- il y a 2 jours
Tous les matins, les informés débattent de l'actualité autour d'Agathe Lambret et Renaud Dély.
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00:04Générique
00:06...
00:06Bienvenue dans les informés, votre rendez-vous de décryptage de l'actualité jusqu'à 9h30.
00:12Bonjour Renaud Dédé.
00:13Bonjour Agathe.
00:13A la une ce matin, un sujet alors que Donald Trump avait menacé et professé qu'une civilisation entière allait
00:21mourir.
00:21Finalement, un cessez-le-feu de deux semaines en échange de la réouverture du détroit d'Hormuz a été conclu
00:27entre l'Iran et les Etats-Unis.
00:30Emmanuel Macron qui vient de prendre la parole ce matin assure qu'il faut s'assurer que le Liban fasse
00:36partie de ce cessez-le-feu même s'il se félicite de cet accord.
00:40Une bonne chose, dit-il, pour nous éclairer autour de la table nos informés ce matin.
00:46Nicolas Teilhard, journaliste à la rédaction internationale de Radio France. Bonjour Nicolas.
00:50Bonjour.
00:50Étienne Girard, directeur-agent de la rédaction de l'Express. Bonjour Étienne.
00:53Bonjour Agathe.
00:54Et Stéphanie Despierre, journaliste politique à LCP. Bonjour Stéphanie.
00:57Bonjour.
00:57On va essayer de comprendre donc avec vous quelles sont les conséquences et les ressorts de ce cessez-le-feu
01:03qui déjà peut revendiquer la victoire aujourd'hui, Renaud.
01:06Avec donc un retournement spectaculaire encore une fois cette nuit, à peine une heure et demie de l'expiration de
01:11l'ultimatum qu'il avait posé.
01:12Donald Trump qui annonce un cessez-le-feu de deux semaines, vous le disiez, en échange d'une réouverture, je
01:18cite, complète, immédiate, sur du détroit d'Hormuz.
01:21Qui a gagné ? Eh bien Donald Trump, évidemment, c'est en casque-clame le président américain, qui revendique, je
01:27le cite aussi, une victoire totale et complète à 100%.
01:29De leur côté, les Iraniens, eux aussi, revendiquent d'avoir fait plier les États-Unis.
01:34Et puis, qu'y a-t-il vraiment, d'ailleurs, dans cet accord de cessez-le-feu pour deux semaines
01:38seulement, rappelons-le, il y a là des versions contradictoires.
01:42De leur côté, Israël, qui soutient cet accord, fait savoir que la situation au Liban n'est pas concernée et
01:49qu'Israël continuera ses opérations au Liban pour éradiquer le Hezbollah.
01:52Ce n'est pas du tout ce que disait il y a quelques minutes le président français Emmanuel Macron, qui
01:57s'est exprimé juste à l'ouverture de la réunion d'un conseil de défense.
02:00Notre souhait dans ce contexte, c'est de nous assurer que le cessez-le-feu inclut pleinement le Liban.
02:07C'est d'autre part de nous assurer que le mécanisme de coordination qui existe depuis plusieurs mois et qui
02:14inclut les États-Unis, la France, soit pleinement réactivé.
02:19Et c'est de renforcer le soutien aux forces armées libanaises pour pleinement reprendre le contrôle de leur territoire et
02:28lutter efficacement contre le Hezbollah.
02:30– Alors qui y a-t-il précisément dans cet accord conclu cette nuit ? Est-ce que le Liban
02:34est concerné ou pas ?
02:35Israël a longtemps continué ses opérations au Liban contre le Hezbollah, ça n'est donc pas la position d'Emmanuel
02:41Macron.
02:42Est-ce qu'il y a aussi évidemment l'enjeu essentiel du nucléaire iranien et du processus d'enrichissement que
02:48veulent continuer les Mollahs,
02:50qui était là d'ailleurs officiellement en tout cas l'un des buts de guerre, anéantir la menace nucléaire iranienne
02:55?
02:55Est-ce que ce point-là est concerné ou pas par cet accord ? Et puis donc, qui a gagné
03:00?
03:00Vous le disiez à l'instant, vous posez cette question aussi.
03:02Donald Trump, les Iraniens ou les deux ? Ou personne ?
03:05– En tout cas, après ce cessez-le-feu, Donald Trump a revendiqué une victoire, je cite,
03:10« totale et complète » à propos de cet accord de Nicolas Teilhard.
03:13Est-ce qu'il peut vraiment revendiquer la victoire ?
03:16– Ça me paraît compliqué, on est un peu comme un soir d'élection, en général tout le monde a
03:19gagné quel que soit le parti.
03:21Je crois qu'on a un mélange de soulagement et j'allais dire de prudence et d'incompréhension ce matin.
03:26Soulagement d'abord parce qu'il y avait un vrai risque d'escalade majeure hier,
03:31et que les déclarations de Donald Trump, comme les préparatifs qu'on voyait déjà au Moyen-Orient,
03:37avec des fermetures d'un certain nombre de ports,
03:39avec des invitations aux habitants de différents pays du Golfe à ne pas sortir de chez eux,
03:45nourrisser une inquiétude qui était réelle.
03:49L'incompréhension ce matin, c'est d'abord parce qu'on ne sait pas complètement ce qu'il y a
03:53à l'intérieur de ces négociations
03:55et qu'on ne sait pas ce qui va en déboucher.
03:57– Il y a un peu deux versions, non ?
03:59Il y a les Américains qui disent « on a gagné sur l'uranium »,
04:02les Iraniens qui disent « c'est nous qui avons gagné ».
04:04– Le point majeur, c'est la question du nucléaire et de l'enrichissement d'uranium par l'Iran,
04:08parce que si on revient au début de la guerre, c'était l'objectif principal à la fois d'Israël
04:12et des États-Unis.
04:13C'est-à-dire annihiler la possible menace nucléaire iranienne
04:17et le fait que le régime puisse se doter un jour de la bombe.
04:20De ce point de vue-là, les Iraniens disent « on a gagné la capacité, la liberté de continuer d
04:25'enrichir de l'uranium ».
04:26On n'entend pas cette version côté américain ou israélien,
04:30donc c'est déjà une zone d'ombre très importante.
04:32Et puis j'allais dire, il y a le périmètre du cessez-le-feu,
04:35même si les hostilités semblent avoir diminué cette nuit.
04:39On a eu quand même quelques incidents dans certains pays du Golfe
04:43et puis il y a la question centrale du Liban.
04:45Le premier ministre pakistanais qui a joué un rôle de médiateur dans ce dossier
04:48affirme juste après l'annonce du cessez-le-feu que ça intègre le Liban.
04:53Benyamin Netanyahou, moins d'une heure plus tard, dit
04:55« non, non, non, rien à voir, les opérations au sud-Liban, ça n'entre pas dans ces négociations et
05:01dans ce dossier,
05:02on continuera de les appliquer, donc on touche là déjà à des points de blocage
05:06et à des questions qui seront très sensibles dans les prochains jours ».
05:09Et d'ailleurs, c'est une des choses qu'Emmanuel Macron a dites lors de sa prise de parole avant
05:13ce conseil de défense,
05:14ce cessez-le-feu doit inclure le Liban.
05:17Emmanuel Macron qui reconnaît tout de même que ce cessez-le-feu est une très bonne chose,
05:22il dit maintenant il faut qu'il soit appliqué.
05:24Comment vous analysez la prise de parole du chef de l'État, Étienne Gérard et Emmanuel Macron ?
05:30Il a été plutôt constant dans cette guerre ?
05:33Il a tenu tête à Donald Trump ? Il n'a pas varié ?
05:36Il a été constant, on peut le reconnaître.
05:39Est-ce qu'il a été influent ? J'ai plus de doutes.
05:44Israël, traditionnellement, la France a une influence sur ce qui se passe au Liban.
05:48On ne s'attaque pas au Liban sans en aviser la France
05:51et sans généralement que la France incite à freiner.
05:55C'est ce qui s'est passé traditionnellement entre Israël et la France.
05:58Cette fois, Israël a choisi de faire sans la France et même quelque part contre la France.
06:03Est-ce qu'Emmanuel Macron va réussir durant cette période de deux semaines
06:07à faire infléchir la position avec l'aide de Donald Trump pour que la situation Liban fasse partie du cessez
06:15-le-feu global ?
06:16Ça va être l'enjeu pour l'instant. Il n'y a aucun bouger, il n'a pas réussi.
06:20Et le problème d'Emmanuel Macron sur ce dossier, c'est que le Liban, ce n'est pas trop la
06:24priorité de Donald Trump.
06:26Tout simplement parce que le Liban, ce n'est pas là où il y a les troupes américaines, c'est
06:29en Iran.
06:30Et ce n'est pas là où les États-Unis ont mis leurs moyens, c'est en Iran.
06:34Et ce n'est pas là où on peut bloquer le détroit d'Hormuz, donc le commerce international.
06:39Donc pour un certain nombre d'acteurs, le Liban n'a pas la même importance.
06:43Et Stéphanie Despierres, le président a aussi rappelé ce qu'il avait évoqué déjà ces derniers jours,
06:47qu'une mission de pays dont la France pourrait contribuer à faciliter la réouverture du détroit d'Hormuz
06:53et faciliter la circulation. Qu'est-ce qu'on sait de cette mission ?
06:59Alors pour l'instant, pas grand-chose. Il y a des discussions, notamment entre les militaires.
07:03Il y a eu des discussions, je crois, hier en Grande-Bretagne sur comment concrètement ça pourrait se passer.
07:08On a vu la pression de Donald Trump qui disait aux Européens,
07:11mais débrouillez-vous avec le détroit d'Hormuz, faites ce qu'il faut pour le rouvrir.
07:15Pour l'instant, on n'en est pas encore là. Il faut voir si le trafic va pouvoir reprendre.
07:20Il y a, je crois, environ 3 000 navires qui sont bloqués dans le détroit d'Hormuz.
07:24Là, on a les Iraniens qui disent que dans le plan en 10 points qu'ils ont proposé,
07:29il y a le contrôle iranien du détroit d'Hormuz,
07:30alors qu'en fait ce détroit, normalement, est une zone internationale de navigation.
07:34Donc ça, c'est vraiment un des gros enjeux et une des grosses interrogations du moment.
07:37C'est dans quelle mesure ce détroit va rouvrir ? A quelle échéance ? Sous le contrôle de qui ?
07:42Là, on a beaucoup, beaucoup d'incertitudes.
07:44Si on essaye de suivre un peu les propos et les revirements de Donald Trump ces derniers jours,
07:49ces dernières semaines, on a le sentiment au fil de ce conflit
07:52qui a été déclenché de façon soudaine, avec des objectifs extrêmement flous,
07:57que la priorité de Donald Trump et des États-Unis a peu à peu changé au fil de ce conflit.
08:03C'est-à-dire qu'à l'origine, souvenez-vous, ça a commencé d'ailleurs par la mort de l
08:09'Ayatollah Khamenei.
08:10Il y avait évidemment l'hypothèse d'un renversement du régime qui a totalement disparu aujourd'hui,
08:14l'hypothèse d'une libération du peuple iranien appelée à la rébellion par les Américains
08:18et d'un changement de régime à Téhéran, ça, ça a changé.
08:21Il y avait évidemment, et Nicolas Téhéran l'a rappelé à l'instant,
08:23comme enjeu essentiel dominant la menace de l'enrichissement d'uranium par l'Iran et la menace nucléaire.
08:31Sur ce point-là, aujourd'hui, on est extrêmement dans le flou.
08:33Et on voit que ce qui était devenu de fait la principale revendication,
08:37le principal objectif de Donald Trump, et qu'il clame au effort justement ce matin comme un triomphe,
08:43c'était la réouverture du Trois d'Hormuz.
08:45C'est-à-dire qu'on s'est aperçu au fil de ce conflit...
08:47C'est-à-dire un retour au point de départ.
08:48Voilà, alors ce qui était, il faut rappeler qu'il était ouvert sur le Trois d'Hormuz
08:51et que le trafic commercial fonctionnait parfaitement normalement
08:54avant que Donald Trump déclenche cette guerre avec Benyamin Netanyahou.
08:58Et d'autre part, c'est aussi l'illustration que certes la menace nucléaire iranienne est là,
09:03et c'est un point crucial, y compris du flou de cet accord,
09:05mais que les Iraniens, eux, ont découvert qu'ils avaient aussi,
09:08ils le savaient, mais en tout cas, qu'ils ont découvert l'ampleur de l'autre outil qu'ils pouvaient
09:12utiliser
09:12pour bloquer justement d'abord le commerce et au-delà,
09:15d'ailleurs avoir un impact géopolitique extrêmement fort,
09:17c'est-à-dire le contrôle du Détroit d'Hormuz.
09:19Et on a le sentiment, quand on écoute Donald Trump cette nuit,
09:22que vraiment son triomphe, son principal succès,
09:25c'est la réouverture sur complète, durable du Détroit d'Hormuz.
09:28Il faudra voir d'ailleurs si ça rentre effectivement en application.
09:30Et c'est sans doute l'aspect majeur quand même de ces 40 jours de guerre,
09:33parce qu'à la fois, dans la très relative victoire américaine,
09:38l'idée d'obtenir une réouverture d'un Détroit qui était ouvert avant le déclenchement,
09:43effectivement, ça interroge,
09:44mais surtout, ça a déplacé le curseur de la capacité de nuisance iranienne.
09:49Il y a deux mois, on se disait, l'Iran a une capacité de nuisance,
09:53si elle enrichit de l'uranium, si elle est capable de se doter de l'arme nucléaire.
09:56Est-ce que le régime en aura besoin aujourd'hui,
09:58alors qu'il s'est rendu compte qu'il pouvait tenir quasiment les cours mondiaux du pétrole
10:04et une partie du commerce mondial, simplement en tenant ce Détroit ?
10:08Et en imposant dans les conditions aujourd'hui des discussions
10:11qui auront sans doute lieu au Pakistan dans les prochains jours,
10:13le fait de contrôler le Détroit, d'imposer un péage dans un endroit
10:17où la navigation était libre et où, en gros, les pays du Golfe et donc de l'OPEP
10:22maîtrisaient les différents flux de navigation.
10:24On est là dans une bascule...
10:25S'ils obtiennent un péage, effectivement, sur le Détroit d'Hormuz,
10:27c'est plutôt une victoire pour eux ?
10:29Ce sera une victoire.
10:29Alors, c'est présenté comme un moyen d'obtenir des réparations
10:33suite aux dégâts de la guerre qu'ils ne demanderaient pas,
10:36comme on le ferait dans un conflit habituellement.
10:38Alors, c'est un petit peu maquillé derrière cette sémantique-là.
10:41Mais le point essentiel, c'est d'avoir un levier de pression.
10:45Or, ce levier, on n'en mesurait sans doute pas l'ampleur
10:48et les conséquences il y a deux mois.
10:49Aujourd'hui, il est manifeste, fondamental,
10:53au point de faire reculer Donald Trump
10:55et de lui faire accepter un cessez-le-feu.
10:59Et ça, c'est une variante considérable
11:01par rapport à la situation du 27 février.
11:03Et cette arme, ils l'auront toujours demain.
11:05Et il faut rappeler que ça n'est qu'un cessez-le-feu de 15 jours, Nicolas Théa.
11:09On le rappelle, la guerre n'est pas terminée pour l'instant.
11:12Non, pour l'instant...
11:13Alors, les hostilités ont largement diminué encore une fois,
11:17mais tout cela reste très fragile.
11:19C'est le Pakistan qui joue un rôle de médiateur
11:21et qui devrait accueillir des discussions.
11:23Comment est-ce qu'elles vont se passer ?
11:25On n'en a pour l'instant pas forcément la moindre idée.
11:28Il y a une piste de sortie qu'on aperçoit,
11:30mais on va aussi être confronté à des divergences,
11:32cette fois entre Israël et les États-Unis,
11:34qui n'avaient pas du tout les mêmes ambitions
11:36et la même ampleur d'objectifs au début de leur intervention.
11:42Et puis, il va y avoir des questions intérieures pour Donald Trump,
11:43parce que c'est les déclarations des trois derniers jours du président américain.
11:47On est habitué à ses outrances.
11:48Elles ont atteint un stade qui inquiète, y compris au sein de son administration
11:53et au sein, j'allais dire, de la mouvance conservatrice américaine
11:58qui était hostile à une intervention extérieure.
11:59Certains aux États-Unis disent même que Donald Trump est fou.
12:03Certains veulent déclencher une procédure contre lui.
12:06Même dans son propre camp, on s'en détourne.
12:08On en parle dans un instant avec vous, les informés.
12:10Pour l'instant, il est 9h18 et c'est l'Info en une minute avec Sarah Ders.
12:14Les anciens otages Cécile Colleur et Jacques Paris
12:17vont arriver d'une minute à l'autre à Paris
12:19après trois ans et demi de calvaire en Iran.
12:22Ces deux enseignants ont été condamnés et emprisonnés en Iran pour espionnage.
12:26Les prix des carburants vont baisser de 5 à 10 centimes dans les prochains jours,
12:31annonce ce matin sur France Info l'Union française des industries pétrolières
12:35après la trêve entre les États-Unis et l'Iran.
12:38Pendant deux semaines, plus d'attaques si l'Iran rouvre le détroit stratégique d'Hormuz.
12:43Dès l'annonce cette nuit, les prix du baril de pétrole sont retombés
12:46sous la barre symbolique des 100 dollars.
12:49Emmanuel Macron vient de s'exprimer avant un conseil de défense.
12:52La France soutient ce cessez-le-feu
12:54et les négociations au Moyen-Orient qui vont débuter vendredi.
12:57Le Liban est inclus dans la trêve, rappelle le président.
13:01Mais Israël est contre et frappe ce matin le sud du pays.
13:05Journée blanche, opération escargot, tractage,
13:07les ambulanciers privés appelés à la grève aujourd'hui
13:10pour alerter sur une profession en souffrance.
13:13Seuls les transports d'urgence vitales seront assurés.
13:17Mobilisation prévue par exemple à Charleville-Mézières,
13:20à Orléans ou encore à Clermont-Ferrand.
13:24France Info
13:27Les informés, Renaud Dely, Agathe Lambret.
13:34Les informés, Kétienne Girard, directeur adjoint de la rédaction de L'Express,
13:38Stéphanie Despierre, journaliste politique à LCP,
13:40et Nicolas Teilhard, journaliste à la rédaction internationale de Radio France.
13:45Renaud Dely, on le disait, la pression a été de plus en plus forte sur Donald Trump
13:51ces derniers jours aux Etats-Unis.
13:52Et peut-être que ces messages un peu difficiles à comprendre
13:55étaient le signe d'une certaine fébrilité.
13:57Parce qu'on voit, au regard en tout cas des événements de ces dernières heures,
14:00que la priorité aujourd'hui pour Donald Trump,
14:02ce qui semble l'avoir fait changer de ton, de décision,
14:06et donc conclure ce cessez-le-feu,
14:07ce sont d'abord des préoccupations intérieures.
14:09C'est aussi tout le paradoxe.
14:11Il déclenche une guerre qui a des conséquences géopolitiques,
14:14commerciales, on le disait à l'instant,
14:16évidemment extrêmement lourdes.
14:19Et il s'est retrouvé dans une situation
14:21où le régime iranien ne s'effondreront pas en quelques jours.
14:26Les conséquences du blocage du droit d'Hormuz
14:29étant celles qu'on vient de décrire,
14:31le blocage du trafic commercial international,
14:33et puis l'envol spectaculaire des prix des carburants,
14:37ça l'a conduit à multiplier un peu plus
14:39les déclarations erratiques, voire fébriles,
14:41voire évidemment assez stupéfiantes ces derniers jours.
14:46Et donc il s'est retrouvé à la fois aux prises
14:47avec une opposition politique croissante aux Etats-Unis,
14:50y compris au sein de son propre camp.
14:53On voit des voix qui s'élèvent aujourd'hui,
14:55qui remettent en cause l'autorité de Donald Trump,
14:57voire même sa santé mentale.
14:59Donc un contexte politique intérieur extrêmement compliqué,
15:02et on sait qu'il y a une échéance électorale au mois de novembre
15:04qui seront les fameuses élections de midterms,
15:06qui s'annoncent en tout cas à ce stade assez délicates,
15:10on va dire, pour Donald Trump et l'épicain.
15:11Et de l'autre côté, mais pour la même raison,
15:13d'ailleurs les deux sont liés, c'est évidemment l'envol là-bas aussi
15:15des prix des carburants,
15:17qui pèsent considérablement sur les ménages américains,
15:20le retour de l'inflation.
15:22Et donc ce sont visiblement ces deux préoccupations-là,
15:25enfin ces deux soucis-là, pour le moins,
15:27ces deux difficultés créées, encore une fois,
15:29par la guerre qu'il a déclenchée,
15:30qui ont largement poussé Donald Trump à changer de ton ces dernières heures,
15:35voilà, quitte à de nouveau, évidemment, changer dans quelques jours.
15:39Et vous le rappeliez, c'est pas la paix aujourd'hui qui a été conclue,
15:41c'est un fragile cessez-le-feu,
15:42dont les interprétations sont déjà extrêmement diverses,
15:45variables et contradictoires,
15:46quant au contenu même de cet accord,
15:47et qui en plus, ce cessez-le-feu est soumis à des discussions
15:49pendant les semaines à venir,
15:50dont on voit pas bien, à l'heure qu'il est, exactement les comptoirs.
15:54– Je pense qu'il faut juste dire un mot quand même du grand oublié
15:57de toutes ces discussions, c'est la population iranienne,
16:00qui a vécu une répression terrible au mois de janvier
16:03en descendant dans la rue,
16:04qui vient de passer six semaines au son des bombardements,
16:08il faut quand même mesurer ce qu'était la vie des Iraniens
16:10et des habitants de Téhéran hier soir,
16:12avec d'un côté la menace d'un déluge américain-israélien
16:17sur la capitale, sur les infrastructures du pays,
16:20sur tout ce qu'il fait,
16:21quand on parle de civilisation,
16:23on touche aussi à l'intime de cette population
16:26et à un pays qui a 3000 ans d'histoire,
16:29de l'autre côté, c'est protester, se rebeller contre un régime
16:33qui a tué plus de 30 000 personnes en quelques jours au mois de janvier
16:37et dont les dirigeants au gré des 40 jours de guerre qu'on vient de vivre
16:42semblent plus radicaux et plus portés sur les questions militaires
16:46sans doute que religieuses désormais au pouvoir,
16:49mais n'offrent pas le moindre horizon de liberté et de libéralisation de la vie quotidienne.
16:56Justement, notre invitée ce matin à 8h30, Delphine Minoui,
16:59qui est grand reporter franco-iranien,
17:01elle estime qu'aujourd'hui c'est une dictature militaire
17:04qui a pris le pouvoir en Iran.
17:06Ce n'est plus la dictature des Moulas,
17:07c'est une dictature militaire.
17:09Et qui sont au pouvoir.
17:10Alors que Donald Trump revendique régulièrement,
17:13il l'a dit encore hier, d'avoir changé le régime en Iran.
17:16Donc c'est faux et les grands perdants ce sont les Iraniens.
17:19Il a peut-être changé de nature,
17:22c'est-à-dire que d'une théocratie on est passé sans doute
17:24à un régime encore plus militaire et militarisé qu'il ne l'était.
17:30Pour l'instant, les Iraniens, les avantages,
17:33aujourd'hui ou demain 9 avril par rapport à la situation du 27 février,
17:37on a du mal à les distinguer.
17:39Est-ce qu'à un moment, Étienne Girard,
17:41les Iraniens, les souffrances du peuple iranien
17:43ont vraiment été une priorité pour Donald Trump ?
17:45Non, c'est apparu assez bas dans la hiérarchie des priorités de Donald Trump.
17:53Et on n'a toujours pas compris totalement,
17:56il y a eu une excellente enquête du New York Times qui est sortie sur le sujet,
17:59mais les motivations de Donald Trump pour déclencher cette guerre.
18:03Si on parle de la potentielle folie de Donald Trump et de sa rationalité,
18:07la décision de cesser le feu,
18:09donc la décision psychologique de vouloir se retirer d'Iran,
18:13m'apparaît absolument rationnelle, pour le coup.
18:15C'est éviter l'enlisement de la guerre en Irak 9 ans,
18:19de l'occupation de l'Afghanistan 20 ans,
18:21ne pas gâcher son mandat avec cette opération-là.
18:26Pour le coup, pas de problème rationnel.
18:28La rationalité de la première décision, celle de frapper l'Iran,
18:33elle est plus sujette à caution.
18:35Quel était vraiment l'intérêt des États-Unis ?
18:38Est-ce que cette opération a été réellement pensée ?
18:41Ou est-ce que c'est une impulsion de Donald Trump,
18:44convaincu par Benjamin Netanyahou,
18:46qu'il allait pouvoir impressionner le monde ?
18:49Voilà, c'est un peu ça l'interrogation.
18:51Et quand même, on n'en a pas beaucoup parlé,
18:53mais le gros point d'interrogation,
18:55c'est 440 kilos d'uranium enrichi.
18:59On ne sait pas à quel point il figure dans l'accord,
19:02la remise de ces kilos d'uranium,
19:04figure-t-elle dans l'accord entre les États-Unis et l'Iran,
19:08le potentiel accord ?
19:10C'est très important,
19:11parce que l'Iran n'a jamais voulu reconnaître
19:14son programme de fabrication d'une bombe nucléaire,
19:18et en réalité, s'il n'y a pas de remise
19:20de ces kilogrammes d'uranium enrichi,
19:22on pourrait penser que tout ça aura été fait pour rien
19:24et que l'Iran reproduira,
19:26alors ils n'ont pas les mêmes moyens qu'avant,
19:28mais à terme,
19:28il cherchera à reproduire ce qu'ils ont fait,
19:30c'est-à-dire sous le manteau à fabriquer la bombe atomique.
19:32C'est pour ça qu'on voit qu'il y a un élément cohérent
19:35qui peut justifier du point de vue israélien,
19:36évidemment, puisque le régime iranien veut détruire Israël,
19:39ou même du point de vue américain,
19:41qui pouvait justifier de façon cohérente et rationnelle
19:44l'engagement de ces hostilités,
19:45c'est la menace nucléaire iranienne.
19:47Mais on a l'impression qu'au fil de ce conflit,
19:49ce danger-là, cette menace du nucléaire iranien,
19:52s'est retourné contre Donald Trump,
19:54c'est-à-dire qu'en quelque sorte,
19:54les intérêts du businessman Donald Trump,
19:56qui ont été largement perturbés, bloqués, menacés
19:59par le blocage du L3 d'Hormuz,
20:01l'ont contraint à abandonner, y compris cet objectif-là.
20:05Je rejoins tout à fait Étienne Gérard,
20:07la question de la démocratisation,
20:08de la libéralisation du pays, des populations,
20:11tout ça n'a jamais posé dans l'esprit de Donald Trump,
20:13ça n'a pas d'avantage posé lorsqu'il a capturé Nicolas Maduro au Venezuela,
20:18ce n'était pas pour faire du Venezuela une grande démocratie,
20:21c'est pour en faire un partenaire commercial plus fiable
20:24et en quelque sorte à sa botte.
20:26Mais c'est vrai que là, je pense que le businessman Donald Trump,
20:29et on sait que c'est quand même une motivation essentielle,
20:31souvent d'un certain nombre de ses décisions,
20:32y compris sur le plan géopolitique,
20:34il a vu que ses intérêts l'amenaient à abandonner
20:37les autres objectifs potentiels de ce conflit.
20:39Sans qu'on en parlait tout à l'heure, Nicolas Teilhard,
20:41Donald Trump n'est pas le seul dans cette guerre,
20:43il y a aussi Benyamin Netanyahou,
20:44et c'est pour cela, aujourd'hui, que le sort de l'Iran est si incertain,
20:48et que le président Macron appelle à inclure le Liban dans le cessez-feu,
20:52là-dessus, Donald Trump n'a pas la main ?
20:55On verra, la parole de Donald Trump aura sans doute quand même un effet sur Benyamin Netanyahou,
21:00en revanche, il y a un objectif qui était celui d'éradiquer le Hezbollah,
21:03comme c'était le cas du Hamas à Gaza,
21:05chez Benyamin Netanyahou,
21:06on verra ce qu'en disent les Etats-Unis,
21:09et puis on parle beaucoup des midterms, mais Benyamin Netanyahou,
21:11il a eu une élection aussi en fin d'année en Israël.
21:14Merci beaucoup les informés, il y a quelques minutes,
21:18Cécile Collère et Jacques Paris, qui avaient quitté l'Iran hier,
21:22sont arrivés à Paris, voilà, après trois ans et demi de détention,
21:27soulagement pour la France.
21:29Merci Étienne Gérard, directeur adjoint de la rédaction de l'Express,
21:32merci Stéphanie Despierre, journaliste politique à NCP,
21:35merci Nicolas Teilhard, journaliste à la rédaction internationale de Radio France,
21:38et merci Renaud.
21:39Merci à vous Agathe.
21:40Les informés reviennent ce soir à 20h avec Victor Matel.
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