00:06Smart Ideas avec Katia Tardy, bonjour, vous êtes la cofondatrice de Andy Gaspi, vous l'avez écrit il y a
00:125 ans avec Louise Doulier et Alix Guillot, vous étiez venue nous en parler d'ailleurs dans Smart Ideas il
00:16y a quelques années, mais on va redire à nos téléspectateurs, nos téléspectatrices, c'est quoi Andy Gaspi ?
00:22Andy Gaspi, on a deux piliers forts, le handicap et l'anti-gaspi, on fabrique des biscuits à partir d
00:27'un vendu de pain et tout est entièrement fabriqué et conditionné par des personnes en situation de handicap, donc c
00:32'est des biscuits quignons et aujourd'hui on a 30 personnes en situation de handicap qui s'activent au quotidien
00:36pour la fabrication de ces biscuits et ça permet de soulever 500 baguettes de pain invendu chaque jour.
00:40Alors moi ça m'intéresse toujours de savoir, bon il y a l'idée qui est super et puis après
00:46il faut trouver la matière première, la filière elle existait, il fallait la créer, récupérer le pain, c'est si
00:52simple que ça ?
00:53Non, et puis on apprend en avançant, au départ on le faisait avec les boulangers traditionnels, les boulangeries de quartier,
00:59on s'est vite rendu compte que c'était compliqué déjà d'un point de vue logistique d'aller collecter
01:02toutes ces boulangeries pour avoir 500 baguettes de pain chaque jour, le mieux c'est qu'elles soient toutes au
01:06même endroit et qu'on n'ait pas le tour de 50 boulangeries à faire
01:08et d'un point de vue traçabilité, d'un point de vue réglementaire, il faut qu'on ait toujours les
01:12mêmes approvisionnements, qu'on sache exactement quand est-ce que le pain a été fabriqué, par qui
01:15donc c'est plutôt des produits qui sont issus soit de chaînes de boulangerie et de grosses structures, soit d
01:20'industries qui ont des produits non conformes, des produits tombés de ligne en quelque sorte
01:23qui sont trop gros, trop petits, où la baguette a été mal assurée et donc c'est vraiment ces produits
01:28-là qui n'ont même pas encore été commercialisés, auxquels on s'attaque et le gisement est conséquent dans les
01:32usines françaises.
01:33C'est ça la question que j'allais vous poser, il y a tant d'invendus ou de tombés de
01:38lignes que ça ?
01:39Oui, il y en a même tellement qu'aujourd'hui les industriels viennent nous chercher pour tous les sujets de
01:45casse en usine, en fait les gens qui nous appellent c'est des gens qui fabriquent des tonnes à l
01:49'heure
01:49donc forcément le gaspillage en pourcentage il est très faible mais quand on fabrique des tonnes à l'heure, à
01:53la fin de l'année la casse elle se chiffre en dizaines ou en centaines de milliers de tonnes sur
01:57du pain au départ
01:58mais finalement on nous appelle pour des coques de macarons, des brisures de crêpes, de brioches, de biscottes, des cosses
02:04de cacao, des matières qui sont nobles mais qui aujourd'hui sont soit envoyées au cochon soit en méthanisation parce
02:10qu'elles n'ont pas de filière de valorisation.
02:11Et alors tous ces déchets qui sont valorisés, vous pouvez tous les récupérer et en faire quelque chose ?
02:19Jusqu'à présent on pouvait les valoriser dans un autre atelier, donc nous on a un atelier semi-industriel, on
02:24fabrique 30 000 biscuits jours mais à l'échelle d'une industrie c'est très peu
02:26donc là on est en train de faire évoluer la démarche pour l'injecter directement dans l'industrie et faire
02:32en sorte qu'on puisse valoriser les gisements là où ils sont
02:34et mettre des équipes en situation de handicap directement dans les usines françaises. Donc nos pilotes c'est Tipiac et
02:39Dona sur ce projet-là pour voir comment est-ce que nous on a appris à petite échelle sur l
02:44'handigaspi
02:44on peut le mettre à disposition des gros acteurs et à travers eux avoir une force de frappe industrielle quand
02:49nous aujourd'hui on est un petit acteur.
02:51Et à leur côté, alors ça on a bien creusé la partie anti-gaspi, sur l'engagement pour favoriser l
03:00'emploi des personnes en situation de handicap
03:02je vais vous poser une question un peu provocatrice mais il y a suffisamment de handicapés pour grandir comme vous
03:11le souhaitez ?
03:11Alors là c'est comme les invendus, je pense qu'on n'est pas prêt de manquer de ressources humaines,
03:15en fait on collabore avec les ESAT, les établissements et services d'aide par le travail
03:19qui aujourd'hui sont en manque cruel d'activité parce que c'est des structures qui sont de moins en
03:22moins subventionnées par l'état
03:24et de moins en moins sollicitées par les entreprises et les industries sur les territoires
03:27donc eux ils ont toujours autant de personnes qui arrivent le matin, ils ne peuvent pas les mettre en chômage
03:30technique ou chômage partiel, ça n'existe pas
03:33et du coup s'il n'y a pas de travail...
03:35Mais moi j'avais l'impression inverse, qu'il y a de plus en plus d'entreprises qui font la
03:38démarche...
03:38Qui le communiquent de le faire sur le fait qu'ils le fassent !
03:40C'est pour ça que je vous pose la question !
03:42En fait il y a de plus en plus d'entreprises qui le communiquent mais la réalité dans les territoires,
03:45et nous on fait le tour des ESAT un peu partout en France
03:47c'est qu'il n'y a pas assez d'activités qui leur sont confiées
03:50et le Covid a coupé beaucoup de contrats ESAT où les entreprises qui elles-mêmes allaient mal ont coupé des
03:55contrats
03:55et donc aujourd'hui la plupart des ESAT n'ont pas assez de travail
03:58donc en fait les travailleurs en situation de handicap attendent derrière une table que la journée se passe
04:03alors que le fait d'avoir un emploi en ESAT ça va au-delà du fait de je gagne ma
04:06vie à la fin du mois
04:07j'ai une place dans la société, je m'épanouis, je monte en compétences
04:10et la plupart des ESAT manquent d'activités
04:12et donc nous ce qu'on fait c'est qu'on...
04:14Là jusqu'à présent on était installés dans un ESAT avec notre biscuiterie
04:17mais là on fait des équipes détachées qui vont dans les usines en France
04:20et donc là on a des équipes qui sont chez Tipiac
04:23et donc c'est bien des équipes d'ESAT qu'on détache pour aller dans les usines
04:27donc pour l'industriel c'est facile parce que c'est un peu une approche clé en main
04:30c'est beaucoup plus simple que d'avoir à faire du recrutement direct
04:32et pour les ESAT c'est hyper stimulant d'aller dans des entreprises et des industries de renommée
04:38d'aller sur des grandes lignes et dans des schémas où ils sont dans l'inclusion dans le milieu ordinaire
04:43donc en termes de mixité en plus c'est hyper puissant
04:46donc c'est vraiment ce qu'on essaie de construire avec les partenaires
04:48Merci beaucoup Katia Tardy et bon vent à Andy Gaspi
04:52Voilà c'est la fin de ce Smart Impact
04:55Je vous dis à demain pour une nouvelle émission sur la chaîne des audacieuses
04:59Il y en a une et des audacieux
05:00Salut
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