- il y a 10 mois
Retrouvez Le 18/19 d'Hedwige Chevrillon en replay.
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00:00BFM Business et la Tribune présente
00:02Le 18-19 d'Edwis Chevrillon
00:07Deuxième invité dans ce 18-19, c'est Alain Dicrescendo qui est le président des chambres de commerce.
00:16Bonsoir Alain Dicrescendo, merci d'être là.
00:18Vous, vous ne voyez pas la vie en rose, au contraire, vous dites que vous êtes en train de vous faire haraquerie
00:25parce que le budget 2026 prépare une diminution drastique de votre budget
00:33et je vais vous citer, vous dites un budget qui anéantit le réseau des chambres de commerce et de l'industrie
00:38l'un des derniers acteurs d'accompagnement de proximité des entreprises.
00:42On va rappeler que c'est 121 chambres de commerce sur le territoire, de mémoire, c'est ça ?
00:48Et que vous accompagnez, vous êtes le premier formateur, en tous les cas c'est ce que vous mettez en avant
00:53après l'éducation nationale bien sûr.
00:55Qu'est-ce qui se passe, qu'est-ce qui vous arrive ?
00:57Alors on a accompagné 1.134.000 entreprises l'an dernier.
01:01Qu'est-ce qui nous arrive, si vous voulez, on a découvert le projet de loi de finances
01:04et donc on a bien compris qu'il fallait faire 2% d'économie globalement,
01:08c'est en gros ça, trouver une trentaine de milliards d'euros
01:10et chez nous ça s'est transformé à 33% d'économie.
01:14Donc ça veut dire qu'on nous baisse nos ressources de 33%
01:16alors qu'on a déjà fait des économies significatives
01:20puisqu'entre 2013 et 2022, on a baissé nos ressources de 66%.
01:25Et quel est l'impact pour nous ?
01:27Parce que vous avez bien compris que si on baisse autant nos ressources,
01:30ça veut dire qu'on est un peu à l'os.
01:32Et l'impact pour nous, ça va être un plan de licenciement de 3.000 personnes,
01:36soit autant que la totalité de l'administration française en termes de suppression de postes
01:41puisque vous avez compris que c'est 3.000 postes qui devaient être supprimés.
01:44Pourquoi 3.000 postes ? D'abord, 3.000 postes juste sur combien ?
01:47Sur 14.000 personnes.
01:48Sur 14.000 personnes, oui.
01:50En 2013, nous étions 25.000, nous sommes 14.000.
01:54Et si je veux passer, c'est-à-dire qu'il faut absolument sortir,
01:59enfin supprimer, donc 3.000 postes.
02:01Et ça, si vous voulez, c'est un vrai coup de gueule
02:03parce que ce sont des effectifs et des collaborateurs qui ont fait le job
02:06et il est inadmissible de se faire sacrifier comme ça
02:09sur l'autel d'une économie qu'on ne comprend pas.
02:12Et justement, vous dites qu'on a découvert, vous n'avez eu aucune alerte avant ?
02:16On avait des petites alertes, mais ce n'était pas du tout dans ce type de montant.
02:21Et quelle est l'explication que l'on vous donne ?
02:24Aucune, bien sûr. Aucune.
02:26J'imagine que vous avez cherché à en avoir.
02:28Alors écoutez, moi ce que je comprends, c'est que si j'ai bien compris,
02:31il est plus facile de faire des économies aux chambres de commerce
02:34que d'en faire au niveau de l'administration, si j'ai bien compris, c'est ça.
02:37Je ne pense pas qu'on ait beaucoup de ministres qui nous veuillent du mal,
02:40mais je crois que c'est...
02:42Ah bah si, ils ne vous veulent pas du bien en tous les cas.
02:44Mais écoutez, je vais voir le nouveau ministre, je l'ai vu aujourd'hui d'ailleurs,
02:46dans M. Papin.
02:47Donc je n'ai pas compris qu'il nous voulait du mal et j'ai compris que...
02:50Oui, mais enfin, on ne s'en va pas être quelqu'un de très sympathique,
02:52mais les chiffres sont là.
02:54Les chiffres sont là.
02:55Moins 33%.
02:55Vous savez, c'est toujours très compliqué de comprendre ce qui s'est passé là.
02:58Pourquoi ? Parce que ce n'est pas ce gouvernement
03:00qui a fait ce projet de loi de finances.
03:03Est-ce qu'il vous a laissé espérer une modification ou quelque chose de moins fort ?
03:08Il n'en a pas les moyens de vous faire passer un tel message ?
03:11Alors, il ne l'a pas fait en ce moment, il m'a écouté, il a compris,
03:15mais je crois qu'il faut se déporter.
03:18Aujourd'hui, j'ai en face de moi non pas le ministre, j'ai en face de moi le Parlement.
03:22Donc j'ai la commission des finances qui est en train de délibérer aujourd'hui
03:25sur la base d'amendements.
03:26Donc on devrait passer entre aujourd'hui et demain.
03:29Après, nous passerons en séance, à la fois à l'Assemblée nationale et au Sénat.
03:34Et ce que je peux vous dire, et ça je suis sûr de moi,
03:37nous avons un énorme soutien des parlementaires,
03:40un énorme soutien des entreprises et des commerçants.
03:42Il suffit de regarder les réseaux sociaux.
03:44Il y a un immense soutien des collectivités.
03:45Donc je suis excitement combattant et très en colère, de façon très claire,
03:50mais je suis raisonnablement optimiste.
03:52Est-ce que vous...
03:55Je ne sais pas, est-ce qu'il y a un peu la chasse quand même aux entreprises,
03:57à celles qui reçoivent 211 milliards d'euros d'aide ?
04:02Enfin, vous voyez bien tout le discours un peu ambiant qu'on entend chez certains.
04:06Heureusement pas chez tout le monde.
04:07Mais enfin, en tous les cas, on voit bien qu'il y a...
04:09Ce n'est pas un peu à roue sur l'entreprise.
04:11Mais enfin, quand même, on voit qu'ils se disent,
04:13il y a de l'argent là, il faut qu'on aille le prendre.
04:15Est-ce que vous...
04:15On vous met dans le même paquet, forcément ?
04:18Chambre de commerce, chambre de commerce et d'industrie.
04:20Écoutez, on me met dans le paquet des économies de la sphère publique.
04:24D'accord.
04:24Alors c'est vrai qu'on est des établissements publics de l'État.
04:26Par contre, on a notre propre gouvernance.
04:29Donc on est sous tutelle de l'État.
04:30On est dirigé par des chaînes d'entreprise.
04:31Et nous...
04:32Mais c'est ça le problème, non, vous pensez ?
04:33Mais écoutez...
04:34Non, mais c'est une question...
04:35On peut quand même se la poser.
04:37Écoutez, je me suis posé toutes les questions.
04:39Je me suis posé la question de la jalousie.
04:40Ça vous paraît terrible, la jalousie.
04:42Peut-être que nous, on a su faire fonctionner des établissements publics
04:45avec 66% d'économie.
04:47Qui l'a fait ? Je ne sais pas.
04:48Sans doute pas grand monde.
04:50Voilà.
04:50Après, on se pose la question de l'euro.
04:51Peut-être qu'il y avait un peu de gras, si vous me permettez cette expression triviale.
04:53Oui, il y a toujours un peu de gras.
04:55Mais vous savez, derrière le gras...
04:56Non, mais avant.
04:57Oui.
04:57Aujourd'hui, il n'y en a plus.
04:58D'accord ?
04:59Et ça fait très longtemps.
05:00D'ailleurs, tous les corps de contrôle s'accordent à dire qu'on est arrivé à la limite.
05:04On est arrivé à l'os.
05:05Voilà.
05:05Donc je pense qu'il y a peut-être un peu de jalousie.
05:07Il y a une défiance aussi, il faut se le dire.
05:09Et puis, il y a la volonté de faire quelques économies.
05:12Donc, je dirais sur le dos de l'entreprise aussi.
05:14Parce que vous avez raison, madame.
05:16Au fond, cet argent, c'est l'argent des entreprises.
05:19Parce que vous savez que ça fait partie d'un supplément de taxes sur la CVAE, la CFE.
05:24Et donc, cet argent-là, c'est l'argent que les entreprises ont donné
05:28pour qu'elles puissent être soutenues par les chambres de commerce et d'industrie
05:31et qu'on veut leur récupérer de notre même parce qu'on ne va pas leur rendre cet argent.
05:35Une question un peu directe, mais vous me connaissez.
05:39Si on supprime les chambres de commerce et d'industrie, il se passe quoi ?
05:41Écoutez, je pense que vous avez 68 000 entreprises qui sont en défaillance,
05:46qui auront des défaillances en 2025.
05:50Oui, mais vous n'allez pas, vous ne vous empêchez pas les défaillances,
05:52vous, chambres de commerce.
05:53Vous gérez.
05:54Si, si, si, si.
05:55On est en amont des difficultés d'entreprise.
05:58Écoutez, ce n'est pas compliqué.
05:59On a mesuré la mesure d'impact des chambres de commerce et d'industrie.
06:02Ces 2,4 milliards, ne serait-ce que sur la création, le surinvestissement et l'embauche,
06:07suite à nos accompagnements, vous supprimez 525 millions d'euros d'économie.
06:12Par contre, vous allez perdre 525, 2,4 milliards, moins 525 millions d'euros.
06:17Donc, le coût pour l'État, le coût pour l'État aujourd'hui, pour la France,
06:21c'est un minima à un milliard et demi.
06:23Mais je peux vous en donner un peu plus.
06:24On fait vivre 14 000 familles.
06:26On a payé 450 millions d'euros d'impôts et taxes l'an dernier.
06:30Et on a investi 500 millions d'euros.
06:32Plus de 2,4 milliards d'euros de création de valeur.
06:35Donc, c'est ce que je dis, c'est anti-économique.
06:37Donc, ce pays qui s'appelle la France, qui est mon pays pour lequel je me bats,
06:41ne peut pas prendre des décisions à contresens.
06:42En tout cas, moi, je ferai tout pour l'éviter.
06:44Oui, mais Alain et Christian, comment vous expliquez une telle décision ?
06:48Ce n'est pas une décision, c'est une telle proposition.
06:50Oui, la décision de proposer cette économie, quoi.
06:55Écoutez, personne ne sait m'expliquer...
06:57Elle sort d'où ? Ça sort d'où ?
06:59On m'explique que ça arrive.
07:02Il y a des cabinets entre deux vacances gouvernementales.
07:05On m'explique ça.
07:07Et vous n'avez pas sûr remonter qu'il est l'auteur de cette proposition ?
07:11Si je le connaissais, je vous donnerais son nom.
07:13Mais je vous promets que si je le trouve, je le publierai.
07:16Oui, d'accord.
07:17Non, mais c'est parce que c'est quand même...
07:18Donc c'est du temps de...
07:19Je ne sais pas, justement, de Lombard, d'Éric Lombard.
07:23Alors, ça date forcément du temps d'Éric Lombard.
07:24Oui ?
07:25Et vous n'avez pas cherché à l'interroger pour savoir pourquoi ?
07:27Non, je ne l'ai pas appelé.
07:29Et alors, là, qu'est-ce qui...
07:31En fait, ce que vous espérez, c'est de convaincre les parlementaires
07:36qui, eux, représentent souvent des régions, des territoires,
07:40parce que la Chambre de commerce de Paris-Île-de-France,
07:42elle est très, très puissante, évidemment.
07:44Mais aussi, vous avez un rôle sur l'ensemble du territoire.
07:49Alors, ce qu'on explique globalement, c'est que moins 175 millions d'euros,
07:54ça veut dire globalement, sur 99 établissements publics,
07:57parce qu'on a des chambres qui ne sont pas établissements publics,
07:59on aurait 62 chambres qui seraient en faillite, d'accord,
08:03si on va jusqu'au bout, d'où l'impact sur les territoires.
08:06Et ce que l'on souhaite, nous, de notre côté,
08:07c'est qu'on arrive à ce que l'État respecte sa promesse,
08:11parce qu'on a déjà un engagement à renvoyer de l'argent.
08:14C'est quoi sa promesse ?
08:15Sa promesse, c'est de dire stabilité de la taxe pour frais de chambre,
08:17en contrepartie...
08:18Stabilité de ?
08:19La taxe pour frais de chambre, 525 millions d'euros.
08:21On ne connaît pas forcément l'expression, pardonnez-moi.
08:24Donc, de la ressource publique des chambres de commerce et d'industrie,
08:26celle pour laquelle on se bat aujourd'hui.
08:28En contrepartie, de renvoyer 100 millions d'euros de trésorerie
08:32sur 4 ans à l'État.
08:33On a renvoyé déjà 40 millions d'euros en 2024,
08:37on va renvoyer 20 millions d'euros en 2025,
08:3920 millions d'euros en 2026 et 20 millions d'euros en 2027.
08:43Ça, c'est l'engagement aujourd'hui, c'est la trajectoire.
08:45Donc, elle n'est pas gratuite, la trajectoire,
08:47pour les chambres de commerce et d'industrie,
08:48puisqu'on renvoie de l'argent au budget de l'État.
08:50Nous, ce qu'on demande, c'est que les parlementaires
08:52actent du respect de la parole de l'État.
08:55Et d'ailleurs, ils nous ont aidés là-dessus,
08:57parce qu'ils ont fait voter la loi de finances 2024 et 2025.
09:00Donc, 2026 doit être dans cette lignée.
09:02Et ce que je vois, madame, c'est qu'aujourd'hui,
09:06nos entreprises et nos parlementaires
09:08sont hyper alignés sur ce sujet-là.
09:10Il faut que l'État respecte sa parole.
09:12Est-ce que vous êtes allé voir Roland Lescure, peut-être ?
09:16Je l'ai eu au téléphone, Roland Lescure, on s'est parlé.
09:19Et lui, il vous dit quoi ?
09:20C'est plus chez lui.
09:21C'est plus chez lui aujourd'hui,
09:22parce que vous savez que la compétence des PME et des entreprises,
09:26donc la tutelle des fonds de commerce...
09:27Oui, mais vous n'êtes pas que PME.
09:28Justement, c'est pour ça que je vous pose une question.
09:30Non, mais c'est mon rattachement,
09:32le rattachement des chambres de commerce,
09:33c'est chez M. Papin.
09:35Avant, c'était sous l'ombard,
09:37c'était effectivement sous le ministère de l'Économie,
09:39mais là, ça vient de changer.
09:41Ah bon ? Et pourquoi ?
09:42Ça, il faut demander au Premier ministre.
09:44Non, ça, je ne sais pas.
09:45On en découvre toujours des choses un peu incroyables.
09:46Mais ceci dit, mon interlocuteur avec moi,
09:48c'est le ministre Papin,
09:50mais qui connaît très bien l'entreprise.
09:52Il est venu plein de fois ici, il connaît bien l'entreprise.
09:53Monsieur, qui est un homme qui est clairvoyant,
09:55qui connaît bien l'entreprise,
09:57et je suis...
09:57Non, c'est un patron de système U.
09:59Tout ce qu'il peut, modèle coopératif.
10:02Donc, modèle coopératif, c'est quelque chose
10:03par rapport au monde de l'entreprise,
10:06et qui fera, je le crois,
10:07tout ce qu'il peut pour nous soutenir.
10:09Alain Décré-Gendo,
10:10vous avez parlé des défaillances d'entreprise,
10:11donc c'est vrai qu'il y a ce chiffre
10:12qui est tombé au mois de septembre, fin septembre,
10:1466 000 défaillances d'entreprise.
10:17Pour vous, c'est quoi ?
10:20C'est un rattrapage par rapport à la crise Covid ?
10:23On revient un peu comme en 2019,
10:26c'est un peu plus, disent certains.
10:27Comment est-ce que vous, vous analysez les choses
10:29et les causes de ces défaillances ?
10:31Écoutez, ce n'est pas un rattrapage,
10:32parce que ça fait bien longtemps
10:33qu'on est sorti de la crise Covid.
10:35Ce qui est important,
10:36c'est le 7 000 défaillances sur le mois de septembre,
10:38qui est un record inégalé qu'on n'a jamais vécu.
10:40D'accord ?
10:41Donc, on va vers 68 000 sur 2025,
10:44mais c'est quoi ?
10:45C'est des entreprises qui sont affaiblies
10:47par une baisse des marges,
10:48qui sont affaiblies par un endettement
10:50qui vient pour partie de la période Covid,
10:53et puis il n'y a pas de croissance.
10:54Il n'y a pas de croissance.
10:55Et puis, il n'y a pas de croissance,
10:56il n'y a pas de morale.
10:58Donc, on n'a pas envie d'aller faire les boutiques.
10:59Moi, il y a un chiffre qui me fait peur.
11:01C'est quand Thierry Marx nous a annoncé
11:03que pendant la période estivale,
11:05où là, à priori, les gens se lâchent un peu,
11:07consomment, on a une baisse de 25 %
11:09de la consommation dans les restaurants.
11:12Donc, le signal est donné.
11:13Le français n'investit, investit moins,
11:18consomme moins,
11:18et épargne plus.
11:22Il faut qu'on arrive, si vous voulez,
11:23à ré...
11:23Donc, c'est l'hôtellerie-restauration
11:26qui est le...
11:27C'est là où il y a le plus de défaillance ?
11:28Alors, l'hôtellerie-restauration,
11:30le commerce,
11:30le BTP,
11:32les agences immobilières,
11:33on a 12 %,
11:3620 % de transactions en moins
11:39sur 2024 par rapport à 2023.
11:41En termes de création de logements neufs,
11:452024, c'est moins 11 %,
11:47mais c'est moins 28 % par rapport à 2020.
11:50Donc, on vit une crise très importante.
11:52L'automobile,
11:53on produit autant de voitures en France aujourd'hui
11:55qu'en 1960.
11:56Donc, on vit une crise multidimensionnelle
11:59en termes de taille d'entreprise
12:00et multisectorielle.
12:02Il faut en sortir.
12:03Et un changement de modèle en plus.
12:04On voit bien partout.
12:06Merci beaucoup.
12:06Merci à vous.
12:07Vous nous tenez au courant, évidemment.
12:08Ici, vous revenez comme vous voulez.
12:10Merci.
12:10Merci Alain Décré-Gendo,
12:12le président des Chambres du Commerce et de l'Industrie.
12:14On a compris,
12:15l'enjeu est quand même très très important
12:16pour les Chambres du Commerce.
12:17Merci beaucoup d'avoir été avec nous.
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