- il y a 1 heure
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00On va maintenant se mettre dans la perspective de l'élection présidentielle de 2017.
00:05Avec des intentions de votre regard, c'est un sondage Odoxa pour la presse régionale et la chaîne publique Sénat.
00:11Dans les intentions de votre premier tour, Jordan Bardella est toujours largement en tête devant Edouard Philippe
00:16qui est au coude à coude avec Jean-Luc Mélenchon.
00:19Et puis on a bien évidemment la perspective du deuxième tour.
00:25La perspective deuxième tour avec un Jordan Bardella qui gagne 4 points depuis le mois de mars dernier.
00:31Et Edouard Philippe, il le bat 52-48 qui perd 4 points.
00:35Alors est-ce que ça veut dire que Jordan Bardella est gagnant avant d'avoir combattu ?
00:38Ça va être le thème de notre discussion avec Serge Consigny, l'avocat et séisme.
00:42Bonsoir Charles.
00:43Bonsoir.
00:43Avec Sébastien Chenut, député, vice-président de l'Assemblée nationale et vice-président du Rassemblement national.
00:48Bonsoir Monsieur le député.
00:50Vous restez jusqu'au bout Charles.
00:51On va voir, ça dépend si Sébastien Chenut est courtois.
00:56Je suis toujours.
00:57Parce que dans l'émission d'hier, on n'était pas sûr qu'on irait jusqu'au bout de l
01:02'émission.
01:02Et l'émission n'a pas terminé, de ne pas aller à son terme.
01:06Bardella gagnant avant d'avoir combattu ?
01:09Personne en politique n'est jamais gagnant avant d'avoir combattu.
01:12C'est très souvent d'ailleurs, comme on le sait, les favoris, etc. ne le restent pas jusqu'au bout.
01:19Ce que j'observe, c'est que le Rassemblement national est devenu, dans le regard des Français, une alternance possible.
01:28Et moi, ça fait fort longtemps que je mets en garde contre le risque d'ériger les extrêmes comme force
01:35d'alternance possible.
01:36Donc on voit bien, là, on est vraiment face au sujet, puisque Mélenchon et Bardella sont potentiellement les deux adversaires
01:44du second tour de l'élection qui a lieu dans un an.
01:47Ce qui veut dire qu'en fait, cette histoire de bloc central qu'on appelle le dépassement, qu'on appelle
01:52comme on veut, à mon sens, est une énorme connerie.
01:56Et je pense en plus que, même intellectuellement et politiquement, ça ne veut rien dire, puisqu'il y a des
02:01disparités trop grandes entre les uns et les autres là-dedans.
02:05Je pense qu'on doit proposer des projets de société aux Français qui soient différents et pas simplement faire des
02:12accords techniques.
02:12Donc moi, j'y vois le résultat du bloc central et d'ailleurs l'échec du bloc central sur le
02:20fond.
02:20Mais là où ça me paraît aussi extravagant, c'est que je continue à penser que le jeune Bardella est
02:26beaucoup trop jeune pour être président de la République française.
02:29J'ai fait un tout petit peu d'histoire.
02:31Pendant longtemps, il fallait avoir 40 ans minimum pour siéger au Sénat, par exemple.
02:36Ça a été le cas pendant des années et des années, jusque sous la 4e République, où il fallait avoir
02:4135 ans, et sous la 5e aussi jusqu'en 2003.
02:44Ça n'est qu'à partir de 2003 que c'est passé à 30 ans, donc il aurait à pêche
02:49l'âne requis pour être sénateur, et c'est maintenant 24 ans.
02:53Donc voilà, moi je continue à penser que tout ça est un peu grotesque et que c'est malheureusement...
02:58Grotesque, carrément, oui.
02:58Ah oui, je pense que c'est grotesque, et j'en termine par là, pour ne pas être trop long.
03:02L'âge, l'absence totale d'expérience dans le moindre domaine, enfin bon.
03:07Et je pense que c'est la Netflixisation de notre vie politique, c'est-à-dire que je crains que
03:13notre vie politique soit devenue,
03:15et pris les codes des séries Netflix, où vous observez que les acteurs sont de plus en plus jeunes,
03:22et qu'on les projette de plus en plus jeunes dans des rôles de gens qui normalement sont dévolus à
03:27ceux qui ont un peu plus d'expérience.
03:29Bon, j'ai des points d'accord et de désaccord évidemment avec Charles Consigny.
03:33Le premier point, c'est que je pense qu'on n'est pas seulement vu comme une force d'alternance,
03:37parce que moi ce sondage le prends avec... mieux vaut ça dans ce sens-là que dans le sens inverse,
03:42mais je le prends avec beaucoup d'humilité.
03:43Moi je considère que face à Mélenchon, comme face à n'importe quel autre candidat, rien n'est fait.
03:49Les Français sont à convaincre, évidemment, et je pense qu'il ne faut pas se dire les jeux sont faits,
03:53y compris, je l'entends aussi dans mon camp, ah mais si c'est Mélenchon, c'est fait.
03:57Non, et je suis capable d'expliquer pourquoi, attention.
04:00La deuxième chose, c'est qu'on ne représente pas simplement une alternance,
04:02je pense qu'on représente ce qu'on n'a jamais représenté dans le passé,
04:05y compris avec cette candidature putative de Jordan Bardella, on représente un espoir.
04:10On a été souvent vu comme une force de contestation, contestation d'un système,
04:14comme une force, et on l'est toujours, comme une force souverainiste, et on l'est toujours.
04:19Mais on ne représentait pas dans le passé, moi ça me navre, mais c'était comme ça.
04:22On ne représentait pas un espoir, l'espoir que ça aille mieux demain.
04:25Et vous ne gagnez pas une campagne présidentielle en France si vous ne représentez pas un espoir.
04:29Aujourd'hui, on représente un espoir.
04:30Je pense qu'on n'a rien d'extrême dans ce qu'on propose.
04:32On peut avoir des choses qu'on conteste, je pense qu'on n'a rien d'extrême.
04:36Et je pense que c'est finalement là...
04:38J'ai lu avec intérêt une analyse, enfin quelques écrits d'un ancien communicant de François Hollande
04:43qui s'appelle Robert Zarader, je ne sais pas si vous avez vu ça dans le Figaro,
04:45qui dit que c'est la France qui est du verbe haïr face à la France qui est, E-S
04:51-T, qui se fait face à face.
04:54Et on est un peu, oui, la France qui est, c'est-à-dire qui est attachée à un certain
04:58nombre de choses face à la France qui est du verbe haïr.
05:03Nous, nous sommes la France E-S-T qui est et Mélenchon, il est la France A-I-T, H
05:07-A-I-T du verbe haïr.
05:09L'âge de Jordan Bardella, Charles-Luc, c'est rédhibitoire.
05:12Non, alors je...
05:12Et le manque d'expérience.
05:13Je crois que malheureusement, ceux qui vont s'engager sur ce terrain-là,
05:16ce sera un argument assez court et rapidement vu comme tel.
05:20Moi, sincèrement, je pense qu'aujourd'hui, l'âge, la forme de l'expérience,
05:25parce qu'il y a des expériences très différentes selon les âges,
05:27et Jordan, il a des expériences que n'ont pas d'autres jeunes hommes de 30 ans.
05:31Le fait d'avoir mené deux campagnes victorieuses aux élections européennes,
05:34c'est une forme d'expérience.
05:36Il a fait des propositions politiques qui montrent qu'il a une forme d'expérience.
05:39Ce n'est pas la même que quelqu'un d'autre qui...
05:43D'ailleurs, vous n'avez pas vous-même les mêmes expériences que les miennes,
05:45moi que les vôtres, etc.
05:46Donc, je pense que se focaliser sur l'âge ou sur une forme d'expérience,
05:50c'est évidemment oublier le débat d'idées.
05:53Et moi, je pense qu'il vaut mieux aller vers le débat d'idées.
05:55– Mais trèfle de plaisanterie, comme dit Jordan Barbella.
05:59– Il n'a pas dit ça, d'ailleurs.
06:00– Ça m'a fait penser, vous savez, à ne jeter pas l'eau propre
06:03qu'avait déclamée Mme El Haïry à l'Assemblée nationale.
06:06– Ah, je suis désolé.
06:07– On est dans la mousse, là.
06:08– Ah non, pour moi, c'est éliminatoire, si vous voulez.
06:11Pour moi, le président de la République française,
06:13il ne peut pas dire trèfle de plaisanterie.
06:15– Oui, mais Nicolas Sarkozy avait dit Roland Barthès,
06:17celui de Roland Barthes.
06:18– Ça lui a été beaucoup reproché.
06:19– Non, mais on a beaucoup d'exemples.
06:21– Non, je suis désolé, on ne peut pas passer de temps.
06:23C'est des critères très importants, vous croyez vraiment ?
06:26– Vous êtes sur la forme ?
06:27– Avant de ne pas connaître Roland Barthes.
06:28– Vous ne faites jamais de faute de français ?
06:29– Ah bah, à mes yeux, oui, je suis désolé.
06:31On est quand même un grand pays littéraire.
06:33– D'accord.
06:33– On a eu des présidents…
06:34– Vous êtes sur la forme ?
06:35– On a eu des présidents qui ont…
06:37– Pour gérer les finances publiques, c'est bien être littéraire,
06:40mais il faut peut-être plutôt être un mathématicien
06:42pour gérer les finances publiques du pays.
06:43– Je ne pense pas, vous voyez.
06:44– Vu l'état des finances publiques du pays en ce moment…
06:46– Jean-Compidou, qui était un financier,
06:48qui s'y connaissait en finances publiques.
06:50– Oui, il était agrégé de lettres.
06:52– Oui, il était agrégé de lettres.
06:53– Oui, et il a écrit une anthologie de la poésie française,
06:58remarquable d'ailleurs, dans laquelle il a sélectionné
07:00un certain nombre de pertes du blaze.
07:01– Vous regrettez les littéraires ?
07:03Il y en a moins des littéraires.
07:04– Non, je regrette les gens qui ont le niveau.
07:05– Dans la société du maire général.
07:06– Je regrette les gens qui ont le niveau.
07:08Et je suis désolé, ce serait…
07:10– Charles.
07:10– Non, mais je peux aller au bout d'une idée.
07:12– Je suis pas.
07:12– J'essaie d'en placer une aussi, mais…
07:14– Je pense que ce serait ridicule pour la France, en réalité.
07:16Ce serait une humiliation pour la France,
07:18si Jordan Bardella était élu, parce que c'est un…
07:22Excusez-moi, pour moi, c'est un personnage,
07:24c'est un candidat quasiment d'une télé-réalité, si vous voulez.
07:28Ça n'est pas sérieux.
07:29Et c'est pas parce qu'il a fait des campagnes.
07:30Oui, c'est vrai, il manque pas de talent politique,
07:33de talent médiatique, il n'y a pas de problème là-dessus.
07:35Mais pour moi, ça suffit pas à faire un homme d'État.
07:38Donc je pense que c'est insuffisant.
07:39Et ensuite, s'agissant de l'espoir que représente le RN,
07:43là, pour le coup, sur le fond,
07:45ce qui m'interpelle beaucoup, c'est que le RN,
07:47en réalité, à part un tout petit peu sur les questions régaliennes,
07:51n'est porteur d'aucun changement,
07:52puisqu'en fait, vous bercez les Français d'illusion
07:55sur la possibilité de continuer le système tel qu'il est,
07:58alors que ce système est en faillite.
08:00Vous voulez pas faire les grands changements
08:01qui s'imposent, l'âge de la retraite,
08:03les dépenses publiques, le nombre de fonctionnaires…
08:05– On ne veut pas faire les changements que vous souhaitez.
08:08– Il y a une imposture sur la forme et sur le fait.
08:10– Il y a plusieurs choses. D'abord, moi, je préfère les gens
08:12qui ont des idées aux gens qui ont des diplômes.
08:14Voyez-vous, Emmanuel Macron nous l'a présenté
08:16comme quelqu'un de surdiplômé, il est très diplômé,
08:18avec un environnement de gens qui étaient tous des cadors
08:21dans leur domaine.
08:22C'est une catastrophe absolue, parce que ces gens,
08:24en réalité, n'ont pas d'idées, n'ont pas de vision pour le pays,
08:26n'amènent pas le pays vers quelque chose.
08:28C'était des gens qui étaient…
08:29Moi, je les ai vus arriver, les députés macronistes,
08:31en 2017, j'étais député.
08:33Tous ces gens blindés de diplômes, qui étaient des cadors…
08:37Non, mais beaucoup étaient des gens qu'on nous…
08:39Regardez, on nous présentait Joachim Sonforget,
08:41qui était un ingénieur en médecine incroyable.
08:45Bon, je ne vais pas être désobligeant,
08:47ça n'a pas été le plus brillant d'entre tous au final.
08:50– Non, je vous l'accord.
08:50– Parce que la politique, ce n'est pas des diplômes,
08:52c'est des idées, c'est avoir une vision pour le pays.
08:55Moi, je crois qu'on a cette vision pour le pays.
08:57Qu'elle ne vous plaise pas, que vous considériez
08:58que ce n'est pas le bon chemin.
08:59Mais ça, c'est votre droit, Charles.
09:00Je vais terminer mon propos, moi aussi.
09:02Ça, c'est votre droit.
09:03Et les Français jugeront à la fin.
09:04– Mais quelle vision ?
09:05Parce que, pardon, mais moi, j'ai du mal à comprendre,
09:07par exemple, sur l'économie qui est quand même…
09:08– Mais à chaque fois, j'avoue, je viens sur le plateau,
09:10ça tourne vraiment en rond, c'est toujours la même chose.
09:12– C'est parce que là, du coup, on s'aperçoit qu'entre Marine Le Pen,
09:15qui est toujours d'ailleurs la candidate officielle,
09:17et Jordan Bardella, il y a un grand écart qui est en train de se mettre en place.
09:21– Mais vous n'en avez pas marre d'être tous comme des moutons
09:24à suivre le même chemin ?
09:26– Je croyais qu'on n'avait pas d'idées, je croyais qu'il n'y avait pas de programme.
09:29– Vous n'avez pas les mêmes idées.
09:30– Vous êtes en train de me dire que bientôt il y en a deux.
09:32– Votre programme, il y en a deux maintenant.
09:34– C'est la continuation d'un système en faillite.
09:37C'est ça, votre programme ?
09:38Vous l'a joué Chirac 95, en gros.
09:40– Non, mais…
09:41– En gros, c'est ça, votre truc.
09:42– À lui aussi ?
09:43– C'est comme Gabriel Attal, alors ?
09:44– Gabriel Attal, lui, il fait semblant, mais bon…
09:47Pour moi, c'est le même combat que Bardella, le jeune Attal,
09:49je peux vous l'accorder, ça aussi.
09:51Vous faites Chirac 95, c'est-à-dire le social,
09:55vous caressez les Français dans le sens du poil
09:56en leur disant « ne vous inquiétez pas, rien ne va changer ».
09:59C'est ça, votre programme en réalité ?
10:01– Ce n'est pas vraiment exactement,
10:02parce que je pense que c'est vraiment le grand changement,
10:04au contraire, qui fait naître des oppositions
10:07dans la classe politique sur notre arrivée au pouvoir.
10:09– Sur les dépenses publiques, sur le nombre de fonctionnaires,
10:12sur l'âge de la retraite ?
10:13– Sur les dépenses publiques, quand on dit
10:14qu'on veut faire disparaître un certain nombre d'agences
10:17ou de structures étatiques ou paraétatiques.
10:20Par exemple, Conseil économique et social,
10:2235 millions d'euros, 2 heures, on arrête ça,
10:24c'est de gaberci.
10:25– Ce n'est pas 35, c'est plutôt 300, je pense.
10:27– Non, non, non, je crois que ça…
10:28– C'est 100 millions d'euros par an,
10:29ça coûte le Conseil économique et social.
10:31– Et puis il y a les Conseils économiques et sociaux régionaux,
10:333 à 8 millions d'euros par région, selon la taille,
10:36tout ça, on arrête.
10:36Bon, ce n'est pas ce qui a été fait jusqu'à présent.
10:39– C'est pas ce qui a été fait.
10:41– Je suis d'accord.
10:41– Les milliards d'euros pour l'éolien,
10:46ce n'est pas ce qui a été fait jusqu'à présent.
10:48– Oui, je suis d'accord, mais ce n'est pas le gros des dépenses.
10:49– L'aide médicale, c'est des milliards.
10:51– Les retraites, c'est beaucoup plus que ça.
10:54– On arrive sur des choses qui sont très différenciantes.
10:55La contribution à l'Union européenne,
10:57qui a augmenté encore de 6 milliards d'euros cette année,
10:59c'est très différenciant de ce que proposent
11:00ceux qui se sont succédés.
11:02Donc vous voyez la réalité,
11:03c'est que nous, on ne veut pas réformer la France
11:04à périmètre constant.
11:06Oui, on a une conscience sociale.
11:07Bien entendu, on considère que la solidarité,
11:09lorsqu'elle est nationale,
11:11Charles, lorsqu'elle est nationale,
11:13elle a du sens.
11:14Non, la solidarité nationale,
11:16lorsqu'elle est nationale, elle a du sens.
11:18Ouvrir notre pays à 500 000 personnes
11:20qui, chaque année, viennent profiter
11:21de cette solidarité nationale,
11:23ça ne marche pas.
11:23– Je vais vous dire, on ne veut pas la même chose.
11:25– Moi, je suis d'accord avec vous sur le fait
11:27qu'il faut réduire l'immigration en France.
11:30Sauf que vous avez beaucoup de gens
11:31qui vous disent, oui, mais il y a l'immigration de travail.
11:33Moi, je pense que l'immigration de travail
11:35est un mythe,
11:36et qu'il y a énormément d'emplois non pourvus,
11:38et qu'on n'a donc pas besoin
11:39de faire venir des gens.
11:41Sauf qu'il faut encore que les Français
11:43acceptent de faire ces métiers-là.
11:45Pourquoi le refusent-ils ?
11:46Parce qu'ils sont perfusés d'aides de toutes parts.
11:49Parce que l'assurance chômage est très généreuse.
11:51Parce que nous donnons des aides pour le logement.
11:53– Pas seulement.
11:53– Parce que nous donnons des aides sans contrôle.
11:56Parce que nous donnons des arrêts maladie sans contrôle.
11:59Parce que nous sommes un État, Providence,
12:01nous, nous, qui berce les gens
12:03dans une espèce de confort anesthésié, si vous voulez.
12:07– Mais c'est vous qui êtes anesthésié.
12:07– Et ça fait qu'il y a certains métiers
12:09qu'effectivement, ils ne veulent pas faire.
12:10« Je suis prêt à parier que vous n'êtes pas prêts,
12:14vous, le Rassemblement national,
12:15à faire en sorte que la France sorte de l'assistanat
12:18et que les Français fassent les jobs
12:20qui sont sur le marché. »
12:21Ce qui fait qu'on va devoir continuer
12:22à faire venir des gens de l'extérieur
12:24parce que les Français sont trop assistés
12:26pour accepter les jobs que font les gens
12:28qui viennent de l'extérieur.
12:29– D'abord, l'assistanat, c'était même,
12:31et exprimé de cette façon-là, avec ces mots-là,
12:33la clé du discours de Marine Le Pen,
12:34il y a un mois, à Mâcon.
12:36Elle a parlé de l'assistanat.
12:37Donc vous voyez, on sait parler des choses.
12:38Je vous donne un exemple sur les métiers
12:42justement sur lesquels vous dites
12:45que les Français ne souhaitent pas faire.
12:47Par exemple, voyez-vous, il y avait un métier
12:48très difficile qui est toujours très difficile,
12:50celui des boueurs à Paris.
12:51Moi, je me suis entretenu avec beaucoup des boueurs.
12:54Pendant des années, on disait
12:55« les Français ne veulent pas ramasser les poubelles,
12:56donc on fait venir des gens du Mali, etc. »
12:58C'est un métier très dur,
13:00mais qui a été fortement mécanisé,
13:01qui a été beaucoup mieux organisé
13:04et beaucoup mieux rémunéré.
13:05On a traité dans ce métier la difficulté
13:08et on a traité les salaires.
13:09Eh bien, aujourd'hui, je peux vous dire,
13:11et il suffira que vous puissiez vous renseigner
13:12en discutant avec les aubeurs
13:13qui ramachent vos ordres le matin,
13:15eh bien, aujourd'hui, vous avez évidemment
13:16des tas de gens français
13:18qui font ce métier qui reste difficile
13:20et qui est mieux rémunéré.
13:22Quand on traite la question des salaires,
13:25des transports, du logement,
13:27et le confort, c'est de ne pas traiter...
13:28Moi, j'ai travaillé, M. Chenou, dans la restauration.
13:30Je suis désolé, c'est un métier qui est très dur.
13:32Mais la question des salaires n'est pas traitée.
13:33Non, ce n'est pas un métier très dur.
13:35Il faut arrêter.
13:35C'est un métier qui est faisable,
13:36notamment par les jeunes.
13:38Et pourquoi les jeunes français
13:39ne veulent pas faire ça ?
13:40Pourquoi ?
13:40Mais parce qu'ils n'en ont pas besoin.
13:42Parce que quand vous avez à la fois
13:43les APL, une fac qui vous coûte 400 euros par an,
13:47vos parents qui vous aident, etc.,
13:48vous n'avez pas besoin de travailler.
13:49Pourquoi on ne trouve personne
13:50pour faire les vendanges, par exemple ?
13:52C'est pareil, parce que les gens
13:53n'en ont pas besoin,
13:54parce qu'on est devenu un État nounou.
13:56Et ça, vous, vous ne voulez pas changer ça.
13:58Vous êtes prêts à continuer
14:00à dépenser autant d'argent public qu'avant.
14:02Mais pourquoi pas ?
14:03C'est votre droit.
14:04Je vous expliquez que non.
14:05Vous me donnez des économies
14:07de bouts de chandelle.
14:08Ah non, je crois que la contribution
14:09à l'Union Européenne
14:10ou la subvention à l'éolien,
14:11ce n'est pas des bouts de chandelle.
14:12J'ai regardé votre programme.
14:13Ça fait 15 milliards d'euros à deux.
14:14J'ai regardé votre programme.
14:15L'âge de la retraite,
14:16c'est toujours 62 ans.
14:17Vous avez un blocage là-dessus.
14:18On a une vision de société.
14:19C'est parce que c'est toujours
14:20écrit dans le programme.
14:21Non, mais on a une vision de société
14:22qui est différente de la vôtre.
14:23Au Danemark, c'est 70 ans.
14:24Le Danemark, ce n'est pas le goulag.
14:26Nous avons une vision de la société
14:28qui est probablement différente.
14:29En Italie, c'est 66,
14:30bientôt 67 sous Mme Mélanie.
14:32Tous les pays matures en Europe,
14:34ils sont au-delà de 66 ans.
14:35Vous, vous êtes toujours à 62.
14:36Vous ne voulez pas faire
14:37les vrais changements.
14:38Mais nous avons une vision
14:39qui est différente de la vôtre,
14:40mais moi, je ne souscris pas
14:41à votre vision de la société.
14:42Qui est celle d'une partie de l'Europe.
14:44Non, mais je considère
14:45que ce que vous proposez
14:46n'est pas un modèle de société
14:47qui est entendable
14:48pour les gens notamment
14:49qui font des professions
14:49extrêmement difficiles.
14:50Pour revenir à ce qui était
14:51le point de départ de notre discussion,
14:53c'est-à-dire ce sondage de Doxa
14:54pour la presse quotidienne régionale.
14:56Ce qui est intéressant,
14:57c'est de regarder l'écart
14:58qui se resserre
14:58entre ceux à date aujourd'hui
15:01qui sont vos adversaires potentiels
15:03pour le deuxième tour.
15:04C'est-à-dire Édouard Philippe
15:05et Jean-Luc Mélenchon.
15:06Vous voyez Édouard Philippe.
15:08Voilà, qui baisse
15:09et Jean-Luc Mélenchon
15:10qui augmente.
15:11Vous avez un préféré
15:12pour le deuxième tour ?
15:15Non, je ne sais pas.
15:15Bon, c'est les Français
15:16qui décideront,
15:17mais ce que je pense,
15:18c'est que les choses
15:19sont les plus faciles à battre.
15:20Je dis bien.
15:21Ce n'est pas le plus facile à battre.
15:22Avec Édouard Philippe,
15:23le débat sera intéressant
15:24parce qu'il aura son bilan
15:27qu'il va traîner
15:28comme un boulet
15:29et il aura ses projets.
15:30La fameuse retraite
15:31à 67 ans
15:32qui plaît à Charles Consigny
15:33qu'on trouvera
15:33en train de la produire probablement.
15:34Les éléments de langage
15:35sont déjà prêts.
15:36Non, et ce sera
15:37deux modèles de société
15:37et Marine Le Pen expliquera
15:39face à Édouard Philippe
15:40son modèle de société.
15:41Ce sera intéressant.
15:42Je pense que Marine Le Pen
15:43le battra
15:43parce qu'on n'a pas du tout envie
15:44de rouler à 80 km heure,
15:46d'avoir la retraite
15:46à 67 ans, etc.
15:48Avec Jean-Luc Mélenchon,
15:49c'est différent.
15:49Il y a deux projets de société
15:50mais Jean-Luc Mélenchon
15:51fait l'objet,
15:52et tant mieux en réalité,
15:53d'un rejet très fort
15:55encore dans la société française.
15:56Mais attention,
15:57je pense que Jean-Luc Mélenchon
15:59s'est reconstitué
16:00autour de lui,
16:01une espèce de front de la gauche
16:02dans lequel viendront
16:03des Dominiques de Villepin,
16:04des gens comme ça
16:05à son secours.
16:06Ça ne fera pas 50% des Français
16:07mais ce sera une campagne violente
16:09qui ne sera pas une campagne
16:09à mon avis
16:10qui tirera la démocratie
16:11vers le haut.
16:12Donc évidemment,
16:13intellectuellement,
16:14politiquement,
16:14c'est plus intéressant
16:15de se battre
16:16face à Édouard Philippe.
16:17Marine Le Pen
16:18ou Jordan Bardella,
16:18on ne sait pas encore
16:19lequel des deux,
16:21accepteront de débattre
16:22avec Jean-Luc Mélenchon
16:23entre les deux tours ?
16:24Il n'y a pas de raison
16:25a priori qu'on refuse de débattre.
16:26Il y avait des rumeurs
16:27selon lesquelles
16:28Jordan Bardella
16:29refuserait sur le thème
16:30on ne débat pas
16:31avec les extrêmes,
16:32mais les combats
16:34pour rejouer Chirac 2002.
16:35Oui, oui,
16:36non mais moi je pense
16:36qu'il faut débattre
16:38avec tout le monde.
16:39Si vous me demandez mon avis,
16:40ça n'est évidemment pas acté
16:41aujourd'hui
16:41puisque aujourd'hui,
16:42Charles Consigny l'a rappelé,
16:43notre candidat,
16:43c'est Marine Le Pen.
16:44Mais aujourd'hui,
16:45je pense qu'il faut débattre
16:46avec tout le monde.
16:47Il n'y a pas de raison
16:48de ne pas débattre
16:49avec les Français.
16:50C'est les Français
16:50qui le décident.
16:51Regardez la réaction
16:51de Jean-Luc Mélenchon.
16:52Alors, il commente les sondages
16:53quand ils sont bons,
16:54Jean-Luc Mélenchon,
16:54sinon il est dénigre.
16:56Là, il dit
16:56c'est un bon sondage.
16:57Un bon sondage
16:58n'a qu'une différence
16:59avec un mauvais.
16:59Il fait plaisir.
17:00Mais il permet aussi
17:01aux jaloux
17:01et aux vieux médias moches
17:02de parler de notre réaction
17:04plutôt que du résultat.
17:05C'est assez jubilatoire.
17:07Mais il n'a pas tort.
17:09Un bon sondage,
17:10ça fait plaisir,
17:10mais ça ne suffit pas d'ailleurs.
17:12Et le sondage,
17:12il est bon pour Jean-Luc Mélenchon.
17:15Ça, c'est une réalité.
17:16Il est très mauvais
17:17pour Édouard Philippe.
17:17C'est une réalité.
17:18Et comment vous l'expliquez
17:19pour Édouard Philippe ?
17:22Il a raté son entrée en campagne ?
17:24Bon, d'abord,
17:25c'était ultra ringard
17:25cette entrée en campagne.
17:27C'était vraiment
17:27ni fait ni à faire.
17:28Mais je veux dire,
17:29personne n'a envie...
17:30Mais là, pour l'instant,
17:30il n'y a pas de campagne.
17:31Les macronistes ne se rendent pas compte
17:32que personne n'a envie
17:33de les voir prolonger le bail.
17:35Moi, je pense qu'elle n'a pas
17:36commencé la campagne, honnêtement.
17:37Je ne suis pas sûr.
17:39Non, mais honnêtement, je...
17:40Il n'y a pas commencé,
17:41il y a là qui progresse
17:41et d'autres qui...
17:42Oui, mais honnêtement...
17:43Il y a des grands meetings
17:44qui vont avoir lieu.
17:45Mais même eux,
17:46vous allez voir
17:47que les Français
17:47vont s'en foutre complètement.
17:48Je vous dis mon sentiment personnel.
17:50Oui, mais s'il n'y a pas de primaire,
17:51c'est les sondages
17:51qui vont déterminer...
17:53la campagne n'intéresse
17:54que les journalistes politiques.
17:55Bien sûr.
17:55Mais c'est souvent comme ça, Charles.
17:56Mais je sais très bien
17:57que le bloc central,
17:58pour l'instant,
17:58il n'y a pas de primaire.
17:59C'est les sondages
18:00qui vont départager tous ces candidats.
18:02Si Édouard Philippe
18:03n'arrive pas à se distinguer des autres,
18:04ça va être compliqué pour lui.
18:06On verra.
18:08Moi, je vous dis
18:08que la vraie campagne,
18:09elle commencera plutôt
18:10à la rentrée.
18:12Je ne sens pas du tout
18:13les Français
18:14dans la campagne pour l'instant.
18:15Et d'ailleurs,
18:16ce casting est très triste.
18:18On aura peut-être
18:18des surprises
18:19par rapport à ce casting.
18:20Personne n'a envie vraiment
18:21de ce casting pour l'instant.
18:22Peut-être qu'on ira
18:23poussivement
18:23avec ces têtes de gondole-là
18:25jusqu'au scrutin.
18:27Je n'en suis pas
18:27complètement certain.
18:28Je pense que c'est trop
18:30n'importe quoi.
18:31Le candidat surprise,
18:32vous y croyez ?
18:33Non, je ne crois pas
18:33au candidat surprise.
18:34Mais effectivement,
18:35je ne suis pas sûr
18:35que ce soit exactement
18:36ce casting.
18:37à la fin, je ne suis pas sûr
18:38que Raphaël Glucksmann
18:39soit candidat au bout du compte.
18:41Il n'y a qu'ici
18:41qu'on parle de Raphaël Glucksmann.
18:43Je n'ai jamais rencontré
18:43un électrope qui a parlé
18:44de Raphaël Glucksmann.
18:45Personne n'en a parlé.
18:45C'est vous qui en parlez.
18:47J'en parle parce qu'il est testé,
18:49je crois, dans le sondage.
18:51Je n'ai jamais rencontré...
18:52En plus, Raphaël Glucksmann
18:53ne parle pas des problèmes
18:53des Français.
18:54Qu'est-ce qui pourrait
18:55bousculer le casting, justement ?
18:57Déjà, en ce qui nous concerne,
18:59c'est la justice
18:59qui va décider
19:00de qui est notre candidat.
19:03Donc ça, ça peut changer
19:04effectivement pas mal de choses.
19:05Et pourquoi pas vous ?
19:06Pardon ?
19:07Pourquoi pas vous ?
19:08Non, mais merci.
19:09Vous avez de l'expérience.
19:10Je me range derrière
19:10des leaders qui ont envie,
19:12qui sont capables,
19:12qui ont l'expérience
19:13d'être président de la République.
19:14Et c'est très bien ainsi.
19:16Merci, Sébastien Chenu.
19:18Merci, Charles Consigny.
19:20Merci, Charles Consigny.
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