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  • il y a 2 jours
À travers ce témoignage authentique, Natacha revient sur une grave urgence neurologique qui l'a conduite à passer de longues semaines à l'hôpital, suivies de mois de rééducation intensive. Entre interventions médicales complexes, perte d'autonomie et reconstruction progressive, elle raconte avec sincérité les épreuves qu'elle a dû affronter.

Dans cette interview, Natacha évoque également les défis invisibles de son parcours : les difficultés cognitives, la douleur, les changements physiques, mais aussi l'impact psychologique d'un événement qui transforme une existence. Son témoignage met en lumière le courage nécessaire pour réapprendre les gestes du quotidien et retrouver confiance en l'avenir.

Aujourd'hui, Natacha poursuit son chemin avec détermination. Son histoire est un véritable message d'espoir pour toutes les personnes confrontées à des obstacles majeurs. Une leçon de résilience, de persévérance et de reconstruction qui ne laisse personne indifférent.

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Amusant
Transcription
00:00Ils m'ont enlevé un tiers de l'os du crâne.
00:02J'avais la peau à même le cerveau.
00:05J'avais un trou comme ça, ça s'affaissait comme ça.
00:08Je suis restée environ 7 mois comme ça.
00:10Je ne pouvais pas sauter, je ne pouvais pas danser.
00:14Ça me faisait extrêmement mal.
00:16Quand je prenais la voiture avec les bosses sur la route,
00:19ça me tapait dans le cerveau.
00:21C'était horrible tous les trajets en voiture.
00:23C'est un petit peu particulier parce que j'étais avec mon copain de l'époque.
00:26On était en train d'avoir un rapport, donc c'était tout bien.
00:30Tout merveilleux.
00:30D'un seul coup, j'ai eu des prises de maux de tête très violents.
00:36Sur le coup, on ne s'est pas trop rendu compte de ce qui se passait.
00:40Comme ça a duré quelques secondes, on a tout arrêté.
00:43Il faut savoir que ce que je vous raconte, je ne m'en souviens pas.
00:46C'est lui qui m'a tout raconté.
00:48Après, j'ai commencé à vomir.
00:50Très vite aussi, j'ai commencé à sentir mon côté droit, ma jambe droite.
00:54J'étais toute nue en plus.
00:55Après, il avait commencé à essayer de me rhabiller.
00:59Je ne contrôlais plus tous mes mouvements.
01:01J'ai essayé de tirer sur ma culotte.
01:03C'était une catastrophe.
01:04Et puis, ce que je disais, ça ne voulait plus rien dire.
01:07J'essayais de parler, mais c'était des mots, des syllabes qui sortaient.
01:12Ça ne voulait plus rien dire.
01:13Entre deux, il a appelé les secours.
01:15Il a été obligé de me laisser quelques secondes.
01:18Je perds des connaissances.
01:19Je revenais à moi.
01:20Je perds des connaissances.
01:21Je revenais à moi.
01:22Très rapidement, mon état s'est dégradé.
01:25Et puis, j'ai commencé à sombrer dans un semi-coma.
01:29Donc là, ils m'ont sédatée, intubée, ventilée.
01:34Ils m'ont plongée dans le coma.
01:35Ils ont passé des examens, notamment un scanner.
01:38Et là, ils ont découvert que j'avais fait un AVC hémorragique sur rupture de MAV.
01:44Une MAV, c'est une malformation artériovéneuse.
01:46En fait, c'est quelque chose que j'avais depuis que je suis toute petite.
01:50C'est une malformation congénitale, mais je ne le savais pas.
01:53Un AVC hémorragique, c'est une artère dans mon cerveau qui s'est rompue.
01:58Ça veut dire que mon cerveau a été inondé de sang.
02:01Et à première vue, ce qui m'a sauvée, c'est qu'à un moment donné, le sang a coagulé.
02:06Ça a formé un très gros hématome.
02:08Et c'est grâce à cet hématome-là que le saignement s'est arrêté.
02:11Sinon, je serais décédée, en fait, sur place.
02:13Je suis restée environ deux semaines et demie dans le coma.
02:18Durant ces deux semaines et demie, il a fallu qu'ils me mettent, à un moment donné, en hypothermie.
02:23Après ça, ils m'ont posé ce qu'on appelle une dérivation.
02:27C'est pour drainer, en fait, tout le liquide céphalo-rachidien, tout ce qui peut comprimer le cerveau.
02:32Et ils m'ont aussi posé ce qu'on appelle une pique.
02:35C'est ce qui va calculer la pression intracrânienne qu'il y avait dans mon cerveau.
02:39Parce qu'en fait, mon problème, comme ça avait beaucoup saigné dans mon cerveau, j'avais beaucoup trop de pression.
02:45Et c'était ça mon plus gros souci après l'AVC.
02:48Et donc, la solution, il a fallu faire baisser cette pression-là.
02:53Et donc, la pique en question permettait de quantifier, de calculer cette pression.
02:57Donc, la pique, c'est un cathéter, en fait, qu'ils insèrent dans le crâne pour pouvoir calculer la pression
03:05intracrânienne.
03:05Là où j'en étais, avec les cures rares, avec l'hypothermie, avec l'intubation, etc.,
03:12les médecins, tous les soignants, ne pouvaient pas faire plus.
03:16Après ça, c'était la mort.
03:18Ils ont préféré me plonger dans le coma pour que toute mon activité cérébrale soit au repos.
03:24Comme il y avait beaucoup trop de pression dans mon cerveau,
03:26quelques jours après, ils ont décidé de faire ce qu'on appelle une craniectomie.
03:29Donc, en fait, ils m'ont enlevé un tiers de l'os du crâne.
03:33Donc, tout ici, comme ça, et jusque-là, j'avais plus d'os, en fait.
03:39Ils ont tout retiré pour pouvoir laisser la place au cerveau, en fait, pour qu'il puisse vraiment prendre place.
03:44Donc, j'avais la peau à même le cerveau.
03:46Mais j'avais quand même ma peau.
03:48Donc, en fait, j'avais un trou comme ça, ça s'affaissait comme ça.
03:51Donc, je pouvais vivre comme ça.
03:53Et après ça, je suis restée en réanimation.
03:55Quand ils ont décidé d'essayer de me réveiller, c'était vraiment qui tout double.
03:59C'était soit je me réveille et après, on ne savait pas dans quel état j'allais être.
04:02Soit je ne me réveille pas et je meurs.
04:05Et donc, du coup, ils ont réussi à me réveiller.
04:07Ils ont réussi à réchauffer mon corps qui, lui, était en hypothermie.
04:10Donc, il était quand même à 33 degrés.
04:12Donc, quand mes parents me touchaient et qu'ils venaient me voir, c'était comme un mort, quoi.
04:16Comme si j'étais morte, j'étais toute froide, toute glacée.
04:19Et donc, ils ont réussi à me réchauffer.
04:20Et petit à petit, je me suis réveillée.
04:22Et quand je me suis réveillée, je n'étais pas du tout consciente tout de suite.
04:25Et au début, j'étais encore intubée.
04:27Donc, je ne pouvais pas parler.
04:28Et ma soeur me posait des questions.
04:31Elle me disait, est-ce que tu nous entends ?
04:33Donc, je faisais comme ça.
04:35Et donc là, ils ont compris que oui.
04:37Après, c'était, est-ce que tu nous vois ?
04:39Et là, je n'ai pas répondu.
04:41Je n'ai pas cligné des yeux parce qu'en fait, je ne les voyais pas.
04:43Et il y avait une autre question, c'était, est-ce que tu nous reconnais ?
04:46Et là, j'avais cligné des yeux.
04:47Donc, à première vue, je les reconnaissais.
04:50Et après, donc, ils m'ont réveillée du coma complètement.
04:52Ils m'ont extubée.
04:54Ils m'ont enlevé l'intubation que j'avais dans la gorge.
04:56Donc, il faut savoir que quand on enlève l'intubation,
04:59on ne parle pas normalement comme ça.
05:01Après, nickel, dès qu'on est réveillée d'un coma,
05:03salut, ça va ?
05:04Non, en fait, ce n'est pas du tout comme ça.
05:05Je chuchotais comme ça.
05:06Je parlais tout doucement comme ça.
05:07Et puis, en fait, quand je me suis réveillée,
05:10je croyais que j'avais 13 ans.
05:11Je n'étais plus du tout dans un monde réel.
05:13Déjà, j'avais fait des rêves de fous.
05:16J'avais rêvé qu'on était milliardaires.
05:19À mon réveil, j'étais convaincue, mais à 10 000 %.
05:23On était milliardaires.
05:24J'ai rêvé que j'étais très malade.
05:26J'ai rêvé que j'étais infirmière aussi.
05:28Mais ce n'était pas vraiment des rêves.
05:29En fait, c'était juste la réalité.
05:30Et j'ai rêvé que j'étais tellement riche
05:33que j'étais comme une reine.
05:35Et qu'en fait, on me donnait à boire à la paille,
05:38qu'on me donnait à manger à la petite cuillère,
05:41qu'on me lavait, etc.
05:43En fait, ce n'était pas un rêve,
05:47c'était juste la réalité.
05:48Mes versions beaucoup plus trash.
05:50Parce que je n'étais juste pas autonome pour rien du tout.
05:53Et donc effectivement, on me lavait.
05:55On me donnait à manger à la petite cuillère.
05:56Et après la réanimation,
05:58je suis passée dans un service de neurochirurgie.
06:01Et là, je ne me souviens pas des premiers jours.
06:05Le seul truc dont je me souviens,
06:06c'est quand on me lavait,
06:08quand on me faisait la toilette.
06:09Et là, je me souviens du matin notamment,
06:12où j'avais froid.
06:12J'étais gelée.
06:14Et je ne veux pas jeter la pierre,
06:15mais c'est vrai que certaines soignantes
06:18ne faisaient pas forcément attention des fois à l'intimité.
06:21Des fois, j'étais mise toute nuit comme ça.
06:23J'avais froid, j'étais gelée.
06:24Je n'avais même pas une petite serviette,
06:25au moins sur le haut ou sur le bas,
06:27pendant qu'elle faisait soit le haut justement,
06:29ou soit le bas.
06:30Et c'est vrai que malgré qu'elle soit très gentille,
06:32ça, ça manquait.
06:33Et même moi, en tant qu'infirmière,
06:34je sais que c'est quelque chose auquel je faisais très attention.
06:37Et ça, ça a été très dur de l'accepter pour moi.
06:39Mais comme je n'étais pas tout à fait là,
06:41encore pas tout à fait moi,
06:42je ne le verbalisais pas, je ne le disais pas.
06:45Au début, j'avais des protections
06:46parce que j'étais encore incontinente.
06:49C'était dur parce que là,
06:50je commençais vraiment à me rendre compte des choses.
06:52À partir de là,
06:53ça a commencé à être un peu plus difficile.
06:54J'avais vraiment beaucoup de séquelles,
06:57notamment la vue,
06:59j'avais des difficultés un petit peu pour parler,
07:01la mémoire.
07:01Au tout début, en neurochirurgie,
07:03mes parents venaient.
07:05Un quart d'heure après,
07:06je ne me souvenais pas qu'ils étaient venus.
07:07Ensuite, après la neurochirurgie,
07:09j'y suis restée à peu près dix jours.
07:11Et là, j'ai été transférée dans un service de rééducation.
07:13J'ai réappris à lire,
07:15j'ai réappris à écrire,
07:16parce que je ne savais plus du tout écrire.
07:18Je ne savais plus du tout compter.
07:20Donc ça, c'était de l'orthophonie.
07:21J'avais aussi de l'ergothérapie.
07:22Donc ça, c'était pour essayer de réapprendre un petit peu
07:25les gestes de la vie quotidienne.
07:27Se servir d'une fourchette,
07:28attraper une fourchette,
07:30essayer de faire des mouvements en accéléré.
07:32Parce qu'en fait, avec l'AVC,
07:34moi, c'est tout le côté droit qui a été impacté.
07:36Donc je tenais mon bras droit tout le temps comme ça.
07:39Et je ne m'en servais pas.
07:40Et la rééducation, ça m'a permis
07:41de remobiliser mon bras,
07:43d'essayer de me resservir.
07:44Petit à petit, ça a vraiment été de la rééducation,
07:47à proprement dire.
07:48Ça a duré deux mois.
07:49Je crois que ça a été les deux mois les plus durs pour moi.
07:51Parce que je me suis rendu compte de tout ce que j'avais perdu
07:53et de tout ce que je vais refaire.
07:55J'étais très triste, je pleurais beaucoup.
07:56Je voulais me battre.
07:57Vraiment, je voulais me battre.
07:59J'étais décidée à le faire.
08:00Mais c'était dur.
08:01Et puis, ce que je n'ai pas dit aussi,
08:03c'est que j'avais de la neuropsie.
08:05Ça, ça a été mon plus gros combat en rééducation.
08:09Parce que j'avais des gros, gros troubles cognitifs.
08:12Alors les troubles cognitifs,
08:13c'est par exemple,
08:14tout ce qui est mémoire de travail.
08:15Par exemple, la vitesse de traitement.
08:19Je vais avoir du mal à comprendre ce qu'on me dit.
08:21Ou par exemple,
08:22quand il y a du monde dans une salle,
08:24je ne vais pas pouvoir suivre deux conversations en même temps.
08:27Il faut vraiment que je me concentre sur une conversation.
08:29Ou quand j'écris quelque chose,
08:30il faut vraiment que je me concentre sur ce que je fais.
08:33Ça, ça a été très, très dur pour moi, la concentration.
08:35Il faut savoir aussi qu'au moment de la rééducation,
08:37là, je n'ai toujours pas d'os à ce niveau-là.
08:40Pour l'instant, je n'ai toujours pas été opérée.
08:41Et la prochaine opération qui est venue,
08:44c'est ce qu'on appelle une embolisation.
08:45Donc là, ils ont guéri ma malformation
08:48que j'avais dans mon cerveau, en fait.
08:50Cette opération, en fait,
08:50elle consistait à envoyer une espèce de colle
08:53sur cette malformation.
08:56C'est comme un nœud, en fait.
08:58Comme un petit nœud.
08:58Ça consistait, pardon, à envoyer de la colle
09:00pour que ça se colmate
09:02et que ça ne resseigne plus.
09:04Ça a été une très grosse opération
09:06qui a duré, je crois, 6 heures environ.
09:09Quand je me suis réveillée,
09:09j'avais encore plus de suquel
09:11parce que comme ça avait touché
09:12un petit peu le cerveau,
09:14ça a été très compliqué, le réveil.
09:16Donc après ma première rééducation,
09:18là, j'ai eu ma première opération chirurgicale
09:21par rapport au volet qu'on m'avait fait.
09:24Donc le volet, c'est le trou
09:25qu'on m'avait fait en gros dans le crâne.
09:26Donc j'ai eu ce qu'on appelle une cranioplastie.
09:28Donc on m'a posé une plaque en titane.
09:31Donc pareil, qui recouvrait environ
09:32un tiers de mon crâne.
09:34Le souci, c'est que la cicatrice s'est infectée.
09:36Et là, elle m'annonce qu'il faut retirer la plaque, carrément.
09:40Et moi, je me dis, mais non, mais non.
09:43Je ne veux pas qu'on me la retire, cette plaque.
09:45Ça fait des mois et des mois et des mois
09:47que je l'attends.
09:48Pourquoi on va me la retirer ?
09:49Et donc du coup, après,
09:50on m'a retiré cette plaque.
09:52Je suis restée environ 7 mois, comme ça,
09:54sans la plaque de nouveau.
09:55Alors il faut savoir qu'on ne vit pas comme ça,
09:58sans plaque, comme si tout était normal.
10:01Je ne pouvais pas sauter,
10:03je ne pouvais pas danser,
10:05je ne pouvais pas baisser la tête.
10:06Je ne pouvais surtout pas toucher.
10:08Ça me faisait extrêmement mal,
10:10parce que c'était directement sur le cerveau ici.
10:13Et je ne pouvais pas, par exemple, dormir tout allongé.
10:16Il fallait absolument tout le temps que je relève ma tête.
10:19J'avais trop mal.
10:20J'étais vraiment handicapée.
10:22Par exemple aussi, quand je prenais la voiture,
10:24avec les bosses sur la route,
10:26ça me tapait dans le cerveau.
10:28C'était horrible, tous les trajets en voiture.
10:30Il faut savoir aussi que ces opérations du cerveau,
10:34de la première en réanimation
10:36jusqu'à la cranioplastie,
10:38il a fallu qu'on me rase.
10:40On ne m'a pas rasé la tête en entier.
10:41On m'a rasé devant, comme ça.
10:43Elle est à peu près large, comme ça.
10:45Devant, comme ça, jusque là.
10:46Derrière, ça fait un espèce de C.
10:49Donc on m'a rasé plusieurs fois, du coup.
10:51Ça a été très très dur,
10:52parce qu'en tant que femme,
10:54nos cheveux, je crois qu'on peut tout dire
10:55que c'est hyper important pour nous.
10:57C'est signe de féminité.
11:00Voilà, on aime toutes se coiffer, se faire belle.
11:03Et moi, je ne pouvais plus.
11:05J'avais cette grosse cicatrice là sur la tête
11:08qui faisait tout comme ça,
11:09avec les cheveux rasés.
11:10En plus, à un moment, ça commençait à repousser,
11:12ça repoussait tout.
11:13C'était affreux.
11:14Donc comme je disais, il a fallu vivre avec.
11:16Il ne fallait pas lâcher.
11:17Un mois après, j'ai eu une deuxième cranioplastie.
11:20Donc on m'a remis une plaque en titane.
11:23Donc là, normalement, cette fois, c'était la bonne.
11:25On était au taquet, c'était la bonne.
11:27Sauf qu'en fait, non, ce n'était pas la fin.
11:29La cicatrice s'est de nouveau un petit peu réinfectée.
11:32Et donc là, j'ai eu la chance d'aller voir
11:36un chirurgien extraordinaire
11:37qui, lui, quand j'ai été le voir,
11:39je lui ai expliqué mon problème,
11:40je lui ai tout montré.
11:41Et il m'a dit, ne vous inquiétez pas, Madame Alanta.
11:43Moi, je vais vous réparer.
11:44Quand il m'a dit ça, j'ai dit,
11:46mais c'est pas vrai.
11:46Mais lui, je l'aime.
11:48Je l'aime plus que tout.
11:49C'est venu ce jour-là où j'ai eu cette opération.
11:52Et quand je me suis réveillée,
11:53j'avais un pansement encore énorme sur la tête,
11:55plein de sang, etc.
11:56On a eu peur, d'ailleurs,
11:57il était tellement plein de sang
11:58que je me suis demandé ce qu'il m'avait fait.
12:00Il ne m'avait pas rasée déjà.
12:01Je ne sais pas comment ils ont fait, d'ailleurs.
12:02C'était magique.
12:03Et quand je me suis réveillée,
12:05j'avais plus cette énorme cicatrice comme ça
12:07que j'avais au-dessus de la tête.
12:08Ils ont tout remis, tout bien réparé.
12:10C'était magique.
12:12Et je me suis dit, maintenant,
12:12il n'y a plus qu'à attendre,
12:14que mes cheveux repoussent.
12:19Moi, ça y est, c'était OK, c'était terminé.
12:21J'allais enfin me retrouver moi.
12:23Et le problème, c'est que après tout ça,
12:25j'avais des traitements.
12:26J'ai eu un traitement pour l'épilepsie
12:28parce que je suis devenue épileptique après l'AVC.
12:30J'avais des traitements aussi pour la douleur,
12:32évidemment, parce qu'en fait,
12:34toutes ces années-là qui sont passées,
12:35j'avais des maux de tête,
12:36mais juste énormes, très, très intenses.
12:39Et ça, ça a été vraiment le nerf de la guerre.
12:41Et même encore aujourd'hui, j'ai très mal à la tête.
12:43Beaucoup moins qu'avant, mais j'ai encore mal.
12:45Et pour pallier à ça, j'étais sous morphine.
12:48Le problème, ce qui s'est passé,
12:50c'est que j'ai développé une grosse, grosse dépendance à la morphine.
12:53Déjà, ça me soulageait ma douleur
12:55et puis surtout, ça m'apaisait.
12:56Je n'avais pas ressenti ça depuis très longtemps.
12:58Du coup, c'est pour ça que quand j'en prenais,
13:00je me sentais bien et ça m'incentait à en reprendre.
13:04Et donc, je suis devenue complètement accro.
13:07Au début, j'en prenais vraiment parce que j'avais mal.
13:09Et au fur et à mesure du temps,
13:10j'ai commencé à en prendre alors que je n'avais pas mal.
13:12J'ai mis beaucoup de temps à accepter qu'il y avait une dépendance.
13:15C'est à force d'en parler, je crois.
13:16Tout ça pour en venir au fait que j'ai intégré un centre d'adictologie
13:20plusieurs mois après.
13:21Les premiers jours, ça a été, je pensais que ce serait beaucoup plus difficile que ça.
13:25On a fait ce qu'on appelle un switch,
13:26c'est-à-dire qu'on a remplacé la morphine par la méthadone.
13:30La différence entre les deux, c'est que pour la morphine,
13:32il y a un système de récompense,
13:34c'est-à-dire qu'on va avoir envie d'en reprendre encore et encore.
13:37Alors que pour la méthadone,
13:39il n'y a plus du tout ce système de récompense,
13:41c'est-à-dire qu'on en prend un et puis voilà, c'est très bien.
13:44Par contre, c'est un traitement qu'il faut suivre à la lettre.
13:46Moi, j'en prends un matin, enfin le matin et le soir.
13:49C'est vraiment quelque chose qu'il faut suivre à la lettre
13:50parce que si je n'en prends pas, par contre, là, je vais ressentir un état de...
13:54Enfin, je vais avoir un état de manque, ça, c'est sûr et certain.
13:56Du coup, ma vie a complètement changé
13:57parce que je me suis retrouvée déjà.
13:59Je me suis retrouvée moi.
14:01Là, vous voyez, mes cheveux ont repoussé,
14:04je suis maquillée.
14:05Bon, je suis un peu maquillée exceptionnellement pour l'occasion,
14:07on ne va pas se mentir.
14:08Mais voilà, j'essaye quand même de prendre beaucoup plus soin de moi.
14:12Et puis, j'ai repris une activité physique aussi,
14:14il y a deux mois et demi.
14:16J'ai repris l'équitation, donc ce qui est une de mes passions.
14:18Pour moi, c'était juste inenvisageable,
14:20juste après mon AVC, c'était jamais de la vie.
14:23Et puis après, j'aimerais bien aussi pouvoir reconduire
14:26parce que je n'ai pas encore repris la conduite, retravailler.
14:29Mais tout ça, pour moi, c'est des choses qui sont atteignables.
14:31C'est rien d'impossible.
14:32Il faut juste le vouloir pour pouvoir.
14:34ORIGIN
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