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  • il y a 2 semaines
Chaque semaine, nos critiques commentent un film sorti en salles. Aujourd’hui, "Fjord", la Palme d'Or 2026, de Cristian Mungiu.

Un film de Cristian Mungiu. Avec Reinate Reinsve et Sebastian Stan.
En salles le 19 août 2026.
Transcription
00:00Que voit-on au cinéma cette semaine ?
00:01Eh bien, ni plus ni moins que la Palme d'Or 2026.
00:04On va vous parler de Fjord de Christiane Mungio.
00:30Si il y a quelque chose d'accompagnement.
01:00Les pointes de la protection de l'enfance.
01:03Ou les châtiments corporels, quels qu'ils soient,
01:05ont été bannis en 1987.
01:07Je comprends que Marie ait pu être choquée,
01:10voire agressée par le film.
01:12Ce n'est pas un film très aimable.
01:13C'est rarement des films très aimables d'ailleurs,
01:15le cinéma de Christiane Mungio.
01:17Je suis même prêt à admettre qu'il est assez manipulateur.
01:19Mais pour moi, pour la bonne cause.
01:21La manipulation, elle passe par quoi ?
01:22Elle passe déjà par le choix de deux stars
01:25pour incarner les deux personnages
01:26sur lesquels vont reposer les soupçons.
01:28Sébastien Stan, là, il est absolument méconnaissable.
01:31Mais il est formidable.
01:31Parce que, comme tout acteur,
01:33il essaie de sauver son personnage,
01:34mais il ne cache pas non plus les côtés un petit peu inquiétants
01:37du personnage de Mirai,
01:38qui effectivement est un père, on va dire, à l'ancienne.
01:41On peut tout à fait imaginer qu'il a pu donner
01:43à minima quelques gifles à ses enfants, sinon plus.
01:46L'autre star du film, c'est Renate Renve,
01:49qui est vraiment la grande actrice norvégienne.
01:51Une actrice qui amène énormément d'intensité,
01:53énormément d'émotion à ses rôles.
01:56Et là, il y a de quoi faire,
01:57puisque c'est quand même une mère de cinq enfants,
01:59dont un bébé, à qui on retire la garde.
02:02Voilà.
02:02Et elle joue ça vraiment avec beaucoup,
02:04beaucoup d'émotions très, très communicatives.
02:06Donc ça, c'est assez malin d'avoir choisi ces deux acteurs-là
02:09pour nous faire partager leur désarroi.
02:12Et puis, c'est un film qui nous amène à penser contre nous-mêmes.
02:14Alors oui, effectivement, c'est un film qui dénonce
02:16ce qu'on pourrait appeler la tyrannie du progressisme.
02:18C'est pour dire qu'armer des meilleures intentions morales qu'on puisse avoir,
02:22on peut parfois mal agir.
02:23Et c'est ce que semble dire le film sur l'action de l'aide sociale à l'enfance en
02:27Norvège,
02:28qui a une vision, on va dire, extrêmement rigoriste de sa mission.
02:33Dès qu'on a relancé la procédure, on ne peut plus l'arrêter,
02:35quels que soient les abus de cette procédure.
02:38Alors le film peut être parfois un peu sévère envers eux.
02:40C'est vrai qu'il y a notamment un personnage de responsable d'aide sociale à l'enfance.
02:44Il ne lui manque plus que l'uniforme nazi.
02:47Elle serait bonne pour jouer dans un film sur la seconde guerre mondiale.
02:49Samuel parlait à juste titre de l'émotion suscitée par les stars.
02:55Et en fait, il y a là vraiment, c'est là où je pense que le film crie vraiment
03:00sans arrêt de quel côté il est.
03:01Et il est vraiment du côté de la famille chrétienne,
03:04qui est une famille martyr au pays de ces salauds de wokistes,
03:09qui sont eux montrés alors vraiment comme les derniers des derniers.
03:13Notamment Gunda, le personnage de la chef de la protection de l'enfance.
03:17En plus, elle n'a même pas de gosse de quoi elle se mêle.
03:20Et qui parle comme un robot, a des réactions mais vraiment d'une cruauté.
03:25Enfin vraiment, elle est épouvantable.
03:28A l'inverse, même si ce n'est pas dit dans les dialogues, l'image parle.
03:33Il y a beaucoup de plans fixes, mais pas que.
03:35Mais en tout cas, c'est des plans séquences.
03:37C'est-à-dire, on vous dit, regardez, je vous ai fait la scène en plans séquences,
03:40il n'y a pas de manip.
03:40Tout est là, tout est à l'image, etc.
03:43Mais mon gars, tu as des cadres.
03:44Et dans tes cadres, il y a de la manipulation, en veux-tu, en voilà.
03:48Parce qu'on est où quand on vient leur arracher leur bébé ?
03:50On est sur l'épaule du père qui réprime un sanglot,
03:54comme ça, mais de dos parce que c'est pudique.
03:56On est où une fois qu'on leur a pris leur bébé ?
03:59On est dans le dos de la mère.
04:00Le père, là encore, il doit penser que pleurer.
04:01Voir les gens pleurer de dos, c'est plus pudique.
04:03On est dans le dos de la mère à côté d'un berceau vide.
04:06Évidemment qu'on n'est pas des chiens.
04:08Évidemment qu'on vit le martyr de cette famille de leur côté constamment.
04:13Et qu'à l'inverse, vraiment, les Norvégiens sont montrés comme un ramassis de gens sans cœur, etc.
04:22Et j'en veux pour preuve.
04:23I rest my case, votre honneur.
04:25J'en veux pour preuve une scène de tribunal qui est une petite scène comme ça en passant.
04:29où on comprend qu'au-delà des fessées qui auraient été données aux enfants et qui sont reconnues par le
04:35père,
04:36on comprend qu'il y a quand même une question du bourrage de crâne, de l'endoctrinement de ces enfants
04:41qui, du coup, sont homophobes, intolérants, etc.
04:45Pas du tout en osmose avec les valeurs norvégiennes.
04:50Et donc, à un moment, on dit qu'il y avait en CE2 une gamine qui disait « moi, je
04:56suis lesbienne »
04:57et la petite fille de la famille a dit « tu brûleras en enfer », ce qui est toujours assez
05:01sympa.
05:02Sans doute, ce qui tracasse Moonview à cet endroit, c'est que oui, en CE2, on peut parler du genre
05:09ou de l'orientation sexuelle,
05:11mais en Norvège, on ne peut pas parler de sa foi, etc.
05:15Et donc, ce relativisme vraiment pénible qui serait de mettre sur le même plan quelqu'un qui dit « je
05:21suis homosexuel »
05:21et quelqu'un qui dit « tu brûleras en enfer », le film le prend complètement à son compte.
05:25Donc, à la fois, on se demande sans arrêt où est-il ce Moonview ? Qu'est-ce qu'il
05:29pense ? De quel côté est-il ?
05:31Et en fait, il a beau croire que non, ça transpire de chaque plan de son film.
05:36Moi, je persiste, moi aussi, à dire que le film est assez équilibré malgré tout.
05:41C'est un film qui vise vraiment à déranger, je pense, et à faire penser contre soi.
05:45Et voilà, donc moi, j'ai été très stimulé par ce film.
05:48Moi, ça m'a fait beaucoup de bien, effectivement, de penser contre moi-même et se dire,
05:52bah oui, le progressisme, c'est très bien, c'est formidable.
05:55Ça peut avoir des limites appliquées d'une manière un petit peu trop radicale.
05:59Et voilà, le film est vraiment intéressant aussi sur ce que ça dit de ces sociétés ultra tolérantes
06:05dans lesquelles subsiste malgré tout un fond de racisme.
06:08Moi, je retrouve vraiment tout ce que j'aime dans le cinéma de Mounjou,
06:11cinéma, là aussi, très, très politique, qui interroge les problèmes du monde contemporain
06:16à travers des scénarios très élaborés, qui est vraiment passionnant.
06:20Moi, le film dure 2h25, moi, je ne les ai pas vus passer du tout.
06:24J'ai trouvé ça vraiment captivant de bout en bout.
06:26Fjord, c'est bof, mais allez-y, sinon vous aurez une fessée.
06:28Fjord de Christian Mounjou, une palme d'or à ne pas rater, c'est très bien.
06:32Je vous remercie, je vous remercie, je vous remercie, et vous famille, je vous souhaite un vissage de moi.
06:50Amen.
06:51Amen.
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