- il y a 4 heures
Assurer un air sain, du mobilier de qualité, un contact avec la nature, un nombre d’encadrants suffisants… Ce sont des éléments essentiels pour assurer un accueil de qualité dans les crèches. L’association Label Vie accompagne leurs dirigeants pour leur permettre de relever ces défis. L’organisation agit aussi auprès des pouvoirs publics pour généraliser les bonnes pratiques.
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00:06Tous lobbyistes, c'est notre rendez-vous
00:08mensuel pour comprendre comment
00:09entreprises, associations peuvent peser
00:12dans le débat public, améliorer
00:13nos lois, concilier leur développement
00:16et l'intérêt général. Et c'est Luce Gramont
00:18qui pilote cette séquence. Bonjour,
00:20bienvenue. Vous êtes la fondatrice
00:22de Green Lobby. A vos côtés, Claire Grolot.
00:24Bonjour. Bienvenue. Bonjour.
00:25Présidente de Labellevie. C'est quoi de Labellevie ?
00:28C'est une association ? Oui. C'est une association
00:31qui accompagne
00:33à améliorer la qualité
00:34des lieux de vie, et notamment
00:36le premier lieu de vie collectif que sont les crèches.
00:38Donc on les accompagne à améliorer
00:40la qualité d'accueil des enfants, la qualité
00:42de vie des professionnels et à réduire leur impact
00:44sur l'environnement. 1200 établissements
00:46aujourd'hui dans notre réseau, en France.
00:47Ok. Et on va rentrer dans le détail de ce que vous faites
00:50et comment vous faites évoluer justement
00:51ces crèches, en quelques mots, Green Lobby,
00:54même si certains de nos téléspectateurs et téléspectatrices
00:56ont déjà vu la séquence.
00:58Green Lobby, c'est un cabinet d'affaires publiques
01:00qui accompagne exclusivement
01:01les acteurs de la transition écologique et sociale,
01:04donc associations, collectifs et entreprises.
01:07Et l'objectif de notre, on peut rappeler ça aussi,
01:09de notre rendez-vous mensuel,
01:10c'est un peu de changer le regard sur le,
01:12simplement, déjà ce mot, lobbying ?
01:15Oui. Lobbying, c'est souvent un mot qui fait peur.
01:18Et puis on l'associe aux très grandes entreprises
01:21qui oeuvrent en sous-marin,
01:23souvent avec des moyens très importants.
01:27Mais en fait, aujourd'hui, le lobby
01:29ou les affaires institutionnelles,
01:30ça concerne les associations, les entreprises
01:33de toute taille, à tout niveau de développement.
01:37Et ça permet, en fait, d'avoir des raccourcis
01:42pour avoir le soutien des politiques locales,
01:46nationales ou européennes.
01:47Et effectivement, on va vraiment...
01:49Votre exemple, il est passionnant,
01:51parce que déjà, on peut comprendre
01:52ce que vous portez comme...
01:55plus qu'un message, d'ailleurs,
01:56presque comme mission auprès des crèches
01:59et des lieux d'accueil de la petite enfance.
02:02C'est-à-dire que, comment vous voulez les faire changer ?
02:04C'est quoi l'ADN ou le principe ?
02:06Alors, le principe, c'est que, finalement,
02:09les professionnels de la petite enfance
02:10et les gestionnaires savent à peu près
02:12comment il faut...
02:13Nous, on est un peu chef d'orchestre
02:14et on fait émerger toutes leurs idées de transformation.
02:17On a un outil de diagnostic,
02:19on a des formations pour les accompagner,
02:21on a un réseau aussi, on les met en réseau
02:23et ils s'aident beaucoup entre pairs.
02:25Et en fait, ils mettent en œuvre des idées
02:27qu'ils ont souvent
02:28et un plan d'action qu'on les aide à orchestrer.
02:32C'est beaucoup de petits gestes,
02:34c'est améliorer l'alimentation,
02:36baisser les polluants,
02:38remettre les enfants au contact de la nature
02:40et ça a des impacts absolument incroyables
02:42puisqu'on observe
02:45des baisses de consommation d'eau et d'énergie
02:46mais aussi et surtout
02:49une amélioration de la santé des enfants.
02:51Alors, c'était là-dessus que j'allais vous interroger.
02:53C'est-à-dire que, j'imagine que vous l'avez modélisé,
02:55c'est-à-dire des résultats concrets sur, je ne sais pas,
02:57les maladies des enfants, leur absence, etc.
03:00C'est ça. En fait, ça fait plus de 10 ans qu'on suit ces établissements
03:03et on a des chiffres vraiment consolidés.
03:05Il y a une baisse de maladies des enfants.
03:07Par exemple, les bronchiolites, réduction de 24%.
03:10Dans les crèches qui appliquent un certain nombre de gestes.
03:14Donc, c'est des produits moins toxiques utilisés pour faire le ménage ?
03:17C'est quoi ?
03:17Oui, c'est beaucoup, beaucoup moins toxique.
03:20C'est des pratiques d'aération,
03:22c'est une alimentation de meilleure qualité,
03:25c'est les enfants plus souvent dehors,
03:26au contact de la nature, avec des microbes sains.
03:29C'est aussi des professionnels plus heureux
03:31parce que des adultes moins stressés autour des enfants,
03:33c'est une santé globale meilleure
03:35et une baisse des absences de professionnels.
03:37Donc, c'est quand même des milieux où c'est très tendu,
03:40où il y a beaucoup d'absences
03:40et 34% de baisse d'absences des professionnels.
03:44En quoi une association comme La Belle Vie,
03:46pour vous, c'est emblématique ?
03:47C'est emblématique parce que La Belle Vie,
03:50c'est le prendre soin.
03:52En fait, dans une crèche,
03:53il y a tout un tas de décisions politiques.
03:56Ce qu'on donne à manger aux enfants,
03:58quels produits on utilise pour le ménage ou pour le mobilier,
04:02combien d'assistantes maternelles par enfant ?
04:06Est-ce qu'on est dans une crèche privée ?
04:08Comment on le finance ?
04:09Est-ce qu'on le finance par le privé ou par le public,
04:13avec des cautions familiales, un système...
04:16Donc, tout ça, c'est des décisions éminemment politiques
04:19qui se prennent à l'échelle locale,
04:21mais qui sont issues aussi de politiques nationales,
04:23de choix nationaux.
04:25Et le secteur a été traversé par une crise importante.
04:30en 2023.
04:32Donc, Claire Grelot et Soudre d'Association
04:34étaient déjà très bien implantés dans le territoire
04:37et avaient déjà montré son efficacité.
04:41Et il y a un livre qui est sorti
04:43qui a dénoncé des problèmes
04:45qui s'appellent Les Ogres,
04:48qui a dénoncé des conditions de travail déplorables
04:52pour les encadrants
04:54avec des problèmes pour les enfants.
04:57Il y a eu même un mort.
04:58S'en est suivi une prise de conscience des autorités publiques
05:01qui ont lancé à la fois une commission d'enquête
05:04et un rapport de l'IGAS,
05:07l'Inspection Générale des Affaires Sociales,
05:09qui avait été demandée par le ministre.
05:11Et c'est vrai que l'association de Claire
05:15a été à la fois une source d'apaisement
05:18et une source de solutions constructives
05:21pour améliorer en continu
05:25et revenir à une logique qui est moins quantitative,
05:28qui est moins de volume.
05:30Pour l'instant, c'est vrai qu'il y en a qui vont jusqu'à dire,
05:32par exemple, qu'on peut même se poser la question
05:35du modèle capitalistique dans les EHPAD ou dans les crèches.
05:39Ça fait partie, ça a été mis dans le débat public
05:42par un certain nombre de personnalités.
05:44Je vous redonne la parole dans un instant, Luce,
05:46mais peut-être avant de parler du levier des affaires institutionnelles,
05:50ce que vous avez pu éventuellement
05:51ou ce que vous souhaitez faire changer,
05:53ça passe par quoi l'amélioration ?
05:54Par des labels ?
05:55Vous avez créé des labels ?
05:56Ça s'appelle Label Vie.
05:57Oui, mais avant Label, il y a démarche,
05:59il y a engagement, il y a progrès continu,
06:02il y a mobilisation, il y a montée en compétence
06:05des professionnels aussi.
06:06On redonne le pouvoir aux professionnels
06:09sur des sujets comme de prendre soin,
06:11la pédagogie.
06:13La plupart des professionnels sont convaincus
06:15que l'enfant a besoin de nature
06:16et pour autant, il y a beaucoup de freins à ça.
06:19On leur redonne les clés pour...
06:21Et ensuite, il faut quand même des métriques,
06:24c'est-à-dire qu'il faut quand même mettre
06:25des actions dans des cases
06:27et voir où on progresse, donc un label ?
06:29Alors, c'est-à-dire que nous,
06:30pour savoir comment on avance,
06:32c'est bien de faire un diagnostic initial,
06:33c'est un outil qu'on a,
06:34donc on a un outil de diagnostic
06:36avec 500 questions quand même,
06:37donc ça en fait des métriques.
06:39Mais on ne les suit pas tous à la lettre,
06:41ils servent avant tout pour mobiliser les équipes
06:44et leur donner un peu d'indications
06:46de là où ils ont progressé,
06:47ça les valorise.
06:48Et on a créé un label
06:50à la demande des premiers professionnels
06:52qui sont engagés, justement pour les valoriser
06:54parce que ce sont des métiers
06:55qui ne sont pas assez valorisés
06:57et la remise du label Écolo-Crèche
06:59ou Labelle-Vie,
07:00ce n'est pas les Oscars,
07:01mais ça leur fait chaud au cœur.
07:04Bien sûr.
07:04Alors, quelles actions
07:06vous avez menées,
07:07vous menées auprès justement des...
07:09Alors, ça peut être des législateurs,
07:11ça peut être des maires,
07:13pour faire avancer finalement
07:15ces bonnes pratiques
07:16et les généraliser ?
07:18L'association Labelle-Vie a d'abord obtenu
07:20des financements de la part de la CAF
07:23et puis des financements dédiés
07:25pour le bio, les rénovations.
07:27Et puis à partir du moment,
07:28le sujet est tellement monté,
07:30la solution était tellement intelligente,
07:32progressive et adaptée au besoin
07:37que la CAF nationale en a fait
07:39une de ses priorités.
07:40Donc ça, c'était un atout
07:42dans ces investissements pluriannuels
07:46de faire un bonus
07:49pour les crèches
07:50qui se lançaient là-dedans.
07:52Ensuite, là, on vient d'avoir
07:54de nouveaux acteurs au niveau municipal.
07:57Ah oui, il y a eu des élections
07:58il y a deux mois.
07:58Voilà.
08:00Donc, avec succès,
08:03il y a toute une démarche
08:04de massification pour aller voir les élus.
08:07C'est le bon moment, quoi.
08:08C'est vraiment le bon moment, effectivement.
08:10Et de ne pas s'épuiser
08:11à aller voir chaque directrice de crèches
08:14qui, elles-mêmes,
08:15sont dans des contraintes
08:17d'un turnover extrêmement important,
08:20sont mis sous tension.
08:21Parce qu'il faut bien dire
08:22que des crèches, il faut en ouvrir.
08:24C'est important pour l'égalité homme-femme.
08:26Donc, on est plutôt sur un objectif
08:28de volume, de répondre à la demande,
08:31de combler les déficits.
08:34Là où il faudrait aussi
08:36avoir la qualité au cœur
08:39et conditionner la qualité
08:41aux investissements.
08:42Et c'est ce que Claire a obtenu
08:45avec son association.
08:46D'une part, à la CAF,
08:48avec les institutionnels,
08:50la CAF nationale.
08:52Et d'autre part,
08:53auprès de parlementaires.
08:54Voilà.
08:55Pas plus tard que la semaine dernière.
08:58Graziele Melkor,
08:59qui est une députée
09:00avec laquelle la Belle Vie
09:02a co-construit
09:04une proposition de loi
09:05sur la nature dehors.
09:06C'est vrai que c'est un sujet
09:08extrêmement important
09:09en termes de santé pour les enfants.
09:11Et donc, voilà,
09:12c'est le genre de vertical
09:13ou de sujet
09:14que la Belle Vie fait avancer.
09:15Est-ce que la CAF nationale
09:17est venue vers vous ?
09:19Non.
09:19C'est vous qui avez dû la...
09:21Ah oui, oui.
09:21Ça marche bien dans ce sens-là.
09:23Et avec ténacité.
09:24Ça a mis du temps.
09:24Il faut y aller plusieurs fois.
09:25Il faut y aller plusieurs fois.
09:26Il faut y aller longtemps.
09:28Parce qu'effectivement,
09:29je pense qu'on est nombreux
09:30à solliciter.
09:31Il a fallu montrer pas de blanche.
09:33Et effectivement,
09:34c'est à la lecture
09:34des résultats,
09:35des preuves.
09:36Bon, ça,
09:37c'est plutôt rassurant.
09:38On peut dire que l'argent public,
09:39on ne le diffuse pas
09:40et on ne le diffuse pas
09:40n'importe comment.
09:41Ensuite,
09:42alors,
09:42jusqu'où vous voulez
09:43ou vous espérez
09:44aller plus loin maintenant ?
09:47L'idée, c'est...
09:48Aujourd'hui,
09:49les crèches en France
09:50sont très financées par l'État.
09:52Et notre objectif,
09:53c'est qu'elles soient financées
09:54par l'État
09:54sous condition de qualité,
09:56de démarche qualité.
09:57Et on veut inspirer
09:59parce que souvent,
09:59quand on parle de qualité,
10:00on pense à certaines choses
10:02et pas toujours à tout.
10:04Voilà,
10:04on veut qu'il n'y ait pas
10:05de produits toxiques
10:05dans les crèches.
10:06On veut que les enfants
10:07aient un accès à la nature.
10:08On veut que l'alimentation
10:09soit de meilleure qualité.
10:10On veut que les professionnels
10:12aient du temps
10:13pour s'occuper mieux
10:14des enfants.
10:14Donc ça,
10:15c'est les quatre grands piliers.
10:17Donc conditionner
10:19le financement
10:20à ces critères-là.
10:22A des engagements forts
10:23de la part des gestionnaires.
10:24Alors,
10:25c'est vrai que dans un moment
10:26où on est là
10:27pour créer des places de crèches
10:28un peu coûte que coûte,
10:30peut-être que là,
10:31le temps,
10:32on est dans une deuxième période
10:33de la création
10:34de places de crèches
10:35et qu'on va chercher
10:36à créer des places
10:37de meilleure qualité.
10:39C'est un bonus ?
10:40C'est ça le bonus ?
10:41Alors,
10:41il existe déjà un bonus.
10:43C'est combien ça ?
10:44Alors,
10:45c'est des bonus
10:45par place de crèches
10:46quand une crèche est créée.
10:48Si elle a un label qualité
10:49comme le nôtre,
10:50il n'y a pas que le nôtre
10:51parce qu'on n'a pas œuvré
10:52que pour notre paroisse.
10:53Et c'est pour les démarches
10:55en général.
10:56C'est des bonus
10:57de 3 000 euros
10:57par place de crèches
10:58en création.
11:00Donc,
11:00c'est important.
11:01C'est important.
11:01Ça permet de faire
11:02des améliorations
11:03de bâti très importantes.
11:05Et cet objectif-là,
11:07qui est un objectif
11:08encore plus ambitieux,
11:09quel levier il faut activer
11:10ou quel levier
11:11vous êtes en train
11:11d'activer pour l'obtenir ?
11:13L'idée,
11:14c'est d'en faire
11:14un sujet pour les présidentielles.
11:17On a un an pour ça
11:18et de créer effectivement
11:19cette idée
11:20de service public
11:21de la petite enfance
11:22avec un bonus malus
11:25et de conditionner
11:29une démarche de progrès.
11:31Ce qui est intelligent,
11:31c'est qu'effectivement,
11:32il n'y a pas de culpabilisation.
11:34On est piégé
11:35dans un système
11:36et on veut desserrer
11:39cet étau
11:40pour que les publics fragiles,
11:42donc ça concerne
11:42la petite enfance
11:43mais aussi les seniors
11:45qui ont,
11:47les établissements
11:47ont exactement
11:48la même problématique,
11:50en faire un sujet prioritaire.
11:51Ça veut dire
11:52construire du rapport de force
11:53avec des institutionnels,
11:55avec des élus
11:56et avec des candidats
11:58à la présidentielle
11:59qui effectivement
12:00écoutent
12:01les citoyens
12:02tout le monde
12:03a dans son entourage
12:05un jeune enfant
12:06qu'il est urgent
12:08de protéger
12:08des produits toxiques,
12:09des grandes chaleurs
12:11et un aîné
12:14auquel il est important
12:15de répondre.
12:17Est-ce que,
12:17pardon,
12:18je vous interromps,
12:18c'est encore
12:19un enjeu d'avenir ?
12:21Ma question,
12:21elle est volontairement
12:22un peu provoquée,
12:23mais alors que la démographie
12:24est en baisse
12:25et qu'il y aura
12:25de moins en moins d'enfants
12:26à accueillir dans les crèches ?
12:27Oui,
12:28de moins en moins d'enfants,
12:28ça ne veut pas dire
12:29qu'il faut maltraiter
12:30ceux qui restent.
12:30Ah ça,
12:31on est bien d'accord.
12:32donc ce n'est pas
12:32parce que la démographie
12:33est en train d'infléchir
12:34que non,
12:35oui,
12:36je vois bien ce...
12:37Mais justement,
12:38on va avoir moins de pression
12:38pour créer des places,
12:39donc tant qu'à faire,
12:40faisons en sorte
12:41que ceux qui sont accueillis
12:42soient dans d'excellentes conditions.
12:44Merci beaucoup,
12:45merci à toutes les deux
12:46d'être venus nous présenter.
12:47Voilà,
12:48les progrès déjà effectués
12:49grâce à vos labels
12:50et à ceux d'autres associations
12:53et en espérant,
12:53le message est passé,
12:54que les candidats
12:55à la présidentielle
12:55vont s'en emparer.
12:56A très bientôt.
12:57Merci beaucoup.
12:58Sur ce plateau,
12:59on passe au grand entretien
13:00de ce Smart Impact
13:00avec Isabelle Giordano,
13:02la déléguée générale
13:03de la fondation BNP Paribas.
13:04Sous-titrage Société Radio-Canada
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