Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 jours
Tous les jours, les informés débattent de l'actualité autour d'Agathe Lambret et Renaud Dély.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:01Générique
00:06Si vous nous rejoignez sur France Info, bonjour et bienvenue.
00:09C'est parti pour les informer, votre rendez-vous de décryptage de l'actualité.
00:13Bonjour Renaud Delia.
00:13Bonjour Agathe.
00:14A la une aujourd'hui, Donald Trump visé par une nouvelle tentative d'assassinat,
00:18peut-il en bénéficier politiquement ?
00:21La violence menace-t-elle d'emporter la démocratie américaine ?
00:26Et puis à quoi a servi la commission d'enquête sur l'audiovisuel public ?
00:30Les députés vont-ils décider de publier le rapport ?
00:35Pour nous éclairer ce matin, nos informés, Elisabeth Pinault, correspondante à l'Elysée
00:38et à Matignon pour l'agence Reuters.
00:40Bonjour Elisabeth.
00:41Bonjour Agathe.
00:41Et Jean-Rémy Baudot, chef du service politique de France Info.
00:44Bonjour Jean-Rémy.
00:45Bonjour Agathe, bonjour à tous.
00:46On commence donc Renaud avec cette première question.
00:49La violence est-elle en train d'emporter la démocratie aux Etats-Unis ?
00:52Et comment un homme armé a-t-il pu approcher d'aussi près le président américain ?
00:55C'était samedi soir lors du traditionnel dîner des correspondants de la Maison Blanche
00:59qui se tenait à l'hôtel Hilton à Washington, un individu isolé qui s'est introduit dans les lieux.
01:05Il a tiré, sans faire de victime, à l'exception d'un membre des forces de l'ordre
01:08qui a été protégé par son gilet pare-balles.
01:10Cet homme qui voulait très visiblement attenter au jour de Donald Trump
01:15et peut-être d'un certain nombre de responsables de l'administration Trump a été arrêté.
01:19Il s'agit d'un Californien de 31 ans du nom de Cole Thomas Allen, ingénieur, informaticien, développeur de jeux
01:25vidéo et enseignant.
01:26Il a été décrit cette nuit en ces termes par Donald Trump au cours de l'émission 60 Minutes sur
01:32la chaîne CBS.
01:36Il s'est radicalisé, c'était un croyant, chrétien, devenu anti-chrétien.
01:41Il a beaucoup changé, il est passé par tous les états à en croire ses écrits.
01:45Son frère s'est plaint de lui et a rapporté cela à la police.
01:50Sa soeur aussi s'est plaint de lui, sa famille était très inquiète.
01:54C'est certainement un grand malade.
01:57Un grand malade selon Donald Trump qui sera présenté à la justice d'ailleurs aujourd'hui
02:02et qui devra être inculpé de deux chefs d'accusation au usage d'une arme à feu lors d'un
02:06crime violent
02:06et agression d'un agent fédéral à l'aide d'une arme dangereuse, au moins ces deux chefs d'inculpation.
02:11On voit donc Donald Trump qui décrit cet individu comme étant un anti-chrétien.
02:15Peut-être s'adresse-t-il d'ailleurs déjà un peu à sa base, à sa base maga.
02:19Peut-il en tirer profit politiquement puisque le voilà de nouveau, entre guillemets, miraculé
02:24après une nouvelle tentative d'attentat, ce n'est pas la première dont il est victime.
02:29Et puis, est-ce que cette nouvelle tentative d'assassinat illustre que la démocratie américaine
02:35est peu à peu rongée, voire emportée par le spectre de la violence politique ?
02:40– Elisabeth Pinault, est-ce que Donald Trump peut en bénéficier politiquement ?
02:44– Il l'espère en tout cas, sans doute un peu.
02:47J'ai entendu des sondeurs qui disaient que quand Ronald Reagan avait subi un attentat,
02:53enfin, il avait été blessé en 1980, il avait connu un regain de popularité.
02:56Là, la situation est bien sûr très différente.
02:59Donald Trump peut espérer en bénéficier, mais en même temps, c'est assez éloigné
03:03parce qu'évidemment, ça s'est passé dans une pièce à côté.
03:07C'est visiblement, d'après ce qu'il dit en tout cas, l'œuvre d'une personnalité dérangée mentalement.
03:13En tout cas, c'est ce que dit le président.
03:15Bon, il prend les choses en main en tout cas, Donald Trump.
03:17On voit, c'est lui-même qui dit où on est l'enquête.
03:20Et puis, dès sa première intervention, qui se voulait apaisante après l'acte de dimanche,
03:26enfin, de samedi soir, il avait dit, ça ne m'empêchera pas,
03:29je ne ressentirai pas à la guerre en Iran.
03:31C'était un peu étrange d'avoir fait ce lien.
03:34Là, il va un peu plus loin en disant que c'était l'œuvre d'un anti-chrétien.
03:38Donc, bon, il lance quelques messages, visiblement, et espère, je pense, bénéficier des retombées positives sur l'opinion.
03:50Mais enfin, je pense que ça n'aura pas forcément beaucoup d'incidence à long terme.
03:53Jean-Rémy ?
03:54Non, enfin, la question, il faut être assez prudent, je pense, sur la question de l'impact politique
03:58que ça pourrait avoir en termes de popularité pour Donald Trump,
04:00puisque le contexte actuel, au-delà de cet événement qui aurait pu être dramatique ce week-end,
04:05c'est un pays qui est sous tension, on y reviendra très largement.
04:09Mais rappelons que dans six mois, il y a des élections, ce qu'on appelle des mid-terms aux États
04:13-Unis,
04:13c'est l'équivalent des législatives, comme nous en France.
04:17Et dans le contexte, on a un contexte d'inflation très forte, on a un contexte de hausse des prix,
04:20on a un contexte de prix, même de la question du pétrole,
04:24même si l'essence n'est pas exactement sur la même dynamique que nous en Europe.
04:27Et c'est quand même plutôt là-dessus que Donald Trump va être jugé.
04:30Donc la question de savoir, imagine-t-il avoir un regain de popularité avec ça ?
04:35Probablement qu'il en jouera, et il sait très bien en jouer,
04:37mais il faut quand même assez rester prudent, je pense.
04:39Renaud ?
04:40Oui, je ne crois pas qu'il y ait une quelconque influence politique de ce point de vue-là,
04:43en termes de popularité, justement parce que les États-Unis sont aujourd'hui profondément clivés,
04:48j'allais dire quasiment au bord de la guerre civile.
04:50En tout cas, on voit qu'il y a très clairement deux camps qui s'affrontent de plus en plus
04:52violemment.
04:54Cet événement, cette tentative d'assassinat n'est qu'une illustration de plus
04:57de cette violence qui s'est emparée du débat politique américain.
05:00Ce qui fait que s'il y a un léger regain de popularité quelques jours,
05:03de toute façon, les deux camps sont tellement antagonistes
05:05et s'affrontent de façon tellement violente
05:07que je ne pense pas que des supporters, des démocrates passent dans le camp de Donald Trump
05:13à cause de cet événement.
05:14Et inversement non plus, c'est-à-dire qu'on voit que le pays est vraiment profondément clivé.
05:18Il y a évidemment beaucoup de questions qui se posent quant à d'éventuelles failles,
05:22des services de sécurité, des services de renseignement.
05:25Quand on voit la façon dont se sont déroulés les faits,
05:28c'est vrai que ça interroge beaucoup.
05:30Et puis ensuite, je pense qu'il faut distinguer deux choses.
05:33On va en parler aussi.
05:34C'est qu'il y a d'une part, j'allais dire presque une tradition aux États-Unis
05:39dans la politique de voir apparaître la violence
05:41et parfois avec des conséquences dramatiques.
05:43Il y a quatre présidents américains qui ont été assassinés.
05:45Il y a d'autres responsables politiques de premier plan
05:48comme Bobby Kennedy, Martin Luther King et bien d'autres
05:51qui ont été assassinés aussi au fil de l'histoire politique des États-Unis.
05:54Et puis encore, vous rappeliez l'attentat dont Ronald Reagan avait été victime
05:57à la sortie justement de cet hôtel Hilton de Washington.
06:00Mais il est vrai que cette violence et ce clivage
06:02semblent s'accentuer un peu plus
06:04depuis que Donald Trump a pris le leadership politique américain.
06:08D'abord, Elisabeth Pinault, vous avez suivi l'Élysée.
06:11Enfin, vous suivez l'Élysée, le président Macron,
06:13comme Jean-Rémi d'ailleurs et comme moi auparavant.
06:15Donc, vous avez l'habitude des dispositifs de sécurité
06:19intenses autour d'un président de la République.
06:21Là, ce qui a frappé hier, c'est que c'est le président américain,
06:24le vice-président américain, tout l'État-major américain
06:27qui est réuni dans un hôtel.
06:28Et un homme peut réserver une chambre
06:31et s'installer dans cet hôtel avec des armes.
06:33Est-ce qu'il y a eu une faille ?
06:35Est-ce que la question se pose ?
06:35La question se pose forcément.
06:37Alors, je ne suis pas spécialiste,
06:38mais j'ai bien observé comment fonctionnait.
06:40Et Jean-Rémi aussi, puisque j'ai précisé la presse présidentielle
06:45que Jean-Rémi préside aujourd'hui,
06:47au moment où on organisait des dîners,
06:51c'était le cas pour François Hollande par exemple,
06:54similaire à ce qui se passe aux États-Unis,
06:56mais alors beaucoup moins important.
06:57Ce n'est pas 2600 invités, c'était 100 ou 150.
06:59Et en effet, il y a tout un processus.
07:01Ça dure plusieurs jours.
07:02Et déjà, l'Elysée demande où est-ce que s'organise l'événement.
07:11Il faut que ce soit un lieu fermé.
07:13Il y a des visites pendant plusieurs jours.
07:14On peut imaginer évidemment qu'aux États-Unis,
07:16c'est puissance 10,
07:17parce qu'on sait que vraiment les États-Unis,
07:19avec la sécurité, ça ne rigole pas.
07:21Mais là, justement, c'est très étrange.
07:23En tout cas, ça pose des questions,
07:25parce que ça se passait quand même dans un hôtel,
07:27avec des milliers de clients.
07:29Il a pu s'approcher, certes,
07:30l'assaillant a pu s'approcher, certes,
07:33pas dans la salle où se trouvaient le président,
07:36le vice-président et la première dame,
07:37mais quand même pas très loin.
07:39Il avait des armes.
07:40Il a pu prendre une chambre d'hôtel.
07:42Une chambre d'hôtel entre deux chambres de journalistes.
07:44Exactement.
07:44Donc ça pose quand même vraiment des questions
07:47sur le dispositif.
07:49Et puis bon, c'est quand même la troisième tentative
07:51d'assassinat de Donald Trump en trois ans.
07:54C'est quand même pas rien.
07:55Alors évidemment, ça pose aussi des questions
07:57sur la violence qu'il inspire
07:59et la violence du moment.
08:00qui rappelle celle des années 60,
08:02vous l'avez dit,
08:04au moment des assassinats
08:06de John Kennedy,
08:08de Martin Luther King,
08:09de Bob Kennedy.
08:10À l'époque, c'était cette ambiance
08:13liée à la guerre au Vietnam,
08:15aux droits civiques.
08:16Et aujourd'hui, on voit encore
08:17un pays extrêmement divisé.
08:19Et ça se symbolise
08:21par ces attaques contre le président.
08:23Mais est-ce que Donald Trump
08:24est particulièrement ciblé,
08:25Jean-Rémi Baudot,
08:26où ça s'inscrit dans une tradition
08:28de violence aux États-Unis ?
08:30On parlait du fait que quatre présidents
08:32ont été assassinés.
08:34La société américaine est violente.
08:35Ça, c'est un fait sur lequel on peut
08:37à peu près tous se mettre d'accord.
08:39Une société de plus en plus fracturée.
08:41Et Donald Trump participe
08:42à cette forme de fracturation
08:44de la société,
08:45de radicalisation du discours.
08:48Il contribue à une forme
08:49de lâcher-prise générale
08:50sur les mots,
08:52sur les actions,
08:54sur les postures.
08:55Il parle de ses adversaires
08:56comme d'ennemis.
08:57Tout ça participe un petit peu
08:58d'un climat général.
09:00De banaliser la violence.
09:01Oui, mais vous ne me ferez pas dire
09:02qu'il est du coup responsable
09:03de ce qui lui arrive.
09:04Il y a un moment aussi,
09:05les États-Unis sont encore
09:06un pays démocratique.
09:08Et donc, il faut faire attention
09:09aux mots qu'on utilise.
09:10Néanmoins, il y a un climat,
09:12et on le disait très bien tout à l'heure,
09:13un climat de violence.
09:14Moi, ce qui me frappe
09:15dans l'intervention
09:16des secrets de service
09:17ce week-end,
09:18c'est la rapidité
09:20à laquelle le vice-président
09:21est exfiltré,
09:23J.D. Vance,
09:23parce qu'en fait,
09:24ils le prennent par le col,
09:25hop, enfin par la veste,
09:26ils le sortent extrêmement rapidement,
09:27et la lenteur du dispositif
09:29qui se met autour de Donald Trump.
09:30Moi, j'avoue,
09:31sans être spécialiste
09:32des questions de sécurité,
09:33et comme Elisabeth et vous,
09:34Agathe, pour avoir participé
09:36à de très nombreux déplacements
09:37présidentiels,
09:37parfois en présence d'ailleurs
09:38des services secrets américains,
09:40je vois la lourdeur du processus
09:42et à quel point il y a des bulles
09:44de sécurité autour des présidents
09:46une première bulle,
09:47une deuxième bulle
09:47avec des gens qui sont équipés,
09:49avec des gens,
09:49enfin, il y a peu de choses
09:51qui sont lissées au hasard,
09:52et manifestement,
09:53samedi soir,
09:54dans cet hôtel de Washington,
09:55il y a une forme peut-être
09:57de relâchement,
09:57parce que,
09:58peut-être ont-ils considéré
09:59que dans ces cadres-là,
10:01il ne pouvait pas se passer
10:01grand-chose,
10:02puisqu'il n'y avait quasiment
10:02que des VIP et des journalistes,
10:04je ne sais pas,
10:05ça me semble étonnant.
10:05Peut-être qu'on y verra plus clair
10:06en quelques jours,
10:07Corentin Sélin,
10:08spécialiste des Etats-Unis,
10:09qui était l'invité du 8h30,
10:10disait que si Donald Trump
10:11avait été évacué ensuite,
10:13c'est peut-être aussi
10:13parce qu'il avait fait
10:14de la résistance au début,
10:15il voulait rester dans la salle.
10:17Corentin Sélin,
10:18qui rappelait aussi
10:19que le Secret Service,
10:20donc la protection du président,
10:22n'avait pas estimé nécessaire
10:24de classer cet événement
10:25dans cet hôtel Hilton
10:26au degré maximal de sécurité.
10:29Et peut-être aussi
10:31qu'il y aura des comptes à rendre
10:33ou des explications
10:34à un jour qui viennent.
10:35Il y aura indubitablement
10:36évidemment une enquête aussi
10:37sur la façon dont on fonctionnait
10:38ou on dysfonctionnait
10:39les services de sécurité.
10:40Évidemment,
10:40un événement pareil
10:42justifie toutes ces questions.
10:43Ça va aussi alimenter
10:44une autre spécialité
10:44qui n'est pas purement américaine
10:46mais qui se porte assez bien,
10:47c'est le complotisme,
10:48le conspirationnisme.
10:49Donc toutes ces questions
10:50vont évidemment alimenter
10:51l'hypothèse de qui a fait quoi,
10:54est-ce qu'il y a une vaste conspiration ou autre.
10:56Il y a un autre point
10:57qui est quand même frappant à ce stade
10:58et c'est pour ça que cet événement
11:00me semble-t-il illustre un peu plus
11:01le fait que les États-Unis basculent
11:02peu à peu hors du comportement
11:04d'une démocratie ordinaire
11:07ou traditionnelle si j'ose dire.
11:08D'abord, il faut rappeler
11:09qu'il y a eu d'autres assassinats récemment,
11:10deux élus démocrates,
11:12Charlie Kirk,
11:12évidemment l'un des soutiens
11:13de Donald Trump
11:14et bien d'autres ces derniers mois.
11:16Donc ça se démultiplie.
11:18Par fonction,
11:19Donald Trump étant président
11:21et tenant un discours
11:22extrêmement clivant,
11:23extrêmement violent,
11:24il a une responsabilité éminente
11:26dans la dégradation
11:27de ce climat public
11:27mais aussi certains de ses opposants
11:29bien entendu
11:30qui participent
11:31de cette surenchère de violence
11:32en le démonisant justement
11:34et tout ça participe
11:36de ce climat de violence
11:37qui peut pousser
11:37certains individus
11:38à passer à l'acte
11:39et quand on regarde ce qu'on sait
11:40à ce stade,
11:41il faut être prudent bien sûr,
11:42mais de l'assaillant en question,
11:43Colt Thomas Allen,
11:44on constate que c'est un,
11:46si j'ose dire,
11:47un Américain parfaitement intégré
11:48socialement et professionnellement,
11:51ingénieur, informaticien,
11:52développeur de jeux,
11:53enseignant,
11:54donc en Californie,
11:56qui ne semble pas du tout
11:58appartenir à une quelconque
11:59mouvance politique radicalisée,
12:02qui n'est pas un militant politique,
12:04encore moins une organisation,
12:05Donald Trump lui-même d'ailleurs
12:06l'avait qualifié
12:07dès samedi soir
12:08de loup solitaire,
12:09donc ça donne l'image,
12:11en tout cas l'impression,
12:12qu'un Américain,
12:13j'allais dire lambda,
12:15visiblement,
12:15qui à ce stade aussi,
12:16on a évidemment tout ça,
12:17il faut être prudent,
12:18mais pas connaissance
12:19de troubles psychiques antérieurs
12:21ou autre,
12:22un Américain lambda,
12:23pris dans ce cycle
12:24de la violence,
12:25en vient à envisager
12:27de tuer le président
12:28des Etats-Unis,
12:29je trouve que ça,
12:30c'est extrêmement significatif
12:32de la dégradation
12:33du débat public aux Etats-Unis.
12:34– Et ça dit quelque chose
12:35de l'état de la société américaine,
12:37c'est-à-dire que quand un citoyen
12:38pense qu'il n'a plus
12:41d'intermédiaire
12:42pour faire valoir sa colère,
12:44pour faire valoir ses revendications,
12:45et qu'il pense
12:46qu'il se fait
12:46que le seul moyen
12:47est d'aller s'en prendre
12:48physiquement au président
12:50ou à l'administration américaine,
12:51ça veut quand même dire
12:51que la société est sacrément malade.
12:53– Dans un instant,
12:53cette question,
12:54à quoi a servi
12:55la commission d'enquête
12:56sur l'audiovisuel public ?
12:58Mais pour l'instant,
12:58il est 8h19
13:00et c'est l'info
13:00en une minute
13:01avec Diane Perchit.
13:02– Des mesures d'urgence
13:04face à la situation carcérale,
13:06c'est ce que réclame
13:06le syndicat UFAP
13:07une sage justice.
13:08Il juge le système
13:09à bout de souffle
13:10et appelle les surveillants pénitentiaires
13:12à bloquer les prisons.
13:13Aujourd'hui en cause,
13:14la surpopulation carcérale
13:15ainsi que le manque
13:16de personnel,
13:175000 postes sont manquants
13:18selon le syndicat.
13:19C'est la dernière usine
13:20de pâte à papier en France.
13:22Fibre excellence
13:23risque la liquidation judiciaire.
13:25670 emplois concernés
13:26à Saint-Gaudens
13:27et à Tarascon.
13:28Audience aujourd'hui
13:29devant le tribunal
13:30de commerce de Toulouse.
13:32À Washington,
13:33c'est l'administration Trump
13:34qui était visée,
13:35affirme le ministre
13:36de la justice
13:37après la tentative
13:38d'attaque de samedi soir.
13:39Un homme,
13:40un enseignant de Californie
13:41qui a tiré des coups de feu
13:42lors du dîner
13:43des correspondants
13:44de la Maison Blanche.
13:45Le suspect
13:45comparait devant la justice
13:47aujourd'hui.
13:47Les Etats-Unis
13:48qui sont accusés
13:49ce matin par l'Iran
13:50de l'échec
13:50des discussions au Pakistan
13:52sur le conflit
13:52au Moyen-Orient.
13:53Le chef de la diplomatie
13:55iranienne est en Russie
13:56à Saint-Pétersbourg.
13:57Aujourd'hui,
13:58il doit rencontrer
13:58Vladimir Poutine.
14:00Sera-t-il sur le Tour de France
14:02cet été ?
14:03Paul Sexas,
14:0319 ans à peine
14:04et 2e de Liège-Bastogne-Liège
14:07hier derrière
14:08Tadej Pogacar.
14:09Pour ce qui est
14:10de la grande boucle,
14:11l'équipe de Paul Sexas
14:12promet une réponse
14:13sous 6 à 15 jours.
14:17France Info
14:21Les informés
14:22Renaud Dely
14:23Agathe Lambret
14:28Les informés
14:28avec Elisabeth Pinault,
14:30journaliste à Reuters
14:31et Jean-Rémi Baudot,
14:32chef du service politique
14:33de France Info.
14:34Jean-Rémi,
14:35Jean-Rémi Renaud,
14:36quel bilan ?
14:37Je suis là, je suis là.
14:38Attention,
14:38on est lundi.
14:39Ça me rassure,
14:40vous êtes bien là Renaud.
14:42Quel bilan peut-on faire
14:43de la commission d'enquête
14:44sur l'audiovisuel public ?
14:45Avec aujourd'hui
14:46en tout cas
14:46une journée décisive
14:48puisqu'à l'issue
14:48de 67 auditions
14:50étalées sur 6 mois,
14:51souvent dans un climat électrique
14:52avec de nombreux incidents.
14:53Le rapport
14:54du député
14:55ciotiste Charles Alonc,
14:57le député
14:57de cette commission
14:58d'enquête parlementaire
14:59sur la neutralité,
15:00le fonctionnement
15:01et le financement
15:02de l'audiovisuel public,
15:03doit être soumis
15:04aujourd'hui
15:04au vote des députés,
15:06non pas sur le fond,
15:07mais quant à la publication
15:08de ce rapport.
15:09Charles Alonc,
15:10le député rapporteur
15:11de cette commission
15:12qui justifiait encore
15:13son travail
15:13ce matin
15:15chez nos confrères
15:15d'RMC.
15:16Vous savez,
15:17demander des comptes
15:18à l'audiovisuel public,
15:19ce n'est pas régler
15:20ses comptes
15:20avec l'audiovisuel public.
15:21Il va falloir
15:22qu'un certain nombre
15:22de personnes
15:23s'habituent aussi
15:24à rendre compte,
15:26à répondre aux questions
15:27pour essayer d'expliquer
15:28comment ils utilisent
15:29l'argent des Français.
15:30L'audiovisuel public,
15:31c'est 4 milliards d'euros
15:32par an,
15:32ce n'est pas anodin.
15:33Des questions,
15:34il en a posées,
15:34il en a posées beaucoup
15:35tout au long de ces 6 mois.
15:36Charles Alonc,
15:40parfois d'ailleurs
15:43exigeant
15:43des animateurs
15:44ou des journalistes
15:44qu'ils dévoilent
15:45leur salaire,
15:46parfois s'interrogeant
15:47sur certains choix
15:49rédactionnels
15:49d'invités
15:50ou voire de questions
15:51posées aux invités.
15:52Bref,
15:52est-ce que cette commission
15:54a finalement réalisé
15:55un travail utile,
15:57efficace ?
15:58Et puis,
15:58peut-on imaginer aujourd'hui
15:59que les députés
16:00membres de cette commission
16:01finalement refusent
16:02la publication
16:03du rapport rédigé
16:04par Charles Alonc ?
16:05Ça, c'est la première étape
16:06déjà aujourd'hui,
16:07Elisabeth.
16:07C'est possible
16:08que les députés
16:10refusent la publication,
16:11votent contre la publication
16:12de ce rapport ?
16:13Oui, ça paraît
16:14assez contradictoire
16:15parce qu'évidemment,
16:15un rapport qui...
16:17D'une commission
16:17d'enquête parlementaire.
16:18Exactement,
16:19une commission
16:19d'enquête parlementaire.
16:20Toutes ces personnes
16:21sont payées par l'argent public
16:22qui s'interrogent
16:24sur l'utilisation
16:25de l'argent public
16:26pour l'audiovisuel public.
16:27Donc,
16:27ça paraît évident
16:29qu'il faille publier
16:31ce rapport.
16:32Mais,
16:32que contient-il ?
16:33Toute la question est
16:34est-ce que c'est un rapport
16:35complètement à charge ?
16:36Alors,
16:36il y a eu des fuites.
16:37Charles Alonc disait ce matin
16:38chez nos conféreurs de RMC
16:39qu'il y avait
16:41beaucoup de fake news
16:42qui, lui,
16:43apparemment,
16:44dans ses conclusions,
16:45il demande
16:46beaucoup d'économies,
16:47il prend un parti,
16:48il s'attaque apparemment
16:49à plusieurs personnalités,
16:52Delphine Ernot,
16:53la présidente
16:53de l'Assemblée nationale,
16:54entre autres.
16:54En tout cas,
16:55lui dit que ces fuites
16:56n'ont rien à...
17:00n'ont pas à être...
17:02Enfin,
17:02elles sont fausses,
17:02tout simplement.
17:03Et pour beaucoup
17:05de députés,
17:06il y a un doute.
17:06Est-ce que ça vaut la peine ?
17:08Est-ce qu'il faut apposer
17:09le sceau de l'Assemblée nationale
17:11sur ce rapport,
17:13dont les conclusions,
17:14dont le résumé
17:16est douteux ?
17:17Alors,
17:18il doit se réunir
17:18cet après-midi.
17:19Est-ce qu'ils peuvent
17:20l'amender,
17:21mettre des notes
17:21ou bien éventuellement
17:23trouver une solution médiane ?
17:25Je crois que c'est
17:26le président Jérémy Patriel-Ettus
17:27qui est du groupe Horizon
17:28qui souhaiterait
17:29peut-être qu'on ne publie pas
17:30le rapport
17:31mais qu'on laisse
17:32les auditions disponibles
17:34sur le site,
17:34toutes les auditions
17:35et les résumés.
17:36Ça pourrait être
17:36une solution médiane
17:37mais en tout cas,
17:39il va y avoir un débat
17:40très important
17:41cet après-midi.
17:41Déjà,
17:41la gauche
17:42est plutôt contre,
17:43en tout cas,
17:43les socialistes
17:44sont plutôt contre
17:45la publication de ce rapport.
17:47Les insoumis
17:48ne sont pas encore
17:49sûrs de leur vote.
17:50En tout cas,
17:51il va y avoir débat
17:51cet après-midi
17:52sur la pertinence,
17:56le bien fondé
17:57de la publication.
17:58Jean-Hémi,
17:59que préconise ce rapport
18:00dont on parle ?
18:01Pour l'instant,
18:02on ne le sait pas officiellement.
18:03Je vais juste faire
18:04une première parenthèse
18:04parce que de fait,
18:05on a un petit conflit
18:05d'intérêt ici
18:06puisque nous sommes un peu
18:07jugés partis dans cette histoire
18:08puisque l'audiovisuel public,
18:09c'est évidemment
18:12le financement
18:12de Radio France aussi.
18:14La réalité,
18:15c'est qu'on ne sait pas
18:15officiellement ce qu'il y a
18:16dans ce rapport
18:17puisque ce rapport,
18:18pour l'instant,
18:18il n'était consultable
18:20que dans une salle
18:21fermée,
18:22pas de version numérique
18:23n'est censée
18:25circuler.
18:25Les fuites qui ont été
18:27révélées dans la presse
18:28sont peut-être
18:28absolument exactes
18:30mais elles sont peut-être
18:31aussi une forme
18:32d'instrumentalisation
18:33du débat.
18:34Pour l'instant,
18:34on ne sait pas.
18:35Ce qu'on sait,
18:35en tout cas des fuites,
18:36c'est qu'il y aurait
18:38des projets de fusion
18:39entre des chaînes,
18:40qu'il y aurait
18:41des baisses de budget
18:42de l'ordre d'un milliard.
18:44Je reste prudent
18:44parce qu'encore une fois,
18:45on ne sait pas vraiment
18:46ce qu'il y a à l'intérieur
18:47et que ça dit
18:48beaucoup du débat du moment.
18:51C'est-à-dire que
18:51tout est tellement polarisé
18:52que les uns et les autres,
18:53c'est un peu du judo.
18:54Les uns et les autres
18:55peuvent utiliser
18:55les fuites des uns,
18:57les indiscrets des autres,
18:58les postures de Charles Lalanc.
19:00Moi, je l'ai rencontré.
19:00Charles Lalanc lui dit
19:01qu'il ne voulait pas
19:01faire un rapport politique,
19:03qu'il voulait faire
19:04un rapport applicable
19:04et pragmatique.
19:06Il dit ne pas vouloir
19:06de privatisation.
19:07En même temps,
19:08il a un positionnement
19:09qui est tellement flou
19:11sur certains aspects,
19:12tellement à charge
19:13sur d'autres.
19:14La manière dont il a été
19:15propulsé par une partie
19:16de la sphère médiatique,
19:18notamment liée au groupe
19:19Bolloré et au groupe
19:19Lagardère,
19:20du coup,
19:20fait qu'il semble
19:21un peu moins neutre
19:23lui-même dans son positionnement.
19:24Donc, tout ça fait
19:25que le dossier
19:25est absolument explosif
19:26et qu'on aimerait bien
19:27savoir ce qu'il y a
19:28dans ce dossier.
19:29Et effectivement,
19:30il semble que les députés
19:31puissent l'amender,
19:32en tout cas mettre des notes
19:34pour dire à quel point
19:35ils ne sont pas d'accord.
19:37Il faut bien se rendre compte
19:38qu'une commission parlementaire,
19:39un rapport,
19:40ça devient un peu
19:40parole d'évangile.
19:41Dans 10 ans,
19:42on pourra dire
19:42dans ce rapport parlementaire,
19:43il avait été dit ça.
19:44Si c'est un truc
19:44au lance-flamme,
19:45dans 10 ans,
19:46on pourra dire
19:46oui, mais regardez,
19:47il y a 10 ans,
19:47on disait ça.
19:48Donc, il faut se rendre compte
19:48à quel point
19:49ça devient l'étalon
19:50un peu public
19:51et c'est pour ça aussi
19:52que c'est si tendu.
19:54Renaud,
19:54il y a-t-il eu
19:55une tentative d'ingérence
19:56de la part du groupe
19:58Bolloré dans cette commission ?
19:59Le Monde révèle
20:00que via la Gardère News,
20:03expliquez-nous.
20:04Alors ça,
20:04c'est ce que révèle
20:04le confrère du Monde,
20:05c'est que le groupe Bolloré,
20:06par l'intermédiaire
20:07de sa branche média,
20:08la Gardère News,
20:10a transmis
20:11des listes de questions
20:11à un certain nombre
20:12de députés,
20:13membres de la commission
20:14d'enquête en question,
20:17audiovisuelle publique
20:18lors des diverses auditions.
20:20Jérémy Patriel Etus,
20:21le président de la commission,
20:23le confirme,
20:24et c'est lui-même
20:24qui évoque d'ailleurs
20:25une tentative d'ingérence
20:26inédite
20:27dans une commission
20:28d'enquête parlementaire
20:28de ce type.
20:29Charles Alonc lui dit
20:30qu'il n'a pas eu besoin
20:31de recourir
20:32à ces listes de questions,
20:34ce qui confirme
20:35qu'elles ont bel et bien existé.
20:37C'est pour ça
20:37qu'il faut distinguer,
20:38me semble-t-il,
20:38deux choses.
20:39D'abord,
20:39c'est une excellente idée
20:40parfaitement légitime
20:41de créer une commission
20:42d'enquête parlementaire
20:43sur la neutralité,
20:44le financement
20:44et le fonctionnement
20:45de l'audiovisuelle publique.
20:46C'est parfaitement légitime
20:47et c'était une très bonne idée,
20:49donc une très bonne initiative.
20:50Le problème,
20:50c'est qu'elle a été gâchée
20:52et ça aussi,
20:52ça illustre la dégradation
20:54du débat public
20:55par un certain nombre
20:56d'attitudes,
20:57de médiatisation aussi.
20:58Il faut rappeler,
20:58par exemple,
20:59que Charles Alonc
20:59a publié 350 messages
21:01sur le réseau X
21:02des extraits,
21:03d'auditions,
21:04des commentaires,
21:05etc.
21:05Donc,
21:05il y a eu une forme
21:06de publicité,
21:07de mise en spectacle
21:07de ce qui n'aurait pas dû
21:09être un spectacle,
21:09mais un vrai travail d'enquête
21:10et tout ça dans un contexte
21:12où, on le sait,
21:12le Rassemblement National
21:14prône, lui,
21:14la privatisation
21:15de l'audiovisuel public
21:16s'il l'emporte
21:17l'année prochaine
21:18en 2027,
21:19ce qui suscite des appétits.
21:20Peut-être l'appétit
21:22du groupe Bolloré
21:22ou d'autres,
21:23mais en tout cas,
21:23évidemment,
21:25il y a une offensive politique
21:27qui aussi existe
21:29dans ce contexte.
21:30Merci beaucoup les informés.
21:32Merci Jean-Rémi Baudot,
21:33chef du service politique
21:34de France Info.
21:35Merci Elisabeth Pinault,
21:36correspondante à l'Élysée
21:38et à Matignon
21:38pour l'agence Reuters.
21:40Merci Renaud.
21:41Merci Agathe.
21:42À demain.
21:43Et puis les informés
21:44reviennent ce soir
21:45à 20h
21:45avec Victor Maté.
Commentaires

Recommandations