- il y a 3 mois
Tous les jours, les Informés débattent de l'actualité autour d'Agathe Lambret et de Renaud Dély.
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00:04Bonjour et bienvenue dans les informés, votre rendez-vous de décryptage de l'actualité jusqu'à 9h30.
00:09Bonjour Renaud Delis.
00:10Bonjour Agathe.
00:11Au sommaire aujourd'hui, après l'accord Iran-Etats-Unis, comment sécuriser le détroit d'Hormuz ?
00:16A quand le retour à la normale des prix du carburant ?
00:20Et puis au moment où se tient le G7, comment gérer un dirigeant aussi erratique que Donald Trump,
00:27ces foucades, ces revirements, ce sont les questions que l'on se pose avec nos informés ce matin.
00:33François-Xavier Bourmeau, journaliste à l'Opinion. Bonjour François-Xavier.
00:36Bonjour Agathe.
00:37Alexandra Saviana, rédactrice en chef adjointe Société à l'Express. Bonjour Alexandra.
00:41Bonjour Agathe.
00:41Fanny Guinochet, éditorialiste Économie à France Info. Bonjour Fanny.
00:45Bonjour.
00:45On commence donc Renaud avec cette première question.
00:48Quel avenir pour le détroit d'Hormuz ? A quand un retour à la normale ?
00:51Un sujet qui s'impose dans le cadre du G7 réuni actuellement à Evian,
00:55qui est réuni au lendemain de cet accord entre les Etats-Unis et l'Iran,
00:58qui a été signé électroniquement, cet accord, avant de l'être normalement, physiquement, vendredi à Genève.
01:04Ce sujet de la réouverture du détroit d'Hormuz et de sa sécurisation,
01:08et donc au premier plan des rencontres qui ont commencé,
01:13Emmanuel Macron a d'ailleurs expliqué que la France était présente militairement dans la région,
01:18on le sait, et donc qu'elle était en mesure d'aider à sécuriser la réouverture de ce détroit stratégique,
01:25évidemment, pour le commerce du pétrole, que la France pouvait intervenir très rapidement.
01:31Voici ce qu'a dit le chef de l'État. C'était hier midi chez nos confrères d'OTF.
01:34On est prêts à agir très vite. Pour faire quoi ? Envoyer des avions, envoyer une frégate, envoyer des démineurs,
01:40et nous, nous avons aussi notre porte-avions, le Charles de Gaulle, avec tout ce qui l'entoure,
01:46et qui peut être déployé dans les 2-3 jours qui suivront la confirmation.
01:50Jusqu'à présent, Donald Trump était plutôt allant à l'idée que d'autres pays viennent en aide aux Etats
01:55-Unis,
01:55et puis finalement, hier, un changement de ton à son arrivée justement à l'évion,
01:59Donald Trump a remercié Emmanuel Macron, mais en fait, ce n'est pas la peine,
02:02pas forcément besoin d'un coup de main, le Donald Trump.
02:05Je ne pense pas que nous aurons besoin de beaucoup d'aide,
02:09parce que nous avons un accord qui prévoit la réouverture du détroit, sans péage.
02:13Nous avons eu une petite discussion à ce sujet.
02:15C'est sans péage, donc je ne pense pas que nous aurons besoin de beaucoup d'aide.
02:18Mais ce n'est pas une mauvaise idée d'avoir un ou deux navires de certains pays.
02:22Votre pays serait très bien pour ça, parce qu'on ne sait jamais ce qui peut arriver.
02:25Mais je pense que ce sera ouvert, et que les navires pourront circuler librement.
02:30Bon, souvent, Donald Trump varie, bien folle qui s'y fie.
02:33En tout cas, comment sécuriser le détroit d'Armousse,
02:37qui devrait être rouvert vendredi, après la signature en physique de cet accord entre les Etats-Unis et l'Iran
02:43?
02:44Est-ce que la France peut y participer ou pas ? Quelles seront les mesures à prendre ?
02:46Et puis, au-delà, justement, quel sera l'impact de cette réouverture sur l'évolution du prix du baril du
02:52pétrole,
02:52qui a déjà commencé à baisser, autour de 80 dollars le baril,
02:56et donc derrière, sur l'évolution des prix des carburants.
02:59Après avoir réclamé l'aide des Européens, Donald Trump, aujourd'hui, fait un peu la fine bouche.
03:04Alexandra Saviana, il n'est pas sûr d'avoir besoin d'aide, finalement.
03:07Comment ça va se passer ? Est-ce qu'il peut vraiment faire sans, les Européens, pour ouvrir ce détroit
03:11?
03:11En réalité, ça va être compliqué.
03:14Donc bon, on connaît Donald Trump, il veut la victoire pour lui tout seul, en réalité.
03:18Donc après avoir passé des semaines à demander à ses alliés de l'OTAN,
03:21et voir remis en question même l'existence de l'OTAN si les Européens ne l'aidaient pas,
03:26aujourd'hui, il refuse.
03:27Mais si jamais il veut rétablir le trafic de manière progressive,
03:30ça se fera lentement, à des niveaux similaires à ceux avant la guerre,
03:35il va falloir qu'il ait l'aide, notamment pour le déminage,
03:38notamment pour que les pétroliers puissent passer correctement à travers le détroit d'Hormuz.
03:44Pour ça, il a besoin des compétences européennes, c'est-à-dire des compétences françaises,
03:47mais aussi des compétences de pays plus petits, comme l'Estonie,
03:51qui sont très très forts, les soldats estoniens, pour le déminage, par exemple.
03:55La France prévoit de déployer, donc le Charles de Gaulle, on l'a entendu dans le son du président,
03:59mais aussi des frégates, des chasseurs pour surveiller la zone et la sécuriser,
04:04et aussi des hélicoptères Tigre qui vont partir des bases françaises à Djibouti
04:09ou des Émirats Arabes Unis s'ils sont déployés.
04:11Donc la France peut déployer de manière extrêmement rapide ces moyens-là.
04:16La France est assistée aussi des Pays-Bas et l'Italie qui ont déployé des bâtiments dans la zone
04:21et des Britanniques qui, eux, sont plus en difficulté,
04:24parce que, par exemple, ils ont une flotte de 7 des mineurs,
04:26il y en a 4 qui sont à la cale et 3 qui sont là juste pour aider les eaux
04:31britanniques.
04:31Donc, en fait, les Européens sont partagés entre la nécessité de montrer
04:35qu'ils sont capables d'assurer une mission qui est, je rappelle, strictement défensive
04:38et aussi leurs propres moyens.
04:41Pour ça, la France est vraiment l'acteur principal de cette mission
04:46et c'est aussi une manière pour Paris, pour Londres, pour les Européens
04:49de montrer qu'ils peuvent peser sur un accord entre les États-Unis et l'Iran
04:53dont ils ont été jusqu'à aujourd'hui largement exclus.
04:56Et Fanny Guinochet, une fois que cette machine se mettra en route,
05:01qu'est-ce qu'il faut attendre comme conséquence concrète en France sur les prix à la pompe ?
05:06Est-ce que déjà, il y a du mieux depuis qu'il y a cet accord cadre signé ?
05:10On le voit, il y a du mieux.
05:11Mais il y avait déjà un petit peu de mieux avant sur les tarifs à la pompe
05:14parce que les marchés qui négocient le cours du baril de pétrole
05:19anticipaient cet accord.
05:20On en parlait, tout le monde se disait que ça allait arriver.
05:24Les cours du pétrole avaient déjà commencé à refluer.
05:28C'est pour ça qu'on voit la baisse assez rapide
05:30puisqu'aujourd'hui, le gazole est passé en dessous des 2 euros le litre,
05:37chose qu'on n'a pas vue depuis avant la crise.
05:40Donc il y a déjà cette anticipation-là qui se fait.
05:43On le voit très concrètement.
05:44Et plus ce détroit va être rouvert,
05:48les tanqueurs vont recommencer à circuler.
05:50Alors il faut un petit peu de temps,
05:51il faut une vingtaine de jours pour que ça arrive.
05:54Mais quand même, on peut espérer des prix qui vraiment baissent pour cet été,
05:59ce qui est une bonne nouvelle pour l'automobiliste français.
06:03Même si, petit bémol,
06:04on sait qu'il y a quand même un certain nombre d'infrastructures
06:07et notamment de raffineries qui, dans la zone, ont été endommagées.
06:12Donc il va falloir les réparer.
06:14Donc on ne va pas retrouver les capacités qu'il y avait avant la crise.
06:18Mais en tout cas, ça sera une nette détente.
06:22Renan ?
06:23Oui, ce qui fait qu'une nette détente,
06:25je suis d'accord avec ce que vient de dire Fanny Gnocher, bien sûr.
06:27Ça a commencé, on est à peu près à 80 dollars le baril.
06:30Mais pour autant, les spécialistes du marché n'anticipent pas un retour
06:33au niveau antérieur à la crise dans l'immédiat,
06:38à cause de la destruction d'un certain nombre d'infrastructures de raffinage.
06:40Avant la crise, on était à 60 dollars le baril,
06:43avant l'éclenchement de la guerre.
06:45Là, ils ont plutôt une stabilisation autour de 75 dollars le baril,
06:50y compris dans le courant de l'année 2027.
06:53Ça veut dire que les prix baissent déjà de façon nette,
06:55mais on n'aura pas de retour à la normale,
06:58à la situation antérieure plutôt dans l'immédiat.
07:01En tout cas, c'est une bonne nouvelle pour le gouvernement,
07:03François-Xavier Bourmeau,
07:04parce qu'il y a des échéances importantes.
07:07Ça redonne aussi un peu d'air au gouvernement en vue du budget ?
07:10Oui, alors à l'autre bout du spectre, effectivement,
07:13ça éclaircit un peu l'horizon de Sébastien Lecornu,
07:17qui est en pleine préparation du budget,
07:18où il se rend compte que les contraintes sont telles
07:20que ça va être un budget intenable,
07:21d'autant plus qu'il se déroule sur fonds de préparation,
07:24de pré-campagne présidentielle.
07:26La baisse des prix à la pompe, effectivement,
07:28déjà, ça allège la pression qui n'était pas si forte que ça,
07:31mais qui existait quand même des consommateurs sur l'exécutif
07:34pour obtenir des aides, des aides qui avaient été ciblées et distribuées.
07:37Il les maintient, mais mine de rien, les demandes d'aide vont un peu baisser.
07:42Il les maintient jusqu'à fin août pour l'instant.
07:43Voilà, et si les perspectives de croissance s'améliorent un peu
07:46avec la réouverture du détroit d'Hormuz
07:48et, disons, la libération de l'économie mondiale,
07:53à un moment, les perspectives de croissance,
07:55comme le disait Patrick Martin, peuvent remonter
07:57et alléger un petit peu la tâche,
08:00sur le budget, même si elle demeure extrêmement contrainte.
08:03Difficile. Alexandra Saviana, vous voulez y réagir ?
08:05C'est d'autant plus difficile à prévoir
08:07qu'on ne sait pas aussi si la situation va durer telle qu'elle est aujourd'hui,
08:11si l'accord va être respecté.
08:12Il y a trois grosses inconnues qui vont peser
08:15sur l'économie mondiale et sur la situation en général.
08:18C'est déjà, est-ce que ce deal entre les Etats-Unis et l'Iran
08:22sera mené à son terme, étant donné qu'on voit
08:24que d'autres pays dans la région, comme Israël,
08:26au premier rang desquels Israël, en fait,
08:28sont extrêmement sceptiques.
08:29Et ensuite, il y a, est-ce qu'il y aura ou non
08:31le fameux péage dont Donald Trump assure ?
08:35Donald Trump dit que non, l'Iran dit que oui.
08:37Alors, l'Iran dit que ce n'est pas un péage,
08:39c'est une aide, justement, logistique.
08:41Il l'appelle autrement.
08:42Pour un service.
08:43Donc, ça, même si le deal est signé,
08:46il risque d'y avoir un impact
08:47si, effectivement, il y a un péage
08:49qui est en plus ajouté lors de ce que
08:51les tankers traversent la zone.
08:53Et ensuite, troisième incertitude,
08:55ça va être, sur le plus long terme,
08:56quelle sera la conséquence dans tous les pays
08:59qui ont des détroits ?
09:00Est-ce qu'on ne va pas avoir des zones économiques
09:02qui vont être tentées, justement,
09:04des puissances qui vont vouloir actionner
09:06les dépendances et donc faire payer,
09:08comme l'Iran, pour avoir un passage
09:11sur leur détroit, par exemple.
09:12Et donc, ça, c'est une inconnue
09:13qui risque de peser sur le très long terme
09:15sur l'économie mondiale.
09:16D'où la recherche aussi d'alternatives
09:19pour ne pas dépendre uniquement
09:20de ce détroit d'Ormousse.
09:21Dans un instant, on va se demander
09:23si Donald Trump est un boulet
09:24pour le commerce mondial en plein G7
09:27et puis comment gérer ce président américain.
09:29Mais pour l'instant, il est 9h16
09:30et c'est l'Info en une minute
09:32avec Antoine Joffin.
09:34Accord Iran-États-Unis.
09:36Le sérieux et la raison sont en train
09:38de l'emporter, réagit ce matin Patrick Martin,
09:40le président du Medef, invité du 830 France Info.
09:43L'accord doit être signé vendredi à Genève,
09:46en Suisse, et le détroit d'Ormousse
09:47rouvrir dans la foulée, promet Donald Trump.
09:50À la pompe, les prix doivent baisser
09:51aussi rapidement qu'ils ont augmenté,
09:54prévient le ministre des Comptes publics.
09:57655 millions d'euros de plus investis
09:59dans l'intelligence artificielle en France,
10:00annonce ce matin du Premier ministre
10:02qui souhaite renforcer l'indépendance du pays.
10:05Réaction quelques jours après cet ordre
10:06de Donald Trump donné à la start-up américaine
10:08Anthropique de couper l'accès
10:10à deux de ses modèles de calcul
10:11les plus puissants.
10:13Volodymyr Zelensky reçu ce matin
10:15à Evian par Emmanuel Macron
10:17pour la suite du G7.
10:18Le président ukrainien n'a pas de tête-à-tête
10:20prévu avec son homologue américain.
10:22Deux départements en vigilance orange,
10:25feu de forêt aujourd'hui,
10:27eau des Pyrénées-Orientales.
10:28Et puis ce soir, c'est match France-Sénégal,
10:31début de la Coupe du Monde de foot
10:32pour les Bleus,
10:32que l'on voit 21h au MetLife Stadium
10:35près de New York.
10:36C'était à suivre.
10:36Bien sûr, sur France Info.
10:38France Info.
10:42Les informés, Renaud Delis, Agathe Lambret.
10:48Les informés avec Alexandra Saviana,
10:50rédactrice en chef adjointe à L'Express,
10:52François-Xavier Bourmeau,
10:53journaliste à L'Opinion,
10:54et Fanny Guinochet,
10:55notre éditorialiste économie à France Info.
10:59Renaud, cette question,
11:00Donald Trump est-il un boulet
11:01pour le commerce international ?
11:03Alors que justement,
11:04cet accord que nous évoquions
11:05entre les États-Unis et l'Iran
11:06redonne un peu des perspectives,
11:08une bouffée d'oxygène à l'économie mondiale,
11:10c'est vrai que, de son côté,
11:12le président américain continue
11:13de souffler le chaud et le froid,
11:15et notamment de menacer
11:15de nouveaux droits de douane,
11:17en particulier la France
11:18et le vin français.
11:19dans ce contexte,
11:21est-ce que l'économie mondiale
11:23peut repartir au regard,
11:24justement,
11:25au lendemain de cet accord ?
11:27Patrick Martin,
11:28qui était votre invité
11:29il y a quelques minutes,
11:30le président du MEDEF,
11:31était plutôt optimiste.
11:34Cette situation très anxiogène
11:35et puis objectivement très impactante
11:37pesait immanquablement
11:38sur la croissance française,
11:40donc sur l'emploi,
11:41sur l'investissement,
11:42sur le moral des troupes,
11:42je veux dire,
11:43les entrepreneurs et les ménages,
11:44donc c'est une bonne nouvelle.
11:46Alors évidemment,
11:46on a des Iraniens
11:47qui sont très résilients
11:49et assez retorts,
11:50et puis un président Trump
11:51qui, effectivement,
11:53peut changer d'avis
11:54assez régulièrement.
11:55Mais je crois que,
11:57comment dire,
11:57le sérieux et la raison
11:58sont en train de l'emporter.
11:59Bref, une situation
12:01plutôt optimiste,
12:02mais fragile,
12:04comme le dit Patrick Martin.
12:05Reste que le spectre
12:07d'un choc énergétique
12:08de la même ampleur
12:09que celui de 2022,
12:10au moment du début
12:10de la guerre en Ukraine,
12:11semble s'éloigner.
12:13Toutefois,
12:14la BCE estime quand même
12:16que l'impact de cette guerre
12:17sur la croissance
12:18sera de l'ordre de 0,4 points
12:20sur la zone euro.
12:21Elle anticipe une croissance
12:22à 0,8% en zone euro
12:24en 2026,
12:26au lieu de 1,2%
12:27qui était prévu
12:28en décembre dernier.
12:29Et puis reste l'inconnu
12:30Donald Trump,
12:31et en particulier
12:33cette arme
12:33des droits de douane
12:34et de la guerre tarifaire
12:35que le président américain
12:37aime à agiter
12:38comme une menace.
12:38En l'occurrence,
12:39lors de ce sommet
12:40sur les 20 Français,
12:41il exige que la France
12:42supprime sa taxe
12:43sur les géants du numérique.
12:45Sinon,
12:45il taxera les 20 Français
12:46de l'ordre de 100%,
12:48dit-il.
12:48Nouvelle menace de Donald Trump.
12:50On ne sait pas si c'est lié,
12:51mais hier,
12:51François-Xavier Bourmeau,
12:53quand Donald Trump
12:53est arrivé à saluer le président,
12:55certains ont remarqué
12:56qu'il était un peu crispé,
12:57que ça avait l'air un peu tendu.
12:58Vous signez justement
12:59un papier dans l'opinion
13:01aujourd'hui
13:01sur la relation
13:02entre Donald Trump
13:03et Emmanuel Macron.
13:04Comment on gère
13:06un tel président ?
13:07Comment Emmanuel Macron
13:08va le gérer ?
13:09Il faut noter pour commencer
13:10que sur la menace
13:11de Donald Trump
13:12d'imposer des droits de douane
13:13de 100%
13:13sur les 20 spirituels français,
13:15il y a du mieux
13:16parce qu'il y a un mois
13:16au début de l'année
13:182026 à Davos,
13:19c'était 200%
13:20après qu'Emmanuel Macron
13:22ait refusé de rejoindre
13:23son Conseil de la paix.
13:24Vous voulez dire
13:24qu'il a mis de l'eau
13:25dans son vent ?
13:25Voilà, exactement.
13:28Là, en fait,
13:29on est dans le cadre
13:30de la relation
13:31combattie
13:31Emmanuel Macron
13:32et Donald Trump
13:33depuis qu'ils se connaissent,
13:33c'est-à-dire en 2017.
13:35Emmanuel Macron sait
13:35comment il fonctionne.
13:36Donald Trump sait
13:36comment fonctionne Emmanuel Macron.
13:39Il a compris très tôt
13:40en réalité,
13:41Emmanuel Macron,
13:41quand il s'est rendu
13:42pour sa première visite d'État
13:43aux États-Unis
13:44en 2018,
13:46Donald Trump lui reprochait
13:47l'interdiction
13:49faite aux poulets chlorés
13:51d'entrer sur le territoire européen
13:52qui était une interdiction
13:54qui existait
13:54depuis 1997.
13:56Emmanuel Macron
13:56lui a fait tout un exposé
13:58qui, d'après les personnes
13:59qui ont pu y assister,
14:00était technique,
14:02brillant, informé,
14:03il maîtrisait son sujet,
14:05pensant qu'une argumentation
14:07sérieuse et solide
14:08pouvait convaincre
14:10Donald Trump.
14:11À ce moment-là,
14:11Donald Trump s'est levé
14:12son imposante carcasse
14:14au-dessus du bureau
14:14a regardé Emmanuel Macron
14:15et lui a dit
14:16écoute,
14:17je mange du poulets chloré
14:18depuis que j'ai 5 ans,
14:19regarde-moi,
14:19regarde-toi.
14:20Donc, il a compris à ce moment-là
14:22qu'il fallait instaurer
14:23une autre sorte de relation.
14:23La rationalité,
14:24ça ne fonctionne pas
14:25avec Donald Trump.
14:25La rationalité,
14:26ça ne fonctionne pas.
14:27Ça fonctionne beaucoup
14:28à l'affectif
14:29et surtout au rapport de force.
14:31Il y a deux choses
14:32qu'il ne faut pas faire
14:32avec Donald Trump.
14:33La première,
14:34c'est lui donner des conseils
14:36pour diriger son pays.
14:37Et la deuxième,
14:39enfin,
14:40qu'il faut faire,
14:40c'est le flatter.
14:41Voilà.
14:42C'est ce qu'a fait Emmanuel Macron
14:43quand il l'a reçu
14:44pour la première fois
14:45en France
14:45dans une visite d'État,
14:46dans une visite
14:47qui ressemble étrangement
14:48à celle qui est prévue
14:48à Versailles d'ailleurs.
14:49Il y avait eu
14:51une sorte de triptyque,
14:52dîner à la tour Eiffel,
14:53visite du tombeau de Napoléon
14:54et puis place d'honneur
14:55au défilé du 14 juillet.
14:57Là, à Versailles,
14:58donc,
14:58il y a dîner,
14:59pas de gala,
15:00disons dîner d'État
15:02à Versailles,
15:03visite du château
15:04et feu d'artifice
15:05dans le parc du château.
15:06Il y a...
15:10Il manque juste
15:11la boucle,
15:12mettre en valeur
15:13Donald Trump
15:14et le flatter.
15:15Et est-ce que,
15:17effectivement,
15:17Donald Trump,
15:18demain soir,
15:19dînait avec
15:19de grands fastes
15:21à Versailles
15:22et pourtant,
15:23est-ce que Donald Trump
15:24est un boulet
15:25pour le commerce international,
15:27Alexandra Saviana ?
15:28Une chose est sûre,
15:29c'est que c'est un...
15:30Déjà, c'est un boulet
15:31pour sa propre économie.
15:32On le voit avec
15:33les prix,
15:34l'inflation,
15:35enfin,
15:35les taux d'inflation
15:36qui augmentent
15:37aux États-Unis
15:37de manière assez impressionnante
15:39où Donald Trump
15:41a l'air,
15:41il l'a dit,
15:42je cite,
15:42de s'en moquer
15:43de l'inflation
15:44de ses propres consommateurs
15:45et son imprévisibilité
15:48fait que,
15:48effectivement,
15:49les marchés
15:50ne savent plus
15:51à qui se fier
15:52parce que
15:53Donald Trump
15:54a aussi institué
15:55un principe
15:56qui est
15:56le principe
15:58Donald Trump-TACO,
15:58Trump always chickens out.
16:00Donc, il fait des...
16:01C'est acronyme TACO
16:02sur les réseaux sociaux
16:03pour se moquer du président,
16:04en fait.
16:05Exactement.
16:05Et d'ailleurs,
16:05on l'a déjà vu
16:06avec, vous évoquiez
16:07le cas des vins taxés
16:09à 200%.
16:09Finalement,
16:10ça ne s'est pas fait.
16:11Là, maintenant,
16:11il menace encore une fois
16:12les vins à 100%.
16:14Donc, on est sur un président
16:16qui toujours assène
16:19des menaces
16:20qui ne sont pas toujours
16:20suivis des faits
16:22ou alors
16:22qui s'engage
16:23dans des négociations
16:24sans fin
16:25avec certains pays,
16:26je pense notamment
16:27à la Chine,
16:28qui fait que ça plonge
16:29globalement
16:29les observateurs
16:30dans l'incertitude.
16:31Et tous les autres dirigeants
16:33du G7,
16:35Fanny Guinochet,
16:36sont tournés vers
16:37les humeurs
16:38de Donald Trump,
16:39en fait.
16:39C'est ça qui dirige
16:40maintenant...
16:41Malheureusement,
16:41ça reste la première
16:42puissance économique mondiale.
16:44C'est difficile quand même
16:45de faire sans les États-Unis.
16:47Et ça rebat les cartes,
16:48effectivement,
16:49puisque c'était l'allié,
16:52le partenaire de l'Europe,
16:53le premier partenaire de l'Europe.
16:55Et aujourd'hui,
16:56vous voyez bien
16:56sur cette...
16:57C'est très symptomatique
16:58cette histoire
16:59des droits de douane
17:00sur les vins espiritueux.
17:01C'est vraiment une filière
17:02qui, aujourd'hui,
17:03compte énormément
17:03pour la France.
17:04Donc, c'est pas innocent
17:06si Donald Trump choisit
17:09précisément cette filière-là
17:10qu'il menace de taxer.
17:11C'est vraiment
17:12une attaque frontale
17:14contre...
17:14C'est le premier marché
17:15à l'étranger
17:15pour les vins espiritueux.
17:16Ce sont les États-Unis.
17:17Et, bon,
17:19on peut se dire
17:19qu'ils bluffent.
17:21Mais des droits de douane,
17:22il en a instauré
17:23sur les vins espiritueux.
17:24Et ça a fait perdre
17:25des millions d'euros
17:26à la filière.
17:27Donc, c'est vrai
17:28qu'on peut comprendre
17:29la fébrilité.
17:31ça fait surtout peser...
17:35Ça rebat vraiment les cartes
17:36parce qu'aujourd'hui,
17:37la parole
17:38de la première puissance économique
17:40n'est plus crédible.
17:41On n'arrive plus.
17:43d'ailleurs,
17:44les acteurs économiques
17:45font avec beaucoup plus
17:47de recul
17:47qu'auparavant.
17:48Ils se tournent un peu plus
17:49vers la Chine.
17:50Ça rebat aussi les cartes
17:51dans les grands axes
17:52entre l'Europe
17:53et la Chine.
17:55Et ça,
17:56c'est très, très compliqué.
17:57Et ça pèse
17:58sur la croissance mondiale.
17:59Ce qui illustre justement
18:01cette gestion difficile
18:02du cas de Donald Trump,
18:03c'est quand même,
18:03il faut se souvenir
18:04que l'année dernière,
18:04il a claqué la porte
18:05du G7 au Canada
18:06en plein sommeil.
18:07Il est parti bien avant la fin.
18:08Et on voit qu'il y a,
18:09là, du côté français,
18:12parmi les impératifs
18:13ou les objectifs,
18:14celui de s'assurer
18:16qu'il reste jusqu'au bout.
18:17D'où aussi
18:19ce dîner au château de Versailles
18:20qui a été savamment placé
18:24mercredi soir.
18:25Notamment dans ce but-là.
18:26Ensuite, c'est vrai que
18:27Donald Trump fait peser
18:29une menace sur le commerce mondial
18:30et qu'il est déjà passé à l'acte.
18:31Et en même temps,
18:32il faut toujours,
18:33dans l'analyse du trumpisme,
18:35distinguer ce qui relève
18:36du show, du spectacle,
18:37de ce qui vise justement
18:38à occuper les journalistes,
18:40notamment,
18:40c'est-à-dire à faire le récit,
18:41à faire la chronique,
18:42etc.,
18:42de la réalité.
18:43C'est-à-dire que la guerre tarifaire
18:44battait son plein il y a un an,
18:45justement,
18:45lors du précédent G7.
18:46Elle a laissé des traces, certes,
18:48mais il a aussi reculé
18:49sur bien des points,
18:50notamment pour une raison,
18:51c'est que Donald Trump
18:53a quand même
18:55une contrainte
18:55en tête permanente.
18:56C'est-à-dire que
18:57c'est son électorat
18:57et ce sont en l'occurrence
18:58les élections de mid-term,
18:59c'est à la fin de l'année.
19:00Il n'est pas totalement,
19:01il n'agit pas de façon
19:02totalement hors-sol.
19:03Je veux dire que ça,
19:04ça contribue quand même
19:05et y compris,
19:06ça explique aussi
19:06en grande partie
19:08pourquoi est-ce que
19:09le président américain
19:09voulait absolument
19:10sortir rapidement
19:11de ce conflit,
19:12contrairement, par exemple,
19:13à son allié
19:13Benyamin Netanyahou.
19:14L'autre contrainte
19:15qu'il a, très rapidement,
19:16c'est la contrainte
19:17des marchés.
19:17Les rares fois
19:18où Donald Trump
19:19a reculé
19:20sur ses menaces
19:22de droits de douane,
19:23ce sont quand il a vu
19:25que les bourses
19:26flanchaient.
19:27Alexandra, ça vient là ?
19:29Et justement,
19:31sur l'élection
19:32de Muanda,
19:32la grosse question aussi,
19:33c'est qu'il y a
19:34certains stratèges
19:34américains républicains
19:36qui se demandent
19:37s'ils ne le font pas
19:38exprès de perdre
19:39aujourd'hui,
19:40de perdre notamment
19:41le Congrès
19:42parce qu'il y a un vrai risque
19:43de voir le Sénat
19:43et de le passer aux démocrates.
19:45Pourquoi ?
19:45Parce que Donald Trump
19:46est toujours meilleur
19:46quand il joue en défense
19:47et quand il accuse
19:48ses adversaires
19:50de vouloir paralyser le pays.
19:52Donc peut-être
19:52que c'est un jeu
19:53de billard à trois bandes
19:54et que Donald Trump
19:55est un stratège
19:56qu'on ne soupçonne pas.
19:57Sauf que si jamais il perd,
19:58il dirait qu'il a gagné.
19:59Évidemment, forcément,
20:00parce qu'il ne reconnaît jamais
20:00le fait qu'il ait perdu.
20:01Ça, ça fait partie
20:02de la stratégie.
20:04François-Xavier Bourbon ?
20:05Oui, et puis,
20:06Donald Trump, en réalité,
20:07n'est pas si imprévisible
20:08que ça,
20:09parce que sa méthode
20:09est connue.
20:10quand il menace
20:12d'imposer des droits de douane
20:13de 100% sur les vins
20:14et spiritueux,
20:15ça ressemble aussi
20:16aux menaces répétées
20:17sur l'Iran
20:18disant qu'il allait
20:19bombarder le pays.
20:20Ce qu'il cherche
20:21derrière avec ces menaces,
20:23c'est à obtenir un accord.
20:24C'est l'art du dit,
20:25le fameux livre
20:26qu'il a écrit
20:27et sur lequel il s'appuie
20:28toujours pour établir
20:30des rapports de force
20:31avec ses partenaires
20:32ou adversaires.
20:33François-Xavier Bourbon,
20:34vous gardez la parole
20:35pour la une de l'opinion
20:37avec un super dessin
20:39très explicite.
20:40De CAC, voilà,
20:40qui raconte bien
20:42où on en est,
20:42Trump et l'Iran,
20:43un accord faute de mieux.
20:45Et avec ce dessin
20:47de Donald Trump
20:48avec deux cibles
20:49pour montrer
20:50qu'il a un peu raté
20:51ses objectifs en Iran.
20:52Il a révisé son objectif.
20:53Il a visé sur la cible
20:54d'à côté.
20:55Merci François-Xavier,
20:56merci Alexandra Saviana,
20:57rédactrice en chef
20:58adjointe Société Aliexpress.
21:00Vous avez la une de l'Express.
21:01Oui,
21:02Intelligence artificielle,
21:03la nouvelle grande peur,
21:04pourquoi la fronde monte ?
21:05Avec cette annonce
21:06du Premier ministre aujourd'hui,
21:08650 millions d'euros
21:09supplémentaires.
21:10Merci Fanny Guinochet,
21:11notre éditorialiste France Info.
21:12Merci Renaud.
21:13Merci Agathe.
21:14Les informés reviennent
21:15ce soir à 20h
21:16avec Victor Mathé.
21:17Merci à mes Tipeurs et sous-titrage Société Aliexpress.
21:20Merci à mes Tipeurs et sous-titrage Société Aliexpress.
21:20Merci à mes Tipeurs et sous-titrage Société Aliexpress.
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