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  • il y a 2 jours
Marika partage un témoignage bouleversant sur les épreuves qui ont marqué sa vie. Victime de harcèlement scolaire durant son adolescence, puis de plusieurs relations marquées par les violences physiques et psychologiques, elle raconte comment ces traumatismes l’ont progressivement conduite vers une profonde dépression, des crises d’angoisse et un isolement extrême. Pendant près de neuf ans, Marika n’a plus réussi à quitter son domicile, confrontée chaque jour aux conséquences invisibles du stress post-traumatique et de l’anxiété.

Avec une sincérité rare, elle revient sur son combat quotidien contre l’agoraphobie, les difficultés liées à l’absence de suivi médical, mais aussi sur les petites victoires qui lui permettent aujourd’hui d’avancer pas à pas. Entre souffrance, résilience et espoir, son histoire met en lumière la réalité des handicaps invisibles, souvent incompris par la société, ainsi que les conséquences durables des violences conjugales et des traumatismes psychologiques.

À travers ce récit poignant, Marika souhaite sensibiliser le public à la santé mentale, à l’importance du soutien de l’entourage et à la nécessité de parler lorsque l’on traverse une période difficile. Son témoignage est un message d’espoir pour toutes les personnes qui luttent contre l’anxiété, la dépression ou l’isolement, en rappelant qu’il est possible de progresser, même lorsque le chemin semble interminable.

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Transcription
00:00Aujourd'hui, on est en 2022, ça fait neuf ans que je ne suis pas sortie de chez moi.
00:04Je vivais à la maison avec des poubelles partout.
00:10Quand on a connu la dépression ou quand on a connu quelqu'un qui est en dépression,
00:15on sait ce que ça donne, on ne lave plus rien, on laisse tout en bordel,
00:19ça peut devenir une décharge, il n'y a plus rien qui nous atteint en fait.
00:23Quand j'étais au collège, j'étais très grosse, je me faisais harceler par les autres.
00:27Par exemple, quand je marchais dans la cour, j'entendais grosse vache.
00:31Quand je m'assiedais sur un banc, on me disait, t'assoies pas sur le banc, tu vas le casser.
00:35J'ai eu que des réflexions comme ça et j'ai super mal vécu ma scolarité.
00:40J'ai tout loupé, je n'ai même pas eu mon brevet de décollège en fait.
00:42Et donc, ce qui s'est passé, c'est que l'année de mes 18 ans, j'ai décidé de
00:47faire un régime.
00:48J'ai perdu 46 kilos en 6 mois et je me sentais beaucoup mieux évidemment.
00:52J'en ai beaucoup profité, je mettais des vêtements que je ne mettais pas avant.
00:55Et à partir de là, j'ai commencé à attirer le regard des garçons.
00:59Malheureusement, j'ai fait des mauvais choix.
01:01Dès qu'un garçon s'intéressait à moi, j'y allais sans me poser de questions.
01:05Et du coup, je suis tombée sur un gars.
01:06Et ça a été la pire erreur de ma vie, je crois, puisqu'il me frappait.
01:12Et il a beaucoup profité de moi.
01:13Il me harcelait beaucoup, il avait le dessus sur moi.
01:16C'était un espèce de pervers narcissique.
01:18Il obtenait tout de moi.
01:20Et après, il revenait gentiment, mignonnement.
01:24Pardon, excuse-moi, je suis désolée.
01:25Et moi, je pardonnais sans arrêt, puisque c'était ma première vraie relation.
01:30Donc, je n'avais pas de base.
01:31En tout cas, je n'avais pas de bonne base.
01:33Une nuit, il a voulu aller en boîte.
01:35Et donc, on y va.
01:36Tout se passe bien pour l'aller.
01:39Et puis, au bout d'un moment, dans la boîte, je le cherche, je ne le trouve pas.
01:41Et je suis partie voir dans les toilettes.
01:42Et je l'ai trouvé avec une fille.
01:45Je ne vais pas dire ce qu'ils étaient en train de faire.
01:46Mais bon, tout le monde a compris.
01:48Et du coup, il est sorti des toilettes.
01:49Il m'a poussée et il m'a hurlé dessus.
01:51Mais qu'est-ce que tu fais ?
01:53Tu es complètement folle.
01:54Tu me gâches mon moment.
01:56Enfin, des trucs complètement dingues.
01:58Il a pété un câble.
01:59Il m'a dit, on part.
02:00On rentre dans la voiture.
02:01Et dans la voiture, il m'envoie un coup de poing au niveau des côtes.
02:05C'était moi qui conduisais.
02:07Du coup, moi, mon réflexe, c'est que je sors de la bagnole.
02:09Et il y a les deux videurs qui arrivent.
02:11Et qui disent, ça va bien, mademoiselle et tout.
02:13Et moi, je l'ai entendu dans la voiture.
02:15Il s'est penché vers moi et il m'a dit, si tu parles, arrivez chez toi.
02:18Je te tue toi, je tue ta mère, je tue ton père, je tue ton chien et je tue ta
02:21sœur.
02:22Voilà.
02:22Donc moi, vu que j'étais déjà sous emprise, je n'ai rien dit.
02:25J'ai dit, oui, oui, ça va très bien.
02:27Vous êtes sûr ?
02:27Oui, oui, ça va très bien.
02:28Ne vous inquiétez pas.
02:29Et là, ça a été, je crois, l'heure la plus longue de ma vie.
02:32Et tout le long, il m'a mis plein de coups dans les côtes.
02:35Il m'a mis des coups dans la mâchoire.
02:38Il m'a mis...
02:39Il m'avait déboîté la mâchoire.
02:40Il m'a pété le tympan parce qu'il m'a mis des coups dans l'oreille.
02:43Il mettait des coups sur les bras, sur les jambes, partout, partout.
02:47Et ça a été horrible.
02:49Et moi, j'ai perdu la foi envers les gens à ce moment-là, je pense.
02:53Parce que tout ça s'est passé pendant que j'étais en train de conduire.
02:56Et je me rappelle de toutes les voitures qui passaient à côté,
02:59donc juste à côté de moi.
03:00Et ils regardaient comme ça.
03:02Et des fois, il y avait des bagnoles.
03:03C'était des voitures pleines de mecs.
03:05Ils auraient pu dire qu'est-ce qui se passe,
03:07s'arrêter, sortir, venir à mon aide.
03:09Mais non, non, non.
03:10Des fois, ils étaient bien.
03:11Des fois, peut-être qu'ils étaient un peu pompés.
03:12Je ne sais pas, ils revenaient de boîte.
03:13Donc voilà.
03:14Mais bon, bref, quand ils me regardaient,
03:15ils voyaient bien qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas.
03:17Surtout qu'en plus, je saignais de la bouche, je saignais du nez.
03:20Voilà, ça se voyait que...
03:21Et surtout, quand je tournais un peu la tête vers eux,
03:24je disais...
03:25Aidez-moi, quoi.
03:27Ça se voyait que j'étais en danger et que j'avais besoin d'aide.
03:30Et au bout d'un moment, je décide de sortir de la voiture.
03:32Je cours.
03:33Sauf que je me mange un cranche-pied et je tombe.
03:35Je tombe et il m'a tirée par la cheville
03:38pour me dire de retourner dans la voiture, en fait.
03:40Donc j'ai eu tout le visage, là, contre le bitume, tout abîmé, quoi.
03:45Je remonte dans la voiture.
03:46On rentre et on rentre dans ma chambre,
03:48qui est à l'autre bout de celle de mes parents.
03:51Donc ils ne peuvent rien entendre.
03:52Et à l'époque, je faisais 57 kilos.
03:54J'étais assez fine.
03:55Et lui, il était très grand et costaud, quoi.
03:57Et il m'a attrapée comme ça.
03:59Il m'a soulevée et il m'a étranglée comme ça.
04:01Et il m'a dit...
04:02Tu m'as...
04:02Mon cou, maintenant, je vais...
04:04Et donc, il a fait ça jusqu'à ce que mes lèvres deviennent à moitié bleues, quoi.
04:09Et puis, il m'a lâchée.
04:11Et il m'a dit...
04:12Tu dors par terre.
04:13Donc, j'avais très, très peur.
04:15Du coup, je me suis couchée par terre.
04:17C'est du carrelage gelé, dans ma propre chambre,
04:19dans la maison où j'ai grandi.
04:20Et puis, au bout d'un moment, dans la nuit,
04:22il me dit...
04:23Viens !
04:23Et il lève la couverture.
04:25Moi, je ne voulais pas l'énerver encore plus que ce qu'il était déjà.
04:28Parce que je me suis dit...
04:30Et donc, je rentre dans le lit.
04:32Et cette nuit-là, il m'a...
04:33Et à l'époque, je n'utilisais pas de moyens de contraception.
04:37Et évidemment, il n'a pas mis de préservatif.
04:40Et je suis tombée enceinte.
04:41Ce qu'il faut savoir, c'est que...
04:43Moi, mes parents, surtout ma mère,
04:45ils ont toujours été hyper stricts.
04:47Et dès qu'elle a compris, elle m'a hurlé dessus.
04:49Mais elle m'a hurlé dessus.
04:51Et ça m'a terminée encore plus, quoi.
04:53Que ma mère réagisse comme ça.
04:54Parce qu'à ce moment-là, j'avais besoin d'énormément de soutien.
04:57Elle est venue avec moi, quand même, à l'hôpital.
05:00Et du coup, on devait prendre, je crois, trois cachets.
05:03Donc, les trois cachets, je n'arrivais pas à les avaler.
05:06C'est ma mère et l'infirmière qui me les ont mis dans la gorge
05:08et qui m'ont forcé à l'avaler avec un verre d'eau,
05:11comme au gavinois.
05:12Au moment où je me relève, je sens quelque chose qui descend.
05:14Et j'ai vu une petite boule.
05:18En fait, je ne sais pas quel nom mettre dessus.
05:20Moi, je dis toujours mon bébé.
05:23Et elle est rentrée.
05:24Elle m'a dit, attendez, il faut que je vérifie.
05:26Et elle a pris cette petite boule qui était tombée sur ma culotte.
05:31Et elle l'a mise dans les petites poubelles qu'ils ont sur leur chariot.
05:36Et elle m'a dit, ça y est, c'est fait.
05:37J'espère que ça ne se passe pas comme ça pour tout le monde.
05:40Mais là, du coup, ça a été la quatrième claque.
05:43Parce que j'avais ressenti le début de cette grossesse
05:46et qu'elle a littéralement mis mon bébé dans une poubelle
05:48et qu'elle m'a dit, ça y est, c'est fait.
05:51Rentrez chez vous.
05:52Donc, après l'avortement, je rentre chez moi.
05:55Et dans les jours qu'on suivit, le mec en question me dit,
05:59tu vas prendre toutes mes affaires, les affaires qui étaient chez moi,
06:01et tu vas les amener chez une telle.
06:03Et je n'ai pas hésité une seule seconde.
06:05Parce que je me suis dit, oh, enfin, ça y est, je vais être débarrassée, il s'en va.
06:10Et puis, en 2010 ou quelque chose comme ça,
06:13j'ai rencontré quelqu'un qui habitait sur Paris.
06:15Et du coup, je suis montée sur Paris.
06:18Manque de bol.
06:19Ce mec-là, il m'a fait du mal mentalement.
06:23Il faisait tout pour me pourrir mon quotidien.
06:25Il ne fallait pas que je mange ça, il ne fallait pas que je fasse ci.
06:28Ça, ce n'était pas rangé.
06:29Et un jour, il m'a mis un coup de boule, en fait.
06:34Il m'a pété le nez.
06:35Et à ce moment-là, moi, j'ai décidé de porter plainte.
06:38Parce que j'avais déjà eu une histoire passée très compliquée
06:41où je n'avais rien fait, parce que j'étais vraiment figée par la peur.
06:44Et là, du coup, je vais porter plainte.
06:46Ils viennent le chercher, il fait de la garde à vue.
06:48Et je me rappelle d'un truc qui m'avait choquée.
06:51C'est que quand je suis allée porter plainte,
06:53c'est une nana qui m'a reçue, une femme policière.
06:59Et elle m'a dit, mais qu'est-ce que vous avez fait ?
07:01Vous avez dû faire quelque chose pour l'énerver.
07:03J'étais décontenancée.
07:04Je me suis dit, mais elle est sérieuse à me poser une question pareille.
07:07Tu remets en doute ce que je dis alors que je viens porter plainte.
07:12Je prends mon courage à deux mains.
07:13Pour celui d'avant, je ne l'avais pas fait.
07:15Là, je décide de ne pas me laisser faire.
07:16Et la première question qu'on me pose dans la police,
07:19et en plus, une femme, c'est
07:21vous avez dû faire quelque chose pour l'énerver.
07:23Et puis, j'attends, je retourne à la maison quelques heures.
07:27Et puis, j'entends la clé qui tourne dans la porte.
07:30Il était rentré.
07:31Et la guerre psychologique a sérieusement commencé à partir de là.
07:35Je n'ai rien dit à ma famille, je n'ai rien dit à mes amis.
07:37À ce moment-là, je restais vraiment toute seule.
07:38Avec lui qui me faisait toujours cette guerre psychologique à côté.
07:41Et puis, en fin de compte, il a fini par quitter l'appartement
07:45parce qu'il avait effectivement trouvé quelqu'un.
07:48Et je suis restée dans cet appartement toute seule.
07:50Et vu que je n'avais plus de travail, plus rien,
07:52j'ai fait une énorme dépression.
07:53J'ai mangé des pommes de terre pendant je ne sais pas combien de temps,
07:56mais que ça, parce que je n'avais plus que ça à manger.
07:58Je n'avais pas d'argent, je ne disais rien à personne,
07:59je ne demandais rien à personne.
08:00Je suis une fumeuse aussi.
08:02Et bon, j'étais au fin fond du trou,
08:03mais je sortais la nuit pour aller faire le tour des cendriers publics
08:07pour récupérer des mégots.
08:09Et je vivais à la maison avec des poubelles partout.
08:15Quand on a connu la dépression,
08:17quand on a connu quelqu'un qui est en dépression,
08:20on sait ce que ça donne.
08:21On ne lave plus rien, on laisse tout en...
08:24Ça peut devenir une décharge.
08:27Il n'y a plus rien qui nous atteint, en fait.
08:30Et puis, un jour, j'ai mon père qui m'appelle.
08:32Et je n'ai fait que pleurer au téléphone.
08:34Je n'ai quasiment pas parlé, je n'ai fait que pleurer.
08:35Il m'a dit, OK, je viens de chercher.
08:37Il est venu me chercher.
08:38Et il m'a redescendue à la maison ici.
08:41Donc, je reviens chez mes parents en 2012.
08:44Je commence à faire des crises d'angoisse pour tout et pour rien.
08:47Mais je me suis quand même un peu forcée à sortir.
08:50Des fois, je devais mettre 100 minutes pour aller chez quelqu'un.
08:53Je mettais 40 minutes.
08:56Je faisais des crises d'angoisse comme ça pour rien.
08:59Et ça a duré pendant un an.
09:02Et après, j'ai définitivement arrêté de sortir.
09:04Donc là, aujourd'hui, on est en 2022.
09:06Ça fait 9 ans que je ne suis pas sortie de chez moi.
09:10Au début, vu que j'étais encore en dépression, ça a été hyper compliqué.
09:13Je ne pouvais pas aller dans le jardin.
09:15Mais du coup, je restais dans ma chambre.
09:17Et même dans ma chambre, je ne pouvais pas avoir plus de deux personnes avec moi.
09:20Deux personnes avec moi, ça me stressait.
09:21Je ne sais pas.
09:22Et je ne pourrais même pas l'expliquer.
09:23Ça me stressait de fou.
09:24Et avec le temps, j'ai appris à aller dans le jardin.
09:29Je me suis forcée à être avec plus de personnes autour de moi.
09:33J'avais toujours les crises d'angoisse qui arrivaient.
09:36Je le sentais.
09:37Mais j'ai appris, entre guillemets, à les gérer dans la mesure du possible.
09:41Mais je peux toujours en avoir aujourd'hui.
09:43Par exemple, depuis peu, je m'entraîne à aller m'éloigner de la maison.
09:49Donc, je vais faire 50 mètres.
09:50Et puis, si j'y arrive, je me dis la prochaine fois, je fais 100 mètres.
09:53Si j'y arrive, je me dis la prochaine fois, je fais 200 mètres et tout.
09:55J'avance comme ça.
09:56Là, le maximum que j'ai réussi à faire, c'est 300 mètres.
09:59300 mètres ou arriver au bout des 300 mètres.
10:01Ça y est, j'ai le cœur qui palpite.
10:04Je commence à avoir des nausées.
10:05Je commence à avoir des vertiges.
10:06Enfin, une peur irrationnelle.
10:08Du n'importe quoi.
10:09Et le pire, c'est que pendant ces 9 ans, je n'ai pas été suivie.
10:13Et je ne suis toujours pas suivie.
10:14Je me suis renseignée.
10:15J'ai regardé des documentaires.
10:17J'ai parlé avec des gens.
10:18J'ai lu des livres.
10:20Ce qui me décrit le mieux, c'est le stress post-traumatique et un trouble anxieux.
10:26Donc, ce qui est dommage, c'est que j'ai été obligée de faire mon diagnostic moi-même.
10:31Je peux me tromper, mais en tout cas, c'est ce qui me ressemble le plus.
10:33C'est pareil.
10:34En 9 ans, là, je porte des lentilles de correction.
10:37Je m'achète les lentilles sans ordonnance sur un site, sur Internet.
10:41En me faisant mes corrections moi-même au fur et à mesure.
10:44Ma vue a baissé parce que forcément, je ne porte jamais la bonne correction.
10:48Même encore aujourd'hui, je ne porte pas la bonne correction.
10:49Mais je vois à peu près.
10:51Donc, je vois.
10:52Mais je sais que ce n'est pas exactement la bonne parce que je ne suis pas ophtalmo.
10:55Je ne sais pas ce qu'il me faut comme correction.
10:56Suite à l'histoire avec le mec qui m'a la télé et qui m'a...
11:03J'avais perdu des dents.
11:04Quand on ne peut pas lécher le dentiste.
11:07En fait, les dents qui sont cassées infectent celles d'à côté et puis celles d'à côté, encore celles
11:12d'à côté.
11:13Il me semble qu'on a 32 dents.
11:14Moi, il m'en reste 18.
11:15Et encore, je crois que c'est plus 17,5.
11:17À 33 ans, ça fait mal d'avoir la moitié de ses dents.
11:20Et tant que je ne pourrais pas sortir, je ne pourrais pas aller chez le dentiste.
11:24Je ne pourrais pas aller chez l'ophtalmo.
11:26Psychologiquement, c'est hyper dur à vivre.
11:27Et en plus, physiquement, j'ai plein de trucs.
11:30J'aurais plein de trucs à corriger.
11:31Il y a plein de choses que je veux faire.
11:32Parce que je suis encore jeune.
11:33J'ai 33 ans.
11:34Il y a des choses qui me dérangent.
11:36Il y a des choses qui me font repenser à mon passé.
11:38Et je ne peux pas remédier à ça tout de suite.
11:41Il n'y a personne qui se déplace.
11:42Mon quotidien, il est tout le temps pareil.
11:44Puisque je ne sors pas.
11:46Donc, c'est très compliqué de s'occuper.
11:49Je fais un peu toujours les mêmes choses.
11:51Je me suis découvert une passion il y a quelques années.
11:53C'est le gaming.
11:54Donc, on va dire que le fait de se retrouver sur un ou des jeux comme ça,
11:58avec des gens en ligne,
12:01ça maintient un minimum ma vie sociale, entre guillemets.
12:04Même si c'est qu'un micro et un casque.
12:07Mais je passe beaucoup, beaucoup de temps sur les jeux, oui.
12:10Et après, je fais mes ongles moi-même.
12:14Je fais mes cheveux moi-même.
12:16J'adore me maquiller aussi.
12:17Donc, je vais me maquiller.
12:18Puis des fois, je peux me maquiller, me faire un super maquillage.
12:21Tout enlever pour en refaire un autre.
12:23Histoire de m'occuper.
12:24Des fois, je vais faire du coloriage, des mandalas pour m'évader un peu.
12:29J'écoute beaucoup de musique.
12:30Je fais des visios avec mes copines.
12:34Mais c'est assez compliqué parce que forcément, elles ont mon âge.
12:38Et puis, elles ont le travail.
12:39Elles ont un, deux, trois enfants.
12:41Elles sont mariées.
12:42Donc, c'est un peu dur.
12:44Après, avec toutes ces histoires, j'ai perdu des amis.
12:46J'ai eu une relation amoureuse qui s'est mal terminée à cause de ça.
12:50Donc, oui, j'ai perdu pas mal de choses à cause de cette maladie.
12:54Aujourd'hui, ça va un peu mieux dans le sens où, mentalement, je suis plus en dépression et je me
13:00suis renseignée.
13:01Et je comprends un peu qui je suis et pourquoi j'en suis arrivée dans cette situation-là.
13:07Et j'arrive un peu à digérer ce qui s'est passé.
13:10Mais j'aimerais bien avoir une aide extérieure maintenant pour m'en sortir définitivement.
13:16Parce que ça fait neuf ans et je n'ai pas envie que ça dure encore plus longtemps.
13:19J'espère que j'aurai des retours compréhensifs de personnes qui réalisent que le handicap invisible, ça existe.
13:27Qu'il faut arrêter de nous gueuler dessus pour les personnes qui peuvent sortir.
13:31Mais quand on a un handicap invisible, on a besoin d'aide et de soutien.
13:35Et pas de réflexion ou de regard méprisant envers nous.
13:40Et tout ce que je pourrais dire aux personnes qui vivent la même chose que moi, c'est qu'il
13:46faut en parler.
13:46Il y a forcément des personnes dans notre entourage qui sont prêtes à nous entendre, à nous écouter, à nous
13:51aider, à nous soutenir.
13:53Et qu'il faut prendre son temps.
13:54Il ne faut pas se brusquer parce que sinon ça empire tout.
13:56Et qu'on va y arriver.
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