- il y a 2 jours
Zoé pensait vivre une journée comme les autres. Pourtant, en l'espace de quelques heures, sa vie a basculé de façon totalement inattendue. Victime d'un déni de grossesse complet, elle découvre qu'elle est enceinte au moment même où elle accouche seule chez elle, sans préparation, sans suivi médical et sans avoir ressenti les signes habituels de la grossesse. Un témoignage bouleversant qui montre à quel point le corps humain peut parfois réserver des surprises inimaginables.
Dans cette interview sincère et sans filtre, Zoé revient sur cette nuit qui a changé sa vie : les douleurs qu'elle prenait pour de simples maux de ventre, l'arrivée soudaine des contractions, l'accouchement d'urgence à domicile et les émotions qui ont suivi. Elle raconte également comment elle et son compagnon ont dû faire face à une parentalité totalement imprévue, entre peur, doutes et découverte de leur nouvelle vie de famille.
Une histoire forte, émouvante et inspirante qui permet de mieux comprendre le phénomène du déni de grossesse, encore méconnu du grand public. Le parcours de Zoé rappelle qu'il est possible de surmonter les situations les plus inattendues et de trouver sa force même lorsque tout semble basculer du jour au lendemain.
Suivez O-Rigines le nouveau média qui s’intéresse à l’histoire des histoires.
Youtube : https://www.youtube.com/channel/UC33B...
Instagram : https://www.instagram.com/origines.me...
Twitter : https://twitter.com/Originesmedia
Dans cette interview sincère et sans filtre, Zoé revient sur cette nuit qui a changé sa vie : les douleurs qu'elle prenait pour de simples maux de ventre, l'arrivée soudaine des contractions, l'accouchement d'urgence à domicile et les émotions qui ont suivi. Elle raconte également comment elle et son compagnon ont dû faire face à une parentalité totalement imprévue, entre peur, doutes et découverte de leur nouvelle vie de famille.
Une histoire forte, émouvante et inspirante qui permet de mieux comprendre le phénomène du déni de grossesse, encore méconnu du grand public. Le parcours de Zoé rappelle qu'il est possible de surmonter les situations les plus inattendues et de trouver sa force même lorsque tout semble basculer du jour au lendemain.
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PersonnesTranscription
00:00Mon corps pousse tout seul, et là je perds les os en fait.
00:02Je fais deux pas et je me mets à quatre pattes et j'accouche toute seule.
00:06Elle tombe par terre du coup, vu que je n'ai pas le réflexe de la rattraper.
00:09Je sens du sang couler à flot.
00:12Je me dis, je vais mourir.
00:14Il y a un truc que je n'ai jamais dit, que mes parents ne le savent même pas.
00:17Et ils vont l'apprendre ici même.
00:19Il y a deux ans, j'étais à la maison et je n'ai pas mes règles.
00:22Et je commence à me poser des questions.
00:24Donc je vais acheter un test de grossesse et bim, je suis enceinte.
00:26Clairement il y a deux ans, j'avais 18 ans, impossible de garder.
00:29Je commence un peu à paniquer, mais je garde pour moi.
00:32J'ai l'impression que ce n'est pas vrai.
00:34Je ne suis pas sûre, mais j'en ai fait trois.
00:36Donc ce n'est pas des faux négatifs.
00:39Je fais une VG avec la pilule, donc pas d'opération.
00:42Du coup, après ça, jamais je n'ai oublié ma pilule.
00:45C'était psychologique, je ne le pouvais pas.
00:47J'avais une alarme, que je sois occupée ou pas, je la prenais direct.
00:50Chaque jour, chaque heure, la même chose.
00:52Là, je n'avais plus genre, j'ai peut-être oublié une fois. Impossible.
00:55Et donc à mon avis, c'est pour ça que j'ai fait le déni.
00:57Tellement que je psychotais là-dessus.
00:59En octobre dernier, j'ai été malade, mais je m'étais mis ça sous le coup du Covid.
01:04Fièvre, j'avais eu des vomissements.
01:09Littéralement tous les symptômes que le Covid au final produit.
01:12Plus, plus rien.
01:13J'avais pris un peu de poids.
01:15Je mets ça sous le coup du confinement.
01:16Pendant les neuf mois, je n'ai rien senti.
01:19C'était impossible que je tombe enceinte.
01:21Pour moi, ce n'était même pas envisageable.
01:23Et en plus, je prenais la pilule.
01:25Donc pour nous, ce n'était pas possible que je tombe enceinte.
01:29Et donc la veille, c'était un dimanche le 13 juin.
01:32J'étais avec mes copains au bord de la piscine, tranquille.
01:34Et je commence à avoir des douleurs, mais comme les règles.
01:37Donc pour moi, c'est normal parce que c'était ma semaine où je devais les avoir.
01:40Donc voilà, je ne m'inquiète pas.
01:42Vraiment très léger, tout ça.
01:44Et puis la soirée passe, je commence à avoir un peu plus mal, mais rien d'alarmant.
01:49Pour moi, c'était toujours des règles.
01:51Puis on se regarde un film avec mon copain dans le lit.
01:54Il est minuit, je commence à avoir un peu plus mal, mais toujours rien d'alarmant.
01:57Puis il commence à s'endormir devant le film.
02:00Et je lui dis, écoute, je commence vraiment à avoir pas mal mal au ventre.
02:04Je me dis, j'ai mal au ventre.
02:06Pour moi, ce n'est pas encore si inhabituel que ça.
02:08Je me dis, j'ai peut-être mangé un truc qu'il ne fallait pas.
02:11Vers deux heures du matin, mon copain dort et je fais des allers-retours aux toilettes.
02:15J'ai trop mal.
02:16Je ne sais pas d'où vient cette douleur, mais je ne m'alarme pas encore.
02:19Du coup, je me dis, je vais prendre un dafalgan.
02:21Ça passe avec le dafalgan.
02:22Sauf qu'évidemment, pas du coup.
02:24Sinon, ce serait trop facile.
02:25Mais ça ne passe pas.
02:26Je n'ai pas dormi la nuit.
02:27Mais au final, c'était les contractions qui commençaient sans que je le sache.
02:30J'étais dans le lit.
02:32Trois minutes après, j'étais sur la toilette.
02:34Trois minutes après, j'étais de nouveau dans le lit.
02:35J'allais aux toilettes parce que ça pousse sur ton bassin, mais vers l'arrière.
02:39Donc, c'est comme si tu dois aller aux toilettes.
02:42Et puis, vers 5 heures du matin, je me dis, bon, c'est quand même pas normal ces douleurs.
02:46Ça me fait vraiment mal.
02:47Le dafalgan, ça ne va pas passer.
02:48Donc, je me dis que je vais appeler l'hôpital.
02:50C'est ce que je fais.
02:51Mon copain dort toujours, évidemment.
02:52J'essaie de le réveiller un peu, mais je me dis dans ma tête, je suis folle.
02:55Cette douleur, en fait, j'ai un problème.
02:58La douleur était tellement puissante que j'avais l'impression de rêver, en fait.
03:02Du coup, aux 5 heures, j'appelle l'hôpital.
03:04J'ai appelé et j'ai dit, écoutez, je vous appelle parce que j'ai super mal au ventre.
03:08J'étais en pleurs au téléphone.
03:09J'ai pris un dafalgan, ça ne passe pas.
03:11Et là, du coup, elle m'a répondu qu'elle ne savait rien faire pour moi,
03:13qu'il fallait que j'attende demain matin pour aller chez mon médecin traitant
03:16ou alors me déplacer à l'hôpital.
03:18Et du coup, je me dis, j'attends une heure.
03:20Dans une heure, j'ai toujours mal.
03:22Là, je réveille mon copain et on va aux urgences.
03:24Une heure après, je réveille mon copain.
03:25Je lui dis, écoute, j'ai vraiment trop mal.
03:27Donc, mon copain a pris.
03:28Et puis, mon corps pousse tout seul.
03:30Et là, je perds les os, en fait.
03:32On comprend direct qu'il y a un bébé.
03:34Mon copain commence à partir en panique.
03:38Heureusement, il a eu le réflexe d'appeler les urgences.
03:40Et même pas le temps que les urgences arrivent,
03:43que je me lève des toilettes, je fais deux pas
03:46et je me mets à quatre pattes et j'accouche toute seule.
03:49Je suis en train d'accoucher.
03:50Je la sors.
03:51Elle tombe par terre, du coup,
03:53vu que je n'ai pas le réflexe de la rattraper.
03:55Je ne sais pas, je ne connais pas.
03:56J'ai 20 ans, donc je ne sais rien d'un bébé.
03:59Donc, je suis à quatre pattes.
04:00Le bébé est là.
04:01Je suis toujours accrochée à elle.
04:02Je ne sais pas quoi faire.
04:03Je ne sais pas combien de temps on a.
04:04Je sens du sang couler à flot.
04:06Je me dis, je vais mourir.
04:13J'ai cru que j'allais y passer.
04:14Ma fille aussi.
04:15Du coup, j'avais une serviette.
04:16Donc, je l'ai emballée dans la serviette.
04:18Quand c'est arrivé, j'étais soulagée
04:20parce que je n'avais plus de douleur.
04:21Je ne pensais à rien à part à ma survie.
04:23Donc, peut-être dix minutes après, l'ambulance arrive.
04:27Celle-là, c'est la délivrance.
04:28Je me dis, ça y est, on vient me sauver.
04:31Quand ils sont arrivés, ils sont montés à l'étage
04:35et ils ont pris le bébé.
04:36Ils m'ont mis sur le lit vu que j'étais par terre.
04:38Là, ils ont coupé le cordon.
04:39Au début, ils ne savaient pas que c'était un déni
04:40quand ils sont arrivés.
04:41Donc, ils ont demandé à mon copain
04:43s'il voulait couper le cordon.
04:44Sauf que ce n'était pas trop le moment.
04:46Et là, on a dit que ce n'était pas prévu.
04:48Ils croyaient qu'en fait,
04:48on n'avait pas eu le temps d'aller à l'hôpital.
04:50Et après, ils me disent, il faut sortir le placenta.
04:52Mais en fait, quand tu accouches,
04:54le bébé, tu dois sortir le placenta.
04:56Mais il y a des gens qui le mangent carrément.
04:58Mais moi, je pensais, ça allait sortir tout seul.
05:01Parce que normalement, en général, ça sort tout seul.
05:02Et là, l'infirmière me dit, non, non, il faut que tu pousses.
05:05Et là, je dis, ah ok, ça a mis KO.
05:08J'ai l'impression de sortir une deuxième tête.
05:09Franchement, chapeau à toutes les femmes
05:11qui décident d'accoucher sans péridural.
05:13Sur le moment, je ne me dis pas que j'ai un bébé.
05:15Je me dis, j'ai eu des douleurs au ventre et c'est tout.
05:17Je ne dis pas qu'il y a un bébé là qui est avec moi.
05:20Et bref, on m'envoie à l'hôpital avec l'ambulance.
05:24Et là, je réalise.
05:25Elle est dans mes bras et je fonds larmes.
05:27Mon copain n'était pas avec moi dans l'ambulance,
05:28il était dans une autre.
05:29Et ouais, toutes les questions se posent.
05:31Comment je vais le dire ?
05:32Comment ça va se passer en fait ?
05:33Comment je vais dire ça à mes parents ?
05:34J'ai un enfant quoi.
05:35Donc, on arrive à l'hôpital.
05:36Pour l'instant, il n'y a aucune question de
05:38est-ce qu'on la garde ou pas.
05:40Ce n'est pas du tout dans la tête.
05:41C'est plus comment on va le dire aux gens.
05:42Et donc, on arrive à l'hôpital.
05:45J'ai le gynécologue qui m'attendait en urgence.
05:47Et il me rassure directement.
05:49Il me dit, on est là.
05:50Tout va bien.
05:51Les sages-femmes aussi.
05:52Super gentil.
05:53Super compréhensif.
05:54Puis, on nous met dans une chambre.
05:56Et là, directement, la psychologue vient nous voir.
05:57Pour discuter avec nous.
05:59Pour voir comment on se sent.
06:00Et ça ne va pas en fait.
06:01On est tous les deux au bout de notre vie.
06:03Et là, on commence à se dire qu'est-ce qu'on fait.
06:04Qu'est-ce qu'on fait ?
06:05Comment on l'annonce ?
06:06On avait peur de chaque réaction,
06:08de chaque personne de notre famille.
06:09Même de nos amis.
06:10On était jeunes.
06:11Donc, eux non plus, ce n'est pas leur projet.
06:14On se dit qu'ils ne vont peut-être même plus nous parler.
06:17On a l'impression qu'on va se faire isoler par tous nos proches.
06:20Donc, la psychologue est là.
06:21Elle reste peut-être une heure avec nous.
06:23Puis, elle part.
06:24Et là, on se dit qu'il faut qu'on le dise.
06:26Parce qu'à ce moment-là, on ne sait pas encore si on veut la garder,
06:28si on ne veut pas la garder.
06:29En réalité, à ce moment-là, c'était plus qu'on ne la gardait pas.
06:31Parce que mon copain, je pense qu'il était beaucoup plus paniqué que moi.
06:34Il se posait beaucoup plus de questions.
06:36Comme il était en grosses études, comment je vais faire ?
06:38Je n'ai pas de travail, je fais des études.
06:41Moi non plus, je n'ai pas de travail.
06:42Donc, c'est aussi compliqué.
06:44On reçoit l'appel de sa maman.
06:45Elle est en stress.
06:46Elle nous appelle en visio.
06:48Directe, super contente.
06:49Mon copain dit, maman, on ne peut pas la garder.
06:52Et sa maman dit, si, vous allez la garder.
06:54Et là, on se dit, merde.
06:56Ça fait l'effet contraire, en fait.
06:57On se retrouve dans, vous êtes obligés de la garder.
06:59Alors qu'au début, on ne pensait pas du tout la garder.
07:03En vrai, c'est moitié soulagement et moitié ouille.
07:07Merde.
07:08On est obligés.
07:09On est obligés de la garder.
07:10C'est vraiment un mélange des deux.
07:11C'est ouf.
07:12Il n'y a pas de jugement.
07:13Mais en même temps, tu te dis, merde.
07:15Là, tu te sens un peu obligé de la garder parce que tu te dis,
07:18allez, c'est quand même les grands-parents.
07:19Ils savent qu'ils ont une petite fille, mais ils ne pourront pas l'avoir.
07:22Mais du coup, tout le monde est content et tout le monde veut qu'on la garde au final.
07:26Et puis, c'est la première nuit.
07:28Je me pose toujours les questions.
07:30En vrai, j'étais fatiguée.
07:31Je continuais à pleurer toute seule dans ma chambre.
07:33Il y avait Lou qui était à côté de moi, qui n'avait pas encore de prénom.
07:36Pendant une semaine, elle s'est appelée Surprise.
07:38D'où le nom sur Instagram.
07:39La nuit se passe bien.
07:40Vers 2h du matin, je suis tellement fatiguée
07:42que je demande aux sages-femmes de la garder.
07:44Pas de soucis, on la prend.
07:46Et là, je me tape les 5h, les meilleures de ma vie.
07:50Je dors.
07:52Oh là là !
07:53Incroyable !
07:53Et je me réveille vers 6h du matin et elle n'est pas là.
07:56Et là, je me retourne et je me dis, elle est où ?
07:58Et là, je me rends compte.
07:59Je me rends compte que c'est ma fille, que c'est la mienne.
08:03C'est pas quelqu'un.
08:04C'est la mienne.
08:05Il y a une assistante sociale qui est venue nous voir
08:07pour voir un peu comment ça se passait.
08:09Puis, il y a une venue financier aussi.
08:11Si on ne veut pas la garder, si on veut la garder.
08:13On nous explique un peu toutes les possibilités.
08:16On est plus pour la possibilité de la mettre sous X.
08:20Donc, sous X, c'est...
08:21Quand tu décides de ne pas garder ton enfant, tu le fais naître sous X.
08:25Et en fait, ce qu'on ne savait pas, c'est que tu peux écrire une lettre ou n'importe
08:30quoi.
08:30Donner ton numéro de téléphone pour quand l'enfant sera plus grand.
08:33Après, je ne sais pas si ça se passe comme ça en France.
08:35En tout cas, en Belgique, c'est comme ça.
08:36Donc, tu peux écrire une lettre pour expliquer à ton enfant pourquoi tu as fait ce choix.
08:43Mais pour moi, c'est impossible.
08:44Et mon copain, il n'est pas tout le temps avec.
08:46Donc, forcément, il ne s'attache pas comme moi.
08:48Je m'attache à elle.
08:49Et là, je vois une différence.
08:50Je commence à avoir peur pour mon couple.
08:52Parce que je me dis, s'il ne veut pas la garder, mais moi, oui, ça met un terme à
08:57notre relation.
08:58Il décide qu'on la garde.
09:00Soulagement.
09:01Mais soulagement où tu as peur.
09:03Parce que tu ne connais rien.
09:04Tu ne t'es pas informé.
09:05Tu as beau t'informer à l'hôpital, ce n'est pas pareil.
09:08En général, tu as neuf mois pour te préparer.
09:10J'ai besoin de ça, ça, ça...
09:12Tu ne sais pas ce que tu as besoin.
09:13Toujours pas de prénom.
09:14Et on nous met la pression.
09:15La famille nous dit, alors, comment elle s'appelle ?
09:19Comment vous allez l'appeler ?
09:20Et à un moment, on avait marre.
09:22Parce que forcément, tous les jours, c'était alors le prénom, alors le prénom.
09:26Et nous, on n'avait pas ça en tête, quoi.
09:27Et donc, on leur a dit, écoutez, en général, on a neuf mois pour choisir un prénom.
09:31Donc, laissez-nous au moins une semaine.
09:32Et donc, le week-end avant le jour J, avant de rentrer, arrive.
09:36Et évidemment, j'ai la montée de lait.
09:37Le pire truc.
09:39Donc, au début, on m'a demandé si, quand j'avais accouché, si je voulais allaiter tout ça.
09:43J'avais dit non.
09:44Évidemment, il y a un médicament pour faire couper la montée de lait.
09:46Sauf qu'en fait, on ne me l'a pas donné parce qu'il y a des effets secondaires psychologiques.
09:52Et donc, ce n'était pas le moment de me donner ça, quoi.
09:54On pouvait être plus sensibles au niveau tristesse, tout ça.
09:58Et comme ce n'était déjà pas la joie, si on mettait ça en plus, ils ne voulaient pas.
10:02Donc, évidemment, j'ai la montée de lait.
10:03Les seins qui gonflent, mais deux pastèques.
10:06Et j'avais mal.
10:07Et donc, l'infirmière arrive, enfin, la sage-femme.
10:09Et je suis en pleurs.
10:10Et elle me dit, ça va ?
10:11Non, ça va pas.
10:13Alors, elle vient.
10:14Elle est vraiment super compréhensive.
10:16Elle s'assoit avec moi.
10:18Elle me dit, allez, ça va aller.
10:19Tu vas prendre une douche.
10:20Il était deux heures de maths.
10:21Je vais prendre une douche.
10:22Meilleure douche de ma vie.
10:23J'ai chialé ma race.
10:25J'étais là, en train de masser mes seins sous la douche.
10:29Je ressemble dans mon lit.
10:31Ça va mieux.
10:32Le jour de ma sortie, on me dit, tu peux sortir ?
10:34La délivrance.
10:36J'ai retrouvé mon chez moi, mon copain, ma famille qui allait venir voir la petite.
10:41Et moi, j'avais trop hâte.
10:42Avant de rentrer à la maison, on décide sur le prénom Lou.
10:45C'est un peu une évidence pour nous deux.
10:47Ça lui allait bien.
10:48C'était frais.
10:49C'était nouveau.
10:50C'était Lou, quoi.
10:51Donc, on le dit à toutes les infirmières, toutes contentes.
10:54On dit à notre famille.
10:55Et on finit par rentrer à la maison.
10:57On commence à se réaliser qu'on a un bébé, à passer les nuits, à découvrir.
11:01Tu sais pas comment ça se passe.
11:02Tu sais pas si demain tu dormiras ou pas.
11:04Tu poses des questions, évidemment.
11:06Tu te demandes comment on fait.
11:08Heureusement, à l'hôpital, on nous a bien aidé.
11:10On nous a expliqué comment faire.
11:12Encore maintenant, quand on me dit « t'es maman », je suis là « ah ouais ».
11:15C'est trop bizarre de se dire ça.
11:17Et que mon copain est papa.
11:18Et que j'ai un enfant de mon copain.
11:19C'est waouh.
11:20Quand elle nous dira « papa maman, on sera là ».
11:22« Ah, c'est nous ? C'est nous que t'appelles ? »
11:24Ouais, ouais, c'est nous.
11:25Maintenant, je le vois positif.
11:27Je vois le positif dans le déni.
11:29T'as pas eu toutes les contraintes que quand t'es enceinte.
11:32Tu dois aller faire des échos tous les je sais pas combien de mois.
11:35T'as pas ce stress aussi.
11:36Parce que c'est un énorme stress quand t'es enceinte.
11:38Tu dis « à tout moment, je peux le perdre ».
11:40Là, tu te dis pas.
11:41Et franchement, si je l'aurais su à trois mois, j'aurais direct avorté.
11:44C'était même pas envisageable pour moi d'avoir un enfant.
11:46Donc, j'aurais avorté sans problème.
11:48Mais je suis contente de pas l'avoir su à six mois, par exemple.
11:52Parce qu'à six mois, t'as tout le monde qui sort.
11:54Bon, là, il est sorti aussi.
11:55Mais t'es enceinte, quoi.
11:57À six mois, t'accouches pas encore.
11:58Donc, tu te fais à l'idée, tu dois préparer tout.
12:01Tandis que là, à neuf mois, c'est là, quoi.
12:03T'as plus le choix.
12:04C'est dur de mettre des mois là-dessus.
12:05T'as l'impression qu'on va te prendre une fois.
12:06Encore l'autre fois, j'étais sur Twitter.
12:09Parce qu'il y avait une histoire.
12:10Je crois que c'était en France, d'ailleurs.
12:11Une histoire d'une fille qui avait abandonné son bébé.
12:13Enfin, qui avait accouché.
12:14Elle s'était cassée.
12:15Elle a mis son bébé dans une poubelle ou un certain genre.
12:17Et tu voyais les commentaires des gens.
12:19Il n'y a jamais à se mettre à la place de la femme.
12:20Ou même du papa.
12:21Mais c'est toujours, ah, comment elle peut faire ça, tout ça.
12:24Mais franchement, j'aurais été toute seule, j'aurais pu le faire.
12:26C'est horrible de dire ça.
12:27J'aurais été toute seule, je sais pas ce que j'aurais fait.
12:29Je crois que je me serais cassée.
12:31T'as tellement de pression d'un coup que je sais pas comment réagir.
12:35J'ai créé mon compte Instagram exprès.
12:37Parce que je trouve qu'on en parle pas trop.
12:40Il y a plein de gens que je connais et qui savent passer quoi un déni.
12:43Et je veux aussi montrer par ce compte Instagram
12:45que même si ça arrive comme ça dans ta vie,
12:48alors que c'est pas le moment, tu peux t'en sortir.
12:50Il y a toujours un moyen de s'en sortir.
12:52ORIGINE
12:55ORIGINE
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