- il y a 2 jours
Tous les matins, les informés débattent de l'actualité autour d'Agathe Lambret et Renaud Dély.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:02Générique
00:05...
00:06Bienvenue dans Les Informés, c'est parti pour une demi-heure de décryptage de l'actualité.
00:10Bonjour Renaud Deligne.
00:11Bonjour Agathe.
00:11A la lune aujourd'hui, après avoir répété que l'État ne s'enrichissait pas avec cette crise,
00:16le Premier ministre reconnaît qu'il pourrait y avoir des surplus de recettes fiscales liées à la hausse des prix
00:21du carburant.
00:23S'est-il tiré une balle dans le pied ? A quoi va servir cet argent ?
00:27Et puis, première adresse solennelle à la nation depuis le début de la guerre pour Donald Trump.
00:32Que faut-il en retenir ?
00:34Quels sont les scénarios dans ce conflit, dans cette guerre au Moyen-Orient ?
00:39Pour nous éclairer ce matin, nos informés, Sylvain Courage, directeur adjoint de la rédaction du Nouvel Obs.
00:43Bonjour Sylvain.
00:44Bonjour.
00:44Myriam Ancawa, présentatrice de l'émission Tout est politique, 18h à 20h du vendredi au dimanche sur France Info TV.
00:50Bonjour Myriam.
00:51Bonjour Agathe, bonjour à tous.
00:52Et Fanny Guinochet, éditorialiste économie à France Info. Bonjour Fanny.
00:55Bonjour.
00:55Bonjour. On commence donc Renaud avec cette première question.
00:59Que faire de ce fameux surplus qu'on a découvert récemment ?
01:02Voilà, alors que certains opposants politiques au gouvernement réclament que le gouvernement rende l'argent aux Français.
01:07Jusqu'à Marine Le Pen qui accuse le gouvernement d'être un profiteur de guerre à cause de l'augmentation
01:12des prix des carburants.
01:13Voilà donc que le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé hier au ministre de l'Action et des Comptes Publics,
01:18David Amiel,
01:19de travailler, dit-il, je cite, à une affectation des éventuels surplus de recettes fiscales liées à la hausse du
01:26prix des carburants
01:27pour financer de façon prioritaire les mesures du plan d'électrification.
01:31Tiens donc, il y aurait donc des surplus de recettes fiscales liées à cette flambée des prix des carburants.
01:37Voici ce qu'on disait il y a quelques minutes sur ce plateau, celle qui était votre invitée, la présidente
01:41de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet.
01:44On sait comment est construit le prix de l'essence.
01:47Il est probable qu'il y ait un gain, mais qui est très difficilement calculable puisque la demande a également
01:54baissé.
01:55Nous n'avons pas, à mon sens, et je le crois d'après les informations dont je dispose, un État
02:00qui profiterait de cette crise.
02:03Ce n'est pas évidemment l'objectif et ça ne serait pas juste.
02:07Ce n'est pas l'objectif évidemment, mais est-ce qu'il y a finalement quand même des surplus de
02:10recettes fiscales ?
02:11Est-ce qu'il y a des rentrées supplémentaires, il y a cette flambée des prix des carburants ?
02:14Pourquoi Sébastien Lecornu semble-t-il le reconnaître ?
02:17A quoi pourrait-il servir ? Et puis est-ce que cette polémique politique pourrait finalement gêner le gouvernement ?
02:22Il s'est un peu tiré une balle dans le pied, Fanny Guinochet, Sébastien Lecornu, en disant ça, non ?
02:27Il y a une forme de maladresse, mais c'est vrai qu'à prime abord, il peut y avoir un
02:31surplus fiscal
02:33puisque ça proviendrait de la TVA, puisque c'est une grosse partie du prix du carburant.
02:39Cette TVA, elle est indexée sur les prix.
02:42Donc forcément, quand les prix s'envolent, il y a plus de TVA qui rentre.
02:46Simplement, c'est de courte vue parce que ça, c'est de prime abord.
02:51Le problème, c'est que vous avez une autre taxe qui est une taxe sur les produits pétroliers
02:56qui, elle, pareil, fait partie du prix du carburant et elle, elle est fixe.
03:01Mais elle, donc, elle dépend, vous avez son rendement, dépend des volumes que vous vendez.
03:05Donc si vous vendez moins de carburant, cette taxe, elle va baisser.
03:08Donc vous voyez, d'un côté, on a une TVA qui augmente et de l'autre, on a une taxe
03:13sur les carburants qui baisse.
03:14Ça, c'est la première chose. Et sur la question de... Donc ça peut s'équilibrer ou en tout cas...
03:19En tout cas, le gouvernement disait depuis des jours que la consommation baissant, il ne s'enrichissait pas.
03:24Et aujourd'hui, Sébastien Lecornu dit qu'il pourrait y avoir des surplus.
03:27Alors, il dit qu'il y aurait des surplus potentiels.
03:29Donc justement, il faut faire la différence entre les deux.
03:32Et puis surtout, il faut regarder sur le temps long parce qu'un mois, et on n'a pas encore
03:36les données,
03:37un mois après ce début de cette guerre, il faut voir quelle est la consommation des Français.
03:43On sait que quand il y a des crises, les gens, ils vont rapidement à la pompe, à essence,
03:47parce qu'ils ont peur de pénurie, parce qu'ils disent que les prix vont augmenter.
03:49Donc il y a une consommation qui augmente.
03:51Mais très vite, en fait, quand le prix reste très élevé, ce qui est le cas aujourd'hui, au bout
03:55d'un mois,
03:55les gens, ils se détournent des stations-service.
03:59Ils essayent d'organiser autrement, ils prennent d'autres stratégies.
04:01Encore plus, on commence à avoir pointé ici et là des risques, en tout cas des pénuries.
04:06Dans les stations totales, notamment, il y a 16% de stations qui font état de problèmes d'approvisionnement.
04:13Donc très vite, en fait, cette consommation de pétrole, elle va baisser.
04:16Et donc, pour répondre à votre question, des surplus, s'il y en a, ils vont être très très limités,
04:22parce qu'ils vont être très vite absorbés par cette baisse de la consommation,
04:26qui entraîne en plus une baisse de l'activité.
04:27Et ça va se chiffrer, s'il y en a, c'est quelques millions d'euros.
04:31Donc ce n'est pas la cagnotte fiscale que l'on pourrait imaginer, avec des milliards d'euros, que l
04:36'on pourrait utiliser.
04:37D'accord, en tout cas, c'est bien Sébastien Lecornu lui-même qui dit que cet argent pourrait servir à
04:41l'électrification.
04:42Oui, après avoir dit qu'il n'y avait pas de cagnotte, et c'est là que c'est vraiment
04:46une boulette,
04:46parce que d'un point de vue politique, vous ne pouvez pas demander aux gens d'être aussi expertes en
04:51économie que Fanny Guinochet.
04:52Donc vous avez d'un côté pas de cagnotte, puis de l'autre côté des surplus.
04:57Donc ça, ça s'appelle une erreur sur un sujet qui est mais inflammable.
05:01Il y a du carburant qu'on met dans la voiture, puis il y a le carburant politique en pleine
05:04campagne présidentielle qui a commencé.
05:06Et ce n'est pas un hasard si c'est Marine Le Pen qui a préempté le sujet.
05:10Elle a préempté tout de suite en disant qu'il faut absolument affecter les surplus,
05:15sinon l'État profite de la crise, et donc État profiteur.
05:18Alors là, on est vraiment dans des arguments de campagne extrêmement lourds,
05:22qui parlent à tout le monde sur des sujets extrêmement sensibles au pouvoir d'achat.
05:25Ce n'est pas pour rien qu'il faut regarder les patrons de la grande distribution qui distribuent l'essence,
05:30qui font des cartons d'audience parce que les gens regardent vraiment au centime près.
05:34Et puis de l'autre côté, un gouvernement qui court derrière.
05:37Mais sur le fond, en fait, là où il y a une erreur de communication,
05:40c'est qu'il ne résonne pas en plus et moins uniquement sur la TVA,
05:46mais sur l'ensemble des charges que doit payer l'État.
05:49Et quand vous regardez que vous avez plus d'inflation, moins de croissance,
05:54plus de prestations sociales à payer qui sont indexées sur une inflation qui augmente,
05:58donc tout ça, ça fait plus d'argent à sortir.
06:00Mais en termes de communication politique, le point est à Marine Le Pen aujourd'hui,
06:05pas au gouvernement.
06:06Et c'est compliqué, Sylvain, courage pour le gouvernement,
06:08de se dépréter de cette situation.
06:09Parce que maintenant, on a Laurent Wauquiez pour la droite,
06:13les socialistes, Marine Le Pen depuis le début,
06:15qui réclament de réaffecter ces surplus, de rendre ces surplus aux Français,
06:20plutôt que d'en profiter pour aider certains à pouvoir louer une voiture électrique.
06:25Oui, c'est un sujet facile pour les oppositions, plus difficile pour les gouvernants.
06:29Ça remonte à loin.
06:30Dès la Révolution française, il y a eu des pénuries alimentaires,
06:34on dénonçait les accapareurs.
06:35Enfin, c'est une passion politique française de rechercher qui profite de la crise.
06:39Évidemment, si on prend l'ensemble des charges de l'État,
06:42la crise, elle est terrible pour les finances publiques.
06:45D'autant plus que nous avons des objectifs de réduction du déficit.
06:48Donc, si on a une attitude politique responsable,
06:50on ne parle pas de cagnotte à ce stade de la crise.
06:54Donc, c'est bien un sujet quand même très démagogique
06:56qui est utilisé par les oppositions.
06:59Sans remonter à la Révolution française,
07:00ce qui est bien tenu, Sylvain, courage.
07:02C'est vrai que la fameuse cagnotte, ce terme que vous avez utilisé,
07:04ça renvoie un peu plus près de nous à un débat qui avait existé sous Lionel Jospin.
07:07En 2001, Lionel Jospin s'était retrouvé justement aux prises
07:10avec cette polémique qui était attisée par Jacques Chirac et ses soutiens,
07:14justement, en disant qu'il y a de la croissance, il y a une cagnotte, etc.
07:17Il faut la rendre aux Français.
07:18Et lui aussi, Lionel Jospin, de façon extrêmement rationnelle,
07:21avec la façon dont il essayait de démonter cette polémique,
07:24s'était retrouvé quand même entraîné, malgré lui.
07:26C'est vrai que c'est une posture qui est facile en termes de démagogie pour l'opposition.
07:30C'est vrai qu'il y a les différents temps qu'exposait tout à l'heure Fanny Guinochet,
07:34des surplus peut-être immédiats, mais de surcroît, un ralentissement de la croissance,
07:38un retour de l'inflation, qui peuvent justifier justement que cet argent
07:43ne soit pas automatiquement tout de suite utilisé
07:45parce qu'il y a d'autres dépenses auxquelles est confrontée l'État.
07:48Mais je pense que ce sujet et cette polémique politique
07:50dans laquelle s'est engouffrée l'opposition, et l'on comprend,
07:52pour des raisons électoralistes, renvoient aussi un autre problème quand même.
07:56C'est l'absence totale de communication du Premier ministre.
07:58C'est-à-dire Sébastien Lecornu, il n'y a pas de son, pas d'image,
08:01depuis le début, sauf erreur de ma part, je crois qu'il...
08:03Il s'est exprimé pour dire qu'il n'y aurait pas de chèque global ou d'aide globale.
08:07Sauf erreur de ma part, il n'a pas fait une seule matinale radio,
08:10me semble-t-il, depuis qu'il est à Matignon.
08:12Il a fait un passage aux 20 heures, peut-être deux, mais des brefs,
08:15un passage aux 20 heures, me semble-t-il.
08:16Et de surcroît, quand on a un ministre de l'Économie et des Finances
08:19qui, lui, se prend les pieds dans le tapis, lui, on l'a entendu communiquer,
08:21annoncer un choc pétrolier terrible, qu'elle ait duré, etc.
08:24Et puis, le lendemain, venir faire son autocritique, son mea culpa
08:27au sortir d'un conseil des ministres, ou là, là, j'ai dit une boulette.
08:30On voit bien qu'il y a un problème, là,
08:31et que les oppositions, à commencer par Marine Le Pen,
08:34s'engouffrent, justement, dans cette faille,
08:37cette absence totale de communication de la part de l'exécutif.
08:40Évidemment, Emmanuel Macron, lui, est pris sur d'autres sujets.
08:42Et je pense que ça, ça devient un problème politique,
08:44dans un contexte de crise, comme celui-ci,
08:46qui touche directement à la vie quotidienne des Français.
08:48Et c'est vrai que là où c'est compliqué,
08:49c'est qu'on n'a pas de données précises.
08:51Nous, on les demande régulièrement,
08:54quel serait le surplus exactement,
08:57quels sont les chiffres.
08:57Pour l'instant, on n'a pas de données.
08:59Ce qui laisse, ce qui permet, par exemple, à Laurent Wauquiez
09:01de dire qu'il y a entre 2 et 3 milliards d'euros de surplus.
09:05Je ne sais pas du tout d'où sortent ces...
09:07La plupart du gouvernement a dit que ça ne se comptait pas en milliards, hier.
09:09Voilà. Alors, ce sont des estimations d'économistes.
09:12Que l'on fait faire, des spécialistes de l'énergie,
09:14qui vous disent, s'il y a surplus, éventuel, ça serait en millions d'euros.
09:17Mais il n'y a pas de communication, c'est vrai, pour le moment,
09:20de la part du gouvernement, en disant, voilà ce qu'a rapporté,
09:23voilà, quelles sont les charges de l'État.
09:25Parce que, par exemple, les charges de l'État, vous en parlez,
09:26elles sont énormes. Là, elles vont se compter en milliards d'euros.
09:29Ne serait-ce que la charge des taux d'intérêt de notre dette,
09:33qui fait grimper avec cette guerre,
09:34les taux d'intérêt grimpent,
09:36et notre dette, ça se compte là en milliards d'euros supplémentaires
09:41que l'État doit payer.
09:42Sur Marine Le Pen, c'est intéressant de noter que c'est elle qui monte au créneau,
09:45et pas Jordan Bardella.
09:46Elle a gardé ce sens politique,
09:49voilà, on peut dire que c'est de la démagogie,
09:51que c'est un outil facile dans les mains des oppositions,
09:53mais elle a sauté sur l'occasion,
09:55et on l'a entendue très fort hier.
09:57Et on la sentait très agacée,
09:59et même un peu gourmande
10:01de cette polémique,
10:02et vraiment voulant préempter le sujet.
10:04On peut se poser la question de savoir si c'est aussi derrière une manière de dire
10:09qu'elle n'a pas dit sur dernier mot,
10:10qu'elle est toujours là,
10:10et que c'est elle qui s'est repérée des sujets
10:13qui sont extrêmement concernants,
10:14extrêmement politiques et explosifs.
10:16Et ils n'ont pas non plus tout à fait la même ligne ?
10:18Pas du tout la même ligne.
10:20En matière d'économie ?
10:20Non, en matière d'économie plus globalement,
10:22pas du tout, c'est d'ailleurs à suivre.
10:24Sylvain Courage ?
10:25Les mêmes reprochés au gouvernement d'avoir cramé la caisse
10:28après l'application du bouclier énergétique,
10:30donc il faut aussi repasser des vieilles déclarations
10:33pour montrer quand même que c'est très opportun comme discussion,
10:38et que l'objectif par exemple d'affecter,
10:41s'il y a des surplus,
10:43de les affecter à la transition énergétique
10:44est très logique,
10:46puisqu'on voit bien que notre dépendance aux hydrocarbures pose problème.
10:50Sujet sur lequel précisément Marine Le Pen et la Ration nationale
10:53ne disent absolument rien.
10:54Il n'y a absolument pas en cause la dépendance aux énergies fossiles,
10:56qui est un vrai problème,
10:57y compris en termes d'indépendance d'ailleurs énergétique de la France.
11:00Donc c'est vrai que c'est une posture ultra-démagogique,
11:01on est d'accord là-dessus,
11:02parce qu'on ne peut pas à la fois dire
11:03il faut rendre l'argent aux Français,
11:05il faut supprimer, en tout cas stopper la réforme des retraites,
11:09il ne faut aucune réduction de dépenses publiques, etc.
11:11Tout ça à un moment fait une facture considérable
11:14et une situation des finances publiques qu'on connaît,
11:15mais il n'empêche que face à cette posture politique,
11:18qui a beau être démagogique, elle peut être habile,
11:21il y a un grand silence gouvernemental
11:23et un manque de pédagogie qui est frappant.
11:24Exactement, et il y a aussi un gouvernement
11:26qui depuis plusieurs jours semble hésiter,
11:27ne ferme pas totalement la porte à de nouvelles aides,
11:30par exemple pour les infirmières.
11:31Donc il y a une brèche dans laquelle
11:34les oppositions peuvent facilement s'engouffrer.
11:35À ce stade, on ne sait pas s'il va y avoir
11:37un nouveau train d'aide dans les jours qui viennent.
11:38Ce n'est pas totalement exclu.
11:40Ils essayent de tenir un maximum,
11:42mais effectivement, on voit que,
11:44notamment, vous le disiez sur les professions médicales,
11:48les aides-soignants, les infirmières,
11:49on voit bien que là la pression est très très forte
11:51pour qu'il y ait des aides qui leur soient attribuées,
11:54comme le gouvernement l'a fait,
11:57aux pêcheurs, aux transporteurs.
11:59D'ailleurs, des aides qui ne sont pas suffisantes.
12:00Vous avez vu les actions des pêcheurs,
12:02des transporteurs qui estiment que ça n'est pas à la hauteur de la situation.
12:05Les informés, dans un instant, on va parler de Donald Trump
12:08qui s'exprimait solennellement devant la nation
12:11pour la première fois depuis le début de la guerre hier.
12:14Mais pour l'instant, il est 9h18
12:15et c'est l'info en une minute avec Maureen Sunia.
12:18Décollage réussi pour Artemis II.
12:20La mission de la NASA a décollé cette nuit
12:22du centre spatial Kennedy en Floride.
12:25Quatre astronautes sont en route vers la Lune.
12:27Une première depuis plus de 50 ans.
12:29Et les vols Apollo,
12:30ils ne vont pas se poser sur le satellite,
12:32mais en faire le tour.
12:33L'ambassade américaine à Bagdad
12:35met en garde contre des attaques sur la ville
12:37dans les 48 prochaines heures.
12:39La situation au Moyen-Orient est très tendue ce matin.
12:42L'armée iranienne promet des attaques écrasantes
12:44contre les Etats-Unis et Israël.
12:46Cela fait suite à la prise de parole
12:48du président américain pendant la nuit.
12:50Il estime que la guerre est bientôt finie
12:52et que son pays va tout de même encore frapper l'Iran
12:54très durement pendant deux à trois semaines.
12:57Ce matin, Pékin réclame la fin immédiate des hostilités.
13:00De nouvelles mises en examen
13:01après l'attentat déjoué à la Bank of America à Paris.
13:04Trois adolescents soupçonnés d'être impliqués.
13:06Le parquet national antiterroriste
13:08estime que cette tentative d'attaque
13:10peut être liée à un groupuscule pro-iranien.
13:13Et puis, c'est une information France Info,
13:15la sonorisation des arbitres
13:16va être testée pour la première fois en Ligue 1.
13:19Ce sera demain lors du match PSG-Toulouse.
13:22Le dispositif permet à l'arbitre
13:24d'expliquer aux spectateurs et aux téléspectateurs
13:26ses décisions.
13:29France Info
13:33Les informés
13:34Renaud Dely
13:35Agathe Lambret
13:39Merci beaucoup Fanny Guinochet
13:40de nous avoir éclairés dans cette première partie
13:42éditorialiste économie à France Info.
13:44Toujours avec nos autres informés
13:46qui nous accompagnent.
13:47Sylvain Courage, directeur adjoint de la rédaction du Nouvel Obs
13:49et Miriam Ancawa, présentatrice de l'émission
13:51Tout est politique sur France Info TV.
13:53On parle de Donald Trump qui s'est exprimé hier soir.
13:55Renaud Dely, pour résumer, tout va bien ?
13:57Tout va bien, en effet, écoutez le président américain
14:00qui s'est exprimé au bout de 34 jours
14:03de guerre entre les Etats-Unis et Israël
14:06contre l'Iran, au bout de toutes ces frappes.
14:10Eh bien, figurez-vous que Donald Trump
14:11qui s'est exprimé hier une vingtaine de minutes
14:13à une élocution solennelle,
14:15Donald Trump est très content de lui.
14:20Nous sommes en bonne voie
14:21d'atteindre tous les objectifs militaires américains
14:23très prochainement.
14:24Nous allons les frapper
14:25avec une extrême violence
14:26au cours des deux à trois prochaines semaines.
14:29Nous allons les ramener à l'âge de pierre.
14:34Nous allons les ramener à l'âge de pierre.
14:37Donald Trump qui a aussi répété
14:38que les opérations militaires
14:39seraient terminées d'ici deux ou trois semaines,
14:41qui a aussi évoqué
14:43le sort du détroit d'Hormuz
14:45en appelant les Européens à s'en préoccuper,
14:46à le sécuriser,
14:48justement pour faciliter
14:50l'approvisionnement en pétrole.
14:52Puis, il y a beaucoup de non-dits, d'absences,
14:55aucune évocation de l'avenir de l'OTAN, d'ailleurs,
14:58de la part de Donald Trump.
15:00Alors, pourquoi a-t-il éprouvé
15:02le besoin de prononcer cette allocution ?
15:05À quoi a-t-elle servi ?
15:06Et à qui s'adressait-il ?
15:08Est-ce que le président américain
15:09ne s'adressait pas d'abord
15:10à sa propre base électorale
15:12qui ne soutient pas vraiment
15:14avec ferveur cette intervention militaire ?
15:16Qu'est-ce que vous en pensez,
15:17Sylvain Courage ?
15:17Oui, il est évident qu'il s'adressait d'abord
15:19aux électeurs américains.
15:21Il a d'ailleurs établi des comparaisons historiques
15:23un peu angoissantes
15:25entre la durée de cette guerre,
15:27un mois,
15:27et les guerres précédentes des États-Unis
15:29qui ont duré des années,
15:30y compris le souvenir tragique
15:32de la guerre du Vietnam.
15:33ce n'est pas une façon forcément
15:35de rassurer la base MAGA
15:37qui reproche au président
15:39d'avoir engagé cette guerre
15:41contre les intérêts américains,
15:42contre les intérêts du peuple américain,
15:44et qui voit lui aussi
15:45le prix de l'essence
15:48s'enflammer
15:48et l'inflation repartir.
15:50Donc, je ne suis pas sûr
15:52qu'il ait atteint sa cible,
15:53pour le coup,
15:54dans cette intervention.
15:55Quant aux enjeux internationaux
15:57de la guerre,
15:58personne n'y comprend plus rien.
16:00Il prétend que tous les objectifs
16:01sont atteints,
16:02mais il ne précise toujours pas
16:02quels sont les objectifs.
16:05Voilà.
16:05Il dit que ça va continuer
16:06deux à trois semaines,
16:07mais ça reste un peu plus.
16:07Je pense que c'est une déception
16:08à l'intérieur et à l'extérieur
16:09des États-Unis.
16:10Miriam Mankawa ?
16:11Oui, c'est assez vertigineux
16:12de constater que le monde entier
16:15est précipité vers une forme
16:16d'inconnu.
16:17Il y a quand même quelque chose
16:18de saisissant historiquement.
16:20Je pense qu'on y penchera
16:22à l'avenir.
16:24Il y avait une très très grosse attente
16:26sur cette intervention,
16:27parce que toute la presse américaine,
16:28et pas simplement
16:29celle qui s'oppose à Donald Trump,
16:32avait laissé fuiter
16:33qu'il allait dire
16:34qu'il arrêtait la guerre.
16:35En tout cas,
16:35qu'il donnait les modalités de sortie,
16:37que c'était fini.
16:39Ce qui posait toute une série
16:40de questions,
16:40notamment sur le détroit d'Hormuz,
16:42etc.
16:42Il ne l'a pas dit.
16:44Pourtant, même le site américain
16:46Axios,
16:47il a même dit le contraire.
16:48Très bien informé.
16:50Il a dit le contraire.
16:51Oui, il dit le contraire,
16:52puisqu'il va leur donner
16:54l'âge de pierre,
16:55et en même temps,
16:55c'est trois semaines.
16:57En tout cas,
16:58ce qui est certain,
16:59c'est qu'il y a une très grosse division,
17:01une fracture au sein de l'administration,
17:03puisqu'on n'a jamais eu
17:05des sons de cloche aussi différents.
17:07On peut même se demander
17:08si le Pentagone lui-même,
17:10si le chef d'état-major,
17:11est d'accord avec les deux options
17:13qui sont sur la table d'aujourd'hui.
17:15s'il va au bout du bout,
17:16c'est-à-dire parce qu'il est d'hier,
17:17c'est-à-dire Hormuz,
17:19avec les îles au fond du Détroit,
17:21Carg,
17:21et les petites îles
17:22qui sont juste devant les côtes
17:24à l'entrée du Détroit,
17:26et puis une opération terrestre
17:28extrêmement risquée
17:29qui serait destinée
17:30à aller chercher
17:31les 450 kg d'uranium enrichi.
17:33Il n'en a évidemment pas parlé.
17:35Donc en fait,
17:35c'est une intervention
17:36pour rien au niveau mondial,
17:39sans doute pour rassurer
17:40le camp républicain
17:41et les militaires qui s'inquiètent,
17:42et sa base qui malgré tout,
17:44et il faut s'en étonner,
17:45sa base maga radicalisée,
17:47mais qu'il reste assez fidèle malgré tout.
17:51Emmanuel Macron
17:52qui s'en est pris aussi à...
17:53Donald Trump.
17:54Donald Trump
17:54qui s'en est pris à Emmanuel Macron
17:56une fois de plus, Renaud,
17:56en disant qu'il se faisait
17:58maltraiter par sa femme.
17:59Oui, c'était sans doute
18:00une allusion aux fameuses images
18:02qu'on avait vues
18:02dans un avion
18:04où il y avait une altercation
18:05au Vietnam,
18:07effectivement,
18:09donc lorsque l'avion,
18:10lorsque les portes de l'avion
18:11s'étaient ouvertes
18:12devant les caméras,
18:13c'est assez terrible.
18:15Je trouve que c'est assez terrible
18:16pour Donald Trump.
18:17C'est-à-dire que ça contribue
18:18non seulement,
18:19bon, c'est terrible pour le personnage,
18:20mais à abîmer quand même
18:22la crédibilité du président des États-Unis.
18:24On parle du président des États-Unis
18:26qui semble obsédé
18:27de temps en temps
18:28justement par Emmanuel Macron
18:30et qui l'insule,
18:31qui essaye de le moquer,
18:32qui essaye de l'humilier,
18:33mais je pense que ça se retourne
18:34profondément contre le président des États-Unis.
18:35Est-ce qu'il rabaisse en faisant ça ?
18:36Ce n'est pas la France,
18:37ce n'est pas le président ?
18:38Non, pas du tout.
18:39Non, non, pas du tout.
18:39Je ne pense pas.
18:40Emmanuel Macron, d'ailleurs,
18:41a bien raison de ne pas entrer
18:42dans ce genre de polémiques,
18:43de batailles de chiffonniers,
18:44de gamineries.
18:44C'est peut-être lié aussi au fait
18:46que la popularité d'Emmanuel Macron,
18:48l'image d'Emmanuel Macron,
18:50progresse assez fortement
18:51aux États-Unis.
18:52Justement, il incarne
18:53pour toute l'Amérique démocrate
18:56en particulier,
18:57qui prend de l'ampleur quand même,
18:58en tout cas,
18:59qui critique Donald Trump,
19:00l'image d'Emmanuel Macron
19:02a progressé,
19:03s'est amélioré
19:04ces dernières semaines
19:05parce qu'il incarne justement
19:05l'Europe qui ose tenir tête
19:07à Donald Trump,
19:08en tout cas aux yeux
19:08d'une bonne partie des Américains.
19:10Et je pense que ça explique aussi
19:11cette réaction totalement infantile
19:14et ridicule
19:15et encore une fois humiliante
19:16pour le président des États-Unis lui-même.
19:18Je pense que c'est assez terrible
19:20que d'entendre le locateur
19:22de la Maison-Blanche
19:23parler de la sorte.
19:24On a l'impression que Donald Trump
19:25est particulièrement agacé
19:26par la France en ce moment,
19:27la France qui a refusé de l'aider
19:28à libérer le détroit d'Hormeus,
19:30la France qui a refusé
19:31le survol de son territoire
19:33par un avion américain
19:34qui allait vers Israël récemment.
19:35Ça peut s'expliquer comme cela ?
19:37Il voudrait que les pays membres
19:39de l'OTAN le suivent
19:41aveuglément dans cette guerre.
19:43Mais comme personne ne comprend
19:45où va cette guerre,
19:47les pays membres de l'OTAN
19:49se protègent.
19:50Il n'y a pas que la France.
19:52Mais la France est quand même
19:53toujours un beau motif
19:55dans la bataille de l'opinion américaine,
19:56comme l'a rappelé Renaud,
19:57parce que c'est souvent
19:58une valeur refuge pour les démocrates.
20:01Donc je pense que c'est aussi
20:02un argument qu'il utilise
20:03vis-à-vis de l'opinion américaine
20:05en utilisant vraiment
20:06un argument de bas étage
20:08qui ne pèse pas
20:09dans les relations internationales,
20:10mais qui justement,
20:11dans l'opinion,
20:13salit l'image d'Emmanuel Macron
20:16sur la base de...
20:17Ça flatte sa base.
20:18Voilà, ça flatte sa base.
20:20En utilisant des images
20:22qui ont circulé sur les réseaux,
20:23qui ont donné lieu
20:24à des commentaires absurdes,
20:26voilà, c'est quand même
20:27une opération aussi
20:28bassement politicienne, je pense.
20:29De diversion.
20:30C'est de la diversion pure et simple.
20:32Pour masquer son échec, c'est ça ?
20:33Absolument.
20:34Il le fait systématiquement.
20:36Il le fait avec l'OTAN aussi.
20:37Il est très très en colère
20:38contre l'OTAN en permanence.
20:39Il menace de sortir de l'OTAN
20:40tout le temps.
20:41C'est aussi une manière
20:43de faire diversion.
20:44Et Emmanuel Macron, c'est vrai,
20:46a pris la tête
20:48d'une certaine forme
20:49de volonté,
20:50d'effort, de défense.
20:52D'ailleurs, ça devrait lui plaire
20:53à Donald Trump.
20:54Indépendamment de l'OTAN
20:55au sein de l'Europe.
20:57Mais non.
20:58Il y a quelque chose d'assez...
21:00C'est presque enfantin, en fait.
21:02C'est son résultat.
21:04Et il laisse comme ça, maintenant,
21:06les pays de l'OTAN,
21:06les pays de l'Europe
21:09la responsabilité de gérer
21:10Hormuz, ça me fait penser,
21:11vous savez,
21:12l'inversion accusatoire,
21:13c'est la spécialité
21:14d'un certain Vladimir Poutine.
21:16Et il y a quelque chose
21:17de cet ordre-là.
21:19Au fond, je suis responsable,
21:20mais finalement,
21:21non, c'est pas moi,
21:21c'est vous les responsables.
21:23Exactement.
21:23C'est un peu ce que souligner
21:24Yael Brunpivet,
21:24la présidente de l'Assemblée nationale,
21:26à lui d'assumer maintenant
21:27les conséquences.
21:28Et là, il dit le contraire.
21:29Il dit aux autres,
21:29débrouillez-vous.
21:30Sur le 3 d'Hormuz, c'est frappant.
21:31C'est frappant.
21:32C'est évidemment
21:32l'intervention militaire américaine
21:33qui a conduit les Iraniens
21:35à bloquer les droits d'Hormuz.
21:36Et maintenant,
21:36ce sera aux Européens
21:37de débloquer les droits d'Hormuz.
21:38Merci beaucoup, les informés.
21:40Merci, Sylvain Courage.
21:41Est-ce que vous avez la une ?
21:42Oui, le clan Sarkozy.
21:43Une grande enquête, justement,
21:44sur une dérive trumpiste
21:45à la française.
21:47Merci, directeur agent
21:47de la rédaction du Nouvelle Hoc.
21:48Merci, Myra Mankawa,
21:49présentatrice de l'émission
21:50Tout est politique
21:51de 18h à 20h
21:52du vendredi au dimanche
21:53sur France Info TV.
21:55Merci à vous.
21:55Merci, Roland.
21:56Merci, Agathe.
21:56Les informés reviennent
21:57ce soir à 20h
21:58avec Victor Metté.
Commentaires