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  • il y a 3 heures
Jeudi 21 mai, Hedwige Chevrillon a reçu Marc Lhermitte, associé chez EY, dans l'émission La Grande Interview sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez-la en podcast.

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00:06C'est parti pour le 18-19 avec mon premier invité Marc Lhermitte, il est associé de EY, c'est
00:12lui, c'est le monsieur baromètre de l'attractivité de la France.
00:16Bonsoir Marc Lhermitte, merci d'être là. Votre baromètre il est attendu en tous les cas par les entreprises, par
00:22les investisseurs internationaux
00:23et j'ai envie de dire par le président Macron parce que pour lui on sait qu'ensuite le 1er
00:27juin il y a de choses France et c'est là où il pourra faire des tas d'annonces pour
00:30expliquer que la France est Cocorico, la championne des investissements.
00:34Alors vous avez publié, on voit que les gens ont dit ça y est, j'en recevais Louis Marguerite qui
00:39est le nouveau acteur général de Business France lundi, tout le monde s'en félicite mais il y a quand
00:44même quelques mai, on est d'accord ?
00:46Notamment sur l'industrie, sur la perspective 2026, vous avez écouté avec moi les annonces du Premier ministre, Sébastien Lecornu,
00:53on voit qu'il y a quand même une tension mais qui n'est pas due à la France,
00:56mais enfin en tous les cas on est victime des aléas politiques et puis vous avez quand même le FMI
01:01qui est juste avant l'intervention du Premier ministre,
01:04qui a rabaissé la croissance de la France de 0,9 à 0,7% en disant attention, hors de
01:09question de sortir des clous, ce que m'avait dit le chef économiste du FMI qui était mon invité, là
01:14il y a vu ça quelques jours.
01:16Pour vous, vous vous dites, ah certes, on est champion mais ça va être dur.
01:21Non, c'est ce qui explique les résultats de la France. D'abord, Cocorico, vous avez raison, champion d'Europe
01:26pour la 7ème année consécutive, on va en reparler parce que c'est quand même une bonne nouvelle.
01:31Mais les résultats plongent, se dégradent, la baisse entre 2024 et 2025 elle est significative, moins 17%.
01:38Les trois grands pays européens, moins 17% au nombre d'investissements annoncés.
01:42On en a recensé, on a tout compté chez EY, 852 dans l'année 2025, c'est plus que le
01:48Royaume-Uni, deuxième c'est plus que l'Allemagne, troisième.
01:51L'ensemble de l'Europe est dans une baisse un peu généralisée.
01:53Ce qu'on voit là, ce que les annonces du Premier ministre font et essaient de résorber, c'est la
01:59crise de plus, c'est la crise la plus récente,
02:01qui s'ajoute à une lame de fond qui est celle finalement qui nous a touchés partout en Europe,
02:07depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine. C'est ça le point de cassure de l'attractivité de l
02:12'Europe.
02:12Mais dans ce contexte, la France reste numéro un, c'est ce que disent nos chiffres et notre étude.
02:17Alors d'abord comment vous travaillez ? Parce que finalement on se sert tous en disant ça y est, c
02:22'est le baromètre,
02:23on a gagné combien, combien c'est d'emploi, etc. Mais vous travaillez comment ?
02:27On travaille dans 47 pays européens, on travaille d'abord indépendamment, c'est une étude indépendante, neutre,
02:32voilà, personne ne nous paye. On est ravis qu'effectivement ça intéresse nos clients, les entreprises, les institutions.
02:38C'est évidemment pour faire avancer non seulement la France, mais tous les pays européens dans lesquels EY est présent.
02:43C'est pour ça qu'on le fait, pour que cette économie internationale, cette Europe, soit plus attractive,
02:48et la France en particulier. On recense, qu'est-ce qu'on fait ?
02:50On recense les investissements qui créent des emplois dans des usines, des centres de recherche,
02:56des centres d'intelligence artificielle, des plateformes logistiques,
02:58et on regarde les extensions qui créent les emplois.
03:01On est vraiment très centré sur finalement l'industrie, la réalité des investissements.
03:06On regarde aussi le financier, mais ce qui nous intéresse c'est la vraie vie,
03:09finalement, ce qui à un moment dans un territoire, dans une ville va permettre de créer des emplois.
03:11Mais justement, c'est quel type d'investissement ? Parce qu'on voit que c'est parfois compliqué,
03:16il y a des gros annonces, c'est le cas de Choose France, ce n'est pas le cas de
03:18votre baromètre,
03:19puisque vous avez un rétroviseur quand même sur 2025,
03:22mais il y a des gros annonces et finalement, ils ne se font pas les investissements, vous voyez ?
03:26Alors, ils ne se font pas, il y a toujours une correction.
03:29En ce moment, il y a peut-être un peu plus de correction que d'habitude,
03:31parce que c'est vrai que les aléas, l'incertitude, les entreprises sont un peu épuisées
03:34par ces 4 ans, 100% en Europe.
03:37Qu'est-ce qu'on attire en France ? C'est peut-être ça qu'il faut regarder.
03:40Beaucoup de logistique, la France est un pays d'infrastructures,
03:44c'est un gros marché, c'est un marché central aussi en Europe,
03:47et donc c'est d'abord ça qui marche.
03:49Les plus gros projets sont des plateformes logistiques d'Amazon,
03:52des plateformes de nouveaux distributeurs qui s'implantent
03:55et qui créent énormément d'emplois, 300 en moyenne pour ces grandes plateformes logistiques.
04:0028 000, je reprends vos chiffres, c'est 28 000 emplois à la clé.
04:0228 000 emplois à la clé, à peu près la moitié vient de 5% des projets,
04:06car une quarantaine qui sont de très gros porteurs d'emplois,
04:09notamment dans la logistique.
04:10Ensuite, ce qui fonctionne très bien, avant de parler des problèmes,
04:13parce qu'il y a des problèmes et on ne peut pas les masquer,
04:15il faut les résoudre, l'intelligence artificielle.
04:18On a recensé 300, 400 investissements partout en Europe qui sont 100% IA,
04:23et ça c'est le début d'une vague qui va être importante.
04:25La France est aussi championne d'Europe.
04:27Pardonnez-moi, je vais aller doucement, Marc Lermitte,
04:30même si votre enthousiasme est communiquant.
04:34Quand vous parlez des investissements dans l'intelligence artificielle,
04:37c'est très important parce qu'on voit bien que ça y est, on fait partie,
04:40mais c'est des petits investissements.
04:43On n'est pas là, vous avez vu les résultats d'NVIDIA,
04:45vous voyez ce que je veux dire là ?
04:46C'est un tiers de data center et il en faut parce que ce sont les infrastructures numériques,
04:50et les deux tiers, c'est Anthropie qui ouvre un bureau à Paris,
04:53qui choisit Londres et Paris pour déployer ses clouds
04:56et l'ensemble de ses développements partout en Europe.
04:59Mais ce n'est pas des milliards, ce n'est même pas des centaines de millions.
05:02C'est la vraie vie, c'est ce qu'il faut pour équiper ces usines,
05:07c'est ce qu'il faut pour répondre à la demande de la consommation.
05:10En fait, les entreprises internationales en France,
05:12elles emploient, vous le savez, plus de 2 millions de personnes,
05:16elles sont à peu près 15-17% du PIB, c'est 35% de nos exportations,
05:21donc c'est une vie continue depuis pour certaines 50, 100, 150 ans.
05:25Qu'est-ce qu'elles font en France ?
05:27Elles font l'année dernière un peu plus de 800 investissements,
05:30ce n'est pas rien dans une année difficile, et c'est vrai,
05:33c'est vrai que ce qu'elles créent en France est un peu prudent.
05:37Oui, j'ai envie de dire, on met son doigt pour voir,
05:42il y a un côté comme un poker, c'est un peu…
05:44Non mais disons les choses, le coût du travail en France,
05:47qui est deuxième, troisième, plus élevé en Europe,
05:50ce qui reste un peu de notre climat social,
05:52il y a une réalité qui n'est pas des relations sociales brutales,
05:56chaotiques qu'on a connues il y a quelques années.
05:58Peut-être la complexité apparente ou réelle de la France,
06:02la bureaucratie, l'ensemble de nos millefeuilles territoriaux,
06:05administratifs, etc.
06:06Sans doute que ça, ça retient les entreprises de faire plus gros en France.
06:10Et c'est un peu ça qu'il faut regarder en face,
06:12c'est-à-dire qu'on a quand même un taux de chômage
06:14qui reste un des problèmes de la France,
06:16et donc on a besoin de ces…
06:19Qu'il est témoin, mais qu'il redevient.
06:20Qu'il redevient.
06:22Une des réponses au chômage élevé,
06:24ça a été justement d'être beaucoup plus organisé
06:27pour attirer plus d'investisseurs internationaux,
06:29plus d'entreprises venant des États-Unis,
06:31d'Allemagne, d'Italie, du Japon, etc.
06:33Et je pense que c'est une des réussites des dernières années,
06:36des dix dernières années en l'espèce,
06:40pour essayer de, partout en France,
06:43à peu près un quart en Ile-de-France,
06:45les trois quarts dans l'ensemble des régions,
06:47notamment dans des petites villes et des villes moyennes
06:49qui en avaient besoin.
06:50– Oui.
06:52Le climat, je reviens à l'instant,
06:53parce qu'il y a toujours le Premier ministre
06:54qui est en train de faire ses déclarations,
06:56qui parle, puisque vous disiez
06:58qu'il y a l'énergie en France qui est quand même décarbonée,
07:02et là, il vient de faire une déclaration
07:04en disant qu'il allait emmener la France
07:07vers une marche à l'électrification,
07:10une marche un peu forcée à l'électrification.
07:12Vous savez, c'est comme on force son compteur.
07:15Ça, c'est un atout pour la France.
07:17C'est vraiment le premier atout.
07:19Quel est le premier atout ?
07:20Le premier atout, c'est d'abord qu'on a un gros marché.
07:21La France, c'est deuxième économie de l'Union européenne.
07:24On vient d'abord voir les consommateurs français,
07:27les grandes filières françaises,
07:28le luxe, l'aéronautique, l'automobile,
07:31l'ensemble des filières de services.
07:32C'est d'abord ça, la France.
07:33Ensuite, c'est la France, la French Tech,
07:36la France scientifique, la France technologique.
07:38C'est quand même un gros marqueur.
07:40– Ça, ça marche, ça, c'est un gros marqueur.
07:41– Ça marche très bien.
07:42– C'est pas uniquement, c'est très bien, mais…
07:43– Non, c'est pas juste…
07:46– Le président de la République a quand même instauré ça.
07:50– C'est des entreprises qui n'ont aucune raison
07:53de dire du bien de la France plus que du mal,
07:54qui nous disent, 200 dirigeants en l'occurrence,
07:56qu'on a interrogé très récemment,
07:57qui nous disent, le deuxième atout de la France,
08:00c'est l'innovation, c'est la France scientifique.
08:02On reconnaît ça, et on trouve que c'est une belle différence française
08:05par rapport à ses concurrents européens.
08:07Troisième sujet, les infrastructures…
08:08– Par rapport aux Allemands, même par rapport aux Allemands ?
08:10– Par rapport aux Allemands.
08:11Alors les Allemands sont aujourd'hui dans une série de problèmes
08:13presque plus lourds et plus graves que les nôtres.
08:15Le ralentissement allemand, il est spectaculaire,
08:18les entreprises sont vent debout contre leur gouvernement,
08:20c'est un gros problème pour nous d'ailleurs,
08:22parce que c'est notre premier marché aussi à l'export.
08:24Ce sont aussi les premiers investisseurs en France,
08:26mais l'innovation, c'est un peu un marqueur français.
08:28On a des compétiteurs en Europe,
08:30je pense que c'est plutôt du côté de Londres et du Royaume-Uni
08:33qu'il faut regarder, parce que là, il y a de l'argent,
08:36il y a tous les fonds de private equity,
08:38il y a des médias…
08:40– Oui, l'attaque est très présente.
08:41– Voilà, et donc Londres se défend,
08:43en tout cas le Royaume-Uni,
08:44qui a quand même été très affaibli par le Brexit,
08:48notamment dans son cœur industriel,
08:49se défend énormément sur la tech, sur les sièges sociaux.
08:52Donc ça, c'est une des batailles
08:53qu'on n'a pas complètement gagnées,
08:55ça commence, mais sur l'IA, on est champion d'Europe.
08:57– Juste sur les décisions d'investissement,
08:59même s'il y a une baisse de 17%, c'est ça ?
09:03Louis Marguerite, encore lui, de Business Force,
09:05il disait, il y a quelque chose qui a marché,
09:08vous allez me dire si ça, c'est vrai,
09:10c'est qu'en fait, vous savez, il y a une personne par projet,
09:14ça s'appelle, je n'ai plus le terme exact,
09:16c'est-à-dire que quand vous avez une décision d'investissement,
09:18vous avez un interlocuteur, au lieu d'en avoir 25,
09:21et puis c'est un interlocuteur, il va gérer tout ce qu'il faut,
09:24avec le préfet, le machin, etc.
09:26Est-ce que ça, c'est vrai que c'était un atout de la France ?
09:30– On a en 10-15 ans, énormément,
09:33nous on le constate du côté des entreprises,
09:34on accompagne des entreprises sur leur choix de localisation
09:37en France et en Europe,
09:38et c'est vrai qu'auparavant, en France,
09:39il fallait taper à 5, 10 portes.
09:42Autre exemple, je me souviens d'il y a 10 ans,
09:44d'un ou d'une ministre de l'économie qui disait
09:46que ce n'est pas possible,
09:47chaque année, il y a 150 régions, villes, départements français
09:51qui vont faire leur show aux États-Unis.
09:54Il y a une dispersion de moyens,
09:55et à la fin, les boîtes ne s'y retrouvent pas.
09:57C'est vrai qu'aujourd'hui, par les efforts du gouvernement,
10:01de Business France, de Pascal Cagny,
10:03que vous recevez souvent, et maintenant de Louis Marguerite,
10:05mais aussi de toutes les collectivités,
10:07principalement les régions et les métropoles
10:09qui ont cette compétence,
10:10il y a quand même un peu plus d'ordre d'organisation.
10:13Franchement, les entreprises nous reconnaissent aujourd'hui
10:16une attitude assez business en France,
10:18et ça, c'est une des bonnes surprises.
10:19Après, ils reconnaissent aussi nos compétences,
10:21c'est demander les atouts,
10:22il y a les compétences françaises,
10:23c'est quand même assez singulier de se dire
10:26« Bon, on a des classements PISA qui ne vont pas bien,
10:28mais quand on interroge 200 dirigeants,
10:30ils nous disent « Nous, les talents français, on y croit. »
10:33Il faut se dire qu'on a des concurrents aussi partout en Europe,
10:35mais le talent français,
10:37la façon dont la France enseigne et éduque ses jeunes
10:40et ensuite maintient la formation tout au long de la vie,
10:43c'est une des qualités qui nous reconnaissent.
10:45– Mais alors, en même temps, ce que je crois,
10:46c'est un peu paradoxal,
10:47c'est qu'en même temps, on voit que notre industrie,
10:50avec nos champions,
10:53elle séduit quand même de moins en moins.
10:55Quand on les grands secteurs, l'automobile,
10:58tout à l'heure, on partira à Détroit,
11:00on nous attend Justine Vasseuil,
11:01parce que Stellantis présente son plan,
11:02il y a quoi dans ce plan ?
11:03Grosso modo, je me désintéresse de l'Europe
11:06et puis je m'investis plus aux Etats-Unis.
11:08Je schématise évidemment,
11:09mais c'est quand même un peu le message.
11:11La chimie, la pharmacie,
11:13donc c'est…
11:14– C'est une des faces sombres du baromètre 2025.
11:17– Clairement, la raison pour laquelle la France
11:20voit ses résultats diminuer,
11:22reste première,
11:23mais quand même avec une diminution assez forte,
11:25c'est que les entreprises du secteur automobile,
11:27la chimie, la plasturgie,
11:29maintenant la pharma,
11:30pour des raisons un peu différentes,
11:31ils trouvent qu'on ne rémunère pas suffisamment bien,
11:34pas autant que les Etats-Unis,
11:35le système de santé ne permet pas
11:37aux entreprises du médicament
11:40de réinvestir,
11:41de faire de la recherche en France,
11:42donc elles sont aussi un petit peu
11:44en désamour de la France.
11:45– Ah oui, l'industrie du médicament, c'est clair.
11:46– Dans l'automobile, la chimie,
11:47la plasturgie, la métallurgie,
11:49on va dire les industries historiques,
11:50qui comptent énormément en France,
11:52on a perdu beaucoup de volumes d'investissements,
11:56et notamment d'entreprises américaines,
11:58puisque les entreprises américaines,
12:00c'est notre premier client,
12:01les entreprises américaines,
12:02il faut savoir, en 5 ans,
12:03ont investi deux fois moins
12:05en Europe et en France
12:07qu'elles ne…
12:07en 2025,
12:08qu'elles ne faisaient il y a 5 ans.
12:09C'est-à-dire qu'elles sont restées
12:10aux Etats-Unis.
12:11– Vraiment, l'Europe est coincée,
12:12en fait, on est dans un étau
12:14entre les Etats-Unis et la Chine.
12:16– Ah oui, 5 fois moins, vous dites…
12:18– Deux fois moins,
12:18deux fois moins en 5 ans,
12:20pourquoi ?
12:20Parce que le plan Biden,
12:22puis la stratégie de l'administration Trump
12:24et aussi les efforts des Etats américains,
12:26parce qu'il y a aussi des collectivités
12:27aux Etats-Unis,
12:28c'est très efficace
12:30pour retenir de l'industrie américaine
12:32sur le sol des Etats-Unis.
12:33– Oui, pour faire venir.
12:34– Et donc ça vient moins,
12:34va se communiquer en,
12:35ça vient moins en Europe.
12:36– Les menaces de Donald Trump
12:37ont été claires quand même,
12:38c'est-à-dire que ça a marché ce chantage ?
12:40– Ça a marché dans la mesure
12:42où les entreprises américaines…
12:43Après, on commence à voir
12:44des entreprises, on va dire,
12:46internationales, japonaises, européennes,
12:47qui trouvent que la qualité de l'Europe,
12:50il y a beaucoup des fois l'Europe,
12:51la dispersion, la fragmentation politique,
12:54une des qualités,
12:55c'est quand même la stabilité,
12:56la prévisibilité.
12:57Et dans ces temps de chaos,
12:59de conflits, de tensions,
13:02de chocs géopolitiques,
13:03de bonnes parfois,
13:05mais souvent de mauvaises surprises,
13:06la stabilité, c'est une qualité,
13:08c'est un argument de marketing
13:09que l'Europe devrait davantage mettre en avant.
13:11– D'accord, donc en fait,
13:14si je vous écoute bien,
13:17on a le sentiment que la France,
13:19ça va plutôt bien,
13:20mais que l'Europe va plutôt mal.
13:23– Alors la France va mieux que ses voisins
13:26dans les volumes d'investissement,
13:28c'est manifeste.
13:29Pourquoi ?
13:29Parce qu'au Royaume-Uni, en Allemagne,
13:31il y a aussi des problèmes politiques,
13:32il y a aussi des cycles électoraux,
13:34il y a aussi une fiscalité additionnelle
13:37que les boîtes britanniques
13:38n'apprécient pas,
13:39le patronat allemand
13:40est quand même vent debout
13:41contre la politique,
13:43ou en tout cas la vitesse
13:44à laquelle le champ
13:45et les mers appliquent
13:47sa politique économique.
13:47Donc on va dire que
13:48ce n'est pas des problèmes équivalents,
13:51mais que notre problème
13:52de dissolution,
13:53de fragmentation parlementaire,
13:54finalement,
13:55il a des équivalents ailleurs.
13:56Je pense que la France,
13:58finalement,
13:58a réussi à retrouver
13:59la confiance des investisseurs.
14:01En revanche,
14:01il ne faut pas cacher,
14:02il dit que dans notre baromètre,
14:04quand on interroge 200 dirigeants,
14:06on voit un ralentissement
14:07des projets à un an.
14:09Ça, c'est un indicateur
14:10très important.
14:11Vous donnez un repère,
14:12quand on les interroge
14:12en mars dernier,
14:13il n'y a pas si longtemps,
14:1557% nous disent
14:17j'ai des projets en France
14:18il y a un an.
14:18Si on regarde ce chiffre,
14:19on se dit
14:19plus de la moitié des boîtes
14:20que EY interroge,
14:22des entreprises
14:23qu'EY interroge,
14:23nous disent
14:24j'ai des projets en France,
14:24ça c'est une bonne nouvelle,
14:26on va pouvoir travailler
14:27et c'est bien.
14:29Mais c'est 5 points de moins
14:30que l'année précédente
14:31et surtout 16 points de moins
14:33qu'en 2024
14:34avant la dissolution.
14:35Et puis,
14:36on s'approche
14:37d'une année électorale importante.
14:40Donc la politique,
14:41elle joue,
14:41ça joue.
14:42Bien sûr.
14:42Parce que j'ai commencé par ça,
14:43vous m'avez dit
14:43mais non,
14:44mais pas vraiment,
14:45mais si,
14:45mais si.
14:46Parce que ça compte,
14:49mais ça compte
14:50dans un contexte
14:51macroéconomique international
14:52qui est d'abord
14:53ce qui explique
14:54les résultats de la France.
14:55En revanche,
14:56c'est pas tant la politique,
14:57je pense que les entreprises
14:58savent garder un peu
14:59la tête froide
15:01mais quel est l'horizon ?
15:03Quelles sont les règles du jeu ?
15:04Et on veut des règles du jeu
15:05à 5 ans
15:06quand on est un investisseur étranger ?
15:07Il faut savoir que
15:08se battre pour vendre la France
15:09quand elle est le patron d'une finale,
15:10c'est quand même un métier.
15:12C'est compliqué surtout
15:13lorsqu'on a vu
15:14la discussion budgétaire
15:15en 2025.
15:16Et on a besoin de se dire
15:18voilà,
15:18moi en France,
15:19je vous dis
15:20les règles du jeu
15:20c'est sur 3-5 ans
15:22c'est à peu près ça
15:23quelle qu'elle soit.
15:24Vous me direz
15:25la prévisibilité
15:26du président américain
15:29n'a aucun égal,
15:31aucune...
15:31Je pense qu'effectivement
15:33on voit bien d'ailleurs
15:34que les pays en Europe
15:35qui s'en sortent bien
15:36l'Espagne,
15:37l'Italie,
15:38la Pologne
15:38sont les pays
15:39dans lesquels
15:40il y a à peu près
15:40un horizon,
15:41il y a aussi
15:41des fonds européens importants
15:43mais il y a à peu près
15:43un horizon politique.
15:45On va dire que la France
15:45est depuis 2 ans
15:46dans un moment
15:47de transition
15:48qui ne lui permet pas
15:50aux entreprises
15:50de dire
15:50bon,
15:51les plans à long terme
15:52c'est un peu embêtant
15:53parce que notamment
15:54sur l'innovation
15:55il faut des plans
15:55à très long terme
15:57les plans à long terme
15:58on ne peut pas trop
15:58les faire en France
15:59et on retrouvera peut-être ça
16:00après 2027.
16:01Ce qui est étonnant
16:01Marc Lermitte
16:02c'est que depuis le début
16:02vous n'avez pas mentionné
16:03une seule fois
16:04la Chine.
16:05Alors j'ai l'impression
16:06que la Chine
16:06c'est vraiment
16:08c'est elle
16:09qui est en train
16:09de faire une radia
16:11en Europe.
16:13Donc c'est là
16:14notamment sur nos PME
16:15on sait qu'il y a
16:16quand même
16:16beaucoup d'alertes rouges
16:18sans faire de mauvais
16:19jeu de mots.
16:19C'est un vrai sujet
16:21dans les chiffres
16:22on peut regarder
16:24sur les 852 investissements
16:25que l'ensemble
16:26de la France
16:27a accueillis
16:28l'année dernière
16:2834 investissements
16:29chinois.
16:30Donc c'est pas rien
16:31mais ça vient loin
16:32derrière les entreprises
16:33italiennes,
16:34allemandes,
16:34suisses,
16:35britanniques,
16:36américaines,
16:37etc.
16:38Néanmoins
16:38c'est vrai que
16:39ce qui se passe
16:40pour dire les choses
16:41c'est que dans
16:41certains secteurs
16:42industriels
16:42l'automobile
16:44prenons l'exemple
16:45de l'automobile
16:45la façon
16:46en tout cas
16:47l'aspect très massif
16:49et extrêmement
16:50extrêmement performant
16:51de la production chinoise
16:52c'est plus du tout
16:53la zone low cost
16:54les produits
16:55de commodité
16:56etc.
16:56On a en Chine
16:58une production
16:59qui est d'un niveau mondial
17:00pour lequel
17:01les consommateurs
17:02européens
17:03ont de l'appétit
17:04et donc
17:05la question derrière
17:06c'est que si
17:06l'Europe
17:07n'est pas préparée
17:08si la France
17:09ne négocie pas
17:10les bonnes
17:11contreparties
17:12pour que
17:13on ait de l'emploi
17:15la propriété
17:15du transfert
17:16de technologie
17:17on va avoir
17:18des dégâts sociaux
17:19donc c'est un peu
17:19cet arbitrage
17:20cette réflexion
17:21qu'il faut avoir
17:21mais pas se méfier
17:22particulièrement
17:23des chinois
17:23plus que des américains
17:25voire des investisseurs
17:26européens
17:26Oui
17:27au moins
17:27ils font partie
17:27de l'Europe
17:28en effet
17:29Voilà
17:31dernière question
17:32Marc-Lermitte
17:33est-ce que vous redoutez
17:352026
17:35comment vous voyez-vous
17:362026
17:37est-ce qu'on restera
17:38champion ou pas
17:39Je pense qu'on a
17:41toutes les cartes
17:42pour le rester
17:43sans doute
17:44dans une érosion
17:46supplémentaire
17:46du volume d'investissement
17:48c'est normal
17:49parce que le climat général
17:50et notre climat en France
17:51n'incitent pas
17:52à faire des gros investissements
17:53néanmoins
17:54on a quand même
17:55une position
17:55qui est très convoitée
17:56très enviée
17:57il faut le savoir
17:58Edwige
17:58à Londres et à Berlin
17:59la première position
18:00de la France
18:00ça agace
18:01ça énerve un petit peu
18:02mais je pense
18:02qu'on devrait pouvoir
18:03rester premier
18:04j'espère
18:04en tout cas
18:05la question qui se pose
18:06maintenant
18:06c'est que les entreprises
18:07internationales
18:08qui sont des entreprises
18:09encore une fois
18:09implantées en France
18:10depuis des dizaines
18:12ou 50 ou 100 ans
18:13pour certaines
18:14ont besoin de dire
18:15ce qu'elles apportent
18:16les idées qu'elles ont
18:17le faire de manière
18:19sereine
18:19constructive
18:20sont des entrepreneurs
18:21qui ont plutôt
18:22le goût de la France
18:23ils ne sont pas dans
18:24le french bashing
18:25à mon avis
18:25c'est ça qui se joue
18:26pour les élections présidentielles
18:27mais comme vous disiez
18:28ce sera le lien
18:29avec mon deuxième invité
18:30c'est que c'est compliqué
18:31de convaincre
18:32les maisons-mères
18:33américaines
18:35ou ailleurs
18:35ou allemandes
18:36de venir investir
18:37en France
18:38par exemple
18:38pour une deuxième usine
18:39une troisième usine
18:40parce que la situation
18:42politique est quand même
18:44compliquée
18:44complexe à comprendre
18:45et ce n'est pas simple
18:46de le faire en Allemagne
18:47et ce n'est pas simple
18:47de convaincre
18:48que Starmer
18:48va être le premier
18:50ministre pour quelque temps
18:51je pense que c'est
18:52un peu plus compliqué
18:52en France
18:53que ça ne l'était
18:53il y a 3 ans
18:54il y a 7 ans
18:55il y a 10 ans
18:55certes
18:56mais que les arguments
18:57peuvent être
18:59sur d'autres sujets
19:00l'innovation notamment
19:00et on en a
19:02et il faut continuer
19:03à se battre
19:03merci beaucoup
19:04Marc Lhermille
19:05d'être venu ici
19:06présenter votre baromètre annuel
19:07associé donc de EY
19:09merci beaucoup
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