00:00Que voit-on au cinéma cette semaine ?
00:01Eh bien, ni plus ni moins que la Palme d'Or 2026.
00:04On va vous parler de Fjord de Christiane Mungio.
00:30Si il y a quelque chose d'accompagnement.
01:00Les pointes de la protection de l'enfance.
01:03Ou les châtiments corporels, quels qu'ils soient,
01:05ont été bannis en 1987.
01:07Je comprends que Marie ait pu être choquée,
01:10voire agressée par le film.
01:12Ce n'est pas un film très aimable.
01:13C'est rarement des films très aimables d'ailleurs,
01:15le cinéma de Christiane Mungio.
01:17Je suis même prêt à admettre qu'il est assez manipulateur.
01:19Mais pour moi, pour la bonne cause.
01:21La manipulation, elle passe par quoi ?
01:22Elle passe déjà par le choix de deux stars
01:25pour incarner les deux personnages
01:26sur lesquels vont reposer les soupçons.
01:28Sébastien Stan, là, il est absolument méconnaissable.
01:31Mais il est formidable.
01:31Parce que, comme tout acteur,
01:33il essaie de sauver son personnage,
01:34mais il ne cache pas non plus les côtés un petit peu inquiétants
01:37du personnage de Mirai,
01:38qui effectivement est un père, on va dire, à l'ancienne.
01:41On peut tout à fait imaginer qu'il a pu donner
01:43à minima quelques gifles à ses enfants, sinon plus.
01:46L'autre star du film, c'est Renate Renve,
01:49qui est vraiment la grande actrice norvégienne.
01:51Une actrice qui amène énormément d'intensité,
01:53énormément d'émotion à ses rôles.
01:56Et là, il y a de quoi faire,
01:57puisque c'est quand même une mère de cinq enfants,
01:59dont un bébé, à qui on retire la garde.
02:02Voilà.
02:02Et elle joue ça vraiment avec beaucoup,
02:04beaucoup d'émotions très, très communicatives.
02:06Donc ça, c'est assez malin d'avoir choisi ces deux acteurs-là
02:09pour nous faire partager leur désarroi.
02:12Et puis, c'est un film qui nous amène à penser contre nous-mêmes.
02:14Alors oui, effectivement, c'est un film qui dénonce
02:16ce qu'on pourrait appeler la tyrannie du progressisme.
02:18C'est pour dire qu'armer des meilleures intentions morales qu'on puisse avoir,
02:22on peut parfois mal agir.
02:23Et c'est ce que semble dire le film sur l'action de l'aide sociale à l'enfance en
02:27Norvège,
02:28qui a une vision, on va dire, extrêmement rigoriste de sa mission.
02:33Dès qu'on a relancé la procédure, on ne peut plus l'arrêter,
02:35quels que soient les abus de cette procédure.
02:38Alors le film peut être parfois un peu sévère envers eux.
02:40C'est vrai qu'il y a notamment un personnage de responsable d'aide sociale à l'enfance.
02:44Il ne lui manque plus que l'uniforme nazi.
02:47Elle serait bonne pour jouer dans un film sur la seconde guerre mondiale.
02:49Samuel parlait à juste titre de l'émotion suscitée par les stars.
02:55Et en fait, il y a là vraiment, c'est là où je pense que le film crie vraiment
03:00sans arrêt de quel côté il est.
03:01Et il est vraiment du côté de la famille chrétienne,
03:04qui est une famille martyr au pays de ces salauds de wokistes,
03:09qui sont eux montrés alors vraiment comme les derniers des derniers.
03:13Notamment Gunda, le personnage de la chef de la protection de l'enfance.
03:17En plus, elle n'a même pas de gosse de quoi elle se mêle.
03:20Et qui parle comme un robot, a des réactions mais vraiment d'une cruauté.
03:25Enfin vraiment, elle est épouvantable.
03:28A l'inverse, même si ce n'est pas dit dans les dialogues, l'image parle.
03:33Il y a beaucoup de plans fixes, mais pas que.
03:35Mais en tout cas, c'est des plans séquences.
03:37C'est-à-dire, on vous dit, regardez, je vous ai fait la scène en plans séquences,
03:40il n'y a pas de manip.
03:40Tout est là, tout est à l'image, etc.
03:43Mais mon gars, tu as des cadres.
03:44Et dans tes cadres, il y a de la manipulation, en veux-tu, en voilà.
03:48Parce qu'on est où quand on vient leur arracher leur bébé ?
03:50On est sur l'épaule du père qui réprime un sanglot,
03:54comme ça, mais de dos parce que c'est pudique.
03:56On est où une fois qu'on leur a pris leur bébé ?
03:59On est dans le dos de la mère.
04:00Le père, là encore, il doit penser que pleurer.
04:01Voir les gens pleurer de dos, c'est plus pudique.
04:03On est dans le dos de la mère à côté d'un berceau vide.
04:06Évidemment qu'on n'est pas des chiens.
04:08Évidemment qu'on vit le martyr de cette famille de leur côté constamment.
04:13Et qu'à l'inverse, vraiment, les Norvégiens sont montrés comme un ramassis de gens sans cœur, etc.
04:22Et j'en veux pour preuve.
04:23I rest my case, votre honneur.
04:25J'en veux pour preuve une scène de tribunal qui est une petite scène comme ça en passant.
04:29où on comprend qu'au-delà des fessées qui auraient été données aux enfants et qui sont reconnues par le
04:35père,
04:36on comprend qu'il y a quand même une question du bourrage de crâne, de l'endoctrinement de ces enfants
04:41qui, du coup, sont homophobes, intolérants, etc.
04:45Pas du tout en osmose avec les valeurs norvégiennes.
04:50Et donc, à un moment, on dit qu'il y avait en CE2 une gamine qui disait « moi, je
04:56suis lesbienne »
04:57et la petite fille de la famille a dit « tu brûleras en enfer », ce qui est toujours assez
05:01sympa.
05:02Sans doute, ce qui tracasse Moonview à cet endroit, c'est que oui, en CE2, on peut parler du genre
05:09ou de l'orientation sexuelle,
05:11mais en Norvège, on ne peut pas parler de sa foi, etc.
05:15Et donc, ce relativisme vraiment pénible qui serait de mettre sur le même plan quelqu'un qui dit « je
05:21suis homosexuel »
05:21et quelqu'un qui dit « tu brûleras en enfer », le film le prend complètement à son compte.
05:25Donc, à la fois, on se demande sans arrêt où est-il ce Moonview ? Qu'est-ce qu'il
05:29pense ? De quel côté est-il ?
05:31Et en fait, il a beau croire que non, ça transpire de chaque plan de son film.
05:36Moi, je persiste, moi aussi, à dire que le film est assez équilibré malgré tout.
05:41C'est un film qui vise vraiment à déranger, je pense, et à faire penser contre soi.
05:45Et voilà, donc moi, j'ai été très stimulé par ce film.
05:48Moi, ça m'a fait beaucoup de bien, effectivement, de penser contre moi-même et se dire,
05:52bah oui, le progressisme, c'est très bien, c'est formidable.
05:55Ça peut avoir des limites appliquées d'une manière un petit peu trop radicale.
05:59Et voilà, le film est vraiment intéressant aussi sur ce que ça dit de ces sociétés ultra tolérantes
06:05dans lesquelles subsiste malgré tout un fond de racisme.
06:08Moi, je retrouve vraiment tout ce que j'aime dans le cinéma de Mounjou,
06:11cinéma, là aussi, très, très politique, qui interroge les problèmes du monde contemporain
06:16à travers des scénarios très élaborés, qui est vraiment passionnant.
06:20Moi, le film dure 2h25, moi, je ne les ai pas vus passer du tout.
06:24J'ai trouvé ça vraiment captivant de bout en bout.
06:26Fjord, c'est bof, mais allez-y, sinon vous aurez une fessée.
06:28Fjord de Christian Mounjou, une palme d'or à ne pas rater, c'est très bien.
06:32Je vous remercie, je vous remercie, je vous remercie, et vous famille, je vous souhaite un vissage de moi.
06:50Amen.
06:51Amen.
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