- il y a 1 jour
H.F Diané est un auteur et témoin engagé dont le parcours bouleversant trouve ses racines dans les conflits armés qui ont marqué son enfance au Congo. À travers son histoire, il retrace avec intensité les traumatismes vécus pendant la guerre civile, entre exil, pertes familiales et survie dans des conditions extrêmes. Très jeune, il est confronté à la violence, à la peur et à l’instabilité, des expériences qui forgent profondément sa vision du monde et nourrissent aujourd’hui son engagement à témoigner. Son récit met en lumière la réalité souvent invisible des enfants victimes de guerre, tout en soulignant la résilience humaine face à l’adversité .
Installé en France après un long parcours d’exil, il traverse une nouvelle épreuve : celle de l’adaptation à une culture différente et du poids des souvenirs. Entre solitude, incompréhension et environnement difficile, il trouve refuge dans l’écriture. Ce moyen d’expression devient alors essentiel pour se reconstruire, transformer la douleur en force et donner un sens à son vécu. Peu à peu, l’écriture s’impose comme une vocation, un outil thérapeutique mais aussi un engagement pour transmettre une mémoire et sensibiliser le public.
Aujourd’hui, il porte un message puissant d’espoir, de résilience et de prise de conscience. À travers ses projets littéraires et ses prises de parole, il souhaite dénoncer les ravages de la guerre, tout en invitant chacun à apprécier la fragilité de la vie et à avancer sans regrets. Son histoire inspire par sa sincérité et sa profondeur, faisant de lui une voix importante dans les thématiques liées à la guerre, à l’exil et à la reconstruction personnelle.
Suivez O-Rigines le nouveau média qui s’intéresse à l’histoire des histoires.
Youtube : https://www.youtube.com/channel/UC33B...
Instagram : https://www.instagram.com/origines.me...
Twitter : https://twitter.com/Originesmedia
Installé en France après un long parcours d’exil, il traverse une nouvelle épreuve : celle de l’adaptation à une culture différente et du poids des souvenirs. Entre solitude, incompréhension et environnement difficile, il trouve refuge dans l’écriture. Ce moyen d’expression devient alors essentiel pour se reconstruire, transformer la douleur en force et donner un sens à son vécu. Peu à peu, l’écriture s’impose comme une vocation, un outil thérapeutique mais aussi un engagement pour transmettre une mémoire et sensibiliser le public.
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PersonnesTranscription
00:00Il y a des rebelles. Il y a des rebelles avec leurs armes et le rebelle commence à perdre patience.
00:04Il s'énerve, il dit « toi t'es pas l'un des nôtres, t'es pas l'un des
00:06nôtres ».
00:07Derrière le rebelle, il y a une espèce de ravin et on savait qu'il tuait les gens et il
00:10est balancé dans le ravin.
00:11Et là, je me dis « ah ben c'est fini, on va mourir là ».
00:15Mes premiers souvenirs remontent à la première guerre.
00:17Alors c'était une guerre civile qui opposait deux mouvements au Congo,
00:21un mouvement auquel appartenait le président et un autre mouvement auquel il y avait des opposants.
00:26On s'était réfugiés chez ma grand-mère dans un autre quartier de la capitale.
00:30Je me revois encore petit, un peu perdu.
00:33Je garde encore quelques flashs de cette période-là, des tirs parfois, des tensions, des obus qui tombaient.
00:39La Deuxième Guerre a éclaté en 1997. J'avais 8 ans et demi à ce moment-là.
00:44Et il faut savoir que la Deuxième Guerre a éclaté aussi.
00:46Ma maman était enceinte à ce moment-là.
00:48Elle était enceinte de la dernière de la fratrie qui s'appelait Christa.
00:52Elle est née pendant la guerre et le problème c'est que très vite il y a eu une pénurie,
00:56le personnel hospitalier a fui et il ne restait que très peu de personnes dans un médecin qui était un
01:03ami de mon père.
01:04À un moment, il a vu qu'il y avait une pénurie de médicaments et ma mère avait été très
01:08affaiblie par l'accouchement.
01:11Et il a vu mon père, il lui a dit qu'on ne pourra pas sauver les deux.
01:15Il faut faire un choix, ça sera soit le bébé, soit notre mère.
01:19Ils ont décidé finalement de sauver ma mère.
01:22À ce moment-là, j'en ai souffert.
01:24J'en ai souffert parce que je n'ai jamais vu ma petite sœur.
01:26On me disait en plus qu'elle me ressemblait beaucoup.
01:28Je voulais la voir, je voulais lui dire au revoir.
01:30Et donc suite à ça, ma cousine nous a rejoints et on a fui, on s'est réfugiés chez le
01:36pasteur avec d'autres familles.
01:38Peu de temps après qu'on soit arrivés là-bas, il y a eu une épidémie de paludisme qui a
01:41commencé à sévir dans le village.
01:43Alors il faut savoir que le Congo, comme beaucoup de pays d'Afrique, connaît des épidémies de paludisme.
01:47Le paludisme, on vit avec.
01:49Mais en temps de guerre avec des pénuries de médicaments, avec le manque de médicaments, c'est pire.
01:54Donc là, beaucoup de gens sont tombés malades et ma cousine est tombée malade.
02:00Et petit à petit, on a vu s'affaiblir, on a vu qu'elle n'était vraiment pas bien.
02:04Donc on est allé dans un dispensaire.
02:05Et un jour, mes parents m'ont dit, Hassan, viens, on va aller voir ta cousine.
02:12Je n'ai pas compris pourquoi mes parents m'avaient amené là-bas sur le coup.
02:15Ils ne m'ont pas clairement dit, Hassan, on va voir ta cousine parce que tu vas lui dire au
02:19revoir.
02:20Et le fait qu'elle soit décédée, ça a été, pour moi, ça a été comme la fin de l
02:26'innocence pour moi.
02:27Mon enfance, à ce moment-là, elle s'est arrêtée là.
02:31Avec sa borge, j'ai réalisé qu'on n'était rien, qu'on pouvait partir du jour au lendemain,
02:35que la guerre n'épargnait personne.
02:37Enfant, adulte, on pouvait partir, qu'on soit bon, mauvais.
02:42J'avais beaucoup de colère en moi.
02:44En fait, cette colère était liée à la souffrance que j'avais.
02:46La souffrance d'avoir perdu ma cousine, perdu ma petite sœur.
02:49Pour moi, me battre, c'était un moyen d'évacuer un peu cette violence.
02:53Puis la guerre s'est terminée.
02:55Et là, on n'est jamais retourné à l'ancienne maison.
02:59On a emménagé dans un nouveau quartier de la capitale.
03:01Un jour, je m'amuse avec mes amis.
03:04Je leur dis, on va se donner rendez-vous.
03:05À côté de chez nous, il y avait une maison en construction qui était un peu à l'abandon.
03:09C'est un terrain de jeu.
03:10On s'amuse et on s'éclatait.
03:12Et à un moment, je me fige comme ça.
03:15Je les regarde jouer.
03:16Et là, je réalise que je suis heureux.
03:19Je suis heureux.
03:20La guerre est loin derrière moi.
03:23Tout va bien.
03:24Je suis heureux.
03:25Et je me dis, j'adore cette nouvelle vie.
03:27Et à ce moment-là, on se sépare.
03:29Chacun rentre chez soi.
03:30J'arrive à la maison.
03:32Et dans les heures qui suivent les premiers tirs,
03:34on entend des tirs,
03:36on entend des obus tomber.
03:38Là, c'est la panique.
03:39Dans le quartier, je sors, c'est la panique.
03:43Les gens sont en train de courir.
03:44Les gens sont en train d'arriver à dire
03:46la guerre a recommencé, ça recommence, ça recommence.
03:49Je me dis, non, c'est pas possible.
03:51Pas aujourd'hui, pas maintenant.
03:53Et on apprend que les rebelles sont en train de se rapprocher.
03:56Et donc, à ce moment-là, on réalise qu'il va falloir qu'on parte précipitamment.
04:00Et on s'en va.
04:01On s'en va, on marche, on marche.
04:02Et là, je suis habité par plein de sentiments.
04:05Je suis choqué, je suis en colère, je suis triste.
04:09Je me dis, mais quelques heures avant,
04:11c'était quand j'étais avec mes amis dans une maison abandonnée.
04:13Je me sentais bien.
04:14Et là, la guerre recommence.
04:15Et donc, on se fond parmi tous ceux qui sont en train de fuir.
04:19Le quartier, on remonte une très longue avenue,
04:22qui était noire de monde,
04:23comme les images qu'on voit à la télé en Afrique, en cas de conflit.
04:26Cette fameuse avenue avec des gens, des pannes,
04:29les bébés au dos, tout ça, on est en train de marcher.
04:32Et de part et d'autre de l'avenue, il y a des rebelles.
04:35Il y a des rebelles avec leurs armes.
04:37Et mon père, à un moment,
04:39mon père, c'est quelqu'un qui est clair de peau, qui est grand.
04:43Et donc, il ne passe pas inaperçu.
04:45Il a une certaine prestance.
04:47Il ne passe pas inaperçu.
04:48Et à un moment, il y a un rebelle qui le voit,
04:50qui lui dit, « Hé, toi, là, le grand clair de peau vient ici. »
04:53Et il lui dit, « Parle notre langue. »
04:56Donc, au Congo, il y a plusieurs ethnies, il y a plusieurs langues.
04:59Et ceux qui faisaient partie du rebelle avaient un certain dialecte.
05:03Ils appartenaient à une certaine ethnie.
05:04Et pour la première fois de ma vie, je regarde mon père,
05:07je vois qu'il n'est pas bien.
05:09Je vois l'angoisse monter en papa.
05:10Je vois la peur, je vois papa bégayer.
05:13Et là, je me dis, « Ah ben, c'est fini. On va mourir là. »
05:18Derrière le rebelle, il y a une espèce de ravin.
05:20Et on savait qu'il tuait les gens et les balancés dans le ravin.
05:22Le rebelle commence à perdre patience.
05:24Il s'énerve. Il dit, « Toi, tu n'es pas l'un des nôtres. »
05:26« Tu n'es pas l'un des nôtres. »
05:28Et à ce moment-là, il se passe une chose miraculeuse.
05:31Il y a une femme qui surgit de la foule, une petite femme forte,
05:34qui surgit de la foule, qui s'interpose entre papa et le rebelle,
05:37qui lui dit, « Mais qu'est-ce que tu fais ? Arrête ! Baisse ton arme ! »
05:40« Lui, c'est l'un des nôtres. Je le connais bien. »
05:43« Il n'arrive pas à parler parce que tu l'effraies avec ton arme. »
05:46« Je le connais bien. Baisse ton arme. »
05:48Et donc, finalement, le rebelle, il baisse son arme et nous laisse partir.
05:52Et cette femme, ce qu'elle a fait ce jour-là, c'est absolument héroïque.
05:55Parce que cette femme, mon père, à quelques années auparavant, avait été instituteur.
05:59Et cette femme avait été une des élèves de mon père.
06:01Si elle n'avait pas été là, on aurait été décimés sur le bord d'une route et balancés dans
06:05un ravin.
06:07Et il y a plein de gens autour de nous, en marche, en marche, en marche.
06:10Il y a le cortège. Et à un moment, je vois le cortège se séparer.
06:13Et je vois qu'il y a un homme qui a été exécuté sur la route.
06:17Et c'est une scène que je n'oublierai jamais.
06:20Il était là, les mains nouées dans le dos.
06:23Il avait été tué et traîné derrière une voiture.
06:27Il a été lâché là.
06:28Et cette première nuit, ça a été l'une des pires nuits de ma vie.
06:33Parce que les conflits ont été extrêmement violents.
06:35Ça a tiré partout, partout, partout.
06:38On était réfugiés.
06:39On s'est réfugiés sous la table.
06:41On était tous à terre.
06:43Ça a tiré.
06:44On entendait des balles ricochées contre le mur.
06:46Le sol tremblait parce que les obus tombaient.
06:48C'était...
06:49Beaucoup pensaient qu'ils allaient mourir à ce moment-là.
06:52Et après, on a décidé de partir.
06:56Voilà, parce qu'on ne pouvait pas rebousser chemin.
07:00Il fallait, comme beaucoup de gens à ce moment-là,
07:04enchaîner, enfin, s'enfoncer dans les forêts du sud du Congo
07:08et rejoindre le Zahir.
07:10Voilà, le Zahir, c'est le Congo RDC actuellement.
07:13Mais à l'époque, ça s'appelait le Zahir.
07:14C'était le seul moyen, en fait, de trouver un peu de stabilité.
07:18Donc, à ce moment-là, on a commencé notre long périple.
07:20Un périple de 400 km à pied à travers le sud du pays,
07:24à travers les forêts du pays.
07:26Je pense qu'on a marché pendant plusieurs mois.
07:28On dormait dans des villages.
07:30Des gens étaient parfois extrêmement généreux.
07:34Et peu à peu plus en avançait pendant le périple,
07:37plus on était confrontés à la famine.
07:39Les seuls qui avaient droit à plusieurs rations,
07:42c'était les enfants.
07:44Le Congo, c'est un pays de l'équateur.
07:46Donc, il y a des pluies,
07:48des pluies extrêmement violentes, des orages.
07:49Il y avait parfois des moments beaux.
07:54Pendant la guerre,
07:55papa veillait toujours à nous préserver,
07:58nous les enfants, du mieux qu'il pouvait.
08:00Et quand on dormait à la belle étoile,
08:02je me rappelle,
08:02il nous montrait les étoiles,
08:04il nous apprenait les constellations.
08:05Voilà, les enfants, là, c'est la grande ours,
08:07c'est ça.
08:08Et papa aime beaucoup les plantes.
08:10Donc, sur le trajet, il nous montrait les plantes.
08:13Et j'ai commencé à me poser plein de questions.
08:16J'ai commencé à réaliser que j'avais 10 ans,
08:19que ce que je vivais, c'était d'une violence incroyable.
08:22Et à ce moment-là, je me suis dit,
08:23je vais écrire, je vais tenir un journal intime.
08:26Dans ce journal, je vais raconter mes journées d'enfants victimes de la guerre.
08:31C'était un devoir d'écrire
08:32et ensuite, un jour, de publier ce livre
08:34pour faire découvrir,
08:37je voulais faire découvrir au monde entier,
08:39pour dénoncer la guerre,
08:40pour dénoncer ce que j'avais vécu,
08:41parce que j'avais 10 ans, c'était ma troisième guerre,
08:44j'avais perdu des proches
08:45et ma vie avait volé en éclats du jour au lendemain.
08:48Quand ça s'est stabilisé au Congo-Brazzaville,
08:51on est rentré au Congo-Brazzaville.
08:53Et petit à petit,
08:57on a retrouvé cette atmosphère lourde.
08:59On entendait des gens parler parfois,
09:00« Ah, t'es au courant, un tel est mort. »
09:02« Ah, t'es au courant, un tel a été exécuté sur le bord d'une route. »
09:05Notre enfance, à ce moment-là, c'était
09:07se balader dans la rue,
09:09voir des douilles, voir des balles.
09:11Le Congo d'après-guerre,
09:13les stigmates de la guerre,
09:14les impacts de balles sur les murs.
09:16J'en étais arrivé à un stade où je me disais,
09:18« Les guerres, c'est comme ça.
09:20On est au Congo.
09:21Il y aura régulièrement des guerres.
09:22Il va falloir faire avec. »
09:24Mais à aucun moment, je me disais,
09:26« Je vais quitter mon pays. »
09:27Pour moi, c'était inconcevable.
09:28J'aimais mon pays.
09:29Je l'aimais.
09:30J'aimais la vie que j'avais.
09:32Et là, à ce moment-là,
09:33mes parents ont décidé
09:34qu'on ne pouvait plus rester au Congo.
09:37Et ils ont décidé de nous envoyer en France.
09:39Et la première année à Sartreauville,
09:42là, je commence vraiment à souffrir.
09:44Je commence à souffrir
09:45parce que je suis en train de réaliser
09:47tout ce que j'ai vécu.
09:48Mais pour moi,
09:48ça a été pire que la guerre.
09:50Ça a été pire
09:51parce que mes parents n'étaient pas là,
09:52parce qu'il y avait ce choc,
09:54c'était une autre culture.
09:56Je ne voulais pas arriver dans ces conditions.
09:57Je ne voulais pas fuir mon pays.
09:59Et il y a eu cette souffrance-là,
10:00la souffrance d'avoir fui mon pays,
10:01la souffrance de ne pas savoir
10:03où étaient mes amis,
10:04de me retrouver face à des gens,
10:06des enfants de mon âge,
10:07qui étaient innocents.
10:08Qui étaient innocents,
10:09qui n'avaient pas connu la guerre,
10:11qui étaient extrêmement insouciants.
10:13Et il y avait un décalage énorme entre nous.
10:16Moi, j'étais dans la souffrance,
10:18j'étais angoissé,
10:19j'étais beaucoup plus mature
10:20par rapport à tout ce que j'avais vécu.
10:21Je me suis senti triste,
10:25incompris.
10:25J'ai trouvé ça injuste,
10:27il y a eu beaucoup de souffrance.
10:28Et je pleurais.
10:29Je pleurais,
10:30je le cachais à mon frère,
10:31mais je pleurais tous les jours.
10:33En rentrant de l'école,
10:34je pleurais.
10:36Et pour couronner le tout,
10:37on vivait chez quelqu'un
10:38qui était chez un homme
10:39qui était ingénieur,
10:40qui gagnait très bien sa vie,
10:41mais qui était alcoolique.
10:42Il était alcoolique
10:43et il était extrêmement violent.
10:45Et donc la souffrance,
10:46c'est un peu accentué
10:47avec cet environnement très violent,
10:50parce qu'il y avait une continuité, en fait.
10:51On s'est un peu mûrés dans le silence.
10:53Mon frère et moi,
10:53on se soutenait.
10:55On se disait,
10:55ça va aller, ça va aller.
10:57On s'en sortira un jour.
10:58Je lui disais,
10:58t'inquiète pas, ça va aller.
11:00Et là, je me suis remis à écrire.
11:02Je me suis replongé dans la littérature ici.
11:04J'ai découvert Harry Potter, tout ça.
11:06Donc je me suis mis à écrire,
11:07à écrire, à écrire.
11:09Et très vite,
11:09c'est devenu une obsession, en fait.
11:10L'écriture m'a permis de m'évader.
11:13L'écriture, c'était un moyen pour moi
11:15de me soigner,
11:17d'aller mieux,
11:18de me confier, en fait.
11:19Et de ne pas sombrer
11:20dans une dépression plus profonde
11:23et dans la folie, je pense.
11:24Parce que je pense que j'aurais pu
11:26complètement briller.
11:27Après tout ce qui s'est passé,
11:29je n'aurais pu complètement briller.
11:30J'ai décidé de faire de mon loisir
11:34un métier, en fait.
11:35Je me suis mis à écrire des histoires
11:36de manière un peu plus carrée.
11:38Oui, de la fiction, tout ça.
11:40J'ai commencé petit à petit
11:41à me reconnecter avec celui
11:42que j'étais enfant.
11:44Je me sens prêt, enfin,
11:46à réécrire ce livre
11:47sur ce qui s'est passé au concours,
11:50sur la forme d'un journal intime
11:51et à le publier.
11:53Parce que c'était mon objectif,
11:54c'était une promesse
11:55que je m'étais faite
11:55quand j'étais enfant.
11:56Et là, aujourd'hui,
11:57je me sens enfin prêt
11:58à le faire.
11:59Il m'aurait fallu environ 20 ans
12:03pour accepter ça.
12:04Et c'est des ravages de la guerre.
12:06On ne se rend pas compte,
12:07mais parfois,
12:08quand on est confronté
12:09à un traumatisme,
12:10comme ça,
12:10il faut plusieurs années
12:11pour se réconcilier
12:13avec soi-même
12:14et aller de l'avant.
12:15Et j'ai appris
12:18à positiver
12:19vis-à-vis de ces souvenirs-là
12:20en me disant
12:20que je ne dois pas tomber
12:22dans une espèce
12:24de naïveté
12:24vis-à-vis de la vie.
12:26Ces souvenirs,
12:27on me fait prendre conscience
12:28du fait que la vie,
12:29elle est fragile.
12:30La vie, elle ne tient
12:32qu'à un fil.
12:33Et il faut en profiter.
12:34Il faut vraiment en profiter.
12:35Il faut croquer la vie
12:36à pleines dents.
12:37Il faut aller de l'avant.
12:38Il faut vivre sans regret.
12:39Il ne faut pas s'attarder
12:40sur des choses futiles,
12:41surtout pas.
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