- il y a 3 mois
Tous les jours, les informés débattent de l'actualité autour d'Agathe Lambret et de Renaud Dély.
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00:06Bonjour à tous et bienvenue dans les informés si vous nous rejoignez sur France Info.
00:11Bonjour Renaud Delis.
00:12Bonjour Agathe.
00:13C'est parti pour une demi-heure de décryptage de l'actualité.
00:16Au sommaire, pourquoi Sébastien Lecornu se résout-il à une loi intégrale sur les violences sexistes et sexuelles ?
00:22Qu'est-ce que cela changerait ? Est-ce qu'on peut parler de révolution ?
00:26Et puis, la canicule pour le Rassemblement National, une solution, la climatisation.
00:32Et contre le réchauffement, quel programme dans ce parti ?
00:35Pour nous éclairer ce matin, nos informés, Adrien Brachet, rédacteur en chef adjoint du service politique du Point.
00:40Bonjour Adrien.
00:41Bonjour Agathe.
00:41Et Aurore Malval, grand reporter au service politique de Marianne.
00:44Bonjour Aurore.
00:45Bonjour Agathe.
00:46On commence donc, Renaud, avec Sébastien Lecornu qui, après plusieurs jours de silence,
00:51a finalement dit que cette grande loi intégrale globale serait inscrite au Parlement en septembre.
00:56En l'occurrence, on le sait, une proposition de loi dite intégrale contre les violences sexuelles et sexistes contre les
01:01femmes et les enfants
01:01a été initiée par une députée socialiste déposée dès l'automne dernier, signée par plus de 110 députés du Bloc
01:08central et de la gauche.
01:09On sait aussi que la présidente de l'Assemblée nationale, Yael Broun-Pivet, réclamait depuis au moins deux semaines justement
01:14son inscription
01:15à l'ordre du jour d'une session extraordinaire du Parlement à l'automne.
01:19Hier, Sébastien Lecornu a été interpellé lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale
01:25par le président du groupe socialiste à l'Assemblée, Boris Vallaud.
01:28Et voici ce que lui a répondu le Premier ministre.
01:32La semaine du 20 juillet, nous réunirons l'ensemble des présidents de groupe pour travailler sur ce sujet
01:37et je provisionne du temps du gouvernement au début du mois d'octobre pour permettre de discuter du texte ainsi
01:44travaillé, ainsi construit
01:46avec, ne nous trompons pas, énormément de travail cet été pour arriver à quelque chose qui soit à la hauteur
01:54de ce qu'attendent un certain nombre d'acteurs.
01:57Le Premier ministre précise aussi qu'il y a un certain nombre de dispositions d'ailleurs dans cette proposition de
02:00loi
02:01qui pourraient faire l'objet de mesures réglementaires ou d'organisations internes à l'État avec des décrets qui pourraient
02:08être pris dès cet été.
02:11Pourquoi est-ce que Sébastien Lecornu s'est résolu en tout cas à aller vers cette loi dite intégrale ?
02:17Et puis, qu'est-ce qu'elle changerait au fond ? Est-ce que ce serait une vraie révolution ?
02:20Que pourrait-il ? Qui aurait-il dedans ?
02:22D'ailleurs, si on se base d'ores et déjà sur les 78 articles de la proposition de loi en
02:26question,
02:26ou est-ce que c'est d'abord un slogan, un mot d'ordre qui vise à mobiliser l'ensemble
02:32de la société contre ce fléau ?
02:34Est-ce qu'on peut parler de changement de pied, Adrien Brachet, de la part du Premier ministre ?
02:37Pourquoi, aujourd'hui, il dit d'accord pour inscrire cette loi alors qu'elle est prête depuis un moment
02:43et que certains réclament qu'elle soit inscrite depuis un moment ?
02:45Il y a indéniablement une accélération, bien sûr, avec cette question des violences sexuelles contre les femmes,
02:52contre les enfants qui est revenu au devant de la scène avec le meurtre de Liana.
02:58Donc, bien évidemment, il y a un contexte politique.
03:01Comme Renaud l'a rappelé, la présidente de l'Assemblée nationale, Yann Broun-Pivet,
03:05réclamait aussi l'inscription de ce texte, comme une partie de la gauche, bien évidemment.
03:10C'est un texte qui est transpartisan.
03:13Donc, il y avait une impulsion.
03:15Le texte avait déjà été envoyé au Conseil d'État.
03:17Mais on voit bien dans la prise de position hier de Sébastien Lecornu à l'Assemblée nationale
03:22qu'il est encore très prudent sur à quoi ressemblera précisément à l'arrivée la copie de ce texte.
03:30Il dit qu'il va y avoir énormément de travail cet été.
03:32Donc, le Conseil d'État va l'examiner.
03:34Le Conseil économique, social et environnemental également.
03:37Les présidents de groupes vont en discuter.
03:40Donc, on ne sait pas encore précisément à quoi va ressembler la copie à l'arrivée.
03:44Il y a, je crois qu'il a cité, 16 articles qui correspondent en effet aussi à des mesures réglementaires
03:49sur lesquelles le Premier ministre veut avancer plus vite sans passer forcément par la loi.
03:54Donc, il y a encore un flou sur à l'arrivée le texte qu'on aura.
03:58En revanche, ce qui est certain, ce dont on peut se réjouir,
04:01c'est qu'il y ait un temps dédié à l'Assemblée nationale sur cette question
04:05qui, on le voit, préoccupe énormément l'opinion.
04:09On verra exactement sous quelle forme.
04:11On verra quel sera l'atterrissage.
04:12Mais en tout cas, je pense que c'est bien que sur un sujet comme celui-ci,
04:16il y ait une discussion et que l'Assemblée nationale prenne le temps d'en discuter
04:20avec une approche, comme l'a dit aussi Sébastien Lecornu, systémique,
04:23c'est-à-dire qui dépasse seulement le ministère de l'Intérieur et de la Justice
04:26mais pour qu'il y ait une mobilisation de l'ensemble des pans de la société.
04:30Ça peut paraître de bon sens, Or, en Malval, cette loi intégrale
04:33qui vise à traiter tous les domaines de la violence,
04:36donc prévention à l'école, juridiction spécialisée, examens médicaux ou psychologiques.
04:43Pourquoi ça n'a pas été fait avant, tout simplement ?
04:45Alors, je pense qu'il y a deux éléments.
04:48D'abord, de façon très politique, politicienne,
04:51je pense que si cette loi arrive seulement maintenant
04:54et non pas à l'automne lorsqu'elle a été déposée,
04:56c'est qu'il y avait un projet un petit peu concurrent
04:58qui était celui, justement, le projet de loi d'Aurore Berger
05:01qui, elle, proposait une loi cadre intégrale.
05:04Alors, attention au mot, ce n'était pas tout à fait la même chose.
05:07Ce n'était pas fait avec la même concertation des acteurs du terrain
05:11et c'était un projet de loi, je dirais, un petit peu plus modeste,
05:14en tout cas, qui ne proposait pas à la fois cet accompagnement
05:19et ce changement de paradigme, en fait, qui est celui de la loi intégrale
05:22qui ressemble un petit peu, qui s'inspire de ce qui se passe en Espagne.
05:26En fait, c'est aussi l'Espagne qui est un petit peu à la pointe,
05:30en tout cas, sur ces changements de pieds un peu progressistes,
05:33en tout cas, par rapport à la question des violences sexuelles et sexistes
05:36faites aux femmes, mais aussi, donc, on le voit dans cette loi aux enfants.
05:41Et pourquoi ça n'a pas été fait avant ?
05:42Tout simplement, à la fois pour cette logique
05:44et puis, évidemment, pour des questions de budget.
05:46Et d'ailleurs, c'est bien là que le babelait,
05:48c'est-à-dire qu'aujourd'hui, on n'a pas encore...
05:50Alors, Sébastien Lecornu a dit, le financement ne sera pas un obstacle,
05:53le budget ne sera pas un obstacle,
05:54sauf que, lorsqu'à l'automne, moi, j'avais discuté avec la députée PS
05:59qui portait cette loi,
06:01elle estimait, en tout cas, à peu près à 3 milliards les besoins
06:05pour répondre à la demande dans ce projet.
06:07Alors, ça ne veut pas dire que la loi intégrale
06:09doit être financée à hauteur de 3 milliards,
06:11mais en tout cas, en France, si on voulait répondre
06:13à toutes les problématiques qui se posent aujourd'hui,
06:15on aurait besoin d'au moins cette somme-là.
06:17Il est évident que, dans le contexte budgétaire,
06:20ça va être encore des arbitrages,
06:21ça va être encore extrêmement compliqué.
06:23Ça explique aussi pourquoi ça n'avait pas été pensé comme ça.
06:27Et je pense aussi, dernier élément,
06:28que l'actualité,
06:30et cette loi-là, elle est née aussi
06:31de l'affaire des viols de Mazan,
06:34et c'est ça aussi
06:35qui a porté l'urgence, en tout cas,
06:38de ces dispositifs
06:39aujourd'hui.
06:40Il y a beaucoup de dispositifs,
06:42parce qu'il y a aussi la loi sur la protection de l'enfance.
06:44Comment ça va s'articuler ?
06:46C'est l'un des enjeux, justement, à venir.
06:48Il y a cette loi sur la protection de l'enfance,
06:50déposée déjà au Conseil des ministres,
06:52qui doit venir en débat rapidement,
06:54qui se retrouve un peu en parallèle
06:56avec cette autre initiative.
06:58Il y a d'ailleurs des mesures
06:58qui peuvent se retrouver.
07:00Peut-être que le projet de loi du gouvernement
07:01va être amendé, renforcé,
07:03avec un certain nombre de mesures,
07:04piochées, en quelque sorte,
07:05dans la proposition de loi dite intégrale
07:07qu'on évoquait à l'instant.
07:08Donc, il y a tout un maquis législatif.
07:11Il y a aussi, d'ailleurs, d'autres,
07:12on voit bien, initiatives, propositions législatives
07:15qui peuvent fleurir liées à l'émotion
07:19provoquée par le meurtre de la petite Liana
07:22et tous les dysfonctionnements révélés
07:26autour du parcours de Jérôme Barrella.
07:30Évidemment, le rapport qui a été rendu avant-hier
07:32et qui illustre déjà un certain nombre de défaillances
07:35n'a fait que rajouter à cette émotion.
07:38Je pense à une autre proposition
07:41pour laquelle, d'ailleurs, le garde des Sceaux,
07:43hier interrogé à l'Assemblée nationale,
07:45s'est dit plutôt favorable.
07:46A priori, c'est une proposition de loi
07:48que devrait déposer un député LR
07:50visant à créer un fichier administratif
07:51permettant de surveiller les pédocriminels
07:54en puissance un peu inspirée du modèle des fichiers S
07:58sur les personnes susceptibles de mettre en danger
08:00la sûreté de l'État, c'est-à-dire avant qu'elles passent à l'acte,
08:03mais parce qu'elles sont potentiellement dangereuses.
08:06Eh bien, Gérald Darmanin a priori interrogé sur ce sujet
08:09s'il est dit favorable aussi.
08:10Donc, on voit que c'est une des difficultés.
08:12Un maquis législatif, il va falloir, en quelque sorte,
08:15distinguer ce qui peut être efficace, utile
08:17et ce qui ne le serait pas.
08:18Et je pense que les réticences
08:19de Sébastien Lecornu
08:22sur cette loi dite intégrale,
08:23elles reposaient, comme le disait à l'instant,
08:25Ormalval sur la question des moyens,
08:26qui va venir de toute façon à moi ou à un autre.
08:28Et en l'occurrence, ce sera donc à l'automne,
08:30pile au moment, d'ailleurs,
08:30où va aussi s'ouvrir la discussion budgétaire.
08:32Il va falloir, évidemment, distinguer les deux
08:35dans le temps parlementaire.
08:36Mais on va être à un moment
08:38où la contrainte budgétaire
08:40va être spectaculaire au Parlement,
08:41puisque ce sera la discussion du budget.
08:43Et puis, l'autre aspect, je pense,
08:44qui expliquait les réticences jusque-là du Premier ministre,
08:47c'était sa volonté d'un texte
08:49qui, à la fois, soit aussi efficace, soit utile.
08:52C'est-à-dire qu'il y a aussi le risque,
08:53et c'est un risque pour tous les gouvernants,
08:56qu'un mot d'ordre, qu'un slogan
08:59fasse naître des espoirs démesurés
09:02au regard, justement, du texte à l'arrivée.
09:04Donc, je pense qu'il voulait éviter ça aussi.
09:06Reste que, face à cette émotion,
09:08face à l'impact de l'affaire
09:09qu'on évoquait à l'instant,
09:10il n'avait plus le choix.
09:12Il devait, justement, me semble-t-il,
09:13se rallier.
09:15Et c'est très sain et très utile
09:16que ce débat ait lieu prochainement au Parlement.
09:19Est-ce qu'il faut créer un fichier administratif
09:21pour surveiller les pédos criminels
09:23en puissance, Adrien Brachet ?
09:24En tout cas, ça fait partie des pistes
09:27qui sont sur la table
09:28et des préoccupations croissantes des Français.
09:31On l'a vu avec l'affaire Liana.
09:33On l'a vu aussi avec l'affaire du périscolaire.
09:35On voit que cette question,
09:37et on l'a vu aussi avec les viols de Mazan,
09:38on voit que cette question
09:39des violences sexuelles
09:42contre les femmes,
09:43contre les enfants,
09:44est quelque chose sur lequel
09:46il y a de plus en plus d'attentes,
09:47d'une réponse dans la société.
09:48Il y a parfois un sentiment fort d'impuissance
09:51face à l'accumulation des cas
09:53qui sont parfois très difficiles à traiter.
09:55Comme l'a rappelé Sébastien Lecornu,
09:57je crois que vous avez 80% des faits
09:59qui ont lieu dans la cellule familiale,
10:02notamment pour protéger les enfants.
10:04C'est une difficulté majeure.
10:07Donc, j'ai envie de dire,
10:09plein de propositions sont sur la table.
10:11On a vu aussi que ça avait pris
10:12une dimension très politique
10:13dans le fait que très vite,
10:14après le meurtre de Liana,
10:16les différents candidats à la présidentielle
10:17ont fait des propositions sur le sujet.
10:20Édouard Philippe a fait la une du Parisien
10:22sur la question des réponses
10:24à apporter à l'affaire Liana.
10:25Gabriel Attal s'est exprimé.
10:27Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon.
10:28On sent que ça prend une dimension politique
10:30très forte parce qu'il y a une attente
10:32très forte de l'opinion.
10:34Et juste un point,
10:34ce qui illustre aussi, me semble-t-il,
10:36l'attente, ce qui renforce l'attente
10:37de l'opinion sur un sujet comme celui-ci,
10:39cette histoire, par exemple,
10:40de fichiers administratifs visant à prévenir
10:43justement les passages à l'acte
10:44d'individus supposés dangereux,
10:46justement de pédocriminels en puissance,
10:48c'est aussi ce qui vient de se produire.
10:49C'est-à-dire qu'on le sait,
10:51Gérard Darmanin a demandé au magistrat
10:53de revoir 70 000 plaintes
10:56avant le 14 juillet
10:57qui sont liées à des agressions sur enfants,
11:01en particulier à des agressions sexuelles.
11:03Or, on sait déjà qu'il y a 132 individus
11:05qui ont été placés en détention provisoire
11:07alors qu'a commencé cet examen,
11:10justement, de ces milliers de plaintes.
11:12Et puis, il y a plein d'autres
11:13qui ont été placés en garde à vue aussi.
11:15Ça, je pense que ça a un impact fort dans l'opinion.
11:18C'est extrêmement sain, évidemment,
11:19de revoir l'ensemble de ces plaintes.
11:21Mais on se dit,
11:22dès lors que cet examen est fait,
11:24il y a 132 individus
11:26qui sont donc placés en détention provisoire,
11:28ce qui ne présume pas de leur culpabilité.
11:30Mais ça a un impact fort dans l'opinion.
11:33Ça veut dire que ces plaintes existaient
11:35et qu'il y avait des individus potentiellement dangereux,
11:37en tout cas suffisamment pour justifier
11:39leur détention en provisoire
11:40en attendant la poursuite de la procédure,
11:42qui ont été décidés.
11:44Donc, je pense que ça aussi,
11:45ça renforce justement l'idée de ce type de fichiers.
11:48Dans un instant, les informés,
11:50le Rassemblement National critique
11:52l'impréparation du gouvernement
11:53dans cette période de canicule.
11:55Mais que propose-t-il concrètement
11:57pour lutter contre le réchauffement
11:59et pour améliorer nos conditions de vie ?
12:02On se pose la question
12:03après le fil-info de Marie-Marty Rossiand.
12:05Il est 9h18.
12:0758 départements sont en vigilance rouge
12:09pour canicule aujourd'hui,
12:11alors que la journée d'hier a été
12:12la plus chaude jamais enregistrée en France
12:14depuis le début des mesures en 1947.
12:17Les hôpitaux s'attendent à une possible augmentation
12:19du nombre de passages aux urgences,
12:21indiquée ce matin sur France Info,
12:22la ministre de la Santé, Stéphanie Riste.
12:25Parmi les conséquences de cette chaleur,
12:27les risques d'incendie sont plus élevés.
12:29Hier, plusieurs feux de forêt
12:30ont détruit plusieurs hectares de végétation
12:32dans le Lot-et-Garonne
12:33et dans le Maine-et-Loire.
12:3535 départements au total
12:36sont classés en risque élevé d'incendie.
12:3926 marins français sont encore bloqués
12:42dans le détroit d'Hormuz
12:42sur 4 navires différents.
12:44Les évacuations de 11 000 marins au total
12:47ont commencé hier,
12:48indique l'Organisation maritime internationale.
12:50Une opération menée en coopération
12:52avec l'Iran et les autres États côtiers de la région.
12:55Et puis à suivre ce soir,
12:56au Mondial de football,
12:57la Suisse affronte le Canada à 21h,
12:59en même temps que Bosnie-Herzégovine-Qatar.
13:02Cette nuit, la Colombie s'est qualifiée
13:03pour les 16e de finale
13:04en battant la République démocratique du Congo.
13:07Un but à zéro.
13:11France Info
13:14Les informés, Renaud Dely, Agathe Lambret.
13:20Les informés avec Aurore Malval,
13:22grand reporter au service politique de Marianne
13:24et Adrien Brachet,
13:25rédacteur en chef à l'join du service politique du Point.
13:28Renaud, le Rassemblement national
13:30semble avoir une solution magique
13:32pour lutter contre la canicule.
13:33Un plan clim, mais après ?
13:35Un grand plan climatisation,
13:37ça c'est une promesse répétée de Marine Le Pen.
13:39Si l'ERN l'emporte à la présidentielle l'année prochaine,
13:42il promet donc ce grand plan climatisation
13:44qui visera en priorité
13:46les personnes les plus vulnérables,
13:48les hôpitaux, les EHPAD, les écoles.
13:50Donc reste aussi à voir
13:51les questions du financement de ce plan.
13:53Finalement, la climatisation
13:54qui jusque-là faisait l'objet
13:56de débat et de clivage assez fort,
13:58eh bien tout le monde, peu ou prou,
14:01dans le monde politique,
14:02semble s'y rallier,
14:03à l'exception de Jean-Luc Mélenchon
14:04qui a manifesté son hostilité
14:06ces derniers jours.
14:07Et puis voilà aussi
14:07que l'Assemblée nationale explique aujourd'hui
14:09que le gouvernement a pêché
14:11par impréparation
14:12parce qu'il n'a pas suffisamment suivi
14:14les recommandations
14:15et surtout les rapports du GIEC.
14:18Le GIEC, ce groupe scientifique
14:21de scientifiques
14:22qui illustre justement
14:22le consensus scientifique
14:24sur le réchauffement climatique.
14:26Alors y a-t-il un changement de pied
14:28du côté du Rassemblement national ?
14:29Voici ce qu'on disait
14:30il y a quelques minutes
14:30sur ce plateau.
14:31Celui qui était votre invité,
14:34Sébastien Chenu,
14:34député RN du Nord
14:35et vice-président
14:36de l'Assemblée nationale.
14:37On a une philosophie
14:39qui est tournée
14:40vers le localisme,
14:41vers la démondialisation
14:42et cette philosophie-là,
14:44elle intègre évidemment
14:45le rapport au développement durable
14:47et aux modifications
14:49de température
14:50qu'on peut connaître.
14:51Vous ne trouverez pas
14:52de remise en cause
14:55des analyses du GIEC.
14:57En revanche,
14:57là où on peut avoir
14:58des divergences
14:59et c'est normal,
15:00c'est sur les propositions
15:01de sortie,
15:01en tous les cas
15:02les recommandations.
15:03Alors sur la philosophie,
15:06on l'a compris,
15:07le RN a un peu évolué,
15:08il a critiqué parfois
15:10le GIEC considéré
15:11comme trop alarmiste.
15:12Désormais,
15:13d'un point de vue philosophique,
15:14il est d'accord,
15:15mais d'un point de vue pratique,
15:16plus pragmatique.
15:17Qu'y a-t-il
15:17dans le programme
15:18du Rassemblement national
15:19qui permet de réduire
15:21justement les effets
15:22du réchauffement climatique,
15:23de lutter contre
15:24le réchauffement climatique
15:25et d'abord de réduire
15:27les émissions de gaz
15:27à effet de serre ?
15:29Adrien Braché,
15:30que propose
15:31le Rassemblement national
15:32en dehors de ce grand plan clim ?
15:34Ce qui est compliqué,
15:35c'est que,
15:35comme l'a exposé très bien Renaud,
15:37il y a eu
15:38beaucoup de revirements
15:39de la part du Rassemblement national
15:40sur cette question.
15:41En 2023,
15:42encore,
15:43Marine Le Pen
15:44parlait du GIEC
15:45comme étant alarmiste.
15:47Et en fait,
15:48si on regarde
15:48les 15-20 dernières années
15:50et ça rejoint
15:51ce qu'a dit
15:52Sébastien Chenu
15:52tout à l'heure
15:53et qu'on voit
15:53dans l'extrait
15:54que vous avez montré,
15:56le Rassemblement national
15:56a tendance
15:57à encrypter
15:58la question de l'écologie
15:59dans ses thèses
16:03plus larges,
16:04souverainistes,
16:05protectionnistes,
16:05avec ce fameux mot
16:06du localisme
16:07qu'ils opposent
16:08au mondialisme.
16:09Donc,
16:10c'est davantage
16:10pour inscrire
16:11l'écologie
16:12dans leur logiciel
16:13plus global
16:14que pour en faire,
16:15si vous voulez,
16:16un argument de campagne
16:17en tant que tel,
16:18que pour en faire
16:18un thème de fond
16:21en tant que tel.
16:22Et donc,
16:22c'est la difficulté,
16:23c'est que
16:23le Rassemblement national
16:24a beaucoup varié
16:25sur ces questions-là.
16:26Alors,
16:27il y a des propositions
16:27dans leur programme,
16:28ils insistent beaucoup
16:29sur la question
16:30du nucléaire,
16:30notamment,
16:31mais le Rassemblement national
16:32a tellement varié
16:33sur cette question,
16:34a tellement eu
16:34de revirements,
16:35on l'a dit,
16:35sur la question
16:37du GIEC,
16:37notamment,
16:39qu'en fait,
16:39il n'en a jamais fait
16:42une priorité
16:42de campagne.
16:43Il y a quand même
16:44un énorme virage,
16:45là,
16:46Aurore Malval,
16:46non ?
16:46Il y a encore trois ans,
16:48énormément de personnalités
16:49du RN,
16:50critiquer le GIEC,
16:51trop alarmiste,
16:52ou alors,
16:52il ne fallait pas
16:53inquiéter les Français.
16:55Aujourd'hui,
16:56il y a ça,
16:57mais est-ce que
16:57ça suit derrière
16:59dans le programme,
17:00dans les mesures ?
17:00Effectivement,
17:01on peut dire
17:02changement de pied,
17:02en tout cas,
17:03conversion scientifique
17:04ou opportunisme politique,
17:05je pense qu'on peut
17:06quand même trancher
17:07largement en faveur
17:07de la seconde.
17:09Quand on entend,
17:11enfin,
17:11c'est difficile aujourd'hui,
17:12je dirais,
17:13avec les conséquences
17:15du dérèglement climatique,
17:16de nier le rapport du GIEC.
17:17En tout cas,
17:18c'est nettement plus difficile
17:19aujourd'hui,
17:19qu'il y a 5 ans
17:20ou 10 ans.
17:22Mais ce qui est intéressant,
17:24c'est que
17:24le Rassemblement National
17:26ne prévoit pas,
17:27ne met pas l'accent.
17:28Peut-être qu'il y a des mesures,
17:29je ne sais pas d'ailleurs,
17:30le programme n'est pas encore
17:31sorti,
17:32peut-être qu'ils parleront
17:33aussi de cette question
17:34de l'adaptation
17:35de notre pays
17:36et de ses structures
17:37au réchauffement climatique.
17:39Pourquoi
17:39ils n'en parlent pas
17:40aujourd'hui ?
17:41Parce que
17:42le RN dit
17:43qu'ils veulent
17:43une écologie du progrès
17:45qui ne fait pas souffrir.
17:46Et quand on dit ça,
17:47en fait,
17:47on a tout dit,
17:48c'est-à-dire
17:48qu'on va se concentrer
17:50sur quelles sont
17:51les adaptations immédiates,
17:53qu'est-ce qui va
17:53de façon immédiate
17:54satisfaire ou soulager
17:56la population.
17:57Et c'est là
17:58où d'ailleurs,
17:58je reviens sur le plan clim
17:59qui est brandi
18:00comme la carte maîtresse
18:02du RN
18:03pour répondre
18:04à cette canicule.
18:05Il est évident
18:06que si un homme politique
18:08arrivait en disant
18:09« Non, m'attendez,
18:09on va faire un grand plan
18:10d'adaptation
18:11au réchauffement climatique,
18:12peut-être que dans 10 ans
18:13votre logement sera aux normes,
18:15mais en attendant,
18:15pas de clim,
18:16vous allez crever de chaud. »
18:17Évident que les gens
18:18vont se tourner
18:19vers des solutions,
18:20en tout cas,
18:21de plus court terme
18:23et dire
18:24« Il est absolument scandaleux
18:25qu'on ne nous aide pas
18:26à acquérir
18:28des climatisations,
18:29etc. »
18:29Mais c'est vrai que
18:30dans le plan global
18:31du RN,
18:32la clim serait inclue
18:34dans ce qu'ils appellent,
18:35pour l'instant,
18:36il n'y a pas de plan clim budgété.
18:37Quand on interroge
18:38le RN sur ce fameux
18:39plan climatisation,
18:40on est souvent renvoyé
18:41vers le plan 100% Rénov',
18:44qui est une adaptation,
18:45transformation
18:45de MaPrimeRénov'.
18:46Le Rassemblement National
18:47considère que le dispositif
18:49MaPrimeRénov'
18:50est trop compliqué,
18:51et donc le remplace
18:52par ce 100% Rénov',
18:53dans lequel il serait possible
18:55de se faire rembourser
18:58des climatiseurs.
18:59Vous avez compris en quoi
19:00consistait le plan clim
19:01du RN, Renaud,
19:02et est-ce qu'il est crédible ?
19:04Alors, d'abord,
19:05la climatisation est un outil
19:07d'adaptation pour surmonter,
19:09affronter les canicules,
19:09qui est extrêmement utile.
19:10D'ailleurs, ça ne fait plus
19:11vraiment débat
19:12dans le monde politique.
19:13Même Marine Thondelier
19:14considère que ce n'est plus
19:15un tabou,
19:15même les écologistes
19:16y sont ralliés.
19:18Il n'y a guère que
19:18Jean-Luc Blanchon
19:19qui continue de dire
19:20que tout climatiser,
19:21c'est aggraver les dégâts,
19:22ce qui permet d'ailleurs
19:23au passage aussi aux insoumis
19:24d'afficher un peu plus,
19:25une fois de plus,
19:25leur face-à-face
19:26avec le RN.
19:27Ça arrange un petit peu
19:27les deux adversaires politiques.
19:30Le problème,
19:31tout le problème,
19:32enfin le problème est double.
19:33D'abord, c'est le financement
19:34et en l'occurrence,
19:34le mode de financement
19:36évoqué jusqu'à présent
19:37par le Rassemblement National
19:37qui est d'ailleurs fluctuant
19:38est extrêmement,
19:40enfin, à ce stade,
19:41peu crédible.
19:43Le RN envisage 40 millions
19:45de climatiseurs individuels
19:47avec un coût minimal
19:48de l'ordre de 20 milliards
19:50alors qu'a priori,
19:51un certain nombre d'estimation
19:51évoque un coût
19:52qui serait au moins
19:53trois fois supérieur.
19:54De toute façon,
19:54il y a une question
19:55de financement
19:58qui se pose
19:58sans remettre en cause
19:59encore une fois
20:00la nécessité de la clim.
20:01Et puis l'autre problème,
20:02c'est qu'évidemment,
20:02la climatisation,
20:03c'est un outil d'adaptation.
20:04Ce n'est pas du tout
20:04une solution aux effets
20:06du réchauffement climatique.
20:07Et là où il y a
20:08toute l'ambiguïté
20:08du Rassemblement National
20:09et on l'a entendu
20:10dans l'extrait
20:10de Sébastien Chenu à l'instant,
20:12c'est que le RN
20:12reconnaît bien sûr
20:13le réchauffement climatique,
20:14l'existence de ce phénomène.
20:16Il y a encore parfois
20:16un débat au sein du parti
20:18sur la part
20:19de l'activité humaine
20:20dans ce phénomène,
20:22mais en tout cas,
20:23il le reconnaît.
20:24Sauf que,
20:24comme le disait
20:25Sébastien Chenu,
20:26il conteste
20:27ou il débat
20:27en tout cas
20:28des recommandations
20:28du GIEC.
20:29Quelle est la première
20:30recommandation du GIEC ?
20:31C'est de baisser
20:31les émissions de gaz
20:32à effet de serre.
20:33Et quand on regarde,
20:34évidemment,
20:34c'est ça qui est à l'origine
20:35du dérèglement climatique.
20:37Quand on regarde
20:37le programme du Rennes,
20:38il existe le programme du Rennes.
20:39Il peut changer,
20:40ça je vous l'accorde,
20:41il change assez régulièrement
20:42ces derniers temps,
20:42mais entre le moratoire
20:44sur les énergies renouvelables,
20:47la baisse massive
20:48des taxes
20:48sur les carburants,
20:51tout participe.
20:52La suppression
20:52des zones aveugles,
20:53la suppression des ZFE
20:55qui vise à écarter
20:56les véhicules
20:57les plus polluants
20:57des agglomérations,
20:58etc.
20:58Bref,
20:59tout concourt
20:59dans l'état actuel
21:00du programme
21:01à aggraver
21:03notre dépendance
21:03aux énergies fossiles
21:04et donc rien
21:05ne vise à réduire
21:07les émissions
21:07des gaz à effet de serre.
21:09Et ça,
21:09c'est quand même,
21:10on le sait,
21:11la première urgence
21:12quand on veut
21:13essayer
21:14de limiter,
21:15de réduire
21:17le réchauffement climatique.
21:18Merci les informés,
21:20Adrien Brachet,
21:20rédacteur en chef
21:21adjoint du service politique
21:22du Point.
21:23Vous avez la une du Point.
21:24Quand l'Europe croit
21:25enfin en elle.
21:27Merci Aurore Malval,
21:28grand reporter
21:29au service politique
21:30de Marianne
21:30et la une de Marianne.
21:32La une de Marianne,
21:33tout à fait.
21:33C'est 20 politiques français
21:34à la solde de l'étranger.
21:36C'est notre enquête
21:36justement sur les personnes
21:38qui agissent
21:39pour le compte
21:40d'États étrangers.
21:41Merci beaucoup à tous.
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