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  • il y a 36 minutes
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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Transcription
00:00On va parler maintenant de l'élection présidentielle, on va parler des chances de la gauche hors la France insoumise.
00:06Est-ce qu'elle est même en train, cette gauche, d'hypothéquer ses chances pour 2027 ?
00:09François Hollande dit qu'il se prépare.
00:12Bernard Cazeneuve assure avoir le désir d'être président de la République.
00:15Raphaël Glucksmann est en attente, il est en observation.
00:18Il n'y aura pas de fin à trois candidats à gauche, dit Bernard Cazeneuve.
00:23Le paysage à gauche va bouger d'ici la fin de l'année.
00:26Mais on va justement l'évoquer maintenant dans le signé consigné.
00:31Sachant que quand on regarde le sondage Elab pour BFMTV et la Tribune dimanche,
00:36quel positionnement politique du président de la République idéal ?
00:39Pour ceux qui répondent, pour les Français interrogés, 28% ce serait plutôt à droite, 19% à gauche, 16
00:45% au centre.
00:46Et pour, et là c'est la majorité, 37%, aucun des trois.
00:51Voilà, ça va être le thème de notre discussion maintenant dans le signé consigné.
00:55Avec ce soir, pour discuter avec Charles Consigny, le député socialiste Jérôme Gage, bonsoir.
00:59Candidat à l'élection présidentielle.
01:01Oui.
01:01Et nous sommes avec Charles Consigny.
01:03Bonsoir Charles.
01:04Est-ce que la gauche a déjà perdu l'élection présidentielle ?
01:07Je dis la gauche, or elle est fille, bien sûr.
01:09Il ne faut jamais se hasarder à des prédictions trop raides en matière de politique.
01:16Tout est toujours possible.
01:17Néanmoins, je pense effectivement que la gauche n'a pas tout à fait le vent en poupe.
01:22Là, pour 2027, on verra.
01:25Peut-être qu'ils vont nous surprendre.
01:27Mais honnêtement, j'ai du mal à y croire.
01:30Parce que j'ai lu d'autres chiffres qui m'intéressent,
01:33qui sont la popularité de Jean-Luc Mélenchon et du maire de Saint-Denis, M. Bakayoko,
01:39auprès des sympathisants de gauche et de toute la gauche,
01:42pas seulement de la gauche radicale.
01:44Or, ces deux figures sont très populaires auprès des sympathisants de gauche au sens large.
01:51Donc, je pense que, contrairement à ce qu'espèrent les tenants de la gauche républicaine,
01:57dites républicaines, moi je pense qu'elle n'existe pas vraiment d'ailleurs,
02:00je pense que toute la gauche est extrémiste,
02:01mais c'est un autre sujet dont nous allons débattre,
02:05eh bien, je pense que Mélenchon ne va pas se dégonfler
02:08et que donc, au mieux, ce qui peut se passer pour la gauche,
02:11c'est qu'il se hisse au second tour contre Bardella
02:13et il fera gagner Bardella.
02:15Donc, voilà.
02:16Donc, le seul qui est bien placé à gauche, pour vous, c'est Mélenchon ?
02:18J'ai le sentiment, on verra, tout peut.
02:20Les campagnes, ça existe.
02:22François Hollande, alors je ne dis pas pour vous, M. Gatch,
02:24parce qu'on ne vous a pas encore vus dans une campagne présidentielle,
02:27mais François Hollande, par exemple, est quelqu'un d'efficace en campagne,
02:30on ne peut pas dire le contraire.
02:31Il a été élu président.
02:32Voilà, il a montré qu'il savait faire.
02:34Alors, je n'y crois pas trop et je termine par là
02:36parce que je pense aussi que la France vit déjà le socialisme
02:41et que donc, si elle a envie de changement,
02:44ce n'est pas en votant à gauche.
02:45Jérôme Guège, donc, dans la gauche non-mélenchoniste,
02:48on va dire peut-être la gauche social-démocrate,
02:49la gauche du gouvernement, je ne sais pas comment la définir.
02:52Il y a vous.
02:52Moi, je revendique le terme de gauche républicaine
02:54parce que une partie de celle-ci s'est éloignée des rives
02:56de ce qu'il fait la République.
02:58Alors, il y a François Hollande, il y a Bernard Cazeneuve
03:00qui a fait part de son désir de devenir président de la République.
03:04Raphaël Glucksmann qui sort un livre à la fin du mois,
03:06donc on voit chacun avancer ses pions.
03:09Vous êtes déjà nombreux sur la ligne de départ,
03:11avec peu de chance, en fait, c'est ce que dit Charles.
03:14La question, c'est qu'attendent les Français ?
03:16Puisque vous vous appuyez sur des sondages,
03:19c'est toujours utile pour lancer la discussion.
03:21C'est quoi le sujet de préoccupation prioritaire de nos concitoyens ?
03:24Numéro 1, le pouvoir d'achat.
03:26Est-ce que la gauche est capable d'apporter des réponses
03:28en termes de pouvoir d'achat ?
03:30Je pense que oui.
03:32Notamment en activant le levier de ce que j'appelle
03:35un socialisme de production,
03:37c'est-à-dire permettre de créer de la richesse
03:39pour pouvoir mieux la partager.
03:41C'est le sujet de la justice fiscale.
03:43Deuxième sujet de préoccupation,
03:45ça me fascine, les questions de santé.
03:48Un modèle social, la sécurité sociale,
03:51l'accès aux soins.
03:52Hier, j'ai passé la journée à Sant'Expo.
03:54Je ne sais pas ce que c'est, Sant'Expo,
03:55c'est le grand salon de tous les professionnels du soin,
03:57les hôpitaux, les soignants, etc.
03:59C'était marrant parce que les organisateurs,
04:01la Fédération hospitalière de France m'ont dit
04:02« Je crois que vous êtes le seul candidat à l'élection présidentielle
04:05qui est venu passer du temps. »
04:06J'ai passé la journée entière
04:07parce que c'est le sujet de préoccupation première de nos concitoyens.
04:11Hier, il y a une enquête qui a été publiée
04:14sur les rendez-vous médicaux.
04:16C'est quand même fascinant.
04:18En moyenne, il faut 42 jours en France
04:20pour avoir un rendez-vous chez un cardiologue.
04:21C'est déjà trop long.
04:22Mais surtout, ce qui est insupportable,
04:23c'est les inégalités.
04:24C'est 14 ou 17 jours à Paris
04:26et c'est 164 jours dans le Gers.
04:28Là, on touche au cœur de la politique.
04:29On peut venir à Paris voir son cardiologue aussi.
04:32Oui, non, c'est pas ça.
04:32Pas du Gers, c'est loin quand même.
04:34J'adore le modèle très libéral.
04:36Pas du Gers, c'est quand même loin, Charles.
04:38Si on a un problème cardiaque, oui, on va avoir un...
04:40Le temps d'arriver, on est claqué.
04:41Non, monsieur Consigny.
04:43Quand on est touché par une maladie chronique
04:46et qu'on a besoin d'un suivi régulier,
04:47on ne va pas monter à Paris.
04:49Et ça, c'est une vision très parisiano-centrée.
04:52Non, moi, je pense qu'il faut être pragmatique.
04:55Il n'y a pas que Paris, par ailleurs.
04:56Il y a le Gers, mais il y a d'autres régions à côté.
04:57Moi, je suis désolé, je trouve qu'il faut être pragmatique.
04:59On peut aller voir un médecin un peu plus loin
05:01que dans son département, parfois, quand on a une urgence.
05:03Mais il y a des départements où il n'y a pas un seul spécialiste.
05:06D'abord, tout n'est pas urgence.
05:09Le défi premier de notre système de santé,
05:11c'est ce qu'on appelle la chronicisation des pathologies.
05:13Le fait que, désormais, on survit avec des maladies
05:15dont on mourait il y a 5 ans, 10 ans ou 15 ans.
05:18C'est une bonne nouvelle.
05:19Mais ça suppose de changer totalement le modèle d'organisation
05:21qui est tourné, justement, uniquement sur l'hôpital.
05:24Oui, mais la question qu'on a posée, c'est...
05:26Je disais, la gauche, pouvoir d'achat, santé,
05:29troisième thème de préoccupation, c'est la sécurité.
05:31Je pense que c'est un sujet sur lequel la gauche ne doit pas...
05:35La gauche a laissé un peu tomber de ce cause.
05:37Non, non.
05:38Regardez les maires qui ont été élus et bien réélus dans des villes.
05:41C'est parce qu'ils ont pris à bras-le-corps les problématiques de sécurité.
05:43Je pourrais prendre l'exemple de mon ami Michael Delafosse
05:45qui ne mégote pas sur la lutte contre le narcotrafic
05:48ou les incivilités du quotidien.
05:50Donc, partons de l'aspiration première de nos Français,
05:54de nos concitoyens.
05:55Charles Consigny, un aveu qui lui brûle les lèvres
05:59à chaque fois qu'il le prononce, il dit, d'une certaine manière,
06:01le socialisme a déjà triomphé.
06:03Je ne sais pas, mais la structuration de la société...
06:05Vous n'avez pas les lèvres, ça me troue les poches.
06:08Pardon, hein.
06:09Je le vis au quotidien.
06:11Je trouve peut-être que ça ne troue pas assez vos poches.
06:13Ah bon ? Il ne reste plus rien, là.
06:15Vous voyez ?
06:15Il n'y a plus rien.
06:17J'ai tout donné au système de M. Gage.
06:20Mais est-ce que vous aimez votre pays ?
06:21C'est une réalité.
06:22Est-ce que vous aimez le modèle un peu particulier,
06:24même s'il y a ces inégalités,
06:26qui fait quand même que globalement, on n'a pas à débourser...
06:29Mais vous ne changez pas le modèle.
06:30C'est là, vous comptez le modèle.
06:32Il faut le réformer.
06:33Qu'on n'a pas à débourser, c'est quoi ?
06:34Peut-être un front renversé.
06:36Moi, je veux être un candidat socialiste à l'élection présidentielle
06:38qui est capable de vous dire que pour sauver ce modèle,
06:40il faut faire aussi des économies.
06:42Je vous ai parlé de justice fiscale,
06:44de partage des richesses,
06:45mais il y a aussi des économies à faire
06:46parce que dans la dépense publique,
06:48il y a une dépense qui n'est pas efficace.
06:50Et moi, j'assume d'aller traquer chaque euro.
06:52J'ai été président d'un département.
06:54Et matin, midi et soir, je m'évertuais
06:56à ne pas augmenter les impôts.
06:58Je ne l'ai pas fait pendant les cinq années où j'étais président.
07:00Et on a fait des économies sur le fonctionnement
07:02de notre collectivité.
07:04C'est incroyable parce que
07:06tous les gens avec qui je débat dans cette émission,
07:09ils n'ont que des vertus.
07:11Et alors, si on faisait tous comme eux
07:13à titre individuel,
07:14la France serait vraiment dans un état remarquable.
07:17Mais c'est drôle comme collectivement,
07:19par contre, c'est là, peut-être que c'est la foule
07:20qui rend...
07:21Certains disent que la foule rend con.
07:23Je ne dis pas tout ça pour vous,
07:24mais je dis ça, par exemple,
07:25pour ce qui a été voté par les socialistes
07:28contre le corps nul.
07:30Le budget, avec le corps nul d'ailleurs,
07:32contre les intérêts des Français.
07:33Vous ne pouvez pas dire
07:34que vous êtes à compter chaque euro
07:37quand vous avez fait faire à le corps nul
07:39le budget le plus dépensier
07:40qu'on a fait depuis probablement plusieurs décennies.
07:44On a fait quelque chose
07:45qui peut-être ne vous plaît pas.
07:47On a été capable de construire un compromis.
07:48Moi, je l'appelle de mes voeux.
07:50Vous lui avez mis un flingue sur la tempe
07:52et il a accepté parce que son job
07:54est de durer jusqu'en avril prochain
07:55et c'est ce qu'il va faire.
07:58En tout cas, il y a peut-être quelque chose
08:00sur lequel on peut non pas s'entendre,
08:02mais il y a un vrai sujet, effectivement,
08:04qui est le pouvoir d'achat.
08:05Moi, je pense que la gauche a tué le pouvoir d'achat
08:07avec la redistribution.
08:09Moi, je pense qu'il faut maintenant penser
08:10à la distribution et non pas à la redistribution.
08:13C'est-à-dire mieux distribuer
08:15pour moins redistribuer.
08:17Je pense qu'il faut s'inquiéter.
08:18C'est trop subtil.
08:19Expliquez-moi.
08:20Pourtant, ce n'est pas très compliqué.
08:20Non, non, mais je suis procheur.
08:22C'est tout simple.
08:23Je pense qu'il faut maintenant
08:24s'attaquer au sujet des salaires,
08:27le prendre à bras-le-corps,
08:28faire en sorte que les Français
08:29soient mieux payés.
08:30Moi, je vois deux leviers.
08:32Un, moins redistribuer.
08:34Donc, ça fera baisser les charges
08:35et ça fera que les entreprises
08:37pourront verser aux salariés directement
08:39ce que pour l'instant,
08:40elles donnent à leurs salariés.
08:41Le net sera plus proche du brut.
08:43Le net sera plus proche du brut.
08:45À ce système merveilleux
08:46que vous défendez
08:47et que vous confondez avec la France,
08:49vous avez l'air de dire
08:49que la France,
08:50ça n'est que la sécurité sociale.
08:52Je ne suis pas sûr.
08:53C'est un pilier.
08:54Mais deux,
08:55un deuxième levier que je vois,
08:57et là, je pense que pour le coup,
08:59même si ce n'est pas ce que je souhaite
09:00dans l'absolu droite et gauche
09:01peuvent être d'accord,
09:02c'est faire en sorte
09:03que les entreprises
09:04payent mieux leurs salariés,
09:05notamment via les systèmes
09:06d'actionnariat salarié,
09:08de participation,
09:10de mettre sur la table
09:11les sujets des salaires
09:12beaucoup plus régulièrement
09:13qu'on ne le fait.
09:14Et ça, je trouve
09:14que c'est un sujet intéressant
09:16pour la présidentielle
09:17qui arrive.
09:18Comment on fait en sorte
09:18que les gens soient mieux payés ?
09:19Pas tout le système de rustine
09:22que la gauche a inventé
09:23et qui finit par peser
09:24à la baisse
09:25sur la rémunération des gens.
09:26Alors,
09:27sur les deux piliers
09:28que vous venez de mentionner,
09:28il y en a un avec lequel
09:29je suis d'accord
09:29et un autre sur lequel
09:31j'ai une question.
09:32Vous dites,
09:33il faut moins prélever
09:35et donc moins redistribuer.
09:37Oui.
09:37Mais alors,
09:38comment vous vous assurez
09:39sur la maladie ?
09:41Puisque si vous baissez
09:42les prélèvements
09:43pour financer
09:43la sécurité sociale
09:44ou si vous baissez
09:45les prélèvements
09:46pour financer la retraite
09:47ou si vous baissez
09:49les prélèvements
09:49pour financer
09:50les allocations familiales,
09:51qu'est-ce que vous baissez
09:52comme prestations sociales
09:53en face ?
09:54Est-ce que vous demandez
09:54aux gens,
09:55OK,
09:55vous savez,
09:56on peut supprimer
09:57trois points de CSG
09:58et du coup,
09:59on ne finance plus
09:59la branche assurance maladie ?
10:01Et la branche assurance maladie,
10:03si vous ne la financez pas,
10:05vous allez donc demander
10:05aux gens
10:06de prendre une complémentaire
10:07sur les prélèvements.
10:07La réponse,
10:08elle est sur votre compte Twitter.
10:09Oui.
10:10Ça, c'est le bandeau
10:11de votre compte Twitter.
10:12J'étais opposé,
10:12je suis toujours opposé
10:13à 64 ans.
10:1364 ans, c'est non.
10:15C'est la réforme des retraites.
10:16En tout cas,
10:16celle qui était présentée
10:17par Elisabeth Borne.
10:18Quand on regarde les chiffres,
10:19on voit qu'il y a
10:20un des très gros postes
10:21de dépense
10:22qui fait que les salaires
10:23sont extrêmement chargés,
10:25ce sont les retraites.
10:26Donc, par exemple,
10:27je passe la retraite
10:28à 67 ans, déjà.
10:30Si ce n'est 68,
10:32dans l'ensemble, oui.
10:34Sauf les métiers très pénibles.
10:35Sauf les métiers très pénibles.
10:37Mais sinon,
10:38dans l'ensemble, oui.
10:38Vous savez quoi ?
10:39Moi, je veux travailler
10:40jusqu'à 67 ans
10:41parce que j'estime
10:42que je serai en capacité
10:43de travailler.
10:43Il y a beaucoup de Français
10:44qui vont être obligés
10:45de travailler jusqu'à 67 ans
10:46puisque quand la gauche
10:47était au pouvoir,
10:48elle a allongé la durée
10:52des annuités.
10:52Donc, 43 pour quelqu'un
10:54qui a commencé à 24 ans,
10:55par exemple,
10:56ça lui fait partir
10:56à 67 ans.
10:57Ensuite, ça ne vous plaira pas.
10:59Mais on peut imaginer
10:59que celui qui a commencé
11:00à travailler à 24 ans,
11:01c'est parce qu'il a fait
11:03des études
11:03et qu'on peut imaginer
11:05que moi, pour les cadres,
11:08je le dis.
11:08Moi, je ne suis pas attaché
11:10à l'âge légal.
11:10Je pense qu'il faut prendre,
11:11il faut moduler.
11:12Vous voulez faire sauter
11:13l'âge légal ou pas ?
11:13Parce que c'est ce que propose
11:14Gabriel Attal, par exemple.
11:15Je pense que c'est un totem
11:17qu'on peut enjamber
11:18mais il faut faire attention
11:19parce que, paradoxalement,
11:21le système de retraite
11:21est extrêmement compliqué.
11:22Il protège,
11:24notamment pour les personnes
11:25qui ont eu des carrières
11:26hachées.
11:27Et notamment les familles.
11:28Ensuite, s'agissant
11:28de la santé,
11:29M. Gage,
11:30puisque vous l'évoquiez,
11:31mais déjà,
11:32si on fait des économies
11:32sur les retraites,
11:33vous verrez
11:34qu'on s'en sortira
11:35beaucoup mieux.
11:36Deuxièmement,
11:36si on augmente
11:37le temps de travail,
11:37vous verrez qu'on paiera
11:38beaucoup plus facilement
11:39nos retraites
11:40et notre système de santé.
11:41Donc, il ne faut pas
11:42savoir ce que vous voulez.
11:43Si vous voulez garder ce système,
11:44il faut que les gens
11:45travaillent plus
11:45et c'est ça qui le permettra.
11:47Troisièmement,
11:48moi, je pense qu'il faut
11:49être courageux sur la santé.
11:51J'ai déjà eu l'occasion
11:52de faire un mot d'humour
11:54là-dessus,
11:54mais je suis effectivement
11:56éberlué de voir
11:58ce que les Français
11:58achètent tous les jours
11:59dans des pharmacies
12:00pour 1,20€.
12:01La carte vitale,
12:02c'est la religion.
12:03Je pense qu'on devrait
12:05s'interroger.
12:06Je ne vois pas pourquoi
12:07au fin fond de Trifouille-Les-Oies,
12:09on a des pharmacies
12:10qui ressemblent
12:10à des casinos de Las Vegas.
12:12Je pense qu'il faut
12:13assumer de se poser.
12:14Je dis la vérité
12:16telle qu'elle est.
12:17Je dis la vérité
12:19à Trifouille-Les-Oies.
12:20Alors, il faut que vous ayez
12:21une école avec des chansons
12:22Je ne dis pas ça.
12:23Je ne dis pas ça.
12:24Je ne dis pas ça.
12:25Je ne dis pas un cardiologue
12:27à proximité.
12:27Je dis que mon village
12:30du Jura...
12:30Les métropoles où tout va bien
12:32et puis les gueux
12:33qu'on laisse crever
12:34dans leur solitude.
12:36Monsieur Gage,
12:37Las Vegas,
12:38ça n'est pas mon village
12:39du Jura.
12:39Et donc, je comprends
12:40qu'à Las Vegas,
12:41il y ait des grands hôtels
12:42avec des fontaines,
12:43des spectacles
12:44et des limousines.
12:45Et je comprends
12:46que dans mon village du Jura,
12:47il y ait une boulangerie
12:48un peu plus modeste
12:49avec des gens
12:49un peu plus simples.
12:50Et je pense d'ailleurs
12:51qu'ils sont peut-être
12:52plus heureux dans le Jura
12:53qu'à Las Vegas.
12:54Mais je ne vois pas pourquoi
12:55à côté de cette boulangerie,
12:56il y a une pharmacie
12:57qui ressemble
12:58à un magasin Sephora.
12:59Et ça, je pense
13:00qu'il faut que ça change
13:01parce que ça traduit
13:03une espèce de névrose française
13:04sur la santé.
13:05Et deuxièmement,
13:06ce qui ne va pas vous perdre non plus,
13:07et je ne vais sans doute
13:08pas me faire des amis,
13:09mais le nombre de témoignages
13:10que je reçois là-dessus,
13:11la France n'a pas à être
13:16mais le nombre de témoignages
13:17que je reçois sur ce sujet,
13:19où les gens viennent
13:19avec la carte vitale
13:20de quelqu'un d'autre,
13:21où les gens viennent
13:22juste pour se faire soigner,
13:24repartent ensuite
13:24dans leur pays,
13:25et où nous,
13:26on se fatigue
13:27à payer des internes,
13:29des systèmes,
13:30des gens qui travaillent la nuit
13:32pour soigner ces gens-là,
13:33je suis désolé,
13:34c'est très beau
13:35d'avoir un grand cœur,
13:36etc.
13:37Mais il y a un moment,
13:37on doit quand même penser
13:38aux intérêts de notre pays
13:40et je ne pense pas
13:40que ce soit l'intérêt
13:41de notre pays
13:42d'être un hôpital américain
13:43gratuit
13:44pour la planète entière.
13:45Voilà.
13:46Vous avez ma position
13:47sur la veste des dépenses.
13:48Si vous me laissez deux minutes,
13:49d'abord je vais être très content
13:50parce qu'on parle du fond,
13:51notamment sur les questions
13:52de santé,
13:52et moi je souhaite
13:53que ça puisse être
13:54un des enjeux
13:54de l'élection présidentielle
13:56plutôt qu'on se pouille la tête
13:58sur des sujets périphériques.
14:00Mais de grâce,
14:01ne le faisons pas
14:02en maniant la caricature.
14:04Et c'est une facilité
14:05à laquelle vous cédez
14:05trop facilement,
14:06M. Consigli.
14:06Mais je ne sais pas
14:06pourquoi c'est la caricature.
14:08Moi je dis des choses
14:08simplement...
14:09Parce que vous avez dit
14:09tout à l'heure
14:09sur les pharmacies
14:10en expliquant que c'est
14:11le casino de Las Vegas
14:13mais la crème hydratante
14:15n'est pas remboursée
14:15par la Sécurité sociale
14:16et donc le pharmacien...
14:18Non, la crème hydratante
14:19est vendue.
14:19Vous comparez
14:20avec un pharmacien
14:22Sephora.
14:23Et là où je suis d'accord,
14:24dans les économies
14:25que je vous propose,
14:26c'est celle
14:27de ne rembourser
14:28que les dépenses
14:29qui ont ce qu'on appelle
14:30un service médical rendu,
14:32avéré.
14:33Et moi je suis pour
14:33le déremboursement
14:34de médicaments.
14:35L'homéopathie,
14:36on a déremboursé.
14:36On a bien fait
14:37de dérembourser.
14:38Et même là récemment,
14:40dans le budget
14:41qui a été voté,
14:41et je l'assume,
14:42on a déremboursé
14:43un certain nombre
14:44de médicaments.
14:44En tous les cas,
14:45on les a pressés
14:46au minimum,
14:47c'est-à-dire à 15%,
14:47parce que leur service
14:49médical rendu
14:49n'était pas efficace.
14:51Ça c'est bien.
14:52Moi je pense
14:53qu'il y a des économies
14:53à faire,
14:54je vais même vous les chiffrer,
14:55sur l'assurance maladie,
14:56entre 15 et 20 milliards
14:57d'euros d'économie
14:58qu'on peut faire
14:59sur les 250 ou 270 milliards
15:01de dépenses d'assurance maladie
15:03sans pénaliser
15:04l'accès aux soins
15:05et le reste à charge
15:06sur les ménages.
15:07Pour être cohérent,
15:08tout à l'heure j'ai dit
15:08qu'il y avait un sujet
15:09sur lequel je ne suis pas d'accord.
15:12Mais vous voyez,
15:13on a court-circuité
15:13la discussion,
15:14je suis très content
15:14parce que ce n'est pas un reproche.
15:16Vous avez envie de parler
15:17de la tambouille politicienne,
15:18de savoir qui est candidat,
15:19pas candidat.
15:19Parce qu'au final,
15:20les Français vont voter
15:21pour quelqu'un.
15:22Oui, mais le candidat
15:22de la gauche républicaine,
15:23je veux être celui-là
15:24qui sortira de l'eau,
15:25c'est celui précisément
15:27qui parlera de ces sujets
15:28extrêmement contrôlés.
15:28Et vous avez un autre combat,
15:29c'est les mutuels.
15:30Non, les mutuels,
15:31on peut en parler,
15:32mais je ne vais pas l'évoquer,
15:33mais le deuxième sujet
15:34que vous avez mentionné,
15:34en disant,
15:35il faut que les entreprises
15:36payent mieux.
15:37Il y a des moyens de payer,
15:38notamment en associant
15:38et en partageant
15:40la richesse créée
15:40dans l'entreprise.
15:41Moi, ça me va bien
15:42de développer les mécanismes
15:43d'augmentation des salaires
15:46par la négociation,
15:47voire de participation
15:48et d'intéressement.
15:49Mais dans ce cas-là,
15:50il faut qu'on dise aux entreprises,
15:51il faut que vous acceptiez
15:52pour leur impose
15:53de plus et mieux participer,
15:55partager la richesse créée
15:56dans l'entreprise.
15:56Mais justement,
15:57je voudrais simplement
15:57qu'on revienne au début
15:58de notre discussion.
16:00Pourquoi j'y tiens ?
16:01Parce que Jean-Luc Mélenchon,
16:02il a dit,
16:03nous, c'est carré.
16:04On a un programme,
16:05on a un candidat.
16:06Vous, ce n'est pas carré,
16:07justement, dans cette gauche-là.
16:08Parce que Raphaël Glucksmann
16:10va sortir un livre
16:10qui s'appelle
16:10Nous avons encore envie.
16:12François Hollande se prépare,
16:13Bernard Cazeneuve a du désir.
16:15C'est ça son titre ?
16:16Oui, Nous avons encore envie.
16:17C'est le titre du livre
16:18de Raphaël Glucksmann
16:19qui va apparaître le 28 mai.
16:21Nous avons encore envie
16:22avec un grand,
16:23c'est ce qu'il veut,
16:23c'est un grand sursaut patriotique.
16:25Donc on se dit,
16:26à gauche, ce n'est pas carré.
16:27Et c'est pour ça
16:28que vous allez perdre.
16:29Parce que vous n'avez pas
16:29de candidat,
16:30parce que le programme
16:31vous en a entre deux.
16:32Je vais vous spoiler
16:34la fin de la série.
16:35À la fin,
16:35il n'y aura qu'un seul candidat
16:36issu de ce périmètre
16:38de la gauche républicaine.
16:40Voilà.
16:40Moi, la primaire qui m'intéresse,
16:41c'est la primaire des idées.
16:42C'est-à-dire de dire,
16:43voilà, ceux des sujets
16:44que nous mettons
16:45et qui sont différents
16:46de ce que propose
16:46Jean-Luc Mélenchon
16:47parce qu'il nous sort
16:48un programme long
16:48comme un jour sans pain
16:49et on rase gratis
16:52et avec le risque
16:53que vous pointez,
16:54c'est que si les Français
16:55n'ont pas l'intelligence
16:56de voir que tout ça
16:57ne fonctionne pas
16:58et ne permet pas
16:59de répondre aux défis,
17:01il y a un sujet
17:02que vous n'avez pas mentionné
17:02quand on parle
17:03du financement
17:03de la protection sociale.
17:05En effet,
17:06c'est trop assis
17:06sur les cotisations,
17:08c'est trop assis
17:08sur la masse salariale.
17:09Maintenant, l'État paye aussi.
17:11On a une révolution
17:12technologique devant nous
17:13qui s'appelle
17:13l'intelligence artificielle.
17:14Si on n'en parle pas
17:15dans cette élection présidentielle,
17:16il y a quelques jours,
17:17Arthur Mensch,
17:18le patron de Mistral
17:20était auditionné
17:21à l'Assemblée nationale.
17:22Il a dit,
17:23ce n'est pas un problème
17:25dans 10 ans,
17:25c'est un problème
17:26dans 3 ans
17:26ou dans 5 ans.
17:27La destruction d'emplois
17:29que l'intelligence artificielle
17:30va provoquer
17:30sur les catégories
17:31des cadres,
17:32sur les catégories
17:33intermédiaires
17:34et demain combinées
17:34à la robotisation
17:35fait qu'il faut
17:36que rapidement
17:37on change
17:38le financement
17:38de la protection sociale
17:39si on veut
17:40que les machines
17:41ou l'IA
17:42qui remplacent un salarié
17:43puissent cotiser
17:44et financer
17:45la taxe des robots.
17:45Alors, on ne peut pas
17:47aujourd'hui
17:48se lancer
17:49dans une campagne
17:50sans penser justice
17:51parce qu'à chaque fois
17:52la justice
17:53se mêle
17:54des campagnes présidentielles.
17:55On vient d'apprendre
17:55que le parquet national financier
17:56avait ouvert une enquête
17:58sur l'affaire
18:00des statuettes
18:00concernant
18:01Dominique de Villepin
18:02accusé d'avoir reçu
18:04des statuettes
18:04comme cadeau
18:05par des chefs d'État
18:06et étranger.
18:06C'est Robert Bourgie
18:08l'ancien intermédiaire
18:09qui l'a révélé.
18:11On apprend aussi
18:11qu'Édouard Philippe
18:12est visé par une enquête
18:14pour détournement
18:14de fonds publics.
18:15On sait que c'est la justice
18:17qui va trancher
18:18au Rassemblement National
18:19qui sera le candidat
18:21du RN
18:21Marine Le Pen
18:22ou Jordan Bardella.
18:22Ça fait beaucoup.
18:23Est-ce que la justice
18:24est trop présente
18:26dans la campagne ?
18:26Moi, je trouve
18:27beaucoup trop.
18:28Honnêtement,
18:28la question du bandeau
18:30c'est la justice
18:30va-t-elle s'imposer ?
18:31Elle est déjà
18:32dans la campagne
18:33en arbitrant
18:34entre Marine Le Pen
18:35et Jordan Bardella.
18:37Honnêtement,
18:38j'ai lu par exemple
18:39les faits
18:39qui sont reprochés
18:40à Édouard Philippe.
18:42Comme disait Chirac,
18:43c'est une histoire
18:43de corne-cul.
18:45Honnêtement,
18:46je trouve que ça ne mérite
18:47certainement pas
18:48l'ouverture.
18:48C'est une affaire
18:49qui remonte déjà
18:49il y a trois ans.
18:50Ce qu'on appelle
18:51l'ouverture
18:52d'une information judiciaire
18:53pour que nos téléspectateurs
18:54comprennent bien,
18:55c'est quand même
18:55qu'on saisit
18:56que le parquet
18:57saisit un juge d'instruction
18:59qui ouvre une instruction,
19:01c'est-à-dire
19:01c'est ce qu'on fait
19:02quand les faits
19:02sont complexes,
19:03sont graves, etc.
19:04En l'occurrence,
19:05j'ai lu ce qu'il en était,
19:06c'est un peu technique,
19:08c'est des histoires
19:08internes au Havre, etc.
19:10Ma position,
19:10pour le coup,
19:11d'avocat,
19:11c'est que ça ne mérite
19:12certainement pas
19:13une instruction.
19:14Et j'ai le sentiment
19:14qu'on ouvre une instruction
19:16presque pour le spectacle
19:17et pour faire durer
19:18quelque chose.
19:19Donc je trouve ça
19:20assez choquant.
19:21Quant au statuette,
19:22il faut voir
19:22quand ça a été fait, etc.
19:24Moi, je pense que
19:25c'est prescrit.
19:26Donc dans ce cas-là,
19:27pourquoi ?
19:27Peut-être l'enquête
19:28est ouverte
19:29juste pour dire
19:29que c'est prescrit.
19:30Mais je pense
19:31que la justice
19:31s'honorerait
19:33à attendre quand même
19:34la fin de cette campagne
19:36pour éventuellement
19:36s'il y a des choses
19:37à reprocher aux uns
19:38et aux autres,
19:38pourquoi pas agir ?
19:39Mais non, non,
19:40je le dis,
19:40là aussi comme je le pense...
19:41Avant, c'était la coutume.
19:43C'était la coutume
19:43de la justice
19:45laissait finalement
19:45la campagne se faire.
19:47Il y a une obsession
19:48aujourd'hui
19:48des juges
19:48vis-à-vis des politiques
19:49qui me paraît excessive.
19:50Un dernier mot,
19:51Jérôme Gage,
19:51là-dessus,
19:51sur l'émission
19:52de la justice ?
19:53Non, mais la justice
19:54c'est déterminant
19:56dans l'état de droit.
19:56Donc, elle est indépendante,
19:58elle considère
19:58qu'il y a des faits
19:59qui ont été révélés
19:59sur Dominique de Villepin.
20:01Qu'aurait-on dit
20:02si le parquet national financier
20:04ne s'était pas autosaisi
20:05pour dire,
20:05justement,
20:06c'est prescrit,
20:07c'est pas prescrit,
20:07c'est grave,
20:08c'est pas grave,
20:08il a remboursé.
20:09Vraiment,
20:10la suspicion serait encore
20:11plus grande
20:11si on disait,
20:12attendez,
20:12comme il y a l'élection
20:13présidentielle,
20:14on congèle
20:14et on donne l'impression
20:15que vous avez un peu
20:16évoqué tout à l'heure
20:16qu'on a un système
20:17à deux vitesses.
20:18Selon qu'on soit riche
20:19et puissant à Paris,
20:20on a la justice
20:21ou on a des pharmacies
20:21bien achalandées,
20:22ou selon qu'on soit pauvre
20:24et éloigné de tout.
20:24C'est vous qui caricaturez
20:26mon propos.
20:26Je me glisse dans les parables
20:28ouverts par eux.
20:28En l'occurrence,
20:28vous voyez bien
20:29qu'aujourd'hui,
20:30quand on est connu,
20:31puissant, etc.,
20:32on a la justice
20:33trois fois plus sur le dos
20:34que quand on ne fait pas
20:36de politique
20:36ou de choses comme ça.
20:37Merci Jérôme Gage,
20:38merci Charles Consigny,
20:39à bientôt
20:40pour de nouvelles discussions.
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