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  • il y a 3 mois
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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Transcription
00:00On va revenir maintenant à la politique française.
00:02On va s'intéresser à la santé de ceux qui nous ont gouvernés.
00:05Des présidents malades qui ont dirigé la France.
00:08Pompidou, Mitterrand, Chirac.
00:10Est-ce qu'on doit tout savoir sur la santé des candidats ?
00:13Dernier exemple en date, nous sommes en février 2023.
00:17Édouard Philippe n'est plus Premier ministre d'Emmanuel Macron.
00:21Mais tout le monde l'a vu.
00:22Tout le monde s'interroge sur son changement physique.
00:25Et le maire du Havre s'explique face à Bruce Toussaint sur BFM TV.
00:30Est-ce que c'est un sujet d'ailleurs pour vous de faire une télévision ?
00:34Non, non, non.
00:35D'apparaître ?
00:36Non, non.
00:37En fait, ça ne devrait pas être un sujet, mais je vois bien que c'en est un.
00:39Quand il y a un sujet, il faut le traiter.
00:41Qu'est-ce qui vous arrive ?
00:42Qu'est-ce qui se passe ?
00:44Qu'est-ce qui m'arrive ?
00:45Expliquez-nous.
00:46Voilà ce qui m'arrive.
00:48Vous avez perdu vos sourcils.
00:49J'ai perdu mes sourcils.
00:50La moustache aussi ?
00:51Oui, la moustache est partie.
00:52Je ne sais pas si elle reviendra, mais ça m'étonnerait.
00:54Je suis atteint de ce qu'on appelle l'alopécie.
00:57Ça n'est ni douloureux, ni dangereux, ni contagieux.
01:02Est-ce que cette maladie peut vous handicaper pour votre carrière politique et la suite de votre carrière ?
01:08Je ne crois pas du tout.
01:09C'est une histoire de poils.
01:10Ça va, ce n'est pas non plus...
01:12Non, mais ça n'est pas grave.
01:13Mais si vous le faites aujourd'hui aussi, c'est peut-être pour faire certaines rumeurs ?
01:17Vous trouverez toujours des gens un peu misérables pour expliquer que derrière ça, il doit y avoir quelque chose d
01:21'un peu plus sérieux.
01:21Oui.
01:23C'est la vie.
01:25On va en discuter maintenant dans le signé qu'on signe avec Charles.
01:29Bonsoir, Charles.
01:29Bonsoir.
01:30Patrice Duhamel.
01:31Bonsoir, Patrice Duhamel.
01:32Le crépuscule des dieux, les maladies des présidents, dernier mystère.
01:35Le livre est aux éditions de l'Observatoire.
01:37Charles, là, on va rentrer en campagne présidentielle.
01:40Est-ce qu'on doit tout savoir de la santé de ceux qui veulent aller à l'Élysée ou pas
01:43?
01:43Moi, je ne crois pas du tout. Je ne crois pas. Et je crois que, justement, ces travaux montrent que
01:51les hommes d'État peuvent parfaitement régner, gouverner, sans être forcément dans une santé de fer.
02:00Ben oui, je suis désolé.
02:01Ce qui ne démontre pas le livre, le livre démontre l'inverse. C'est-à-dire que certains de nos
02:05présidents n'auraient jamais dû rester à l'Élysée malades.
02:09Je ne suis pas d'accord avec cette thèse parce que je pense qu'un président, pour moi, n'est
02:16pas un premier ministre, que donc il n'est pas au four et au moulin nécessairement.
02:21Et que s'il prend les bonnes décisions à long terme, par exemple, j'ai cru comprendre que Patrice Duhamel
02:27estimait que Georges Pompidou n'aurait probablement même pas dû commencer son mandat.
02:33Je pense que ça aurait été terrible pour la France que Pompidou ne soit jamais président.
02:37Je pense qu'en termes, ne serait-ce que de messages, d'identité politique...
02:40Même si son mandat a été écourté par sa mort.
02:43Oui, mais l'homme qu'il a été et ce qu'il a imprimé pour la suite, à mon sens,
02:47a beaucoup compté.
02:48Donc, je ne souhaite pas...
02:49Donc, pas de transparence en la matière.
02:50Je ne souhaite pas savoir comment vont nos candidats.
02:53En revanche, quelque chose qui m'intéresse, par exemple, s'agissant d'Edouard Philippe, sans faire de la psychologie de
02:59comptoir,
03:00c'est qu'à mon sens, c'est quelqu'un qui somatise et qui, en fait, manifeste son anxiété de
03:07devenir peut-être président par cette espèce de réaction physiologique.
03:12Ou alors même...
03:13Ah, donc c'est intéressant.
03:14Ou alors c'est même une espèce de refus d'obstacle où, en fait, tout son corps refuse l'idée
03:21de supporter ses lourdes responsabilités.
03:25Mais moi, je ne veux pas avoir leur bulletin de santé.
03:26– Patrice Duhamel, dans votre livre, vous dites quand même que Jacques Chirac, François Mitterrand, notamment, n'étaient plus en
03:33capacité...
03:34– Et Georges Pompidou.
03:35– Et Georges Pompidou de présider à la fin de leur mandat.
03:38– Alors, il y a deux cas de figure. Il y a Georges Pompidou et François Mitterrand avec des analogies
03:43et des différences.
03:44Jacques Chirac, c'est moins grave. Il a eu un AVC qui n'était pas un énorme AVC, qui ne
03:50l'a beaucoup affaibli.
03:51Ce n'est plus le même homme après l'AVC qu'avant.
03:54– L'AVC qui survient en 2005.
03:56– En 2005, on est dans la bagarre Villepin-Sarkozy pour savoir qui va succéder, enfin qui pourrait succéder à
04:03Jacques Chirac.
04:05Et la manifestation, parce que je veux répondre sur la manifestation de la difficulté, voire de l'incapacité à prendre
04:12des décisions à tel ou tel moment.
04:14C'est ça, moi, mon sujet.
04:16Jacques Chirac, dans la bagarre Villepin, il y a eu une grave crise des banlieues à l'automne 2005.
04:22Villepin et Sarkozy n'étaient absolument pas d'accord sur la manière de la gérer.
04:26Et Chirac était vraiment dans la difficulté la plus grande pour arbitrer entre eux.
04:30– Et pour faire preuve d'autorité.
04:32– Voilà, il n'avait plus l'autorité qu'il avait avant.
04:34– Juste pour vous répondre, d'abord, je ne dis pas tout à fait que Georges Pompidou, que j'aimais
04:39beaucoup et que je connaissais un peu,
04:41vous voyez, c'est l'âge qui veut ça, n'aurait pas dû se présenter.
04:46Parce que lui, il sait qu'il est très malade, il prend son risque.
04:51– Avant même de se déclarer candidat, il sait qu'il est très malade.
04:54– Il sait qu'il est très malade à partir de octobre 68.
04:57Il sera candidat fin avril, après la démission de De Gaulle, fin avril 69.
05:03– Si j'ai bien compris, on ne lui dit même pas vraiment ce qu'il a comme maladie.
05:06– Si, il sait que c'est une maladie du sang.
05:08Il sait qu'il a des malaises, il sait qu'il a des hémorragies.
05:12Il sait qu'il est sous cortisone à haute dose avec des manifestations physiques.
05:17Et il sait qu'il y a des moments où il est épuisé.
05:20Il prend son risque, il y va, ok.
05:23Il saura très vite après de quoi il s'agit, sans connaître le nom de la maladie,
05:28mais peu importe, et que c'est une leucémie.
05:30Et il dira en 72, donc presque deux ans avant sa mort, à son fils médecin,
05:36qui le suit au quotidien, alors que le grand professeur dont j'ai eu le journal
05:43tout au long de cette maladie, Jean Bernard, lui…
05:45– Le suit de loin.
05:46– Enfin, il le suit de loin, mais c'est le plus grand thématologue du monde.
05:49– Oui, mais apparemment, il le consulte à peine, au sens physique du terme.
05:54– Non, non, c'est Georges Pompidou qui refuse de le voir, pour deux raisons.
05:57La première, c'est qu'il ne veut pas que ça se sache.
06:01Si on sait que Georges Pompidou est soigné par le plus grand thématologue,
06:04on saura que c'est d'une gravité exceptionnelle.
06:06Et la deuxième raison, non négligeable, c'est qu'il ne veut pas entendre,
06:10dans la bouche de ce professeur, il sait parfaitement ce qu'il pense,
06:13que cette maladie est létale, et qu'il peut mourir à tout moment,
06:17comme il mourra le 2 avril 1974.
06:19Mais je vais juste donner, pardon, je vais être rapide, deux exemples.
06:23Pour Mitterrand, prise, le détournement d'avion, l'Airbus, Alger, Paris,
06:30le jour de Noël, 24 décembre 1994.
06:33On est à six mois de son départ de l'Elysée.
06:36Absent du début à la fin.
06:38Il est allé se reposer à Venise.
06:40Il est dans les douleurs les plus épouvantables.
06:45Donc là, il ne peut pas présider cette crise.
06:46Premier ministre.
06:48Le Premier ministre, Édouard Balladur, gère tout seul,
06:52avec le secrétaire général de l'Elysée, Hubert Védrine.
06:56Le président est absent.
06:58Quand vous avez une affaire aussi grave...
07:01Balladur et Védrine, c'est suffisant.
07:03Donc on n'a pas besoin de président, Charles, si je vous suis.
07:05On a besoin de président pour prendre des grandes décisions.
07:08C'est l'arrêt d'Angleterre pour vous, le président.
07:10Non, c'est pour le long terme pour moi.
07:11Pour Georges Pompidou, moi, je ne fais pas des critiques sur ces présidents.
07:16J'explique ce qui s'est passé.
07:19Après, chacun, vous deux, on en tire les conclusions.
07:23Oui, sauf qu'on ne sait pas ça, tout ça.
07:25Non, mais dans le journal de Jean-Bernard,
07:27il dit qu'il y a eu un moment où le président délirait.
07:30Où il se promenait dans son bureau en disant
07:32d'évaluation, réévaluation, réévaluation, déévaluation.
07:35Un peu comme Trump en ce moment.
07:37Un autre moment où il est dans une période de confusion mentale.
07:42Il est président de la République, en exercice,
07:44et par exemple, il se couche tout habillé.
07:47Je veux dire, il y a des moments où il n'a plus les...
07:49Et il dit à son fils, il dit à son fils,
07:51à l'été 72, je suis foutu.
07:53Je suis foutu.
07:55Et il dira à Édouard Balladur,
07:56qui à ce moment-là est secrétaire général de l'Élysée,
08:01début 1974, on est à quelques mois de sa mort.
08:05Un jour où Balladur lui dit, là, il faut prendre une décision,
08:07voilà le dossier.
08:09Georges Pompidou lui répond, je souffre trop,
08:12je suis incapable de prendre cette décision, faites-le.
08:15Et il a eu la chance de tomber sur Balladur.
08:17– Mais là, on rentre dans une période électorale.
08:19Vous ne trouvez pas que c'est important pour l'électeur,
08:20pour qu'il sache précisément pour qui il va voter,
08:24de savoir le bulletin de santé, la santé de ceux qu'il présente ?
08:28Je prends un exemple, Jean-Luc Mélenchon aura 75 ans cet été.
08:31Bon, s'il était élu, il sortirait de l'Élysée à 80 ans,
08:36à plus de 80 ans.
08:37Bon, c'est normal de savoir s'il est en capacité de présider.
08:43– Chacun…
08:43– On ne peut pas simplement se fier à sa bonne mine à la télévision.
08:46– Chacun a son opinion.
08:48Moi, pardon, c'est peut-être une déformation professionnelle d'avocat
08:52ou je ne sais pas, je considère que ça fait partie de la vie privée
08:56et qu'on n'a pas à voir le bulletin de santé,
08:59qu'on n'a pas à savoir si tel ou tel, à je ne sais quelle maladie,
09:03potentiellement c'est humiliant pour l'intéresser, j'en sais rien.
09:06En tout cas, moi, je n'ai pas envie de savoir, si vous voulez.
09:11Regardez Churchill, par exemple.
09:13Churchill n'était pas un homme en bonne santé.
09:15– Oui, si on avait publié son bulletin de santé,
09:18il vivait dans son lit, il buvait au moins une bouteille de champagne
09:24par jour, si ce n'est davantage, plus du cognac.
09:29Et il n'empêche que c'est quand même lui qui nous a sortis du nazisme.
09:34De la même manière, c'est moins glorieux, mais Staline, qui était un abominable tyran,
09:41mais qui quand même tenait son pays d'une main de fer, était sans doute pas en très bonne santé.
09:44Il buvait probablement encore plus que Churchill.
09:46Donc moi, je préfère, si vous voulez, Churchill en mauvaise santé,
09:49– Je préfère Churchill en mauvaise santé, que je ne sais quel macroniste en bonne santé.
09:55– Alors, deux choses.
09:57– Est-ce qu'il faut tout savoir de la santé des candidats ?
10:00– Moi, je pense, ce que je dis dans la conclusion, je dis Pompidou et Mitterrand,
10:04dans les deux dernières années, qui est quand même beaucoup,
10:07et il se passait beaucoup de choses, n'avaient ni la force de présider en permanence,
10:12ils n'étaient plus physiquement en état d'exercer leur responsabilité à 100%.
10:17Ils avaient des moments, des périodes de lucidité absolue,
10:20et il y a des moments où ils n'étaient pas en mesure de prendre des décisions.
10:23Deuxième chose, là, vous dites, on n'est pas obligé de tout savoir.
10:28Moi, je pense qu'on ne peut pas mentir aux Français comme on l'a fait.
10:33Parce que si vous ajoutez 5 ans de Pompidou, jusqu'à ce qu'on sache pour Mitterrand,
10:38disons 13 ans de Mitterrand, c'est beaucoup.
10:40– Pour Chirac, on n'a pas menti.
10:42– Si, on ne savait pas qu'il était aussi affaibli.
10:46Disons, ça fait une vingtaine d'années de mensonges d'État.
10:48Donc, entre dire « je ne veux pas tout savoir de la santé des présidents »
10:51et accepter qu'il y a 20 ans pendant lesquels on ment aux Français…
10:55– Mais là, c'est en cours de mandat aussi ce qui s'est passé.
10:57Donc, il faut aussi avoir la transparence, non pas avant l'élection,
11:00mais la transparence en cours de mandat aussi. On est d'accord.
11:03– Moi, dans la conclusion, ce que je suggère,
11:05j'en ai parlé à plusieurs très grands médecins,
11:07c'est au midi-bom, il n'y a rien de prévu d'applicable dans la Constitution aujourd'hui.
11:11Vous avez un président qui, physiquement, n'est pas en état de présider.
11:14Il faut que le Premier ministre aille voir le Conseil constitutionnel
11:17en disant « le Président est out ». Bon, ce n'est pas plausible.
11:21– Et que dit le Conseil constitutionnel dans ces cas-là ?
11:22– Ils sont eux-mêmes « out », ils se débrouillent.
11:25– Ils se déterminent.
11:26– Moi, je fais le butin de santé des membres du Conseil constitutionnel.
11:29Je ne suis pas sûr qu'il soit…
11:30– Richard Ferrand, je ne suis pas sûr qu'il en reste beaucoup.
11:32– Ça, c'est un autre sujet.
11:36– Donc, qu'est-ce que vous préconisez ?
11:38– Ce que je préconise, c'est qu'il y ait au minimum les candidats pour 2027,
11:44ceux qui ont leur signature, les vrais candidats,
11:47une petite dizaine, j'imagine, ça va s'écrémer quand même.
11:50Il y a un check-up.
11:51Après, libre à eux de rendre public les résultats ou pas,
11:55mais s'ils ne le font pas, ça sera quand même un peu suspect.
11:58– Et puis ensuite, dans le courant du mandat,
12:00ce qu'avait promis d'ailleurs Giscard après le drame de Pompidou,
12:03parce que ces hommes, ils ont eu, je reconnais,
12:06on ne l'a pas évoqué, mais Pompidou et Mitterrand,
12:08ils ont eu un courage hallucinant.
12:11C'est presque de l'héroïsme de combattre la maladie
12:13avec des douleurs telles qu'ils les ont supportées
12:16pendant autant d'années.
12:17– C'est peut-être l'exercice du pouvoir
12:18qui les a aidés à tenir d'ailleurs aussi.
12:20– Oui, et puis Mitterrand voulait battre le général de Gaulle
12:23sur son terrain, voilà.
12:26– Mais ensuite, qu'il y ait deux bulletins de santé
12:29au minimum par an et qu'ils ne soient pas des mensonges d'État.
12:33C'est pas… Moralement, vous êtes un avocat,
12:36vous êtes un homme public, vous êtes un citoyen,
12:38vous êtes un électeur, vous êtes tout ça.
12:40Moralement, on ne peut pas accepter qu'il y a des mensonges
12:42comme il y a eu dans la vie politique française pendant 20 ans.
12:45Moi, ça me choque parfaitement.
12:47– Je ne suis pas d'accord, ce n'est pas grave.
12:48– Je suis peut-être un peu naïf, mais enfin quand même.
12:50– Je ne suis pas d'accord.
12:51– Là, en attendant, c'est le grand embouteillage
12:53pour l'élection présidentielle.
12:56– Alors effectivement, ensuite…
12:57– Il y a des jeunes et des plus vieux.
12:58– Ça va de 30 ans à bientôt 75 ans pour Jean-Luc Mélenchon,
13:02le 19 août prochain.
13:03– Oui, il va avoir 75 ans.
13:04– 19 août.
13:06– Il est en pleine forme d'ailleurs.
13:07– Enfin, il a l'air, mais enfin, il n'est pas médecin.
13:09– Il n'y a que 47 candidats, ça va.
13:11– C'est le grand embouteillage.
13:12Alors il y aura le fil des 500 signatures, c'est trop ?
13:15Tous ces candidats ?
13:16– Parfois, ils ne sont pas potentiellement déclarés ?
13:18– Moi, ce qui me surprend, c'est le nombre d'hommes et ou de femmes,
13:22on verra à l'arrivée, qui pensent qu'ils sont capables
13:26d'être président de la République.
13:27Est-ce qu'ils ont bien compris ce que c'était que d'être président de la République ?
13:31D'être le chef des armées, d'avoir le seul pouvoir appuyer sur le bouton nucléaire.
13:37– Est-ce que l'âge est un critère ?
13:38– De nommer des premiers ministres, d'aller négocier les traités
13:42avec les présidents américains, russes, chinois, etc.
13:47– Mais Patrice, est-ce que l'âge est un critère ?
13:49– L'expérience, je pense, est un critère, oui.
13:51Je pense que l'expérience est un critère.
13:53– Donc plutôt un senior, alors.
13:54– Mais Georges Pompidou, quand il est décédé, je ne me souviens plus de son âge exactement,
13:59il avait une grosse soixantaine d'années, il n'était pas…
14:01Voilà, Mitterrand, c'était autre chose, il était âgé, il était très fatigué,
14:05et il souffrait depuis plus longtemps, mais…
14:08– Charles, on sait que Charles, par exemple, vous, vous dites que certains candidats
14:13à déclarer sont trop jeunes, Jordan Bardet, là, ou Gabriel Attal, vous l'avez dit ici.
14:17– Oui, moi, je les trouve trop jeunes, parce que je pense, effectivement,
14:20que c'est une charge très lourde, et que…
14:23– L'un a été Premier ministre, quand même, et ministre de l'Éducation nationale,
14:26même en étant jeune, l'autre est président de parti, l'autre est juste président de parti.
14:29– Il a fait des stages d'observation, c'est les stages de troisième, vous savez.
14:32– Il connaît quand même les rouages de l'État.
14:33– Non, mais je le dis de manière un peu piquante.
14:36– Enfin, en tout cas, ils sont en bonne santé.
14:37– Je pense que…
14:38– A priori.
14:39– Oui, sans doute, mais honnêtement, je pense que…
14:42– Donc, en fait, il faut mieux voter Mélenchon, alors, si je vous écoute bien, si je vous suis.
14:46– Non, ce n'est pas ça, mais je pense que Jordan Bardet, là, est un adolescent,
14:49et je pense que Gabriel Attal, effectivement, est un jeune homme un peu vert, disons,
14:53comme un bois vert, il est un peu vert.
14:55– Et Édouard Philippe, ça va ? Il est assez bien pour vous ?
14:56– Édouard Philippe, il n'a plus de cheveux, il a…
14:58– Voilà, je trouve que déjà, il y a un peu…
15:00Non, mais parce que ce n'est pas n'importe quoi, comme vient de le dire Patrice Duhamel,
15:05ce n'est quand même pas n'importe quoi de présider au destiné d'un pays comme la France.
15:07Et moi, pour moi, il n'y a pas que l'âge, il y a aussi ce qu'on a
15:10fait dans sa vie.
15:11Est-ce qu'on a une expérience de l'existence humaine un tout petit peu complexe,
15:16ou est-ce qu'au contraire, on a eu un parcours très rectiligne ?
15:19J'observe que pour l'instant, tous ces candidats, il y en a peu qui ont eu une expérience un
15:24peu variée.
15:26Et ça, ça m'inquiète aussi.
15:28– Moi, j'ai suivi beaucoup de campagnes présidentielles,
15:31c'est un révélateur extraordinaire des forces et des faiblesses.
15:34Et là, la campagne, elle a démarré excessivement tôt.
15:37Édouard Philippe qui se présente à Thal, etc.
15:40C'est rare qu'on se présente aux présidentielles au mois de mai ou au mois de juin.
15:43Normalement, c'est septembre, octobre.
15:45Bon, on va voir sur…
15:47– Donc c'est un marathon qu'il va falloir tenir.
15:48– Oui, on est à 11 mois du premier tour.
15:51On va voir, encore une fois, j'espère qu'il y en aura, évidemment ici et ailleurs,
15:56des débats contradictoires.
15:58C'est là où on voit les forces et les faiblesses.
15:59Et à ce moment-là, on voit si on a l'expérience, la connaissance des dossiers,
16:03le sens du pays, la connaissance du pays.
16:05Moi, je crois que la connaissance du pays, c'est aussi important que l'expérience.
16:09Très important de sentir le pays, de sentir que s'il souffre, si ça va mieux…
16:13– Est-ce qu'il a manqué à Emmanuel Macron ?
16:15– Je pense que ça a manqué à Emmanuel Macron, oui.
16:18– Il n'avait jamais été élu aussi.
16:20Donc vous plaidez plus pour quelqu'un qui a eu un parcours,
16:23comme un peu François Mitterrand ou Jacques Chirac,
16:26c'est-à-dire un parcours d'élu locaux pour les deux hommes.
16:30– Ou Giscard, qui avait été élu à moins de temps conseiller général, etc.
16:35Oui, je pense que… Non mais de sentir le pays, c'est absolument…
16:38De Gaulle, il n'avait pas été élu, mais il sentait le pays.
16:41– Oui.
16:42– Voilà, dans ses…
16:43– Il avait une carrière militaire aussi, et puis il avait vécu la guerre.
16:46– Est-ce que vous ne regrettez pas le classicisme incroyable des profils des candidats ?
16:50Moi, c'est ça qui me frappe.
16:53– C'est quoi un candidat classique ?
16:55– Je trouve qu'ils sont trop classiques.
16:57– C'est-à-dire ?
16:57– Ils n'ont fait que de la politique dans leur vie, dans l'ensemble.
17:00Ils ne sont jamais… La plupart n'ont jamais mis un orteil dans une entreprise,
17:05alors que bon, c'est quand même le cœur battant du pays,
17:08c'est quand même le secteur économique.
17:09– Donc ça plaît pour la candidature de Michel-Édouard Leclerc, par exemple ?
17:13– Par exemple, c'est-à-dire que moi, oui, je suis un peu déçu en l'état du casting,
17:17on verra ce qui se passe, mais je suis un peu déçu en l'état du casting
17:20par le fait qu'on a des gens qui, sans doute…
17:25– Mais qui n'ont jamais travaillé dans une boîte, par exemple.
17:29Je trouve ça dingue, alors que c'est aux entreprises
17:31qu'on demande de supporter l'effort national.
17:33En réalité, c'est vers elles qu'on se tourne pour l'emploi,
17:36pour la création de richesses, pour tout.
17:38Il n'y en a pas un qui est passé par une boîte.
17:41Moi, je trouve que c'est des profils très banals.
17:43– Il y a beaucoup de ces candidats et beaucoup d'anciens présidents
17:49qui ont été maires dans des petites villes, des villes moyennes
17:52ou des grandes villes, comme Chirac à Paris.
17:53– C'est déjà une expérience, c'est vrai.
17:55– Quand vous êtes maire, vous avez un peu l'expérience de tous les sujets.
17:59Ce n'est pas la même chose que de diriger une PME ou une grosse entreprise,
18:02mais vous êtes vraiment au contact et vous avez des très grands sujets,
18:07des sujets moyens et des sujets de la vie quotidienne.
18:09– Par exemple, Jean-Luc Mélenchon n'a jamais été maire.
18:11Et pourtant, il va avoir 75 ans.
18:13– Je crois qu'il avait dû être conseiller général.
18:14– Il a une longue expérience.
18:15– Jean-Luc Mélenchon veut être un grand dictateur à la façon sud-américaine.
18:21– Merci Patrice Duhamel d'être venu discuter et débattre avec Charles Consigny,
18:26le crépuscule des dieux et les maladies des présidents,
18:28dernier mystère aux éditions de l'Observatoire.
18:30– Sous-titrage Société Radio-Canada
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