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CCI France, c’est 121 chambres de commerce et d’industrie présentes dans toute la France. Elles accompagnent les entrepreneurs du pays et permettent le développement des territoires. Alors que la présidentielle approche et que le monde fait face à une crise géopolitique majeure, Alain Di Crescenzo, appelle les chefs d’entreprise à se mettre d’accord sur leurs principales revendications. La Grande Assemblée des Entrepreneurs organisée par la CPME le 26 juin 2026, sera l’occasion pour eux d’échanger sur ces sujets.

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Transcription
00:03C'est un grand entretien exceptionnel que je vous propose aujourd'hui en amont de la grande assemblée des entrepreneurs
00:10de la CPME le 25 juin au Parc des Princes, événement dont CCI France est partenaire.
00:15Je suis avec son président Alain Dicrescenzo. Bonjour.
00:18Bonjour.
00:18Merci de nous accueillir chez vous dans les locaux de CCI France à Paris.
00:23C'est le réseau des 121 chambres de commerce et de l'industrie française.
00:26On verra comment les enjeux de responsabilité sociale, sociétale, environnementale sont intégrés à votre stratégie.
00:33Mais peut-être pour commencer un mot de présentation.
00:36Moi, quand je vois 121 chambres de commerce, je me dis voilà un maillage territorial impressionnant quand même.
00:41C'est l'un des plus efficaces d'une certaine façon.
00:44C'est peut-être l'un des derniers d'ailleurs.
00:47Alors, efficacité, on y travaille depuis un certain nombre d'années.
00:50Donc, les chambres de commerce et d'industrie sont des établissements publics dont la gouvernance est à la main des
00:54entrepreneurs.
00:55élus au suffrage universel des entreprises.
00:58Voilà, ça c'est le principe.
01:00Au niveau des... Nous avons bien sûr des collaborateurs,
01:02donc qui sont là pour faire les opérations.
01:04On en a 13 600, donc c'est une belle structure.
01:07Et on a 9 000 élus bénévoles.
01:09Et nous avons trois missions.
01:11Une mission qui consiste dans l'accompagnement des entreprises, des porteurs de projets et des territoires.
01:16Je vous donne tout de suite une volumétrie.
01:18L'an dernier, entre porteurs de projets et entreprises, on a accompagné 1 167 000 entreprises slash porteurs de projets.
01:26Donc, on est le premier accompagnateur des entreprises définitivement dans ce pays.
01:31La deuxième activité, c'est la formation.
01:33On nous dit souvent que nous sommes le premier formateur après l'éducation nationale.
01:37On a formé l'an dernier 525 000 personnes.
01:40Donc, 100 000 personnes dans nos grandes écoles de commerce et d'ingénieurs.
01:44On a 7 écoles d'ingénieurs.
01:45Et on a formé 140 000 apprentis et 250 000 personnes en formation professionnelle.
01:50C'est des gens qui veulent changer de parcours aussi ?
01:53Pas seulement.
01:54Alors, les grandes écoles, ça peut être ça aussi.
01:56Moi, j'ai mon fils par exemple qui veut changer de parcours et qui va sans doute faire un master
01:59là-dessus.
01:59Mais pas que.
02:00Donc, il y a de la formation initiale, l'apprentissage.
02:02Et après, sur la formation tout au long de la vie, c'est-à-dire la formation professionnelle,
02:06c'est le fait de ne nous vouloir ne pas être obsolète.
02:09Vous savez, le monde va très vite.
02:11Il y a des nouvelles technologies.
02:12On va sans doute en parler.
02:13On va parler d'IA, oui, forcément.
02:14Et donc, si vous voulez, la seule façon de ne pas être obsolète, c'est de se former.
02:17Et c'est ce qu'on fait de notre côté.
02:19Et la dernière activité, c'est la gestion des infrastructures régionales.
02:23Oui, ce que tout le monde ne soupçonne pas forcément.
02:25Quand on parle d'infrastructures, c'est quoi ? Des ports, des aéroports ?
02:28Alors, pour être très précis, il y a des centres d'accueil des entreprises,
02:32où les entreprises peuvent avoir quelques mètres carrés.
02:35Donc là, c'est à peu près la moitié.
02:37Il y en a 250.
02:38Nous avons 110 ports, à la fois commerciaux, de plaisance, etc.
02:43Nous avons 50 aéroports.
02:45Et après, il y a des centres déconcrits pour un total de 580.
02:48Nous sommes le premier gestionnaire en France d'infrastructures régionales.
02:52Alors, elles ont une particularité.
02:53Parce que vous savez que les grosses infrastructures, on les a perdues au profit du privé.
02:58Et donc, ça ne me gêne pas du tout.
03:00Moi, ce qui m'intéresse, c'est ces petites infrastructures qui font la vie économique des territoires.
03:04Et sans celles-ci, on ne pourrait pas développer des territoires.
03:07Et c'est ça la première mission des chambres de commerce et de l'industrie,
03:10qui sont des établissements publics.
03:12C'est l'orientnement des territoires.
03:13Mais ces infrastructures, est-ce qu'elles sont rentables ?
03:16Ou est-ce qu'on les maintient, justement, pour qu'elles permettent aux territoires de garder une attractivité économique ?
03:21Alors, donc, elles sont juste rentables.
03:25D'accord.
03:25Mais la rentabilité, c'est une rentabilité seconde que l'on cherche.
03:28Il nous faut une rentabilité primaire.
03:30C'est la rentabilité pour rénover, éviter l'obsolescence, etc., et faire vivre l'infrastructure.
03:35Mais la rentabilité secondaire, qui est la plus importante pour nous, c'est le retour sur l'investissement sur les
03:41territoires.
03:41Il n'existe pas de territoire qui se développe sans infrastructures.
03:44C'est notre métier.
03:45Et donc, on s'est fait cette spécialité d'infrastructures peu rentables,
03:50donc économiquement, mais très rentables pour les territoires.
03:52Il y a un mot important, c'est le mot réseau.
03:55Pourquoi il est important ?
03:57Réseau, premièrement, alors, ça me touche vraiment, le réseau, parce que c'est un petit peu ma philosophie.
04:01Je parle du principe, si vous voulez, qu'il y a tellement de choses à faire.
04:07Vu la taille du monde et ce que nous représentons,
04:09il est illusoire d'imaginer que l'homme seul va réussir, ou l'institution seule va réussir.
04:14Donc, c'est un réseau, pourquoi ?
04:16Parce qu'on est là pour démultiplier les efforts, les actions.
04:19Donc, on le fait au sein du réseau des chambres de commerce et de l'industrie.
04:22Mais moi, ce qui m'intéresse, c'est le réseau des entreprises, c'est le réseau de l'économie.
04:24Et donc, on voit les challenges qui sont en face de nous.
04:27Donc, on se dit, arrêtons de rêver.
04:29Il faut s'associer, il faut prioriser et déployer ensemble avec une grande efficacité d'exécution.
04:34C'est ça le réseau.
04:35Et le réseau, il est forcément, pas forcément, mais il est souvent public-privé ?
04:40Parce qu'on a cette image de deux mondes qui ont parfois eu du mal à communiquer entre eux,
04:48qui ne parlaient pas le même langage.
04:50Vous, finalement, vous faites la synthèse entre les deux.
04:52C'est marrant parce qu'il n'y a pas la première fois qu'on me parle de ça.
04:54Mais effectivement, on est une bonne incarnation de l'intégration du public et du privé.
04:59Maintenant, quant à l'idéologie qui consisterait à dire que les deux mondes ne se marient pas, ne peuvent se
05:04marier.
05:04Je crois qu'il faut tout de suite oublier.
05:06Il va y avoir l'état des finances publiques de la France et d'autres pays européens d'ailleurs, voire
05:10au niveau mondial.
05:11Rien ne peut se faire sans le privé.
05:13Et la véritable force et la quintessence de l'économie d'un pays, c'est ce maillage qu'on peut
05:17avoir,
05:17c'est ce lien qu'on peut avoir, c'est ce réseau peut-être qu'on peut avoir entre, d
05:20'une part, une force publique importante
05:22et une force privée qui peut amener des initiatives et des capitaux.
05:26Alors, vous êtes aussi, CCI France, une vigie du moral des entrepreneurs français,
05:31puisque vous avez un baromètre mensuel pour évaluer ce moral.
05:34Comment ils vont en ce moment ?
05:35Ben, il ne va pas.
05:36Il ne va pas dire le contraire.
05:37Je vous ai allé un peu vite sur le sujet.
05:40Il ne va pas et c'est inquiétant.
05:42Il ne va pas parce qu'on a une chance dans cet établissement public qui est très vieux.
05:45Vous savez, c'est Henri IV qui a rêvé les chambres de commerce et d'industrie.
05:48Et en ce qui concerne le moral des entreprises, depuis 2015, tous les mois, on sondre nos entrepreneurs.
05:53Donc, on a eu l'occasion d'affiner les panels, d'affiner les questions, etc.
05:58Et il y a quatre questions qui ressortent tous les mois depuis 2015.
06:04Premièrement, donc, l'indicateur d'optimisme.
06:06Le dernier indicateur d'optimisme, c'est à 55.
06:09Au minimum, il a été à 49 lorsqu'on a fait le shutdown.
06:12On a tout fermé pendant le Covid.
06:14Donc, on est quasiment au niveau de la crise Covid-19.
06:16On est au Covid.
06:17Et la moyenne longue période est à 110.
06:20Donc, voilà où on est.
06:21Donc, divisé par deux par rapport à la moyenne longue période.
06:24Deuxième, les autres questions, les trois autres questions que l'on pose,
06:27c'est quelle est votre confiance dans votre entreprise, dans l'économie française et dans l'économie internationale ?
06:32L'entreprise, la confiance en son entreprise, c'est plus de 50% des entrepreneurs qui ont confiance dans leur
06:37entreprise.
06:38Mais c'est à peu près 30 points de moins que ce qu'on avait en régime nominal.
06:42D'accord ?
06:42Là où ça chute, malheureusement, d'une façon extraordinaire, c'est la confiance dans l'économie française.
06:46Il n'y a que 9% des entrepreneurs qui ont confiance dans l'économie française pendant la période Covid,
06:51quand on a tout fermé, c'était 11%.
06:53Et la confiance dans l'économie mondiale, elle n'est au minimum, elle est à 11%.
06:56Ça veut dire quoi ?
06:57Ça veut dire qu'aujourd'hui, dans l'état d'esprit de nos entrepreneurs,
07:01qui ne sont pas des gens négatifs, ils se lèvent tous les matins pour essayer d'avancer.
07:04Non, l'optimisme, c'est une qualité obligatoire, je pense, quand on est en cours.
07:06Voilà, parce qu'autrement, on fait autre chose.
07:08Donc, dans l'état d'esprit, cet état d'esprit est incompatible avec plus de croissance,
07:13plus d'investissement et plus d'emploi.
07:14Et d'ailleurs, on le voit dans les chiffres.
07:16Les chiffres du premier trimestre sont trompeurs.
07:18On dit qu'on est flat en termes de croissance.
07:21Si on enlève le stock, puisqu'il ne vous a pas échappé qu'on ait peut-être des petits problèmes
07:24d'approvisionnement,
07:25on est à moins 0,7%.
07:27À moins 0,7%, donc on est négatif.
07:31Si vous regardez les chiffres du chômage, 8%, record.
07:34Si vous regardez les chiffres des difficultés des entreprises sur 12 mois glissants, on est à 70 000.
07:39Donc voilà, on n'investit pas beaucoup, on investit moins, on consomme moins.
07:43Et donc, on atteint un big bang quelque part dans ce pays.
07:46On attend peut-être quelques bonnes nouvelles.
07:48Oui, effectivement, tout le monde les attend.
07:50Mais alors, je vais reprendre deux des aspects, le contexte économique français et le contexte international.
07:57Sur l'aspect français, je vais le lier à l'actualité politique.
08:01On sort de… on ne sort pas d'ailleurs, on est en plein, dans deux années, on va dire, de
08:06chaos provoqué par la décision de dissoudre l'Assemblée.
08:10Et on va encore attendre un an avant d'avoir un pouvoir politique validé par les urnes et, espérons-le,
08:17solide.
08:18Ce n'est pas encore garanti.
08:19Ça veut dire encore un an d'attentisme pour les chefs d'entreprise ?
08:22Vous êtes très optimiste parce que ce n'est pas un an.
08:24Parce qu'il ne vous a pas échappé que pour mettre en marche la mécanique, il faut quelques mois.
08:28Donc, en face de nous, nous avons un trou noir de 18 à 24 mois.
08:32Ce qui est totalement incompatible avec les capacités de la France aujourd'hui.
08:36Voilà.
08:36On ne te passe par mettre ce trou noir.
08:38Et moi, c'est le message que je porte.
08:39Mais on ne va pas y échappé à nos acteurs.
08:41Ben si, il faut lutter.
08:42Je crois qu'il faut être des rebelles.
08:43Je crois qu'il faut faire des propositions.
08:45C'est ce qu'on fait.
08:45Moi, j'ai fait dix propositions au Premier ministre.
08:47On est en train de travailler là, sans doute, pour resonder nos entrepreneurs,
08:51pour retrouver la quintessence des besoins des entreprises.
08:53Et là-dessus, on doit agir.
08:54On doit se violer, se pousser à agir.
08:58Parce qu'autrement, on va tout détruire.
09:00Mais avec la difficulté d'une majorité ou d'une absence de majorité politique pour le faire.
09:06Sébastien Lecornu a beaucoup d'habileté,
09:08mais il a l'une des plus faibles majorités de l'histoire des premiers ministres de la Ve République.
09:12Bref.
09:14Donc, malgré tout, vous pensez qu'il peut avoir une capacité à faire avancer un certain nombre de réformes structurantes
09:18?
09:19Oui, je crois qu'il y a des propositions.
09:21On en reparlera peut-être.
09:22Moi, j'ai quelques idées.
09:23Ça tient en cinq verbes sur lesquels on pourrait travailler.
09:26Et donc, après, il faut forcer notre destin.
09:29Il y a un parlement, il existe.
09:30Moi, je rencontre tous les parlementaires, qu'ils soient de droite ou de gauche.
09:34Donc, je rencontre tout le monde.
09:35Et j'essaie de faire passer des idées.
09:37Pourquoi des idées et des actions ?
09:39Surtout des actions.
09:40Je crois que le concept, c'est vachement intéressant.
09:43Mais ce qu'il faut, c'est l'exécution.
09:45Voilà.
09:45Il y a quelques idées très simples à mettre en place
09:47qui nous permettraient de gagner quelques points de croissance
09:50qui sont fondamentaux pour notre pays
09:52et faire quelques économies.
09:53Ce qui n'est pas de reste chez nous non plus.
09:56Est-ce qu'il va falloir que les patrons, on se voit,
09:59parce qu'il va y avoir ce grand rassemblement annuel de la CPME au Parc des Princes,
10:05est-ce qu'il faut qu'ils pèsent sur la campagne présidentielle ?
10:07Et si oui, comment ?
10:08Je crois qu'il faut inspirer.
10:10Il y a deux choses.
10:12Inspirer et avoir des, comment dire en français, des commitments.
10:15Voilà, je veux dire, ce n'est pas open bar,
10:17être président de la République ou être ministre.
10:19Je crois qu'il y a des engagements.
10:21Et nous, on doit être...
10:22Là où on doit être bon, d'un côté, le monde patronal,
10:25ou le monde de l'entreprise, je préfère utiliser ce mot-là,
10:27là où on doit être bon, c'est qu'on doit avoir une voix.
10:30Une seule voix.
10:32Et on doit avoir quelques propositions synthétiques.
10:34Ce n'est pas 100 propositions, c'est 10 au maximum,
10:36tous alignés là-dessus.
10:38Et donc, notre boulot, c'est d'expliquer pourquoi c'est bon pour la France,
10:41pourquoi c'est bon pour notre économie,
10:42pourquoi c'est bon pour nos concitoyens,
10:44et faire en sorte que les candidats s'engagent auprès de nous.
10:48Alors, on dirait, les engagements, on peut changer.
10:50Mais déjà, un engagement devant nos concitoyens
10:53et en amont d'une campagne présidentielle, c'est fondamental.
10:56Donc, on doit chercher l'adhésion, la compréhension des candidats,
11:00et ensuite, on doit chercher l'engagement de nos candidats,
11:02la présidente de la République.
11:03Ce sera un mandat définitivement extraordinairement important,
11:07le futur mandat présidentiel.
11:08Et donc, il faut parler à tous les candidats et les candidates ?
11:11Je crois qu'est-ce qui peut se passer ?
11:13Il y a un candidat qui ne vous plaît pas,
11:14ou une candidate qui ne vous plaît pas, qui est élue.
11:17On laisse mourir la France ?
11:19On ne peut pas laisser mourir la France.
11:20Ou alors, on change de métier.
11:21Il faut soutenir l'entreprise.
11:23Après, on peut avoir nos visions politiques,
11:25nos aspirations politiques.
11:25Mais au bout d'un moment, si on reste dans le bateau France,
11:28il faut que ce bateau avance.
11:30Et donc, il faut inspirer tout le monde.
11:32Ensuite, il y a le contexte économique et géopolitique international.
11:37Je vais poser une question très cash.
11:39Est-ce que Donald Trump est en train de plomber l'économie mondiale ?
11:41Oui, bien sûr.
11:42Bien sûr.
11:43Et je crois qu'il plombe la sienne aussi,
11:45parce que, courte période, il peut gagner un tout petit peu,
11:48mais longue période, si vous voulez.
11:50Bon, malheureusement, c'est un client,
11:51ou heureusement, c'est un client et un fournisseur du monde.
11:54Donc, on ne peut pas imaginer des États-Unis, aujourd'hui,
11:57qui seraient hyper prospères,
11:59et puis le reste du monde qui seraient en train de crever la dalle.
12:00Ça ne marche pas.
12:02Donc, on a à la tête des États-Unis, je le crois,
12:06un monsieur qui est difficilement contrôlable.
12:09Donc, il faut que ça devienne...
12:10Il faut comprendre qu'on vit dans une période d'instabilité.
12:12Et là-dessus, il n'y a qu'une voie, pour moi.
12:15C'est la négociation.
12:17La négociation, ça veut dire qu'à la fois avec la carotte et le bâton,
12:20si je puis le dire ainsi, c'est-à-dire qu'il faut négocier.
12:21L'Europe doit négocier.
12:23– Est-ce qu'elle le fait bien ?
12:24– Elle le fait, bon, est-ce qu'elle le fait bien ?
12:26– Avec ses faiblesses intrinsèques, c'est-à-dire décider à 27, etc.
12:30– Voilà, donc, j'étais avec ces journées hier.
12:34Ce n'est pas facile d'être à l'Europe et dans la gouvernance européenne,
12:36parce qu'on n'est pas aligné.
12:37Regardez, on a un grand projet d'investissement à lancer,
12:40on a un grand plan à lancer pour la prochaine mandature,
12:43et donc, on a du mal à faire voter.
12:45Voilà, il faut sans doute voir un petit peu le système de vote,
12:48de délibération européenne,
12:49parce que, vous savez, des majorités ex-excessivement qualifiées
12:53ou quasiment à l'unanimité, ça ne marche pas dans notre monde.
12:56Est-ce qu'elle le fait mal ? Je ne sais pas.
12:57En tout cas, elle essaie de le faire.
12:59Mais ce qui est sûr, c'est qu'elle a été surprise, l'Europe.
13:02– Oui.
13:02– Après, ça peut être une opportunité aussi,
13:06parce qu'un pôle américain instable
13:12qui inquiète potentiellement des investisseurs,
13:14ça peut être une chance pour l'Europe de les attirer.
13:16– Oui, oui, alors, on a vu Chouche-Stance hier,
13:18on a tiré des investissements,
13:19mais, enfin, je veux dire,
13:21après, on peut tout se dire dans la vie,
13:23mais on ne peut pas se passer du pôle Amérique.
13:25Voilà, c'est un débouché extraordinaire,
13:27c'est un tiers du business mondial,
13:29donc, ce qu'il faut, c'est soit patienter qu'il ne soit plus là,
13:32soit faire en sorte que, pendant qu'il est là,
13:34il puisse un petit peu infléchir ses positions
13:37qui ne sont pas bonnes, ni pour les États-Unis,
13:39et beaucoup d'Américains,
13:41moi, je suis en contact périodiquement avec des Américains,
13:43comprennent que ce n'est pas bon pour eux,
13:45ni pour les États-Unis, ni pour l'Europe, ni pour le monde.
13:47– Et l'Europe et ses 450 millions de citoyens et de consommateurs,
13:52on ne peut pas non plus s'en passer quand on est Américain
13:53ou Chinois, d'ailleurs, il faut avoir ça dans l'équation.
13:56– Permettez-moi de revenir là-dessus.
13:57Vous voyez, 450 millions de consommateurs,
14:00peut-être qu'on ne l'a pas assez compris en Europe,
14:02entre nous.
14:03Le premier business doit se faire entre nous.
14:05Et en termes de stratégie à l'international,
14:07ce que je dis, la priorité des priorités,
14:09c'est le business qu'on doit faire en Europe, entre nous,
14:12où il n'y a pas de frontières,
14:13où on a une communauté d'intérêts, c'est l'Europe.
14:15Même si on est différent, même si c'est à part faire,
14:18faisons du business entre nous,
14:19et ça peut nous permettre de tenir un certain nombre d'années.
14:22– Alors justement, je vais ouvrir le chapitre consacré
14:23à la RSE, Responsabilité sociale, sociétale et environnementale
14:27des entreprises, par une question sur l'Europe.
14:29On assiste, alors il y a deux façons de voir les choses,
14:32un détricotage du pacte vert, du Green Deal,
14:35avec ses lois omnibus.
14:36On peut considérer que c'est un recul en arrière,
14:39ou alors on peut dire, c'est une simplification bienvenue.
14:41Vous vous placez de quel côté ?
14:44– Je veux dire un truc, moi je trouve que c'est intelligent.
14:46Tout simplement, c'est intelligent.
14:48On ne peut pas être premier de cordée sur tous les sujets.
14:52D'accord ?
14:53L'environnement, ce n'est pas une question européenne,
14:55c'est une question mondiale.
14:56D'accord ?
14:57Si, parce que vous allez trop loin dans l'environnement,
14:59et je suis favorable à une politique de verdissement de nos économies,
15:03mais si vous allez trop loin et que vous détruisez votre économie,
15:06vous mourrez en bonne santé.
15:07Ce n'est pas ce qu'il faut faire.
15:08Voilà, et donc je trouve qu'on est allé très loin sur certains sujets,
15:12et donc le fait aujourd'hui de simplifier, d'amender,
15:15vous prenez le terme qui vous plaît,
15:17ce n'est pas une reculade, c'est du bon sens, c'est intelligent.
15:19Voilà, donc je crois qu'il faut être pragmatique.
15:22Je crois que dans les politiques qu'on peut avoir sur plein de sujets,
15:26il faut bien sûr avoir l'intention, il faut avoir l'ambition,
15:29il faut avoir la stratégie,
15:30mais à un certain moment, il faut avoir le sens des réalités,
15:32et adapter la stratégie, donc, aux réalités.
15:34Il y a ces amendements, ils sont les bienvenus.
15:38Mais est-ce que ça n'envoie pas un message aux entrepreneurs français et européens
15:43de dire, bon, après tout, on peut ralentir sur la transformation environnementale ?
15:50Non, écoutez, je crois que ce n'est pas le cas.
15:52Premièrement, je vais vous parler de la France.
15:54Donc, on a fait un accompagnement qui a été,
15:56c'était ma première priorité sur les trois premières années de mon mandat,
15:59le verdissement de l'économie.
16:01Il n'existe pas une entreprise que je rencontre,
16:03et vous savez, on en voit à peu près un million par an,
16:06qui n'est pas lancée d'initiative là-dessus.
16:08Même les toutes petites ?
16:09Même les toutes petites. Pourquoi ?
16:10Parce qu'il y a déjà l'économie d'énergie.
16:11Enfin, il ne faut pas rêver.
16:12Je peux vous dire qu'aujourd'hui, on s'excite un peu sur le sujet.
16:15Donc, tout le monde est sensibilisé au sujet.
16:17D'accord ?
16:18On a tous fait des opérations,
16:19et maintenant, qu'il y ait une petite pause,
16:21parce qu'on a aussi des technologies à implémenter,
16:23parce que le business est plus compliqué, etc.,
16:26c'est légitime.
16:27Et n'oubliez jamais le point suivant,
16:30c'est qu'une entreprise ne se bat jamais contre ses clients,
16:32contre son marché, contre son économie.
16:34Je prends un exemple.
16:35On a tous compris qu'on aurait un carbon score.
16:38C'est comme le Nutri-Score, A, B, C ou D.
16:41Vous êtes A ou B, on vous achète.
16:42Vous êtes C ou D, on ne vous achète pas.
16:44Donc, ça, c'est clair dans la tête des entrepreneurs.
16:46Donc, le verdissement, c'est clair en termes de composantes commerciales
16:50et même de recrutement.
16:51Les jeunes ne veulent pas travailler dans le D ou le C.
16:53D'accord ?
16:54Ça, c'est le premier point.
16:55Deuxièmement, on a tout compris qu'il y avait des savings à faire,
16:57des économies à faire.
16:59Et troisièmement, on voit le sens de l'histoire
17:01et ce qu'il faut pour notre planète.
17:02Donc, si vous voulez, c'est fermement ancré,
17:04un petit pas de côté.
17:05D'un temps en temps, ça pourrait vous permettre de mieux vous relancer.
17:07Et c'est ce qu'on est en train de jouer aujourd'hui.
17:09Est-ce qu'il y a beaucoup, je reviens à la présentation
17:12que vous avez faite, CCI France,
17:14de formations d'accompagnement qui portent sur ces questions
17:17de stratégie de transformation ?
17:18C'est terrible.
17:18C'est terriblement important, si vous voulez,
17:19parce que l'an dernier, on a sensibilisé 120 000 entreprises.
17:23D'accord ?
17:24Et on a accompagné, c'est-à-dire une émission
17:26entre 1 et 5 jours en moyenne,
17:29à peu près 20 000 entreprises.
17:30Donc, là-dessus, on a vraiment fait le travail.
17:32Et là, on est un bac de fondamentaux,
17:35pour le dire en anglais.
17:36On repart sur les fondamentaux, c'est quoi ?
17:38Il y a une période de crise énergétique
17:40et on va sur les économies
17:42et sur l'empreinte carbone.
17:43On a un petit outil qui s'appelle Lise,
17:44que l'on diffuse,
17:45qui permet de mesurer votre empreinte carbone
17:47et de faire des économies d'énergie.
17:48C'est là-dessus qu'on est focalisé
17:50et il y a beaucoup d'enthousiasme
17:51des entreprises françaises sur le sujet.
17:53L'électrification ?
17:55Alors, les crises sont souvent
17:56des accélérateurs de changement.
17:57L'électrification, vous l'annoncez,
17:59je ne sais pas si elle ira aussi vite
18:01que prévue par le Premier ministre,
18:03dans la foulée de cette crise énergétique
18:07déclenchée par la guerre au Proche-Orient.
18:08Vous pensez qu'elle va assez vite ?
18:11Comment vous l'analysez, ça ?
18:12Alors, vous savez que j'ai fait toute ma carrière
18:14dans l'électricité.
18:15Vous ne le savez peut-être pas,
18:15j'ai 35 ans, 38 ans d'électricité.
18:18Donc, je faisais des logiciels pour l'électricité.
18:19Des logiciels pour l'électricité, voilà.
18:22L'électricité, l'électricité.
18:23IGE plus ExaO, c'était ça.
18:25Exactement.
18:25Et Schneider, aujourd'hui,
18:26donc j'ai vu que Schneider a signé
18:28un beau contrat hier, c'est magnifique.
18:31L'électrification, c'est une évidence.
18:33Une évidence, si vous voulez.
18:34Et moi, je suis malheureux, si vous voulez,
18:36qu'on ait perdu des années imaginées,
18:38aujourd'hui, sur le nucléaire, je parle,
18:40qui est une énergie verte,
18:41qui est une énergie qui n'est pas chère,
18:43et qu'on sait produire chez nous.
18:45Imaginez qu'on n'ait pas perdu ces 10 ans
18:47ou ces 5 ans sur le sujet.
18:49Aujourd'hui, vous aurez une disponibilité
18:52d'énergie verte extraordinaire.
18:54Voilà.
18:54Donc, l'électricité, dans tous les cas,
18:57c'est un usage, c'est une utilité
18:59dont on a de plus en plus besoin.
19:01Et ce n'est pas que la voiture électrique.
19:02Parce que c'est une énergie facile à consommer.
19:05C'est une énergie facile à maîtriser.
19:08Un peu de stockage à gérer,
19:10mais bon, là, il faut y travailler.
19:11Mais l'électrification, c'est sans doute
19:13l'avenir, si vous voulez, de l'énergie.
19:17Un bémol, quand même, sur la voiture électrique,
19:19j'en ai entendu, qu'on fabrique.
19:21Il faut trouver des composants
19:24pour se substituer aux terres rares.
19:26Parce que si vous fabriquez des batteries,
19:28quand vous dites, mon ami,
19:29des approvisionnements, il n'y en a plus demain,
19:30vous allez vous retrouver,
19:31on va se trouver comme des idiots,
19:33on va dire autre chose,
19:34avec des usines vides.
19:36Voilà.
19:36Donc, il y a toute une volonté,
19:38d'ailleurs, qui fait partie de la volonté de la France,
19:40de se désensibiliser,
19:42donc, par rapport à ces matériaux,
19:44pour que ce qui est électrique,
19:46que nous fabriquons,
19:46comme des aimants,
19:47comme les batteries, etc.,
19:49nous ayons notre souveraineté européenne,
19:51un minima là-dessus.
19:52Parce qu'on en est loin,
19:53c'est la Chine raffine 90% des terres rares.
19:57Et les usines, c'est 80-90%.
19:58Donc, mais, attendez,
20:00on a des chercheurs,
20:00on a des grandes écoles,
20:03on a des belles universités,
20:04mettez-vous au boulot sur le sujet,
20:05c'est un sujet de souveraineté nationale.
20:07Et surtout, si on va tous là-dedans,
20:09il ne faut pas se retrouver dans un cul-de-sac.
20:11Vous dites sur le Made in France,
20:12si on va ouvrir un petit chapitre là-dessus,
20:13ne pas acheter français coûte plus cher.
20:15Pourquoi ?
20:16Parce que comment vous payez votre système social ?
20:20Comment vous payez tout ce qui fait la différence de la France ?
20:23Comment vous payez vos infrastructures ?
20:27Le français doit choisir.
20:28Moi, j'appelle ça le grand carrefour, si vous voulez.
20:31Il faut choisir ce qu'on veut.
20:33Est-ce que vous voulez conserver vos emplois en France ?
20:36Est-ce que vous voulez que vos enfants travaillent toujours en France ?
20:38Ou alors, ils peuvent aller travailler aux États-Unis, en Chine ?
20:41Vous voulez, d'ailleurs, tout est possible.
20:43Est-ce que vous voulez maîtriser, conserver des infrastructures ?
20:45Est-ce que vous voulez conserver un rayonnement de ce pays ?
20:48Est-ce que vous voulez conserver le régalien dans la sécurité
20:51dont on parle beaucoup dans ce pays ?
20:52Ou est-ce que vous voulez arrêter ?
20:54Si vous voulez conserver ça, ce n'est pas compliqué,
20:56il faut consommer français.
20:58Il n'y a pas d'autre solution.
21:00Deuxièmement, peut-être, puisqu'on parlait de l'environnement,
21:02je rappelle que la meilleure solution pour Verdir,
21:05c'est de fabriquer ici.
21:07Oui, vous allez éviter les transports, etc.
21:10Donc, je crois que le français doit réfléchir.
21:13Est-ce qu'il veut faire ?
21:14Et je sais que c'est difficile pour beaucoup de français,
21:16mais il y a des choix à faire.
21:17Est-ce qu'on préfère faire une économie de 3, 4, 5, 10 % et ruiner le pays ?
21:24Ou est-ce qu'on se dit, bon, maintenant, je vais faire un peu comme les autres,
21:27comme les Américains, comme les Allemands d'ailleurs,
21:29et dire, voilà, au faux, j'ai une petite préférence pour mon pays, quoi.
21:33Et il le mérite, dans tous les cas.
21:34Ça vaut pour l'IA générative.
21:37Il y a une entreprise française qui s'appelle Mistral AI.
21:40Moi, à chaque fois que je croise quelqu'un qui est sur ChatGPT ou un autre,
21:42je lui dis, mais pourquoi tu n'utilises pas le chat ?
21:45Il faut utiliser Mistral, déjà.
21:49Oui, après, on est sur des choses qui nous échappent un petit peu.
21:53C'est un petit peu mon métier.
21:54Oui, oui, parce que vous avez vendu des logiciels pendant...
21:57Oui, oui, et puis j'ai commencé par une thèse en intelligence artificielle en 1986, je crois.
22:03Oui, donc c'était assez...
22:04Mais vous y croyez un champion français de l'IA, de l'IA générative ?
22:09Non.
22:09C'est trop tard ?
22:10Non, ce n'est pas que j'y crois.
22:12Je veux dire, elle ira en bourse, la boîte.
22:15Et puis, une fois qu'on est en bourse, on est mondial, quoi.
22:18Mais ce qui est important, si vous voulez, c'est d'avoir cette technologie qui soit française,
22:22c'est qu'on ait développé des usages.
22:24Il y a les moteurs, donc, qui sont une chose, les moteurs d'intelligence artificielle.
22:29Donc, ce sont des bébêtes un peu complexes.
22:30Il y a quelques leaders que vous avez cités, etc.
22:32Et après, il y a des usages.
22:33Moi, ce qui m'intéresse, c'est qu'on développe des usages.
22:36L'IA pour le boulanger, l'IA pour le boucher, l'IA pour le garagiste,
22:41qui va nous permettre de gagner quelques petits points de compétitivité.
22:44Vous savez, quelle est la différence entre un pays qui gagne et un pays qui perd ?
22:47C'est trois points de PNB.
22:50Ou deux points de PNB, c'est entre 1% de croissance et 3%.
22:54Et ça, avec l'IA, on peut l'avoir.
22:55Donc, ne soyez pas focus, c'est bien d'avoir Mistral, sur les moteurs.
23:01Développons des usages et déployons-les.
23:03OK, mais il y a quand même une question de souveraineté, de souveraineté des données.
23:07Ah, ça, c'est autre chose.
23:08Oui, mais ce n'est pas rien, parce que c'est un peu le pétrole de ce siècle.
23:11C'est une super bonne question.
23:14C'est mon sujet.
23:15D'accord ?
23:16On sait travailler sur la souveraineté des données.
23:18C'est-à-dire, vous pouvez avoir plusieurs moteurs d'IA.
23:20Pas forcément français.
23:22Pas forcément français, qu'on s'est isolés.
23:24D'ailleurs, il y a de l'open source aussi.
23:25Et qu'ils vont travailler sur des données qui seront protégées et résidentes.
23:28Ça, on sait faire la décomposition.
23:30Et on sait même avoir des couches interface qui permettent, avec un même langage, d'attaquer plusieurs moteurs.
23:36Voilà.
23:37Là-dessus, c'est très intéressant, ce que vous dites, parce que c'est sans doute là-dessus qu'il
23:40faut travailler en termes de souveraineté.
23:41Je ne pense pas qu'on ait le monopole d'un moteur d'IA.
23:44Non, la vie n'est pas comme ça.
23:46D'accord ?
23:46Mais par contre, se dire qu'on est indépendant des moteurs d'IA,
23:49et qu'on doit préserver deux choses, nos scripts, nos prompts, si vous voulez, d'un côté,
23:54c'est-à-dire votre matière intellectuelle et d'autre part vos données,
23:57ça, c'est une bonne idée.
23:57Et c'est là-dessus qu'on a travaillé et on doit ajouter des usages.
24:00Oui.
24:01Et est-ce que, tiens, on a parlé de formation en matière RSE environnementale.
24:05Sur l'intelligence artificielle, ça m'intéresse aussi de savoir où vous en êtes.
24:08Parce qu'il y a pas mal d'entreprises qui sont un peu dépassées par l'usage de l'IA
24:14génératif,
24:14par leurs collaborateurs.
24:16Oui.
24:16Et qui, justement, n'ont pas forcément protégé ce qui fait la spécificité,
24:23parfois même le cœur business de l'entreprise qui, d'un seul coup, est offert aux moteurs d'IA.
24:29Oui.
24:29Alors après, vous savez, les moteurs savent déjà faire plein de choses.
24:33Donc après, il vaut me protéger, bien sûr, mais la vie, elle est comme ça.
24:36Vous savez, malheureusement, on n'est pas que dépassé par nos collaborateurs,
24:40on est dépassé par nos clients.
24:41Et c'est là que ça devient emmerdant, c'est le sujet.
24:44Donc l'idée, si vous voulez, c'est de se remettre au niveau.
24:46C'est un vrai sujet d'IA.
24:47On sait que c'est un sujet hyper disruptif.
24:49Moi, je peux vous parler de mon expérience professionnelle.
24:52Ce qui avant, donc, coûtait, entre guillemets, plusieurs milliers d'annéums de travail.
25:00Aujourd'hui, on peut imaginer que ce soit quelques dizaines, un rapport de 1 à 100.
25:03Vous voyez, donc il y a un facteur important.
25:05Bon, donc, de tout ça, qu'est-ce qu'on peut dire ?
25:07C'est que premièrement, on n'a pas le choix, il faut y aller.
25:09Parce que si on n'y va pas, nos collègues vont le faire partout dans le monde.
25:13Deuxièmement, il ne faut pas y aller tête baissée.
25:14Bon, les données, les technologies, etc.
25:17Mais surtout, qu'est-ce qu'on fait ?
25:19Comment on le fait ?
25:19Et comment, entre guillemets, on réutilise nos talents ?
25:24Comment on va former, on va réorienter nos talents ?
25:27Parce que l'IA, on va être obligé d'y aller.
25:29Si on y va la tête dans le guidon, qu'est-ce qui va se passer ?
25:32On va avoir une casse sociale extraordinaire.
25:35Extraordinaire, ça veut dire pas bonne.
25:37Et voilà, donc là-dessus, il y a un énorme travail à faire.
25:39On peut l'éviter encore la casse sociale ?
25:40Oui, on peut l'éviter.
25:42Alors, on n'est pas les champions de l'anticipation.
25:44Mais ça, j'en parlais avec Clément Bonne, donc le haut-commissaire au plan.
25:48Là-dessus, il faut vraiment bosser.
25:49Parce qu'il y aura de la casse.
25:51On voit très bien les gains de main-d'oeuvre qu'on peut avoir sur le sujet.
25:54Mais on a des besoins à côté, donc il faut y aller, quoi ?
25:56Il nous reste deux minutes.
25:57Je voudrais qu'on parle des deux événements qui nous réunissent.
26:00Vous êtes partenaire de la grande assemblée des entrepreneurs organisée par la CPME.
26:0525 juin au Parc des Princes.
26:07Bismarck, évidemment, sera présent.
26:094 000 personnes attendues.
26:10En quoi c'est majeur un rassemblement comme celui-là ?
26:12Quelle est la maladie la plus terrible d'un entrepreneur ?
26:16La solitude.
26:17La solitude, voilà, vous avez tout compris.
26:19On a besoin, entre autres, d'être en réseau.
26:21Et donc, je crois que le fait de se voir, c'est d'une part, on se remonte le moral,
26:25on échange sur nos problématiques, surtout sur des solutions, et on fait pack.
26:29Je crois que c'est important qu'on ne soit jamais isolé.
26:32Voilà.
26:32Donc, ne soyons jamais isolés.
26:33Pour ça, il faut sortir.
26:34Et allons voir nos pères.
26:36Et allons les voir avec bienveillance.
26:37Et puis, quelque part, quand on voit ses pères, qu'est-ce qu'on fait ?
26:39On a des bonnes idées.
26:40Et puis, on peut même trouver du business.
26:42Donc, c'est ce qu'il faut faire.
26:43Autre événement, la Nuit des audacieux, organisée par Bsmart4Champs.
26:4826 novembre, vous êtes sponsoring dans la catégorie audace de s'engager,
26:52qui va valoriser les entreprises qui ont réalisé justement des transformations,
26:56ce dont on parlait, numérique, écologique, RH.
26:59Là aussi, pourquoi ce point particulier de la transformation ?
27:02Vous y avez en partie répondu depuis 25 minutes.
27:05Parce que vous avez compris qu'on est dans un monde de transformation permanente.
27:08Et il ne faut plus se poser des questions, il faut y aller.
27:09Par contre, il faut accompagner, il faut aider, il faut coacher, il faut accélérer.
27:13Et donc, ça, c'est le rôle des chambres de commerce et de l'industrie.
27:15Et puis, après, le terme, l'audace.
27:17L'audace, c'est ce qui nous manque le plus, je crois.
27:19Il faut retrouver l'audace.
27:20L'audace des grands projets.
27:22L'audace d'aller de l'avant.
27:23L'audace de ne pas avoir peur de se tromper.
27:26C'est ça, l'audace.
27:27Et l'audace, c'est l'entreprise.
27:28Voilà.
27:28Donc, l'audace et la transformation, écoutez, c'est un bon programme présidentiel, peut-être.
27:33On va terminer là-dessus.
27:34Merci beaucoup, Alain Ducreschenzo.
27:36Merci encore de nous avoir accueillis ici, dans les locaux de CCI France.
27:40À très bientôt sur Bsmart Fort Change.
27:42Et on se retrouvera, évidemment, 25 juin au Parc des Princes
27:45pour la grande assemblée des entrepreneurs de la CPME.
27:49En attendant, notre Smart Impact continue.
27:52Rubrique Startup, tout de suite.
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