autre des candidats de gauche, d'ailleurs, issus
12:49de cette gauche réformiste ou de la gauche radicale,
12:51peut atteindre le second tour, alors qu'il n'est aucun personne,
12:55pas même Jean-Luc Mélenchon ou Raphaël Glucksmann, n'est en capacité,
12:59par exemple, selon une enquête de l'Institut Ipsos publiée par nos confrères du Parisien aujourd'hui en France,
13:05de se qualifier pour le second tour de la présidentielle.
13:07C'est mal parti, Sylvain Courage, mal parti aussi pour la primaire, non ?
13:11Est-ce que certains y croient toujours ?
13:12La primaire, elle était presque condamnée d'avance, puisqu'on savait que Jean-Luc Mélenchon,
13:17enfin, pour que la gauche s'unisse grâce à une primaire, c'était impossible,
13:20puisque Jean-Luc Mélenchon l'excluait.
13:22Et Raphaël Glucksmann, qui se prépare depuis déjà de longs mois également,
13:27donc déjà, ça réduisait le spectre de cette primaire,
13:30et puis aujourd'hui, il y a une moitié du Parti Socialiste qui n'en veut pas,
13:34donc ça fait tomber un des principaux partis organisateurs.
13:37Voilà pourquoi plus personne n'y croit.
13:39Alors, on pourrait se tourner vers les sondages pour essayer de voir
13:42quel est le candidat qui se dégage le plus,
13:44mais ce n'est pas non plus un juge de paix très clair,
13:48puisque Raphaël Glucksmann semble le mieux placé,
13:51mais ce n'est pas non plus un avantage considérable
13:54qui lui permettrait d'inciter tous ses camarades à un ralliement utile.
13:59Sa candidature, par ailleurs, il est rejeté par les écologistes,
14:02il est rejeté par une partie du Parti Socialiste.
14:04Donc on est vraiment dans une situation infernale
14:07pour cette partie du champ politique et de l'électorat aussi,
14:11parce qu'il y a quand même des électeurs qui peuvent attendre
14:13que quelqu'un se manifeste et prenne vraiment le lead sur ce courant-là.
14:21Pour l'instant, ce n'est pas le cas.
14:22On se donne rendez-vous en septembre.
14:24Pas sûr que ce soit plus clair en septembre.
14:27Donc oui, ça semble assez mal parti.
14:29Il y a beaucoup d'électeurs orphelins, Alix,
14:31qui n'ont pas trop de solutions aujourd'hui.
14:33On peut peut-être les comprendre,
14:34parce que c'est à la fois le grand bazar,
14:36il n'y a pas de lisibilité,
14:39et forcément, ça ne crée pas une forme de souffle.
14:41Si on se résume, il y a ceux qui veulent la primaire,
14:44Olivier Faure, il y a ceux qui n'en veulent pas,
14:47Boris Vallaud, le patron des députés,
14:48il y a ceux qui sont déjà candidats, comme Jérôme Gage,
14:51il y a ceux qui espèrent l'être, qui sont en embuscade,
14:53je ne sais pas si vous l'avez cité,
14:54il n'est pas encore candidat déclaré, mais François Hollande.
14:57Si, je l'ai cité.
14:58Je vous l'ai cité.
14:59Et puis, il y a aussi celui qui sème...
15:00Mais on en oublie sûrement, je suis d'accord avec vous, bien sûr.
15:02Fabien Roussel, il me semble.
15:03Oui, je l'ai oublié, pardon.
15:05Comme ça, il faut être exhaustif en la matière.
15:07Donc, vous voyez, c'est assez affolant.
15:09Et puis, il y a celui qui sème aussi le doute aujourd'hui,
15:11c'est Raphaël Glucksmann.
15:12Parce que le fait de laisser dire,
15:14et de le dire d'ailleurs,
15:15qu'il sera candidat dans trois mois,
15:17pour reprendre la bonne expression
15:20qu'on prête à tous ceux qui veulent être président,
15:22c'est est-ce qu'il a faim ?
15:23Est-ce qu'il a suffisamment faim ?
15:25Parce que s'il se met à réfléchir pour se dire
15:27est-ce que je suis candidat, pas candidat,
15:29on se demande vraiment s'il a envie de l'être.
15:30Et ça fait douter.
15:32Et face à ça, il y a qui en face ?
15:35Il y a Jean-Luc Mélenchon
15:36qui fait une entrée en campagne remarquable,
15:38un sans faute.
15:39Comme il le dit lui-même,
15:40chez nous, c'est carré,
15:42il y a un chef, il y a un programme,
15:43il y a des troupes,
15:44on ne peut pas lui donner tort.
15:45Chez les Insoumis, ils ont bossé,
15:47oui, ils ont un programme,
15:48oui, les troupes sont alignées,
15:49même parfois sous la contrainte,
15:50mais en tout cas,
15:51elles sont toutes en hors de marche.
15:53Il avance.
15:54Il a une longueur d'avance.
15:55Il a une longueur d'avance.
15:56Et d'ailleurs, on le voit dans les sondages,
15:58c'est-à-dire que dans beaucoup de sondages,
16:00c'est lui qui est désormais en tête
16:02dans les enquêtes d'opinion.
16:03Et alors, Renaud,
16:04vous n'êtes pas d'accord avec Alix ?
16:05Pourquoi ?
16:05Ce n'est pas le cas dans les sondages.
16:07Dans ce que publie l'Institut Ipsos
16:09aujourd'hui,
16:10chez nos confrères du Parisien
16:11aujourd'hui en France,
16:12il ne fait pas mieux
16:14que Raphaël Glucksmann.
16:15D'ailleurs, il est parfois
16:15un point ou deux dernières.
16:16Non, mais pas mieux,
16:16c'est égal,
16:18ou parfois il dévence aussi.
16:19Non, mais ce que je veux dire,
16:20c'est qu'il est très loin du second tour,
16:21Jean-Luc Mélenchon.
16:21Il ne faut pas se leurrer.
16:22Les sondages ne disent pas la même chose.
16:23Ah, il est très loin du second tour
16:24dans tous les sondages,
16:25Jean-Luc Mélenchon.
16:26Comme tous les candidats de gauche...
16:27Mais ils sont tous très loin.
16:28Le second tour, on ne sait pas.
16:29Le ticket d'entrée sera peut-être très bas.
16:31Mais peut-être.
16:31On est un an du scrutin.
16:32De toute façon,
16:33il ne faut pas se baser uniquement
16:33sur les sondages.
16:34Mais ce que je veux dire,
16:35c'est que le problème de la gauche,
16:37là où je vous rejoins,
16:38c'est que les Insoumis
16:39sont en ordre de marche
16:40et qu'ils ont un socle électoral
16:41extrêmement solide.
16:43Le problème, c'est évidemment
16:43ce qu'on sait tous,
16:44c'est aussi le rejet massif
16:46suscité par leurs candidats
16:47dans une large france de l'opinion,
16:48notamment dans la perspective
16:55de la gauche dite radicale
16:56et l'autre de la gauche réformée.
16:57Ça a toujours été comme ça
16:58dans l'histoire des élections présidentielles.
17:00Sauf une fois, d'ailleurs,
17:01en 1974,
17:02et François Mitterrand,
17:03qui avait rassemblé les deux
17:03dès le premier tour,
17:04a perdu au second tour.
17:05Donc le problème,
17:06c'est qu'il y ait ces deux candidats,
17:09l'un issu de chaque camp,
17:13ça serait naturel.
17:14Le problème, c'est le niveau global
17:15de la gauche.
17:15La gauche, toute mouillée,
17:17si j'ose dire,
17:18toute tendance confondue,
17:19ça pèse à peine un tiers
17:20d'intentions de vote
17:21dans les sondages
17:21depuis de très longue date.
17:22Et un tiers,
17:23c'était d'ailleurs le résultat
17:24de la gauche au premier tour
17:25il y a cinq ans,
17:26ça n'a pas bougé.
17:27Et de surcroît,
17:28il y a un émiettement collectif
17:29au sein de la gauche réformiste,
17:30on l'évoquait à l'instant.
17:31Et en fait,
17:32le cercle vicieux
17:33dans lequel s'enferme la gauche
17:34est assez simple,
17:34me semble-t-il,
17:35à décrire.
17:36Quand une fois,
17:36ce n'est pas le fait
17:37qu'il y ait deux gauches
17:38qui ont vocation
17:39à avoir chacune un candidat,
17:40c'est le fait que,
17:41pour gagner,
17:42la gauche doit à un moment
17:43ou un autre s'unir,
17:44d'abord la gauche réformiste,
17:45effectivement,
17:46au premier tour.
17:47Or,
17:47tant qu'il n'y a aucune perspective
17:48de victoire,
17:50les divisions continuent
17:51de se creuser.
17:52Et au fond,
17:52à gauche,
17:53personne ne pense vraiment
17:54la victoire possible,
17:55ce qui explique que personne
17:56n'est prêt à s'effacer
17:57derrière l'autre.
17:58La plupart des prétendants
18:00en question qu'on cite
18:00sont candidats,
18:02non pas pour devenir
18:03président de la République,
18:03ils y croient assez peu,
18:04mais pour prendre date
18:06au lendemain
18:06d'une défaite annoncée,
18:08c'est-à-dire pour peser
18:09au lendemain,
18:09pour exister au lendemain
18:10d'une défaite annoncée,
18:11plutôt que d'être prêt aujourd'hui
18:13à s'effacer
18:14au profit d'une victoire collective
18:16qui semble très improbable.
18:17C'est ça le cercle vicieux
18:18auquel se heurte
18:19aujourd'hui la gauche.
18:19Et la stratégie de Raphaël Bluxmann,
18:21est-ce que c'est pour peser
18:22au lendemain d'une défaite annoncée,
18:24s'il vaincourage,
18:25ou est-ce que c'est plus obscur
18:26que ça ?
18:26Est-ce que vous la comprenez ?
18:28Ce délai de trois mois
18:29avant de déclarer sa candidature,
18:31à lui demander
18:31s'il y avait fin ou pas ?
18:32La difficulté pour lui,
18:33c'est qu'il n'a pas de parti.
18:34Il n'a pas donc
18:35ni les moyens de militants,
18:37ni les moyens financiers
18:38pour réellement faire campagne.
18:39Et il lui faut un soutien partisan,
18:41il lui faut le soutien
18:42du Parti Socialiste
18:43et d'une partie des écologistes.
18:44Donc c'est ce délai-là
18:45qui s'est donné
18:46pour essayer de leur faire comprendre
18:48qu'ils auraient intérêt
18:48à se rallier à lui.
18:49D'ailleurs, il a publié un livre
18:51où il envoie quantité de signaux
18:53en direction de cette famille de pensée.
18:56Et puis, le deuxième pari
18:57de Raphaël Bluxmann,
18:58c'est d'essayer d'élargir au centre,
19:00et qui est un tabou à gauche.
19:01Parce que si la gauche
19:02est limitée à 30%,
19:04c'est aussi parce qu'elle se refuse
19:05absolument à s'écarter
19:09d'un axe qu'elle a fixé,
19:11un axe un peu fantasmatique,
19:13et qui l'empêche
19:14de conquérir d'autres électeurs
19:16sur le flanc du centre-gauche,
19:18et dont on sait
19:19qu'il est passé chez Macron
19:20lors des deux dernières présidentielles.
19:22Sauf que Raphaël Bluxmann,
19:23vous dites qu'il veut élargir au centre.
19:25Il veut le faire, oui.
19:25Oui, mais il n'assume pas totalement.
19:26Il n'assume pas dans un autre temps.
19:28Un jour, il n'assume pas du tout.
19:29Parce qu'il doit réussir deux choses.
19:32La première, c'est effectivement
19:33de rallier les socialistes,
19:34et ce n'est pas en proclamant
19:36sa volonté de rassembler
19:39le centre-gauche qu'il le fera.
19:40Mais je pense que dans son livre,
19:42en tout cas, il est clair
19:43qu'il cherche aussi
19:44à rallier une partie du centre.
19:46Et le problème,
19:47c'est que pour l'instant,
19:48il est très évanescent sur le fond
19:49qu'est-ce qu'il va proposer
19:51pour les retraites.
19:52Il y a un paquet de sujets
19:53sur lesquels il temporise.
19:56Et ça, c'est un carburant fabuleux.
19:59J'en reviens à lui,
20:00Jean-Luc Mélenchon,
20:02qui, lui, peut s'organiser,
20:03peut mettre sur l'espace public
20:05son concept de Nouvelle-France.
20:07Tout le monde réagit autour.
20:09C'est lui qui fait l'actualité.
20:10Et quelque part,
20:11il est en train d'écrire
20:12exactement ce qu'il a prophétisé
20:14en 2012.
20:15Quand il dit,
20:16à l'arrivée,
20:17ça va se jouer entre eux et nous,
20:19sous-entendre entre les Insoumis
20:21et le Rassemblement National.
20:23Depuis 2012,
20:23il prépare son match de 2027
20:26face au Rassemblement National.
20:28C'est quoi le problème
20:28de Raphaël Glucksmann,
20:30aujourd'hui, Renaud Delip ?
20:30Il y en a plein.
20:31Il y en a plein.
20:32C'est d'abord,
20:34effectivement,
20:34l'émiettement de ce camp,
20:35de ce camp réformiste,
20:36le fait que,
20:38sur le fond,
20:39il y a des distinctions profondes
20:40de François Ruffin
20:41et Raphaël Glucksmann.
20:42Il y a des désaccords de fond
20:43parce que la gauche
20:43n'a pas travaillé globalement
20:44sur le projet.
20:45François Ruffin a refusé
20:45de dire s'il soutiendrait
20:46Raphaël Glucksmann
20:47ou Jean-Luc Mélenchon.
20:47Bien sûr.
20:48Ce qui est tout le paradoxe,
20:49c'est que ceux qui réclamaient
20:51une primaire,
20:52soi-disant,
20:52avec tous les candidats,
20:53de toute façon,
20:53n'étaient pas prêts à s'effacer
20:54d'un vainqueur.
20:55Je vous rejoins sur le fait
20:55que la gauche réformiste
20:56est tellement éclatée
20:57qu'elle sert Jean-Luc Mélenchon.
20:58Sauf qu'à l'heure qu'il est,
20:59le match qui se dessine,
21:00ce n'est pas un match
21:01entre Jean-Luc Mélenchon
21:02et la Rassemblement Sion.
21:03C'est un match entre
21:04le bloc central et la droite
21:05d'un côté
21:06et l'extrême droite de l'autre.
21:07C'est-à-dire,
21:07comme il y a 5 ans
21:08et comme il y a 10 ans,
21:09et c'est le risque
21:10auquel se heurtent
21:11la gauche et même les gauches,
21:13c'est de se retrouver
21:13de nouveau
21:14dans un rôle de spectatrice,
21:16d'être éliminé
21:17dès le premier tour
21:18et de laisser face à face
21:19d'un côté le candidat
21:20qui incarnera
21:21la droite et le bloc central
21:22et de l'autre côté
21:23celui qui portera
21:25les couleurs du RN.
21:26Merci beaucoup les informés.
21:27Merci Sylvain Courage,
21:29directeur adjoint du Nouvel Obs.
21:30Vous avez la une du Nouvel Obs.
21:32Alors c'est toujours
21:32Raphaël Glucksmann
21:33qui est en kiosque
21:34mais à partir de jeudi,
21:35ce sera
21:36les faux prophètes de l'IA.
21:38Merci Sylvain.
21:39Merci beaucoup Alex Bouillaguet,
21:41éditorialiste politique.
21:41Et je rappelle,
21:42votre interview
21:43du lundi au jeudi
21:44à 7h40
21:45sur France Info TV.
21:47Et merci Renaud.
21:48Merci Agathe.
21:48On se retrouve demain
21:49et les informés
21:49reviennent ce soir
21:50à 20h
21:51avec Victor Maté.
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