- il y a 2 heures
SMART BOURSE du 3 juin 2026
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:093 invités avec nous chaque soir pour décrypter les mouvements de la planète marché.
00:13Benoît Vesco est à nos côtés, le président de Delubac Asset Management.
00:16Bonsoir et bienvenue Benoît.
00:17Bonsoir Grégoire.
00:18Thierry Guill nous accompagne, le président de Raymond James France.
00:21Bonsoir Thierry.
00:22Bonsoir Grégoire.
00:22Et Igor Demac est également à nos côtés, directeur associé chez Vital Epin.
00:26Bonsoir Igor.
00:27Bonsoir Grégoire.
00:27Merci d'être avec nous, merci à vous trois.
00:30Benoît, le thème de l'IA, dans quelle mesure est-ce qu'on est encore confortable à être investi dans
00:35cette thématique,
00:36qui prend quand même de plus en plus d'ampleur.
00:39C'est un thème qui se déplace ou qui s'élargit, qui s'agrandit,
00:43malgré les effets de concentration qu'on peut avoir autour de quelques entreprises multitrillionnaires désormais.
00:50Mais c'est vrai que si les hyperscalers nourrissent le thème avec leurs dépenses d'investissement, leurs CAPEX,
00:56on voit de nouvelles sociétés qui en profitent encore plus largement.
01:00Autrement dit, les Mac 7 font à peu près la performance du marché.
01:04Quand on voit, on peut citer Marvel Technologies, Broadcom, qui publiquera ce soir,
01:08fait partie des sociétés qui connaissent des parcours stellaires sur quelques mois.
01:13la mémoire en Asie avec les Coréens Samsung et Sky Enix.
01:18Bref, c'est un thème quand même qui se déplace.
01:21C'est un thème mouvant.
01:22Oui, ce qui est intéressant, c'est que cette thématique de l'IA, elle est tellement puissante en termes de
01:27montant d'investissement
01:28qu'elle nous fait oublier la géopolitique.
01:30Et pourtant, il y a quand même des sacrés sujets.
01:33Donc, c'est une bonne nouvelle pour les indices actions parce qu'on performe sur cette thématique.
01:37Le défaut, c'est qu'il n'y a qu'une seule thématique.
01:38On préférait quand même avoir d'autres secteurs et d'autres activités qui performent.
01:42Et comme vous le disiez, ce qui est quand même intéressant, c'est que ça se diffuse.
01:45C'est-à-dire qu'on a d'abord commencé par les architectes de l'IA, les inventeurs de l
01:49'IA.
01:50Et puis, maintenant, ils investissent des...
01:52Alors, l'unité, maintenant, c'est de la centaine de milliards.
01:54Donc, voilà, il faut faire avec.
01:56100 milliards, ça paraît peu, maintenant.
01:57Voilà, c'est normal.
01:59Mais qui se déversent sur l'économie, qui se déversent sur l'ensemble de la chaîne,
02:03notamment en amont, en aval, production d'électricité, d'énergie, distribution d'énergie,
02:08les câbles, le hardware.
02:10On a des noms comme ça qui émergent, dont on n'était plus parlé.
02:13On pensait perdant, Intel.
02:15Seagate.
02:16Seagate, Dell.
02:16Voilà, des noms qui émergent parce qu'ils sont des spécialistes du hardware
02:20et qu'on a besoin de matériel pour générer ces outils-là.
02:26Donc, c'est assez intéressant, cette diffusion.
02:28Ce qui est aussi intéressant, c'est que ça se diffuse aussi parce qu'on a des spécialistes en Europe,
02:33dans l'énergie, dans les semi-conducteurs aussi.
02:36Les parcours de STMicro, Soltech, par exemple, ne sont pas en reste, par rapport à d'autres comparables américains.
02:42Donc, tous ces schémas-là, il faut se laisser porter.
02:47On est toujours dans cette thématique de l'innovation.
02:51On déverse des montants de capitaux à investir très importants.
02:55On les investit.
02:56Les géants qui les déversent ont des montants de cash très importants.
03:00Alors, c'est quand même ce qu'il faut signaler, on l'a dit en introduction.
03:03Il y a un peu de levée de dette, maintenant.
03:06Il y a un peu d'introduction en bourse et des montants conséquents, là aussi, vu les unités de compte
03:10de départ.
03:12Donc, on arrivera à un moment donné à la fin de ce cash,
03:16ou en tout cas, on aura consommé une grosse partie de ce cash-là.
03:19Et il faudra à un moment donné, mais c'est peut-être dans quelques années,
03:22faire le bilan et savoir qui est gagnant, quel est le gain de productivité, où est-ce qu'il est
03:28et pour qui.
03:29On n'en est pas encore là, donc il faut quand même se laisser porter par ce mouvement.
03:33Alors, se laisser porter en accompagnant et en allant…
03:37Oui, il faut bouger quand même.
03:38Voilà, exactement.
03:39En allant tout le long de la chaîne, au fur et à mesure, pour bénéficier de ses performances.
03:44Vraiment un mouvement très important et assez impressionnant.
03:48Bon, c'est la phrase de Jean-Pierre Petit qui était avec nous il n'y a pas très très
03:51longtemps.
03:51Alors, il vit, il écrit l'économie de bulles depuis 30 ou 40 ans,
03:55donc il n'est pas surpris quand il y a une bulle qui peut se développer.
03:58Mais quand on est dans l'idée d'une bulle, pour lui la question ce n'est pas de savoir
04:01si c'est une bulle,
04:02il y a sans doute une bulle de profit peut-être aujourd'hui, demain peut-être une bulle de valorisation,
04:06mais est-ce qu'on est en sommet de bulle ou pas ?
04:09C'est la seule vraie question que doit se poser un gérant d'actifs
04:12quand il participe à un enthousiasme aussi spectaculaire et peut-être historique.
04:18Thierry.
04:20Alors, on a un stratégiste, enfin un stratégiste aux Etats-Unis, il a fait un papier très intéressant la semaine
04:24dernière.
04:25Il est allé remonter l'histoire de la bourse américaine qui remonte à la fin du 19ème siècle
04:29et il a essayé d'identifier les phases d'excédent de capex, de boum de capex.
04:34Il a identifié 11, on peut débattre si ce sont les bonnes ou mauvaises.
04:37Ça commence par bien évidemment le chemin de fer dans les années 1810-1890, il y en a eu plein
04:42après.
04:42Il y a eu 1929, il y a eu la seconde guerre mondiale, ça c'est normal, on était en
04:46économie de guerre,
04:47il y a eu la bulle qu'on a pu avoir au Japon, en Chine.
04:49Ceux qu'on a pu connaître, notre génération, en tout cas la mienne, on a connu bien évidemment celle des
04:53années 2000
04:54avec l'excès de l'Internet et des boîtes de télécom, on a connu le subprime, etc.
04:58Et l'idée en fait était justement essayer de timer, essayer de donner à nos clients une espèce de,
05:03j'appelle ça une caisse à outils pour essayer de savoir si on était en fait, on est dans cette
05:06bulle,
05:07et qu'en mettant ça va durer. Et je rejoins ce qui vient d'être dit, c'est-à-dire
05:10en fait c'est pas pour maintenant.
05:11Et la conclusion, parce que l'étude est assez fouillée et assez longue,
05:16en fait ce qu'il faut observer, et peut-être le parallèle qu'on peut faire peut-être le plus
05:19proche,
05:19c'est ce qui s'est passé en fait à la fin des années 90 avec le développement de l
05:24'Internet et des télécoms,
05:26c'est essayer de voir si d'année en année on accède toujours à une accélération des CAPEX.
05:31Entre 96 et l'an 2000, vous avez vu, vous êtes passé en gros de 150 milliards à 750 milliards.
05:35La taille du PIB américain à l'époque, ça devait être à peu près 20 trillions.
05:40Quand vous comparez à ce qu'on a aujourd'hui, on a démarré il y a, en 2013,
05:46on parle en fait de l'IA vraiment depuis 2022, sa fin 2022-2023.
05:50Oui, l'IA générative est révélée au grand public avec le CHGPT en novembre 2022.
05:53On a démarré avec 50, 100 milliards, on est actuellement maintenant sur 2026 sur des niveaux entre 800 et 900
05:58milliards,
05:58et on pense que ça peut aller jusqu'à 1,5 trillions.
06:01Oui, au-delà des... largement on va passer au cap des 1 000 milliards.
06:04Ça, on pense que ça sera sur les deux prochaines années.
06:07Donc ça, ça répond à une première interrogation, qui est que tant que vous avez ce système d'augmentation de
06:12CAPEX,
06:14le système doit tenir.
06:15La deuxième chose, c'est quand vous avez l'inversement, quand il y a le point d'inflexion,
06:19c'est là où ça pose problème.
06:20Durant les années 2000, ça commence à baisser en 2001-2002.
06:25Donc, les deux analystes qui ont fait ce papier ont reconnu en toute honnêteté
06:28que si on les avait interrogés il y a un an, ils auraient peut-être dit que le pic peut
06:31être atteint en 2008.
06:32Là, ils le repoussent à 2029.
06:34Mais le deuxième et dernier point qui était intéressant dans cette étude,
06:37c'était de voir un petit peu, et ça soulève le problème de la levée de fonds
06:40qu'est en train de faire Google en ce moment,
06:42c'est de savoir qu'est-ce qui est financé par ce qu'ils appellent external financing,
06:47c'est le financement extérieur, par des levées de fonds ou par des IP ou autres.
06:51Parce que pour l'instant, toute la vague s'est financée au départ par des private equity.
06:56Et après, il y a eu le relais qui a été pris par les hyperscalers, qui ont été des gros
06:59acteurs.
07:00Et donc, quand on regarde ce qui s'est passé il y a 25 ans,
07:04le pourcentage que vous aviez à l'époque qui était financé par des capitaux extérieurs
07:08tournait entre 15, 20 et c'est rapidement monté à 30%, à 40%.
07:12Là, ça devient dangereux. On n'y est pas aujourd'hui.
07:15Donc, la conclusion, c'est qu'en fait, on a encore...
07:17Mais le point de fragilité, il sera là, vous dites.
07:19Il sera là, il faudra savoir si quelque part, ce qu'a déclaré Google il y a deux jours,
07:23ils ont d'ailleurs réaugmenté aujourd'hui de quelques milliards de dollars,
07:26soit passé de 80 à 85 à 85, ils ont augmenté 5 milliards.
07:29Voilà, il faudra savoir si ce phénomène, on l'observe de beaucoup d'autres acteurs,
07:33ça sera un signe avant-coureur d'alerte.
07:35Ça ne veut pas dire qu'il faut sortir, ça veut dire qu'il faut observer si d'autres font
07:38pareil.
07:39Bon, pour se replacer dans le contexte de la bulle.com, je crois que c'est 97 ou 98
07:45où Greenspan prononce la seule et unique fois d'ailleurs de sa carrière l'idée d'exubérance irrationnelle des marchés.
07:52Le point haut du marché, c'est mars 2000.
07:54Donc ça peut laisser un espace-temps, effectivement,
07:57entre le moment où on considère que ça devient irrationnel et le moment où ça craque.
08:01Qu'est-ce que ça amène comme réflexion à ce stade ?
08:03On en parle tous les jours, donc c'est vraiment le sujet du moment.
08:06Le premier constat, c'est qu'il y a des utilisateurs pour l'intelligence artificielle aujourd'hui,
08:11donc ce n'est pas remis en cause.
08:13Le deuxième constat, c'est que les États-Unis, c'est une économie qui est fondée sur la circulation des
08:18capitaux
08:19et aussi sur la dynamique de prix toujours positive.
08:22C'est-à-dire que c'est pour ça que les marchés financiers sont plus valorisés,
08:24c'est pour ça qu'il y a certains secteurs comme la santé où on paye l'injection trois fois
08:28ce qu'on paye en Europe,
08:29mais il n'y a pas de raison, l'acte c'est le même.
08:31Donc c'est un pays qui se construit sur l'afflux de capitaux et une tendance naturelle d'inflation des
08:39valeurs des actifs.
08:39C'est toujours comme ça qu'ils se sont financés.
08:41Donc je pense que la bulle, elle explose non pas parce qu'il n'y a plus de clients,
08:46parce qu'on voit bien les utilisations de ce genre d'outils qui ne sont que la prolongation de l
08:51'informatisation,
08:52de la création de données et maintenant de leur utilisation dans un mass market et en la paquette gens.
08:59C'est surtout l'environnement monétaire, la valorisation et le critère.
09:05Parce que si vous montez les taux de 5%, vous allez voir que les valeurs ne vont pas du tout
09:10être les mêmes.
09:10Évidemment, ce n'est pas ça qui va se passer et je ne le souhaite pas.
09:13Mais c'est très sensible à l'environnement monétaire et les outils de valorisation.
09:18Oui, mais c'est marrant parce que ce n'est pas ce qu'on a observé là.
09:21Dans cette phase de crise du Golfe, l'IA est devenue un refuge et de manière complètement indépendante ou insensible
09:28au niveau des taux d'intérêt.
09:30Mais il n'y a pas une grosse hausse des taux et les taux réels sont quand même assez faibles.
09:33Quand on approche 2% de taux réels aux Etats-Unis, 5%, beaucoup d'économistes vous diront que ce n
09:37'est pas...
09:38Ce n'est pas une crise obligataire.
09:39Les grosses crises obligataires, ça ne se passe pas comme ça.
09:42Donc en fait, ça, on ne l'a pas vraiment eu la crise obligataire.
09:44La grosse crise qui nous pend au nez, les variations.
09:47Marché action, il a toujours la macro, la micro et les flux.
09:53Si on empêche, et revenez à ce que j'ai dit au départ,
09:56s'il y a une problématique de flux, s'il n'y a plus de flux de capitaux, plus de
09:59flux entrant,
09:59et s'il y a une problématique de prix qui est déclenchée par un événement monétaire obligataire,
10:04c'est ça qui créera l'explosion de la bulle.
10:06Jusqu'à présent, il n'y a pas de raison.
10:08Et cette phase d'investissement amenant de toute façon, de manière macro-économique,
10:13une pression à la hausse sur les taux.
10:15Si c'est du rééquilibrage de l'épargne vers de l'investissement,
10:18ça doit appeler des taux structurellement plus élevés.
10:21Si la croissance aussi est augmentée par cet afflux de capitaux,
10:25d'où la question du retour sur capitaux employés.
10:29Et ça, c'est quand même une question qui n'est pas aujourd'hui complètement résolue,
10:32mais comme le coût moyen pondéré du capital est assez faible pour ces gens-là,
10:35parce qu'ils puisent dans une espèce de panier sans fond,
10:40que le dollar est quand même, on en parlera à la fin, très puissant finalement.
10:44Ça reste une monnaie de refuge, on l'a bien vu pendant la crise.
10:48Pour l'instant, ces paramètres ne sont pas remis en cause.
10:51Donc, il n'y a pas de raison que ça s'arrête.
10:53Et à propos d'afflux de capitaux, alors, parlons de ces grandes IPO qui arrivent,
10:56à commencer par celle de SpaceX, où là, il n'y a alors pas de promesse de rentabilité
11:01pour le groupe SpaceX.
11:03Je ne crois pas que ce soit en tout cas défini comme ça dans le prospectus,
11:06que je n'ai pas lu en entier.
11:07Je pense qu'il y a une promesse technologique, une promesse d'innovation,
11:12il y a une promesse d'avenir très très lointain, mais qui se rapproche de nous,
11:16c'est-à-dire la conquête de l'espace, de la Lune.
11:17Ça fait rêver, il y a un gourou des marchés financiers qui est capable de promettre beaucoup,
11:24et il faut avoir foi pour investir dans ce genre de mécanisme.
11:28C'est un acte de foi.
11:30Je pense que c'est un acte de foi.
11:32Et on est encore dans le monde de l'investissement ou c'est autre chose ?
11:34Parce que là, ça va peser des milliards quand même.
11:37Ce ne serait pas une micro-carpe, un powerpoint.
11:41Pour vous donner un exemple, quand les clients en particulier commencent à vous dire
11:43je voudrais avoir du SpaceX alors qu'ils sont très éloignés et qu'ils ne peuvent pas avoir accès,
11:47quand le retail, vraiment, il commence à dire il faut en avoir, il faut en avoir,
11:51c'est un petit peu comme la bulle internet et on y revient finalement.
11:55Je n'ai pas ma petite start-up dans laquelle je peux m'intéresser,
11:58je ne peux pas en parler dans les dîners en ville.
12:00Là, SpaceX, c'est le dîner en ville pour moi.
12:02On est dans des multiples valorisations.
12:04Donc vous le mettez quand même dans la catégorie red flag ou orange flag ?
12:09Moi, je ne vais pas dire que j'ai la puissance d'un SpaceX ou Elon Musk,
12:13mais je trouve les chiffres un peu exubérants.
12:17Et là, c'est peut-être de l'exubérance rationnelle.
12:19C'est-à-dire que tout le monde sait que c'est exubérant et tout le monde y va.
12:22Parce que l'information est publique.
12:24Mais bon, quand on regarde un peu le business de SpaceX,
12:28pour l'instant, c'est Starlink.
12:29En termes purement fondamentalistes,
12:32c'est-à-dire de quelqu'un qui regarde les chiffres après,
12:35on peut investir sur une promesse.
12:37Chacun fait ce qu'il veut.
12:38La promesse d'aller sur la Lune,
12:39réutiliser les fusées, d'en envoyer 20 par jour,
12:43pourquoi pas ?
12:43Je veux dire, on l'a imaginé dans les films, ça va se produire.
12:45Et de mettre des data centers en orbite,
12:47si on fait le lien avec l'IA.
12:48Parce qu'il y a quand même cette part IA dans SpaceX
12:51qu'il ne faut pas négliger.
12:54Mais l'idée de l'infrastructure en orbite...
12:59Lui, il vous promet que ça va faire baisser le coût de l'IA.
13:02Et j'ai l'impression que le marché est en train de chasser toutes les idées
13:05qui vont permettre d'améliorer l'efficience,
13:07de faire baisser le coût de l'intelligence artificielle
13:09par rapport au premier GPU vendu d'NVIDIA
13:12qui se vendait à je ne sais combien de centaines de milliers de dollars à pièce.
13:17Il a une vision, il a cassé des monopoles,
13:20il a inventé des choses qui n'existaient pas.
13:22Il y a des suiveurs, même si on dit que Tesla n'a que
13:26je ne sais pas combien de pourcentages du marché automobile ou électrique,
13:31c'est minoritaire.
13:32Mais ça peut être l'avant-pont du capitalisme informatico-spatial.
13:38Il n'y a pas de doute combien on valorise ça.
13:40Aujourd'hui, je pense que personne n'est capable de le dire.
13:42Tesla, ce n'est déjà plus les voitures, c'est les robots.
13:44Il vous dit, c'est les robots.
13:46Mais il y a plein d'échecs derrière.
13:48Il y a Twitter, il y a le carreau.
13:50Il a fait réattirer des lanceurs fusés en mer.
13:53Et moi, je me souviens très bien,
13:54et vous sans doute aussi à l'époque,
13:56Igor, quand il a construit ses premières usines Tesla aux Etats-Unis,
14:00tous les patrons de l'automobile française,
14:03en tout cas ceux qu'on connaissait à l'époque,
14:05les patrons d'équipementiers,
14:06sont tous allés visiter l'usine
14:08et sont tous revenus avec une morgue,
14:11mais spectaculaire pour venir dire,
14:13mais ce gars-là n'a rien compris.
14:15C'est le rêve américain.
14:16Des usines, on en fait des dizaines depuis des années,
14:19une usine automobile,
14:20il ne sait pas ce que c'est, ça marcherait.
14:21Tous, tous en Tunisie.
14:23Il incarne le rêve américain
14:26et puis le droit à l'échec aussi,
14:28mais derrière des énormes succès.
14:29Bon, SpaceX ?
14:32Je crois qu'on a bien dépeint la situation.
14:35Il a un track record de Paris fou réussi.
14:38Alors, pas totalement réussi par rapport à ce qu'il dit en avant,
14:40mais quand même réussi.
14:41Quand on crée un constructeur automobile ex nihilo,
14:45c'est quand même assez impressionnant.
14:48Starlink, l'Internet par les satellites,
14:50c'est aussi assez bluffant.
14:51Après, il y a beaucoup de choses aussi qu'ils n'ont pas délivré.
14:54Après, je pense que ce qui est vraiment intéressé,
14:57c'est le comportement à court terme des marchés.
14:59Cette IPO, elle bouscule un peu les règles
15:02dans les introductions, dans le passage dans les indices,
15:05parce qu'il va aller beaucoup plus vite être représenté dans les indices
15:09que ce que font normalement les nouvelles introductions en bourse.
15:13Donc là, on a un espèce de passe-droit qui pose question.
15:17Et ça veut dire quoi ?
15:17Ça va être un risque auquel tout le monde va être exposé dès le départ ?
15:21Des risques dans le sens positif ou négatif,
15:23mais en tout cas, il y a une empreinte qui sera indicielle, mondiale, dès le départ.
15:28Ce qui est intéressant, c'est de voir le comportement des marchés.
15:30C'est-à-dire que si vous rentrez dans les indices,
15:31tous les trackers doivent en avoir.
15:34Tous les gérants actifs vont essayer d'anticiper.
15:38Donc vous allez avoir quand même, à un moment donné,
15:40un espèce de rush sur la valeur.
15:42Quels que soient les questions qu'on se pose sur la valorisation,
15:46sur le business model et autres, de toute façon...
15:49Le management ?
15:50Le management ?
15:50Bien sûr.
15:51Ce phénomène va se passer.
15:54Et donc, on l'analyse, nous, un petit peu comme le point d'orgue,
15:57en tout cas à très court terme, tactique, de ce mouvement sur l'IA,
16:01en se disant, tiens, il y a ce phénomène-là qui va encore un peu accélérer à court terme,
16:06ce mouvement un peu de tout vers l'IA et tout vers l'infrastructure autour de l'IA.
16:12Et puis, on aura peut-être un peu une respiration ensuite, technique,
16:16pour se dire, voilà, on a passé un cap, on souffle, parce que ça y est, tout le monde a
16:20du SpaceX dans son portefeuille,
16:22et maintenant, qu'est-ce qu'on en fait ?
16:24Et il y aura peut-être un peu le Salimé & Go Away qui sera un peu décalé dans le
16:29temps par ce phénomène du 12 juin,
16:33et on aura une pause estivale et on verra après, on reviendra sur la chose un peu plus classique, macro,
16:41et puis, mi-terme, politique aux États-Unis.
16:44Bon, c'est intéressant, parce qu'il y aura quand même une offre concurrente.
16:48Il y a SpaceX, mais il y aura Anthropik, il y aura OpenAI, évidemment, à un moment,
16:53puis au milieu de tout ça, vous avez une Google Alphabet qui arrive en disant,
16:56alors eux, ils sont déjà cotés, bien sûr, qui arrivent, attendez, moi aussi j'ai du papier.
17:01C'est pas le même profil de risque que SpaceX, mais je peux vous en mettre pour 85 milliards si
17:06vous le souhaitez.
17:06Et là, on voit bien qu'il y a une petite course, Anthropik essaye de damer le pion à OpenAI,
17:11qui aimerait bien arriver juste au moment où SpaceX se fait coter.
17:15Enfin, il y a une petite course là.
17:16Google a été assez opportuniste parce qu'il a levé de la dette et pas qu'aux États-Unis.
17:20Non.
17:20Il est allé la lever un peu partout, donc ça, c'était plutôt intelligent.
17:23Et puis derrière, effectivement, juste avant, il fait sa levée de capitaux.
17:26Donc là-dessus, il a plutôt bien géré son timing.
17:31Voilà, donc là, il y a vraiment ce phénomène à très court terme de flux de capitaux qui vont se
17:36déverser.
17:37Ça demanderait sûrement une respiration sur les marchés dans un deuxième temps.
17:40Une fois qu'on aura dû gérer tout ça.
17:42Voilà.
17:42Je comprends.
17:43Bon, sur SpaceX, spécifique.
17:45Et puis, encore une fois, ce qu'on appelle dans cette émission la guerre du capital.
17:49La guerre pour l'attractivité du capital.
17:51Et on voit bien que là, il y a une forme de concurrence qui s'est installée depuis l'introduction
17:56en bourse
17:56ou l'annonce de l'introduction en bourse de SpaceX le 12 juin.
17:59Thierry.
17:59Il n'y a pas beaucoup d'autres éléments à ajouter.
18:02On sait que la valo, elle est excessivement tendue.
18:05On est sur des bases de 100 fois les ventes.
18:08Pour moi, franchement...
18:09Il y a plein de trucs.
18:105% de flottants, 30% réservés au retail.
18:12Oui, oui.
18:1385% des droits d'hôtes verrouillés par Elon Musk.
18:15Absolument.
18:15Voilà.
18:16Et une société qui sera sans donneur en bourse et qui ne gagne pas d'argent,
18:20alors que le préambule pour rentrer sur les indices du SPI, il faut gagner de l'argent.
18:23Et donc, base-droit, c'est ce que vous avez évoqué tout à l'heure, c'est assez fou.
18:28Les gérants américains qui sont investis quand même en général sur les fonds de culture entre 95 et 98%
18:34vont devoir forcément, à un moment donné, trouver du cash.
18:37Donc, ils vont sortir.
18:38Donc, il y aura des arbitrages.
18:39Il y aura des évictions.
18:41Oui.
18:41Il y aura des effets d'évictions.
18:42Franchement...
18:43Est-ce que c'est d'ailleurs pas un peu ce qu'on voit ?
18:44Enfin, Nvidia qui fait bien mais qui sous-performe,
18:47est-ce qu'il n'y a pas déjà l'idée de s'alléger un peu pour ceux qui en
18:50ont bien profité,
18:51pour préparer le terrain pour...
18:53Je pense que la sous-performance Nvidia depuis le début d'année, elle est liée à autre chose.
18:57D'accord.
18:57Elle est liée au fait que ce qui a vraiment marché, c'était la phase d'inférence
19:00et donc tous les acteurs de l'inférence.
19:02Et on a payé Intel, Texas, voilà.
19:04C'est notre histoire.
19:04Mais il y a aussi ça, voilà.
19:05On est sur des bases de 17-18 fois sur les profits de l'année prochaine.
19:08Le titre n'est pas hors de prix.
19:09Non, mais je voyais qu'il y avait de la décollette sur des ETF sud-coréens,
19:12par exemple de la part d'investisseurs internationaux.
19:14Et visiblement, c'est des flux de décollette en dizaines de milliards.
19:16Donc, est-ce que c'est l'idée de vendre un peu du SKNX et du Samsung ?
19:20Probablement.
19:20Pour préparer un peu de cash pour la suite, quoi.
19:23Mon sentiment, c'est la partie de billard à 18 membres.
19:26Franchement, ça va partir...
19:27On ne sait pas très bien...
19:28Je lisais encore une note d'un confrère tout à l'heure,
19:30d'une grande maison de Wall Street,
19:31qui estimait que finalement, il va y avoir à peu près 160 à 200 milliards
19:34qui vont devoir être trouvés pour l'IPO.
19:37Enfin, pour les IPO d'Entropique...
19:39Pour les trois, quoi.
19:40Enthropique, OpenAI et SpaceX, ça va faire un peu de ça.
19:43Quand vous regardez la taille du marché américain,
19:45je crois que de mémoire, je crois que c'est 45 trillions.
19:48La taille du PIB américain, c'est 32, je crois.
19:51Ça peut être absorbé.
19:52Et donc, ce que disait cette maison, c'est qu'en l'occurrence,
19:54par le passé, sur les émissions, sur l'élevé d'IPO,
19:56le marché américain a souvent absorbé entre 700 milliards et 1000 milliards.
20:00Sur une année.
20:00Oui.
20:02Donc, les chiffres ne sont pas incohérents.
20:04Mais la taille de la société est telle que ça impressionne.
20:07Et comme on le disait à l'instant, ça va rentrer dans les indices,
20:10il y aura des arbitrages et...
20:12200 milliards, c'est ce qui a été levé sur les 4 premiers mois de l'année aux États-Unis.
20:16C'est ce que j'ai vu.
20:16Fin avril, 200 milliards, c'est le montant des levées de capital d'IPO.
20:21Oui, c'est ça, à peu près.
20:22Qu'à 3, effectivement, ils vont faire ce que les États-Unis font en un peu plus d'un trimestre.
20:26Oui, non, c'est des montants qui sont...
20:29Enfin, ça peut mal se passer, SpaceX, le premier jour ?
20:33Ça paraît...
20:35Tout le monde attend le pop.
20:37Ce que vous disiez tout à l'heure, c'est-à-dire que d'abord,
20:39il y a peu du capital qui va vraiment être mis sur le marché,
20:42aux alentours de 5 %,
20:44il va y en avoir besoin pour les indices,
20:46donc il y a des gens qui vont être là pour essayer de soutenir les cours.
20:49Le seul parallèle récent que l'on ait,
20:52et la dimension n'a rien à voir, c'était Cérébrasse il y a quelques semaines.
20:55Oui, oui, oui.
20:56C'était quoi, 200, 300 % le premier jour ?
20:59Oui, l'IPO devait être faite au départ à 150,
21:01elle s'est faite à 180 $,
21:03ça a ouvert à 300, c'est monté à 350,
21:05et c'est retombé récemment à 200.
21:07Voilà, donc là, vous avez les chefs de file de la syndication
21:10qui vont venir soutenir des cours,
21:11ce qui est assez traditionnel.
21:13Voilà, mais...
21:14Est-ce qu'on va avoir ce même phénomène, un petit peu d'accélération,
21:16ce qu'on disait tout à l'heure,
21:18tout à chacun, c'est un peu...
21:19Chacun veut s'enorgueillir d'avoir son action SpaceX,
21:21surtout du côté des retailers,
21:22pour que derrière ça se redégonfle, c'est possible.
21:25Est-ce que tout ça, Igor, justifie que le marché actions
21:28soit relativement insensible à ce qui se passe encore
21:34dans le Golfe aujourd'hui,
21:35avec une situation de blocage ?
21:37En tout cas, s'il n'y a pas de dégradation,
21:40il n'y a pas non plus d'amélioration franche ?
21:43Non, mais l'OCDE a quand même revu en baisse
21:45ses perspectives de croissance cette année,
21:48alors c'est 0,1, on passe de 2,9 à 2,8,
21:50mais ça commence quand même à manger un peu...
21:55Bon, il y a deux gros secteurs qui ont très bien performé
21:58et qui sont des gros secteurs pour des rembourses,
22:00et tout ce qui est lié justement à l'IA, l'IT,
22:03et puis il y a le pétrole.
22:04Bien sûr.
22:05Donc ça soutient aussi beaucoup,
22:06et ça soutient aussi beaucoup les résultats.
22:08Donc vous voyez, c'est comme d'habitude depuis quelques années,
22:11on est dans une dichotomie,
22:13dans un grand écart sur beaucoup de secteurs.
22:16Après, les marchés actions,
22:18ça reste une dérivée première, voire seconde,
22:20du profil macroéconomique
22:22et de la capacité à créer de la valeur.
22:25Donc ça, on est un peu dans une période aujourd'hui d'entre-deux,
22:28puisque on va avoir des résultats semestriels
22:31qui vont être ceux qui vont peut-être nous dire
22:34combien coûte le Détroit d'Ormuz aujourd'hui à l'économie mondiale.
22:40C'est plus inquiétant la situation sur les taux,
22:42la volatilité sur les taux d'intérêt.
22:43La dynamique inflationniste, c'est vrai qu'elle est,
22:46et on va en parler sur les banques centrales.
22:47Allons-y.
22:48Il y a déjà beaucoup de banques centrales.
22:50Alors, ce n'est pas les plus grosses,
22:51mais Indonésie, Afrique du Sud,
22:54le Rwanda, le Sri Lanka, c'est moins important,
22:56mais il y a des grosses banques centrales de pays développés
22:59qui ont déjà monté leurs taux.
23:02Norvège, Australie, l'Inde, on ne sait pas trop.
23:05Et nous, on est au milieu du guet,
23:07parce qu'évidemment, les indices d'inflation,
23:08ils franchissent des niveaux 3% qui ne sont pas soutenables.
23:12Mais comme on n'a pas beaucoup de croissance,
23:14c'est toujours pareil.
23:14En Europe, si on monte trop vite, trop fort les taux,
23:17on étouffe encore plus qu'une maigre croissance.
23:19Donc, c'est un dilemme.
23:21Et je pense que les marchés de taux
23:23et les investisseurs qui font la gestion flexible
23:25dans leur performance, on voit un peu cette difficulté
23:28à faire de la performance en portage obligataire pur,
23:30parce qu'il y a trop de vols.
23:31Donc, le portage, en fait, il est annihilé
23:33par tous ces mouvements de baisse de valeaux et de volatilité.
23:39Alors que les marchés actions, bon,
23:40on s'accommode assez bien parce que c'est…
23:43La volatilité a changé de compte depuis des années déjà.
23:45Oui, oui.
23:46Puis, attention, nous, en Europe, les gens n'ont pas d'actions.
23:49Je veux dire, concrètement, le vieillissement démographique
23:52global du monde développé, c'est un achat massif obligataire.
23:57Les gens qui sont capables de tenir des positions actions,
23:59etc.
24:00Aujourd'hui…
24:0065 ans et plus.
24:02Je pense qu'il n'y en a pas beaucoup.
24:03Alors, il y a eu quand même un renouveau.
24:05Puis ces histoires, j'en reviens à ces trois IPOs,
24:08c'est normal qu'elles soient dans le capitalisme coté.
24:11Je veux dire, on ne peut pas dire que ce ne sont pas des secteurs,
24:13des innovations, des choses qui vont changer.
24:15Donc, c'est normal.
24:16À quel niveau de valo ?
24:17Ben, c'est comme souvent en bourse, ça serait un pendule.
24:19Avant que ça s'arrête à la bonne valo, bon truc.
24:21Plus de découverte d'été, quoi.
24:22Il y aura peut-être une respiration avant l'été,
24:24ou dans un, deux, trois, quatre ans.
24:26Mais moi, ce que je regarde vraiment maintenant,
24:28c'est… enfin, on regarde dans l'étau, c'est le marché directeur.
24:31Mais pour revenir à l'obligataire,
24:34un recalibrage de la politique monétaire de la BCE
24:38avec la bonne communication,
24:40ça doit quand même permettre de garder le contrôle
24:42sur cette partie longue des courbes.
24:45Parce que le sentiment qu'on a pu avoir,
24:47quand on a vu au début mai,
24:49sur une période de quelques semaines,
24:51quelques séances,
24:52ce grand retour de volatilité sur les parties longues,
24:55les parties à 10, 30 au Japon, en Europe et aux États-Unis,
24:58d'ailleurs peut-être avec des ressorts différents,
25:00mais en tout cas avec une coïncidence de temps
25:02qui a été impressionnante.
25:04C'est-à-dire qu'on se disait,
25:05le marché demande des hausses de taux.
25:08C'est-à-dire que si les banques centrales
25:10ne montent pas les taux
25:11ou n'envoient pas le signal qu'elles sont vigilantes,
25:13les parties longues vont partir,
25:15ne vont pas faire en vrille.
25:15Enfin, le banquier central,
25:16mais contre la partie longue,
25:18ça a souvent été fait ces dernières années
25:19avec des programmes de quantitative easing,
25:21donc d'achats massifs de papiers longs.
25:24On n'y est pas vraiment là.
25:25Donc moi, je pense que ça va dériver
25:28parce qu'il y a la pression budgétaire aussi.
25:30Il n'y a pas que l'inflation,
25:31il y a la dégradation des comptes publics qui jouent.
25:34Et puis, ces capitaux employés
25:36ne parlent pas trop des dépenses militaires
25:38qui sont au top historique ever,
25:40comme disent les Américains.
25:41C'est du hors-bilan, c'est maintenant.
25:43Oui, oui.
25:44Enfin, le hors-bilan,
25:45c'est toujours ce qui a créé les plus grosses faillites.
25:48Donc, bon...
25:50C'est comme le hors-bilan de la dette publique allemande,
25:52dans les régions,
25:53et puis on découvre qu'ils sont aussi endettés
25:55que d'autres pays.
25:57Voilà.
25:57Donc, maîtrise de l'environnement monétaire,
25:59c'est les risques aujourd'hui.
26:00Bon, c'est quand même des réunions importantes
26:01de banques centrales qui arrivent pour...
26:03Est-ce que, d'ailleurs,
26:04c'est un des enjeux et un des objectifs ?
26:07Garder le contrôle sur ce qu'elles ne maîtrisent pas,
26:09les parties longues de courbe.
26:10Elles maîtrisent évidemment les taux directeurs
26:12et donc les taux courts,
26:13mais cet ancrage des taux courts,
26:16c'est aussi une ancre pour les parties plus longues.
26:18Est-ce que c'est le sujet
26:19pour les banques centrales aujourd'hui, Benoît ?
26:21Oui, alors, BCE,
26:23elle a l'avantage d'avoir un mandat clair,
26:24c'est l'inflation.
26:26Donc, là-dessus, c'est assez simple à interpréter.
26:29Elle va ancrer les anticipations inflationnistes.
26:32Il faut qu'elles les ancrent vers 2%.
26:34Ça dérive un peu en ce moment.
26:36Donc, elle va agir.
26:37Elle l'a préparé le marché.
26:39On a la première réunion le 11 juin.
26:41Alors, est-ce que c'est trois hausses ?
26:42Est-ce que c'est deux hausses qui arriveront
26:44d'ici la fin de l'année ?
26:45Je pense que le débat est encore ouvert,
26:46mais là-dessus, je dirais que le rôle de la BCE,
26:51il est assez clair.
26:52Alors, nous, on est toujours un peu frustrés
26:53parce qu'évidemment, il n'y a pas de paramètres croissance
26:55dans ce mandat-là.
26:56Donc, évidemment que la conséquence derrière,
26:59c'est que ça pèsera un peu sur la croissance
27:02d'un zone euro qui n'est jamais extraordinaire
27:04et ça fera un petit peu mal à cette croissance-là.
27:06Mais de toute façon, là-dessus,
27:09j'ai eu le mandat éclair.
27:10Elle va jouer son rôle.
27:12Est-ce que vraiment, elle va arriver
27:14à gérer la partie longue ?
27:16En partie, mais dans la partie longue,
27:18il y a aussi une dérivée déficit.
27:20Donc, ce n'est pas uniquement.
27:21Mais en même temps, monter les taux directeurs
27:24de la BCE, c'est dire aussi aux États,
27:28attention, vous allez probablement un peu trop loin.
27:30Donc, sur la BCE, je pense qu'il n'y a pas de sujet.
27:33C'est assez clair.
27:33Ce qui est plus embêtant, c'est du côté des États-Unis.
27:37On voit bien, il y a encore eu la semaine dernière,
27:39il y a 15 jours, il y a un espèce de dialogue
27:42entre Trump et le 30 ans US
27:44qui est quand même le signe d'une certaine nervosité
27:48des marchés obligataires, en tout cas de vigilance.
27:51On l'a vu, c'était je crois le 19 mai,
27:54le 30 ans qu'il passe à 5,20.
27:57Oui, c'est ça.
27:57Derrière, ne vous inquiétez pas,
27:59on va vite signer un accord, etc.
28:01Ça arrive vite.
28:02Bon, ça a rebaissé.
28:04Ça remonte maintenant à nouveau
28:05et on revient vers les 5%.
28:07Pourquoi il y a ces mouvements-là et ce dialogue ?
28:10C'est parce qu'en fait, il y a quand même une perte de crédibilité de la Fed.
28:14Kevin Warsh est le nouveau président.
28:17On ne sait pas bien comment il va communiquer.
28:18Il a été très critique sur les outils classiques de la Fed.
28:22Il a un mandat non implicite de baisse de taux.
28:25Je pense que le grand challenge, ce sera de ne pas les monter.
28:28Oui, c'est ça.
28:28Voilà, déjà dans un premier temps.
28:31Et donc là-dessus, le marché obligataire montre bien qu'il est nerveux
28:34et envoie bien ce message au gouvernement américain en disant
28:38attention, on ne laissera pas passer, ce qui est plus dangereux pour les marchés.
28:41Parce que si ce n'est pas la banque centrale qui est l'arbitre
28:44et si c'est les marchés obligataires, ça peut faire plus mal.
28:47Donc là, je pense que là-dessus, le gouvernement américain,
28:49il entend totalement les marchés obligataires et il suit bien le sujet.
28:54Mais ce n'est jamais très sain.
28:57Et puis, on vit de fait des épisodes de répétitions sur le détroit d'Hormuz
29:01qui ne peuvent pas durer éternellement
29:04et il ne faudrait pas qu'à un moment donné, les marchés obligataires perdent patience.
29:08Là, on aurait un signal qui serait très différent.
29:10Il y a un enjeu quand même physique sur le pétrole.
29:13C'est ce que tous les spécialistes du secteur racontent depuis le début.
29:15Pour l'instant, on vit sur les stocks et les réserves.
29:17Mais regardez le niveau de stock au Japon.
29:19Enfin, ça plonge comme une encre.
29:23Donc, les spécialistes vous diront 3, 6, 8 semaines encore,
29:28peut-être que jusqu'à septembre.
29:30Mais il y a un moment où il y aura quand même une réalité physique de ce point de vue
29:35-là.
29:35Mais bon, 16 septembre, il y a du temps pour qu'il se passe des choses.
29:39C'est vrai qu'on a toujours en tête ce scénario moyen
29:41où on se dit qu'il faudra que le détroit se réouvre d'une manière ou d'une autre.
29:45De toute façon, peu importe, Trump s'annoncera grand gagnant.
29:49Mais il y a vraiment une situation qui n'est pas saine
29:52et qui fait que parallèlement, il faudra que la Fed retrouve de la crédibilité.
29:57Et ça, ça ne se fait pas en quelques réunions du FOMC.
30:02C'est une forme de persistance.
30:04Bon, l'entrée en jeu de Kevin Warche, donc 16 et 17 juin prochains,
30:09pour déjà éviter que ses petits camarades montent les taux de la Réserve fédérale américaine.
30:17C'est avec ça la première mission avant de peut-être les faire rebaisser plus tard.
30:21Ça n'est jamais qu'une personne sur les 12 qui votent.
30:24Donc voilà, on le rappelle tout le temps.
30:27Et je pense, comme ça vient d'être dit à l'instant,
30:29son rôle va plutôt essayer d'éviter de les faire monter.
30:32Mais quant à les faire baisser, en tout cas avant l'échéance des élections de novembre,
30:36ça va être excessivement compliqué.
30:37C'est plus le sujet, ça.
30:38Oui, c'est très compliqué.
30:41En plus, Paul est encore là, parce qu'il est décidé, je pense,
30:46il a ouvertement dit, il va être le poil à gratter, à mon avis,
30:52et je pense qu'il a des affiches...
30:53Non, il a dit low profile. Il a dit qu'il jouerait low profile.
30:56Oui, mais il est là aussi pour s'assurer, en fait, au sein de l'administration,
31:00enfin au sein de la Fed, que des enjeux politiques ne viennent pas gréver les analyses monétaires.
31:06Et ça en dit long.
31:07Je ne dis pas qu'il va régler ses comptes avec éventuellement Trump,
31:10mais en demi-mot, c'est exactement ça.
31:14Donc, c'est difficile. Je pense qu'effectivement, nous, comme tous les marchés,
31:18a priori, baisse de taux en 2020 cette année.
31:21Après, la Fed, moi j'ai le coutume de dire, c'est une phrase un peu bateau,
31:24mais la Fed fera ce qu'il y a à faire.
31:26Soit la situation en pire, et dans ce cas-là, on verra si la porte s'en trouve
31:29pour qu'il y ait éventuellement des baisses de taux.
31:32On évoquait tout à l'heure le niveau des taux sur le marché américain.
31:35Juste un chiffre que je vous donne, c'est que nos analystes ont fait ce travail
31:37qui est assez pertinent sur une durée très longue.
31:39à partir de quel moment le niveau, en fait, le taux sur les taux 10 ans,
31:43on commence à avoir une bascule sur les PE des marchés.
31:47On est plutôt, quand on prend comme référence le taux 10 ans,
31:50on est sur des niveaux au-delà de 4,60 et jusqu'à 5 %.
31:53D'accord.
31:54Quand vous êtes entre 4 et 4,5, ça ne bouge pas trop.
31:57Et c'est pour ça que ce qu'on a fait récemment,
32:00aller chercher les 4,65 sur le 10 ans, on est repassé en dessous.
32:03Mais il ne faudrait pas que ça dure longtemps.
32:06Sur la réserve fédérale américaine,
32:09l'enjeu est différent de la Banque Centrale Européenne.
32:12Est-ce qu'il y a un vrai risque inflationniste là aux Etats-Unis ?
32:14Ça fait 5 ans que l'inflation n'est pas revenue à 2 %
32:17et qu'elle se met à nouveau à franchir le seuil de 3 %, voire 3,5 même.
32:24Vous savez, mon amour, des banquiers centraux, en tout cas d'en parler,
32:27parce que je pense qu'on est assez démunis.
32:29Quand on voit comment le dollar se tient,
32:32je pense que tout le monde a bien conscience que,
32:35en fait, c'est aussi un métrique de dire
32:37la puissance américaine est toujours là.
32:39En fait, c'est trois choses maintenant.
32:41La puissance américaine, c'est les porte-avions.
32:43Ils sont là où ils sont.
32:43C'est le dollar.
32:46Et puis, c'est les valeurs technologiques.
32:48C'est l'expression de la superpuissance américaine.
32:51Elle est là, donc...
32:52Le dollar, vous dites, c'est parce que c'est la question.
32:54Oui, parce que le dollar...
32:55C'est raffermi.
32:56Mais ça n'a pas été non plus...
32:58Enfin, le dollar n'a pas pris 5, 10 % sur la crise du Golfe, quoi.
33:01Non, mais il ne peut pas non plus,
33:03dans l'échiquier multipolaire monétaire,
33:07mais dans le sens monnaie,
33:08prendre une plus grosse part,
33:11parce qu'on a vu plein de pays dits émergents, émergés,
33:14qui ont déporté maintenant leurs réserves,
33:16soit en euros, soit même en yuans.
33:20Donc, on a quand même un système qui est bien en place,
33:23un trépied qui fonctionne bien aujourd'hui.
33:27Et c'est aussi le sens de ces interventions militaires,
33:29c'est de réaffirmer.
33:31Alors, il y en a un quatrième trépied,
33:35donc ça fait un quadripied,
33:36c'est le pétrole,
33:37puisque les États-Unis sont arrivés à une situation d'autonomie,
33:41ce qui les rend aujourd'hui beaucoup plus forts que l'Europe,
33:45puisque le coût de l'énergie globale,
33:46je pense qu'on est à trois ou quatre fois,
33:48voire cinq fois plus maintenant que chez eux.
33:51Même si ça coûte à la pompe,
33:52ils ont besoin quand même d'importer du pétrole pour leur raffinerie, etc.
33:55C'est quand même un mécanisme qui continue de se retrouver à la pompe.
33:59Oui, les mid-terms, ça va être difficile,
34:00comme c'est toujours difficile pour pouvoir en place,
34:03et comme sa psychologie, sa communication sont clivantes, bien sûr.
34:07Mais bon, je regarde ça, voilà,
34:09donc on a un secteur technologique qui est surpuissant,
34:12qui va s'introduire en bourse,
34:13les porte-avions sont là où ils sont,
34:14ils gagnent peut-être pas la guerre,
34:16mais ils sont quand même positionnés à un endroit stratégique,
34:18et puis on a le dollar qui tient.
34:19Et donc en termes, là,
34:20on y en reste une minute chacun pour un mot sur les allocations,
34:23ou les stratégies,
34:24ou les réflexions qui guident les stratégies d'investissement.
34:26Donc, ne pas négliger la partie américaine,
34:28ça, ça reste important, j'imagine,
34:30dans une construction d'un portefeuille.
34:31Oui, bien, à mon avis,
34:31plus que de dire Amérique, c'est bien internationalisé.
34:34D'accord.
34:34Surtout pour les épargnants français
34:36qui voient un peu le spectacle.
34:38On n'a pas parlé d'un pays un peu…
34:41Ben oui, les Etats-Unis,
34:43c'est pas possible d'être en dehors des Etats-Unis,
34:45Mais quand les Etats-Unis,
34:45on se positionne sur la tech européenne,
34:48ce qu'on en a,
34:49ou on essaye de chercher justement d'autres histoires ?
34:51Non, mais en Europe,
34:52on a plein de thèmes en retard,
34:53donc c'est ça qui est génial.
34:54Ouais.
34:54Donc, ils finissent par marcher un petit peu,
34:56puis sinon on a les grands secteurs,
34:58l'énergie.
34:59Moi, je fais des ETF S&P équipondérés
35:02pour pas être pris dans cette espèce de…
35:04pour quand même bénéficier,
35:05mais pas être pris dans cette exubérance rationnelle.
35:08Ouais, je comprends.
35:09Qu'est-ce qui guide là,
35:10vos réflexions et votre logique
35:12de gestion des portefeuilles clients
35:14chez WKM ?
35:15Ce qu'on peut rajouter en complément
35:17dans les portefeuilles,
35:18c'est la partie obligataire
35:19plutôt court-moyen terme
35:21qui s'est bien tendue depuis début mars.
35:24Donc point d'entrée.
35:25Là, il y a des choses intéressantes à faire,
35:27même en restant sur de la bonne qualité,
35:29investment grade,
35:29on retrouve des rendements à 4%
35:31sur des échéances 3-5 ans.
35:33Dans un portefeuille diversifié,
35:35la poche un peu prudente,
35:37c'est intéressant.
35:38On est largement en anticipation
35:39de ce qu'on pourra retrouver
35:41sur des taux BCE.
35:43Et donc, loquer des rendements
35:44sur 3-5 ans à ces niveaux-là,
35:47sans aucun problème,
35:48c'est des bonnes opportunités.
35:50Donc il y a l'IA.
35:51Au-delà de l'IA,
35:52il y a de la vie sur le marché américain, Thierry ?
35:55On peut voir la chose de deux manières,
35:57le verre à moitié plein à moitié vide,
35:59c'est-à-dire que la hausse du marché
36:00depuis fin mars,
36:01des points bas,
36:02s'est construite en grande partie
36:03sur de la tech.
36:04Je crois que le dernier chiffre
36:05que j'ai vu,
36:06c'est que 23 des 25 plus fortes hausses
36:08cèdent la tech.
36:08Donc c'est très important.
36:10Soit les choses se calment au Moyen-Orient
36:12et on risque de revivre
36:13ce qu'on a vécu
36:14entre octobre et fin février.
36:16C'est-à-dire une rotation sectorielle
36:18est là et nous,
36:19vous allez avoir un retour
36:20vers le cycle,
36:21vers des industriels,
36:23vers du matel,
36:23vers ce genre de choses.
36:24Et ça, c'est quelque chose
36:25qui sera peut-être
36:26l'arbitrage à faire.
36:27Ou alors la situation actuelle
36:29se prolonge, perdure.
36:30et je ne dirai pas
36:31qu'en dehors de la tech,
36:32il n'y aura rien d'autre
36:32parce que les résultats
36:34ont été bons.
36:35On entrera peut-être
36:35dans un autre moment.
36:35Mais c'est là où peut-être
36:37sur la poche equity,
36:38il y a peut-être quelque chose
36:39à faire.
36:40Merci beaucoup messieurs.
36:40Merci d'avoir été avec nous
36:42pendant cette émission.
36:43Les invités de Planète Marché
36:44ce soir,
36:45Igor Demac,
36:45directeur associé de Vital Epargne,
36:47Benoît Vesco,
36:47président de Delubac Asset Management
36:49et Thierry Gill,
36:50le président de Raymond James France.
Commentaires