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  • il y a 2 jours
Dans ce témoignage bouleversant, Angélina nous raconte son grave accident de voiture survenu à seulement 17 ans.

Entre traumatisme physique extrême, perte de son bras et combat pour survivre, elle replonge dans les moments les plus intenses de sa vie, là où tout aurait pu s’arrêter. Pourtant, contre toute attente, elle choisit de se battre, de reconstruire son corps et son esprit, et de ne jamais abandonner.

À travers un parcours marqué par la douleur, la reconstruction et les défis du quotidien, elle partage comment elle a transformé son handicap en force. De la rééducation difficile jusqu’à la redécouverte de soi, la danse devient peu à peu sa thérapie, son échappatoire, puis sa passion. Ce cheminement inspirant montre comment le mental, la persévérance et l’entourage peuvent littéralement changer une vie.

Aujourd’hui, Angélina incarne un message puissant : tout est possible, quelles que soient les épreuves. Son histoire inspire des milliers de personnes à dépasser leurs peurs, à croire en leurs rêves et à reprendre le contrôle de leur vie. Une leçon de courage, de développement personnel et de motivation à ne pas manquer.

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Amusant
Transcription
00:00À 17 ans, je vais avoir un très très grave accident de voiture avec mon petit copain à l'époque,
00:07où je vais manquer de mourir et où je vais avoir l'avant bras droit arraché.
00:12C'est une belle journée d'été, un dimanche, on allait faire un barbecue,
00:15vraiment rien de prévisible.
00:18Et puis là d'un coup on prend ce virage et on ne comprend pas et la voiture dérape.
00:21Et je vais perdre connaissance directement.
00:23Et là, il va se passer quelques secondes où mon copain va tout de suite sortir de la voiture
00:27et il va me prendre dans ses bras.
00:28Et c'est dans ses bras que je vais me réveiller.
00:30La première chose que je vais sentir, c'est la douleur.
00:33Donc directement, mes yeux vont se poser sur mon bras.
00:37Et là, je me rends compte que je n'en ai plus et il reste juste mon os.
00:40Du sang partout.
00:42Et à ce moment-là, je sens que je vais partir.
00:46J'avais deux solutions.
00:47Soit je perdais la raison, qui me protégeait de ce que je voyais,
00:50ou alors je me coupais tout de suite de mes émotions.
00:53Je bloquais tout pour survivre.
00:55Et c'est cette option que mon corps a choisie, c'est de bloquer tout de suite.
00:58Donc j'ai tout verrouillé.
01:00Et la seule chose qui m'importait, c'était vivre.
01:03Ça a été les 30 minutes les plus longues de ma vie.
01:07Parce qu'au-delà d'avoir mon bras arraché et d'avoir eu une commotion,
01:10j'ai eu une fracture du bassin, du coccyx.
01:13Et j'ai eu une congestion pulmonaire.
01:15Donc le poumon qui s'est décollé et du sang dans le poumon.
01:17Donc je ne savais plus respirer.
01:19Et c'est là où, finalement, je vais dire que dans mon malheur, la chance va commencer.
01:24Les personnes qui nous suivaient en voiture, c'est un médecin qui allait faire de la plongée avec sa femme.
01:29Donc c'est lui qui nous a porté les premiers secours.
01:33Et je me souviens de ce médecin qui disait à mon copain, il faut lui faire un garrot.
01:37Tout de suite, tout de suite, il faut lui faire un garrot parce que je me vidais.
01:40Et sans ce garrot, je serais morte.
01:42De sûr.
01:4330 minutes, c'était hémorragie.
01:44Alors super, on traite un problème, sauf que je ne sais plus respirer.
01:48Je n'arrête pas de dire à ce monsieur, je vais mourir.
01:51Je n'arrive plus à respirer.
01:52Et la chance, il a une bombe d'oxygène dans sa voiture puisqu'il va faire de la plongée.
01:57Donc je vais avoir cette bombe d'oxygène.
01:59Tout ce que je vais me souvenir, c'est que je n'arrête pas de lui répéter, je vais mourir.
02:04Et donc je dois tenir, tenir, tenir jusqu'au moment où on me dit, l'ambiance est là.
02:10Et je me réveille à l'hôpital, comme dans les films.
02:12Et donc je vois ma famille dévastée.
02:16Et moi, quand je me réveille, j'ai un soulagement.
02:22Wow !
02:23J'ai survécu.
02:24Je ne comprends pas pourquoi ils sont dévastés sur le coup.
02:27Parce que moi, je me dis, mais je ne suis pas morte.
02:29C'est le principal, c'est trop bien.
02:32Et bon, évidemment, cette euphorie va se calmer.
02:37Dans ce drame, il y a eu plein de traumatismes.
02:39Et le second traumatisme a été la douleur.
02:42C'est-à-dire que j'ai été opérée une douzaine de fois.
02:45Je n'avais plus de peau du tout.
02:46Donc du coup, j'avais des soins de grand brûlé.
02:50Et j'étais bourrée d'infection.
02:52Donc chaque semaine, on m'ampute-être.
02:54Et puis je ne savais plus me lever, je ne savais plus marcher, puisque j'avais ma fracture du bassin.
02:59Je suis restée trois semaines couchée.
03:01Je n'avais pas imaginé qu'un être humain pouvait souffrir autant, malgré les médicaments.
03:06On dit qu'un mental positif fait 50% de la guérison.
03:10Mais c'était ouf.
03:11Ça veut dire que normalement, on devait me greffer de la peau.
03:14Et bien, tous les jours, chaque fois qu'on enlevait le pansement, ma peau était un petit peu plus loin.
03:20Et en fait, elle a repoussé complètement.
03:22Honnêtement, les infirmières disaient, c'est un truc de fou.
03:26Ça, c'est juste votre mental.
03:28Alors l'arrivée à la maison, j'ai perdu un petit peu mes repères.
03:33Et là, je vais commencer tous les actes du quotidien.
03:37Je vais commencer à m'apercevoir que je ne sais plus rien faire.
03:42Voilà !
03:43Rien, mais rien.
03:44J'étais droitière.
03:45Donc, je ne sais plus écrire.
03:47C'est à ce moment-là que va arriver ma colère.
03:48Une des phases très difficiles où, pendant un an, mon objectif va être reprendre mon autonomie.
03:55Je ne veux pas qu'on m'aide.
03:57Tout ce que je veux, c'est y arriver.
03:58M'épiler, me raser, me coiffer, m'attacher les cheveux.
04:03Donc, au début, je mets trois heures pour faire un acte.
04:06Donc, ça va influencer mon comportement.
04:09Je pense que je vais aussi beaucoup rejeter aussi.
04:11Et quand je vais rentrer à l'école, là, ça va être...
04:14Waouh !
04:15Ça va être une autre phase très difficile où, là, je vais comprendre ce que vivent les personnes handicapées avec
04:25le regard des gens.
04:26Tout le monde chuchote.
04:28Tout le monde se retourne.
04:29Tout le monde ne fait que regarder mon bras.
04:33Donc, j'essaie de me forger parce qu'au départ, je suis très victime.
04:35Très, très victime de ce qui m'est arrivé.
04:37Et puis, j'ai d'énormes problèmes physiques puisqu'avec toutes les opérations que j'ai eues, je dors 14
04:43heures.
04:43Enfin, j'ai besoin de 14 heures. Je ne sais plus dormir.
04:46Je fais des cauchemars. J'ai des visions d'horreur tout le temps.
04:49Je vois du sang, je vois des plaies.
04:51Donc, je suis vraiment psychologiquement très, très mal.
04:54Et après, vient bien évidemment les angoisses, les crises de panique.
04:58La peur arrive parce que quand on comprend qu'on peut mourir à tout moment,
05:02eh bien, je suis rentrée dans un cercle de peur.
05:05Ou même, je ne savais même plus traverser pour aller à la boulangerie.
05:10Et je me dis, je ne vais pas y arriver.
05:11Mais encore une fois, je suis bien entourée.
05:13Et c'est là que tout commence.
05:16On m'a dit clairement, Angie, aujourd'hui, tu as le corps d'une femme de 50 ans.
05:21Tu n'auras plus jamais la condition d'une fille de 17 ans.
05:24C'est impossible.
05:25On ne se remet pas de ce que tu as eu.
05:27À ce moment-là, je crois à les médecins parce qu'évidemment, je suis faible de dingue.
05:31Donc, je ne peux pas croire l'inverse.
05:33Ils me disent, voilà, il faudra acter un travail adapté, 4 heures maximum par jour,
05:39avec toutes les choses qui pourront t'aider physiquement.
05:42Mais ils me disent, il faudra peut-être faire un sport.
05:44Ça va peut-être t'aider.
05:45Et c'est là que je vais pousser la première fois, donc à mes 18 ans,
05:49les portes d'une école de danse à Charleroi qui s'appelait Modino.
05:52Mes premiers cours étaient pendant longtemps une catastrophe monumentale
05:56parce que je n'ai plus aucune mémoire.
05:58Avec le choc post-traumatique, je ne retiens rien.
06:00Je n'ai plus du tout d'équilibre et je n'ai aucune psychomotricité.
06:05Mais il y a un truc, il y a une énergie dans mon ventre.
06:10En fait, je vais comprendre que ça va devenir ma plus grande thérapie
06:14et ma plus belle histoire.
06:15C'est-à-dire, la danse va me permettre de pouvoir exprimer plein de choses
06:19que je ne pouvais pas dire à personne.
06:21Ça va me sauver, ça va me défiger,
06:23ça va me permettre de me réapproprier mon nouveau corps,
06:27de l'accepter et ensuite de l'assumer.
06:30Voilà, à ce moment-là, je suis élève, je prends des cours de danse,
06:32ça me fait kiffer de ouf.
06:34Mais je vais quand même me poser cette question de
06:35maintenant, qu'est-ce que je vais faire de ma vie ?
06:37Parce que je pars toujours dans cette idée que les médecins m'ont dit
06:40« tu ne pourras faire qu'un travail adapté, etc. »
06:44et jamais un métier sportif.
06:46Jamais.
06:47Donc, je me dis, vu que je commence évidemment beaucoup de thérapie sur moi-même,
06:52ce qui a été pour moi ce que toujours,
06:54je continuerai à faire des thérapies toute ma vie.
06:57Je trouve ça génial.
06:59J'adore ça.
07:00J'adore me remettre en question.
07:02J'adore.
07:02Et donc là, je vais développer ma deuxième passion
07:04et je vais me lancer dans la psychologie.
07:06Ça va être une passion pour moi de comprendre l'être humain.
07:09Et là, il faut savoir qu'à ce moment-là,
07:12donc voilà, ça fait des années que je suis en couple,
07:14je suis en ménage,
07:15j'ai ouvert mon petit cabinet de sophrologie,
07:17sauf qu'à l'intérieur de moi,
07:19qu'est-ce que je m'ennuie ?
07:21Oh !
07:22Et là, je vais regarder ce trill dancer.
07:25Et là, ça va être au moins un déclic.
07:28Et je me dis, oh !
07:30Je veux cette vie.
07:31Je vais commencer à rêver.
07:33Et là, je vais commencer à changer plein de choses.
07:35Et vu la thérapie continue,
07:37tout ce que je n'osais pas m'avouer,
07:39c'est-à-dire aujourd'hui, Angelina,
07:40tu n'aimes plus d'un amour amoureux de ton petit copain
07:43et tu n'es pas là où tu devrais être.
07:45Moi, je voulais bouger, voyager.
07:47Je vais dire, OK, je vais tout plaquer.
07:50Et là, je vais partir à Los Angeles deux mois pour danser.
07:53Et là, en fait, je vais me rendre compte.
07:55Je vais me rendre compte que je suis capable de danser tous les jours.
07:57Mon handicap m'apprend à patienter,
08:01à persévérer et à me prouver qu'à force, ça va.
08:05Je peux dépasser ça.
08:07Jusqu'où je vais pouvoir aller ?
08:09Et c'est ça qui me motive de où ?
08:12Je vais vraiment réaliser que les limites sont celles qu'on s'impose.
08:16Et ça, c'est vraiment quelque chose que je vais me dire.
08:19Mais en fait, tout est possible.
08:21Et puis, quelques années après,
08:23je comprends vraiment que la danse va être ma vie.
08:26Je suis une grande rêveuse.
08:28Je pense qu'il faut rêver.
08:30Il faut garder cette âme-là d'enfant.
08:33On le perd quand on devient adulte.
08:34Et puis, je vais entendre parler de ce casting.
08:38Je n'ai jamais fait de casting de ma vie.
08:39J'entends parler de ce casting qui va se faire à Paris
08:42pour faire la tournée de Black M.
08:44Je me dis oui, pourquoi pas.
08:46Ok, j'y vais.
08:46Je vais voir une file.
08:50Je crois qu'il y a plus de 150 nanas.
08:52Et il en prend quatre.
08:54Je sais que quoi qu'il arrive, un physique comme le mien,
08:56il n'y en a pas.
08:58Donc, finalement, c'est peut-être un plus.
09:00Ça se passe bien.
09:01Premier tour, je suis présélectionnée.
09:04Donc, je me dis trop bien.
09:04Et là, on voit Black arriver avec toute son équipe.
09:07Donc, je vois Black et tout.
09:08Je commence la choré, tout pas déterminé.
09:11Et je vois qu'il me regarde et qu'il parle tout de suite.
09:14Et là, je me dis c'est foutu.
09:15Je ne sais pas pourquoi.
09:16Je me dis c'est foutu.
09:17Et là, il me repêche.
09:18Ma, ma, ma.
09:19Et là, on passe du coup un par un.
09:21C'est une improvisation.
09:23Et ce qui a fait ma force par rapport aux autres,
09:26c'est qu'il y en a beaucoup qui jouaient sur la féminité.
09:28Moi, quand je danse le hip-hop, je ne suis pas très féminine en soi.
09:31Je suis un garçon manqué.
09:33Je kiffe ça.
09:33Le soir même, j'ai reçu un message comme quoi j'étais prise pour la tournée
09:38et que c'était parti pour un an.
09:40Donc, ça a changé toute ma vie.
09:42Ça a été une expérience incroyable.
09:46Et surtout, je vais me retrouver sur scène.
09:48Et je vais me rendre compte que le public de Black, c'est trois quarts des adolescents.
09:53Je vais commencer à recevoir un tas de messages me disant
09:56« Waouh, Angie, tu nous prouves que tout est possible.
10:00Merci.
10:00Et je vais recevoir des doses d'amour, d'inspire, etc. »
10:05Savoir que j'ai inspiré quelqu'un, que j'ai aidé une personne à faire de la danse
10:08ou à oser, assumer.
10:10J'ai des gens qui m'ont dit « Angie, grâce à toi, je ne porte plus de prothèse. »
10:13« Ah non, ça, ça n'a pas de prix, c'est trop bien ! »
10:18Et je pense aujourd'hui que tout le monde peut y arriver.
10:21En fait, tout le monde a la vie finalement qu'il croit mériter.
10:25Et ça, c'est hyper important.
10:26Aujourd'hui, je me suis rendu compte que je pouvais avoir n'importe quelle vie.
10:30Je peux être qui je veux être.
10:32Je peux me raconter n'importe quelle histoire.
10:35Et ça, c'est de la magie.
10:36Et on a aujourd'hui le pouvoir de changer nos croyances.
10:39Même si on a été traumatisé enfant, même si on a été maltraité,
10:43même si on a vécu des choses très dures,
10:45aujourd'hui, on a le pouvoir de changer tout ça.
10:47Quand on travaille sur soi, on évolue, on change de regard.
10:50Et c'est vrai qu'avec les années,
10:52ce qui nous semblait tellement primordial avant,
10:56aujourd'hui, nous paraît beaucoup moins important.

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