- il y a 4 heures
Mercredi 3 juin 2026, retrouvez Luce Gramond (cofondatrice, Greenlobby), Serge Camelo (chercheur spécialiste en immunologie, auteur de "La guerre des trachées"), Claire Grolleau (présidente, Label Vie) et Sheryline Thavisouk (Cofondatrice, Le Papondu) dans SMART IMPACT, une émission présentée par Thomas Hugues.
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00:08Bonjour à toutes et à tous, c'est Smart Impact, l'émission de celles et ceux qui font de la
00:11transformation environnementale et sociétale un axe fort de leur stratégie.
00:15Et voici le sommaire, c'est Isabelle Giordano, la déléguée générale de la Fondation BNP Paribas, qui sera l'invité
00:21du grand entretien tout à l'heure,
00:2326 minutes pour détailler les actions menées par la Fondation afin de soutenir la recherche environnementale et l'inclusion sociale.
00:30Mais d'abord, je reçois Serge Camelo, qui est spécialiste en immunologie.
00:34Il publie un roman chronique de la crise sanitaire de 2020, une réflexion sur la recherche biomédicale.
00:40Dans notre rubrique mensuelle « Tous lobbyistes », on prendra l'exemple de la Belle Vie,
00:45association engagée pour la transition écologique et sociale des lieux d'accueil de la petite enfance.
00:51Et puis dans notre rubrique consacrée aux start-up éco-responsables, je vous présenterai Papondu,
00:57qui propose une alternative végétale aux œufs dans nos recettes.
01:02Voilà pour les titres, c'est l'heure de Smart Impact.
01:10L'invité de ce Smart Impact, c'est Serge Camelo. Bonjour, bienvenue.
01:15Vous êtes spécialiste en immunologie.
01:17Vous publiez « La guerre des trachées », c'est un roman chronique de la crise sanitaire de 2020,
01:22et une réflexion sur la recherche biomédicale.
01:25Qu'est-ce que ça raconte, votre livre, qui est donc un roman ?
01:28Oui, alors en fait, j'ai commencé à écrire parce que je travaillais dans la start-up qui m'employait
01:32sur le Covid-19,
01:34et puis on était en même temps en télétravail.
01:35Donc, j'ouvrais mon ordinateur pour travailler, quand je le fermais, j'ouvrais la télé,
01:39je regardais ce qui se passait, et en fait, il y avait pas mal de choses qui me choquaient un
01:44peu,
01:44qui était édite à la télé, donc j'avais besoin de m'exprimer,
01:47et j'ai essayé de le faire aussi à travers des articles scientifiques,
01:51mais il n'y a pas eu beaucoup d'impact, donc en fait, j'avais besoin d'écrire personnellement,
01:54puis en fait, au fur et à mesure, ça a pris forme.
01:58Et donc, en fait, le but, c'est de dresser une sorte de bilan, en fait,
02:01au niveau scientifique de ce qui s'est passé pendant la pandémie de Covid-19,
02:05parce que je pense que ça n'a pas été fait,
02:07et que les gens restent dans une incompréhension de ce qui s'est passé,
02:12pourquoi est-ce qu'il y a eu toutes ces polémiques, est-ce que c'est normal qu'il y
02:14ait des polémiques,
02:15pourquoi est-ce que les scientifiques se sont contredits les uns les autres,
02:19et puis finalement, à la fin, on est passé à autre chose, parce qu'il y a eu la guerre
02:21en Ukraine,
02:22et donc, en fait, la fin de l'histoire a été brutale pour tout le monde,
02:26et les gens sont restés dans l'incompréhension,
02:30avec une envie de ne plus en parler, parce que c'était traumatique.
02:34Oui, parce que c'était une période assez traumatique.
02:35Mais en même temps, je pense que le fait de ne pas en parler, de ne pas tirer le bilan,
02:39en fait, c'est la source aussi de beaucoup de désinformation et de défiance par rapport à la science,
02:45et c'est très dommageable par rapport à ce qui se passe maintenant.
02:47Pourquoi un mode romancé, plutôt qu'un document,
02:51il y avait des noms, des entreprises, des ministères, je ne sais pas, que vous ne pouviez pas citer ?
02:56J'ai à peu près cité tout le monde, je pense.
03:00Non, en fait, c'était plutôt parce qu'il y avait une partie scientifique,
03:03et puis une partie que j'ai vécue, comme tout le monde, personnellement.
03:06Qui était personnelle.
03:07Oui, parce que tout le monde a vécu une période particulière.
03:09Alors, il y a des gens qui ont bien aimé cette période,
03:11il y a des gens qui ont détesté, il y a des gens qui ont vécu des...
03:13Tout le monde a vécu des choses extraordinaires,
03:16extraordinaires dans le sens, voilà, hors de l'ordinaire,
03:18mais donc, du coup, je voulais aussi partager ma propre expérience personnelle.
03:22Alors, dans ce livre, il y a un élément central,
03:24c'est la lenteur de validation des processus scientifiques.
03:29Alors, on peut se dire, c'est normal, on parle de dispositifs médicaux,
03:34on parle de santé, il faut des contrôles importants.
03:37Et puis, il y a aussi une façon de se dire,
03:40c'est des institutions qui sont trop lourdes, trop administrées, etc.
03:44La frontière, elle se situe où ?
03:46Je pense qu'il faut quand même garder la logique.
03:49En fait, on ne peut pas répondre à l'urgence de manière incontrôlée.
03:54Donc, il faut faire des contrôles.
03:56Donc, en fait, ce qui s'est passé, c'était un peu un emballement,
03:59c'était normal, c'est une situation de crise.
04:01Donc, après, que les scientifiques proposent plein de solutions différentes,
04:04c'est leur rôle.
04:06Pour ne parler que du professeur Raoult,
04:07c'est tout à fait normal, au départ, qu'ils proposent sa solution.
04:10L'hydroxychloroquine paraissait logique.
04:12Il y avait des données in vitro qui semblaient bien.
04:15Donc, il n'y a aucune raison qu'il ne se lance pas dans cette aventure
04:18et qu'il tente de démontrer qu'il a raison.
04:21Mais là où il se fourvoit, on va dire,
04:25c'est que, justement, il ne respecte pas la méthode scientifique.
04:26Ses propres expériences montrent que son hypothèse de départ n'est pas validée.
04:31Et donc, un bon scientifique change d'hypothèse.
04:34Or, lui, il est parti sur « j'ai toujours raison,
04:37et donc c'est les autres qui ont tort,
04:38et donc je ne changerai pas d'hypothèse ».
04:40Et c'est là où ce qui m'a vraiment choqué le plus,
04:43c'est qu'il a le droit de...
04:45Enfin, il a même le devoir de faire ce qu'il a fait au départ.
04:47Mais après, en fait, la méthode scientifique qui prend du temps,
04:50il faut la garder en vie.
04:52Bien sûr.
04:53Alors ça, moi, je suis 100% d'accord avec vous.
04:54Et c'est vrai que cette logique,
04:58qui me semble vraiment essentielle
05:00quand on parle de recherche scientifique,
05:03donc la prudence, le temps,
05:05elle se heurte à l'urgence, là.
05:08Et à une demande mondiale d'une solution.
05:11Donc comment on concilie les deux, quoi ?
05:13Eh bien, comment on concilie les deux ?
05:15En donnant beaucoup d'argent à la recherche.
05:16En fait, c'est un peu la troisième partie du livre,
05:19où j'essaie de dresser aussi un bilan
05:21de mon expérience professionnelle dans différents laboratoires,
05:23que ce soit dans le secteur public ou privé.
05:26Et en fait, finalement, la solution,
05:28c'est de donner des financements,
05:31de donner des moyens à tous les chercheurs
05:32qui travaillent sur des sujets qui, apparemment,
05:35ne sont pas forcément urgents,
05:36n'est pas forcément important.
05:38Mais en fait, c'est ça qui va peut-être donner la solution
05:40à des situations d'urgence.
05:42Bon, en fait, les vaccins ARN messagers,
05:44en fait, il y a aussi un très bon bouquin
05:46qui n'est pas le mien,
05:46qui est celui de Jérôme Lemoynier,
05:48sur toute la...
05:50Comment dire ?
05:51L'expertise scientifique
05:52qui a duré pendant 30 ans
05:54pour découvrir les ARN messagers
05:55et qu'est-ce qu'on pouvait en faire.
05:57Donc en fait, quand les gens disent
05:58que les vaccins sont arrivés en un mois ou un an...
06:00Ben non.
06:00En fait, non.
06:01Il y avait 30 ans de travail avant.
06:02Il y avait 30 ans de travail avant.
06:04Et donc, en fait, s'il n'y a pas eu les moyens en amont
06:06sur la recherche sur des sujets
06:08qui ne paraissent pas forcément urgents,
06:09ben en fait, vous vous retrouvez
06:10dans une situation de panique
06:12et vous n'avez aucune solution.
06:14Or là, il y avait une solution, heureusement.
06:18Cette crise, cette pandémie de Covid,
06:21qu'est-ce qu'elle révèle comme faille structurelle
06:25de la recherche, de la recherche biomédicale ?
06:27Le manque de moyens dont vous venez de parler,
06:29quelle leçon vous en tirez, vous ?
06:31Ben, il y a premièrement un manque de moyens
06:33et après, la deuxième chose, c'est que, en fait,
06:38alors, je ne vais peut-être pas me faire des amis,
06:39mais moi, je ne suis pas forcément
06:42pour le fonctionnariat à tout prix.
06:45Ce qui a bien marché aux Etats-Unis
06:46avant la nouvelle administration,
06:48c'est qu'il y avait énormément de moyens,
06:49mais il y avait aussi, comment dire,
06:51il y avait aussi une sélection drastique.
06:53Enfin, pas une sélection, mais plutôt
06:55une évaluation drastique.
06:56C'est-à-dire qu'il y avait beaucoup d'argent
06:57pour beaucoup de gens, mais il fallait vraiment
06:59faire ses preuves pour être dans les meilleures universités,
07:02dans les meilleurs hôpitaux,
07:02pour être au top de la science.
07:04En France, malheureusement, à cause de l'absence de moyens,
07:07on a décidé de préserver des emplois à long terme.
07:10Donc, ça a des avantages,
07:11parce que les gens peuvent faire leur étude
07:15sur un long terme.
07:16Mais le problème, c'est qu'en fait,
07:17il n'y a plus assez de concurrence.
07:20Donc, en fait, ils sont un peu dans une sorte de...
07:22Enfin, à mon avis...
07:22De routine ?
07:23De routine, un peu de ronronnement,
07:24et ils ne se remettent pas assez en question.
07:26Et pour moi, un des vrais problèmes
07:29qui a été vu pendant la pandémie,
07:31c'est qu'il y a eu un manque de prise de conscience,
07:34de pouvoir se remettre en question rapidement, justement.
07:36Quand une hypothèse était faite
07:37et qu'elle n'était pas correcte,
07:39en fait, les gens sont restés dans leur idée de départ,
07:42parce qu'ils avaient l'habitude
07:43de ne pas être remis en cause.
07:45Et si on continue,
07:47parce que ce qui est intéressant,
07:48c'est d'essayer de voir quelles leçons structurelles
07:50ont été ou pas, d'ailleurs, tirées,
07:54la coopération entre des entités publiques,
07:57des labos publics, des labos privés,
07:59ça a fonctionné ?
07:59Ça n'a pas fonctionné ?
08:00Qu'est-ce qu'on peut en dire ?
08:02Alors, déjà, il y a eu un énorme effort
08:06au niveau public,
08:07même de l'ANSM et des autorités de santé
08:09et des financeurs publics
08:11pour mettre en place énormément d'essais cliniques
08:14sur le Covid-19 de manière très rapide.
08:16Donc ça, il y a vraiment quelque chose qui s'est passé.
08:17Il y a eu aussi Avater et l'ANRS MIE.
08:23MIE, c'est pour Maladies Infectieuses Émergentes.
08:26C'est une cellule particulière de l'ANRS
08:29qui finance des projets,
08:31qui a lancé beaucoup d'appels d'offres
08:33pour avoir des projets de recherche clinique,
08:37que ce soit du privé ou du public.
08:39Donc de l'argent public
08:39qui irrigue la recherche privée ou publique.
08:42Donc ça, le système fonctionne bien.
08:44Après, ce qui n'a pas fonctionné, à mon avis,
08:47c'est que la sélection des projets
08:48n'a pas été très efficace.
08:50Oui, on y revient à ce côté
08:51peut-être pas assez exigeant ou élitiste
08:55dans la sélection.
08:56Oui, c'est un peu ça.
08:56Puis après, les gens se connaissent eux-mêmes.
08:58Et puis les gens qui font partie de l'ANRS MIE,
09:00eux-mêmes sont des chercheurs.
09:01Donc eux-mêmes, ils vont proposer un projet.
09:04Et donc, je ne dis pas
09:05qu'ils se sont donnés à eux-mêmes l'argent
09:08parce qu'il y a des malversations ou quoi que ce soit.
09:10Mais c'est parce que quand ils ont proposé un projet,
09:12quand on propose un projet,
09:13c'est qu'on pense que c'est le meilleur.
09:15Et donc, c'est normal qu'ils se soient un peu eux-mêmes
09:18autofinancés à ce niveau-là.
09:19Est-ce que, si on regarde ce qui s'est passé là
09:20avec les craintes autour de cet antavirus des Andes,
09:26il y a quand même eu une réactivité...
09:28Alors là, je parle des pouvoirs publics.
09:29Que ce soit en France ou même l'OMS,
09:31il y a eu une réactivité quand même plus importante.
09:33Là, on peut se dire
09:35qu'une leçon quand même a été tirée de la crise Covid.
09:37Oui, c'est vrai.
09:38Je pense qu'en effet, la réponse a été plus rapide et plus...
09:44Alors après, en termes de liberté publique,
09:45on peut dire que c'est un peu violent pour ceux qui ont été confinés,
09:48mais bon, c'était peut-être ça l'efficacité, quoi.
09:51Oui, parce que moi, au départ, j'ai eu tort, heureusement.
09:54J'étais un peu inquiet.
09:55Je me suis dit que c'est la même chose que pour le Covid.
09:57C'est-à-dire que si les personnes asymptomatiques
09:59ou qui n'ont pas beaucoup de symptômes sont contagieuses,
10:02on est très mal partis.
10:04Heureusement, ce n'est pas le cas.
10:05Et donc, finalement, ils ont bien géré cette crise-là pour le moment.
10:09Il y a une autre leçon, vous l'avez évoquée tout à l'heure,
10:12qui est quand même centrale.
10:13C'est que, qu'est-ce qui s'est passé pendant...
10:15Moi, je l'ai vécu de l'intérieur.
10:17J'étais sur une chaîne d'info à l'époque.
10:18Donc, on recevait des médecins à tour de bras.
10:21Et on a parfois laissé dire des erreurs, évidemment.
10:24Mais avec ce sentiment que la recherche scientifique,
10:28que ça se faisait en temps réel devant nous, journalistes,
10:31et donc devant les citoyens,
10:34ça a fragilisé la confiance en la science, d'après vous ?
10:38Malheureusement, oui.
10:40Je pense que c'est une opportunité manquée.
10:42C'est un peu vraiment le but de mon livre aussi.
10:44C'est d'essayer de redonner un peu de la confiance
10:45dans la recherche scientifique et dans la démarche scientifique, surtout.
10:49C'est que, en fait, les polémiques font partie de la science.
10:52C'est normal.
10:52Il y a des gens qui se fight, on va dire,
10:54qui se combattent pendant 20 ans sur un sujet,
10:56sur une molécule, machin.
10:58Ça fait partie de la recherche.
11:00Mais c'est vrai que le grand public n'est pas habitué à ça.
11:03Et pour eux, ça les a détournés, en fait,
11:06de ce travail-là,
11:07qui ont, en fait, un travail intellectuel.
11:09Et c'est normal qu'il y ait de la polémique
11:10et des interactions comme ça.
11:12Et donc, c'est vraiment...
11:13Il y a un autre élément qui fait que c'est vraiment
11:15une opportunité manquée.
11:17C'est qu'en fait, mine de rien,
11:18la recherche avec les vaccins ARN
11:21nous a sauvés en deux ans.
11:23Voilà.
11:24Oui, bien sûr.
11:25Et au lieu de féliciter les chercheurs
11:27et d'applaudir, finalement, ce qui a été bien fait,
11:30on n'a que des critiques.
11:31Et donc, en tant que chercheur, moi-même,
11:33c'est quand même dommage.
11:33Enfin, nous, on a bossé sur un projet
11:35pendant quatre ans
11:36qui a donné plutôt des résultats
11:37plutôt prometteurs.
11:38Bon, il n'a pas été utilisé, heureusement,
11:40parce qu'il n'y avait plus besoin.
11:41Mais on s'est donné à fond
11:43pour essayer de trouver une solution.
11:45Et en fait, tout ce qu'on a dans le public
11:46et sur les réseaux sociaux et autres,
11:48c'est des critiques sur...
11:50On est des menteurs,
11:51on ne sait pas ce qu'on dit,
11:52on ne sait pas ce qu'on fait,
11:53on est là pour avoir de l'argent.
11:55Alors, en fait, bon.
11:56Ça, c'est vraiment dommage.
11:57Une éducation scientifique à promouvoir aussi.
12:01Merci beaucoup, Serge Camelo.
12:03C'était passionnant.
12:04Votre roman, La guerre des trachées,
12:06est publié aux éditions L'Armatan.
12:09On passe tout de suite à notre rubrique
12:11Tous Lobbyistes, avec Luz Gramont
12:12et son invité, Claire Grelot,
12:13la présidente de La Belle Vie.
12:21Tous Lobbyistes, c'est notre rendez-vous mensuel
12:24pour comprendre comment entreprises, associations
12:27peuvent peser dans le débat public,
12:28améliorer nos lois, concilier leur développement
12:31et l'intérêt général.
12:33Et c'est Luz Gramont qui pilote cette séquence.
12:35Bonjour, bienvenue.
12:36Vous êtes la fondatrice de Green Lobby.
12:38À vos côtés, Claire Grelot.
12:39Bonjour.
12:40Bienvenue.
12:41Présidente de La Belle Vie.
12:42C'est quoi de La Belle Vie ?
12:44La Belle Vie, c'est une association
12:47qui accompagne à améliorer la qualité
12:49des lieux de vie
12:50et notamment le premier lieu de vie collectif
12:53que sont les crèches.
12:54Donc, on les accompagne à améliorer
12:56la qualité d'accueil des enfants,
12:57la qualité de vie des professionnels
12:59et à réduire leur impact sur l'environnement.
13:001200 établissements aujourd'hui
13:02dans notre réseau en France.
13:03Ok.
13:03Et on va rentrer dans le détail
13:05de ce que vous faites
13:05et comment vous faites évoluer justement
13:07ces crèches en quelques mots-gris de lobby,
13:10même si certains de nos téléspectateurs
13:11et téléspectatrices
13:12ont déjà vu la séquence.
13:14Green Lobby, c'est un cabinet d'affaires publiques
13:16qui accompagne exclusivement
13:17les acteurs de la transition écologique et sociale,
13:20donc associations, collectifs et entreprises.
13:22Et l'objectif de notre...
13:24On peut rappeler ça aussi
13:24de notre rendez-vous mensuel,
13:26c'est un peu de changer le regard
13:27sur le...
13:28Simplement, déjà, ce mot, lobbying ?
13:30Oui.
13:31Lobbing, c'est souvent un mot qui fait peur
13:34et puis on l'associe aux très grandes entreprises
13:36qui oeuvrent en sous-marin,
13:39souvent avec des moyens très importants.
13:43Mais en fait, aujourd'hui,
13:44le lobby ou les affaires institutionnelles,
13:46ça concerne les associations,
13:48les entreprises de toute taille
13:50à tout niveau de développement
13:52et ça permet, en fait,
13:55d'avoir des raccourcis
13:56pour avoir le soutien
13:59des politiques locales, nationales ou européennes.
14:03Et effectivement, on va vraiment...
14:04Votre exemple, il est passionnant
14:06parce que déjà, on peut comprendre
14:07ce que vous portez comme...
14:11Plus qu'un message, d'ailleurs,
14:12presque comme mission
14:13auprès des crèches
14:14et des lieux d'accueil de la petite enfance.
14:17C'est-à-dire que...
14:18Comment vous voulez les faire changer ?
14:20C'est quoi l'ADN ou le principe ?
14:22Alors, le principe, c'est que...
14:24Finalement, les professionnels
14:25de la petite enfance
14:26et les gestionnaires
14:27savent à peu près comment il faut...
14:28Nous, on est un peu chef d'orchestre
14:30et on fait émerger
14:31toutes leurs idées de transformation.
14:33On a un outil de diagnostic,
14:35on a des formations pour les accompagner,
14:37on a un réseau aussi,
14:38on les met en réseau
14:39et ils s'aident beaucoup entre pères.
14:41Et en fait, ils mettent en œuvre
14:42des idées qu'ils ont souvent
14:44et un plan d'action
14:45qu'on les aide à orchestrer.
14:47C'est beaucoup de petits gestes,
14:49c'est améliorer l'alimentation,
14:52baisser les polluants,
14:53remettre les enfants
14:54au contact de la nature
14:56et ça a des impacts
14:57absolument incroyables.
14:58Puisqu'on observe
15:00des baisses de consommation
15:01d'eau et d'énergie,
15:02mais aussi et surtout
15:05une amélioration
15:06de la santé des enfants.
15:06Alors, c'était là-dessus
15:07que j'allais vous interroger,
15:08c'est-à-dire que...
15:09J'imagine que vous l'avez modélisé,
15:11c'est-à-dire des résultats concrets
15:12sur, je ne sais pas,
15:12les maladies des enfants,
15:14leur absence, etc.
15:15C'est ça.
15:16En fait, ça fait plus de 10 ans
15:17qu'on suit ces établissements
15:19et on a des chiffres
15:20vraiment consolidés.
15:21Il y a une baisse
15:22de maladies des enfants,
15:23par exemple les bronchiolites,
15:24réduction de 24%.
15:26Dans les crèches
15:27qui appliquent
15:28un certain nombre
15:29de gestes.
15:30Donc, c'est des produits
15:31moins toxiques
15:31utilisés pour faire le ménage ?
15:33C'est quoi ?
15:33Oui, c'est beaucoup,
15:34beaucoup moins toxiques.
15:35C'est des pratiques
15:36d'aération,
15:37c'est une alimentation
15:39de meilleure qualité,
15:40c'est les enfants
15:41plus souvent dehors,
15:42au contact de la nature,
15:43avec des microbes sains.
15:45C'est aussi
15:45des professionnels
15:46plus heureux
15:46parce que des adultes
15:47moins stressés
15:48autour des enfants,
15:48c'est une santé globale
15:49meilleure.
15:50et une baisse
15:51des absences
15:52de professionnels.
15:52Donc, c'est quand même
15:53des milieux
15:54où c'est très tendu,
15:55où il y a beaucoup
15:56d'absences,
15:56et 34% de baisse
15:58d'absences
15:58des professionnels.
16:00En quoi une association
16:01comme La Belle Vie,
16:01pour vous,
16:02c'est emblématique ?
16:03C'est emblématique
16:04parce que La Belle Vie,
16:05c'est le prendre soin.
16:07En fait,
16:08dans une crèche,
16:09il y a tout un tas
16:09de décisions politiques.
16:11Ce qu'on donne
16:12à manger aux enfants,
16:13quels produits
16:14on utilise
16:14pour le ménage
16:15ou pour le mobilier,
16:17combien d'assistantes maternelles
16:20par enfant ?
16:22Est-ce qu'on est
16:23dans une crèche privée ?
16:24Comment on le finance ?
16:25Est-ce qu'on le finance
16:25par le privé
16:26ou par le public
16:29avec des cautions familiales,
16:31un système...
16:32Donc, tout ça,
16:32c'est des décisions
16:34éminemment politiques
16:35qui se prennent
16:36à l'échelle locale
16:36mais qui sont issues
16:38aussi de politiques nationales,
16:39de choix nationaux.
16:40Et le secteur
16:42a été traversé
16:44par une crise importante
16:45en 2023.
16:48Donc,
16:48Clair Grelot
16:49et Soudre d'Association
16:50étaient déjà
16:50très bien implantés
16:51dans le territoire
16:53et avaient déjà
16:55montré son efficacité.
16:57Et il y a un livre
16:58qui est sorti
16:58qui a dénoncé
16:59des problèmes
17:01qui s'appellent
17:02Les Ogres,
17:03qui a dénoncé
17:05des conditions de travail
17:07déplorables
17:08pour les encadrants
17:09avec des problèmes
17:12pour les enfants.
17:13Il y a eu même
17:13un mort.
17:14s'en est suivi
17:15une prise de conscience
17:16des autorités publiques
17:17qui ont lancé
17:18à la fois
17:18une commission d'enquête
17:20et un rapport
17:22de l'IGAS,
17:23l'Inspection Générale
17:24des Affaires Sociales
17:25qui avait été demandée
17:25par le ministre.
17:27Et c'est vrai
17:28que l'association
17:28de Clair
17:30a été à la fois
17:32une source
17:33d'apaisement
17:34et une source
17:35de solutions
17:36constructives
17:37pour améliorer
17:38en continu
17:40et revenir
17:41à une logique
17:42qui est moins
17:43quantitative,
17:44qui est moins
17:44de volume
17:46pour l'instant.
17:47Il y en a qui vont
17:47jusqu'à dire
17:48qu'on peut même
17:50se poser la question
17:51du modèle capitalistique
17:52dans les EHPAD
17:53ou dans les crèches.
17:55Ça fait partie,
17:56ça a été mis
17:57dans le débat public
17:57par un certain nombre
17:58de personnalités.
17:59Je vous redonne la parole
18:00dans un instant,
18:01Luce,
18:01mais peut-être
18:02avant de parler
18:03du levier
18:04des affaires institutionnelles,
18:05ce que vous avez pu
18:06éventuellement
18:07ou ce que vous souhaitez
18:07faire changer.
18:09Ça passe par quoi
18:09l'amélioration ?
18:10Par des labels ?
18:11Vous avez créé des labels ?
18:12Ça s'appelle
18:12LabelVie.
18:13Oui, mais avant Label,
18:14il y a démarche,
18:15il y a engagement,
18:16il y a progrès continu,
18:18il y a mobilisation,
18:19il y a montée en compétence
18:20des professionnels aussi.
18:22On redonne le pouvoir
18:23en fait aux professionnels
18:24sur des sujets
18:25comme de prendre soin,
18:27la pédagogie.
18:29La plupart des professionnels
18:30sont convaincus
18:30que l'enfant a besoin
18:31de nature
18:32et pour autant,
18:33il y a beaucoup
18:33de freins à ça.
18:34On leur redonne
18:35les clés
18:36pour...
18:37Et ensuite,
18:38il faut quand même
18:39des métriques,
18:40c'est-à-dire,
18:40il faut quand même
18:40mettre des actions
18:42dans des cases
18:42et voir où on progresse,
18:43donc un label ?
18:44Alors, c'est-à-dire que
18:45nous, pour savoir
18:47comment on avance,
18:48c'est bien de faire
18:48un diagnostic initial,
18:49c'est un outil qu'on a,
18:50donc on a un outil
18:51de diagnostic
18:52avec 500 questions quand même,
18:53donc ça en fait des métriques.
18:55Mais on ne les suit pas
18:56tous à la lettre,
18:57ils servent avant tout
18:58pour mobiliser les équipes
19:00et leur donner
19:00un peu d'indications
19:01de là où ils ont progressé,
19:03ça les valorise.
19:04et on a créé
19:05un label
19:06à la demande
19:07des premiers professionnels
19:08qui sont engagés
19:09justement pour les valoriser
19:10parce que ce sont des métiers
19:11qui ne sont pas assez valorisés
19:12et la remise
19:13du label
19:14Écolo-Crèche
19:15ou Label Vie,
19:15ce n'est pas les Oscars
19:17mais ça quand même
19:18ça leur fait chaud au cœur.
19:19Bien sûr.
19:20Alors quelles actions
19:22vous avez menées,
19:23vous menées
19:24auprès justement des,
19:25alors ça peut être
19:26des législateurs,
19:27ça peut être des maires,
19:29pour faire avancer finalement
19:30ces bonnes pratiques
19:31et les généraliser ?
19:33L'association Label Vie
19:35a d'abord obtenu
19:36des financements
19:37de la part de la CAF
19:39et puis des financements
19:40dédiés pour le bio,
19:42les rénovations
19:42et puis à partir du moment
19:44le sujet est tellement monté,
19:46la solution était tellement
19:47intelligente, progressive
19:50et adaptée aux besoins
19:52que la CAF nationale
19:54en a fait une de ses priorités.
19:56Donc ça, c'était un atout
19:58dans ces investissements
20:00pluriannuels
20:01de faire un bonus
20:05pour les crèches
20:06qui se lançaient là-dedans.
20:08Ensuite, là,
20:09on vient d'avoir
20:10de nouveaux acteurs
20:11au niveau municipal.
20:12Ah oui, il y a eu
20:13des élections il y a deux mois.
20:14Voilà.
20:16Donc avec succès,
20:18il y a toute une démarche
20:20de massification
20:21pour aller voir les élus
20:22et pas...
20:22C'est le bon moment, quoi.
20:23C'est vraiment le bon moment,
20:25effectivement,
20:26et de ne pas s'épuiser
20:27à aller voir
20:27chaque directrice
20:28de crèches
20:30qui, elles-mêmes,
20:31sont dans des contraintes
20:32d'un turnover
20:34extrêmement important,
20:35sont mis sous tension
20:36parce qu'il faut bien dire
20:38que des crèches,
20:38il faut en ouvrir.
20:40C'est important
20:40pour l'égalité hommes-femmes.
20:42Donc on est plutôt
20:43sur un objectif
20:44de volume,
20:45de répondre à la demande,
20:47de combler les déficits,
20:49là où il faudrait aussi
20:51avoir la qualité
20:53au cœur
20:54et conditionner la qualité
20:56aux investissements.
20:58Et c'est ce que Claire
21:00a obtenu
21:00avec son association.
21:02D'accord.
21:03à la CAF,
21:04avec les institutionnels,
21:06la CAF nationale,
21:07et d'autre part
21:08auprès de parlementaires,
21:10voilà,
21:11pas plus tard
21:11que la semaine dernière.
21:13Grazie Lemaikor,
21:14qui est une députée
21:16avec laquelle
21:16La Belle Vie
21:17a co-construit
21:19une proposition de loi
21:21sur la nature dehors.
21:22C'est vrai que c'est
21:23un sujet extrêmement important
21:25en termes de santé
21:26pour les enfants.
21:27Et donc, voilà,
21:27c'est le genre
21:28de vertical
21:29ou de sujet
21:30que La Belle Vie
21:30fait avancer.
21:31Est-ce que la CAF nationale
21:33est venue vers vous ?
21:34Non.
21:35C'est vous qui avez dû la...
21:36Ah oui, oui.
21:37Ça marche bien
21:38dans ce sens-là.
21:39Et avec ténacité,
21:39ça a mis du temps.
21:40Il faut y aller plusieurs fois.
21:41Il faut y aller plusieurs fois,
21:42il faut y aller longtemps.
21:43Parce qu'effectivement,
21:45je pense qu'on est nombreux
21:46à solliciter.
21:47Il a fallu montrer
21:48pas de blanche.
21:49Et effectivement,
21:49c'est à la lecture
21:50des résultats,
21:51des preuves.
21:52Bon, ça,
21:52c'est plutôt rassurant.
21:53On peut dire
21:53que l'argent public,
21:54on ne le diffuse pas
21:55et on ne le dispose pas
21:56n'importe comment.
21:57Ensuite,
21:58alors,
21:58jusqu'où vous voulez
21:59ou vous espérez
22:00aller plus loin maintenant ?
22:02L'idée,
22:03c'est aujourd'hui,
22:05les crèches en France
22:06sont très financées
22:07par l'État.
22:07Et notre objectif,
22:08c'est qu'elles soient
22:09financées par l'État
22:10sous condition de qualité,
22:12de démarche qualité.
22:13Et on veut inspirer
22:14parce que souvent,
22:15quand on parle de qualité,
22:16on pense à certaines choses
22:17et pas toujours à tout.
22:19Voilà,
22:20on veut qu'il n'y ait pas
22:20de produits toxiques
22:21dans les crèches.
22:22On veut que les enfants
22:22aient un accès à la nature.
22:24On veut que l'alimentation
22:25soit de meilleure qualité.
22:26On veut que les professionnels
22:27aient du temps
22:28pour s'occuper mieux
22:29des enfants.
22:30Donc ça,
22:30c'est les quatre grands piliers.
22:32Donc conditionner
22:35le financement
22:35à ces critères-là.
22:37À des engagements forts
22:38de la part des gestionnaires.
22:40Alors,
22:40c'est vrai que dans un moment
22:42où on est là
22:42pour créer des places de crèches
22:44un peu coûte que coûte,
22:46peut-être que là,
22:47le temps,
22:47on est dans une deuxième période
22:49de la création
22:50de places de crèches
22:51et qu'on va chercher
22:52à créer des places
22:53de meilleure qualité.
22:54C'est un bonus ?
22:56C'est ça le bonus ?
22:57il existe déjà un bonus.
22:59C'est combien ça ?
23:00Alors,
23:00c'est des bonus
23:01par place de crèche
23:02quand une crèche est créée.
23:03Si elle a un label qualité
23:05comme le nôtre,
23:06il n'y a pas que le nôtre
23:06parce qu'on n'a pas œuvré
23:08que pour notre paroisse.
23:09Mais c'est pour les démarches
23:11en général.
23:12C'est des bonus
23:12de 3 000 euros
23:13par place de crèche
23:14en création.
23:15Donc,
23:16c'est important.
23:16ça permet de faire
23:18des améliorations
23:19de bâtis
23:19très importantes.
23:20Et alors,
23:21cet objectif-là
23:23qui est un objectif
23:24encore plus ambitieux,
23:25quel levier il faut activer
23:26ou quel levier
23:26vous êtes en train
23:27d'activer pour l'obtenir ?
23:29L'idée,
23:29c'est d'en faire
23:30un sujet
23:31pour les présidentielles.
23:33On a un an pour ça
23:34et de créer effectivement
23:35cette idée
23:35de service public
23:36de la petite enfance
23:38avec un bonus
23:38malus
23:41et de garantir,
23:44enfin de conditionner
23:45une démarche de progrès.
23:46Ce qui est intelligent,
23:47c'est qu'effectivement,
23:48il n'y a pas de culpabilisation.
23:50On est piégé
23:51dans un système
23:52et on veut
23:53desserrer
23:54cet étau
23:55pour que
23:56les publics fragiles,
23:57donc ça concerne
23:58la petite enfance
23:58mais aussi
23:59les seniors
24:01qui ont,
24:02voilà,
24:02les établissements
24:03ont exactement
24:04la même problématique,
24:05en faire un sujet
24:06prioritaire.
24:07Ça veut dire
24:08construire
24:08du rapport de force
24:09avec des institutionnels,
24:11avec des élus
24:12et avec des candidats
24:14à la présidentielle
24:14qui effectivement
24:16écoutent
24:17les citoyens.
24:18Tout le monde
24:19a dans son entourage
24:20un jeune enfant
24:22qu'il est urgent
24:23de protéger
24:24des produits toxiques,
24:25des grandes chaleurs
24:27et un aîné
24:29auquel il est important
24:31de répondre.
24:33Est-ce que,
24:33pardon de vous interrompre,
24:34c'est encore
24:35un enjeu d'avenir,
24:36ma question
24:37elle est volontairement
24:38un peu provoquée,
24:38mais alors que
24:39la démographie est en baisse
24:40et que donc
24:41il y aura de moins en moins
24:41d'enfants
24:42à accueillir dans les crèches ?
24:43Oui, moins en moins d'enfants
24:44ça ne veut pas dire
24:44qu'il faut maltraiter
24:45ceux qui restent.
24:46Ah ça, on est bien d'accord.
24:47Voilà, donc c'est pas
24:48parce que la démographie
24:49est en train d'infléchir
24:50que non, oui, je vois bien
24:52mais justement
24:53on va avoir moins de pression
24:54pour créer des places
24:55donc tant qu'à faire
24:56faisons en sorte
24:56que ceux qui sont accueillis
24:57soient dans
24:58d'excellentes conditions.
24:59Merci beaucoup
25:00Merci à toutes les deux
25:02d'être venus nous présenter
25:03voilà les progrès
25:04déjà effectués
25:04grâce à vos labels
25:06et à ceux
25:07d'autres associations
25:08et en espérant
25:09le message est passé
25:10que les candidats
25:11à la présidentielle
25:11vont s'en emparer
25:12à très bientôt
25:12sur ce plateau
25:14on passe au grand entretien
25:15de ce Smart Impact
25:16avec Isabelle Giordano
25:17la déléguée générale
25:18de la fondation
25:19BNP Paribas
25:27Smart Ideas
25:27avec Cherine Tavissouk
25:29bonjour
25:29bonjour
25:29bienvenue
25:30vous êtes la cofondatrice
25:31du Papondu
25:32vous l'aviez créé en 2020
25:34avec Philippine Soulaire
25:35d'ailleurs vous étiez venue
25:36en parler dans notre émission
25:39si je me souviens bien
25:39vous terminiez vos études
25:41c'est ça ?
25:41Tout à fait
25:41alors c'est quoi votre formation
25:43à toutes les deux ?
25:43Alors on est toutes les deux
25:44ingénieurs en biologie
25:45et on s'est lancé
25:46dans le Papondu
25:47avec la volonté
25:47de proposer des alternatives
25:49végétales à l'oeuf
25:50qui permettent
25:50de remplacer les oeufs
25:51dans toutes les recettes
25:52pour les professionnels
25:53et les particuliers
25:54Donc alternative végétale
25:56on comprend le principe
25:57c'est quoi ?
25:58Alors ce sont des produits
25:59qui sont prêts à l'emploi
26:00qui vont reproduire
26:01les qualités techniques
26:03nutritionnelles
26:03et aussi gustatives
26:04de l'oeuf
26:05donc aujourd'hui
26:06on a une gamme de produits
26:07qui sont des alternatives végétales
26:08à l'oeuf battu
26:08donc qui permettent
26:09d'être cuisinés
26:10en omelette
26:11en oeuf brouillé
26:11ou dans les recettes
26:12sucré et salé
26:13Alors j'imagine
26:14ça a demandé pas mal
26:15de recherches scientifiques
26:17d'itération peut-être aussi
26:19sur la texture
26:19le goût
26:20comment vous avez avancé ?
26:21Oui tout à fait
26:22ça a été trois années
26:23de recherche et développement
26:24donc plusieurs années
26:25qui ont permis
26:26d'aboutir à une formule
26:28qui suivait
26:29notre cahier des charges
26:30on voulait absolument
26:31pouvoir proposer
26:32une solution
26:32qui n'intègre
26:34que des ingrédients
26:34d'origine naturelle
26:35pas d'allergènes
26:36comme on s'adresse
26:37aux personnes allergiques
26:38qu'aux oeufs
26:38on voulait éviter
26:39des allergies croisées
26:40et également
26:41avec un bon impact
26:41sur l'environnement
26:42donc une fois
26:43qu'on avait choisi
26:44nos matières premières
26:45notre packaging
26:46nos différents partenaires
26:47et aussi notre procédé
26:48de fabrication
26:49on avait réalisé
26:50un audit de notre empreinte carbone
26:52et au résultat
26:53on réduit de 64%
26:54l'empreinte carbone
26:55par rapport aux oeufs traditionnels
26:56ça c'est déjà
26:57un très bon argument
26:58il y a une matière
26:59première végétale
27:01prioritaire
27:02en quelque sorte
27:02notre ingrédient principal
27:04c'est une légumineuse
27:05qui s'appelle la févrole
27:07c'est de la même famille
27:08que les fèves
27:08et c'est ce qui nous permet
27:10dans nos produits
27:10d'avoir à la fois
27:11la richesse protéique
27:13donc des bonnes valeurs nutritionnelles
27:14et également d'apporter
27:15toutes les différentes
27:16qualités techniques de l'oeuf
27:17donc par exemple
27:18le coagulant
27:19le liant
27:20le texturant
27:21dans les recettes
27:21et également le foisonnant
27:23donc ça couplait
27:24avec une fibre végétale
27:25qui sont vos clients
27:26alors aujourd'hui
27:27nos clients sont
27:28pour la grande majorité
27:29les professionnels
27:30de la restauration
27:31et également les particuliers
27:32donc nos produits
27:33sont disponibles
27:34auprès des grossistes
27:35également sur notre site internet
27:36ou bien via des distributeurs
27:38dans toute la France
27:39et les professionnels
27:40de la restauration
27:41pourquoi cherchent-ils
27:42une alternative ?
27:43parce qu'ils veulent
27:44proposer des menus
27:46véganes
27:46à leurs clients
27:48comment vous l'expliquez ?
27:50oui exactement
27:50alors pour les professionnels
27:51de la restauration
27:52ce sont surtout
27:52à la fois proposer
27:54des options véganes
27:55pour leurs clients
27:56pouvoir aussi proposer
27:57des innovations
27:58des nouveautés
27:59à leur carte
27:59ou bien également
28:01certains ont des objectifs
28:02de réduction
28:02d'empreintes carbone
28:03et nos produits
28:04leur permettent
28:05d'être une solution
28:06pour pouvoir atteindre
28:07ces objectifs
28:07est-ce que
28:09j'imagine
28:10moi je ne cuisine pas
28:11donc c'est vraiment
28:11je fais preuve
28:12de beaucoup d'imagination
28:13mais le cuisinier
28:14dans un restaurant
28:16il récupère
28:17les produits pas pondus
28:18est-ce qu'il doit changer
28:20sa façon de travailler
28:21ou pas du tout ?
28:22alors l'objectif
28:22c'est que le professionnel
28:23ou même le particulier
28:24n'est pas besoin
28:25de changer
28:27sa façon de cuisiner
28:28notamment pour pouvoir
28:29faciliter cette végétalisation
28:30des recettes
28:31donc on a deux formats
28:33de produits
28:33qui sont différents
28:34donc il y a un format
28:35qui va être format poche
28:36donc plutôt format vrac
28:37on va dire
28:38pour les professionnels
28:39de la restauration
28:40donc de 1 kg
28:41alors c'est surgelé
28:42comme il n'y a pas
28:42de conservateur
28:43donc il y a quand même
28:43l'étape de décongélation
28:45en revanche ensuite
28:46il obtient un produit
28:47qui va être l'équivalent
28:48de l'oeuf antiliquide
28:50qui peut cuisiner
28:51ensuite dans les recettes
28:52avec une équivalence
28:5450 g de produit
28:56égale l'équivalent
28:57d'un oeuf
28:57et on a un deuxième
28:58format de produit
28:59qui va être plus simple
29:00finalement aussi d'utilisation
29:01qui va être un format
29:02plutôt proportionné
29:03donc c'est un sachet
29:04de 20 palais
29:05donc on a élaboré
29:07des petits palais
29:07un palais
29:08est l'équivalent d'un oeuf
29:09donc par exemple
29:09si on veut réaliser
29:10un gâteau
29:10qui nécessite 3 oeufs
29:12on peut remplacer
29:123 oeufs par 3 palais
29:13qu'on va soit décongeler
29:15pour faire la recette
29:16ou soit bien
29:17la cure en noblesse
29:18alors si on se projette
29:19dans l'avenir
29:20de pas pondu
29:20il faut se projeter
29:21dans l'avenir
29:22de l'alimentation
29:23végane ou végétale
29:25que disent
29:25les études
29:28sociologiques
29:28là-dessus
29:29il y a une demande
29:29forcément progressive
29:31alors oui
29:31on constate
29:32de plus en plus
29:33de demandes
29:34sur des alternatives
29:35végétales
29:36notamment pour
29:37plusieurs raisons
29:37à la fois pour
29:38des raisons de santé
29:39où il est prouvé
29:40que diminuer
29:41sa consommation
29:42de protéines animales
29:43permet d'avoir
29:44une meilleure santé
29:45et réduit le risque
29:46de maladies cardiovasculaires
29:48par exemple
29:49également pour avoir
29:50un bon impact
29:51sur l'environnement
29:51parce qu'aujourd'hui
29:52pour améliorer
29:54l'impact environnemental
29:55ça passe par
29:56plusieurs choix
29:57au quotidien
29:58et ça peut être
29:58par l'alimentation
29:59ou bien aussi
30:00également
30:01on a de plus en plus
30:02de demandes
30:02que ce soit
30:03de la part
30:04des professionnels
30:04de la restauration
30:05ou bien même
30:05maintenant
30:06des chaînes d'hôtellerie
30:07et même des industriels
30:08de l'agroalimentaire
30:08notamment via
30:10différentes crises
30:12sur la stabilité
30:13de l'oeuf
30:14avec les pénuries
30:15d'oeufs
30:15les grippes aviaires
30:16donc aujourd'hui
30:16de plus en plus
30:17de personnes
30:17recherchent des solutions
30:18pour pallier à ça
30:19Merci beaucoup
30:20Chériine Tavissouk
30:21et bon vent
30:21à pas pondu
30:22Voilà c'est la fin
30:23de ce Smart Impact
30:25Merci à Nathalie Croizet
30:27à la coordinatrice éditoriale
30:28Alexis Mathieu
30:29à la production
30:30Angèle Jean-Girard
30:31le réalisateur
30:32et Alexis Oustava-Pizzi
30:34au son
30:35Belle journée
30:36Salut
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