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Mercredi 3 juin 2026, retrouvez Nicolas Rochon (fondateur et président, Rgreen Invest) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.
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00:01Musique
00:10Le dernier quart d'heure de SmartBourse, chaque soir, c'est le quart d'heure thématique.
00:13Le thème ce soir, c'est celui des infrastructures dédiées aux enjeux environnementaux, écologiques.
00:21Ça, c'est la manière de voir les choses il y a quelques années.
00:24Maintenant, on parle évidemment d'autonomie stratégique, d'infrastructures critiques et donc de souveraineté.
00:30Parce que oui, la transition écologique, environnementale est devenue une transition stratégique pour l'Europe.
00:36Notamment, nous en parlons avec le fondateur et directeur de Air Green Invest, Nicolas Rochon, qui est à mes côtés
00:41en plateau.
00:41Bonsoir et bienvenue Nicolas.
00:42Merci d'être avec nous, société de gestion dédiée aux infrastructures fondées en 2010.
00:48Qu'est-ce qui vous caractérise rapidement dans l'univers des actifs privés au sens large,
00:52mais dans ce monde des infrastructures qui est pour le coup une vraie force européenne et française ?
00:58Ou en tout cas, un vrai savoir-faire européen et français, Nicolas ?
01:01Un vrai savoir-faire européen et surtout français, l'infrastructure.
01:06La spécificité d'Air Green, c'est notre expertise dans l'énergie et la transition énergétique au sens large.
01:11Et oui, qui va au-delà de la transition environnementale.
01:14Ça, vous le voyez en temps réel depuis quelques années maintenant.
01:18C'est ce qu'on raconte, il y a plein de points de rupture ou de changement.
01:23Covid en a été un, l'Ukraine bien sûr, les séries de chocs qui s'accumulent depuis jusqu'à la
01:30crise du Golfe,
01:30en passant par les tensions commerciales, la guerre technologique, etc.
01:35Oui, l'enjeu de souveraineté est en train de tout emporter sur son passage.
01:39Vous le vivez au quotidien dans votre univers ?
01:41On est en live. C'est un très long chemin. L'énergie, ce n'est pas quelque chose qu'on
01:47traite à la petite semaine.
01:49J'ai commencé dans le secteur de l'investissement de la transition énergétique en 2004.
01:55C'était un projet pour sauver la planète, la transition énergétique.
02:00Et heureusement qu'il y a eu une conscience environnementale qui a permis d'amorcer des financements,
02:04qui ont permis aujourd'hui d'en faire une solution crédible pour une vraie transition énergétique.
02:10Compétitive, qui va offrir des solutions pour les entreprises,
02:15en sécurisant des électrons à des prix compétitifs.
02:18Il n'y a pas d'industrialisation sans un prix de l'énergie compétitif.
02:23Il n'y a pas de développement économique sans offrir des solutions pour le pouvoir d'achat des populations.
02:30Et l'énergie renouvelable aujourd'hui en est une solution.
02:34Et enfin, nos États ne peuvent plus supporter la facture et ne peuvent plus subventionner.
02:40Et on est à ce point d'équilibre où le contexte mondial nous oblige en Europe à de la souveraineté,
02:49à de l'indépendance, à une réaction.
02:50Et on est en même temps à ce carrefour de la maturité sur l'énergie,
02:55en passant d'un monde subventionné à une vraie réalité économique.
02:57C'est ça. Vous dites que la souveraineté, ce n'est pas de l'irrationnel.
03:01C'est au contraire le retour d'une forme de rationalité économique dans ses investissements, Nicolas.
03:07Exactement. On ne peut pas vivre juste dans l'ambition de sauver le climat.
03:15Et aujourd'hui, pour l'Europe, qui n'a pas la chance comme notamment les États-Unis,
03:23ou la Russie ou le Moyen-Orient, d'avoir des ressources énergétiques,
03:29on est obligé de développer nos propres infrastructures.
03:32Pour qu'elles soient souveraines, il nous faut absolument développer des solutions bas carbone.
03:38Le renouvelable, c'est classique.
03:39On a le solaire, l'éolien, mais vous avez beaucoup d'autres solutions.
03:42Dans le sous-sol, vous avez la géothermie, qui est quelque chose d'extrêmement intéressant.
03:46Pour les molécules vertes, vous avez le biométal, qui visiblement se développe fort.
03:50On pourra en parler plus spécifiquement, mais qui connaît visiblement une croissance assez importante.
03:54Très forte croissance, qui fait une connexion entre le monde agricole, le monde du déchet et l'énergie.
03:59Et puis, vous avez bien sûr, historiquement, un savoir-faire dans le nucléaire français,
04:04qui nous a permis aujourd'hui de pouvoir gérer cette transition sereinement,
04:09avec un prix de l'énergie et de l'électricité qui est compétitif.
04:13Donc, on est à un carrefour, à une accélération massive.
04:16Ce qui a été fait les 20 dernières années a été très utile,
04:21mais permet surtout aujourd'hui à l'Europe d'avoir des solutions concrètes
04:26et des solutions non subventionnées.
04:29Et c'est une boîte à outils de solutions.
04:31Est-ce qu'il y a quand même des tendances communes, fortes, que vous observez sur le territoire européen ?
04:37On parle souvent d'Europe à plusieurs vitesses, quel que soit le domaine d'ailleurs,
04:41avec des cas un peu spécifiques dans chacune des régions, des zones ou des pays qui composent l'Europe.
04:47Et je crois que pour l'énergie, c'est assez vrai.
04:49Le nucléaire en France, le renouvelable en Allemagne,
04:52les panneaux solaires peut-être un peu trop d'ailleurs en Espagne.
04:55Enfin, chacun a fait ses choix en fonction de ses forces, de ses faiblesses.
05:00Est-ce que ça donne une cohérence quand même à l'ensemble ?
05:03Ça, c'est pour le plan, la dimension un peu politique du sujet.
05:06Et pour l'investisseur, qu'est-ce que ça implique ?
05:08Alors, on est au cœur de la problématique.
05:11On parle d'Europe, mais en fait, il y a plusieurs Europes.
05:14Et sur les 25 pays qui vont les composer,
05:17il n'y en a pas un qui a les mêmes avantages, la même histoire énergétique.
05:21Et c'est ça le sujet.
05:23On est aujourd'hui face à des puissances très fortes,
05:26comme la Chine et les États-Unis,
05:28qui, eux, ont un programme et une politique énergétique sur le très long terme.
05:32Et ils s'en servent comme un atout de politique extérieure.
05:35Aujourd'hui, nous, on a été dans la réaction.
05:37On a été dans des investissements pas forcément structurés.
05:42L'enjeu des 30 prochaines années,
05:44c'est d'arriver à avoir une politique commune sur l'énergie,
05:47avec des solutions qui seront très différentes
05:51pour des pays comme les pays nordiques ou la France.
05:55Donc, ce n'est pas le one-size-fits-all ?
05:57Absolument pas.
05:57C'est ça.
05:57Parce que la France et les pays nordiques,
05:59ils ont des coûts de l'énergie qui sont faibles, de l'électricité,
06:03grâce à l'hydroélectricité au nucléaire, notamment.
06:07Et donc, déjà, une solution bas carbone.
06:09En face, vous avez les Polonais,
06:12vous avez les Roumains de main, les Bulgares,
06:14qui, eux, sont très dépendants, notamment du gaz,
06:17qui ont des énergies fossiles qui pèsent
06:20et qui ont un prix de l'énergie qui est beaucoup plus élevé.
06:23Les Allemands, qui ont fait un choix très fort en sortant du nucléaire
06:27et qui, aujourd'hui, se retrouvent dans une dépendance très forte par rapport au gaz.
06:31Et donc, on doit essayer de combiner une politique
06:34pour rassembler les forces avec deux axes.
06:40Certains doivent rattraper sur la partie de la production.
06:43Production, donc, ça va être le renouvelable très fort
06:45dans des pays qui sont carbonés avec des prix de l'énergie élevés.
06:48Donc, il y a des solutions de production couplées à du stockage.
06:50Et puis, ceux qui ont déjà une électricité compétitive,
06:53ils peuvent accélérer de façon massive sur l'électrification des usages.
06:57Et on l'a vu notamment à l'Élysée la semaine dernière avec ce plan d'électrification.
07:01Pour l'investisseur, qu'est-ce que ça implique ?
07:03J'ai autant de cas, autant d'opportunités
07:05ou quand même d'avoir un cadre, une politique un peu plus unie,
07:09c'est aussi puissant pour l'investisseur ?
07:12Pour l'investisseur, ce qu'il faut aujourd'hui, plus que jamais,
07:15c'est être un expert.
07:16Parce que c'est extrêmement compliqué d'aborder les spécificités
07:22de chaque zone géographique et de chaque technologie.
07:25Et deuxièmement, il ne faut pas avoir d'idéologie.
07:27On est là pour travailler un sujet, la transition énergétique,
07:30qui peut déclencher des passions.
07:33Parce que bien sûr, on touche à l'avenir de nos enfants,
07:36sur le climat, le réchauffement climatique.
07:37Mais avant tout, si on veut que ça soit un succès,
07:39il faut que ça soit une solution pour le pouvoir d'achat,
07:41pour les entreprises, et que ça ne pèse pas sur l'économie.
07:44Donc il faut être très pragmatique dans nos choix.
07:46Et chez Airgreen, le choix qui est fait,
07:49c'est de toujours privilégier des solutions qui peuvent être à l'échelle
07:52et qui répondent durablement à des solutions compétitives.
07:56D'accord.
07:56Et concrètement, qu'est-ce que ça veut dire ?
07:59C'est quoi les expertises fortes dans ce monde de l'énergie
08:03que vous avez pu développer en 15 ans maintenant,
08:05chez Airgreen, Nicolas ?
08:07En 15 ans, on a réussi à créer et à accompagner
08:12le leader français et finlandais du stockage d'énergie.
08:16Le stockage d'énergie, c'est la clé d'une transition énergétique.
08:19On ne peut pas développer du renouvelable
08:20si on n'est pas capable de maîtriser sa production,
08:22parce que sinon, ça ne sert à rien de produire
08:24quand on n'a pas besoin d'énergie.
08:25Quand on soulève le bouton, il faut avoir de l'électricité.
08:27Donc le stockage est la clé.
08:29On a été les premiers à investir dans ce sujet-là dès 2015.
08:32Aujourd'hui, avec la société NW Storm,
08:34dont on est l'actionnaire principal,
08:37on est les leaders.
08:39Et c'est un marché qui est en très, très, très, très forte accélération.
08:43Dans le même temps, on a fait un choix différent en Italie,
08:48parce que pas la même maturité, une très forte dépendance au gaz.
08:51On est les leaders indépendants sur le biométhane,
08:53avec la société Belle Énergie, qui s'est développée,
08:56avec des entrepreneurs français d'ailleurs,
09:00avec une très forte expertise dans le recyclage et le déchet historiquement,
09:03et qui ont fait ce pas vers la gestion des déchets
09:06et l'optimisation via le biométhane.
09:09Et dans le même temps, en Europe de l'Est,
09:11on est les leaders en Europe de l'Est
09:12dans la production et le stockage d'énergie,
09:14puisqu'on est capable de produire et de stocker
09:16de l'énergie solaire couplée avec de l'éolien
09:19à 45 euros en moyenne,
09:21quand on la vend, plutôt entre 80 et 120 euros.
09:23C'est ça une transition énergétique compétitive.
09:25C'est une transition énergétique qui réfléchit au territoire,
09:29avec ses forces et faiblesses,
09:30mais qui en même temps offre une solution pour le pouvoir d'achat
09:35des différents pays.
09:36La demande pour l'infrastructure,
09:38vous la voyez grandir, c'est dynamique.
09:41Là aussi, on voit ça en temps réel,
09:43vous le voyez, vous, depuis le terrain en temps réel.
09:46Il y a un vrai savoir-faire français.
09:48Oui, les levées de fonds sont plus faciles, plus évidentes.
09:52Est-ce que c'est un bassin de partenaires plus large ?
09:54Est-ce que les gens du monde entier
09:56cherchent à profiter de ce savoir-faire en infrastructure,
09:59en France et en Europe, Nicolas ?
10:01Le savoir-faire français et européen dans l'infrastructure,
10:04il est vraiment recherché.
10:05On voit aussi beaucoup d'investisseurs entre Atlantique
10:09qui veulent investir en Europe,
10:10et la classe d'infrastructure énergétique est vraiment privilégiée.
10:14C'est la bonne porte d'entrée pour eux ?
10:16C'est une très forte porte d'entrée,
10:17parce que finalement,
10:18quels sont les enjeux principaux pour l'Europe ?
10:20La défense ?
10:22L'énergie ?
10:23C'est ça les deux sujets.
10:24Et bien sûr, le troisième,
10:27c'est la transition...
10:28Le digital ?
10:29Le digital.
10:30Oui, c'est ça.
10:30Mais il n'y a pas de transition digitale
10:31sans un prix de l'électron compétitif.
10:33On ne transforme pas...
10:34On transforme de l'électricité en intelligence,
10:36c'est Arthur Mensch qui le dit.
10:37Il a la formule et...
10:39Ce sont les tokens,
10:41c'est un prix de l'électron.
10:42Et quand on a compris ça,
10:44on a compris qu'on est face
10:46à un enjeu majeur dans les prochaines années
10:48pour l'Europe,
10:49et on a les atouts,
10:51parce qu'on a été pionnier sur le nucléaire,
10:53on a financé les énergies renouvelables
10:55au tout départ.
10:57Le point, aujourd'hui,
10:59qui va nous faire basculer
11:01du territoire positif au territoire négatif,
11:03ça va être la capacité
11:06des pouvoirs publics
11:07de ne pas ralentir ce mouvement
11:09par des délais de développement,
11:12des contraintes administratives.
11:13L'argent, il est là.
11:15La rentabilité, elle est là.
11:17Il nous faut maintenant pouvoir accélérer
11:19et passer à l'échelle.
11:19Et vous sentez un bouger
11:20de ce point de vue-là ou pas, Nicolas ?
11:22Vous sentez un bouger
11:23de ce point de vue-là ?
11:24Dans le mindset,
11:25l'état d'esprit des autorités ?
11:27Je ne veux pas vous mettre en porte-à-faux.
11:29On sent qu'ils ont pris conscience
11:31qu'il n'y avait pas le choix.
11:32La problématique, c'est la mise en place.
11:35Quand on veut simplifier,
11:36souvent on complexifie.
11:37Mario Draghi nous le répète régulièrement,
11:40paraît-il.
11:40Merci beaucoup, Nicolas.
11:41Merci d'avoir été avec nous
11:42pour nous éclairer
11:43sur les enjeux
11:44en matière d'infrastructure
11:45et cette dimension stratégique
11:47désormais
11:47que revêt l'énergie
11:49et la transition énergétique
11:51pour le continent européen.
11:53Nicolas Rochon, fondateur de Air Green Invest,
11:55est l'invité de ce dernier quart d'heure
11:57de Smart Bourse ce soir.
11:58Sous-titrage Société Radio-Canada
12:04Sous-titrage Société Radio-Canada
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