- il y a 2 jours
Tous les matins, les informés débattent de l'actualité autour d'Agathe Lambret et Renaud Dély.
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00:01Générique
00:07Heureuse de vous retrouver, vous êtes dans Les Informés.
00:09C'est parti pour une demi-heure de décryptage de l'actualité.
00:12Bonjour Renaud Delis.
00:13Bonjour Agathe.
00:14A la une ce matin, pourquoi le maire insoumis de Saint-Denis est-il la cible d'attaques racistes ?
00:19Et pourquoi LFI investit le champ identitaire avec son concept de Nouvelle-France ?
00:25Et puis la guerre au Moyen-Orient et les perspectives qui s'assombrissent.
00:28Comment le gouvernement peut-il répondre à cette crise économique ?
00:32Pour nous éclairer ce matin, Alix Bouillaguet, éditorialiste politique à France Info TV.
00:37L'interview du lundi au jeudi à 7h40.
00:39Bonjour Alix.
00:40Bonjour Agathe, bonjour à tous.
00:41Et Étienne Gérard, directeur adjoint de l'Express.
00:43Bonjour Étienne.
00:44Bonjour Agathe, bonjour à tous.
00:45On commence donc Renaud avec notre premier débat.
00:48Le maire de Saint-Denis, cible d'attaques racistes.
00:51Ce nouveau maire insoumis de Saint-Denis, Bali, Bagayoko.
00:53Saint-Denis étant la principale ville conquise par les insoumis.
00:56Plus de 150 000 habitants est la cible d'attaques racistes depuis qu'il a remporté cette mairie.
01:01D'abord sur les réseaux sociaux.
01:04Et puis ce week-end, il a été la cible de deux séquences diffusées sur la chaîne CNews.
01:08L'une où un psychologue a évoqué les premiers jours du maire à la mairie de Saint-Denis en ces
01:13termes.
01:13Je cite,
01:13C'est important de rappeler que l'homo sapiens, que nous sommes des mammifères sociaux, de la famille des grands
01:19singes.
01:20Par conséquent, dans toute tribu, il y a un chef qui a mission d'installer son autorité.
01:25Et puis le lendemain, ça c'était samedi, Michel Onfray lui a poursuivi à peu près sur le même thème,
01:30en prêtant au nouvel édile, je cite, une attitude de mâle dominant,
01:34pour avoir appelé selon lui le personnel municipal à lui faire allégeance.
01:37Ça, c'est très tribal, a ajouté le philosophe Michel Onfray.
01:42Le maire insoumis de Saint-Denis, Bali Bagayoko, était hier l'invité de France Inter,
01:46et il a annoncé qu'il allait porter plainte.
01:49La responsabilité, elle est à mon avis scandaleuse, y compris par rapport à la population de Saint-Denis,
01:54qui vit très mal en fait ce moment-là.
01:55A peine élus, ils sont clairement, je veux dire, mis au banc, en fin de compte, de la société,
01:59avec des propos qui sont des propos scandaleux, et que bien sûr, nous ne laisserons pas faire.
02:03Je ne me qualifie pas en fait à travers de ma race,
02:05je considère qu'en fin de compte, que j'ai un héritage, qui est un héritage bien à la fois
02:07post-colonial d'ailleurs,
02:09qui est un héritage aussi d'ailleurs ouvrière.
02:11Il n'y a aucun habitant de Saint-Denis ou des quartiers populaires qui se qualifierait spontanément de racisé.
02:16Alors, deux ministres, celui de l'Intérieur, Laurent Nunez, et puis celle de la Culture, Catherine Pégard,
02:20ont dénoncé les attaques ignobles, les propos inacceptables qui ont visé Bali Bagayoko.
02:24Par ailleurs, de nombreux élus de gauche se sont indignés aussi,
02:27et ont saisi d'ailleurs comme des associations l'Arcom pour faire sanctionner la chaîne CNews.
02:32Et dans le même temps, on l'entendait, Bali Bagayoko lui-même récuse ce terme de racisé,
02:36qui est utilisé en particulier par Jean-Luc Mélenchon lorsqu'il défend sa nouvelle France.
02:41Lui se dit plutôt un Français héritier de l'immigration.
02:44Il ajoutait à l'instant, on l'entendait, je cite le maire,
02:47qu'à Saint-Denis, dit-il, personne d'ailleurs spontanément ne se dit racisé.
02:52Alors, pourquoi est-il d'abord la cible de ces attaques racistes ?
02:55Est-ce qu'il y a eu comme un déclic, une libération de la parole raciste avec son élection ?
03:00Est-ce qu'en ce sens, il est d'ailleurs un symbole de ce climat, ce nouveau maire de Saint
03:05-Denis ?
03:05Et d'autre part, pourquoi est-ce que la direction de la France insoumise,
03:08et plus précisément Jean-Luc Mélenchon,
03:11semble lui recourir aussi à un vocabulaire visant à racialiser le débat politique,
03:15au risque donc d'ailleurs de susciter aussi ces réactions racistes
03:20qu'on a vues à l'instant, qu'on a entendues ces derniers jours en réaction ?
03:23Déjà sur ce racisme auquel est confronté Bali Bagayoko,
03:28ce racisme décomplexé sur un plateau de télé, Etienne Girard, en 2026,
03:34à quoi c'est dû ? Est-ce que c'était attendu ou quand même ? Non ?
03:39Pardon, mais c'est un peu le sujet de CNews, ce racisme décomplexé,
03:43c'est-à-dire qu'on a une tradition dans le pluralisme télévisuel français,
03:47qui est une tradition de modération et de réel pluralisme,
03:51c'est-à-dire que toutes les idées s'expriment et si possible s'expriment en même temps,
03:56c'est-à-dire que traditionnellement sur un plateau où il y a beaucoup d'invités,
03:59à la télévision française, il y a toutes les tendances.
04:02CNews a cassé ce consensus-là,
04:05CNews a décidé de devenir une chaîne d'opinion,
04:09une chaîne d'opinion au singulier,
04:13où se rejoignent toutes les tendances de droite,
04:16et à mon sens, c'est dans ce contexte-là que deux tels dérapages, au pluriel, sont facilités.
04:25C'est-à-dire que quand vous savez que ce qu'on attend de vous, c'est de l'opinion,
04:28et c'est de l'opinion très marquée, ça facilite ce type de propos.
04:35Ensuite, ce type de propos racistes,
04:38ils sont plus habituels,
04:40quand on parle d'hommes politiques de couleur et de gauche,
04:47oui, c'est un fait,
04:48quand on a un homme politique de couleur de gauche,
04:51on est plus souvent la cible d'attaques racistes,
04:54ce qui ne veut pas dire qu'on n'a pas le droit de critiquer sur le fond
04:58de telles personnalités politiques.
05:00Mais en l'espèce, c'était totalement déplacé raciste.
05:03Alex Béguet, est-ce qu'il y a une libération de la parole raciste,
05:06comme a interrogé Renaud Denis ?
05:07Moi, il me semble, et je trouve que ça va peut-être même au-delà de ces news,
05:11d'une manière générale,
05:12les questions qui ont été posées à Bali Bagayoko dans ses premiers pas
05:16sont des questions, on va dire, qui sont plus axées sur la race.
05:20Alors pourquoi est-ce que, finalement,
05:22il se retrouve un petit peu, en termes de cibles,
05:25comme ça, au centre un petit peu du jeu ?
05:27D'abord parce qu'il est issu de la diversité lui-même,
05:30et qu'il en parle,
05:31et que ça fait partie aussi de son parcours politique,
05:35et puis aussi parce qu'il est le maire de Saint-Denis,
05:38et Saint-Denis, ça symbolise aussi forcément les fameuses fractures françaises.
05:43C'est une terre d'immigration,
05:45c'est aussi un taux de pauvreté,
05:47c'est aussi des problèmes de sécurité.
05:50Donc en fait, c'est une espèce de laboratoire
05:52de toutes les difficultés que peuvent traverser certains territoires en France.
05:57Et donc lui se retrouve, en tant que nouvel élu, forcément,
06:00au cœur de ces attaques.
06:03Mais c'est vrai que la France insoumise
06:07a elle-même mis sur le devant de la scène
06:10ce nouveau concept de nouvelle France.
06:14Alors c'est compliqué de le résumer,
06:16peut-être que ça serait...
06:18Une France qui va en remplacer une autre,
06:19a dit Jean-Luc Mélenchon.
06:20Oui, alors on peut le voir de deux manières.
06:23Une France aussi, on peut se dire,
06:24plus jeune, plus populaire, plus urbaine,
06:26qui est issue de la diversité,
06:28qui est donc plus métissée.
06:29Et on peut se dire, c'est plutôt une bonne chose,
06:32qu'effectivement la France ressemble plus à la France d'aujourd'hui,
06:35à travers les élus, puis à travers les territoires.
06:38Et qu'effectivement, il y a une réalité sociologique,
06:41celle de la diversité, celle de la jeunesse.
06:44Ça, c'est pour ceux qui portent ce combat,
06:46et notamment la France insoumise.
06:48Après, on peut voir les choses d'une autre manière.
06:51On peut aussi se dire que ce sont deux France qui s'opposent.
06:55En clair, la France des Blancs contre la France des diversités.
06:58C'est dire qu'il y a une nouvelle France
06:59et qu'il y a une ancienne France
07:00qui serait à mettre finalement à la poubelle.
07:03Et on est plus dans une lecture communautariste des choses.
07:06On n'est pas dans le vivre ensemble.
07:08On n'est plus dans le vivre ensemble.
07:09Et finalement, la couleur de peau,
07:12c'est fracture l'unité nationale.
07:15Et ça, effectivement, ça pose un problème.
07:17En tout cas, Jean-Luc Mélenchon a investi le champ identitaire
07:20qui était plutôt délaissé par la gauche
07:21et occupé surtout à droite et à l'extrême droite
07:24avec ce terme de racisé qu'il emploie fréquemment.
07:28Un terme que Bali Bagayoko, lui, dit ne pas apprécier particulièrement.
07:32Je trouve que la réaction du nouveau maire de Saint-Denis
07:33est particulièrement intéressante et significative.
07:36Il faut distinguer, en quelque sorte,
07:38Jean-Luc Mélenchon, en investissant ce terrain,
07:41jouer avec le feu ou mettre l'huile sur le feu.
07:42Alors, il faut distinguer le feu et l'huile.
07:44Il faut d'abord pointer très clairement le feu,
07:46le feu raciste dont Bali Bagayoko était victime,
07:50comme d'autres élus, d'ailleurs, insoumis, issus,
07:54originaires de la diversité, l'ont été ces derniers jours
07:57ou ces dernières semaines.
07:58Et on constate, d'ailleurs, on entendait hier
08:00que Finiamian sur France Inter,
08:03l'ancien maire de Saint-Coulis en Bretagne,
08:06français d'origine togolaise,
08:07qui a été secrétaire d'État dans des gouvernements socialistes,
08:10les gouvernements d'Édith Cresson et Pierre Barré-Gauvois,
08:13expliquaient que les bras lui ont tombé,
08:15qu'il savait que le combat antiraciste était loin d'être gagné.
08:17Mais à ce point-là, en 2026,
08:19lui-même, que Finiamian, il y a 35 ans,
08:21a subi des attaques racistes du même niveau,
08:24de la même fange raciste,
08:27notamment de Jean-Marie Le Pen, du Front National, etc.
08:30Et il a d'ailleurs rassemblé,
08:32il a compulsé, il a gardé les lettres d'insultes
08:35qu'il a reçues tout au long de sa carrière.
08:37Il les a publiées dans un livre qui est édifiant,
08:38qui s'appelle Chronique d'Outre-Haine,
08:39et on constate qu'à 35 ans d'écart,
08:41les choses, de fait, n'ont quand même pas beaucoup changé,
08:43dans une frange,
08:44évidemment, toute la France n'est pas raciste, loin de là,
08:47mais dans une frange de la population française.
08:49Ça, c'est le feu.
08:50Et ce feu, il mérite d'être condamné,
08:53évidemment, et il justifie des poursuites judiciaires.
08:55Ensuite, il y a le fait que Jean-Luc Mélenchon,
08:57lui-même, semble vouloir instaurer
08:59un face-à-face avec l'extrême droite sur ce sujet,
09:02sur ces questions identitaires.
09:03C'est ça qui est extrêmement dangereux.
09:04Donc, il est passé du concept de créolisation,
09:08qui, lui, était inspiré des Antilles,
09:12qui prenait une forme de mélange, etc.,
09:14à celui de Nouvelle-France et de Nouvelle-France racisée,
09:16ce qui est du pain béni pour les complotistes
09:18qui, eux, sont convertis au fantasme du grand remplacement,
09:22ce fantasme qui voudrait que les élites,
09:26justement, complotent pour changer le peuple blanc,
09:29très clairement, la race blanche,
09:30c'est le terme utilisé à l'extrême droite,
09:32par un peuple issu d'Afrique.
09:34Eh bien, Jean-Luc Mélenchon entre, en quelque sorte,
09:36dans cette mécanique, lorsque lui dit
09:37« Bienvenue à la Nouvelle-France racisée »,
09:40comme si celle-ci avait vocation à remplacer une autre.
09:42Non, il n'y a pas de nouvelle ou d'ancienne France,
09:44il y a la France, et Bali Bagayoko est un Français
09:47à part entière, issu de l'immigration,
09:51comme il le dit lui-même, héritier de cette histoire.
09:54Mais il n'a pas à être mis en opposition
09:56avec une ancienne France,
09:57laquelle ancienne France, si elle existait,
09:59doit évidemment l'accepter.
10:00C'est évidemment aussi un visage de la France
10:02dans toute sa diversité.
10:03Et là, on voit bien qu'il y a un risque
10:05avec lequel joue Jean-Luc Mélenchon,
10:08qui était venu, d'ailleurs, en campagne lui-même
10:10à Saint-Denis, Sébastien Delogue aussi,
10:12pour inciter les électeurs à saisir l'opportunité,
10:14je cite,
10:15« d'élire un racisé »,
10:16de rendre le pouvoir
10:19à la vraie France, en quelque sorte,
10:21à la France réelle.
10:22C'est ce discours-là qui est dangereux,
10:24me semble-t-il,
10:25mais on sait que Jean-Luc Mélenchon
10:26veut installer un face-à-face
10:28entre ce qu'il appelle, eux,
10:30les fascistes,
10:30je cite Jean-Luc Mélenchon,
10:31et nous, le peuple.
10:32Et ce face-à-face,
10:33il l'installe sur une dimension,
10:35notamment, identitaire,
10:37quitte à instrumentaliser,
10:38en quelque sorte,
10:39y compris des élus insoumis,
10:40qui, eux, récusent ces termes.
10:41Et c'est le cas du maire de Saint-Denis,
10:42qui dit,
10:42« Non, moi, je ne me définis pas
10:44comme un racisé. »
10:44Et d'ailleurs, dit-il,
10:46à Saint-Denis,
10:46personne, spontanément,
10:47je le cite,
10:48se définit comme un racisé.
10:49Est-ce qu'il est dangereux,
10:49ce concept de Nouvelle-France,
10:51Étienne Girard ?
10:52Aminima Clivant ?
10:53C'est très intéressant,
10:54cette question.
10:54Je pense que le terme
10:56de Nouvelle-France,
10:56en lui-même,
10:57il plaît beaucoup
10:58aux électeurs de gauche.
11:00Aux autres,
11:00c'est une autre question.
11:01Mais l'électeur de gauche,
11:03l'électorat historique de la gauche,
11:05cette idée d'une Nouvelle-France,
11:07d'une France plus métissée,
11:08d'une France moderne,
11:09l'idée de ne pas avoir peur
11:11de ce que va devenir la France
11:13dans sa diversité,
11:15je pense que ça plaît énormément.
11:17D'ailleurs,
11:17il n'y a pas que Jean-Luc Mélenchon
11:18qui a utilisé cette idée-là.
11:20Moi, je me rappelle
11:20de la campagne présidentielle de 2017.
11:23Et Benoît Hamon,
11:24qui était le candidat
11:25du Parti Socialiste à l'époque,
11:26il était déjà l'objet
11:27d'attaques identitaires,
11:29cette fois d'extrême droite.
11:30Il était surnommé,
11:31je ne sais pas si vous vous en rappelez,
11:33Bilal Hamon,
11:34par des réseaux d'extrême droite.
11:36Et il avait dit,
11:37en meeting,
11:38« Je suis fier qu'on m'appelle Bilal ».
11:39Et moi, j'étais dans la salle ce jour-là,
11:41et la salle était ravie d'un tel propos.
11:46Cette idée-là,
11:46qu'il ne faut pas avoir peur
11:47d'une France plus diverse,
11:49elle plaît.
11:50J'en suis convaincu profondément.
11:52Mais est-ce que ce n'est pas avoir peur
11:53d'une France plus diverse,
11:55ou c'est survaloriser la diversité
11:57au détriment du reste ?
11:57Ça, c'est toute la question
11:58de la façon dont Jean-Luc Mélenchon
12:01utilise ce concept.
12:03C'est que la Nouvelle France,
12:05en elle-même,
12:06ne pose pas, à mon sens,
12:07de problème à l'électorat de la gauche,
12:10c'est l'idée
12:11que cette Nouvelle France
12:13va se construire
12:15en opposition
12:16à une ancienne France.
12:17Ce n'est pas une France
12:18qui remplace une autre,
12:18c'est une France qui évolue.
12:20C'est une mutation de la France.
12:21Et c'est un peu le risque
12:21de la rhétorique
12:22de Jean-Luc Mélenchon,
12:23c'est très clair,
12:24c'est de trouver l'ennemi.
12:27Jean-Luc Mélenchon,
12:27dans sa stratégie politique,
12:29il a l'habitude toujours
12:30de nommer un ennemi.
12:31L'ennemi,
12:32ça a longtemps été le riche,
12:34il s'est diversifié.
12:35Depuis le 7 octobre 2023,
12:37il y a le génocidaire
12:37qui est l'ennemi.
12:39Et pendant cette campagne
12:40des élections municipales,
12:41on a pu,
12:42à un moment,
12:43se demander aussi
12:44s'il ne jouait pas
12:44avec l'idée
12:45que l'ennemi
12:46pouvait être le blanc,
12:48d'où ce propos
12:49tout blanc,
12:50tout moche
12:51que vous êtes.
12:51Alors ça reste très sibilin,
12:54mais quand on écoute...
12:56C'est quand même assez explicite,
12:57tout blanc, tout moche.
12:58C'est au détour d'une phrase,
12:59ça peut être perdu
13:00comme un jugement.
13:02Et en revanche,
13:04des élus derrière lui,
13:05la seconde ligne
13:07de l'establishment
13:09Mélenchonien,
13:10il y a des élus
13:11qui sont beaucoup plus clairs
13:13avec cette idée-là
13:14et qui, eux,
13:15considèrent des élus
13:16comme Rima Hassan,
13:17comme Ali Diawara,
13:19qui est le nouveau maire
13:20de la Courneuve,
13:21eux considèrent
13:22que la France
13:23des racisés,
13:25comme ils disent,
13:26doit prendre des places
13:27à la place
13:28des élus blancs.
13:30Et c'est vrai
13:30que cette idée
13:31du « nous contre eux »
13:32elle posera problème.
13:33Et Jean-Luc Mélenchon
13:33a lui-même parlé
13:34de remplacement
13:35en détournant...
13:36Oui, le grand remplacement
13:37tout à fait.
13:38En fait, pour répondre
13:39à votre question,
13:39il n'y a pas plus clivant
13:41que ce concept
13:44dans la boue
13:45de Jean-Luc Mélenchon
13:46parce qu'en fait,
13:47il faut le traduire
13:48quand même
13:49comme, grosso modo,
13:51une France racisée
13:52versus
13:53une France raciste.
13:55Enfin,
13:55je caricature un peu,
13:57mais c'est les deux
13:58Frances
13:59qu'il veut quand même
13:59opposer.
14:00Alors, naturellement,
14:01on peut dire
14:03que dans cette stratégie
14:05de la France insoumise,
14:05il y a une volonté
14:06justement
14:07de dénoncer
14:08un racisme décomplexé.
14:09Il y a une volonté
14:10de politiser
14:11les discriminations
14:12pour finalement
14:13mettre le doigt dessus.
14:15Après,
14:15on peut aussi dire
14:16dans le contraire,
14:17on peut aussi dire
14:17que ce grand remplacement,
14:19ça veut bien dire
14:20qu'il y a une forme
14:21de revanche à prendre,
14:22de revanche
14:23sur les gens
14:23qu'on doit remplacer.
14:26Et c'est pour ça
14:27que certains peuvent dire
14:28ben voilà,
14:28ils ont fait preuve
14:29de clientélisme électoral,
14:31les insoumis,
14:33ils ont flatté
14:35les discriminations
14:36et les relents identitaires
14:38pour pouvoir
14:38effectivement
14:39étendre leur mainmise.
14:40Et c'est vrai
14:40que ce débat
14:41révèle avant tout
14:42un grand malaise
14:43sur l'identité française.
14:45Attention,
14:45il y a la poule et l'oeuf
14:46quand même.
14:46C'est pas simplement
14:47Jean-Luc Mélenchon
14:47qui veut installer
14:48ce face-à-face,
14:49c'est aussi l'extrême droite.
14:50Bien évidemment,
14:51c'est le face-à-face
14:52qui est installé.
14:53C'est une réponse.
14:54Ce qui est dramatique,
14:55c'est qu'aujourd'hui
14:55on voit que c'est
14:56l'extrême droite
14:56qui est la plus proche
14:57du pouvoir,
14:57bien plus proche
14:58que Jean-Luc Mélenchon
14:59et qu'avec cette stratégie
15:01identitaire
15:01dont il est complice,
15:05de fait,
15:05Jean-Luc Mélenchon,
15:06il sert en fait
15:07l'extrême droite
15:07justement pour ce fameux
15:08face-à-face.
15:09Jordan Bardella,
15:10Marine Le Pen
15:10et les autres
15:11sont absolument ravis
15:11que le débat
15:13se porte sur ce sujet-là
15:14plutôt que sur ce qui
15:17est l'antidote républicain
15:18justement à cet affrontement
15:19entre deux pseudo-France
15:20qui ne font qu'une en fait,
15:22c'est l'universalisme.
15:22C'est l'universalisme républicain
15:23et c'est pour ça
15:24que les termes justement
15:25du maire de Saint-Denis,
15:26j'insiste,
15:27Baliba Gayoko,
15:28sont extrêmement intéressants.
15:29Quand lui-même se dit
15:30héritier d'une histoire
15:31qui est celle de l'immigration,
15:32l'immigration,
15:32elle a toujours contribué
15:33à façonner la France évidemment
15:34et elle continuera à le faire
15:36et lui-même justement a,
15:38notamment au contact du terrain
15:40et dans sa ville même,
15:41il mesure sans aucun doute
15:42le danger
15:42de cet affrontement identitaire
15:44incarné notamment
15:45par ce terme racisé
15:46qui fait en quelque sorte
15:48fantasmer
15:48et qui fait le bonheur
15:50de l'extrême droite.
15:51Dans un instant,
15:52les informés,
15:52on va se demander
15:53ce que peut faire
15:53le gouvernement
15:54face à cette crise économique
15:55que Sophie Binet,
15:56la patronne de la CGT,
15:57dénonce des mesurettes
15:58sur France Info
15:59mais pour l'instant
16:00il est 9h22
16:00et c'est l'info
16:01en une minute
16:02avec Maureen Sunia.
16:04Vous avez peut-être
16:05dû trouver une solution
16:06de garde pour aujourd'hui
16:08puisque les enseignants
16:08des écoles maternelles
16:09et élémentaires
16:10sont appelés à faire grève
16:11contre les fermetures
16:12de classes
16:13et pour des hausses
16:14de salaires,
16:15il y aura jusqu'à 30%
16:16de grévistes
16:16selon le syndicat
16:18SNUEPP-FSU.
16:19Autre mobilisation
16:20aujourd'hui,
16:21celle des transporteurs routiers,
16:22ils demandent plus d'aide
16:23de la part de l'Etat
16:24pour faire face
16:25à la hausse des prix
16:26des carburants
16:26liés à la guerre
16:27au Moyen-Orient.
16:28Sur France Info,
16:29la secrétaire générale
16:30de la CGT
16:31dénonce des mesurettes
16:32annoncées par l'exécutif.
16:34Les frappes se sont poursuivies
16:35ces dernières heures.
16:37L'Iran a attaqué
16:38un pétrolier
16:38du Koweït à Dubaï.
16:40Pas de blessés
16:41mais un risque
16:41de marée noire
16:42selon les autorités.
16:44Et puis dans le sud
16:44du Liban,
16:45les affrontements
16:46entre l'armée israélienne
16:47et le Hezbollah
16:48ont tué trois soldats
16:49de l'ONU,
16:49des casques bleus
16:50déployés dans la zone.
16:52Trois morts
16:52en 48 heures.
16:54Et puis,
16:54huit mois de prison
16:55avec sursis
16:55requis contre Laurent Boyer.
16:57L'ancien animateur
16:57phare d'M6
16:58est jugé pour des violences
16:59conjugales
17:00et des atteintes
17:01à la vie privée
17:04sera rendue
17:04le 11 mai prochain.
17:08France Info
17:12Les informés
17:13Renaud Delis
17:14Agathe Lambret
17:18Les informés
17:19avec Étienne Girard
17:20directeur adjoint
17:20de l'Express
17:21et Alex Bouillaguet
17:22éditorialiste politique
17:23à France Info TV.
17:24On passe à notre
17:25deuxième débat,
17:26Renaud.
17:26Inflation,
17:27chômage partiel,
17:28carburant,
17:29salaire.
17:30Que peut faire
17:30le gouvernement
17:31face à la crise ?
17:32En particulier,
17:32évidemment,
17:32la flambée
17:33des prix des carburants
17:34qui menacent
17:34le pouvoir d'achat
17:35et qui continuent.
17:36Et puis au-delà,
17:36d'ailleurs,
17:36le retour de l'inflation
17:37générale,
17:38le chiffre du mois
17:39de mars est tombé.
17:39Le chiffre de l'INSEE,
17:401,7% sur les 12 derniers mois,
17:431,7% d'inflation.
17:45Donc on assiste
17:45à un vrai retour à l'inflation.
17:46Au mois de février,
17:47c'était 0,9%
17:48sur les 12 mois précédents.
17:50Dans ce contexte,
17:52la secrétaire générale
17:52de la CGT,
17:53Sophie Binet,
17:54qui était votre invitée
17:54il y a quelques minutes,
17:56sur ce plateau,
17:57critique en particulier
17:59ce qu'elle appelle
17:59les mesurettes du gouvernement,
18:00ce plan d'aide annoncé
18:02par le gouvernement
18:02de l'ordre de 70 millions d'euros
18:04pour le mois d'avril,
18:05visant à essayer
18:06de secourir
18:07les secteurs d'activité
18:09les plus menacés
18:10par cette flambée
18:11des prix des carburants.
18:11Sophie Binet.
18:13Le gouvernement
18:13met en place des mesurettes.
18:15On n'entend pas parler
18:16des travailleurs
18:17et des travailleuses.
18:18Quand est-ce qu'on parle
18:19des aides à domicile,
18:20des infirmières,
18:20de tous les salariés
18:21qui ont besoin
18:22de prendre leur voiture
18:23pour aller travailler
18:24et qui ne peuvent pas
18:25joindre les deux bouts ?
18:26La première mesure
18:27qu'il faut mettre en place,
18:28c'est un blocage
18:29des prix de l'énergie
18:30parce que cette augmentation
18:31des prix des carburants
18:32est injustifiée.
18:35Est-ce que le gouvernement
18:37n'a proposé
18:37que des mesurettes,
18:38Alix Bouillaguet,
18:39comme dit la patronne de la CGT ?
18:41Je pense qu'il y a quelques...
18:42Avant les municipales,
18:43je voudrais peut-être
18:44faire une réponse différente.
18:45Mais là, moi,
18:45je me pose la question
18:46de savoir s'il n'y a pas
18:46un début,
18:47un tout petit début
18:48de retour du quoi
18:49qu'il en coûte.
18:50Avant les municipales,
18:51c'était circuler,
18:53il n'y a rien à voir,
18:53les caisses sont vides.
18:55Depuis,
18:56il y a eu des mesures sectorielles,
18:5870 millions,
18:59effectivement,
18:59les agriculteurs,
19:00les pêcheurs,
19:01les routiers.
19:02Il devrait y avoir
19:02une mesure aussi
19:03pour les gros rouleurs.
19:06Et puis là,
19:07on est passé
19:08à une troisième phase
19:09où ces mesures
19:10qui normalement
19:11étaient sanctuarisées
19:12sur le mois d'avril
19:13pourraient être prolongées.
19:14On voit aussi
19:15le retour du chômage partiel
19:16à hauteur de 70 millions,
19:18le chèque énergie
19:19qui est élargi,
19:21qui était déjà budgété,
19:22tout à fait.
19:23ce que je veux vous dire,
19:25c'est qu'il faut
19:27des aides sectorielles
19:28et je pense que
19:29c'est la bonne méthode
19:30plutôt qu'effectivement
19:31de déployer des chèques
19:33ou des paratonnerres
19:34ou je ne sais pas
19:34comment on appelle ça
19:35de manière globale
19:36pour tous les Français.
19:37Celui qui a son SUV
19:39et qui vit bien
19:41n'a pas besoin
19:41d'être aidé
19:42alors que l'infirmière
19:43qui bosse avec sa voiture,
19:44effectivement,
19:45elle en a besoin.
19:46Donc ça,
19:46c'est une bonne chose.
19:47Mais effectivement,
19:48il faut faire aussi attention
19:49parce que la dette,
19:51elle existe toujours.
19:52Donc quand on entend
19:52les partis politiques
19:53qui disent le matin,
19:55attention à la dette
19:55et puis le soir,
19:56il faut des chèques,
19:57baisser les taxes.
19:58Il y a un discours
19:59qui est quand même
20:00un peu antagoniste.
20:01Je rappelle juste
20:02parce que le chiffre
20:03est assez frais.
20:04La facture aujourd'hui,
20:05le coût de l'intérêt
20:06de la dette,
20:07c'est 65 milliards.
20:09C'est-à-dire que
20:09pour la première fois,
20:10longtemps,
20:11c'était derrière
20:11le poste de dépense
20:13de l'Éducation nationale.
20:14Pour la première fois,
20:15c'est le premier poste
20:16de dépense de l'État.
20:17Ce sont les intérêts
20:18de la dette.
20:19Ce sont les intérêts
20:19de la dette
20:20que pour l'éducation.
20:21Exactement.
20:22Étienne Gérard,
20:23c'est insuffisant
20:24ce que fait le gouvernement ?
20:25Et en même temps,
20:26est-ce qu'il peut faire plus ?
20:27Je ne récuse pas
20:27le terme mesurette,
20:29mais il faut voir
20:30la situation financière
20:31dans laquelle on se trouve.
20:33Alix le rappelait.
20:34On va avoir,
20:35dans quelques jours,
20:373 500 milliards
20:41de dettes en France.
20:43C'est inouï.
20:44Et depuis le début
20:46de la guerre en Iran,
20:47il y a un chiffre
20:49dont on n'a pas parlé,
20:50il y a un chiffre qui bouge,
20:51c'est le taux d'intérêt
20:53auquel la France
20:55emprunte
20:55sur les marchés financiers,
20:57qui est en train de monter.
20:58Vous savez que ça a été
20:59une grande chance
20:59pendant des années.
21:00On disait,
21:00la dette,
21:01ce n'est pas très grave,
21:01on continue à pouvoir
21:03emprunter presque gratuitement
21:04sur les marchés financiers.
21:06C'est en train d'augmenter.
21:07Aujourd'hui,
21:08on augmente
21:09à près de 4 %
21:10sur les marchés financiers.
21:11Ça veut dire quoi ?
21:12Ça veut dire
21:13qu'on ne va pas pouvoir
21:14continuer à emprunter
21:16massivement,
21:16à faire comme si
21:17on n'avait pas de dette
21:19indéfiniment.
21:20Donc ça veut dire quoi ?
21:21Ça veut dire qu'on n'a plus
21:22de marge de manœuvre.
21:23Les poches ne sont pas pleines.
21:25On aimerait bien
21:27aider tout le monde
21:28en réalité,
21:28mais la vérité,
21:29c'est qu'à mon sens,
21:30un discours responsable
21:32implique de dire
21:33qu'on ne peut pas
21:35colmater toutes les brèches.
21:36Et à un moment,
21:37oui,
21:38c'est le consommateur
21:39et c'est les citoyens français
21:40qui vont payer
21:41un peu du prix
21:43de cette crise
21:44et de cette guerre.
21:44Les caisses sont vides,
21:45vous avez raison,
21:46et la situation financière
21:47du pays est désastreuse.
21:48Sauf que
21:49si cette crise dure,
21:51évidemment que
21:52la question du pouvoir d'achat
21:53va revenir au-devant de la scène
21:54et au-devant du débat politique.
21:56Et la question du pouvoir d'achat
21:57est la question des salaires.
21:58Parce que légitimement,
21:59il y a toute une France
22:00précaire ou modeste
22:01qui va subir
22:03et qui subit déjà
22:04de plein fouet,
22:04notamment à travers
22:05les carburants,
22:06mais ça pourrait prendre
22:06de l'ampleur
22:07si l'inflation dure
22:08et si elle concerne
22:09de nombreux autres produits,
22:11les conséquences
22:12de cette crise.
22:12Merci beaucoup les informés.
22:14Merci Etienne Girard.
22:16Vous avez la une de l'Express ?
22:17Bien sûr.
22:18La vie cachée de Poutine.
22:20C'est les bonnes feuilles
22:21du livre de Vincent Jauvert
22:22en exclusivité pour l'Express.
22:24Courez l'acheter
22:25dans tous les bons ciosques.
22:26Ça donne envie.
22:27Merci Etienne Girard.
22:28Merci Alex Bouillaguet.
22:29Je rappelle
22:29votre interview du lundi
22:31au jeudi.
22:32Interview politique
22:32à 7h40
22:33sur France Info TV.
22:35Merci Renaud.
22:35Merci Agathe.
22:36Les informés reviennent
22:37ce soir à 20h
22:38avec Victor Maté.
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