- il y a 2 jours
Dans ce témoignage fort et personnel, Zakia raconte son parcours professionnel, son arrivée dans le secteur de la restauration après une reconversion, puis la dégradation progressive de ses conditions de travail. Elle décrit une période marquée, selon son récit, par des pressions psychologiques, un sentiment d’exploitation, des tensions liées à l’organisation du travail et une profonde détresse émotionnelle. Son témoignage évoque aussi les conséquences de cette expérience sur sa vie personnelle et familiale.
À travers cette prise de parole, Zakia explique avoir choisi de s’exprimer publiquement pour sensibiliser sur le harcèlement au travail, la précarité, la santé mentale et la connaissance des droits des salariés. Elle partage également son chemin vers la reconstruction, son accompagnement et sa volonté de soutenir d’autres personnes qui pourraient traverser des situations similaires. Ce contenu présente son vécu et son point de vue.
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À travers cette prise de parole, Zakia explique avoir choisi de s’exprimer publiquement pour sensibiliser sur le harcèlement au travail, la précarité, la santé mentale et la connaissance des droits des salariés. Elle partage également son chemin vers la reconstruction, son accompagnement et sa volonté de soutenir d’autres personnes qui pourraient traverser des situations similaires. Ce contenu présente son vécu et son point de vue.
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AmusantTranscription
00:00Il m'a fait, si tu m'envoies ça, je serais capable de payer un Albanais pour te tuer.
00:04Je ne savais pas qu'ils allaient réagir comme ça, on dirait un film.
00:06On est où ? On est où ?
00:08C'est-à-dire que les riches ont le droit de nous écraser parce qu'on n'est pas de
00:11leur même niveau.
00:12J'ai peur pour ma fille ou ma famille parce que ces gens-là, ils sont connus.
00:16Avant d'être serveuse, j'étais intermittente du spectacle, donc j'étais dans l'événementiel.
00:21Je voulais changer de métier depuis que je suis devenue maman.
00:24J'étais beaucoup en déplacement.
00:25Du coup, je voulais une vie stable par rapport à ma fille.
00:27Et je l'élève toute seule.
00:29Dans ce boulot-là, au début, ça a démarré bien et à un moment, c'est parti un petit peu
00:33en cauchemar.
00:34Mon contrat n'était pas fiable, c'est-à-dire qu'il me donnait des petits salaires.
00:39On faisait croire qu'on allait m'augmenter mon salaire parce que j'attire du monde, de la clientèle,
00:45parce que je gardais toujours le sourire et les clients étaient super satisfaits.
00:48J'ai ramené pas mal de clients.
00:50Mais ils jouaient avec mon moral parce qu'ils savaient qu'est-ce que j'avais.
00:53J'avais un mal-être, ils l'ont détecté.
00:55Ils ont vu que j'étais une personne très, très fragile.
00:57J'étais manipulée psychologiquement.
00:59J'étais à leur emprise.
01:00J'étais aveuglée.
01:01Il y avait des employés qui demandaient des augmentations.
01:03Je voyais ça, ils étaient virés.
01:05J'en avais un, le pauvre, il travaillait 7 jours sur 7.
01:07Quand j'avais commencé, il était barman.
01:08Il venait d'un autre pays et tout.
01:09Il voulait clarifier sa situation.
01:11Et donc, il était en deux mois d'essai.
01:12Et le pauvre, il a travaillé 7 jours sur 7.
01:14Il l'appel à midi, il travaille des heures plus et tout.
01:17Et à la fin, ils l'ont jeté.
01:18Parce qu'il a demandé, il m'a dit 1100, c'est pas mon salaire.
01:20Et après, ils ont fait de l'accord et tout.
01:22Ils ont fait de jouer.
01:23Ils l'ont jeté.
01:24Ils étaient exploités.
01:25Il y en a qui travaillent de nuit, jeudi, pas.
01:26Toute la nuit.
01:27Mais ils n'osent pas de parler parce qu'ils ont peur.
01:29C'est des gens qui viennent d'étranger, ils ne savent pas.
01:31Ils ne connaissent pas le droit du travail.
01:33Même un jour de repos, ils ne savent pas, c'est quoi ?
01:34Ils ne sont pas payés.
01:36Alors, congé de repos, il n'y a pas.
01:37Moi, j'ai une impression qu'on est encore à l'époque de l'esclavage.
01:41Ça existe encore.
01:42Mes employeurs me poussaient à faire des choses.
01:44À surveiller de force un salarié qui vola la caisse.
01:48Et au lieu de finir à 1h du matin, je restais jusqu'à 3h du matin.
01:53Le fait de les surveiller, j'étais rassurée pour eux.
01:57Mais en fin de compte, c'était un coup monté.
01:59Le voleur était complice avec le patron.
02:01Ils avaient une fameuse tablette qu'ils ne déclaraient pas.
02:03Donc, c'est une double caisse.
02:05Ils avaient deux caisses.
02:06Ils demandent aux clients espèces ou carte bleue.
02:08Les clients, quand ils disaient espèces, ils mettaient l'espèce dans l'autre caisse.
02:13Et souvent, ils faisaient aussi que la machine à carte bleue ne marchait pas.
02:18Et vu qu'il y avait tellement de problèmes,
02:19il y avait pas mal d'employés et j'avais peur qu'on m'accuse de voleur ou voleuse.
02:23J'ai peur de toucher l'espèce.
02:25Je travaillais, mais je faisais exprès de dire aux clients « carte bleue ».
02:29Parce que j'ai très, très peur de l'espèce.
02:31Parce qu'eux, ils sont capables de m'accuser, on ne sait pas.
02:33J'avais déjà des problèmes avec des salariés aussi,
02:34qu'ils étaient accusés de voleurs.
02:36Tout le monde était voleur, la plupart.
02:37Donc, ils étaient touchés psychologiquement.
02:39Tellement eux, c'est des voleurs qui volent notre transpiration.
02:42Pour eux, tout le monde est voleur.
02:43Ils voulaient que j'espagne, peut-être pour m'accuser-moi,
02:48pour dire que c'est moi qui ai balancé.
02:50Ils voulaient me rendre dingue, ils me rendent malade.
02:52Ils savent que je suis fragile.
02:53Je suis une fille qui… je vous ment pas.
02:56Je vais pas dire que je suis une poule mouillée,
02:58mais je suis une fille très, très sensible et fragile.
03:00Je sortais avec des larmes comme ça,
03:02quand j'allais voir mes parents et ma famille comme ça.
03:05J'ai déjà servi des cléos avec des grosses larmes comme ça.
03:07Ils m'ont détectée.
03:09Ils ont vu comment j'étais très sensible et très fragile.
03:12Et je disais « amène à tout ».
03:13Au début, c'était un petit peu déclaré.
03:15Ils m'ont promis de me déclarer normalement.
03:18Je travaille 6 jours sur 7.
03:19J'étais dégoûtée du boulot.
03:21Ça commence à être vraiment dégoûtée.
03:23Je voulais démissionner et tout.
03:23Qu'est-ce qui s'est passé ?
03:24Ils m'ont essayé de culpabiliser par rapport à ma fille.
03:27Donc, moi, j'avais vraiment besoin de ce boulot.
03:30Et donc, il y avait le confinement.
03:31Donc, après, ils m'ont plus contactée.
03:34Et ils m'ont dit « on va te contacter ».
03:35On ne m'a plus contactée.
03:36J'ai fini avec le confinement à prendre des cartons à manger dans les associations.
03:41La nouvelle que j'apprends, c'est que dans les trois associés,
03:46il y a un couple dedans et ils ont divorcé.
03:48Mais la femme, elle était là pour moi.
03:52Elle a réussi à se battre.
03:54Elle a repris la société parce qu'elle était dans les parts.
03:56Et du coup, on m'a appelée.
03:58Elle a vu ma capacité et tout.
04:00Elle m'a dit « je t'en supplie, reviens, travaille avec nous »
04:03parce que les clients demandent.
04:04Parce que moi, je parle beaucoup de langues.
04:05Je parle hollandais, français, arabe.
04:07J'ai beaucoup de capacité.
04:09Et j'ai fait confiance parce qu'elle m'a fait mon avenance.
04:12Elle m'a rattrapée.
04:13Elle m'a mis mon parking.
04:14Elle m'a mis des extras.
04:15Elle m'a expliqué comment c'était les fiches de paie.
04:19Moi, psychologiquement, j'étais rassurée.
04:21Elle m'a dit « on te doit 63 jours ».
04:23Moi, je ne savais pas.
04:25Elle a tout calculé.
04:26Et ils ne m'ont jamais dit.
04:27Ils m'ont caché.
04:29Et au bout de six mois de rêve,
04:31quand j'ai appris qu'ils allaient revenir à l'Assemblée,
04:33c'était un cauchemar.
04:34Ils sont venus.
04:36La matinée, je pars.
04:37Et j'avais des larmes aux yeux.
04:39Il y avait des salariés qui pleuraient
04:40parce qu'elle a réguléresé même des étrangers.
04:45On ne peut pas dire de quel pays ils travaillent,
04:47qu'ils étaient exploités.
04:47Ils ont pleuré.
04:48Quand ils étaient avec ma patronne,
04:49ils avaient deux jours de repos.
04:50Mais avec eux, ils n'ont plus de deux jours de repos.
04:52Et eux, quand ils sont revenus,
04:54ils m'ont effacé mes 73 jours
04:56et ils m'ont donné des autres fiches de paye.
04:58Ils m'ont trafiqué les fiches de paye.
04:59J'avais dit à ma patronne, s'il te plaît,
05:01je vais te démissionner.
05:02Elle me dit, non, pense à ta retraite.
05:05Tu vas tout perdre.
05:06J'ai dit, j'ai peur de...
05:07Je suis traumatisée.
05:09Je crois que si je reste avec eux,
05:11je me suis citée.
05:13Je ne peux pas rester avec eux.
05:14Ils me faisaient peur parce que
05:15c'était des manipulateurs.
05:17J'allais au travail avec la boule au ventre.
05:18Quand ils étaient là, j'étais stressée.
05:20J'avais des crises d'angoisse.
05:22Qu'est-ce qu'il a fait ?
05:23Il a essayé de revenir vers moi,
05:26sympathiser comme si rien n'était.
05:27Il a essayé d'être gentil avec moi
05:28et jouer son jeu.
05:29Ça n'a pas marché cette fois-ci.
05:31J'ai ouvert mes yeux.
05:32C'est fini, la fille gentille
05:33qui était manipulée,
05:35qui était exploitée.
05:37J'ai su le droit du travail.
05:38J'ai signé mon avenant
05:39de deux jours et demi de repos.
05:40Amma a expliqué tout.
05:42C'était comme si j'étais à l'école,
05:43j'ai tout appris.
05:44Monsieur, vous voulez que je travaille
05:45six jours sur sept ?
05:46J'ai dit, non, j'ai deux jours de repos.
05:47Je prendrai mercredi et dimanche.
05:48Dans mon avenant, on s'y a écrit.
05:49Il a commencé à parler avec moi
05:51à l'extérieur du resto.
05:52Il m'a dit, écoute,
05:53là, tu travailles pour l'instant
05:55six jours sur sept.
05:56On ne va pas te payer.
05:56On va s'arranger au niveau
05:57de repos.
06:00On va négocier.
06:00On va t'en donner plein.
06:02Plein de jours de repos.
06:03Après, dès qu'on trouve
06:04un autre serveur ou une autre serveuse,
06:06pour l'instant, je n'ai personne
06:07parce qu'elle nous a mis dans la merde.
06:08Parce qu'elle a déclaré tout le monde.
06:09J'ai beaucoup de charges à payer.
06:10Je dis, ce n'est pas mon problème.
06:12Moi, je mets deux jours de repos.
06:13Ma santé, ça vaut plus cher.
06:15Il était là.
06:16Du coup, il a appelé un salarié.
06:19Je ne peux pas citer son nom.
06:20Il était complice avec moi.
06:21Il a fait exprès
06:22de ne pas être en lien avec moi.
06:24Il est par les dehors.
06:25Il a dit, écoute, je te paye.
06:26Tu ne dis rien à Shakira.
06:27C'est moi, Shakira.
06:28C'est Dakia, mais on m'appelait Shakira
06:30par rapport à mes cheveux.
06:31Je ne sais pas.
06:32On m'appelait les clients aussi.
06:34Tu ne dis rien à cette fille-là.
06:35Je te paye en extra derrière son dos.
06:37Mais tu ne dis rien.
06:39Moi, il voulait que je travaille gratuit,
06:40mais il voulait payer quelqu'un d'autre derrière mon dos.
06:43Monsieur, il n'était pas bien, le patron.
06:45Il m'a dit, je peux te parler dehors ?
06:46Je dis, oui, il n'y a pas de souci, on peut parler.
06:48Il me fait, tu sais, moi,
06:49si tu ne veux pas faire,
06:51fais-le compte tes fiches de paye.
06:52Elles ne sont pas bien.
06:53Elles ne sont pas fiables.
06:55Les avenants, c'est de la merde.
06:56Comment ça, les avenants, c'est de la merde ?
06:58Je dis, mais par contre,
06:59avant de faire l'avenance,
06:59j'ai prévenu mon avocat
07:01si je pouvais signer l'avenance.
07:02Il me fait, tu as eu un avocat.
07:03C'était choqué que j'avais un avocat.
07:05Ah bon ?
07:06Je dis, oui, monsieur.
07:07D'ailleurs, les fiches de paye ne sont pas fiables.
07:09Il continuait.
07:10Si tu n'es pas content,
07:11ben, t'as que partir.
07:12Après, je ne sais pas comment ça,
07:13mais j'ai dit, mais monsieur,
07:14vous savez que je suis au courant
07:15de tout ce qui se passe dans ce restaurant
07:16et j'ai des preuves.
07:17J'ai des preuves
07:17et la fraude que vous faites,
07:19c'est faute grave
07:20parce que ça peut être un contrôle.
07:23C'est la brigade de finances qui peut venir.
07:25Il m'a fait, si tu m'envoies ça,
07:27je serais capable de payer un Albanais
07:28pour te tuer.
07:30Le 26 novembre.
07:31Et après, du coup,
07:32qu'est-ce qui m'est arrivé ?
07:33Il y avait des clients et tout.
07:34Je commençais à faire des crises d'angoisse.
07:36J'ai dit, Albanais,
07:36ils sont capables de quoi alors
07:37s'ils font ça ?
07:38Ils sont capables,
07:40peut-être, de m'envoyer une voiture
07:41ou me mettre de la drogue dans mon sac
07:42ou de l'argent dans mon sac
07:43pour m'accuser de vol,
07:45faute grave ou...
07:46J'étais choquée.
07:47Je me sentais mal,
07:48j'ai eu un malaise
07:49et je suis tombée au travail.
07:50Je suis tombée, ouais,
07:52sur la tête,
07:52mais ça va mieux,
07:53je suis levée.
07:53Après, je n'étais pas bien.
07:55Le fils du patron
07:55qui regardait
07:56qu'il n'y avait rien à foutre de moi
07:58et il mettait par terre,
07:59il regardait ce qui se passe.
08:00Allo, papa,
08:00il appelait son papa.
08:02Les clients,
08:03c'est eux qui se sont appelés
08:03les pompiers.
08:05Les clients.
08:05Et il y avait une psychologue
08:06qui m'a donné le bras,
08:07qui m'a aidée.
08:08Je la remercie énormément,
08:10je n'ai pas de si nouvelles.
08:11Et elle m'a dit,
08:11je peux vous aider,
08:12je vous accompagne.
08:13Je lui ai dit, c'est bon.
08:13Il y avait mon patron
08:14et moi, je faisais des signes
08:15que je suis en danger.
08:16Ils n'ont pas compris.
08:17J'étais en danger.
08:19Menace de mort,
08:19c'est quoi ?
08:20C'est une question que j'ai eu peur.
08:22J'ai eu très peur.
08:23J'ai été portée plainte au commissariat
08:25pour garder comme trace.
08:26J'ai peur pour ma fille,
08:27ma famille,
08:28parce que ces gens-là,
08:28ils sont connus.
08:30Il a déjà été en prison
08:32dans son pays
08:32pour meurtre.
08:35J'ai appris la nouvelle.
08:37Je ne savais pas
08:37qu'ils allaient réagir comme ça,
08:38on dirait un film.
08:40Et j'avais ma voiture au parking.
08:43J'ai attendu trois jours
08:44pour récupérer ma voiture au parking.
08:46Je n'arrivais pas.
08:47J'ai demandé à des membres
08:48de ma compagnie,
08:49il y avait trois personnes.
08:51J'ai peur qu'on me fasse quelque chose.
08:53Je n'arrive pas à croire
08:54qu'en France,
08:56ça existe,
08:56parce que le fait
08:57de menacer une femme seule
08:59avec un enfant,
09:01c'est grave.
09:02Et moi,
09:02on m'a dit comme phrase
09:03quand j'ai envoyé des mails,
09:05j'ai envoyé tout ce qu'il y avait
09:06dans le rapport,
09:07parce qu'il y a mon frère
09:08qui m'a donné la main,
09:09il y a des amis
09:10qui m'ont donné la main,
09:10la psychologue et tout,
09:11pour essayer de monter un dossier.
09:13Et j'avais peur
09:14d'y aller voir la police.
09:15J'avais peur,
09:16même en allant à la police,
09:17ils ont vu.
09:18Même le policier,
09:19il ne m'a pas rassurée
09:20un petit peu.
09:20Il m'a dit
09:21qu'il faut faire très attention
09:22parce qu'ils sont connus.
09:24Du coup,
09:24je suis touchée psychologiquement,
09:26je dors avec des cachets dépressifs.
09:28Je prends le cachet pour dormir,
09:29la journée,
09:30je prends pour me détendre.
09:31Mais ce n'est pas une vie
09:31d'être sous cachet.
09:33Je veux vivre comme tout le monde,
09:34je veux être respirée.
09:36J'ai appris
09:36qu'ils font des fausses attestations
09:38contre moi,
09:38que je n'étais pas présente
09:40en octobre pour ne pas payer
09:42mes extras,
09:42que je n'ai pas fait d'extra.
09:44Du coup,
09:44ils demandent aux employés
09:45de faire des fausses attestations
09:46contre moi
09:46qu'en octobre,
09:47je n'étais pas présente
09:48mais j'étais présente.
09:49Depuis le jour
09:49que je suis évanouée au travail,
09:51je n'arrive plus
09:52à y aller dans ce boulot-là
09:53parce que je fais des cauchemars.
09:55Je suis parano,
09:56je regarde à moi,
09:57je regarde devant moi.
09:58Limite,
09:58j'ai envie de me suicider
10:00mais c'est ma fille
10:00qui me retient.
10:02Je suis au bord du suicide.
10:03Qu'est-ce que ça me soulagerait ?
10:04Parce que je suis perdue
10:07avec eux.
10:08Ils m'ont traumatisée.
10:10Ils ont joué avec mon moral.
10:11Peut-être que si je partirais,
10:12ce serait mieux.
10:14Mais c'est ma fille
10:15qui me retient.
10:16et mes parents.
10:17Ma fille,
10:18je suis contente.
10:19Elle se bat pour ses études,
10:20je ne vais pas montrer.
10:21Ma fille,
10:22j'ai bien élevé.
10:23Je l'apprends
10:23à être pas mauvais à l'école.
10:25Si elle a un problème,
10:26elle vient me voir.
10:27Elle est très intelligente.
10:28Là,
10:28elle est mûre dans sa tête.
10:29Ma fille,
10:29elle connaît la valeur de l'argent.
10:31Elle fait,
10:31maman,
10:31depuis que tu es partie là-bas,
10:33je ne t'ai pas vue beaucoup
10:34parce que tu travailles beaucoup.
10:35Elle a grandi un petit peu sans moi
10:36parce qu'elle dormait
10:37chez mes parents aussi.
10:38Et heureusement qu'elle est là,
10:39elle me dit,
10:40maman,
10:40sois forte.
10:40Et elle m'accompagne partout.
10:43Elle a appris.
10:43Elle m'a dit,
10:43maman,
10:44je sais que tu es à la capacité,
10:45tu dois y aller dans les médias.
10:47C'est pour ça que là,
10:47j'ai envie de me battre.
10:48C'est pour les personnes
10:49qui sont dans mon cas
10:50parce que j'ai regardé des avis.
10:52Il y en a qui sont suicidées
10:53à cause de cette histoire-là.
10:54Je ne suis pas la seule.
10:56C'est trop.
10:57On est où ?
10:58On est où ?
10:58C'est-à-dire que les riches
11:00ont le droit de nous écraser
11:01parce qu'on n'est pas
11:03de leur même niveau.
11:04Maintenant,
11:05je suis dans une situation précaire
11:06avec ma fille
11:07en disant que mes fiches de paie
11:11déclarer,
11:11ça dérange certaines entreprises.
11:13Et le fait de payer
11:14trop de charges,
11:14ça leur dérange.
11:15Tout ça, pourquoi ?
11:16Pour faire la fête.
11:17Pour se mettre de l'argent
11:18dans leur poche,
11:18il ne faut pas payer dure.
11:19Ça fait l'État.
11:20Aujourd'hui, ça a bougé.
11:21Mon avocat, il est bien.
11:22On me l'a conseillé.
11:22Je ne vous ment pas,
11:23c'est ma cousine qui me l'a avancé.
11:25Entre avocat et avocat,
11:26ils ont essayé de faire
11:27une négociation
11:28parce qu'ils savent
11:28que j'ai beaucoup d'éléments.
11:29Au début,
11:30ils ne voulaient pas me licencier.
11:31Ils voulaient que...
11:32vu qu'ils vont payer des charges.
11:33Et le fait qu'ils ne croyaient pas
11:35que j'avais un avocat,
11:36ils croyaient que c'était
11:36à la rigolade
11:37quand j'envoyais des mails et tout.
11:38Et j'envoyais tout ce qui se passe
11:39au restaurant
11:40et d'après,
11:40les personnes qui travaillent dedans,
11:41ils ne sont pas bien
11:42parce qu'ils ne croyaient pas
11:44que j'allais faire ça.
11:45Ils ont peur, oui.
11:46Ça y est, c'est fini.
11:47La fille qu'on écrase,
11:48ceux qui font du mal,
11:49ça paye tôt ou tard.
11:50Cette fois-ci, je vais me battre.
11:51J'ai droit du droit du travail.
11:53Au début, oui.
11:53J'ai peur.
11:54Mais vu que je suis venue par M.C.,
11:56j'ai eu des gens
11:56qui me donnaient la main.
11:57Et on est en France quand même.
11:58Si je suis là,
11:59je prends des risques.
12:00Mais si je suis mise dans les médias,
12:01c'est pour défendre
12:02le droit du travail.
12:03S'il m'arrive quelque chose,
12:04au moins, on dirait demain,
12:05cette fille-là,
12:06elle a prévenu.
12:07Au moins, je serai dans les médias
12:09ou dans les informations.
12:10On ne sait pas
12:10qu'est-ce qui peut arriver.
12:11C'est pour tout le monde,
12:13toutes les gens qui sont harcelés.
12:14Ça y est, stop.
12:15Stop.
12:15Stop à le harcèlement au travail.
12:17Stop à le harcèlement de l'école.
12:18Stop.
12:18C'est pour un tout.
12:19Parce qu'on a marre.
12:20Eux, ils sont en train
12:20de manger du caviar.
12:22Et nous, on mange, je crois,
12:24du béton ?
12:25Ou des voisins qui te donnent à manger
12:27ou tes parents ou des gens ?
12:28Non.
12:29Ils sont en train de s'enrichir.
12:30Ils sont en train d'arnaquer l'État.
12:31Et nous, on est là,
12:33on est sérieux.
12:34Ils veulent nous tuer ?
12:35Non.
12:36À petit feu ?
12:36Non.
12:37La phrase qu'ils m'ont dit,
12:39toi, tu es dans un HMM,
12:40mère isolée,
12:42avec ta petite fille,
12:43que tu élèves seule.
12:45Tu ne vas pas y aller loin.
12:46Moi, j'ai beaucoup d'argent.
12:47Tu ne pourras rien me faire
12:48des prud'hommes ces deux ans
12:49ou trois ans.
12:50On est des êtres humains.
12:52Même un animal,
12:52on le considère bien.
12:54C'est stop, stop, stop.
12:56J'ai conscience que ma vie,
12:57elle est en danger,
12:58en parlant.
12:59Je prends des risques.
13:00Si je suis venue ici,
13:01c'est pour protéger les gens
13:02qui ne soient pas dans ma situation.
13:03Des gens qui viennent d'étrangers,
13:05qui sont exploités,
13:06je veux dire stop,
13:06parce que ce n'est pas des esclaves.
13:08C'est fini,
13:09l'étant des esclaves.
13:10Et moi, je veux que les choses
13:11soient correctement pour tout le monde.
13:12ORIGIN
13:15Sous-titrage Société Radio-Canada
13:18ORIGIN
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