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  • il y a 18 minutes
Ce mardi 21 avril, Dominique Carlac'h, vice-présidente d'ABGi France en charge des relations institutionnelles, était l'invitée dans l'émission Good Morning Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Good morning business, parole de patron.
00:02Rendez-vous du mardi avec Dominique Carlac. Bonjour Dominique, vice-présidente d'ABG France en charge des relations institutionnelles et
00:11du développement.
00:12On parle ce matin des patrons qui replongent dans le brouillard.
00:16Ça se voit à plusieurs niveaux évidemment, il y a plusieurs effets, mais on pense en premier lieu à l
00:21'inflation qui revient.
00:22Exactement, là on est vraiment entré dans le spectre d'un deuxième 2022.
00:26On se souvient de la suite de la guerre en Ukraine, avec pour les entreprises françaises et les patrons une
00:33espèce de déjà-vu angoissant
00:34où ils voient les factures augmenter parce que le cours du pétrole s'envole, le gaz repart à la hausse.
00:40Il y a des perspectives de nouveaux blocages du détroit d'Ormuz.
00:43Donc ça se traduit par quoi ? Par un brouillard effectivement.
00:47Et alors comment ça se traduit concrètement l'inflation ?
00:49Donc il y a deux phénomènes.
00:51D'abord il faut toujours rappeler que le prix du carburant et le prix du transport entraînent la surchauffe de
00:57tout.
00:58Et donc on pensait redescendre à 2% d'inflation, on est déjà à 3%, donc ça c'est pour
01:03la partie chiffrée.
01:04Et puis en fait c'est un phénomène qu'on appellerait un peu l'inflation d'usure, c'est-à
01:08-dire ça grignote petit à petit les marges.
01:10C'est pas un gros choc, mais petit à petit ça grignote les marges.
01:13Et quand on est une entreprise énergivore qui a besoin d'énergie pour fonctionner, on est impacté tous les jours
01:19de plus en plus.
01:21C'est le cas par exemple pour l'acidérurgie et la plasturgie, c'est le cas aussi pour l'agroalimentaire.
01:25Et donc c'est plus pour un patron dans ce genre de secteur.
01:29La croissance qui fait peur, trouver des clients, c'est la facture qui fait peur, la facture de l'énergie.
01:34Je regardais un exemple dans une fonderie en Haute-Marne qui disait, en fait moi je suis passé d'une
01:40facture d'électricité de 80 000 euros par mois à 210 000 euros par mois.
01:45Donc il essaye de répercuter à hauteur de 15% ses prix sur ses clients, mais dans ces cas-là
01:51qu'est-ce qui se passe ?
01:52Le concurrent espagnol, il va faire un meilleur prix.
01:54Donc c'est insidieux, c'est petit à petit on augmente le prix, petit à petit la facture augmente, petit
01:59à petit on essaye de remettre un petit coup côté client.
02:02Mais en fait à ce moment-là, la loi de l'économie ouverte arrive et puis le concurrent espagnol est
02:08là.
02:09On avait la même chose dans le domaine de la plasturgie, où on voit que les sous-traitants qui travaillent
02:14bien souvent pour l'industrie automobile,
02:16qui est une filière quand même à laquelle on croit en France, et bien depuis début mars, on voit certains
02:22sous-traitants qui travaillent plus autant
02:25parce qu'ils ne veulent pas travailler dans les heures pleines.
02:27Et donc du coup, ils travaillent dans les heures creuses, mais dans les heures creuses, ça veut dire qu'ils
02:31baissent parfois de 20% leur activité.
02:33Donc encore une fois, ce n'est pas la croissance du chiffre d'affaires qui joue, c'est plutôt le
02:37coût de la production qui va piloter les entreprises.
02:41Donc ça, ça a un effet domino.
02:43Et ça va se voir peut-être déjà sur les faillites d'entreprises ?
02:47Exactement, ça a un effet domino parce qu'en fait, la conséquence directe, c'est que les faillites repartent.
02:53Et si on regarde le premier trimestre, en 2026, donc on est juste là, on est mi-avril, le 20
02:59avril, on regarde les faillites au printemps 2026,
03:02on n'a jamais vu autant depuis 15 ans.
03:05On n'a jamais vu autant de faillites depuis 15 ans en un trimestre.
03:08Et donc, on a 19 000 entreprises en ce moment qui sont vraiment en difficulté.
03:12Surtout, c'est plus 6%, ça commence à pu être le demi-pourcent, c'est plus 6% par rapport
03:18à l'année dernière.
03:19Donc ça, c'est un petit peu remettant.
03:20Et encore une fois, ces petites entreprises qui sont les plus touchées, les plus vulnérables,
03:24donc le commerce, la restauration, les BTP, le BTP.
03:28Et puis, plein de petites entreprises, ça finit par faire du monde.
03:31C'est 160 000 emplois qui sont quand même potentiellement touchés.
03:36Comment les patrons gèrent-ils dans ce contexte le quotidien, Dominique ?
03:41Alors, il y a deux attitudes.
03:43Il ne faut jamais oublier que quand on est patron, on est souvent entrepreneur
03:46et qu'on a lancé ou repris son entreprise, quelles que soient les conditions, y compris dans l'adversité.
03:52Mais là, il y a quand même une fatigue.
03:54Il y a une fatigue stratégique, c'est-à-dire la fatigue du manque de visibilité.
03:59Mais il y a aussi l'adaptation, comme d'habitude, c'est-à-dire qu'on voit des phénomènes de
04:03mutation,
04:04puisque la crise est énergétique, on se rend compte que les gens ne renoncent pas,
04:10les chefs d'entreprise ne renoncent pas,
04:11et qu'il y a un vrai réflexe sur la sobriété rentable,
04:15c'est-à-dire faire attention et trouver des systèmes énergétiques moins énergivores.
04:20La sobriété rentable devient une arme concurrentielle.
04:23Parce qu'on veut non seulement exister, mais on veut continuer à être performant.
04:25Et donc on voit des exemples, je voyais une fromagerie artisanale en Savoie,
04:31qui a pris des chaudières en biomasse, et qui du coup, sa facture de gaz diminue par trois.
04:38Donc il y a un côté adaptation aussi, mais quand même, ce qu'il faut dire,
04:42c'est que la leçon de tout ça, de cette séquence,
04:46cette espèce de récupération, enfin, deuxième épisode de l'épisode 22,
04:54ça montre trois choses quand même.
04:55C'est un, notre dépendance énergétique coûte très cher.
04:59Elle coûte très cher aux chefs d'entreprise,
05:01donc elle coûte très cher à notre pays, mais elle coûte vraiment très cher.
05:04Et que côté chef d'entreprise, les marges de manœuvre sont épuisées.
05:09Là, on est à l'os, enfin, on est en deux crises successives,
05:12ça a un impact direct sur la trésorerie.
05:14On sait ce que ça veut dire derrière, et que de ce fait,
05:17la transition énergétique, elle est devenue vitale.
05:20En fait, ce n'est plus une option, la transition énergétique.
05:23L'option écologique, c'est une question maintenant,
05:25c'est une question de survie économique.
05:28L'option écologique est une question de survie économique,
05:31ce qui est quand même très puissant dans tous les débats qu'on a pu avoir.
05:34Pour finir, ça veut dire que les patrons ont totalement les moyens
05:36de tirer des leçons de n'importe quelle crise,
05:39mais qu'il faut quand même leur en donner des moyens extérieurs.
05:42De toute façon, là, ça va être la discussion.
05:44Parce qu'entre ceux qui peuvent investir 80 000 euros
05:47dans quelque chose qui chauffe avec de la biomasse,
05:50et puis ceux qui ne peuvent plus,
05:51il va falloir savoir comment, dans l'entre-deux,
05:53on accompagne ceux qui sont entre-deux.
05:55Merci beaucoup, Dominique Carlag,
05:58vice-présidente d'Abji France,
06:00en charge des relations institutionnelles et du développement.
06:03vous savez,
06:03vous en susz se trouvez pas desWatchés ?
06:03il ne fait pas de réponse en faisons.
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