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  • il y a 2 jours
Dans cette interview, Hoday raconte l'un des moments les plus difficiles de sa vie. Il revient sur une intervention policière qui a tourné au cauchemar. Il explique ce qu'il a vécu cette nuit-là, les violences qu'il a subies et le traumatisme qui en a découlé. Pendant longtemps, il dit avoir ressenti de la honte, de la peur et de ne pas réussir à parler de ce qui s'était passé.

Hoday raconte également les conséquences de cette épreuve sur son quotidien. Il explique avoir eu des difficultés à dormir, à travailler, à retrouver confiance en lui et à vivre normalement. Il revient aussi sur les démarches qu'il a entreprises : examens médicaux, dépôt de plainte, suivi psychologique et attente de l'enquête. Selon lui, ce combat pour être entendu est presque aussi difficile que les faits qu'il dénonce.

Aujourd'hui, Hoday a choisi de témoigner publiquement pour sensibiliser le plus grand nombre. Son objectif est d'encourager les personnes qui ont vécu des violences ou un traumatisme à ne pas rester seules et à demander de l'aide. À travers cette interview, il partage son histoire avec sincérité, dans l'espoir que la parole des victimes soit davantage entendue et prise en considération.

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Amusant
Transcription
00:00Il a commencé à malaxer mes fesses.
00:01Là, c'était vraiment une agression.
00:03Et il était à ça de rentrer son doigt dans le rectum.
00:06Ferme ta gueule, je sais que tu kiffes ça.
00:07Pendant quelques temps, je n'ai pas réussi à aller aux toilettes
00:09à cause de ça, parce qu'en fait, je me sentis
00:12dans mon intimité,
00:13dans ma virilité.
00:15Je me sentais vraiment sale.
00:17C'était le jour de l'Aïd. Je me prépare, tout se passe bien.
00:20Je suis partie voir un ami à moi.
00:21Je pars le voir pour le souhaiter un bon l'Aïd
00:24à sa mère, sa soeur, etc.
00:26Il me dit, viens, on descend, j'ai envie de fumer.
00:28Donc, sa cigarette et tout.
00:30On ne dérangeait personne. Il n'y avait aucun souci.
00:32Il faut savoir qu'il était 21h30, quelque chose comme ça.
00:34Il y a un premier camion de police qui passe.
00:36Il ne nous calcule pas.
00:37Et là, il y a un deuxième camion. Bonsoir.
00:39On leur dit bonsoir. Moi, je ne parle pas parce que
00:41je n'habite pas ici. Donc, voilà, j'ai une attestation.
00:45Mon ami leur dit clairement, j'habite ici.
00:48Ils n'ont rien voulu savoir.
00:49Ils ont dit contrôle. Ils sont sortis
00:51tel des commandos, je n'ai pas compris.
00:53J'ai vu mon pote rentrer
00:56directement dans la cour.
00:57Donc, moi, sur le coup de l'adrénaline,
00:59je l'ai suivi parce que, voilà,
01:00je n'ai jamais eu de problème avec la police et tout.
01:02Mais sur le coup, de sortir comme ça,
01:03j'avais l'impression d'être un brigand
01:06ou un terroriste. Mais ils sont sortis.
01:08Vraiment, ils ont ouvert la porte, mais d'une force.
01:10Et on n'a pas compris. On est rentrés
01:12au niveau de la cour. On a fermé la porte.
01:14Ils ont forcé la porte. J'ai essayé de faire le code
01:16pour qu'on monte dans l'immeuble,
01:18comme ça, entre guillemets, qui ne nous attrapent pas.
01:20On n'avait rien à se reprocher, mais ça se voyait
01:22qu'ils allaient en découdre avec nous.
01:24Il faut savoir qu'au niveau de la cour,
01:26il n'y avait pas du tout de lumière.
01:27Il faisait nuit. Franchement, j'ai eu peur.
01:30C'était la première fois. On se dit toujours
01:31que ça arrive aux autres.
01:33Il y a deux policiers qui m'ont tenue.
01:35Il y a un policier qui s'amusait à frotter
01:37mon bracelet au niveau de ma peau.
01:39Sur le coup de l'adrénaline, je ne voyais même pas
01:41que je saignais.
01:43Clairement, j'avais le poignet en sang.
01:45Et en fait, il y avait, si mes souvenirs sont bons,
01:48quatre, voire cinq policiers sur mon ami au sol.
01:51Une policière qui le tenait la bouche.
01:52Et je leur disais arrêtez.
01:54Enfin, il était en train de suffoquer.
01:55Je lui dis, il est asthmatique.
01:57Arrêtez. Ils n'ont rien voulu savoir.
01:58J'ai commencé à crier.
01:59C'était un truc de dingue.
02:00Moi, je pensais que le calvaire allait se finir
02:02et qu'ils allaient partir.
02:03Et puis voilà, déjà, je ne comprends pas.
02:04On ne nous a même pas vérifié notre identité.
02:08Il y avait de la violence.
02:09J'avais l'impression d'être un moins curieux à ce moment-là.
02:11Et en fait, ce qui s'est passé, c'est qu'avant qu'on contrôle mon identité,
02:16il y a un policier qui me lâche et il y a un autre qui me prend.
02:19Donc, il faut savoir encore une fois, on est dans la pénombre totale.
02:22On ne voit rien du tout.
02:23Il me colle contre le mur.
02:24Première palpation, je n'avais rien.
02:26Moi, je ne comprenais pas.
02:27Il commençait à me dire, je sais que tu as un 5 balles sur toi.
02:29Enfin, je ne consomme pas de drogue.
02:30Donc, je ne savais même pas ce qu'il m'a raconté.
02:32Et sur le coup, j'essayais en fait de discuter avec lui,
02:35de lui dire, je ne comprends pas en fait.
02:37Pourquoi tu m'insultes et tout ?
02:39De toute façon, les Arabes comme toi, je les connais.
02:42Ferme ta gueule, ferme ta gueule.
02:43Ouvre ta sacoche.
02:44Je l'ai ouvert la sacoche au moins deux ou trois fois.
02:46Je ne comprenais pas.
02:46Mais vraiment, j'avais le visage vraiment collé au niveau du mur.
02:49Et je me suis dit, je préfère être embarquée en garde à vue que de subir ça.
02:54Et en fait, il y a eu première palpation.
02:57Deuxième.
02:57Au niveau de la deuxième, c'était avec des insultes.
02:59Ferme ta gueule, je sais que tu kiffes ça.
03:00Il a commencé à malaxer mes fesses.
03:02Ce n'était même pas une palpation.
03:03Là, c'était vraiment en fait une agression.
03:05Et en fait, ce qui s'est passé, c'est que la troisième, ce n'était pas une palpation.
03:08Il a commencé à rentrer un doigt au niveau de la raie des fesses.
03:11Et il était à ça de rentrer son doigt dans le rectum.
03:13Et là, j'ai commencé à m'énerver.
03:15J'ai commencé à dire, à quoi tu joues ?
03:16Il me dit, ferme ta gueule, laisse-toi faire.
03:17Donc, j'ai été traumatisée sur le coup.
03:20Je n'arrivais pas à bouger.
03:20Quand ses autres collègues sont rentrés avec les lampes et tout, c'est là qu'il a arrêté.
03:24Et en fait, avant qu'il arrête, il a enlevé son doigt.
03:27Et au-dessus du vêtement, il est passé au niveau de mon postérieur directement.
03:31Jusqu'à arriver en fait aux testicules.
03:34Et c'est comme s'il m'avait fait une castration.
03:36Et là, en fait, j'ai été traumatisée.
03:38J'ai été choquée.
03:39J'étais en mode, waouh.
03:41Ça devait être une journée entre guillemets fun.
03:44Une belle journée.
03:45Et finalement, elle s'est mal finie.
03:47Je n'arrivais même plus à parler.
03:48Ils me disaient clairement, tous, tous les policiers, vous avez de la chance de tomber sur moi.
03:51Et je n'arrivais même pas en fait à leur dire, à parler avec le chef brigadier.
03:54Je n'arrivais pas du tout.
03:55Ce qui s'est passé, c'est que par là-dessus, j'ai pris un Uber.
03:58Et là, j'ai pleuré dans la voiture.
03:59J'avais honte.
04:01Arrivais en fait chez moi.
04:02J'ai fait des machines jusqu'à 6h du matin.
04:04J'ai pris tous mes vêtements.
04:06Je les ai jetés dans la machine.
04:07Je n'ai pas dormi de la nuit.
04:08Je me suis douchée.
04:09J'avais du mal à me doucher.
04:10Pendant quelques temps, je n'ai pas réussi à aller aux toilettes à cause de ça.
04:13Parce qu'en fait, je me sentais chier dans mon intimité, dans ma virilité.
04:18Donc, je me sentais vraiment sale.
04:20Je n'en avais parlé à personne.
04:21J'étais dans le déni.
04:22Pour moi, je voulais oublier.
04:24Mais je me suis dit, si j'oublie, si je n'en parle pas, en fait, ils vont gagner.
04:28Et s'ils gagnent, je vais culpabiliser toute ma vie.
04:30Donc, je préfère en parler.
04:31Donc, ce que j'ai fait, c'est que vendredi, je suis partie à l'hôpital de Nanterre.
04:34Donc, en fait, ils m'ont diagnostiquée.
04:36Samedi, je suis partie porter plainte.
04:37Et dimanche, je suis partie aux UMG de Paris, donc à l'Hôtel Dieu.
04:42Je suis tombée sur une femme.
04:43Elle comprenait, j'avais du mal.
04:45Elle m'a demandé de baisser mon pantalon.
04:47Elle m'a dit doucement, il n'y a aucun souci.
04:48En fait, il y avait des traces, donc ça se voyait que ce n'était pas une palpation.
04:51Ça se voyait que c'était une personne qui avait frotté ses mains, en fait, sur mon corps.
04:53Au point de rentrer ses ongles et tout, etc.
04:56Donc, j'avais vraiment des traces de partout.
04:58Et j'avais honte.
04:59J'avais clairement honte de mon corps.
05:00Et en fait, en allant porter plainte, samedi, ce qui s'est passé, c'est que je suis partie dans
05:04un commissariat.
05:05Et le commissaire du commissariat était très compréhensible.
05:08Mais la personne qui a pris ma plante, pas du tout.
05:11Je pleurais.
05:11J'étais dans le mal total.
05:13Et elle me disait, il ne fallait pas courir.
05:16Voilà ce qu'elle m'a sorti.
05:16Elle me faisait passer pour le coupable et non la victime dans l'histoire.
05:20Je l'ai regardée et je me suis dit, mais je veux bien comprendre que c'est ses collègues.
05:24Il n'y a aucun problème.
05:24Mais je ne demande pas d'être de mon côté.
05:26Je demande juste un acte humaniste.
05:29Je me suis dit, mais on vit dans un monde à l'envers.
05:31En plus, quand on a dû me prendre le rendez-vous aux UMG, donc l'unité médicale judiciaire,
05:38elle m'avait donné rendez-vous le mardi.
05:40Et Dieu merci, j'étais tombée sur une bonne personne.
05:43Donc, le médecin en question, elle m'a rappelé.
05:45Elle m'a dit, monsieur, est-ce que demain, vous êtes disponible à 14h ?
05:48Parce que d'ici mardi, les preuves, on ne les verra plus.
05:50Alors que la policière, elle m'a dit, oui, oui, vous avez rendez-vous mardi, etc.
05:54Et quand je lui ai envoyé aussi les preuves, donc les photos, elle n'a pris que trois photos.
05:58Il y a une photo où elle n'a pas pris.
06:00J'avais un bleu ici ou là, je ne m'en suis même plus.
06:02Elle m'a dit, non, ça ne se verra pas.
06:04Ça ne se verra pas quand on va l'imprimer.
06:06Elle a pris une photo où on voyait des traces au niveau de ma cul, c'est au niveau de
06:10mon postérieur.
06:11Elle a pris une photo au niveau du poignet qui était vraiment ensanglanté ce soir-là.
06:15Mais sinon, ce n'était que trois photos alors que j'en avais pris huit.
06:18Je me suis toujours dit dans ma vie qu'il n'y a jamais de fumée sans feu.
06:21Ça veut dire que ça soit d'un côté ou de l'autre.
06:25Pour moi, il y a toujours quelqu'un qui provoque l'autre personne.
06:27Je me suis toujours dit ça.
06:28Mais en fait, quand j'ai subi ça, je n'ai rien demandé.
06:30À la base, je suis un jeune homme joyeux.
06:32Je crois que l'avion est en pleine dent.
06:34Et là, en fait, ça a été la descente aux enfers.
06:36Mon ami qui était ce soir-là avec moi, avait son genou égratigné, mais ne voulait pas porter plainte.
06:40Parce que pour lui, il m'avait dit que ça ne servait à rien.
06:43C'était compliqué parce qu'il faut savoir que j'ai repris le travail après lundi.
06:46Lundi, mardi, je n'étais pas dans mon état normal.
06:48Et à partir de mercredi, je me suis mis en arrêt.
06:50Par la suite, j'ai eu que des reproches au niveau de mon employeur.
06:54Donc, c'était des absences fantaisistes qu'on ne m'avait jamais agressé.
06:58Je ne comprenais pas.
06:59J'avais l'impression d'être infantilisée.
07:01L'IGPN m'a appelée au bout d'un mois.
07:03Ça m'a assez surpris parce qu'on m'avait dit que ça prenait énormément de temps.
07:05L'IGPN, c'est la police des polices.
07:07Le brigadier m'a clairement dit qu'on sait qui c'est.
07:09Il m'a prévenu qu'il y avait des commissaires de l'île de l'IGPN qui se sont déplacés
07:13au niveau du lieu.
07:15Et ils ont vu le forcing au niveau de la porte.
07:18Donc, ils ont forcé clairement une porte.
07:20Le commissaire de l'IGPN m'a clairement dit qu'ils ne devaient pas être là.
07:24Ce n'était pas leur zone.
07:25Et ils se sont, entre guillemets, cramés tout seuls.
07:27Il m'a dit qu'au mois de septembre, j'allais avoir la confrontation.
07:30Je me suis dit, ah ouais, quand même, ça c'est rapide.
07:32Et il m'a bien prévenu qu'après les vacances, peut-être que ce n'est pas lui qui se
07:36chargerait de l'enquête, que ça serait transmis.
07:38Et bien, c'est ce qui s'est passé.
07:39En fait, c'est ce que j'ai remarqué, c'est que quand ça va très vite avec l'IGPN,
07:43il change de service.
07:44Il m'a prévenu, il m'a fait comprendre.
07:46Et à partir du mois de septembre, pendant deux semaines, j'ai appelé, j'ai appelé, j'ai appelé, j
07:50'ai appelé.
07:50Je ne savais même pas c'est qui qui s'occupait de mon affaire.
07:52Si je n'aurais pas appelé, personne ne m'aurait rien dit.
07:54Donc, entre le moment où j'ai eu le rendez-vous avec le médecin des UMG de Paris,
07:59entre le moment où j'avais rendez-vous avec l'IGPN, j'ai vécu un enfer.
08:03J'avais l'impression que j'avais toujours quelqu'un qui me touchait le corps.
08:05Je n'arrivais pas à me regarder dans la glace.
08:07Pour moi, mon corps ne m'appartenait plus, donc je perdais du poids.
08:10Je ne mangeais plus.
08:12Mais inconsciemment, ce n'était même pas voulu.
08:13Alors que pourtant, je suis un gros mangeur.
08:17J'ai décidé d'en parler sur TikTok.
08:18Ma démarche, c'était vraiment de sensibiliser.
08:20Mais il faut savoir que c'est surtout des personnes de ma communauté,
08:23donc la communauté maghrébine.
08:25Je ne pense pas qu'il y en a beaucoup qui vont en parler.
08:27Moi, je sais que quand j'ai reçu des témoignages, ça m'a apprécié le cœur.
08:30Des jeunes hommes de 24, 25 ans, des gamins et des gamines de 13, 14, 15.
08:35Comment les gens peuvent commettre ce genre d'actes et vivre bien ?
08:38C'est ça, en fait.
08:39Et je me dis, c'est le seul moyen, on va dire, où je peux parler.
08:42Donc, je l'ai fait à ma petite échelle.
08:44C'est là que s'est enchaîné mon cyberharcèlement plus mon harcèlement.
08:47J'ai reçu un appel en inconnu d'une personne qui me disait
08:50de supprimer mes réseaux sociaux, de supprimer mon histoire.
08:53Cette personne-là m'observait de ma fenêtre.
08:55Je pensais que c'était un policier, mais en fait, pas du tout.
08:58J'étais faible mentalement et j'étais fragile.
09:01Ces gens-là en ont profité, en fait, de me dire, j'ai subi une agression.
09:05Puis, les commentaires négatifs.
09:08Et quand on me dit, heureusement, t'as pas violé,
09:10je me disais, mais waouh, je me sentais très, très mal.
09:13C'est là que j'ai commencé à faire ma première tentative de...
09:15J'en pouvais plus.
09:16J'avais du Xanax, de la Codéi et d'autres cachets.
09:20J'ai fait un cocktail Molotov.
09:21J'ai bu, j'ai prié et je me suis endormie.
09:24Je voulais plus jamais me réveiller.
09:25Ça a été très dur.
09:26Je croyais vraiment que j'allais mourir.
09:27Je suis suivie depuis à peu près du mois de juin.
09:30Je suis suivie par la même psychologue.
09:31Je sais que les séances de psy, en fait, l'agression que j'ai subie,
09:35ça a fait ressurgir d'autres vieux souvenirs, entre guillemets,
09:39que j'ai utilisés en tant que force.
09:41Et c'est vrai que ça m'a permis, en fait, d'être en paix avec moi-même.
09:45À l'heure actuelle, je le suis maintenant et je m'affirme comme je suis.
09:49Et en fait, la différence a fait peur aux gens.
09:51Et moi, j'avais peur de la différence.
09:53Et au final, ça m'a redonné confiance en moi.
09:55J'attends justice pour l'agression sexuelle et le harcèlement.
09:58Pour la faire de l'agression, j'ai appelé il n'y a pas si longtemps.
10:01Aucune nouvelle.
10:02Que peut-être c'est normal de ne pas avoir d'expertise psychiatrique et psychologique.
10:07Que le dossier, en fait, ça suffit et qu'on attend.
10:09On attend, on attend de se faire appeler.
10:11Tout simplement.
10:13Ça fera bientôt un an, un mois de mai.
10:14En fait, de me dire ça passe tellement vite et boum, un mur.
10:17Je me suis dit, waouh, on ne va pas se mentir.
10:19Quand c'est une personne qui s'appelle Vincent, Alexia, ça passe directement.
10:23Mais quand c'est une personne qui s'appelle Mohamed, Ahmed et j'en passe, il y a une différence.
10:27Et ça, c'est depuis toujours.
10:28J'avais une méfiance, mais je ne calculais pas plus que ça.
10:31Mais maintenant, quand il y a des policiers qui passent à côté de moi,
10:34ouais, je baisse les yeux.
10:35Je suis tétanisée.
10:35Que ça soit en voiture, je suis tétanisée.
10:38Je suis un jeune homme, musulman.
10:39Et alors ?
10:40Donc, je n'ai pas le droit de parler.
10:41Il faut que je laisse les personnes s'enfuir comme ça et ne rien dire.
10:46Et quand j'en parle, on me traite, on m'insulte.
10:49Moi, ce qui m'écœure à l'heure actuelle, le policier travaille toujours, a toujours sa fonction.
10:53Ce que je peux conseiller, c'est de parler.
10:56Parler, c'est la seule chose.
10:57Parce qu'un jour ou l'autre, de toute façon, la vérité finira par éclater.
11:01Là encore, je me dis quand même, je suis là, j'en parle.
11:05Et peut-être qu'il y a quelques mois, j'aurais été plus là.
11:08Je suis là, on demande en parler.
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