Nathalie livre l'un des témoignages les plus bouleversants de sa vie. En quelques heures, elle perd son compagnon et plusieurs de ses enfants dans un terrible accident de la route. Face à un deuil inimaginable, elle doit également affronter des conflits familiaux, de longues procédures judiciaires et un combat acharné pour faire respecter les dernières volontés de sa famille. Avec une sincérité bouleversante, elle raconte comment cette tragédie a changé son existence à jamais.
À travers ce récit poignant, Nathalie revient sur les épreuves qu'elle a traversées, son combat pour obtenir justice et les difficultés liées au mariage religieux, au droit et aux décisions concernant les obsèques. Son histoire met en lumière les conséquences humaines d'un drame familial et l'incroyable force qu'il faut pour continuer à avancer malgré des pertes irréparables. Un témoignage émouvant, porteur d'espoir et de résilience, qui ne laisse personne indifférent.
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#Nathalie #Témoignage #HistoireVraie #Accident #Justice #Résilience #Deuil #Famille #Émotion #Survivre #Combat #TémoignagePoignant #HistoireDeVie #YouTubeFrance #Inspirant #originesmédia #podcast
À travers ce récit poignant, Nathalie revient sur les épreuves qu'elle a traversées, son combat pour obtenir justice et les difficultés liées au mariage religieux, au droit et aux décisions concernant les obsèques. Son histoire met en lumière les conséquences humaines d'un drame familial et l'incroyable force qu'il faut pour continuer à avancer malgré des pertes irréparables. Un témoignage émouvant, porteur d'espoir et de résilience, qui ne laisse personne indifférent.
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PersonnesTranscription
00:00À 29 ans, on ne s'imagine même pas devoir en tirer son enfant et devoir en tirer son conjoint.
00:04Il y a eu une enquête, bien sûr, mais je ne sais pas si cette personne-là a un peu
00:08de conscience de ce qu'elle a fait.
00:10Je ne sais pas si elle est au courant du nombre de décès qu'elle a eu.
00:12Et pourquoi ça fait 8 mois et il est toujours en liberté, en fait ?
00:15Il sort libre.
00:15L'accident, je l'ai appris le 12 juin.
00:19Ce jour-là, je travaillais.
00:20Quand je lui travaille, j'ai contacté mon conjoint, comme d'habitude, comme tous les jours.
00:23Tout se passait très bien, on a échangé, on parle ensemble, on rigolait.
00:26Puis, il m'a informé qu'il allait déposer son ami à Nogent-sur-Seine, une ville voisine de Romilly,
00:32sur Seine.
00:32Du coup, je me suis endormie.
00:34Et dans la nuit, je sens une lumière, en fait, au niveau de mon visage.
00:38Et j'ouvre les yeux et je regarde mon téléphone.
00:40Je vois que l'appel, il est déjà terminé, en fait.
00:42Je n'ai pas eu le temps de décrocher.
00:43Je reçois encore un autre appel.
00:45Donc, je décroche et c'est ma belle-sœur.
00:47Et à ce moment-là, elle pleure.
00:49Et elle me dit au téléphone, Nathalie, il faut que tu viennes tout de suite.
00:51Donc, je lui dis, mais pourquoi ? Je ne comprends pas.
00:53Il est tard, il fait nuit dehors, prendre le volant assez tardivement, moi, je ne préfère pas.
00:57Je lui dis, ben, dis-moi, qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi tu veux que je vienne ?
00:59Je ne comprends pas, en fait.
01:00Et elle me dit au téléphone, Camerelle, il est décédé.
01:03À ce moment-là, je ne la croyais pas du tout.
01:04Du coup, je lui dis, bon, moi, je te laisse, je veux que je raccroche, ta blog, elle n'est
01:07pas marrante.
01:08Et donc, elle insiste au téléphone, elle me dit, non, non, raccroche pas, ce que je te dis, c'est
01:11sérieux.
01:12Et du coup, ben là, j'ai commencé à pleurer et être choquée, en fait.
01:15Donc, je ne comprenais pas comment c'était possible que mon fils décède du jour au lendemain, d'une minute
01:19à l'autre.
01:20C'était irréel, en fait, pour moi, c'était vraiment impossible.
01:22Je lui demandais directement, qu'est-ce qui s'est passé ? Je ne comprends pas.
01:25Et de là, elle me dit, ben, ton mari, il a fait un accident de voiture.
01:29Et je lui dis, mais comment il va ? Comment vont les autres enfants ? Donne-moi plus d'informations.
01:32Donc, elle me dit, je n'ai pas plus d'informations, je te rappelle après.
01:34Les heures, il défilait, j'ai eu un autre appel de ma belle-sœur.
01:37Entre-temps, je l'appelais plusieurs fois pour savoir si elle avait plus d'informations et rien.
01:42Et puis, je reçois un appel d'elle, peut-être trois heures après.
01:45Et elle m'informe que mon conjoint, Ali, est décédé.
01:48Là, en fait, j'ai perdu tous mes moyens, concrètement.
01:50Parce que pour moi, ben, perdre mon mari, c'était que concrètement, j'avais tout perdu.
01:54Quand on perd un être cher, on me dit qu'on peut surmonter certaines épreuves, en fait, avec la personne
01:58qu'on aime.
01:59Et malheureusement, pour moi, ça a été autrement, en fait.
02:01Une partie de moi me disait, ben, en fait, si Ali n'a pas survécu, comment les deux autres petits
02:05peuvent survivre ?
02:06Et l'autre partie de moi me disait, ils sont forts, ils vont survivre.
02:09Donc, à ce moment-là, j'appelle encore une fois ma belle-sœur et je lui demande, ils sont où,
02:14mes deux enfants ?
02:15Donc, Liam, âgée de 4 ans, et Aliana, âgée de 18 mois.
02:19Il me dit, ben, on n'a toujours pas d'informations pour les deux autres, mais dès que j'ai
02:24d'informations, je te rappelle.
02:25On a pu apprendre par la suite que la petite a été héliportée à Henri-Mondor.
02:29Une fois à Henri-Mondor, on demande à la sécurité s'il y a eu un hélicoptère ou autre.
02:33Il ne nous apprend que pas du tout.
02:34Donc, là, on ne comprenait pas.
02:36Je les rappelle et j'ai le pédiatre au téléphone qui m'informe que la petite, elle va très bien,
02:42elle est réveillée,
02:43mais par contre, il est porté à l'hôpital Necker.
02:45Ça me soulage un peu.
02:46Je me dis, bon, ça va, la petite, elle est déjà sauvée, donc ça va.
02:49Mais par contre, toujours pas d'informations par rapport à Liam.
02:51En fait, il s'avère que moi, la belle-famille, en fait, ils étaient au courant de l'état de
02:54Liam
02:54parce que, ben, eux, en fait, ils voulaient me préserver.
02:57En réalité, ils avaient peur, en fait, de m'annoncer que Liam aussi n'avait pas survécu.
03:01Liam, normalement, aurait dû être transportée à l'hôpital par les pompiers,
03:05mais sur le chemin pour arriver à l'hôpital de Reims, ben, elle n'a pas survécu.
03:09Et une fois arrivée à Necker, ma grande surprise, c'est que je m'attendais à l'avoir réveillée, en
03:13fait.
03:14Parce que, bon, elle m'a dit, elle va bien, elle est réveillée.
03:16Et une fois que je l'ai vue, en fait, elle a été branchée et pas du tout réveillée.
03:18Plusieurs médecins sont arrivés et ils m'ont informé que Liam était dans une situation assez délicate, plutôt critique.
03:24Ils l'ont plongée dans le coma pour éviter d'aggraver sa situation, en fait, vu qu'elle était beaucoup
03:30fragilisée.
03:31Son cerveau était beaucoup touché.
03:32Une fois que j'ai pu voir Aliyana, moi, j'étais soulagée.
03:36Parce que, ben, en fait, j'ai pu me dire, au moins, je peux la voir.
03:40Parce que, ben, concrètement, Liam, Kemrel et Ali, je n'ai pas pu les voir.
03:43Donc, pour moi, c'était beaucoup de percer quelques jours avec elle.
03:48C'était énorme.
03:48Quand Aliyana était hospitalisée, du coup, ils m'ont expliqué son cas.
03:53C'était très, très compliqué.
03:56Que ses chances de survie, ben, aujourd'hui, il ne peut pas me dire comment ils estimaient, en vrai.
04:00Il m'avait expliqué que son cerveau était beaucoup touché.
04:02Elle avait un traitement qui lui a ministré, en fait, tous les jours.
04:06Au début, ben, tout se passait plutôt bien.
04:08Et arrivé au mercredi, sa situation s'est dégradée.
04:11De là, ils ont commencé à s'inquiéter, en fait, réellement.
04:14Ils m'ont pris dans une pièce à part.
04:15Et ils ont commencé à m'expliquer, en fait, que le cas d'Aliyana était très, très critique.
04:20Que ça s'est empiré en espace de trois jours.
04:23Et que ses chances de survie, en réalité, ben, ils étaient vraiment limités, en vrai.
04:27À ce moment-là, j'ai eu beaucoup d'appels.
04:30Énormément d'appels, en fait.
04:31L'appel qui m'a le plus marqué, en fait, c'était l'appel de la belle famille.
04:34Du coup, que moi, j'ai appelé, en fait, pour savoir comment ça se passait pour Ali et Kemrel, qui
04:38étaient décédés.
04:39Qu'est-ce qu'il fallait faire ? Parce que, concrètement, à 29 ans, on ne s'imagine même pas
04:43devoir en tirer son enfant et devoir en tirer son conjoint.
04:45Quand j'appelle, je tombe sur le frère de mon conjoint.
04:49Je lui demande, ben, comment ça se passe ? Je ne comprends pas trop.
04:51Moi, je ne le connais pas.
04:52Est-ce que tu peux me dire comment on va s'organiser ?
04:56Et à ce moment-là, elle me répond, pour Ali, c'est pas toi qui prends la décision, vous n
05:00'êtes pas marié légalement.
05:01Je ne comprends pas.
05:02Et moi, je me dis, ben, en fait, on est mariés religieusement, donc, dans la religion musulmane, ce qui prime
05:07chez nous, c'est le mariage religieux.
05:09Donc, je ne comprends pas pourquoi j'aurais dit que vous me parlez d'un mariage civil.
05:11Il me répond, non, pas du tout.
05:13Là, on est en France, donc, c'est le mariage civil qui compte.
05:17Donc, nous, Ali, sa mère, elle a décidé qu'on l'enterre à Mayotte.
05:20Je ne comprends pas.
05:21Et les enfants, donc, à ce moment-là, comment ça se passe ?
05:23C'est toi qui prends la décision.
05:24Mais moi, c'est impossible que je sépare le père des enfants.
05:27Soit Ali les suivre, ou soit on les entendre tous en France, en vrai.
05:31Donc, pour moi, à ce moment-là, ils n'avaient même pas un peu de pitié, en fait, pour moi,
05:34en sachant que j'avais déjà tout pire à Dieu.
05:36C'est les personnes, en fait, avec qui j'étais le plus proche.
05:38Je n'aurais jamais pu croire, en fait, un jour que ce seraient ces personnes-là qui m'auraient tourné
05:43le dos.
05:43Quand on apprécie des personnes et on les côtoie tout le temps, on les considère vraiment comme sa propre famille.
05:49Donc, c'est difficile, à ce moment-là, de se dire qu'on est rejeté par la belle famille.
05:53Du coup, j'ai passé le dimanche avec la petite.
05:55Le lundi, il fallait trouver une solution.
05:57Parce que nous, dans la religion, normalement, on ne laisse pas les corps longtemps à la pompe funèbre.
06:03Il faut que les corps soient attirés rapidement.
06:05Avec ma famille, on a décidé de se réunir avec la belle famille.
06:08On a essayé tant bien que mal à avoir un dialogue avec eux, en fait, chose qui n'était impossible.
06:12Et du coup, on s'est rendu à la pompe funèbre.
06:14La dame de la pompe funèbre nous reçoit tous.
06:16Et à ce moment-là, elle me demande, bon, madame Jean, on va passer par vous.
06:19J'ai dit, d'accord.
06:20Donc, pour les trois enfants, où vous souhaitez les enterrer ?
06:23Donc, moi, je lui explique que je veux les enterrer en région parisienne, ensemble, en fait.
06:27Et de là, elle me dit, par contre, pour M. Mamidali, c'est pas vous qui décidez, vu que vous
06:32n'êtes pas marié civilement.
06:32Ce sera son père.
06:34Et son père, là, il m'annonce qu'en fait, il sera enterré à Mayotte.
06:37De là, il voit que je commence à me décomposer.
06:38Et en vrai, je commence à perdre du moyen.
06:40Il a compris que, en fait, si on séparait les enfants du père, j'allais devenir folle, en fait, concrètement.
06:45Pourquoi l'enterrer à Mayotte ?
06:45C'est parce qu'en fait, c'est sa famille.
06:47Eux, ils ont une obsession pour Mayotte.
06:49Et en fait, ils ont du mal à dissocier la culture mahoraise et la religion musulmane.
06:53Eux, ils ont un peu joué sur le fait qu'Ali était mahorais musulman.
06:57Donc, il fallait impérativement l'enterrer dans sa terre natale.
07:00Je l'ai supplié au sol.
07:02Malheureusement, elle n'a même pas eu un peu d'empathie, un peu de cœur, en fait.
07:05Pour elle, c'était son idée et pas la mienne.
07:08Aujourd'hui, je n'arrive pas à comprendre comment c'est possible, en vrai, d'agir, en fait, de la
07:13sorte.
07:13De ne pas avoir eu un peu de pitié, en vrai.
07:15Du coup, la dame des pompes funèbres, elle-même, a été choquée, en fait.
07:19C'était la première fois qu'elle avait un cas aussi critique, en vrai.
07:21Voir une famille se déchirer pour des Corses, je n'ai jamais vu, concrètement.
07:26Par la suite, j'ai pu voir Ali.
07:28Et à ce moment-là, en fait, quand je suis passée du temps avec lui, je ne comprenais pas.
07:31Je leur disais, mais en fait, je ne comprends pas.
07:33Pourquoi vous pleurez ? Il va bien, il a juste froid.
07:35Couvrez-le et réchauffez-le.
07:36Il va très, très bien.
07:37Là, ils ont compris qu'en vrai, mon cerveau, à moi, était déconnecté, en fait.
07:40Je n'étais plus, en fait, dans le même monde qu'en réalité.
07:42Après la pompe funèbre, le soir, je suis retournée à l'hôpital, rejoindre la petite.
07:46Et le mardi, j'ai passé toute la journée avec elle.
07:50Ma famille s'occupait des démarches, des papiers et tout ce qui va avec.
07:53Le mercredi, du coup, ma soeur s'organisait pour trouver une avocate.
07:56Et on avait eu rendez-vous le mercredi matin à 10h avec l'avocate.
07:59Une fois au rendez-vous, j'explique à l'avocate qu'il faut impérativement trouver une solution
08:04pour le corps de mon conjoint parce que je refuse catégoriquement qu'il soit un rapatrier maître.
08:08Elle contacte la pompe funèbre et leur demande, dans les cas comme ça, est-ce que vous savez
08:14ce qu'il faut faire, en fait ?
08:15Et à la dernière, la pompe funèbre leur explique.
08:17Elle lui dit, pas du tout, en vrai, c'est la première fois que j'ai un cas de ce
08:20genre.
08:20De là, elle lui explique, mais en vrai, là, le corps, il est bloqué.
08:23Madame Jean décide de saisir une avocate pour faire valoir ses droits.
08:28On a eu une audience, peut-être moins de deux jours après, pour justement l'animation
08:35du corps de mon conjoint.
08:36Moi, je n'avais rien à prouver en vrai parce que je connaissais ma vie, je sais qu'on
08:41vivait ensemble, qu'on avait trois enfants, que ça fait 12 ans qu'on était ensemble.
08:45Que dire de plus ?
08:46De leur côté, ils avaient préparé un dossier en béton.
08:49Ils enchaînent le document et jusqu'à fournir une attestation d'une des baisseurs
08:54qui dit que mon conjoint et moi, il était un instant de séparation.
08:57Donc là, l'avocate me regarde et je la regarde.
08:59Et en fait, moi, à ce moment-là, je ne comprenais rien du tout.
09:01Je me dis, mais comment on peut arriver jusqu'à là, en vrai ?
09:03En plus de ça, il rajoute que dans la religion musulmane, il est stipulé que le corps doit
09:08être obligatoirement enterré dans sa terre natale.
09:11Ça n'a jamais été dit quelque part, ni dans le Coran, ni dans autre chose.
09:14Du coup, l'audience se termine.
09:15On attend le résultat du juge dans la journée.
09:19Puis on a le verdict où on apprend que c'est la belle famille qui a remporté le procès.
09:24On motive que dans la religion musulmane, le corps doit être enterré dans sa terre natale.
09:28Vu que le juge ne s'y connaissait pas, on s'est dit, bon, ils ont besoin de ramener
09:32un document de Mayotte, peut-être que c'est vrai.
09:36Quand on ne sait pas, on ne sait pas.
09:37Moi, quand j'ai eu le résultat, je me suis dit, mais comment on peut m'en tirer à ce
09:40point ?
09:40Par la suite, j'ai échangé avec mon avocate et elle me demande, vous voulez faire quoi ?
09:46Et moi, je lui réponds, je vais aller jusqu'au bout.
09:49Du coup, toute la nuit, on a passé notre soirée sur le dossier.
09:53Le gros problème qu'on a eu, c'est qu'il nous fallait une attestation d'un imam,
09:56attestant que dans la religion musulmane, le corps doit être enterré là où il est décédé.
10:01Du coup, c'était compliqué pour nous.
10:02Parce que nous, moi qui ai converti, mes soeurs, ma famille qui sont chrétiens,
10:08trouver des contacts, on ne savait pas trop quoi faire.
10:10Du coup, ma soeur, à ce moment-là, elle propose.
10:13Bon, là, on n'a plus trop de solutions.
10:15On n'a plus de choix.
10:16La seule solution qu'on a, c'est les réseaux sociaux.
10:20Du coup, on a fait un signal de détresse, en fait, concrètement, sur Facebook.
10:24Du coup, on a eu la chance ce soir-là, en fait, d'avoir eu plusieurs imams, en fait,
10:29qui sont revenus vers nous et qui nous ont fourni des attestations, qu'on a pu joindre au dossier, en
10:33fait.
10:33Donc, du coup, ça nous a permis, en fait, aujourd'hui, de faire en sorte que mon conjoint soit en
10:38tiré avec les enfants.
10:38C'était une bataille très, très lourde, mais j'ai gagné le procès, voilà.
10:42Entre-temps, j'ai eu le rendez-vous avec le médecin.
10:45On m'a pris dans une pièce à part, on m'a beaucoup parlé.
10:48Et je vais voir Aliana et à ce moment-là, je vois que son état se chute d'un coup.
10:53Donc, je décide de me rapprocher d'elle, de rester à côté d'elle
10:57et de l'accompagner jusqu'au dernier souffle, en fait.
11:00Je demande si je peux la prendre dans mes bras et, enfin, concrètement, on n'a pas refusé.
11:05Du coup, je l'ai pris dans mes bras et là, je vois que son corps se refroidit.
11:10Je constate que son corps devient très froid, ses lèvres changent de couleur
11:14et, en fait, je me dis, je pense que c'est la fin, en vrai.
11:17Au bout d'un moment, je n'avais plus la force de la garder dans mes bras.
11:20C'était tellement douloureux et je ne pouvais pas pleurer.
11:23Je n'avais pas le droit de pleurer, en fait.
11:24À ce moment-là, je n'avais plus le droit.
11:25Du coup, je l'ai posée et j'ai décidé de la laisser, en fait.
11:29Elle s'était assez battue.
11:31C'était le déchirement total, en fait.
11:32C'est la fille qu'on a tant voulu, en fait, avec son père.
11:34Du coup, c'est pour ça qu'on a pris le nom d'Aliyana, en fait.
11:37Son prénom, en fait, ça reprend le prénom de son père, Ali et Nathalie.
11:40Donc, ça a fait Aliyana.
11:41Donc, ça a été vraiment le plus déchirant, en fait, pour nous.
11:44Enfin, pour moi, en fait, surtout.
11:46Une fois qu'Aliyana est décédée, j'ai dû poursuivre l'investigation
11:51pour l'enterrement de tous les corps, en vrai.
11:53Je n'avais pas le temps, en fait, de me poser.
11:55Je n'avais pas le moment de répit.
11:56Tout s'enchaînait très rapidement, en fait.
11:58Depuis le décès de Camerail jusqu'au décès d'Aliyana,
12:01je n'ai pas eu le moment de répit.
12:03Parce qu'à ce moment-là, vu que j'avais remporté le procès,
12:05logiquement, ils se sont dit, on ne va pas t'aider, en fait.
12:08Tu as gagné, je suis débrouille toute seule.
12:09Après, c'était compliqué parce qu'une fois,
12:11dans l'enterrement, il y a eu deux clans, concrètement.
12:13Du coup, il y avait toute ma famille d'un côté
12:14et de l'autre côté, il y avait toute la famille de mon conjoint.
12:16Du coup, on sentait déjà le froid.
12:18Et vu que c'était moi qui avais toutes les décisions,
12:20vu que j'avais gagné le jugement,
12:22ils l'ont pris comme si j'avais pris leur enfant.
12:24Or, qu'il n'y a pas du tout, en fait.
12:25Pour moi, déjà, ce n'était pas ma volonté
12:27d'engager toutes ces poursuites.
12:29Si je l'ai fait, c'est vraiment parce que,
12:30c'était pour mon mari et pour mes enfants,
12:33ainsi que ses enfants et lui.
12:34En réalité, si on aurait pu échanger posément,
12:38on ne serait pas arrivés à l'art, en fait.
12:39C'est dommage, en vrai.
12:40La suite, il n'y a rien eu, en fait.
12:42Je n'ai jamais eu d'appel d'eux par la suite
12:44demandant comment je vais, ou autre.
12:46Aucun appel.
12:46C'est un peu choquant, en fait.
12:47Ils ont essayé de me détruire, indirectement.
12:50Peut-être qu'ils ne se rendaient pas compte,
12:51mais les phrases qu'ils emploient,
12:53les actions qu'ils menaient,
12:55en fait, c'est me détruire un petit peu.
12:58Peut-être qu'ils ne se sont pas rendus compte,
12:59je ne sais pas, je ne peux pas m'être à leur place.
13:01Peut-être qu'il y avait une partie de douleur,
13:04mais ça ne leur donne pas raison d'agir de la sorte, en fait.
13:06Du coup, moi, pour avancer, c'est compliqué.
13:09Parce que je me bats constamment.
13:10Au niveau de l'accident, il y a eu une enquête, bien sûr.
13:13Mais je ne pouvais pas avoir accès à l'enquête
13:16tant que je ne m'étais pas portée à participer.
13:18Et au bout de 8 mois,
13:19je me suis beaucoup investie au niveau de ma page Instagram,
13:21Justice Famille Mohamed.
13:22J'ai changé beaucoup aussi avec ma famille.
13:24Je leur disais, en fait, ce n'est pas normal,
13:25il y a un problème, je ne comprends pas.
13:27Pourquoi ça fait 8 mois et il n'a toujours pas été auditionné ?
13:30Pourquoi ça fait 8 mois et il est toujours en liberté, en fait ?
13:33Donc cette personne, elle a survécu à l'accident.
13:35Mais j'ai pu apprendre qu'il était en réanimation,
13:38puis qu'il est sorti de l'hôpital libre, en fait, concrètement.
13:43Donc c'est comme si il n'avait rien fait, en fait.
13:45Il sort libre, mais je ne sais pas si cette personne-là
13:48a un peu de conscience, en fait, de ce qu'elle a fait.
13:50Je ne sais pas si elle est au courant du nombre de décès qu'elle a eu.
13:53Je ne sais pas si elle a conscience qu'elle a impacté une famille,
13:56qu'elle a détruit une mère.
13:57J'avais beaucoup de questions, en fait, dans ma tête.
13:59Et j'avais peur aussi qu'il commette d'accident.
14:02Donc j'ai décidé de faire une vidéo sur Instagram et de la poster.
14:04Par la suite, grâce à la vidéo,
14:06le parquet, on essaie de me contacter
14:07pour, dans un premier temps, me présenter des excuses.
14:11Parce qu'effectivement, il y a une grosse erreur au niveau du dossier,
14:14un dysfonctionnement total.
14:15Parce que ce n'est pas normal, en fait,
14:18qu'il soit resté en liberté, en fait, tout simplement.
14:19Aujourd'hui, il y a la fin nécessaire pour que le dossier avance.
14:22Et j'espère que ça continuera,
14:24parce que c'est tout ce que je demande, en fait,
14:27qu'il soit jugé à hauteur de ses faits.
14:28Ce qui est plus compliqué, c'est que beaucoup de personnes me reconnaissent.
14:32Donc, c'est un poids, en fait, en plus.
14:34Donc, je n'ai plus vraiment de vie privée, en fait,
14:37parce que ma vie est divulguée partout.
14:39Vu qu'il fallait que j'intervienne, en fait,
14:41pas par mon dossier, parce qu'il était vraiment enfoui, en fait.
14:44Il était au fond des placards et que ce n'est pas normal, en fait.
14:46Aujourd'hui, je me bats encore pour d'autres causes.
14:48J'ai effectué une demande de mariage costume
14:50que je n'ai pas divulguée sur les réseaux sociaux
14:52parce que j'estimais que c'était ma vie privée.
14:55Aujourd'hui, j'ai besoin d'en parler.
14:56Vu que c'était un projet, en fait, qu'on avait,
14:57mon conjoint et moi, de se marier dans l'avenir, en fait.
15:01Mon avocate, aujourd'hui, se bat encore
15:03pour obtenir l'acte de naissance.
15:05Depuis le 14 juin, on se bat
15:06pour obtenir l'acte de naissance de mon conjoint,
15:08qu'on n'arrive pas à obtenir.
15:09Concrètement, on ne sait pas ce qui se passe
15:10au niveau de la mairie de Mayotte.
15:12On a fait plusieurs fois la demande à la mairie de Mamoudzou
15:14qui ne donne pas de réponse.
15:16Malheureusement, pour finaliser la demande,
15:17en fait, il nous faut impérativement, en fait,
15:19cet acte de naissance.
15:20Si j'ai un conseil à donner aujourd'hui,
15:21c'est d'éviter de foncer tête baissée, en fait,
15:24vers un mariage religieux.
15:25Surtout que par la suite, en fait,
15:27ça ne peut apporter que des problèmes, surtout.
15:29Je ne dis pas qu'il ne faut pas faire de mariage religieux.
15:32Je dis tout simplement de privilégier en premier lieu
15:34le mariage civil.
15:35Puis par la suite, si vous le souhaitez,
15:38en fait, faire un mariage religieux
15:39pour éviter tout type de confrontation,
15:43tout type de problème avec la belle famille, tout simplement.
15:45Parce que quand on se retrouve dans une situation
15:46comme la mienne,
15:47malheureusement, il n'a que les yeux pour pour le rire.
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