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  • il y a 15 heures
Ce jeudi 21 mai, Gaëtan de Sainte Marie, secrétaire national de la CPME, président-fondateur de Qantis, était l'invité dans l'émission Good Morning Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Good morning business, parole de patron.
00:048h22 sur BFM Business et sur AMC Live, notre invité c'est Gaëtan de Sainte-Marie.
00:07Bonjour, vous êtes secrétaire nationale de la CPME, vous êtes le président également fondateur de Quantis,
00:12un écosystème d'entreprise indépendante.
00:15On va parler d'abord de cette pression sur les salaires parce qu'on a cette revalorisation mécanique du SMIC
00:20et du coup tous ceux qui étaient un peu proches du SMIC évidemment se disent
00:24« Bon bah j'arrive à ce niveau, moi aussi je veux être augmenté. »
00:27Est-ce que vous sentez là dans les entreprises, aussi avec le retour de l'inflation,
00:31bouillir une certaine tension salariale ?
00:33Oui, bien entendu. Tension salariale parce que dans nos entreprises, nous ce qu'on souhaite,
00:38patron de PME, c'est que nos collaborateurs soient mieux payés.
00:42Sauf qu'aujourd'hui avec le poids des charges, des cotisations salariales patronales sur nos épaules,
00:49et bien c'est compliqué. Donc quand on augmente le SMIC, bien entendu qu'on va augmenter le SMIC
00:54puisque c'est légal. Mais ce qu'on ne veut pas surtout nous dans les entreprises,
00:58c'est devenir des variables d'ajustement. On ne veut pas que ceux qui travaillent
01:02deviennent des variables d'ajustement pour ajuster le budget de l'État.
01:05Et donc ce qui est important, c'est que les réductions de cotisations patronales
01:11qui sont d'habitude appliquées sur le SMIC, continuent à exister demain
01:15pour pas que pour les entreprises ce soit une double peine finalement.
01:17Là ça va être gelé, il n'y a aucun espoir d'autre chose.
01:21Peu importe les lettres qu'écrivent les lobbies patronaux, ça va être gelé.
01:24Oui, ce serait une bien mauvaise nouvelle pour les entreprises.
01:26Ça veut dire quoi ? C'est-à-dire que finalement on va taxer ceux qui bossent,
01:29on va taxer ceux qui sont capables de rapporter de l'argent au budget de l'État demain.
01:33Et ce serait un très mauvais signal.
01:36Finalement, moi ce que je demande c'est que le Premier ministre ne réagisse pas comme un comptable,
01:40mais il réagisse plutôt comme un entrepreneur.
01:42Et un entrepreneur, qu'est-ce qu'il fait ? Il investit.
01:45Et nous ce qu'on demande c'est que le gouvernement investisse dans les PME françaises
01:49parce que c'est elles qui travaillent, c'est elles qui peuvent enrichir l'État demain.
01:52Mais pour ça il faut d'abord qu'elles puissent se développer.
01:54Vous avez fait une enquête pour regarder dans quel état sont les PME.
01:58Vous avez les premiers résultats pour voir quel est l'impact du conflit dans le Golfe.
02:01Qu'est-ce que vous retenez ?
02:03J'ai quelques chiffres à vous donner qui ne sont malheureusement pas très reluisants.
02:0950% des dirigeants aujourd'hui disent que la situation de leur entreprise est dégradée.
02:14Un tiers des PME disent que leur trésorerie est tendue, voire critique.
02:1980% des PME disent qu'elles sont impactées par la crise au Moyen-Orient.
02:2380% c'est dingue.
02:2560% disent qu'elles ont des difficultés à trouver des crédits bancaires.
02:28Et moi ce qui me paraît finalement aussi inquiétant, c'est que 60% des PME disent qu'elles ne
02:34peuvent pas
02:35ou elles ont du mal à répercuter la hausse des coûts dans leur prix de vente.
02:38Et en fait on est dans un effet tenaille qui fait qu'aujourd'hui les coûts explosent,
02:43l'activité ralentit et que vous n'avez pas toujours les moyens de répercuter ça sur les prix de vente.
02:48Si on prend un exemple très concret, dans la viticulture par exemple, les engrais exposent,
02:53le coût du carburant expose, le prix du verre pareil, sauf que si vous dites à vos clients
02:58monsieur le prix de mes bouteilles je fais exploser, vous voulez voir.
03:01Et la demande baisse dans le vin, donc là c'est effectivement la quadruple peine.
03:07Mais du coup vous me dites, vous ne voulez pas que le Premier ministre se comporte comme un comptable,
03:12mais il est quand même comptable de l'argent public et il ne cesse de le dire,
03:15les caisses sont vides, qu'est-ce que vous voulez que je fasse ?
03:17On attend encore des mesures d'économie, on parlait de 6, maintenant on est quasiment à 8 milliards.
03:22Les entreprises, on ne va pas aller vers du positif, c'est-à-dire qu'on va aller vers une
03:26mise à contribution,
03:27a priori encore plus forte.
03:29Nous ce qu'on souhaite à la CPME c'est qu'on réduise le train de vie de l'État,
03:33parce que c'est probablement un des axes.
03:36Dans les entreprises, nous les patrons de PME, comment on fait quand ça va mal ?
03:39Bien sûr qu'on réduit les charges, mais on regarde aussi comment on peut augmenter son chiffre d'affaires.
03:44Donc il faut que l'État réduise son train de vie,
03:47et puis il faut qu'il l'investisse dans ceux qui sont capables de créer de la richesse,
03:51et ceux qui sont capables de créer de la richesse, c'est les PME françaises,
03:54ce sont ces millions de salariés qui bossent dans les PME françaises,
03:58qui font un travail extraordinaire,
03:59mais on doit leur donner de l'oxygène plutôt que de les enfermer dans une tenaille.
04:03C'est comme ça qu'on pourra s'en sortir.
04:05Et vous le savez, ici, tous les matins, vous donnez la parole à des tas d'entrepreneurs
04:09qui ont une énergie incroyable, on a vraiment une énergie d'entrepreneurs en France qui est dingue,
04:14mais donnons-leur de l'oxygène.
04:16Et vous voyez, vous, des gens qui n'ont plus envie,
04:18des chefs d'entreprise qui lâchent l'affaire ?
04:20Parce qu'on l'a vu notamment de chefs d'entreprise,
04:22des chiffres de gens qui résilient leur boîte et qui arrêtent en fait.
04:25En fait, c'est probablement, vous avez raison, un des points qui m'inquiètent le plus,
04:28c'est qu'on a toujours l'image du chef d'entreprise
04:31qui est habitué à affronter les péripéties.
04:35Mais je trouve qu'aujourd'hui, moi, ça fait 25-30 ans que j'ai créé mon entreprise,
04:40je vois aujourd'hui des patrons de PME qui sont fatigués,
04:43qui en ont vraiment marre, mais ce n'est pas une fatigue passagère,
04:46on sent une lourdeur que l'on ne connaissait pas avant,
04:51et ça, c'est très inquiétant.
04:52Dernier mot, on aura des annonces sur des aides potentielles au carburant
04:56à partir de 17h ce soir.
04:58C'est une demande des PME d'aller plus loin,
05:02ne serait-ce que pour aider leurs salariés,
05:04ou eux-mêmes pour leurs propres coûts ?
05:06Oui, alors, comme vous le disiez, on sait très bien à la CPME
05:09que les contraintes de l'État aujourd'hui font qu'on ne peut pas demander
05:12les chèques en blanc, etc.
05:13Donc, nous, ce qu'on demande, c'est que les aides soient extrêmement ciblées,
05:17et puis surtout extrêmement simples et rapides à mettre en œuvre.
05:20Parce qu'aujourd'hui, les boîtes, elles souffrent,
05:21donc c'est maintenant qu'il faut les aider.
05:23Il ne faut pas qu'on crée encore des usines à gaz,
05:26qui vont demander des semaines et des semaines à se mettre en œuvre.
05:29Je le disais, la trésorerie, aujourd'hui, des entreprises, est très tendue.
05:32Il y a une vraie tension.
05:32Donc, c'est maintenant que ça se passe.
05:33Merci beaucoup d'être venu ce matin, Gaëtan,
05:35de Sainte-Marie, secrétaire nationale de la CPME.
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