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  • il y a 2 jours
Mickaël est la preuve vivante que même après les épreuves les plus difficiles, il est possible de se reconstruire. Victime d’un terrible accident de moto à plus de 130 km/h, il a passé un mois dans le coma, subi 65 opérations chirurgicales et entendu les médecins lui annoncer qu’il ne remarcherait probablement jamais. Pourtant, au lieu de sombrer, il a choisi de transformer cette tragédie en une force et une source d'inspiration pour les autres.

Dans cette interview bouleversante, Mickaël raconte son combat pour survivre, accepter son handicap et retrouver un sens à sa vie. Il partage son parcours de résilience, sa vision positive de l’existence, son rôle de père, ainsi que son engagement dans la prévention routière. Son témoignage sincère montre comment les plus grandes batailles se gagnent souvent dans l’esprit avant de se gagner dans la réalité.

Aujourd’hui chef d’entreprise, écrivain et conférencier, Mickaël utilise son histoire pour sensibiliser, motiver et aider ceux qui traversent des périodes difficiles. Une leçon de courage, de détermination et d’espoir qui ne laisse personne indifférent. Découvrez son incroyable parcours et les enseignements qu’il tire de cette seconde vie.

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Amusant
Transcription
00:00J'ai été victime d'un grave accident de la route.
00:02Je prends mon bras gauche, ma jambe droite, ma mobilité à plus de 80%.
00:0665 opérations chirurgicales, un mois de coma.
00:09Les médecins qui vous annoncent que vous n'allez pas au marché,
00:11que vous serez en fauteuil roulant.
00:12Et vous savez que la seconde qui suit, elle peut changer parce que vous pouvez mourir en fait.
00:17Avant mon accident, j'étais beaucoup basé sur le paraître.
00:21Ma moto, elle était de couleur, jaune et noire.
00:23J'étais habillé jaune et noir.
00:24J'étais journaliste reporteur d'images.
00:26J'avais fait un grand concours en Martinique, un peu l'équivalent de la Star Academy,
00:30mais au niveau local.
00:31J'étais assez connu, donc j'avais une vie, on va dire, plutôt sympathique.
00:36Je profite de tout, de tout, des filles, des amis, de tout, de tout, de tout ce qu'il y
00:43a.
00:43On ne pense pas à demain.
00:45Pour moi, en fait, c'était loin d'imaginer que ma vie aurait eu une bascule
00:50et que ça se passe comme ça.
00:51À moto, le plus souvent, on a tendance à...
00:54Au début, on apprend.
00:56À la longue, on croit qu'on maîtrise.
00:59Et il y a juste au moment, on pense qu'on maîtrise.
01:02Et c'est à ce moment-là que c'est le plus dangereux.
01:04On est moins vigilant.
01:05Et j'étais à ce moment-là où je pensais que je maîtrisais tout, tout, tout.
01:10Et non, en fait.
01:11Et cette voiture, elle a surgi devant moi.
01:13Je n'ai pas eu le temps de freiner.
01:14Et automatiquement, j'arrive 15 mètres plus bas.
01:16Je tape dedans de plein fouet.
01:17Je tape à 130 km heure, forcément.
01:19Quand on arrive plus bas, c'est des fractures, c'est des sons, c'est des images.
01:25Et tout va vite.
01:27Tout va vite.
01:28Donc là, il faut...
01:30On essaie de s'accrocher aux peu de choses qui restent, en fait.
01:33Et du coup, j'ai commencé à observer, à essayer de me relever.
01:37Je n'ai pas réussi.
01:38Et les gens qui étaient là, au premier secours, en tout cas, disaient que j'étais en piteux état, qu
01:42'il ne fallait pas que je bouge.
01:43Après un mois de coma, au réveil, je commence à prendre conscience que bon, là, elle a basculé la vie.
01:47Ce n'est pas un rêve.
01:49Ce n'est pas un cauchemar.
01:51Je vois les médecins, je vois la famille autour, je regarde, j'observe tout le monde.
01:55Je comprends à travers le regard que oui, là, la situation, elle est ce qu'elle est.
02:01Il n'y a plus le bras.
02:02Il n'y a plus la jambe.
02:03Les médecins, ils sont pessimistes avec ce qu'il y a.
02:07Il y a une discussion entre la vie et la mort.
02:08Je suis aux urgences.
02:09Donc, on essaie de stabiliser le corps.
02:11On essaie de tout faire, en fait.
02:12Ils essaient de tout faire, en tout cas.
02:13Et moi, je fais ma partie, d'essayer de rester en vie, parce que j'ai mon fils qui a
02:17six mois à ce moment-là.
02:18Il fallait que je m'en sorte pour lui, parce que je voulais lui amener des réponses.
02:21Je l'ai séparé de sa mère.
02:22Je voulais que ce soit moi qui lui dise, voilà, pour telle question que tu te poses me concernant.
02:28Voici les réponses que je peux te donner aujourd'hui.
02:30Il a 16 ans.
02:31C'est un gamin qui est bien construit, qui est bâti dans sa tête et qui me pose des questions
02:34et qui est très complice avec moi.
02:36J'ai eu mes deux filles aussi après l'accident.
02:38Les médecins m'ont prescrit des psychiatres pour voir si vraiment j'avais le bon raisonnement.
02:46Est-ce que j'étais conscient de la situation ? Est-ce que j'étais conscient de ce qui se
02:48passe ?
02:49J'ai accepté ma situation très rapidement.
02:51Ce qui fait que, quand je l'ai acceptée, j'ai su mettre des mots et j'ai su interpréter
02:56le regard de l'autre,
02:57pas négativement sur ma situation, mais positivement.
03:00Et donc, du coup, ce qui me permettait d'amener des réponses aux autres.
03:03J'étais en colère sur ma connerie, moi, en tant que motard et ma responsabilité sur la route.
03:09J'étais en colère de moi de m'être mis dans cette situation.
03:14Je n'étais pas en colère contre le monde autour.
03:15J'étais en colère contre moi.
03:17Et ça, ça m'a beaucoup aidé parce qu'en fait, cette colère-là, c'est une colère saine.
03:21Parce que c'est une colère qui te permet de prendre tes responsabilités et de pouvoir aller de l'avant.
03:25Et c'est ce que j'ai fait, en fait.
03:27Je prends mes responsabilités sur le fait d'avoir acheté ma moto,
03:30de rouler aussi vite sur une route qui est réglementée à 90 km heure.
03:33Donc, je crois qu'en fait, il y a deux victimes, il y a deux personnes dans un accident.
03:38Ce qui m'a beaucoup aidé, c'est de comprendre qu'il n'y avait pas une réelle intention de
03:44vouloir poser l'accident.
03:46Je ne pense pas que ça soit facile pour lui.
03:47Ça n'a pas été facile pour moi.
03:48Il fallait tous les deux se reconstruire.
03:51Moi, je pense que j'ai fait le choix de me reconstruire comme ça parce que c'était important pour
03:54moi.
03:54Et puis, c'était une question de vie ou de mort parce qu'on peut rester en vie et déprimé.
03:59Ça n'a pas été mon choix.
04:00J'ai fait le choix rapide de vouloir découvrir exactement l'accident et comment j'allais gérer la suite.
04:06D'ailleurs, les psys qui me suivaient ont vite compris que j'avais cette niac-là et qu'il fallait
04:11me laisser aller par là.
04:13Et là, c'est à ce moment-là que je commence à dire que je ferai des campagnes sécurité volontaires.
04:17Je commence déjà à programmer la suite.
04:20Et je crois que c'est cette anticipation-là qui a fait que les médecins se sont dit, bon, là,
04:25peut-être qu'ils ont peut-être chargé trop en mon film.
04:28Mais quoi que ce soit, parce que je suis un peu trop positif.
04:30C'est un combat constant.
04:32Se battre tout le temps parce que, bon, il y a une plaie qui ne guérit pas.
04:35Il y a l'escarre qui se fait sous les fesses.
04:36Il faut soigner.
04:37Il y a cette plaie au bras qui ne guérit pas vite.
04:39Il y a des antibiotiques à prendre et que vous avez envie de dormir.
04:43Mais bon, ben, là, les douleurs vous réveillent.
04:45Deux ans d'hôpital où vous avez des blessures ouvertes.
04:48Vous avez le dos qui a été opéré à la colonne vertébrale parce que j'ai été vraiment cassé.
04:54La colonne vertébrale brisée en deux.
04:55Les médecins qui vous annoncent que vous n'allez pas remarcher, que vous serez en fauteuil roulant.
04:59Et vous savez, parallèlement à ça, que la seconde qui suit, elle peut changer parce que vous pouvez mourir, en
05:05fait.
05:05Donc, en fait, vous découvrez ce monde-là.
05:07Il y avait 300 patients.
05:08J'étais hospitalisé en Martinique.
05:10Ensuite, il a fallu que j'aille à Bordeaux me faire soigner, à la Tour de Gacy.
05:15Donc, arrivé à la Tour de Gacy, il y avait 300 patients.
05:18Vous comprenez aussi que l'handicap est universel, qu'il n'a pas de frontière et que ça peut arriver
05:23à n'importe qui.
05:24Et puis là, on réapprend à vivre avec sa situation.
05:26C'est un monde qui n'a pas les mêmes préoccupations, qui n'a pas les mêmes envies, qui a
05:33juste envie de vivre, en fait.
05:34Le partage est important.
05:36On s'encourage entre nous.
05:37On parle fauteuil roulant.
05:39On parle de la nouvelle prothèse.
05:41On parle des nouvelles prothèses.
05:43On parle des nouvelles technologies.
05:44Là, on est dans un autre monde.
05:45On est dans un monde qui est plus basé sur l'être que le paraître.
05:49Et qui est basé vraiment sur ce que vous comprenez dans l'esprit et ce que vous allez faire, en
05:55fait, plus tard.
05:56J'ai remarqué qu'on était tous des enfants gâtés.
05:58En tout cas, moi, j'étais très un enfant très gâté.
06:00J'avais trop de choix.
06:01Donc, il me permettait de me plaindre sur mes situations.
06:04Après mon accident, je n'avais pas le choix.
06:05Je n'avais pas le choix.
06:07Il fallait que je me lève.
06:08Il fallait que je me batte.
06:09Il fallait que je fasse parce que personne ne pouvait le faire à ma place.
06:12Personne n'était à ma place.
06:13Et puis, vous n'êtes pas tout seul parce que vous voyez un autre mec.
06:16Une anecdote.
06:16Quand je suis arrivé à Bordeaux, à la tour de Gassi, un enfant, il avait 5-6 ans.
06:21Il arrive, il n'avait pas les jambes.
06:23Et il me dit, sans bras, sans jambes, sans souci.
06:26Quand vous avez un gamin comme ça qui vous sauve ça, il est dans la censure avec vous.
06:30Vous regardez, vous dites, là, vous êtes dans un autre monde, en fait.
06:34C'est un monde qui, tu n'as pas le choix.
06:36Tu n'as pas le choix, tu dois te battre, tu dois aller de l'avant.
06:38Et puis, quand vous comprenez que, en fait, se plaindre ne changera rien,
06:43à ce moment-là, on est dans autre chose.
06:45Il faut savoir que quand on est en rééducation, on a tout plein de monde,
06:47tout plein de personnes en fauteuil roulant autour de soi.
06:50Et quand on sort du centre de rééducation, là, on est souvent seul.
06:53Il n'y a que des valides autour de nous.
06:54Donc là, il faut réaménager la maison, il faut réaménager la chambre,
06:58il faut réaménager le lit, il faut réaménager la salle de bain,
07:00il faut grandir les pièces, il faut peut-être vendre la maison qu'on a
07:03pour réadapter une autre maison.
07:05C'est tout un monde qui change.
07:07Et ce monde-là, en fait, il évolue en fonction de vous,
07:10en fonction de vos capacités, en fonction de ce que vous allez vouloir faire,
07:13et en tout cas, ce que vous pouvez faire.
07:15Il faut s'occuper des problèmes du quotidien.
07:16Il y a le garçon qui est là, il s'en occupe.
07:18Il faut le voir, il faut lui amener des choses.
07:20Donc en fait, en réalité, on n'est pas beaucoup de temps pour pleurer.
07:23On n'arrive pas à être quelqu'un de positif ou de super résilient du jour au lendemain.
07:29C'est des petites batailles, des petites, petites batailles
07:31qui font que vous devenez quelqu'un de résilient,
07:35vous devenez quelqu'un de fort, vous devenez quelqu'un de positif.
07:39Qu'est-ce que vous pensez de vous ?
07:41Est-ce que vous êtes quelqu'un de fini ?
07:43Ou est-ce que vous êtes quelqu'un qui débute quelque chose ?
07:45Est-ce que vous avez une histoire ou est-ce que vous n'avez pas d'histoire ?
07:48Est-ce qu'il vous est arrivé quelque chose dans votre vie ?
07:51Ou est-ce qu'il ne vous est rien arrivé ?
07:52Moi, il m'est arrivé des choses dans ma vie,
07:54il m'est arrivé une histoire et c'est ce qui est intéressant.
07:57C'est qu'aujourd'hui, je peux raconter quelque chose à quelqu'un
07:59en lui expliquant pourquoi ma vie allait comme ça
08:02et aujourd'hui aider d'autres personnes.
08:04Moi, je trouve ça extraordinaire.
08:05C'est une question de mental et de pensée.
08:07c'est les sélections de pensées que vous faites
08:10et je crois que les plus grandes batailles se font dans les pensées.
08:12Donc, en réalité, moi, je soigne soigneusement mes pensées le matin
08:15et en fin de journée.
08:17Si j'ai décidé d'être heureux aujourd'hui,
08:19je serais heureux toute la journée.
08:20Et à la fin de la journée, je suis dans la gratitude
08:22parce que j'ai réussi ça.
08:23Je ne sais pas comment définir ma vie,
08:26si ce n'est que je suis content du résultat qu'il y a aujourd'hui.
08:31Je fais des campagnes de sécurité routière.
08:33Je suis chef d'entreprise.
08:35Je suis écrivain.
08:36Je sors mon livre très bientôt.
08:38Et puis, papa au foyer.
08:39Papa à temps plein aussi.
08:41J'apprécie le temps.
08:42J'apprécie les gens.
08:43Je suis dans la gratitude constamment
08:44parce que je sais ce que ça a été de marcher
08:47et de ne plus remarcher.
08:48J'essaie de faire la fierté de mon pays.
08:50J'essaie de faire la fierté de mes amis.
08:51J'essaie d'être la fierté des gens que je rencontre.
08:54Et j'essaie de donner toujours le meilleur de moi-même dans ma situation.
08:57C'est important pour moi de faire de la prévention routière
08:59parce que je suis crédible, enfin.
09:00J'ai eu mon accident de moto.
09:02J'ai eu cet accident-là.
09:04Et quand je parle, je parle de quelque chose de vrai.
09:06Les gens, ils le voient.
09:08Ils perçoivent réellement que là, ce n'est pas du blog ce qu'ils racontent.
09:11Je prends plaisir à partager mon histoire
09:14parce que je sais qu'elle peut aider beaucoup de personnes.
09:16Je vois dans leurs yeux que ça les aide à relativiser leur vie.
09:23Et ça fait un choc.
09:23Ça a un impact.
09:25Reste dans l'instant
09:26parce que c'est là où tu as le pouvoir.
09:28Le plus grand pouvoir, c'est maintenant.
09:30Et que tu peux changer les choses.
09:32Si j'arrive à le faire, tu peux le faire.
09:34Et c'est ça qui est beau.
09:35Donc, j'ai mon plaisir à faire ça.
09:36ORIGIN
09:39ORIGIN
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