- il y a 13 heures
Tous les jours, Les Informés débattent de l'actualité autour d'Agathe Lambret et de Renaud Dély.
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00:06Bonjour à tous et bienvenue, si vous nous rejoignez dans les informés, c'est parti pour une demi-heure de
00:10décryptage de l'actualité.
00:12Bonjour Renaud Delis. Bonjour Anguette.
00:13Au sommaire aujourd'hui, le gouvernement se prépare à une crise qui dure et a annoncé de nouvelles mesures pour
00:18le pouvoir d'achat.
00:19Quelles pistes sont sur la table ?
00:21Et puis Patrick Bruel, visé par plusieurs plaintes pour viol ou agression sexuelle, doit-il annuler ses concerts ?
00:28Pour nous éclairer ce matin, nos informés, Fanny Guinochet, éditorialiste d'économie à France Info. Bonjour Fanny.
00:33Bonjour.
00:33Myriam Ancawa, présentatrice de l'émission Tout est politique du vendredi au dimanche, 18h à 20h sur France Info TV.
00:39Bonjour Myriam.
00:40Bonjour Agathe, bonjour à tous.
00:41Et Sylvain Courage, directeur adjoint du Nouvel Obsonde. Bonjour Céline.
00:44On commence donc Renaud avec ce suspense avant la conférence de presse de Sébastien Lecornu qui pourrait annoncer des aides
00:53très attendues depuis un moment maintenant.
00:54Et déjà, une fois n'est pas coutume, ça va être la toute première conférence de presse du Premier ministre
00:58Sébastien Corrigue depuis qu'il est à Matignon, depuis un peu plus de neuf mois.
01:02Jusqu'ici, il s'exprimait surtout sur le perron de Matignon ou à l'Assemblée nationale.
01:07Conférence de presse, c'est donc que l'heure est grave parce que la crise au Moyen-Orient dure, le
01:11blocage du détroit d'Ormousse aussi, les prix des carburants sont toujours au plus haut.
01:15On voit que l'inflation repart à la hausse, que le chômage aussi repart à la hausse, à 8,1
01:20% de la population active.
01:21La croissance a été nulle au premier trimestre 2026.
01:24Bref, tous les voyants économiques passent au rouge et donc Sébastien Lecornu doit annoncer d'une part un certain nombre
01:29de mesures d'aide à des secteurs en difficulté.
01:31Peut-être aussi des économies pour essayer de résorber, de colmater les déficits publics.
01:36D'ailleurs, la Confédération des petites et moyennes entreprises a lancé une enquête auprès de ses adhérents pour essayer de
01:41mesurer l'impact de cette crise qui risque donc de durer.
01:45Voici ce que disait ce matin sur l'antenne de France Info Amireza Tofighi, le président de la CPME, justement,
01:53des craintes des entreprises.
01:55On voit aujourd'hui qu'on est passé de l'inquiétude aux impacts très concrets sur les entreprises.
02:00La moitié des entreprises qui ont répondu ont une baisse de leur activité.
02:04Sur le premier semestre, et l'anticipe également sur le deuxième semestre.
02:08Et on voit aujourd'hui qu'uniquement 5% des entreprises envisagent d'augmenter leurs effectifs.
02:13On va revenir, Fanny Guidocher, sur ce que dit Amireza Tofighi, qui est un peu inquiétant.
02:18On voit que ça a des conséquences concrètes sur les entreprises.
02:19Mais d'abord, quelles sont vos informations ?
02:21Qu'est-ce que le gouvernement peut annoncer dans un contexte où les caisses sont vides ?
02:25Et il le répète depuis des semaines maintenant.
02:26C'est toute la difficulté, ils n'ont pas du tout de marge de manœuvre.
02:29Donc l'idée du gouvernement, c'est de faire en sorte que ça lui coûte le moins cher possible.
02:34Et une des pistes, c'est de faire en sorte que ce soit les entreprises, justement, qui prennent le relais
02:40et qui volent un peu au secours du pouvoir d'achat, notamment des salariés.
02:45Parce que le mantra, on l'entend, c'est aider ceux qui travaillent en France en priorité.
02:50Et donc, parmi les mesures sur la table, il y a, par exemple, facilité la prime Macron.
02:56Vous savez, cette prime dont on a beaucoup entendu parler et qu'un certain nombre de salariés ont déjà reçu,
03:02puisqu'elle existe depuis 2019.
03:04Il y a des conditions aujourd'hui pour la mettre en place.
03:06C'est une prime qui, normalement, est défiscalisée et désocialisée.
03:11C'est-à-dire qu'on ne paye pas d'impôts et on ne paye pas de cotisations sociales.
03:14En tout cas, c'était au départ comme ça.
03:16Les conditions se sont beaucoup durcies l'année dernière, notamment.
03:21Ce qui a fait qu'il y a moins d'entreprises qui ont donné cette prime,
03:23parce qu'en plus, elle est soumise à des accords d'intéressement, de participation.
03:27Le gouvernement pourrait, pour faciliter, pour aider les patrons à distribuer de l'argent via cette prime,
03:33il pourrait lever tous ces verrous et simplifier le dispositif.
03:37Autre piste sur la table, le chômage partiel.
03:40Amire Zatofighi de la CPME le dit, dans certaines entreprises,
03:43l'activité, le carnet de commande n'est plus là.
03:46Eh bien, quand l'activité décroît, on l'a vu, là aussi, beaucoup au moment du Covid,
03:51l'idée, c'est de garder les salariés dans l'entreprise,
03:54mais que l'État vienne compléter, enfin, c'est plutôt l'assurance chômage,
03:57vienne compléter la rémunération.
04:00Pour ceux, par exemple, qui travaillent à mi-temps,
04:02eh bien, il y a un complément de revenu plutôt que procéder à des licenciements secs.
04:05On est sur des mesures comme ça.
04:07Après, il y aura d'autres mesures.
04:10Le Premier ministre a promis d'étendre les aides,
04:13parce que, vous savez, ces aides qui ont été annoncées,
04:15annoncées pour les pêcheurs, pour les transporteurs,
04:19elles sont remises au goût du jour à chaque fois.
04:22Ce sont des aides mensuelles.
04:23Chaque mois, donc là, il va probablement les prolonger,
04:26peut-être en juin, mais probablement aussi une partie de l'été,
04:30parce que, Renaud le disait, on voit que cette crise, elle dure,
04:33et c'est toute la difficulté du gouvernement, c'est qu'aujourd'hui,
04:35on change d'essai, Shell, et il s'est dit pendant un petit moment,
04:38bon, ça va passer, ce détroit d'Hormoz va se rouvrir.
04:41En fait, on se rend compte que non.
04:43Oui, il y a un changement de ton, on a l'impression,
04:46Miriam Ancavoi, du côté du gouvernement,
04:48au début de la crise, même assez tardivement,
04:50il disait, on est au jour le jour, ça va peut-être s'arranger.
04:53Et là, depuis quelques jours, on entend plutôt que ça va durer.
04:57Oui, c'est le principe de réalité.
04:58Là, la communication a été obligée de s'ajuster au réel.
05:02Je pense que l'expression « choc pétrolier » peut être utilisée,
05:05y compris par le locataire de Matignon.
05:07On se souvient de ce qui s'était passé avec Roland Lescure,
05:09qui à l'Assemblée avait lâché l'expression,
05:11qui avait dû se corriger,
05:12expliquant qu'il parlait de la situation internationale et pas en France.
05:15Là, je pense que les masques vont tomber.
05:17Le ton a changé.
05:19La crise économique mondiale s'est installée dans la durée.
05:22Pire crise énergétique, dit même les Nations Unies,
05:25le représentant à l'énergie.
05:26La France peut être un peu plus épargnée,
05:29parce qu'elle dépend un peu moins du pétrole qui sort du détroit d'Hormuz.
05:35Mais n'empêche, elle dure et elle est très grave.
05:38Renaud rappelait les indicateurs économiques.
05:40Donc, on attend le gouvernement aussi dans un devoir de vérité et de diagnostic.
05:47Les Français ont besoin de savoir si, oui ou non,
05:49le prix à la pompe va revenir une fois que ce détroit va être ouvert.
05:54Manifestement, non.
05:54Et ça, c'est important de le comprendre.
05:56Il faut faire de la pédagogie.
05:57Il n'y a pas que de la communication.
05:59Est-ce que les Français vont l'accepter à quelques mois de la présidentielle ?
06:03C'est aussi un défi.
06:04Et est-ce que vous trouvez que le gouvernement a bien géré cette crise,
06:07Sylvain Courage, parce qu'on a l'impression qu'il se réveille un peu maintenant
06:09en disant que ça va durer, alors qu'au départ...
06:11Ils connaissaient tous les risques et toutes les contraintes,
06:14c'est-à-dire pas d'argent à distribuer.
06:16Donc, jusqu'à présent, ils ont tenu.
06:18Bon, ils ont essayé de jouer la montre.
06:20Mais comme la crise ne se dénoue pas au Moyen-Orient,
06:24là, il faut changer de pied.
06:25Et surtout, les conséquences macroéconomiques sont plus visibles.
06:28C'est-à-dire qu'il y a une reprise légère de l'inflation,
06:30les taux d'intérêt qui remontent,
06:32l'activité qui fléchit.
06:33Et donc, le piège, c'est la spirale de la récession.
06:36Et c'est pour ça que le gouvernement veut entretenir le moteur de la consommation
06:40en distribuant un peu de pouvoir d'achat.
06:41Alors, ils se tournent vers les entreprises qui ont un peu de marge,
06:44parce qu'elles les ont réconstituées, ces marges, ces dernières années.
06:47Mais les patrons, ils ne sont pas tellement d'accord.
06:50Ils ont déjà protesté contre tout effort qui leur serait demandé.
06:54Alors, pas toutes les entreprises.
06:55Il y a des entreprises qui ont des marges,
06:57mais il y a aussi beaucoup d'entreprises qui n'en ont pas.
06:58On entendait Amir Reza Tofighi, le patron de la CPME.
07:02Il y a 18 000 entreprises, rien que ce premier trimestre,
07:06qui ont juste déposé le bilan.
07:07Il y a des défaillances.
07:08Les défaillances d'entreprises augmentent.
07:10Donc, il y a vraiment des entreprises qui sont très en difficulté.
07:12Évidemment, il y aura des entreprises qui fonctionnent bien.
07:15Mais on voit que même des secteurs comme le luxe
07:18se prennent un peu des difficultés.
07:21Même pour le luxe, c'est difficile.
07:23Vous avez, alors on dit toujours, on a l'aéronautique, etc.
07:26Mais en fait, cette crise là où c'est pernicieux,
07:28c'est que, par exemple, sur l'emballage.
07:29L'emballage, ça touche tous les secteurs.
07:31C'est très lié au prix du pétrole.
07:34Eh bien, vous avez des taux, des tarifs d'emballage qui augmentent.
07:37Donc, forcément, des marges qui se réduisent.
07:39Le bâtiment, par exemple, est très, très en difficulté.
07:41Tous les prix des matériaux, aujourd'hui, augmentent.
07:44Donc, c'est vrai que c'est un poison lent, quand même, cette crise.
07:48Et qu'il y a un certain nombre d'entreprises qui, peut-être, aujourd'hui, vont bien,
07:51qui vont voir leurs marges et leurs possibilités,
07:54leurs marges de manœuvre se réduire.
07:56Et le risque de récession, évidemment, il va peser.
07:59Il risque de peser au premier chef sur l'emploi.
08:00Et on voit que le chômage repart à la hausse.
08:038,1% de la population active fin avril, au plus haut depuis 4 ans.
08:07Et à demander un effort qui peut être légitime, dans certaines circonstances, aux entreprises.
08:12Justement, il y a aussi la hausse du SMIC, qui a été annoncée, 2,4%.
08:16A réduire les marges des entreprises, celle-ci risque de licencier davantage.
08:21On risque de voir disparaître davantage d'emplois, notamment à cause des défaits aux entreprises.
08:25Donc, le gouvernement est pris, vraiment, dans un cycle économique extrêmement complexe.
08:29Avec, d'un côté, l'inflation et ses conséquences pour le portefeuille des Français,
08:32et puis pour un certain nombre de secteurs d'activité.
08:34Et de l'autre côté, la menace de récession et de remontée de l'emploi.
08:38Et puis, il y a une troisième perspective aussi qui peut se dégager à terme, assez rapidement d'ailleurs.
08:42C'est quand même, pourra-t-il tenir l'objectif de ramener le déficit budgétaire,
08:46le déficit public, à 5% du PIB à la fin de l'année 2026 ?
08:49Ça paraît de moins en moins probable avec cette équation économique qui est en train de se dessiner.
08:55Ce qui peut, d'ailleurs, ramener aussi sur le terrain politique, cette fois-ci,
08:58le débat autour d'un éventuel collectif budgétaire.
09:00Est-ce qu'il va falloir un collectif budgétaire pour essayer de corriger le budget 2026 ?
09:07Et évidemment, avec l'absence de majorité à l'Assemblée nationale,
09:10et je pense que nous avons tous gardé en mémoire des débats budgétaires
09:12qui ont été assez longs et souvent pénibles pendant des mois et des mois,
09:16cette perspective-là aussi, elle assombrit l'avenir politique du gouvernement.
09:22Avec un dernier mot, la crainte de crise sociale, ou en tout cas de mouvements sociaux ici et là,
09:27quand vous avez par ailleurs des syndicats, dont Marie-Lise Léon, patronne de la CFDT,
09:31qui demandent une réouverture des négociations salariales pour dire qu'il faut ajuster
09:35parce que certes, les salariés qui sont au SMIC, eux, leur rémunération suit l'inflation,
09:40mais tous les autres au-dessus, ils se prennent de plein fouet la hausse des carburants,
09:45bientôt la hausse dans l'alimentaire.
09:47Et donc, il faut, quand c'est possible, ouvrir les négociations salariales.
09:50Très vite, juste Bruno Le Maire, ancien ministre de l'Économie,
09:52met en garde contre un choc économique et financier majeur dans les mois qui viennent.
09:56C'est une possibilité, Fanny ?
09:57Oui, c'est une possibilité. Il n'y a pas que Bruno Le Maire qui le dit.
10:00Vous avez un certain nombre d'économistes qui disent,
10:02attention, si aujourd'hui, tout est indexé sur ce baril du pétrole,
10:05on voit qu'il ne redescend pas, qu'il est au-dessus des 100 dollars.
10:09Alors, il yoyote en fonction du yoyo de Donald Trump et des dires de Donald Trump,
10:14mais n'empêche qu'il est toujours au-delà de 100 dollars le baril
10:18et que ça reste quand même ce qui fait que ça pèse sur l'économie mondiale
10:24avec toutes les conséquences en cascade qu'on a évoquées.
10:27Sylvain ?
10:27Une toute petite bonne nouvelle, c'est que la consommation de carburant a baissé de 30%.
10:33Alors, c'est sous contrainte, mais ça prouve qu'on peut faire des économies sur...
10:36Les Français changent un peu leurs habitudes.
10:38Dans un instant, les informés, on va parler de Patrick Bruel.
10:41Doit-il annoncer ses concerts ?
10:43Je vous remercie, Fanny Gnocher, éditorialiste d'économie à France Info.
10:47Pour l'instant, c'est l'info en une minute, 9h17, Antoine Joffin.
10:52Traiter des prisonniers de cette manière est ridicule,
10:56dénonce sur France Info l'ambassadeur d'Israël en France.
10:59Joshua Zarka réagit après la diffusion hier de cette vidéo
11:02où on voit des militants de la flottille pour Gaza
11:05agenouillés devant un ministre israélien d'extrême droite.
11:08L'ambassadeur israélien envoie son adjoint au Quai d'Orsay
11:11pour essayer de s'expliquer.
11:13Le scandale des violences dans le périscolaire à Paris,
11:1616 personnes encore entendues en garde à vue aujourd'hui.
11:19Elle a été prolongée hier soir.
11:21Ce sont surtout des animateurs contractuels
11:23soupçonnés d'avoir agressé physiquement ou sexuellement
11:26des enfants de maternelle.
11:28Quelles nouvelles aides carburant pour le mois de juin ?
11:31Le Premier ministre doit dévoiler un nouveau dispositif.
11:33À partir de 17h, Sébastien Lecornu promet un changement d'échelle
11:37mais pas d'aide généralisée.
11:39Temps estival aujourd'hui dans le pays.
11:41Prudence sur le littoral aquitain.
11:43Alerte maximale aux Bahines.
11:45Ces courants puissants qui emportent les baigneurs vers le large.
11:48Et puis le tirage au sort du tableau principal de Roland-Garros.
11:51C'est aujourd'hui chez les hommes.
11:52Seulement 4 Français sont tête de série et donc protégés.
11:56Aucune Française ne l'est.
11:57Le tournoi débute dimanche.
12:03Les informés avec Muriel Mankawa,
12:06présentatrice de l'émission Tout est politique sur France Info Télé.
12:09Sylvain Courage, directeur adjoint du Nouvel Obs.
12:11On passe à notre deuxième débat.
12:13Renaud, Patrick Bruel doit-il annuler et pas annoncer ses concerts ?
12:16Patrick Bruel qui est désormais visé par au moins 9 plaintes
12:19pour viol ou agression sexuelle.
12:21Il a une tournée en préparation à l'automne en France.
12:24Et voilà donc que Patrick Bruel n'est plus le bien vu dans un stand de ville de France.
12:29Plusieurs maires de grandes villes ont pris position hier pour l'appeler à annuler ses concerts.
12:34Notamment le maire de Marseille, Benoît Payan.
12:36Ou encore les maires de Nancy ou Brest.
12:39Et puis également le maire de Paris, Emmanuel Grégoire.
12:41Qui l'a appelé à annuler ses spectacles prévus le temps que la justice tranche.
12:48Alors doit-il annuler justement ses concerts comme le souhaite Emmanuel Grégoire ?
12:52C'est pas du tout la position de celui qui était votre invité il y a quelques minutes sur ce
12:56plateau.
12:56Éric Zemmour, le président de Reconquête.
12:59Moi j'aurais réagi exactement à l'inverse de M. Grégoire.
13:03On ne jette pas un homme comme ça avec des accusations dont on ne sait pas si elles sont exactes
13:08ou pas.
13:09Il a le droit à un procès comme tout citoyen.
13:11Moi tant que quelqu'un n'est pas condamné, je pense qu'il n'est pas coupable.
13:15Alors est-ce qu'annuler ces concerts comme le demandent un certain nombre de maires de Grande Ville aux organisateurs
13:20de cette tournée ?
13:21Ce serait nier la présomption d'innocence de Patrick Bruel ?
13:24Ou au contraire faire preuve d'une forme de décence vis-à-vis justement notamment des victimes le temps que
13:31la justice tranche ?
13:32Est-ce que Patrick Bruel doit annuler ces concerts, Sylvain Courage ?
13:37C'est une décision qu'il doit prendre lui.
13:38Les maires ne peuvent pas, par arrêté municipal, interdire le concert en l'état.
13:44Mais on voit bien que les taux se resserrent.
13:46C'est-à-dire que la multiplication des témoignages, quand bien même la justice ne s'est pas prononcée,
13:51jette quand même une ombre sur le personnage.
13:54Alors pour l'instant, il a une base de fans qui continuent à le suivre.
13:57Donc il peut organiser des concerts.
13:59Mais la promotion de ces concerts est très compliquée.
14:01Et puis il peut y avoir des troubles.
14:03C'est-à-dire qu'il y a des associations qui, à juste titre, vont manifester au nom des femmes
14:07qui ont pu être maltraitées.
14:10Et donc ça crée quand même des conditions difficiles pour maintenir cette grande tournée.
14:15Parce qu'en plus, ce n'est pas un petit concert.
14:18C'est une grande tournée qu'il a prévue de faire.
14:20Donc je pense que progressivement, les taux se resserrent.
14:24Alors est-ce que c'est légitime ?
14:27C'est quand même les conditions du spectacle.
14:30Quand on monte sur une scène, c'est qu'on est montrable.
14:33C'est qu'on peut paraître devant le public.
14:35Si ça devient un sujet pour les gens qui achètent les billets, ce qui commence à être le cas,
14:42Patrick Bruel sera obligé d'annuler sa tournée.
14:44Oui, parce qu'il y a un autre principe en face du respect de la parole des victimes.
14:48Mais en comment on va voir, c'est celui de la présomption d'innocence.
14:51Absolument.
14:52Il n'a pas été condamné.
14:53Il y a deux principes qui sont tout aussi légitimes, qui s'entrechoquent.
14:56Mais au milieu de ça, il y a la lenteur de la justice.
14:59Et ça, ça pèse.
15:00C'est-à-dire que si Patrick Bruel n'est jugé que, mettons, dans un an,
15:06il y a une vraie question qui se pose entre...
15:08Au fond, il y a le tenable.
15:11Et ça, à mon avis, il a raison.
15:15Filvin, parce que ça ne va pas tenir.
15:17Ça ne va pas tenir parce qu'il peut y avoir des troubles à l'ordre public.
15:20Il peut y avoir, effectivement, un début de boycott.
15:24Ses fans, peut-être, ne lui seront pas forcément toujours fidèles.
15:27Il faut voir.
15:27Mais je ne pense pas que ça peut tenir.
15:29Mais ensuite, il y a le souhaitable.
15:30Et ça, c'est un autre registre.
15:31C'est un registre plus moral.
15:34C'est un registre...
15:36Quel est le poids de la parole des victimes le temps du début du procès ?
15:40Et comment la société doit regarder cette parole-là ?
15:44Est-ce qu'elle n'est qu'une parole parmi d'autres,
15:46face à celui qui est présumé innocent ?
15:49Ou est-ce que par respect, par dignité,
15:52parce que la société doit faire une place à cette parole le temps du procès,
15:56alors le retrait, il faut bien que chaque mot compte,
15:59c'est un retrait qui est demandé.
16:01Ce n'est pas une suppression de sa vie publique.
16:07Les choses sont très différentes.
16:08S'il faut respecter ses victimes,
16:11et moi je pense qu'il faut les respecter,
16:13parce que si elles ne parlent pas pendant autant d'années,
16:16il va y avoir d'ailleurs des sujets de prescription
16:18qui peuvent être très douloureux au moment du procès,
16:20si tout est prescrit,
16:22les condamnations ne pourront pas tomber.
16:24Mais donc vous, vous estimez que...
16:26Pour ce sujet-là, je pense qu'effectivement,
16:28un retrait est nécessaire
16:30pour que la société reconnaisse la parole de ses victimes,
16:34et aussi que la question de l'exemplarité
16:37quand on tient d'un personnage public,
16:39c'est vrai en politique par exemple,
16:40il y a des mises en retrait le temps du procès,
16:43est posée.
16:44Dans l'entreprise, je fais juste une insiste très rapidement,
16:46si on n'était pas dans le cadre d'une star du show business,
16:50si ça se passe dans une entreprise,
16:52aujourd'hui il y a des lois
16:53pour que la victime et le présumé agresseur
16:57soient éloignés.
16:58Le présumé agresseur dans une entreprise,
17:00il ne peut plus croiser la victime.
17:02Alors c'est très différent ce cas-là, précis.
17:03Mais donc, le temps du procès,
17:05il faut bien tenir compte de ce temps-là.
17:07Et il faut que la société gère ce temps-là
17:08et trouve des réponses.
17:10Je pense que la première chose à laquelle il faut répondre,
17:12c'est est-ce que le fait de se retirer
17:14pendant un certain temps,
17:15ce serait un aveu de culpabilité ?
17:18Pas du tout.
17:19Il faut bien comprendre ça.
17:20C'est-à-dire que le climat,
17:21parfois qui peut être excessif,
17:22parfois on a vu des cas
17:23de gens qui ont été dénoncés à tort
17:26ou cancellés, comme on dit,
17:28parfois à tort
17:29et qui ont subi parfois
17:30de faux procès publics,
17:32peut conduire à cette impression-là.
17:34Donc ça, il faut éviter ça.
17:36En revanche, je pense que ce serait très...
17:39il serait non seulement légitime,
17:41mais nécessaire.
17:42D'abord, parce que je pense
17:43que c'est l'intérêt de celui
17:45qui est justiciable lui-même,
17:47c'est-à-dire que pour un personnage public,
17:49préparer sa défense de façon plus sereine
17:51devrait le conduire lui-même,
17:53c'est son intérêt à se retirer
17:54un certain temps, donc,
17:56de la scène.
17:57Ensuite, c'est une affaire,
17:58c'est un cas de conscience personnelle,
17:59et voilà,
18:00ça a trait à la dignité de l'intéresser,
18:01on peut avoir des réactions différentes.
18:03En règle générale,
18:04lorsqu'on est l'objet d'accusations
18:05aussi lourdes,
18:05on n'a pas forcément
18:06envie de se donner en spectacle,
18:08même si on continue de dire
18:10qu'on est innocent.
18:11Et troisièmement,
18:11effectivement,
18:12c'est aussi la question du respect
18:14de la parole des victimes
18:15qui est en jeu.
18:16Donc, tout ça devrait conduire
18:17à cette logique-là,
18:19à cette décision de retrait,
18:20ce qui ne veut pas dire
18:21pour autant que culpabilité.
18:22De ce point de vue-là,
18:23Amir et Mankawa
18:24ont raison d'insister
18:25sur la nécessité
18:25que la justice se prononce rapidement.
18:28Que Patrick Bruel
18:29soit innocent ou coupable,
18:30il faut que ce soit
18:31des décisions rapides,
18:32donc ça renvoie
18:32à un problème de fond.
18:33Et puis, un dernier point,
18:35des responsables politiques
18:36se sont retrouvés dans le même cas
18:37et on leur a demandé
18:38de se retirer.
18:38Je pense à deux anciens ministres.
18:40Damien Abad,
18:41qui, à peine nommé
18:42au sein du gouvernement
18:43Elisabeth Borne,
18:44avait été accusé
18:45d'une tentative de viol.
18:47Il s'est retiré immédiatement
18:49sous la pression, bien sûr,
18:49mais il s'est retiré.
18:50L'affaire n'a pas encore été jugée.
18:52Ou plus loin,
18:53il y a 15 ans,
18:54Georges Trond,
18:55qui s'était retiré
18:56du gouvernement,
18:57avait démissionné
18:58du gouvernement Fillon
18:59lorsqu'il avait été accusé
19:00de viol.
19:01Il a fini d'ailleurs
19:02par être condamné
19:03dix ans plus tard.
19:04Après,
19:04juste un tout dernier point
19:05et j'en ai fini,
19:05c'est vrai que
19:07ces élus-là aussi
19:09avaient tenté de s'accrocher
19:10en retournant devant
19:11les électeurs.
19:11C'est-à-dire que vous avez
19:12parfois des politiques,
19:13même quand on leur dit
19:14voilà, vous êtes un personnage
19:15public, c'est pas possible,
19:16vous avez des accusations
19:16trop lourdes,
19:17il faut vous retirer en tout cas
19:18et on va laisser
19:18la justice travailler,
19:20se retournent vers les électeurs
19:21en disant
19:23attendez, je vais retourner
19:24devant les électeurs,
19:24c'est là que je puise
19:25ma légitimité.
19:26Ils avaient essayé
19:26de se représenter,
19:26ils avaient été battus.
19:27Pas forcément tous d'ailleurs.
19:29C'est un peu la même chose
19:30des stars,
19:30souvent des personnages publics,
19:31ils attendaient,
19:32j'ai un public,
19:32j'ai des fans, etc.
19:34C'est de là que je tire
19:35ma légitimité,
19:35donc je vais continuer
19:36à exercer mon métier
19:38comme si dans un été.
19:39C'est pas possible,
19:39je pense,
19:40le temps que la justice
19:40n'a pas tranché.
19:41Vous disiez que l'affaire
19:42d'Amiens Abad
19:43n'avait toujours pas été jugée.
19:44Quand on voit la lenteur
19:45de la justice,
19:46que Patrick Bruel
19:47se retire aujourd'hui,
19:48est-ce que ça n'équivaut pas,
19:50Sylvain Courage,
19:51à une condamnation,
19:52à minima,
19:53une mort sociale ?
19:53C'est sûr que c'est une sanction
19:54pour...
19:55Ça ralentit sa carrière,
19:58c'est un obstacle,
19:59mais il peut y en avoir
20:01des obstacles,
20:02je veux dire,
20:02ça ne le condamne pas.
20:03Sa liberté d'expression
20:05n'est pas non plus
20:08complètement invalidée.
20:09Il peut encore s'exprimer,
20:11il peut même enregistrer
20:13des disques.
20:13La question,
20:14c'est aussi cette idée
20:15du spectacle,
20:17c'est-à-dire,
20:17finalement,
20:18ça tient sur la réputation,
20:20la célébrité.
20:22Et donc,
20:22c'est lui qui va faire le choix.
20:23Voilà,
20:23jusqu'où on peut aller
20:26dans l'usurpation
20:28de la réputation.
20:29C'est lui qui produit
20:30ses propres concerts,
20:32et ça,
20:32ça fait une différence
20:32juridique majeure,
20:33sauf quand il est dans
20:34un cadre de festival
20:35où, là,
20:36le directeur du festival
20:36peut décider d'annuler
20:38l'invitation,
20:39mais lui est lui-même
20:40producteur de ses spectacles,
20:42donc la balle est dans son camp.
20:43C'est vrai qu'il faut penser
20:45que c'est difficile
20:45pour une victime
20:46qui accuse quelqu'un,
20:48en tout cas,
20:48d'être son agresseur,
20:49de voir cet agresseur
20:50présumé,
20:52acclamé par des
20:53foules en délire sur scène.
20:54Et dans ce cas,
20:55c'est vrai qu'il y a
20:55une forme de violence.
20:56Environ une dizaine
20:57de plaintes pour viol
20:58ou agressions sexuelles
20:59contre Patrick Bruel.
21:00Merci beaucoup,
21:00les informés.
21:01Merci,
21:02Sylvain Courage,
21:03directeur adjoint
21:03du Nouvel Obs.
21:04Vous avez la une
21:04de votre magazine.
21:06Oui,
21:06c'est une enquête
21:07sur l'immigration
21:08du travail,
21:08ce scandale français,
21:09c'est-à-dire
21:09qu'on expulse
21:10des travailleurs
21:11qui sont parfaitement intégrés
21:12et dont nous avons besoin.
21:14Précipitez-vous dans les kiosques.
21:15Merci,
21:16Myriam Mankawa.
21:16Je rappelle votre émission
21:17Tout est politique
21:18du vendredi au dimanche
21:19de 18h à 20h
21:20sur France Info TV.
21:21Merci.
21:22Merci Renaud.
21:22Merci Agathe.
21:23Les informés reviennent
21:24ce soir à 20h
21:25avec Victor Mettet.
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