- il y a 6 semaines
Jeudi 21 mai, Hedwige Chevrillon a reçu Nicolas Facon, président de l’Institution de liaison des entreprises (Ilec) de consommation dans l'émission La Grande Interview sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:01Le 18-19 d'Edwige Chevrillon sur BFM Business.
00:05Bonsoir Nicolas Facon.
00:06Bonsoir Edwige.
00:07Merci d'être avec nous.
00:09Vous êtes le président de l'ILEC.
00:10Alors l'ILEC c'est le lobby des grandes marques, 110 grandes marques je crois, de la distribution et du
00:17commerce.
00:18Et si vous êtes là, c'est qu'il s'est passé quelque chose tout à l'heure, ce matin,
00:22la publication d'un rapport, je disais, au vitriol par le Sénat.
00:27Et qui démontre un peu, preuve à l'appui, que lorsqu'on regarde la chaîne de valeur ou qui gagne
00:35de l'argent sur la marge, c'est la grande distribution.
00:39Les chiffres sont quand même là, c'est assez impressionnant.
00:42Sur 100 euros de valeur alimentaire, 8 reviennent à l'agriculteur, 14 à l'industriel, 40 au distributeur.
00:51C'est sûr.
00:52Comment vous avez réagi ?
00:53Parce que votre réaction a été forte, mais aussi celle d'Antoine Bompard, elle a été très forte.
00:59Allez-y et on écoutera Antoine Bompard ce matin.
01:01On écoutera Antoine Bompard.
01:02Les réactions, pour tout vous dire, je n'ai pas été surpris.
01:04Parce que malheureusement, c'est ce que l'ensemble des industriels et du monde agricole dit depuis des années.
01:10C'est qu'effectivement, on a un problème.
01:11On a un problème de captation de valeur et de marge.
01:14De richesse.
01:15De richesse, effectivement, dans la chaîne d'approvisionnement qui part des agriculteurs, l'industriel, le distributeur, jusqu'au consommateur.
01:23C'est les chiffres que vous avez donnés.
01:25L'essentiel de la valeur est capté par la distribution.
01:27Au détriment des deux premiers maillons.
01:29C'est pour ça qu'on a un monde agricole qui est en difficulté.
01:31Tout le monde le sait.
01:32Mais c'est aussi pour ça, malheureusement, qu'on a un monde industriel qui est également en difficulté.
01:36Et ça, le rapport le dit de façon très claire.
01:38Je vous propose d'écouter Alexandre Bompard, qui était ce matin l'invité de nos confrères de France Inter, donc
01:44le patron de Carrefour.
01:45Il s'est dit estomaqué.
01:47On l'écoute.
01:48Moi, je suis convoqué entre deux et trois fois par an par une commission sur les marges, la marge, les
01:56fonctionnements, les dysfonctionnements de la grande distribution.
01:58Je suis présent dans 50 pays.
01:59Il n'y a pas un autre pays où un dirigeant Carrefour est convoqué.
02:03Ce n'est pas grave.
02:03On y va.
02:04Je suis toujours heureux.
02:05Et c'est le jeu de la démocratie.
02:05C'est le débat.
02:06C'est très bien.
02:06C'est devenu un nouveau lieu.
02:08Vous en savez quelque chose ici.
02:10Aucun problème.
02:11Quand je vois les conclusions, d'ailleurs que j'aurais pu écrire lors de mon audition, puisque je savais ce
02:15qu'allaient être les conclusions.
02:17Quand je vois les conclusions, en revanche, je suis estomaqué.
02:22Elles sont à la fois irrespectueuses de notre métier.
02:25Toutes les caricatures sont grotesques.
02:26Deuxièmement, elles montrent à chaque fois une tendance du législateur, ou en tout cas un certain nombre de parlementaires.
02:32Il y a une volonté dans ce pays de tout administrer, de tout rigidifier, de tout contrôler, de tout encadrer,
02:37de tout plafonner.
02:39La colère ce matin d'Alexandre Bompard en réaction à ce rapport.
02:46Qu'est-ce que vous lui répondez ?
02:47Je dis que sa réaction n'est pas à la hauteur des enjeux.
02:51Je pense que Carrefour est une très grande entreprise, c'est un grand groupe, il fait 95 milliards d'euros
02:56de chiffre d'affaires, Alexandre Bompard l'a dit, dans 25 pays.
03:00Quand on est aussi gros, on a des responsabilités.
03:06C'est drôle parce que ce matin, il dit que les conclusions sont à charge, complètement orientées, alors que le
03:13rapport n'était pas paru.
03:15Bon, ça c'est toujours intéressant de connaître les conclusions avant qu'ils soient publiés.
03:20Il est bien renseigné ?
03:21Peut-être, peut-être.
03:22Mais en tout cas, c'est ce procès de dire, c'est à charge, c'est de mauvaise conclusion.
03:27Vous n'aimez pas qu'il ait rapport avant vous ?
03:28Non, ce n'est pas ça, je trouve que ce n'est pas respectueux à la fois des enjeux, ce
03:32n'est pas respectueux du travail qui a été fait par la Commission des Affaires Économiques,
03:35parce que sincèrement, les sénateurs ont passé six mois, il y a eu plus de 70 auditions, 200 personnes auditionnées
03:43sous serment,
03:44il y a eu des milliers de pages de documents, il y a eu des saisies de pièces, donc il
03:48y a eu un travail vraiment, à mon avis, très profond qui a été fait,
03:52et on ne peut pas contester la solidité, on ne peut pas dire c'est à charge, donc finalement je
03:56balaye, ce n'est pas juste.
03:58On est les vilains petits canards, et tout ça ne vaut rien, je pense que c'est un mépris en
04:03fait du Parlement et du travail que font les parlementaires.
04:07Mais j'ai envie de dire, pour vous, c'est une bénédiction, parce que c'est vrai que la grande
04:11distribution, c'est eux qui, en tous les cas sur les plateaux,
04:14mais pas que, défendent le pouvoir d'achat des Français, et en revanche, sont quand même dans le collimateur, souvent
04:21les grandes marques comme vous,
04:22parce que vous, c'est Procter et Gorb, c'est toutes les grandes marques qu'on voit, et puis il
04:27y a Lania,
04:27vous avez écrit une lettre, aussi au vitriol, c'est là où on voit que c'est vraiment, la guerre
04:32est déclarée,
04:33au Premier ministre, vous vous dites que ce rapport démontre, preuve à l'appui, la persistance de pratiques déloyales,
04:40assumées par le nombre de contrôles et le niveau des sanctions prononcées par les pouvoirs publics,
04:46et qui ne permettent pas d'endiguer.
04:48se trouve ainsi, contredit dans ses fondements même, le discours par lequel la grande distribution
04:54s'érige en défenseur du pouvoir d'achat.
04:58C'est signé par, vous êtes combien à signer ?
05:00L'ensemble des représentants de l'industrie.
05:02Les PME, les ETI, les filiales de grands groupes, les coopératives, les fabricants de produits bio,
05:09voilà, l'ensemble des industriels.
05:10Donc on peut dire que, voilà, on peut contester la réalité de ce qu'on dit.
05:15En fait, ce qu'on dit, nous, c'est la fin de la légende de Robin Desbois, en fait.
05:21Parce que, en fait, depuis 20 ans, on nous explique que la guerre des prix, c'est formidable.
05:25Michel-Laure Leclerc est un peu un Robin Desbois qui va devenir président de la République, c'est ça ?
05:29Bien sûr, non mais c'est ça.
05:29Et ça, ça vous énerve ?
05:30Non mais c'est, voilà, on a un rôle social, la guerre des prix, c'est formidable,
05:35le prix le plus bas, c'est bien, et ça bénéficie aux consommateurs français.
05:37Grosso modo, je suis Robin Desbois, je vole aux riches pour donner aux pauvres.
05:41Malheureusement, le rapport, et encore une fois, avec des chiffres et des faits établis,
05:45et ça, on ne peut pas le contester, dit que ce n'est pas tout à fait la vérité, en
05:48fait.
05:48Mais alors, moi, ce que je ne comprends pas, c'est que la marge de la grande distribution,
05:53elle est 1, 2%.
05:56Alors, déjà, je sais qu'Alexandre Bompard a dit 1% ce matin.
06:02Quand on regarde les chiffres de Carrefour, ils sont publiés, il suffit d'aller sur le site.
06:09Le résultat opérationnel courant France, c'est 2,8.
06:12Ce n'est pas 1.
06:13Et 2,8, encore une fois, sur un chiffre d'affaires qui fait 50 milliards,
06:17ça fait 1 milliard d'euros quand même de résultats.
06:19Donc, le pourcentage est peut-être faible, mais la masse est très importante.
06:23Ça, c'est le premier point.
06:26Ce qu'il faut voir, en fait, ce qu'ont montré les sénateurs,
06:30c'est qu'effectivement, c'est ce que vous avez dit.
06:31C'est-à-dire que sur 100 euros, il y en a 8 de produits alimentaires,
06:34il y en a 8 qui vont à l'agriculteur, il y en a 14 qui vont à l'industrie
06:38et 40 à la distribution.
06:40Donc, cet alibi de la guerre des prix, les sénateurs ont dit
06:44cet écran de fumée, c'est bien ça le problème.
06:47C'est-à-dire, oui, il y a des prix qui ne sont pas chers,
06:49oui, les consommateurs en bénéficient, mais ils en payent le prix ailleurs.
06:52C'est-à-dire qu'il y a d'autres produits sur lesquels il est beaucoup plus margé.
06:55Et le rapport et les auditions l'ont dit, par exemple, sur les fruits et légumes,
07:00ils sont margés fois 2, fois 3, fois 4.
07:02Les produits bio sont beaucoup plus margés dans la grande distribution
07:05que dans le circuit bio.
07:07Donc, finalement, tout ça, c'est un jeu de péréquation.
07:09On a l'impression qu'on paye moins cher,
07:11mais en fait, ce n'est pas forcément complètement le cas.
07:14Et surtout, il y a un prix à tout ça.
07:16Il y a un prix social, il y a un prix économique.
07:18C'est-à-dire que la situation des agriculteurs,
07:21tout le monde la connaît, malheureusement,
07:22mais la situation de l'industrie...
07:25Juste avant moi, il y avait Marc Lhermitte de EY
07:27qui présentait l'attractivité de la France.
07:29On est toujours numéro 1 en Europe, ça, c'est formidable.
07:32Mais quand on regarde l'industrie des produits essentiels,
07:35les produits du quotidien, les produits alimentaires,
07:37malheureusement, c'est aujourd'hui l'industrie
07:39qui est la moins rentable de France.
07:41C'est une industrie qui est en perte de vitesse.
07:43Le rapport, les sénateurs l'ont dit ce matin,
07:46il y a 30% des entreprises, un tiers des entreprises
07:48qui sont aujourd'hui sont dans le rouge.
07:50Donc malheureusement, en fait, ce n'est pas le cas
07:51pour l'industrie alimentaire.
07:52Donc cette légende de dire je vole aux riches,
07:55ben non, les riches ne sont pas les riches
07:56et je donne aux pauvres, ce n'est pas tout à fait ça
07:58puisqu'on voit que la distribution capte
07:59la majorité de la valeur.
08:00Oui, est-ce que vous avez été quand même
08:02un surpris par le chiffre de 40 ?
08:04Que 40 sur 100, 40 euros sur 100 revient
08:08à la grande distribution ?
08:09Pas tant que ça, je n'ai pas été tant que ça,
08:10mais je pense que pour les Français,
08:11c'est une révélation, effectivement.
08:13Le deuxième, est-ce que vous en êtes sûr ?
08:15Vous voyez ce que je veux dire ?
08:16Est-ce que c'est des chiffres qui sont pour vous ?
08:17Non, ce n'est pas nos chiffres, c'est les chiffres
08:20que la Commission a établis.
08:21La Commission a peut-être trompée,
08:22la Commission des Sénat et des Affaires Économiques,
08:24elle avait dit que les grandes entreprises,
08:26enfin les entreprises reçoivent 220 milliards
08:28d'aide aux entreprises.
08:29Il y avait parfois quand même un petit peu
08:31un mélange de choux et de carottes.
08:33Alors là, je sais qu'il y a pas mal de chiffres
08:35parce qu'elles l'ont dit la rapporteure
08:37et la présidente qui sont issues
08:39de la Banque de France,
08:41des administrations, etc.
08:42Donc je pense qu'il y a eu un vrai travail sérieux
08:43qui a été fait.
08:44En tout cas, on verra parce que pour l'instant,
08:45on n'a pas le rapport, on a eu une synthèse du rapport.
08:48Visiblement, il l'a eu, Alexandre Bompard.
08:50Visiblement, tant mieux pour lui.
08:52Ce n'est pas une raison pour le balayer d'un revers de main.
08:54Mais on verra effectivement,
08:56on fera le travail d'analyse des chiffres qui sont sortis.
08:58Mais voilà, quand je vois le travail qui a été fait
09:01et le sérieux qui a été mis,
09:02je n'ai pas trop de doute sur la réalité.
09:04En même temps, lorsqu'ils disent,
09:05notamment pour justifier,
09:06c'est ce que dit Michel-Edouard Leclerc,
09:09ces grandes centrales d'achat
09:10qu'il a avec Systému,
09:15notamment en Belgique,
09:17il dit que c'est pour contrer les grands industriels
09:19que vous représentez, Nicolas Fakron.
09:21Alors, mais ça, c'est ce que dit exactement le rapport.
09:23Parce que c'est des multinationales.
09:25Oui, c'est aussi une fable.
09:26C'est-à-dire, on dit,
09:27il n'y a que les multinationales,
09:29c'est des gros,
09:29il faut lutter contre ces sociétés-là.
09:32Ce qu'ont dit ce matin en conférence de presse,
09:35les sénatrices,
09:36c'était de dire,
09:37non, il y a aussi des entreprises de taille intermédiaire.
09:41Il y a aussi des entreprises
09:42qui ont un fort ancrage avec l'amont agricole.
09:45Et puis, il y a un effet de cascade,
09:47c'est-à-dire qu'il y a des entreprises
09:48à qui on demande d'aller négocier,
09:50à qui on impose d'aller négocier à Bruxelles,
09:52à Madrid, à Amsterdam,
09:53pour échapper aux droits français
09:54et aux lois françaises
09:55qui sont là pour protéger le revenu agricole.
09:57Mais il y a un effet de cascade,
09:58parce que finalement,
09:59quand vous êtes vous-même concurrent,
10:01vous êtes plus petit,
10:01vous êtes concurrent de ces entreprises-là,
10:02on vous dit,
10:03il va falloir vous rapprocher de ce prix-là.
10:04Donc, il y a tout un effet sur l'économie française.
10:07Et le rapport titre,
10:08en fait, l'agriculture et l'industrie sont en danger.
10:11Et c'est la réalité, malheureusement.
10:12Est-ce qu'en même temps,
10:14lorsque vous voyez,
10:15je ne sais pas,
10:15sur le chocolat,
10:16je suis d'accord qu'il y a eu une crise du cacao,
10:17mais enfin, ce n'est plus le cas.
10:19Toute l'inflation qui a été provoquée
10:22par la crise de la Covid,
10:24on a été plus de 20,4% de mémoire depuis 2021,
10:30les prix n'ont pas baissé depuis.
10:33Nous, consommateurs,
10:34on a toujours cette inflation
10:35dans ce qu'on achète.
10:37Et en plus, maintenant,
10:37on a l'inflation
10:39parce qu'effectivement,
10:40il y aurait des conséquences
10:41sur l'étroit d'hormous,
10:42alors que ce n'est pas encore vrai.
10:44Alors, pour ce qui est des...
10:45On va parler d'étroit d'hormous
10:47et des conséquences,
10:48en fait,
10:48pour l'instant,
10:49sur les produits essentiels du quotidien,
10:52l'inflation est à zéro.
10:54Donc, il n'y a pas eu d'inflation, en fait.
10:55Aujourd'hui, l'inflation que subissent les Français,
10:57malheureusement,
10:57c'est sur les carburants
10:58et on a vu l'annonce du gouvernement tout à l'heure.
11:00Pas clair, quand vous voyez sur les...
11:02Donc, pour l'instant,
11:03les produits de grande consommation
11:05ne sont pas touchés.
11:06Pour ce qui est de la crise Covid
11:07et qui a été suivie par la crise ukrainienne,
11:11ce qu'il faut avoir en tête,
11:12c'est que l'inflation en France
11:13a été parmi la plus faible d'Europe, en fait.
11:15Donc, on a...
11:16Et pourquoi elle a été parmi la plus faible ?
11:18Parce que, notamment,
11:19les industriels ont absorbé
11:21un tiers, en fait, de la hausse des coûts.
11:23Donc, ils ont pris sur leur marge.
11:25Ils ont pris sur leur marge
11:26la capacité d'investissement.
11:27Et je reviens, en fait,
11:29à la présentation d'EY.
11:30Une entreprise qui coupe ses investissements,
11:33c'est une entreprise qui perd en innovation
11:36mais qui perd également en compétitivité.
11:38Et malheureusement,
11:39un autre indicateur qu'on voit,
11:41c'est...
11:41On a vu que la balance commerciale
11:43sur les produits agricoles,
11:44on arrive tout juste à l'équilibre
11:46alors qu'on était excédent.
11:47Oui, on est même un petit peu déficit.
11:48Et sur les produits alimentaires,
11:49on est tout juste à l'équilibre
11:50alors qu'auparavant...
11:51Donc, ça veut dire quoi ?
11:52Ça veut dire qu'en France,
11:53les produits français perdent en compétitivité,
11:55les produits français à l'Europe
11:56perdent en compétitivité
11:57et dans nos marchés export,
11:59on perd en compétitivité.
12:00Donc, il est là, le problème.
12:01L'autre problème que pose le rapport,
12:03c'est qu'on a cet impact
12:05sur les deux maillons
12:06agriculture-industrie
12:07mais comment on obtient, en fait,
12:09ce transfert de marge ?
12:10On l'obtient par un contournement de la loi
12:12et par un bafoument de la loi.
12:14Il y a...
12:15C'est la question des fameuses marges arrières.
12:17C'est-à-dire que, en fait,
12:18c'est des discussions
12:19qu'ils ont avec vous.
12:21Voilà.
12:21Alors, il y a plusieurs choses.
12:22Il y a ces fameuses centrales de services
12:24dont on ne sait pas trop
12:25ce qu'elles vendent
12:26à Zurich, à Genève
12:27et à Amsterdam.
12:29Le chiffre qu'il faut retenir,
12:30c'est 1,1 milliard.
12:31On peut vous dire la même chose.
12:32Attendez, oui.
12:33Non, mais il y a 1,1 milliard qui vont là-bas.
12:35On ne sait pas trop ce qu'ils deviennent
12:36et ça fait partie des conclusions du rapport
12:38en disant qu'il faut éclairer
12:39quels sont ces flux financiers.
12:41On parle d'un milliard, quand même.
12:42Un milliard, c'est supérieur, souvent,
12:44à ce que les entreprises
12:44peuvent investir dans leur outil industriel.
12:47Donc, voilà, on a ça.
12:48On a le phénomène de chantage
12:50avec les arrêts-commandes
12:51qui ont lieu pendant les négociations
12:53pour faire plier les industriels.
12:54Donc, tout ça, c'est dans le rapport.
12:55Donc, on a quand même des pratiques
12:56qui sont aujourd'hui illégales
12:58et sur lesquelles, finalement,
12:59il y a des sanctions,
13:00mais pas assez
13:01parce qu'on voit que ce système continue
13:03et continue d'avoir des...
13:04Est-ce que ce soir,
13:05vous avez enfin l'impression
13:06d'être reconnu ?
13:07Alors, oui.
13:08Nicolas Fakon,
13:09parce que vous avez une forme
13:10de jubilation, presque.
13:13Non, non, non.
13:13Je pense que ce qui est important,
13:15c'est qu'enfin,
13:15ce qu'on dit depuis des années
13:16est reconnu de façon officielle.
13:18Et ça, on ne pourra pas dire
13:19qu'on ne savait pas
13:21ou que ce n'est pas clair.
13:22On doit savoir.
13:22Donc, maintenant, on sait.
13:24Donc, maintenant, il faut agir.
13:25Alors, vous avez écrit cette lettre.
13:27On en parlait tout à l'heure.
13:29Toute la profession,
13:30tous les industriels
13:31à Sébastien Lecornu,
13:32vous en attendez quoi ?
13:34On attend d'être reçu
13:35par le Premier ministre.
13:36On attend d'avoir...
13:39Il l'a reçu ?
13:39Vous avez...
13:40Oui, il l'a reçu.
13:41On l'a envoyé cet après-midi.
13:42Oui, cet après-midi,
13:43mais il était un peu occupé.
13:43Oui, je pense qu'il a...
13:44Alors, il ne l'a peut-être pas encore lu,
13:45mais il va le lire.
13:46Je n'ai pas de doute
13:47par rapport à ça.
13:48Non, non, on veut être reçu par lui
13:49parce qu'en fait,
13:50on est vraiment dans...
13:51Vous demandez quoi ?
13:53On veut des mesures...
13:54On ne demande pas
13:55des lois supplémentaires.
13:56Il y a suffisamment de lois
13:57qui ont été votées
13:58ces dernières années.
13:59Ce qu'on veut,
14:00c'est qu'elles soient appliquées.
14:01Donc, on veut que
14:03ces pratiques illégales
14:04qui sont en place,
14:05ce cotournement de la loi,
14:06ces pratiques de chantage,
14:08elles cessent.
14:08Parce qu'aujourd'hui,
14:09c'est totalement...
14:09Il y a des sanctions.
14:11La DGCRF contrôle,
14:13elle met des amendes,
14:14mais finalement,
14:14tous les ans,
14:15elle remet des amendes
14:16aux mêmes.
14:16Donc, ça veut dire quoi ?
14:17Ça veut dire qu'elles ne sont pas suffisantes,
14:18elles ne sont pas assez dissuasives.
14:20Donc, il faut que ce problème
14:21qui est posé aux entreprises,
14:23mais d'une façon plus large,
14:24à l'ensemble du secteur agricole,
14:27industriel,
14:27il soit pris comme une des priorités.
14:29L'industrie des produits
14:30de grande consommation,
14:32c'est la première industrie
14:33manufacturière de France.
14:34Donc, on ne va pas abîmer
14:36plus encore cette industrie-là.
14:38Parce que finalement,
14:39qu'est-ce qui nous attend ?
14:39En même temps, oui.
14:41Si on laisse faire, en fait.
14:42Mais donc, concrètement,
14:44ça se traduirait comment ?
14:46On veut qu'au niveau
14:48de la GCCRF,
14:49ce sujet des pratiques illégales
14:51soit une priorité.
14:52Voilà.
14:53La direction de la répression
14:55des fraudes
14:56et de la concurrence.
14:57que s'il y a des pratiques illégales
14:59et elles sont...
15:00Il y a un rapport,
15:01on verra combien il fait de pages,
15:03mais...
15:03Ok, d'accord.
15:04...elles soient sanctionnées.
15:05Mais qu'est-ce que vous demandez d'autre ?
15:06On revient à un équilibre,
15:08à des relations commerciales équilibrées
15:11où chaque maillon,
15:12que ce soit l'agriculture,
15:14l'industrie,
15:14la distribution...
15:14Oui, parce que j'ai envie de dire,
15:15est-ce que le vrai scandale
15:16sur les 100 euros,
15:17c'est pas que l'agriculteur
15:18ne touche que 8 ?
15:19Que 8 euros ?
15:20Bah si,
15:21parce qu'en fait,
15:21quand on regarde...
15:22C'est ça le vrai scandale ?
15:24Vous, c'est 14 euros,
15:25c'est pas non plus énorme,
15:26mais...
15:27Le scandale,
15:28c'est que souvent,
15:28en fait,
15:29quand on est sur les prix agricoles,
15:32payés aux producteurs,
15:34c'est un centime par litre,
15:35un centime par kilo
15:36qui va faire la différence
15:38entre l'agriculteur
15:39peut vivre ou pas,
15:40en fait.
15:40Et souvent,
15:41finalement,
15:41c'est à ça
15:42que ça va se jouer.
15:43Et on voit très bien
15:44que le captage de marge,
15:46il est bien plus fort
15:47côté distribution.
15:48En même temps,
15:48ils ont un rôle clé,
15:49la grande distribution,
15:50parce que lorsque vous voyez
15:52c'est grosso modo,
15:53c'est quoi ?
15:54C'est plus de la moitié...
15:55Non,
15:55c'est un petit peu moins
15:56de la moitié
15:56de la consommation des Français
15:57qui vont dans les grandes surfaces ?
15:58Oui.
15:59Donc,
16:00pour vous,
16:00c'est des partenaires essentiels ?
16:01C'est des partenaires essentiels.
16:02Parce que là,
16:02la guerre est déclarée,
16:04vous attendez l'arbitrage...
16:04On n'est pas en guerre
16:05avec nos clients.
16:06On n'est pas en guerre
16:06avec nos clients.
16:07Bah si,
16:07là,
16:07pardon,
16:08vos clients,
16:09c'est Leclerc,
16:10c'est Stébus.
16:10On n'est pas en guerre
16:11avec les gens qui nous font vivre.
16:12On est en guerre
16:12contre les pratiques
16:13quand elles sont déloyales,
16:15abusives et illégales
16:15et quand elles mettent en danger
16:16les entreprises.
16:17Et le pire là-dedans,
16:17c'est qui ?
16:18C'est le centre Leclerc ?
16:19Il n'y a pas de...
16:20Je ne vais pas mettre
16:21de médailles aux uns ou aux autres.
16:22On est dans un système
16:23de guerre des prix.
16:25En fait,
16:26on est dans ce système
16:27de guerre des prix.
16:28Et on est dans la tyrannie,
16:30le dogme de dire
16:30le prix le plus bas,
16:31c'est super.
16:32Et finalement,
16:33c'est la course
16:34entre distributeurs
16:34et qui est le moins cher.
16:35Mais parce qu'il y a un problème
16:35de pouvoir d'achat en France.
16:36Oui,
16:36il y a un problème
16:37de pouvoir d'achat.
16:38C'est ce que demandent
16:38les Français,
16:39sinon ils n'iraient pas là.
16:39Ce n'est pas en détruisant
16:40l'industrie,
16:41l'emploi,
16:42l'agriculture
16:42qu'on va le résoudre.
16:43C'est un équilibre
16:44très complexe,
16:44vous êtes d'accord avec moi.
16:45Oui, c'est complexe.
16:46Mais si on continue comme ça,
16:47qu'est-ce qu'on va faire ?
16:48On va maintenant importer plus
16:49que ce qu'on exporte,
16:51on ne sera plus maître
16:52de nos productions,
16:53de ce qu'on mange
16:54et finalement,
16:55on sera soumis
16:56à l'inflation
16:56que les autres pays
16:57vont nous imposer.
16:58Oui,
16:59mais l'inflation,
16:59elle est là
17:00et l'inflation,
17:00elle est là notamment
17:01avec certains grands industriels.
17:04Les industriels,
17:05en fait,
17:06ce qu'il faut bien comprendre,
17:07c'est que ça,
17:08ça fait aussi partie...
17:08Les grandes multinationales.
17:09Non,
17:09ça fait partie de la légende
17:10en disant
17:11le but d'un industriel,
17:12c'est toujours
17:12de vendre plus cher
17:13et de faire des marges.
17:14Le rapport,
17:15encore une fois,
17:16ça s'appelle le business.
17:18Oui,
17:18mais il y a juste
17:20quelque chose
17:20qui est au milieu
17:21qui s'appelle
17:21la concurrence.
17:22Et quand vous êtes industriel,
17:24vous avez
17:24un, deux,
17:25trois, quatre,
17:25cinq concurrents
17:26autour de vous.
17:26Et donc,
17:27finalement,
17:28si vous privilégiez
17:30votre marge
17:31par rapport à votre prix,
17:32vous allez perdre,
17:33vous n'allez pas faire tourner
17:34vos usines
17:34et vous allez perdre.
17:35Donc,
17:35ce mythe-là aussi
17:36de dire
17:36les industriels ne pensent
17:37qu'à augmenter les prix,
17:38c'est faux.
17:39Il n'y a pas de...
17:41Il vient de le dire,
17:42en plus,
17:43Serge Papin,
17:44il n'y aura pas
17:45de nouvelles réouvertures
17:47des négociations commerciales.
17:48Nous ne demandons pas
17:49la réouverture de négociations.
17:50Non,
17:50vous ne demandez pas.
17:51La inflation n'est pas là.
17:52En tout cas,
17:52c'est le Premier ministre
17:53qui l'a dit.
17:54Oui,
17:54d'abord,
17:55le choc lié au conflit en Iran
17:58n'est pas celui de l'Ukraine.
18:00Il est beaucoup plus diffus,
18:01il est plus disséminé,
18:03il se fait dans la durée.
18:05Et donc,
18:05finalement,
18:05la situation des entreprises
18:07varie beaucoup
18:08selon
18:08est-ce que vous êtes
18:09très exposé au transport,
18:11est-ce que vous êtes
18:11très exposé
18:13aux emballages plastiques
18:14parce que c'est
18:14les deux postes
18:14qui ont explosé,
18:16est-ce que vous êtes
18:17exposé à l'énergie
18:19et aux différents types
18:20d'énergie,
18:21etc.
18:22Donc,
18:22finalement,
18:23ce qu'on dit,
18:23ce n'est pas de dire
18:25il faut réouvrir
18:25toutes les négociations,
18:27mais on ne veut pas non plus
18:28le discours de la distribution
18:29qui dit
18:30circuler,
18:30il n'y a rien à voir
18:31et on se revoit dans un an
18:32parce qu'aujourd'hui,
18:33pour les entreprises
18:34qui subissent des coûts
18:35qu'elles ne peuvent plus absorber,
18:36dans ce cas-là,
18:37il faut qu'elles puissent
18:38rediscuter avec leurs clients.
18:39L'arbitre,
18:40en fait,
18:40vous demandez
18:40l'arbitrage du Premier ministre.
18:43Ce n'est même pas
18:43le ministre
18:44en charge Serge Papin
18:45parce qu'en plus,
18:45lui,
18:46c'est compliqué
18:46parce que c'était
18:47l'ancien patron du système
18:48donc j'imagine
18:48que vous ne lui faites pas
18:49complètement confiance.
18:50Non,
18:50ce n'est pas ça.
18:51En plus,
18:52il a dû se déporter.
18:53Alors,
18:53il est déporté,
18:54effectivement,
18:54puisqu'il ne peut pas
18:55s'occuper d'une partie
18:57des distributeurs.
18:57ça complique la donne.
18:58Mais quand même,
18:59Serge Papin,
19:00il a plusieurs responsabilités.
19:01C'est le ministre du Commerce,
19:03des PME
19:03et du pouvoir d'achat.
19:04Donc là,
19:05ce qui est dans le rapport,
19:06c'est quand même de dire
19:06le problème du pouvoir d'achat,
19:08on ne va pas le résoudre
19:08par la guerre des prix.
19:09Le deuxième,
19:10c'est qu'il a sous son autorité
19:11la DGCRF.
19:12Donc,
19:13il a une partie des solutions
19:14qui est entre ses mains
19:15et à partir du moment
19:16où des secteurs clés
19:18comme l'agriculture,
19:19l'industrie sont en danger,
19:20c'est là où on demande
19:21l'arbitrage du Premier ministre.
19:22Oui,
19:22et le troisième point,
19:23quand même,
19:24c'est qu'il connaît bien
19:24votre secteur et pour cause.
19:26Exactement.
19:26Oui,
19:26ça,
19:27c'est quand même pas besoin
19:28de tout réexpliquer.
19:29Merci d'être venu,
19:30en tous les cas,
19:31ici.
19:32Merci Nicolas Facon,
19:33donc le président de l'ILEC.
19:35J'attends la réponse,
19:36on attend la réponse.
19:37On est maintenant en face
19:39pour voir ce que ça donne.
19:40Peut-être qu'ils ont le rapport
19:42en fin en main.
19:43Merci d'avoir été avec nous.
19:45c'est la fin de ce 18-19.
19:47Bonne soirée.
19:48Tout de suite,
19:49vous retrouvez Stéphanie Collot
19:50pour le journal de l'écho.
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