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Mardi 2 juin 2026, retrouvez Christophe Le Ligné (Vice-président R&D;, Valéo), Philippe Trouchaud (Président du Conseil de surveillance France et Maghreb, PWC), Wassim Chourbaji (Président pour le Moyen-Orient et l’Afrique (MEA) et Vice-Président Senior, Affaires réglementaires et institutionnelles pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique (EMEA), Qualcomm) et Sylvie Ouziel (Fondatrice et CEO, Blue Bridge Group AI) dans SMART TECH, une émission présentée par Delphine Sabattier.
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00:08Bonjour à tous, bienvenue dans un Smartech un peu spécial puisque nous tournons aux assises du numérique
00:13qui sont organisées par le DigiWorld Institute. On est à la Bôle, deuxième édition qui se situe à la Bôle
00:19et je vous propose une émission de 28 minutes consacrée au sujet de l'intelligence artificielle
00:24avec les interviews de l'IA mais des invités spéciaux.
00:30Cette semaine autour de la table, beaucoup plus de monde que d'ordinaire dans les interviews de l'IA
00:34et oui parce qu'on est dans une édition spéciale tournée aux assises du numérique
00:38organisée par le DigiWorld Institute. Autour de la table, on a le grand plaisir d'avoir Wassim Chourbajy.
00:43Bonjour Wassim de Qualcomm, Sylvie Ouziel de Blue Bridge, groupe AI.
00:49On va parler ensemble d'intelligence artificielle, de stratégie, du côté des technologies, du côté des usages.
00:55Christophe Leligné est également avec nous, vice-président R&D de Valeo.
00:59On va voir comment cette IA, elle impacte toute l'industrie automobile et aussi les équipementiers bien évidemment.
01:05Mais je voulais qu'on commence ensemble. Philippe Trouchot, bonjour Philippe.
01:07Vous êtes le président du conseil de surveillance de PwC France et Maghreb.
01:12Vous avez dévoilé de nombreux chiffres marchés lors de ces assises du numérique.
01:16Moi, je voulais savoir déjà pour vous, de quelle manière l'IA redessine l'entreprise ?
01:22Alors, de plusieurs manières évidemment, mais surtout avec un sentiment d'urgence de la part des dirigeants.
01:29Je vous donne là aussi une petite statistique. 72% des dirigeants dans le monde, ils font comme première priorité
01:35d'investissement.
01:36L'investissement dans la technologie et l'IA. Et depuis trois ans, avec un sentiment d'urgence marqué,
01:40parce que ces mêmes répondants considèrent que s'ils n'opèrent pas ces changements d'ici 5 à 10 ans,
01:45leur entreprise est condamnée.
01:47Alors, sentiment d'urgence, mais est-ce que ça veut dire pour autant qu'ils se sentent préparés ?
01:52Et non, c'est là la difficulté. Il y a tout un jeu dans l'entreprise. Il y a cette
01:57priorité côté direction générale.
02:00Souvent, le CIO lève la main en disant qu'il y a pas mal de choses qu'on avait oublié
02:04de faire sur nos infrastructures,
02:06sur la gestion de la donnée. Donc, il va me falloir un peu plus d'argent que simplement pour des
02:10licences d'outils pour l'IA.
02:13Et généralement, il y a le CFO qui dit que nos marges baissent un peu en ce moment.
02:18Donc, ce n'est pas facile. Et puis, on peut ajouter que du côté des conseils d'administration comme des
02:23investisseurs,
02:24que ce soit dans les entreprises cotées ou par exemple dans le private equity, il y a une très grosse
02:28pression,
02:28je vais le dire comme ça, des investisseurs pour que ces gains de productivité, notamment, soient obtenus grâce à l
02:33'IA.
02:35Alors, la révolution de l'intelligence artificielle, elle date quand même d'un certain temps.
02:40Je ne sais pas si tout le monde en a pris la mesure, mais entre-temps est arrivée l'IA
02:43générative.
02:45La prochaine révolution, on nous dit que c'est l'IA embarquée. Vous êtes d'accord avec ça ?
02:49Il y en aura d'autres. Peut-être que l'autre révolution, ça sera quand on aura des ordinateurs quantiques.
02:54Les meilleures prédictions nous disent qu'ils seront prêts d'ici 2032.
02:58Je ne sais pas si c'est vrai, mais en imaginant... C'est là la difficulté dans la tech.
03:02Il y a encore dans les entreprises du CAC 40, et ce n'est pas du tout un jugement de
03:06ma part,
03:06il y a encore beaucoup d'entreprises qui sont en train d'essayer de sortir de leur mainframe.
03:11Et donc, voilà. Donc, il y a beaucoup de complexité pour les dirigeants,
03:16parce que par ailleurs, et ça a été dit lors de la plénière, des innovations sur l'IA,
03:21il y en a toutes les semaines, en fait.
03:22Donc, garder le cap, vous ne pouvez pas acheter toutes les technologies disponibles sur le marché
03:27quand vous avez ces contraintes de coût dans une entreprise.
03:30Donc, oui, c'est beaucoup de conduite du changement.
03:34Et c'est aussi le fait qu'on réalise... J'ai parlé un peu de technologie sur la data,
03:39sur les infrastructures, mais il y a aussi beaucoup d'entreprises qui,
03:42lorsqu'elles veulent passer l'IA à l'échelle, s'aperçoivent que leurs process sont peut-être
03:46pas aussi bien documentés qu'elles le pensaient, en fait.
03:49Et en plus, j'ai passé une étape. Il y a l'IA agentique.
03:52Oui.
03:53Qui est la grande transformation en cours. J'imagine que Sylvie est d'accord avec moi là-dessus.
03:59Sujet très cher à mon cœur, oui.
04:00C'est la capacité... Ce qui est important dans l'IA agentique, c'est de permettre aux entreprises
04:04de se saisir de la capacité que va avoir l'IA à remplacer les humains dans des tâches fastidieuses
04:08en enchaînant toutes les technologies nécessaires qui sont dans cet immense catalogue
04:11qui ne cesse de croître, de manière économique, de manière rapide,
04:14pour créer de l'impact et de la valeur business.
04:16Et je pense que tout le monde voit l'enjeu.
04:17Maintenant, sans saisir de manière pratique et rapide, c'est ce qu'on aide nos clients à faire.
04:21C'est autre chose, oui.
04:22Et alors, je parlais de l'IA embarqué qui serait peut-être encore la prochaine étape.
04:26Ça, ça doit plutôt parler à Valeo parce que j'imagine que vous êtes convaincu
04:30que c'est effectivement la prochaine étape ou en tout cas l'étape en cours
04:33qui est en train de transformer le secteur de l'automobile.
04:36On pense à la voiture intelligente, la voiture autonome.
04:39La voiture intelligente, ça démarre en 2012 chez Valeo avec un premier projet d'intelligence.
04:46C'était dans une caméra de recul, donc c'était la détection d'un humain.
04:49Donc ça, en 2012, c'était quand même pour Nissan à l'époque.
04:52Ça remonte.
04:53Aujourd'hui, bien entendu, l'IA nous a permis d'évoluer énormément et d'apporter plus de capacité,
05:02plus d'intelligence embarquée.
05:03Et surtout grâce à des acteurs aussi du silicium parce qu'aujourd'hui, le gros enjeu pour l'automobile,
05:09c'est de pouvoir faire de l'IA Edge.
05:13C'est vraiment on board.
05:15Et donc, des acteurs comme Qualcomm, Nvidia, des gros acteurs sont aujourd'hui primordiales pour nous
05:20dans l'évolution vers le véhicule complètement autonome.
05:24Donc complètement autonome, on n'y est pas aujourd'hui ?
05:27Si, on y est, on y est sur des robots taxis.
05:29Il y a quelques acteurs aujourd'hui, principalement aux Etats-Unis ou en Chine,
05:34qui ont des flottes de taxis.
05:37Ça fonctionne.
05:38J'ai eu l'occasion de les tester en Chine, à San Francisco.
05:41On dit que la supervision reste quand même très, très importante.
05:43Oui, forcément, il y a encore un niveau de supervision.
05:46Mais pour les avoir testés il y a 5, 6 ans, les premières générations,
05:50j'étais bloqué derrière un camion.
05:52Là, aujourd'hui, on est beaucoup plus en sécurité.
05:57On se sent beaucoup mieux.
05:58La façon dont la voiture réagit, conduit, ça rapproche de plus en plus d'un humain.
06:03Peut-être même en mieux dans certains cas.
06:05Il reste encore quelques soucis.
06:08On a eu récemment d'ailleurs avec OEMO.
06:10Mais ça progresse.
06:11C'est un problème de feu de signalisation, je crois, qui avait un peu paralysé Carrefour.
06:16Oui, il y a eu un problème aussi, une route inondée, où la voiture s'est engagée.
06:19Mais bon, ça reste encore des cas très particuliers,
06:22où un humain aurait peut-être fait exactement la même chose.
06:24Mais on n'accepte pas d'un robotaxi, ce qu'on va accepter d'un conducteur lambda.
06:32Alors, juste pour revenir un peu à la problématique qui nous interroge tous,
06:37c'est quelle est la capacité de la France et de l'Europe d'exister dans ce monde en mutation
06:43autour de l'intelligence artificielle ?
06:45Comment vous voyez les choses, Philippe ?
06:48Je vais essayer de les voir très positivement.
06:50D'accord.
06:51La France, notamment, c'est un territoire d'école d'ingénieurs qui garde quand même une très bonne école mathématique.
06:55Et l'IA, on faisait référence à l'histoire, vous parliez de 2012.
06:59Moi, j'ai appris ça à la fin des années 80 dans une école d'ingénieurs.
07:03Donc, c'est de la vectorisation.
07:05Donc, quand on a des gens qui sont bons en maths, ça marche très bien.
07:08Mais l'Europe, je pense que c'est notre atout majeur ou en tout cas la porte de salut de
07:14tout le monde.
07:14En fait, je crains qu'il n'y ait pas de grand succès franco-français sur l'IA par rapport
07:19à ce qu'investissent les trois hyperscalers.
07:23C'est 400 milliards de capex par an rien que dans les data centers.
07:26En fait, chaque pays d'Europe, malgré la taille de notre marché intérieur interne ou en Europe,
07:33n'a pas la capacité ni d'investissement ni de tout faire tout seul.
07:37Donc, à l'image, et ça a été là aussi cité ce matin, de ce qui est à faire avec
07:42Airbus dans l'axe franco-allemand,
07:44il y a des collaborations à mettre en place.
07:46C'est ça qui permet d'avoir, je pense, un effet d'échelle.
07:51Wassim Chourbaji, vous êtes président pour le Moyen-Orient et l'Afrique
07:55et vice-président senior affaires réglementaires institutionnelles pour l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique chez Qualcomm.
08:03Rappelez-nous simplement, comment se positionne Qualcomm justement dans cette chaîne de valeur autour de l'IA ?
08:09On a discuté de l'IA embarquée. On a misé très, très rapidement sur l'IA embarquée en mettant en
08:15fait l'IA dans tous nos puces,
08:17que ce soit les puces pour les smartphones, les ordinateurs, les véhicules, l'industrie, les éléments industriels, l'industrie 4
08:27.0,
08:29ainsi que maintenant dans les data centers, on s'étend là-bas, on a créé quelque chose qui s'appelle
08:35une IA hybride.
08:37Et ça partait de quelque chose de très important, d'une observation qui est que le contexte, le contexte de
08:45l'objet compte beaucoup.
08:47Donc on va prendre ces données et l'IA pour aider l'humain, elle a besoin de ce contexte, elle
08:54va savoir ce qui se passe autour de vous, etc.
08:57Typiquement, une IA dans des lunettes connectées va savoir où vous êtes, où vous regardez, et donc va donner des
09:05éléments de réponse plus pertinents.
09:07Et ça a commencé avec la générative et maintenant on est dans l'agentique, complètement.
09:11Donc il y a des agents qui travaillent en continu et qui vont savoir s'ils font ce traitement sur
09:17le terminal,
09:18donc en embarqué ou aller vers le data center.
09:21Et donc ça demande à travailler des puces différemment de ce qu'on faisait avant ?
09:27Oui.
09:28Parce qu'on a toujours eu ce problème de capacité de calcul, d'analyse des données.
09:32Exact. Et j'en ai parlé. On a de la chance que c'est vraiment dans les gènes de Qualcomm
09:42de travailler sur de la puissance de calcul à très faible consommation.
09:47Et ça tombe super bien. Et ça, c'est vraiment tout ce qu'on a fait depuis le début sur
09:52le smartphone, c'était ça.
09:53Et donc pouvoir connecter aujourd'hui, avoir des lunettes avec du traitement de signal, des traitements graphiques et reconnaissance de
10:02voix,
10:03une batterie qui dure 7 heures juste en intégrant une puce dans une branche, c'est vraiment exceptionnel.
10:11Donc deux choses là-dessus.
10:13Donc vous aussi, vous êtes d'accord pour dire qu'après la révolution des chatbots de l'IA générative et
10:17on va dire de l'IA antique,
10:19on passe cette étape, c'est l'IA embarqué.
10:21Alors l'IA embarqué, mais pas nécessairement en binaire en fait.
10:25C'est-à-dire ?
10:26Il y aura de l'IA embarqué et il y aura de l'IA dans les data centers.
10:30Il y a certaines sociétés ou certains intérêts rares ont dissocié les deux.
10:35Non, en fait, il y aura les deux.
10:37Puisqu'il y a une question de consommation énergétique totale, mais aussi de contexte, de sécurité, de confidentialité, il y
10:46a plein d'éléments.
10:47Et les données vont être traitées soit sur les terminaux, en embarqué, soit dans les data centers.
10:54Vous êtes d'accord avec ça ? Une réaction ? Peut-être ? Je voyais que vous étiez tout à
10:59fait en phase avec le discours de OACI.
11:01Plusieurs thématiques.
11:02La consommation. Je pense que pour l'IA embarqué dans l'automobile, c'est fondamental parce que la voiture devient
11:09électrique, déjà le premier point.
11:11Et on préfère utiliser l'énergie de la batterie pour faire un kilomètre de plus plutôt que d'alimenter un
11:17calculateur.
11:18Surtout qu'aujourd'hui, la puissance de calcul nécessaire pour un véhicule autonome est extrêmement importante.
11:24On est passé de véhicules où on avait une centaine de petits calculateurs séparés à un seul gros calculateur qui
11:31est pour refroidir.
11:32Parce que c'est quand même des grosses puissances de calcul.
11:34Mais la frugalité est fondamentale.
11:37Et je pense que c'est ce qu'a très bien compris des acteurs comme Qualcomm.
11:40C'est de pouvoir offrir des puissances de calcul assez importantes tout en réduisant la consommation.
11:48L'autre point important, c'est la partie Edge versus Cloud.
11:52Dans une voiture, on ne peut pas faire du cloud.
11:55On perd le réseau, la voiture, il faut qu'elle freine.
11:58Vous êtes un ballon qui traverse, il y a un enfant qui va arriver derrière, il faut pouvoir réagir totalement.
12:03Donc on a besoin de faire du calcul local dans la voiture.
12:06Mais en même temps, on a besoin de remonter les données vers le cloud
12:09qui va continuer à entraîner les modèles et faire du download après.
12:15Over the air, on va venir recharger, ramener des algorithmes updatés dans la voiture.
12:20Donc c'est vraiment cette bidirectionnalité qui est importante avec d'un côté le Edge, de l'autre côté le
12:26cloud.
12:26Et vous voyez, Wassim, l'industrie européenne.
12:30Quand je parle de l'industrie, je ne parle pas de l'industrie autour de l'IA,
12:33mais l'industrie utilisatrice de ces technologies, vraiment engagée dans cette transformation, dans cette innovation.
12:39En fait, l'Europe a des atouts avec l'industrie traditionnelle.
12:45Vous prenez Volkswagen, vous prenez Stellantis, c'est avec eux qu'on a signé les premiers contrats de châssis numériques
12:53et de partenariats.
12:54Oui, on avait commencé avec BMW, après Volkswagen et la semaine dernière Stellantis.
13:00D'accord.
13:01Oui, ça c'est pour donner l'exemple d'IA embarquer dans les voitures.
13:06L'autre exemple que...
13:08Ça c'est pour l'Europe, ce n'est pas dans le monde.
13:10Alors, on travaille partout dans le monde, mais les partenariats avec ce qu'on appelle le software ADAS, avec l
13:20'IA,
13:21ça a été co-créé, il y a une partie co-créée avec BMW.
13:36D'accord.
13:37Il travaille, l'humanoïde, il travaille sur une batterie.
13:41Imaginez la puissance de calcul nécessaire et ça doit durer une journée pour qu'il n'aille pas se faire
13:47brancher sur l'électricité.
13:48J'imagine.
13:49Oui, donc on a une roadmap robotique qu'on va annoncer prochainement, qui est vraiment exceptionnelle également.
13:55Sylvie Ouziel, fondatrice CEO de Bluebridge Group AI.
14:00C'est un intégrateur de solutions qui est vraiment dédié à l'IA agentique.
14:04Qu'est-ce que ça change par rapport à un intégrateur classique tel qu'on le connaît dans l'IT
14:08?
14:08En fait, il y a une espèce de paradoxe, qui est que les intégrateurs expliquent à leurs clients qu'il
14:11faut automatiser et optimiser les tâches des cols blancs.
14:13Et en fait, ce qu'ils font depuis très longtemps, ce sont des tâches intellectuelles de cols blancs qui peuvent
14:17s'automatiser et s'industrialiser.
14:19Donc en fait, c'est l'arroseur arrosé.
14:20Donc nous, on a des agents qui installent des agents et on a remplacé tout ce qu'on pouvait par
14:24de l'IA dans nos propres activités, notre propre chaîne de valeur.
14:27D'accord.
14:28Et quand vous parlez de remplacer, ça peut faire un petit peu peur quand même.
14:31Comment est abordée justement cette transformation ?
14:36Alors, chez nos clients, on s'attache à produire du ROI.
14:40Et donc le ROI, ça va être d'automatiser des tâches qui sont un peu fastidieuses et donc forcément de
14:45faire de la productivité avec pour objectif de redéployer les effectifs sur des tâches à plus forte valeur ajoutée, plus
14:50stratégiques, sur des tâches en contact avec l'humain par exemple.
14:53Ou d'optimiser une autre dimension que la dimension entre guillemets salariale, que la masse salariale.
14:58Donc optimiser par exemple les coûts de transport, le recours à la sous-traitance, le recours à certaines matières premières
15:05grâce à des optimisations complexes.
15:06Et ça, c'est un sujet important.
15:08L'IA générative a vraiment remis l'optimisation et l'automatisation sur le devant de la scène.
15:13Mais l'IA agentique n'est pas la solution.
15:14Ou l'IA générative et l'IA agentique au sens des boucles autonomes de raisonnement n'est pas la solution
15:19à tous les problèmes en fait.
15:20Souvent, il faut combiner différentes technologies, dont des technologies d'optimisation, pour arriver à faire de la productivité ou améliorer
15:26l'output, si je puis dire.
15:27On les trouve facilement, les bons cas d'usage ?
15:30Alors, en général, on les trouve facilement.
15:32Les entreprises ont énormément d'idées.
15:35Là où elles ont un peu plus de difficultés, c'est la confiance et la confiance dans le ROI.
15:38Donc c'est pour ça qu'on choisit des cas d'usage qui ont un impact visible, important, financier, qui
15:43vont s'autofinancer.
15:44On refuse de faire des proof of concept, des fameux POC qui marchent en laboratoire, qui ne passent jamais.
15:49On refuse.
15:49Pourtant, visiblement, ça, ça cartonne.
15:51Alors voilà, la bonne nouvelle, c'est que si vous voulez faire un POC, vous ferez un POC et vous
15:55n'irez jamais plus loin que le POC.
15:57Parce que ça va marcher en laboratoire, mais toute la difficulté, ce n'est pas que ça marche en laboratoire,
16:00c'est que ça marche dans la vraie vie, à l'échelle, de manière robuste, industrielle et conforme à la
16:04réglementation qui vous impose un certain nombre de choses.
16:05Et on n'est pas obligé d'en passer par là quand même ?
16:06Nous, on refuse parce qu'on est sûr que ça marche en labo.
16:09Et si on commence en labo, on ne va jamais sortir du labo.
16:11Et donc, notamment avec des clients qui traitent de données personnelles de santé,
16:15ils voulaient qu'on démontre qu'on pouvait automatiser leur chaîne de traitement sur un coin de table
16:19et sans se préoccuper des sujets d'IA Act, de RGPD, de privacy autour des données personnelles de santé.
16:25Et on a refusé parce qu'on savait que ça marcherait en laboratoire.
16:28Et on s'est attaqué dès le début justement à toutes ces dimensions pour n'utiliser des outils dans la
16:32boîte à outils
16:32que parmi ceux qui sont compatibles avec ces contraintes.
16:36Peut-être une réaction là-dessus, Philippe, sur arrêter l'époque ?
16:40Oui, je veux que vous emboîtez le pas.
16:42On a même dit à une époque, il y a 2-3 ans, on disait que la France était devenue
16:45la POC Nation.
16:47Donc c'est certainement dans une...
16:49C'est la première fois que j'entends cette expression, mais je retiens.
16:53Et juste, si je peux me permettre une toute petite précision, on n'est pas contre les pilotes.
16:56Mais un pilote, c'est quelque chose qui va passer en production dans la vraie vie et avoir un retour
17:00sur investissement.
17:01Un POC, c'est quelque chose qui ne sort jamais du laboratoire.
17:03Oui, parce que ce qu'on ne dit pas, c'est que l'IA, ça coûte quand même cher, mine
17:06de rien.
17:07Donc ce n'est pas gratuit.
17:09Et je pense que c'était le sous-jacent aussi de ce que vous disiez, c'est que ça ne
17:12s'achète pas sur étagère.
17:13Donc il y a des adaptations à faire, il y a l'humain dans tout ça.
17:18Donc se débarrasser de tâches fastidieuses, ce n'est pas un drame humain.
17:22Mais il faut quand même accompagner le changement.
17:26Et la grande difficulté, si vous déployez des licences de telle ou telle solution,
17:31on va vous dire que ça ne marche pas, ce n'est pas le résultat que j'attendais,
17:35ce n'est pas ceci, ce n'est pas cela.
17:37Et l'appétence au changement, on le sait, elle n'est pas énorme dans les entreprises.
17:41C'est pour ça que je parlais chez l'humain.
17:43L'humain n'aime pas le changement.
17:45Et on le sait, on a un gros problème de productivité en Europe et particulièrement en France.
17:49D'où mon commentaire sur les investisseurs qui, eux, ont cette « exigence »
17:55parce que ça peut nous permettre de rattraper pas mal de retard de productivité.
17:59Je lisais, vous m'y faites penser en parlant de la santé,
18:04je crois qu'on a 45% du personnel dans un hôpital classique
18:07qui est sur des tâches administratives, qui ne voient jamais un patient.
18:11Ce n'est pas les mêmes compétences.
18:13On accompagne RMG, Raffles Medical Group, à Singapour
18:16pour redéfinir complètement tout leur système d'information de manière agentique
18:19sur l'ensemble de leurs activités sur l'Asie du Sud-Est et la Chine.
18:22C'est simple, je posais la question, c'est simple de trouver les bons cas d'usage ?
18:26Est-ce que c'est simple aussi de trouver ceux où on aura le maximum de retours sur investissement
18:30et qu'on sait mesurer ?
18:32C'est exactement le sujet.
18:34Parce qu'en fait, si on donne des outils de productivité individuelle aux employés
18:37en déployant des licences de copilote, de compagnon, etc.,
18:40ça va être une productivité tellement diffuse
18:42qu'on aura un sentiment de progrès mais qui ne se matérialisera pas financièrement.
18:45Donc il faut choisir des vrais cas d'usage où on va remplacer des effectifs
18:48sur des tâches fastidieuses ou vraiment optimiser le résultat final.
18:51Et puis deuxième sujet, le coût d'implémentation avec des approches traditionnelles est très cher.
18:56Donc il faut vraiment une approche beaucoup plus automatisée et optimisée.
18:59Et puis dernier sujet, les coûts des tokens, les coûts des modèles eux-mêmes sont inflationnistes.
19:05Au départ, les abonnements étaient un petit peu open bar
19:07et très subventionnés par les fournisseurs de modèles qui voulaient acheter de l'audience.
19:12Et là, tout d'un coup, la mer se retire et on se met à facturer à la consommation réelle.
19:15Et donc nous, on a une approche extrêmement frugale de l'utilisation des modèles
19:19en utilisant de l'IA génératif que lorsque c'est nécessaire.
19:22Si on peut se ramener à des règles déterministes, y compris très complexes,
19:25générées par l'IA mais qui deviennent déterministes, donc sans coup d'inférence, on le fait.
19:28Si on peut éviter d'avoir de l'IA agentique au sens des boucles autonomes de raisonnement,
19:32c'est-à-dire ne pas réinventer la recette du repas à chaque fois qu'on fait un repas,
19:35mais suivre une recette déterministe même si elle utilise de l'IA agentique à chaque étape, on le fait.
19:39Et puis parfois, il faut utiliser des solveurs, d'autres outils.
19:41Donc on a vraiment une boîte à outils très large qui n'est pas focalisée sur une obsession autour d
19:46'un modèle
19:46mais qui est focalisée sur l'atteinte du résultat de la manière la plus frugale.
19:49Et chez un de nos clients, on a baissé le coût de traitement de ces mêlentrants complètement automatisés
19:53par un facteur 8 parce qu'on a utilisé les justes modèles les plus efficaces
19:57qui avaient le meilleur rapport qu'elle les ait pris.
20:00Christophe Ligny, vous avez déjà beaucoup commenté à l'instant autour de la table
20:05la manière dont ces IA transforment le secteur de l'automobile et votre métier aussi d'équipementier.
20:11Peut-être nous dire comment vous voyez les choses évoluer demain ?
20:14Parce qu'on parle de la transformation logicielle.
20:18Est-ce que finalement, la voiture va devenir une plateforme logicielle ?
20:22Et que fait un équipementier dans ce cadre-là ?
20:24La voiture est déjà logicielle.
20:30J'utilise souvent l'image, c'est qu'aujourd'hui, un véhicule moyen haut de gamme,
20:37c'est déjà 200 millions de lignes de code.
20:39200 millions de lignes de code, 33 fois ce que vous avez trouvé dans un Boeing 787.
20:45Ça, c'est la réalité.
20:46Parce que depuis des années, on a de l'électronique embarquée dans plein de petits calculateurs.
20:52Vous avez le bip-bip quand vous reculez, qui est connu le monde entier, le parking.
20:58Aujourd'hui, beaucoup de voitures sont équipées de parking automatique.
21:01Donc, c'est déjà beaucoup, beaucoup de lignes de code.
21:03Donc, le software fait vraiment partie de notre vie de tous les jours.
21:07Donc, on va dire que vous êtes un éditeur de logiciels demain ?
21:10Chez Valeo, la moitié des effectifs de R&D.
21:14Donc, on était un équipementier.
21:16On est devenu aujourd'hui un partenaire technologique.
21:20C'est la moitié des 20 000 ingénieurs qui composent la recherche et développement de Valeo.
21:24Ce sont des ingénieurs logiciels, la moitié.
21:28Et là-dedans, on a 200 ingénieurs qui sont spécialisés en intelligence artificielle,
21:34dont la mission est de transformer l'entreprise aussi.
21:37Parce que la compétitivité passe par réduire nos coûts, accélérer.
21:43Et donc, en même temps que l'on développe de l'IA embarquée, on développe de l'IA.
21:46Alors, je vous rejoins parce que la première approche que nous avons eue en tant que clients,
21:52c'était faire un POC, qu'on a vite arrêté parce qu'on s'est aperçu,
21:57parce qu'on avait besoin de comprendre si l'IA avait ses limites.
22:02Donc, est-ce que l'IA était capable ?
22:03Ça, c'était il y a deux ans.
22:05On avait fait un hackathon, puis on a commencé, on a défini 200 use cases et on a démarré.
22:10Et on s'est rendu compte que très vite que l'IA, ce n'était plus le problème.
22:15Parce que l'IA, tous les six mois, on avait l'élève, on est passé à l'agentique.
22:20Maintenant, on automatise.
22:21Donc, l'IA, et puis dans six mois, je ne sais même pas où on en sera.
22:24Mais la réalité pour une entreprise, c'est la transformation.
22:29Et surtout, éviter une chose, c'est d'automatiser notre inefficience.
22:33Quand je dis ça, c'est-à-dire qu'on a des processus en place aujourd'hui qui datent du
22:39début de l'ingénieur
22:39et où tous les processus ont été construits autour de l'ingénieur avec des tâches qui sont segmentées, qui sont
22:46distribuées.
22:47L'IA, aujourd'hui, remet tout en question.
22:49Et donc, il va falloir reconstruire tous nos processus autour de l'IA,
22:53mais en ayant l'humain au milieu.
22:55C'est-à-dire que, oui, on peut, on commence déjà, tout ce qui est des tâches de bas niveau,
23:01on l'automatise.
23:03Aujourd'hui, on génère 35% de notre code certifié IA qui rentre dans l'automobile.
23:09Donc, ça va assez vite.
23:13Maintenant, l'humain reste quand même, on a besoin de l'humain parce que l'innovation reste humain.
23:21Même si aujourd'hui, on augmente nos ingénieurs avec des surrogates, avec plein d'outils qui vont permettre d'aller
23:26plus vite.
23:28À la fin, il faut quand même que l'humain passe.
23:30Et donc, ça passe vers la transformation et puis l'adoption par les gens.
23:34Ce que vous disiez tout à l'heure, c'est compliqué de changer nos habitudes.
23:38Quand la réponse est, on a toujours fait comme ça, ben oui, maintenant, il faut apprendre à changer.
23:43Il y a compris au niveau de la R&D.
23:45Oui, oui, au niveau de la R&D.
23:47Mais dès qu'ils ont compris, dès que nous, ingénieurs, on a compris l'avantage et la puissance de l
23:54'outil, l'adoption va assez rapidement.
23:57Merci, vous êtes d'accord avec ça, sur cette transformation aujourd'hui nécessaire en interne ?
24:03Absolument, absolument. Nous, en interne, on voit l'impact déjà.
24:09On trouve qu'il y a beaucoup plus d'efficacité.
24:12Les employés font un meilleur job, servent mieux leurs partenaires.
24:16Mais jusqu'à cette transformation profonde des process en interne ?
24:19Alors, après, large. Vraiment, la manière dont je décriverai ça, c'est que tout a été designé pour une interface
24:29homme-homme.
24:30Après, on est passé homme-machine. Et là, il faut vraiment machine-machine avec des agents.
24:35Machine-machine, mais avec l'homme au milieu.
24:38L'homme va mettre des guardrails, va définir les règles, etc.
24:42Et il n'y a pas, je dirais, il y a l'industriel et il y a le consommateur.
24:47Et il faut vraiment faire la différence, puisque l'industriel, on a plus de maîtrise.
24:53Le retour sur investissement est plus clair pour certains cas d'usage.
24:56Il faut commencer par là.
24:57Nous, il y a eu la question d'époque.
25:01Moi, j'aime bien l'époque quand ils apportent de la valeur,
25:04puisqu'en fait, ce que je me suis aperçu, c'est qu'on ne sait pas tout.
25:08On a des outils technologiques, on a des partenaires,
25:11que ce soit dans l'industrie 4.0, dans le retail, dans l'aviation, etc.
25:17Ils ont des problématiques, mais ils ne connaissent pas la techno.
25:20Et donc, le fait qu'on mette nos ingénieurs ensemble,
25:25sans nécessairement un rapport commercial,
25:28permet en fait de définir ces cas d'usage.
25:30Et après, passer très rapidement sur une implémentation,
25:33ce que vous avez appelé pilote.
25:34En fait, j'appelle pilote, plutôt qu'un pop, exact.
25:36Et enchaîner sur du commercial, puisque c'est comme un voyage, en fait.
25:43Il n'y a rien qui est prêt et il faut accompagner.
25:45Et de se faire accompagner.
25:47En plus, on ne sait pas exactement quelle est la destination.
25:48On ne sait pas, mais on sait.
25:49Ce qui est super intéressant, on sait que...
25:51On va mieux monter dans le train quand même.
25:52Oui, c'est ça.
25:53C'est ça ce que je dis toujours.
25:54Montons, montons, et we will figure it out.
25:57Et il y a deux choses juste qui sont très...
25:58Merci beaucoup, on arrive à la fin de cette émission,
26:00Sylvie Housiel, d'avoir été avec nous.
26:02Merci.
26:02Alors, on n'est peut-être pas sur le 0-0 POC,
26:04mais des pilotes.
26:06Et très, très vite, le passage à l'échelle.
26:08On a bien compris.
26:09Sylvie Housiel, de Blue Bridge.
26:11Moissime Chobashi, merci également, de Qualcomm.
26:14Philippe Trouchot, de PWC.
26:16Et Christophe Delignier, de Valeo.
26:18Merci à vous d'avoir suivi ce Smartech
26:20en édition spéciale aux Assises du Numérique.
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